24.01.2012
Il a neigé dru sur le Plo des Brus (1ère partie)
ACTUALISATION D'ARCHIVE
Etant indisponible jusqu'au début du mois de février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite
Parcourir les chemins du haut-languedoc c’est revisiter son histoire. Il ne s’y trouve guère de lieu qui, par sa végétation, l’aménagement de l’espace ou les ruines que l’on y trouve, ne parle des siècles passés.
Nous voilà donc partis, Gibus et moi, pour un haut lieu à la fois géographique et historique de notre région : le plo des Brus, perché à plus de 1000 mètres dans le massif de l’Espinousse. En lisant ce nom, les esprits retors pourraient s’imaginer (aurais je l’esprit retors ?) que sur ce plateau (plo) haut perché, autrefois les brus en délicatesse avec leurs belles mamans (ce sont des choses qui arrivent, n’est ce pas !) venaient s’y échanger des recettes de soupe à la cigüe et autres « délices » pour mettre fin à leur problème, d’où le nom donné à ce lieu.
Que nenni ! l’origine en est beaucoup plus passionnante et viendrait de l’existence d’un camp romain qui aurait été commandé par Brutus, l’un des lieutenants de César (et plus tard l’un de ses assassins) avec la mission de réduire les Ruthènes et les Avernes, soulevés par Vercingétorix.
Car ce plo situé sur le chemin menant de Béziers à Cahors occupait une position stratégique et présentait sur la majeure partie de son périmètre des défenses naturelles inexpugnables. Des restes de fortifications, des traces de roues de chars gravées dans les dalles du sol et d’innombrables fragments de porteries attestent de cette présence romaine (Source « Mon Blason de Jules Anton Ed. les Amis des Cévennes).
Nous partons donc du vieux moulin de Nougayrol situé au bord de la Mare (affluent de l’Orb) quelques kilomètres après Andabre et grimpons vers la chapelle de St Eutrope, notre première étape. Derrière nous s’élève la montagne de Marcou (1087m) coiffée de neige qui donne une note de fantaisie à son allure habituellement austère.
La plateforme rocheuse sur laquelle est installée la chapelle nous permet de reprendre notre souffle. La croix qui la coiffe est comme un défi de l’esprit au monde minéral et inhospitalier qui l’entoure .
Mais nous avons nous aussi un défi à relever qui est de franchir sans encombre la formidable barre rocheuse qui protège le plo des brus, malgré la neige qui recouvre ses pentes
A peine sommes nous en route sur une vague trace encombrée de rocs, que nous apercevons un vénérable mouflon qui doit se trouver très heureux, en nous voyant tanguer sur le sentier, d’avoir quatre pattes plutôt que deux ! Malgré les cornes qu’il nous faudrait porter, sûr que l’on aimerait nous aussi à ce moment être mouflons !
Il rejoint nonchalamment sa harde qui se réchauffe la couenne au soleil, sans doute heureuse de retrouver un temps plus clément après les tempêtes des derniers jours.
La pente se fait plus raide et la neige plus profonde, ce qui ne facilite pas notre progression. Mais la tramontane est en congé et le froid reste supportable, ce qui nous permet de nous concentrer sur le sentier.
A l ‘approche de la dernière barre rocheuse les choses se corsent car la couche de neige rend les roches sous jacentes glissantes et, oh stupeur ! Gibus, qui habituellement semble flotter sur les chemins, patine un peu dans la semoule ….Quant à moi je progresse à quatre pattes sur un air de tango, deux pas en avant, un pas en arrière !
Mais de nos efforts nous sommes largement récompensés par la vue que l’on a une fois parvenus sur le plo. On comprend que les romains aient choisi d’installer leur camp à cet endroit qui offre une vue à 360° (voire plus) sur le paysage environnant.
Vu d’ici, l’orgueilleux Marcou n’est plus qu’un pauvre tas de caillou, lointain cousin du Mont valérien (il faudra que je me méfie la prochaine fois que j’irai lui gratter le dos, si jamais on lui rapporte mes propos !). Comme quoi tout est affaire de perspective : tel problème dont on se faisait une montagne nous fait sourire après l'avoir surmonté !
Nous nous arrachons à grand peine à cette vue ensorcelante pour descendre vers le hameau de Caissenols le Haut, où nous avons prévu de pique-niquer.
Alors que nous suivons les traces d’un mouflon, je vérifie la véracité d’un dicton languedocien qui dit que si l’on met ses pas dans ceux de cet ongulé , on peut lire dans ses pensées. Je n’ose le dire, mais ayant agi de la sorte, je vis apparaître le postérieur d’une mouflonne ! Comme quoi les mouflons et les hommes ont des valeurs communes !
Nous croisons un hippopotame des neiges, descendant d’une espèce qui occupait les lieux il y deux cents millions d’années alors que le climat était tropical. La faculté d’adaptation du monde vivant est étonnante. Qui pourrait imaginer que nos avortons politiques actuels sont des descendants de Vercingétorix et de Charlemagne?
Etre ou ne pas être, voilà une question que ne se pose pas ce formidable hêtre qui a lui seul constitue une forêt. Les arbres sont dans le monde vivant les êtres qui ont la vie intérieure la plus riche et la plus intense, du fait de leur immobilité qui les conduit à passer leur existence à méditer en faisant fi des éléments. D’ailleurs, faites l’essai un jour d’enlacer un bel arbre pendant plusieurs minutes et vous en serez revigoré.
La tempête Klaus de janvier 2009 l’a malheureusement sérieusement blessé mais pas terrassé et je lui souhaite de voir passer de nombreuses générations de randonneurs.
A suivre....
Texte & photos Ulysse
A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil.
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17.01.2012
Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux (fin)
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(Suite de la note précédente)
Sortant du couvert des arbres nous abordons la traversée du plateau central du Caroux occupé en partie par la tourbière de la Lande que l'on traverse sur des pilotis de bois glissants comme une savonnette. Nous nous dirigeons vers le hameau de la Fage situé sur le flanc « Est » du Caroux, bousculés par la Tramontane qui s’est levée et souffle à près de 100km/heure.
Nous dépassons un arbrisseau qui s’est témérairement installé sur le plateau, aussi fou que nous le sommes, sauf que nous avons l’avantage sur lui de ne pas être condamnés à rester plantés en ce lieu qui, aujourd’hui, prend des airs de Sibérie.
Oui, fous nous sommes, mais de cette douce folie qui habite les enfants qui courent dehors débraillés pour faire des batailles de boule de neige ou pataugent les pieds gelés dans les flaques d’eau en niquant leurs chaussures, comme l'a si bien chanté l'ami Renaud.
Par endroits le chemin disparaît sous la neige et seuls les cairns qui émergent ici et là nous confirment que nous avançons dans la bonne direction
Mais soudain la tramontane, sans doute vexée de notre indifférence à son égard, redouble de violence et nous environne dans un blizzard de cristaux de neige qui nous aveugle et nous cingle le visage. Le Caroux se met alors à ressembler à une mer gelée et démontée. Il nous faut impérativement marcher car s'arrêter c'est prendre le risque d'être transformés en quelques minutes en bonhommes de neige ! Le corps à corps avec les intempéries nous procure un bonheur intense en faisant vibrer la corde de vie qui nous traverse et diffuse à travers notre corps des ondes de plaisir.
Plus la tramontane se déchaîne et plus notre plaisir redouble ! La saveur de la vie est magnifiée quand vous êtes ainsi soumis à des conditions extrêmes mais que votre existence n’est pas vraiment en péril.
Nous approchons du bord du plateau et allons quitter à regret ce monde inhospitalier mais d’une beauté austère et vivifiante. La contemplation d’un monde vierge, sauvage, exempt de toute autre présence humaine permet de ressentir le lien intime qui nous relie à l’univers. Dans le blizzard de neige nous étions deux « flocons » pensant …
Le chemin bascule vers les gorges de Colombières où nous sommes protégés de la Tramontane. Faisant une halte pour nous désaltérer- car le vent et le froid déshydratent - je découvre que pendant la traversée du plateau ma gourde a gelé ! C’est « une première » depuis des années que nous randonnons dans l’Hérault et qui me fait regretter de ne pas avoir emmener une flasque de pastis !
On aperçoit bientôt le fil argenté du ruisseau d’Arles qui coule au fond des gorges. Bien qu’adeptes, comme vous le savez, des bains « nordiques » nous ne sommes pas tentés cette fois ci d’y mettre ne serait- ce que la moitié du quart d’un petit doigt de pied .
Les rives rocheuses qui le surplombent sont décorées comme des sapins de noêl et témoignent de la température ambiante !
L’eau habituellement insaisissable est ainsi condamnée par le froid à l’arrêt, mais que la chaleur revienne et elle reprendra son cours ! Après la mort qui nous saisit, nos vies reprennent elles aussi ailleurs leur cours ?
Des brindilles s’habillent de glace et parent Gaïa, notre terre, de somptueuses boucles d’oreilles. Gaïa est coquette mais hélas , homo sapiens, son amant est un rustre qui ne prête guère attention à elle !
Nous plongeons un peu plus avant dans les gorges de Colombières dont les falaises déchiquetées témoignent d’une histoire tourmentée. C’est toujours une source d’étonnement de voir de si petits ruisseaux éventrer ainsi les roches parmi les plus dures qui soient !
Le chemin taillé par les hommes traverse de nombreux éboulis rocheux…on peut dire que les gaulois nos ancêtres ont fait un travail de 'romains !
Plus avant le chemin surplombe le torrent en d’étroits passages qui lui donne un air de « chemin des incas ». Mais c’est sans encombre que nous revenons à notre point de départ, revigorés par cette journée qui ferait le bonheur d’un « Inuit ».
Texte & Photos Ulysse
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11.01.2012
Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux ! (1ère partie)
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La randonnée est pour moi un élément indispensable au maintien non seulement d’une bonne condition physique mais aussi mentale. Rompre un ou plusieurs jours avec le babillage médiatique pour aller à la rencontre de la nature et des éléments : soleil, pluie, vent, neige qui ne trichent pas, ne mentent pas , vous mettent face à vous même et vous poussent parfois dans vos derniers retranchements, est un exercice salutaire.
Elle permet de prendre du champ par rapport à cette "oligarchie d'incapables" qui pensent que tous les français sont nés à Vire ! C’est sans doute pour ces tristes sires un critère d’identité nationale !
Non seulement sommes nous considérés comme des minables mais nous sommes aussi constamment sous surveillance. Car dorénavant avec les GPS installés sur les voitures et les portables , Big Brother peut nous localiser à tout instant et savoir si nous étions dans telle rue chaude de Neuilly sur Seine (un lieu particulièrement mal famé) ou dans une manifestation contre le port des talonnettes (un élément vestimentaire au moins aussi dangereux pour l’ordre public que la burka)
Aussi par mesure de sécurité éteignez le plus possible vos portables et allez là où les demoiselles à la voix sucrée des GPS n’oseront jamais vous accompagner : sur le Caroux ! Et cela même s’il y fait un temps à ne pas mettre un mouflon dehors . Au moins vous serez sûr d’être seul et que l’on ne viendra pas vous y chercher !
Et c'est pourquoi, alors qu’il a neigé la veille sur les sommets et qu’une tramontane à 100km /heure est annoncée pour la journée, nous nous mettons en route, Gibus et moi, à partir du village de la Colombières pour une cure de « désintoxication » sur le Caroux.
Nous empruntons le chemin qui longe le ruisseau d’Albine, ponctué de superbes cascades et qui mène aux baraques du Caylus puis au roc du Boutou situé au bord du plateau sommital (800m de dénivelé) .
Il neigeote et le soleil, qui généralement manifeste dans le sud un égo démesuré, joue une partie de bras de fer avec les nuages afin de na pas être renvoyé dans les coulisses. Leur affrontement crée de belles étincelles qui magnifient le paysage.
Celles et ceux qui ont bâti et vécu autrefois dans les baraques de Caylus où nous arrivons imposent le respect. Ils avaient le sens du devoir vis à vis de ceux qui les avaient précédé et de ceux qui les suivraient. Ils savaient qu’ils n’étaient qu’un maillon dans une chaîne humaine et travaillaient et bâtissaient non seulement pour eux mêmes mais aussi pour l’éternité. Ce sentiment leur permettait de supporter une existence souvent rude, mais qui n’était pas exempte de joies et de fraternité.
Le débit de l’Albine ayant considérablement grossi nous devons crapahuter sur ses rives escarpées pour trouver un endroit où le traverser sans trop de risque, les rochers étant rendus glissants par une pellicule de neige verglacée. Un peu d’adrénaline dans le sang est un élixir de jouvence qui enlève 20 ans à nos vieilles jambes ! (mais hélas pas au reste de notre anatomie !)
Ayant traversé sans encombre l’Albine, il nous reste à grimper le ravin des Drayes pour accéder au plateau sommital envahi par les nuées, ce qui nous réjouit, car nous sommes sûrs de ne pas rencontrer âme qui vive là haut. Enfin, il y a peut être des « âmes » (sait on jamais !) mais pas les corps qui vont généralement avec…
En approchant du sommet la couche de neige se fait plus épaisse et recouvre de véritables chausse-trappes qui mettent en péril notre équilibre. Une fois ou deux je me retrouve affalé dans la neige alors que Gibus semble la survoler, révélant la supériorité en montagne des gènes suisses sur les gènes gaulois (mais dans une cave ceux des gaulois sont supérieurs, cocorico !)
Parvenus sur le plateau nous ramassons des branches mortes de pins pour nous faire un feu dans le refuge de Fontsalès. Mais la neige ayant recouvert les chemins nous errons une bonne demi heure nos branches à la main autour du refuge avant de le trouver. Cet étrange ballet – qui nous a bien fait rire – a dû paraître étrange à la DST si jamais une caméra de l’un de leurs satellites nous a observé. Je ne serais pas étonné qu’on soit bientôt mis en garde à vue pour comportement suspect, vue les phobies sécuritaires de ceux qui prétendent nous gouverner.
Par la magie d’une allumette nous faisons naître un feu sans lequel l’homme aurait été une espèce condamnée . Quand je contemple un feu, j’ai les yeux de Naoh , l’oulhram qui est parti à sa conquête et dont l’histoire est contée dans le roman « La guerre du feu » de J-H Rosny qui a illuminé, c’est le cas de le dire, mon enfance .
Pendant notre pause la tramontane s’est levée et a nettoyé le ciel . Nous entreprenons alors la traversée du plateau en direction du Hameau la Fage et des gorges de la Colombières. Au départ le chemin sinue au milieu dune sapinière qui nous protège du vent et arbore une parure digne de ses consoeurs du grand nord. Qui croirait que l’on puisse voir un tel spectacle dans l’Héraut, considéré par beaucoup comme le pays des plages et des camps de naturistes !
Le soleil jette des confettis de lumière qui illumine le couvert de la sapinière et lui donne un aspect féérique.
Puis nous abordons une zone de feuillus dont la tunique neigeuse apporte un brin de fantaisie à leur morne existence hivernale
Sur ces chemins recouverts d’une neige inviolée nous posons le pied là où aucun autre homme ne l’a posé. Quelle jouissance cette sensation nous procure dans ce monde où tout semble pollué, déprécié, usé….. Mais nous faisons bien de savourer ces instants de jouissance car nous ne savons pas encore ce qui nous attend au sortir du couvert des arbres….pauvres fous partis seuls inconscients par un jour de blizzard sur le Caroux !
A suivre.....
Texte & Photos Ulysse
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06.01.2012
Allons pas à pas au Pas de l’Escalette
Cette première randonnée de l’année 2012 va nous conduire à l’assaut du Pas de l’Escalette, un col situé à 641 mètres, porte d’accès au causse du Larzac. Le chemin longe au départ la Lergue qui prend sa source à plus de 700 mètres sur le plateau avant de dévaler en une série de magnifiques cascades les 400 mètres de dénivelé qui l’amènent aux portes du village de Pégairolles de l’Escalette, point de départ de notre balade
Le soleil hivernal peine à éclairer le vallon encaissé dans lequel la Lergue se prélasse après sa folle chevauchée. Si les mains chaudes d’Aton avaient caressé ses eaux limpides, il est probable que Gibus et moi – qui avons respecté la tradition du bain du 31 décembre – aurions rejoins les truites « fario » qui la fréquentent. Ces « belles » n’y auraient sans doute vu aucun inconvénient, bien au contraire, car grâce aux Frères Jacques et à l’ami Franz nous savons qu’elles sont de bonne composition!
De nombreux torrents, que la chute des feuilles révèle à nos regards, alimentent la Lergue. Seul le feuillage marcescent d’un chêne pédonculé a résisté à l’hiver qui, a vrai dire, ne s’est pas montré très zélé jusqu’à présent dans nos contrées.
Certains de ces torrents, rebelles à toute domestication, ne se privent pas de couper le sentier, créant ainsi quelques obstacles qui mettent à l’épreuve notre sens de l’équilibre. Les libations du 1er janvier étant déjà loin nous réussissons toutefois à garder nos pieds au sec !
Ce que la rivière descend en cascadant, nous le montons …en cahotant ! Fort heureusement, de bonnes âmes ont installé quelques cordes aux endroits les plus pentus que l’humidité ambiante transforme en toboggans. Ayons une pensée reconnaissante pour ces bénévoles anonymes qui tendent ainsi non pas une main mais une corde secourable à leurs prochains. Ces gestes confèrent au monde une image moins brutale que ce que les media ont tendance à nous montrer. Les hommes et femmes de bonne volonté sont plus nombreux que l’on pense.
Nos efforts sont enfin récompensés et nous arrivons en vue des falaises qui dominent le Pas de l’Escalette. A leur pied, on devine l’entaille faite par l’antique et dangereuse N9, aujourd’hui désaffectée, qui permettait aux nordistes de dévaler à leur risques et périls vers les rivages ensoleillées de la Méditerranée. Une autoroute l’a remplacée qui accède au col par un tunnel .
Le causse du Larzac est constitué de roches calcaires sédimentaires déposées par une ancienne mer qui occupait les lieux entre 200 et 70 millions d’années. La surrection de Pyrénées, il y a 40 millions d’années, a projeté ces sédiments à plus de 800 mètres d’altitude. Seuls des représentants du monde végétal se risquent à escalader ces falaises friables comme des morceaux de sucre.
En ces lieux chahutés par d’anciens séismes et taraudés par la pluie et le vent le chaos est de mise ! Nulle part ailleurs le monde minéral ne révèle une telle fragilité, c’est sans doute ce qui fait naître en nous, êtres mortels, un si fort sentiment d’empathie pour ces paysages déliquescents.
Par endroits les œuvres créées par les intempéries défient les lois de la gravité, telle cette mappemonde posée en haut d’un mamelon.
Nous la contemplons fascinés, nous attendant à ce qu’une bourrasque de vent lui fasse soudain dévaler la pente. Notre attente de ce jour restera vaine, ce qui est sans doute aussi bien pour nos abattis ! Mais qui sait si elle sera encore là quand nous reviendrons.
Nous perdons plusieurs fois notre chemin – qui a plutôt l’aspect d’une vague sente – dans cet entrelacs de canyons et de dépressions creusés dans le plateau. Nous tombons sur des impasses au pied de falaises infranchissables qui nous obligent à traverser d’inextricables taillis. Un conseil : ne venez pas en ces lieux si vous n’êtes pas un randonneur ou une randonneuse aguerri(e) et que vous craignez de passer une nuit dehors !
Fort heureusement nous croisons l’ermite du Pas de l’Escalette qui, moyennant un brin de conversation - la solitude lui pèse un peu - nous remet sur le droit chemin.
Nous pénétrons alors dans un vaste cirque où nous croyons apercevoir des temples indous, ce qui nous fait un instant douter d’avoir véritablement retrouver le bon chemin.
Mais ce n’est qu’un dromadaire fossilisé, datant de l’époque où les caravaniers venaient chercher le sel sur les bords de l’ancêtre de la Méditerranée. J’entends marmonner ! Comment ! Vous exprimez des doutes ! Le canular vous paraît un peu « gros » ! Certes, mais c’est pour vous préparer à ce que vous allez entendre dans les semaines à venir avec la période électorale qui s’annonce !
Après quelques derniers méandres dans ce fabuleux cirque dolomitique, le chemin, au contraire de celui emprunté le matin, bascule en pente douce vers la vallée pour rejoindre Pégairolles de l’Escalette.
Nous nous mettons alors "en roue libre", entraînés par le mouvement alerte et régulier de nos pieds. Quand les pieds ainsi nous guident, nos pensées, bercées par le balancement régulier de nos corps et la respiration ample qui s’ensuit, ont une sérénité et une profondeur inégalées. Descartes aurait dû dire non pas « cogito ergo sum » mais « ambulo ergo sum » car jamais le sentiment d’existence n’est aussi intense que quand on marche ! Marchons donc pour se sentir vivre !
Texte @ Photos Ulysse
PS : Pour celles et ceux intéressés par cette randonnée sportive elle est décrite sur l'excellent site des Randonnées Cévenoles.
A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil.
11:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lergue, larzac, ermite, escalette


