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16/07/2016

Deux petits loups sur le Caroux

 

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Un été sans grimper sur le Caroux serait pour mes P’tits loups comme un noël sans sapin et donc, tradition oblige, nous voilà partis de bon matin en famille à l’assaut de ce massif dont mes fidèles lectrices et lecteurs connaissent tous les recoins ou presque ! Mais aussi souvent que l’on y vienne, d’être dépaysés l’on ne cesse, car pour avoir passé des centaines d’heures à arpenter ce massif, je ne me souviens pas d’y avoir contemplé deux fois le même paysage !

 

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C’est aussi le sentiment de cette vieille tortue qui a passé ses quelques millions d’années à admirer un panorama sans cesse changeant selon les heures du jour et le jour de l’année, sans oublier les nuits où la lune et les étoiles dispensent leur lueur opalescente. Car le Caroux est l’un des rares endroits du monde où l’on peut encore, à la nuit tombée, contempler le grand feu d’artifice originel dont nous sommes les scories.

 

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Aujourd’hui les P’tits loups vont accomplir une première : grimper au sommet du pic rocheux que l’on aperçoit devant nous et qui donne son nom au massif, le bien nommé, car « Caroux » signifie « le pierreux ».  

 

 

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Sa hauteur reste certes modeste - il culmine à 1034mètres - mais il impressionne néanmoins Romain qui le compare à la longueur de ses gambettes !

 

 

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Mais à cœur vaillant rien n’est impossible et il entame d’un pas décidé son ascension, suivi par Emilie tout aussi déterminée. C’est réconfortant dans ce monde hyper-technicisé où, grâce à des casques d’hyper réalité, nous pourrons bientôt grimper l’Everest ou descendre le Colorado sans bouger le petit doigt de pied, de voir des pré-ados prendre plaisir à utiliser leurs appendices déambulatoires pour partir à la découverte de notre merveilleux vaisseau céleste, alors que la majorité de leurs congénères ne savent plus se servir que de leurs pouces.

 

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Nous arrivons au pied du dernier ressac rocheux qui mène au sommet. Romain qui a fait la course en tête ne se laisse pas impressionner par cet ultime obstacle.

 

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Se transformant illico en ouistiti, il avale l’obstacle pendant que le vieil orang-outang que je suis doit le contourner, mais à septante balais je suis heureux de pouvoir encore balader les quelques vieux poils qui me restent sur les sommets !

 

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Emilie me dépasse sur le fil et me prive de la place qui restait au sommet. Mais à vrai dire je ne m’y serais pas assis, n’étant pas sûr de pouvoir me relever sans faire pouffer de rire mes descendants ! Bon, il est vrai que j’ai l’excuse du très gros sac à dos qui porte une grande partie du pique-nique de la famille, sans oublier les éléments liquides.

 

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De leur perchoir les P’tits loups encouragent le reste de la troupe, fiers de mettre ainsi en valeur leur performance. Quand en général quelqu’un vous encourage, c’est qu’il a fait mieux que vous, sinon vous pouvez toujours attendre les compliments ! Ainsi est l’homme, beaucoup moins la femme généralement plus généreuse et compassionnelle, sauf notoires exceptions, comme Maggie ou Mémère « pièces jaunes » qui sur le tard a endossé l’habit de dame patronnesse alors qu’elle s’est gavée du temps de son règne dans les ors de la République.

 

douch,caroux,mouflon,nemrodAvant que  le reste de la troupe n'arrive, nous avons le temps d’aller gratter nos semelles sur le sommet jumeau de celui du « Caroux » qui ne lui cède qu’un petit mètre.

 

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Ce sommet offre une vue plongeante sur les gorges d’Héric qui impressionne Romain. Oubliant son amour-propre masculin, il saisit la main de sa sœur pour se rassurer.

 

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En face de nous, nous apercevons les autres membres de la famille qui sont enfin arrivés au sommet du "Caroux". Ces instants passés sur les cimes procurent une émotion indicible, le reste du monde n’existe plus. Les maisons des villages ne sont plus que des figurines de « monopoly » et l’humanité semble avoir déserté la planète. Et l’on se dit que quels que soient les dommages que nous infligeons à notre chère Gaïa, celle ci finalement s’en soucie comme d’une guigne. Quand nous aurons disparu, victimes de notre inconscience et de notre rapacité, elle poursuivra comme avant sa danse autour du soleil.

 

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Une fois redescendus du « Caroux », Emilie et Romain qui semblent ne pas avoir eu leur compte de grimpette, s’amusent à escalader les innombrables rochers qui bordent le sentier.

 

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Mais Romain semble avoir présumé de ses forces et éprouve à un moment donné un petit coup de pompe. Mais il se révèle très vite que ce n’est qu’un stratagème pour que la mamie sorte avant l’heure la boite à bonbons ! Cette boite aux « trésors » se révèle aussi efficace que lorsque Jésus à dit à Lazare « Lève toi et marche ». Romain se retrouve, en effet, aussitôt sur pied et reprend sa place en tête.

 

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Parvenue à un cairn, Emilie tient à apporter sa pierre à l’édifice, réconfortant témoignage du sentiment de solidarité qui l’anime envers tous ceux qui sont passés et passeront en ces lieux. Les randonneurs sont secrètement reliés par les sentiers qu’ils ont parcourus.

 

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La différence entre les jeunes et les anciens c’est que les premiers se livrent à des acrobaties et prennent des risques complètement inutiles alors que les seconds sont beaucoup plus réfléchis, sachant d’expérience que pour voyager loin il faut ménager sa monture. Mais quelqu’un de mal intentionné pourrait prétendre que la sagesse est l’excuse de ceux incapables de faire ce qu’ils reprochent aux autres….

 

 

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Cela dit en matière de cabrioles et d’escalade, Emilie et Romain sont loin de pouvoir égaler cette jeune mouflonne et son petit, que l’on a la chance d’apercevoir sur un promontoire rocheux.

 

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Bien que nous ayant aperçus, ils ne se sauvent pas, grâce sans doute au vent qui souffle vers nous et ne leur permet pas de détecter notre odeur humaine, mais aussi sans doute parce qu’ils n’ont pas encore appris à se méfier de nous !

 

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Espérons que notre sinistre réputation parmi le monde sauvage leur viendra vite aux oreilles afin qu’ils prennent la poudre d’escampette en nous voyant, seule garantie pour eux de mourir de vieillesse. Dans notre pays la beauté, l’élégance, le courage, l’intelligence, l’esprit de liberté qui émanent de la faune sauvage pèsent peu par rapport aux voix des « nemrods » ventripotents que courtisent nos veules politicards qui passent leurs mandats à la pêche aux voix. Les loups, espèce pourtant protégée par une convention internationale, en savent quelque chose !

 

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Après les avoir longuement contemplés, nous nous remettons en route, quittant un instant le monde des bruyères pour nous engager dans une combe dont la fraîcheur est appréciée par les fougères et les hêtres qui ont envahi les lieux.

 

 

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Peu après avoir émergé de la combe, nous abordons de nouveau une zone rocheuse où la jeune classe s’en donne à cœur joie sur les rochers environnants. Je ferais bien de même si je n’étais pas le reporter et le sherpa du groupe !

 

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Puis nous accédons au vaste plateau recouvert d’une somptueuse mer de bruyère qui borde vers l’est le massif.

 

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Quel bonheur de naviguer sur ces flots mauves, le front caressé par une légère brise aux senteurs miellées, les oreilles chatouillées par le buzzetis des abeilles. Ces infatigables ouvrières partout à l’œuvre ne sont doute pas conscientes des beautés de ce monde. Mais nous qui en sommes conscients nous n’avons aucun égard pour elles qui aident à les perpétuer. Quand la dernière abeille sera morte, notre fin sera proche !

 

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Et c’est la descente vers le village de Douch d’où nous sommes partis. Nous vous donnons rendez-vous aux prochaines vacances !

 

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Je pars quelques jours en haute montagne et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour 

 

Texte Ulysse, Photos Ulysse  & Sébastien

 

09:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : douch, caroux, mouflon, nemrod

08/07/2016

Deux petits loups au Salagou

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Avec l’arrivée de l’été et le retour des cigales, j’ai le bonheur de voir aussi débarquer dans mes pénates sudistes mes derniers petits loups, Emilie et Romain, qui hélas grandissent plus vite que mes pieds de tomate ! Ce sont les derniers de la lignée et je sais hélas qu’une fois qu’ils auront atteint les rives de l’adolescence, je devrai renoncer aux parties de cache-cache, de sept familles, de Mille Bornes et de Uno ainsi qu’aux enlèvements et rançons de Doudous qui me font oublier que septuagénaire je suis devenu. Mais j’espère qu’il y a une chose que nous continuerons de partager et ce jusqu’à mon dernier souffle : le goût de la randonnée ! Car c’est en marchant que l’on découvre vraiment le monde, la vie et que l’on se construit ! Pour l’heure, nous voilà partis pour une randonnée au bord du lac du Salagou que mes lectrices et lecteurs ont maintes fois arpenté en ma compagnie ! Mais quand on aime on ne se lasse pas !

 

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Les plateaux herbeux qui dominent le lac étaient autrefois occupés par des bergeries et nombreux étaient les moutons qui gambadaient en ces lieux, aujourd’hui fréquentés par les seuls randonneurs. Le nom de la chapelle Notre Dame des Clans, que l’on aperçoit en contrebas, lui viendrait d’ailleurs du tintement des cloches (les clans) des troupeaux qui pâturaient dans les environs.

 

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Aujourd’hui le soleil du sud donne à plein et mes petits parisiens qui sortent à peine de l’hiver, qui a duré dans le nord jusqu’au moi de juin, souffrent un peu de la chaleur. Romain a fini par accepter de porter le chapeau de sa maman pour protéger son épiderme très ressemblant à celui d’un citoyen de sa -plus - très gracieuse majesté !

 

 

 

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Mais la simple vue de l’eau émeraude du lac dans laquelle nous allons bientôt plonger nous aide à supporter le soleil ardent et à avancer coûte que coûte.

 

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Cela dit il est temps que nous arrivions au bord de l’eau car même Emilie qui est généralement l’un des éléments les plus vaillant de la troupe commence à souffrir de la chaleur.

 

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Parvenus au bord de l’eau , il nous faut d’abord déloger une baigneuse imprévue – une jeune couleuvre vipérine tout à fait inoffensive – avant qu’Emilie et Romain n’osent mettre un orteil dans l’eau ! Mes jeunes parisiens ne sont pas encore tout à fait accoutumés aux rencontres insolites que nous réserve le monde sauvage et qui en font la beauté. Si un jour Monsanto, aidé par nos hommes politiques affairistes, veules et incultes, règne sur le monde, l’humanité vivra sous de vastes cloches en verre aseptisées et se nourrira de gélules aromatisées.

 

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La couleuvre ayant obligeamment décidé de nous laisser la place, Emilie et Romain se décident à se jeter à l’eau, mais en veillant à ce que leur géniteur leur serve de garde du corps ! Courageuse mais pas téméraire la jeune génération ! A leur âge je descendais la rivière Thio en Nouvelle-Calédonie sur des radeaux de bambous qui se fracassaient sur le mascaret de l’embouchure infestée de requins. Bon, on avait la présence d’esprit de quitter le radeau bien avant l’arrivée dans l’embouchure, sinon je ne serai pas là pour le raconter !

 

 

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Pendant que les adultes finissent tranquillement leur pique-nique en buvant leur café sur la plus belle terrasse du monde (ou du moins l’une des plus belles !) les jeunes s’amusent au bord de l’eau comme les enfants le font depuis des millénaires, échappant pour un temps aux liens occultes des tablettes qui rêvent de transformer l’humanité en marionnettes « consumivores ».

 

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Le pique-nique terminé, il faut penser au retour et Romain, qui découvre le chemin qui reste à parcourir, se prend la tête à deux mains en pensant sans doute qu’on est à la limite de la maltraitance. Mais heureusement il n’a pas encore de téléphone pour appeler les services sociaux !

 

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Son papa et sa sœur s’étant mis en chemin sans piper mot ni lui prêter aucune attention (père indigne !) il est bien obligé de suivre.

 

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Mais après une heure de marche, nos corps ont besoin d’être réhydratés et nous redescendons vers les rives du lac à la recherche d’un endroit propice à la baignade.

 

 

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Romain qui jusque là traînait les pieds retrouve soudain son allant et se précipite vers l’eau salvatrice.

 

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Et il est le premier dans l’eau, sans même avoir pris le temps de vérifier s’il n’y avait pas d’intruse occupant déjà les lieux.

 

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Le « hic » car souvent dans tout bonheur il y a un « hic » - ne serait ce que pour nous rappeler que le paradis n’est pas sur cette terre - c’est qu’après la baignade, il faut remonter vers le chemin. Et là, oh ! surprise ! Romain revigoré par l’eau du lac fait la course en tête ! Il a même l’outrecuidance de morigéner ceux qui trainent derrière !

 

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Piquée au vif, Emilie s’empresse de le devancer , lui montrant ainsi que les filles d‘aujourd’hui ne sont plus disposées à se laisser faire et sont prêtes à prendre les commandes de ce monde assez machiste (en témoigne avec brio la classe politique française et sa cohorte de députés et sénateurs misogynes et séniles) et il faut le dire plutôt mal géré !

 

 

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Toute balade se prête à une leçon d’histoire, de géographie, de science naturelle ou de géologie. Et sur ce dernier point le Salagou est un livre à ciel ouvert qui expose ses « ruffes », roches sédimentaires rouges déposées il y a deux cent millions d’années par d’anciennes lagunes, sur lesquelles des volcans il y a environ deux millions d’années ont craché des coulées de lave basaltique.

 

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Et nous voilà revenus à notre point de départ ahanant sous le soleil quasi tropical qui règne en ce début du mois de juillet. Nous jetons un dernier coup d’œil à ce paysage inhabituel sous nos latitudes en nous disant que décidément nul n’est besoin d’aller à l’autre bout de la terre pour être dépayser !

 

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01/07/2016

De l'or sur le chemin du Plô des Brus

 

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Cela faisait longtemps qu’avec mon copain Gibus nous n’avions pas eu l’occasion de se faire une rando en « duo » compte tenu de nos nombreuses pérégrinations touristiques et des aléas météorologiques. Mais en ce lundi 20 juin, veille de l’été nous étions disponibles et le temps était quasi idéal ! Nous nous lançons donc à l’assaut du Plo des Brus, vaste plateau herbeux situé à plus de mille mètres d’altitude dans la montagne de Rosis. Partis du village de Compeyre, nous entamons l’ascension de la serre de More, hors d’œuvre qui permet à nos vieilles guiboles de retrouver le rythme avant d’entamer le plat de résistance qu’est la sente rocailleuse qui permet d’accéder au Plo.

 

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Le printemps plutôt maussade et frais a retardé la floraison des genêts qui, exceptionnellement, se conjugue avec celle des bruyères, stimulée par l’arrivée des premières chaleurs. Le mariage est somptueux et révèle le talent et la coquetterie de la nature qui parent ces vieilles montagnes du Languedoc d’une tunique odorante et enchanteresse. Tout au fond, on aperçoit notre objectif, le triangle herbeux du Plo coiffé d’une modeste pointe rocheuse. Autant dire qu’il nous reste pas mal de chemin à faire !

 

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Mais l’environnement est si enchanteur que nous avalons les montuosités de la serre de More sans nous en rendre compte, enfin presque ...!

 

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Après être passés au sommet de la serre (815m) nous dévalons vers le portail de Roquenduire, fragment de plateau sédimentaire porté à la verticale par la surrection des Pyrénées il y a environ 40 millions d’années ! Les dinosaures avaient déjà disparus et je n’étais pas encore né ! Que le temps passe vite !

 

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Une fois dépassé le portail, nous nous retournons pour admirer la serre de More recouverte d’or. Mais cet or, au contraire de celui enfoui dans les coffres des banques, n’a jamais rendu fou aucun homme, bien au contraire ! Sa vision nous réjouit, nous transporte en un pays qui n’a rien à envier au pays des merveilles d’Alice.

 

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Nous voilà engagés sur la sente abrupte qui mène au Plo des Brus et au fur et à mesure que nous prenons de l’altitude, un grandiose paysage se révèle à nos yeux. Peu nous chaut alors que nos articulations grincent, nos cœurs battent la chamade ou que nos poumons jouent les soufflets de forge, la seule vision de ce paysage est un élixir de jouvence.

 

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Nous arrivons au pied des falaises qui bordent le Plô des Brus. C’est toujours émouvant de contempler les entrailles de notre chère planète qui témoignent de sa jeunesse tumultueuse. Alors que notre société vit de plus en plus dans l’urgence, dans l’instantané, dans l’éphémère, la contemplation de la nature nous réinstalle dans la chaine infinie du temps.

 

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Nous suivons la piste qui longe ses falaises et approchons du but sous le regard bienveillant d’un arbuste qui semble prêt à nous tendre une branche secourable pour franchir le dernier obstacle rocheux.

 

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Nous traversons le Plô des Brus déçus de ne pas y apercevoir des mouflons qui apprécient habituellement cette zone herbeuse. Mais le vent qui ne nous est pas favorable les a probablement avertis de notre présence. De toute façon, hormis le sanglier dont le développement anarchique a été favorisé par les sociétés de chasse dans les années 80,  il est de plus en plus difficile d'observer des animaux sauvages dans notre pays dont les politiques, au lieu de gérer courageusement les affaires du pays, passent leurs mandats à faire la pêche aux voix et à ce titre choient les chasseurs et pseudo éleveurs, et se moquent comme d'une guigne du sort de la faune sauvage, autorisant même l'assassinat de loups pourtant protégés par la convention de Berne. 

 

 

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Nous prenons alors la direction du col de l’Ourtigas en traversant une vaste pinède dont le sol est couvert de myrtilliers qui font le régal des randonneurs vers le milieu de l’été.

 

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Parvenus au col de l’Ourtigas nous descendons vers le refuge de Caissenols où mes fidèles lecteurs se sont souvent régalés d’omelettes cuites au feu de bois lors de nos sorties hivernales. Mais aujourd’hui le temps étant estival, nous nous contentons d’un modeste sandwich arrosé néanmoins d’un nectar du pays d’Oc.

 

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Puis nous repartons vers le portail de Roquenduire où l’intense soleil de l’après midi magnifie l’or des genêts .

 

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Et nous gravissons de nouveau la serre de More, cheminant de tas d’or en tas d’or…..heureux « crésus » épargnés par la malédiction !

 

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Nous abordons une zone où les bruyères l’emportent ce qui repose nos yeux aveuglés par l’or des genêts.

 

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Une fois dépassé le dernier cairn qui orne la serre de More, nous plongeons vers le torrent du Casselouvre en vue d’y rafraîchir nos abattis brûlés par le soleil.

 

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Et l’eau du torrent tient ses promesses, jaillie un peu en amont des entrailles fraiches de la Terre. Ragaillardis, c’est d’un pas allègre que nous parcourons les derniers kilomètres qui nous ramènent à notre monture où nous attendent nos deux fidèles  "blondes" Heine et Ken !

 

 

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Aujourd’hui, 3 juillet, j’ai soixante dix balais, de quoi faire un grand ménage dans mon existence pour me débarrasser de l’accessoire et ne me préoccuper que de l’essentiel. J’ai passé ma vie par monts et par vaux, navigué à travers tous les océans, posé le pied sur presque tous les continents, vécu dans divers pays étrangers, et parcouru au total à pied, à vélo, en voiture, en bateau et en avion environ trois tours de terre. J’ai compris très tôt que c’est le pays, c’est à dire la culture au sein de laquelle on nait, qui nous différencie et non les prétendues races où les illusoires différences de couleur de peau qui ne sont pas plus importantes que celles de nos yeux. Et si l’on peut se trouver heureux d’être né quelque part,   je ne comprends pas que l’on puisse s’en déclarer « fier » car l’on n’ y est pour rien et puis cela dénote un sentiment de supériorité inapproprié. J’ai constaté qu’au delà d’un minimum indispensable, l’argent ne contribue en rien au bonheur et que ceux qui consacrent leur vie à l’accumuler sont des infirmes de l’esprit et du cœur. Je pense que le partage nous enrichi et le repli sur soi nous appauvrit. J’ai constaté qu’il ne servait à rien de vouloir à tout prix avoir raison dans la mesure où la véritable réalité des choses nous échappera toujours et qu’il faut être tolérant vis à vis des opinions d’autrui, même si elles nous dérangent, pour autant qu’elles ne nuisent à personne. Une dernière chose : à force de fréquenter souvent monts et vallons, bois et forêts, j’ai gardé bon pied bon œil mais de la mousse a poussé dans mon nez et mes oreilles, ce qui me permet de prétendre que je suis un peu dur de la « feuille », argument très utile pour n’entendre ce que je veux bien entendre et ne faire que ce que je veux faire ! L’âge a ses faiblesses mais aussi ses privilèges !

 

A votre santé !

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Texte & Photos Ulysse

24/06/2016

Une bande de copains en Ardèche : Balade le long de La Baume

  

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Il y a de nobles traditions qu’il ne faut pas perdre, surtout quand elles sont forgées par l’amitié ! Il en est ainsi de notre réunion annuelle avec des amis belges qui nous amène à cheminer ensemble sur des sentiers de randonnée. Cette année malheureusement, Marc à l’origine de cette tradition, n’est plus physiquement des nôtres mais il reste dans nos pensées et continue ainsi de vagabonder à nos côtés.

  

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Nous partons de notre repaire choisi par nos amis belges, niché sur les hauteurs de Ruoms en Ardèche. C’est une région de garrigues calcaires où les pierres sont aussi nombreuses que les grains de sable du sahara. Au cours des siècles passés, les générations se sont succédées pour les ramasser et les utiliser pour bâtir leurs maisons et édifier des murets qui bordent les chemins qui courent sur des dizaines de kilomètres.

 

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Nous arrivons au pittoresque village de Labeaume, ainsi nommé en raison de nombreuses grottes (dénommées Baumes dans le sud) qui ornent les falaises au pied desquelles il est niché.

 

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Nous allons dans un premier temps remonter le cours de la Baume, limpide rivière aux eaux vives qui longe le village et se jette un peu en aval dans l’Ardèche.

 

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En ce printemps pluvieux, les sols sont détrempés et offrent des reflets fugaces qui «titillent » mes réflexes de photographe ! Ah ! celle là je l’ai réussie !

 

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A un endroit particulièrement propice à la contemplation de la rivière, pour les plus méditatifs, ou à la baignade, pour les plus sportifs, nombreux sont ceux qui ont lancé un défi à la gravité en édifiant cette multitude de cairns.

 

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La prochaine crue les emportera, comme seront aussi emportés par le temps nos audacieux gratte-ciels et autres œuvres monumentales de notre génie indomptable et illusoire.

 

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En attendant ce sort inéluctable, ce modeste cairn défie les flots fougueux de la rivière, comme nos existences défient le destin qui peut hélas nous balayer d’un jour à l’autre, comme ce cher Marc. Carpe diem !

 

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Un peu plus en amont, le cours de la rivière s’aplanit et nous offre un aspect plus paisible.

 

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Nous prenons un peu d’altitude, et la rivière devient un ruban bleu argenté qui se perd dans une mer végétale.

 

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Soudain nous entendons un battement d'ailes au dessus de nos têtes, c'est un héron qui se dirige vers la rivière en vue sans doute d’y prendre son déjeuner.

 

 

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Inspiré par son exemple, nous faisons de même, après avoir pour certains d’entre nous, tâté de l’eau de la rivière dont la température n’est pas plus élevée que celle du rosé qui accompagne notre pique-nique.

 

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Après le pique-nique nous rebroussons chemin sur quelques centaines de mètres. On remarque au passage les étonnantes strates de sédiments qui constituent la falaise dans laquelle a été creusé le chemin que nous suivons. La terre nous révèle ainsi sa longue histoire qui se poursuivra bien après que l’espèce humaine en aura saccagé toutes les ressources nécessaires à sa survie.

 

 

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Nous empruntons ensuite un chemin qui accède sur le haut des falaises d’où la rivière ne devient alors plus qu’un maigre filet d’eau perdu dans son large lit caillouteux.

 

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Sur les quelques replats qui émaillent les falaises des hommes audacieux ont autrefois édifié des jardins « suspendus », aujourd’hui à l’abandon.

 

 

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Puis nous retrouvons un sentier encadré de murets de pierres qui hier bordaient d’ingrates parcelles où les hommes tentaient de cultiver de quoi survivre et qui sont aujourd’hui ombragées par des chênes qui ont pris possession de ce territoire.

 

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Têtus, persévérants, ils jaillissent à des endroits inattendus, comme de cette anfractuosité où s’est accumulé un peu d’humus propice à l’éclosion des graines.

 

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Certains atteignent une taille respectable mais leur ramure tourmentée témoigne de leurs difficultés d’existence, leurs racines devant se frayer un chemin dans un socle stérile de calcaire pour s’alimenter.

 

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Et nous voilà revenus au bercail, heureux de cette belle journée de cheminement et d’amitié qui, s’agissant d’une équipe franco-belge, sera célébrée au cours de la soirée par moult «mousses » et « breuvages de Bacchus » ! Prochain rendez-vous au printemps prochain !  A bientôt les amis !

 

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Je viens de mettre en ligne une nouvelle chanson "Marie-Galante"sur mon blog

PIQUESEL

Mes autres chansons sont publiées sur mon blog musical

OLD NUT

(cliquez sur le nom des blogs)