suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/09/2016

Périple Andorran 2 - Partis pour la Cabaneta (2848m) nous avons gravi la Serrera (2913m)

 

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Après avoir, pendant les deux jours précédents, baguenaudé de lac en lac pour se mettre en jambes, les choses sérieuses commencent. Le groupe des hommes décide de faire l’ascension du Pic de la Cabaneta (2848m) avant de rejoindre leurs épouses à la Collada del Meners (2713m) pour le pique-nique. Partis de bon matin de Sorteny (1780m), nous filons donc bon train pour être à l’heure au rendez-vous. Les maris délicats ne font jamais attendre leurs épouses !

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Après une heure de montée agréable ménageant notre cœur et notre souffle et permettant à nos esprits de papillonner de pensée en pensée aussi éphémères que futiles, nous découvrons la masse sombre et imposante du Pic de la Cabaneta (2848m) que nous avons prévu de gravir. Vu à contre jour il paraît assez hostile mais nous ne sommes pas du genre à nous laisser impressionner et nous poursuivons allègrement notre ascension.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Nous abordons la partie terminale – beaucoup plus pentue - du sentier d’approche qui mène à la Collada del Meners (col de la Mina 2713m) d’où part le sentier qui mène au pic de la Cabaneta. Le papillon qu’était notre esprit reste alors scotché sur le bout de nos souliers !

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Arrivés au col, nous posons nos sacs afin de nous alléger pour l’ascension du Pic de la Cabaneta et nous nous engageons sur une vague sente pierreuse supposée nous mener au sommet.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

La sente est de plus en plus aléatoire et nous ne trouvons notre chemin que grâce aux balises jaunes qui ornent de temps à autre un rocher. Ces balises nous mènent au pied d’une petite barre rocheuse d’où nous essayons de deviner le sentier qui mène au sommet.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Après quelques minutes d’observation, nous devinons une trace qui traverse en diagonale un immense pierrier. Gibus le guide du groupe estime risqué de s’engager sur un tel sentier sans éléments de sécurité (cordes, piolets).

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

A la fois dépités, car nous devons renoncer à l’ascension du sommet prévu, et soulagés car cette ascension semblait véritablement périlleuse, nous retournons vers le col. Pour apaiser notre frustration (c’est mauvais pour la santé et le moral d’être frustrés !) nous décidons de faire l’ascension du Pic de la Serrera (2913m) qui se trouve de l’autre coté du col et dont nous apercevons les contreforts en haut à gauche de la photo. Nous avons déjà gravi ce sommet relativement facile d’accès il y a quelques années mais, comme l’on dit, faute de grives, on mange des merles !

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

En vingt minutes nous arrivons au sommet (une vraie balade de santé que je vous recommande !) qui est presque aussi fréquenté que le parvis de la Tour Eiffel (bon, j’exagère un peu !)

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

De là haut on a une vue plongeante sur le pic de la Cabaneta qui nous confirme que l’ascension sans équipements en était risquée. Le Pic de l’Estanyo (2915m) qui se trouve à droite de la photo nous intéresse au plus haut point, car nous avons prévu d’y accéder en partant du Pic de la Casamanya qui se trouve hors champ et en empruntant la ligne de crête que l’on devine à l’extrémité de la photo. Vous découvrirez dans une prochaine note que nous avons rencontré à cette occasion quelques difficultés.

 

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Pour l’heure nous jouissons sereinement, comme ce montagnard et son compagnon à poils, de la vue à 360° sur le massif des Pyrénées que nous offre le sommet. Lorsque l’on contemple ainsi les montagnes, on les croit immuables, éternelles et pourtant leurs pentes déchiquetées nous montre qu’elles subissent, comme nos corps et le reste de l’univers, la loi de l’entropie. L’alternance de la pluie et du soleil, du froid et de la chaleur érode, fracture, emporte, grain par grain, pierre par pierre ces gigantesques pyramides qui finiront dans quelques millions d’années en pâtés de sable sur de lointains rivages que feront les enfants de nos très lointains descendants.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Nous nous décidons à regret à redescendre au col pour retrouver nos épouses que l’on a vues arriver. Et nous nous dirigeons tous ensemble vers le lac del Meners qui se trouve au pied du pic de la Serrera pour pique-niquer.

 

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

En raison de la chaleur et de la sécheresse qui ont sévit tout l’été et fait évaporer tous les névés, le lac n’est plus qu’une vague mare peu propice à la baignade et seul l’ami Gibus ose s’y aventurer. Malgré les évidences qui se manifestent dans de nombreux pays (canicules et incendies en Californie, au Canada, au Portugal, en Australie, fonte dramatique des glaces de l’Antartique, pluies diluviennes et tornades ailleurs) Zozo Sarko ose affirmer que l’homme n’est pour rien dans le réchauffement climatique actuel. Triste guignol !

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Après nos agapes dignement arrosées de nectars espagnols (la sécheresse ne sévit pas partout) nous prenons paisiblement le chemin du retour.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

Bien que nous soyons passé en ces lieux le matin même, c’est un tout autre paysage que nous découvrons, ayant inversé le sens de la marche. C’est l’un des charmes de la montagne d’offrir une infinie diversité scénique selon l’angle sous lequel on la contemple.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

La lenteur de notre allure nous laisse le temps d’admirer les beautés qui ornent en tous lieux la nature, telles ces micro-cascades vers lesquelles se penchent - probablement pour se rafraîchir - des ombellifères brûlées par le soleil de l’été.

 

andorre,cabaneta,serrera,col del meners

 En nous retournant nous découvrons le Pic de la Serrera que nous avons gravi le matin même. C’est fou la distance que l’on peut parcourir en mettant un pied devant l’autre et en recommençant….

A suivre….

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

  

Texte & Photos Ulysse 

17/09/2016

Périple andorran : 1 - De lac en lac....

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

 Me voilà repartis avec Gibus et Cie, un indéfectible groupe d’amis avec lequel depuis des années je parcours monts et vaux de France de Navarre et d’ailleurs. Pour l’heure, cet ailleurs s’appelle l’Andorre, dont la plupart des Français ne connaissent que le Pas de la Casse, hyper centre commercial aux taxes avantageuse et également station de ski. Mais l’Andorre, c’est aussi de magnifiques vallées montagnardes, émaillées de coquets villages d’une esthétique et d’une propreté irréprochables (les maires du Languedoc feraient bien d’y faire un tour) entourées de sommets impressionnants, mais accessibles aux randonneurs aguerris que nous sommes encore, malgré les années qui passent.

Pour notre première sortie, destinée à nous mettre en jambes, nous avons prévu de visiter quelques lacs. L’une des règles d’or de la randonnée en montagne l’été est de partir alors que le soleil sort à peine de sa couette de nuages pour éviter la grosse chaleur à la montée et profiter pleinement d’une belle et longue journée en plein air.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Le départ à une heure matinale permet de jouir du fabuleux spectacle des montagnes encore nimbées de nuages et brume qui les parent d’un voile bleuté qui les rend immatérielles.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Les vallons herbeux que traversent de nonchalants torrents sont un véritable eden pour les hordes de chevaux qui vivent ici en totale liberté. Si du rosé coulait dans les torrents j’avoue que ça ne me déplairait pas d’être cheval en Andorre, surtout qu’eux ne perdent pas leur crinière !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Pour ce premier épisode j’ai prévu de vous faire découvrir quelques uns des lacs qui ornent les hauts plateaux andorrans. Le premier d’entre eux le lac des Truites se situe à 2250m et nous y accédons en empruntant le sentier qui mène à la Coma Pedrosa (2934m) plus haut sommet d’Andorre dont nous avons fait l’ascension il y a six ans déjà !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Nous remontons un superbe vallon où dévale un torrent dont les eaux chargées de sels minéraux parent d’une couche blanche les rochers et les débris de bois émergés. Chères lectrices, si jamais la mode un jour revenait au teint de bergère qu’affectionnait le XVIIIème siècle, vous pourriez venir y prendre un bain !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Les rhododendrons, qui abondent en ces lieux, sont malheureusement fanés mais les épilobes sont encore vaillantes et illuminent le paysage.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

En regardant au loin, nous découvrons une chaine de montagne qui nous intéresse au premier chef car nous avons prévu d’en faire l’ascension au cours de notre séjour. Ainsi à droite nous avons le pic de la Casamanya (2740m), relativement facile d’accès, que nous avons prévu de grimper avec nos épouses et au sommet duquel nous devrions pique-niquer. Ensuite les éléments plus aguerris du groupe ont prévu de rejoindre, en suivant la ligne de crête, le Pic de l’Estanyo (2917m) qui se trouve à l’extrémité gauche de la chaine. A cette distance la randonnée ne semble pas poser de problème technique, ce qui n’a pas été tout à fait le cas comme nous le verrons dans une prochaine note…

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Mais n’anticipons pas et profitons de l’instant présent qui nous voit installés au bord du lac des truites pour pique-niquer. C’est toujours un grand bonheur de déjeuner au bord de l’eau et les raisons en sont multiples. D’abord les plus courageux peuvent y piquer une tête pour s’y rafraichir, et dans le cas présent le rafraichissement était assuré ! Ensuite la vue d’une étendue d’eau calme repose le regard et apaise l’esprit. Mais il y aussi ce mystère d’une vie présente et invisible au cœur des eaux sombres qui éveille sans doute en nous le souvenir atavique de notre berceau aquatique. Car avant d’être « homme » nous étions poisson !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Le temps étant radieux nous décidons de rentrer en faisant une boucle qui passe par le col de San Fonts, ce qui implique une bonne grimpette pas forcément compatible avec la digestion. Il faut dire que nous ne sommes pas des randonneurs ascétiques mais plutôt rabelaisiens. Mais qui n’a pas trinqué avec des amis un verre de rosé à la main entouré de montagnes majestueuses, bercé par le clapotis d’un lac ou d’un torrent ne sait pas ce qu’est le bonheur !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Mais une fois passé le col, la beauté sauvage du paysage, essentiellement minéral, nous fait oublier les protestations de notre système digestif.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Le lendemain, histoire de parfaire notre mise en jambes en jambes en vue de randonnées plus sportives, nous poursuivons l’exploration des lacs du secteur d’Ordino.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Nous nous dirigeons tout d’abord vers les trois lacs qui se trouvent au pied du Pic de Tristaina (2878m) que nous avons également gravi à l’automne 2012.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Les géographes andorrans qui ont nommé ces lacs manquaient manifestement d’imagination car ils les ont affublés de noms plutôt triviaux : lac du bas, lac du milieu et lac du haut ! Cela n’entame en rien le bonheur que l’on à contempler leurs eaux bleutées. La nature est une merveilleuse thérapeute (qui ne coute rien à la sécu de surcroit) car elle associe le vert des alpages, couleur qui apaise, et favorise l’évacuation du stress et de la fatigue, au bleu du ciel (surtout dans le sud !) et des lacs, couleur qui rafraîchit et fait naître une sensation de liberté et d’immensité.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Inévitablement chaque lac que l’on visite conduit à une trempette, quelle que soit la température de l’eau, seule façon pour nous de nous réhydrater sans que ce breuvage n’agresse notre gosier (sauf si on boit la tasse !)

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Nous quittons les lacs de Tristaina pour nous rendre au lac d’Esbalçat. En montagne chaque mètre parcouru est source d’émerveillement, telle cette souche d’arbre mort blanchie et ridée adossée à ce rocher ferrugineux tombé des falaises, au milieu desquels pousse une épilobe qui souligne la résilience de la vie. Les arbres meurent, les montagnes s’effritent mais partout la vie est à l’oeuvre qui poursuit sa mystérieuse aventure dont nous sommes les marionnettes.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Nous arrivons au lac d’Esbalçat, sans doute l’un des plus beaux d’Andorre du fait de son environnement très escarpé.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

 La bise qui descend des sommets crée une étonnante dichotomie entre la partie du lac qu’elle irise, qui reste opaque, et celle qu’elle épargne, où se reflètent les nuages et les pentes environnantes.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

En parlant de reflets, les plus beaux sont, sans conteste, ceux de nos chères épouses qui nous accompagnent dans nos périples montagnards. Le bonheur est décuplé quand on peut partager ses passions avec les gens que l’on aime !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Avec une petite réserve toutefois, car mis à part Marie, la femme de Gibus, née dans les montagnes, seuls les hommes osent affronter les températures glaciales des lacs de montagnes. Il faut dire que la consommation de blanc ou de rosé bien frais aide à s’acclimater aux basses températures !

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Un vautour étonné de notre audace et espérant sans doute que l’un de nous y laissera sa peau - les vautours qu’ils soient dans les airs, dans la finance ou dans la politique ne font pas de sentiment - tournoie au dessus de nous dans l’espoir d’un bon déjeuner.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Mais hélas pour lui, il n’ y a que quelques nuages qui sombrent au fond du lac et le vautour s’en va chercher sa pitance ailleurs.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Ragaillardis par ces quelques heures passées au bord du lac, nous redescendons vers nos pénates et croisons en chemin nos amis les chevaux aperçus la veille et qui, comme nous ont pas mal vadrouillé.

 

andorre,chevaux,abattoir,lac

Nous ne savons pas s’ils finiront leur vie à l’abattoir, mais en attendant ils mènent une vie idéale qui ne connaît pas les horreurs abominables des élevages industriels où les animaux sont traités comme des objets insensibles. Et pourtant nous savons qu’ils sont comme nous dotés de sensibilité et d’empathie et qu’ils souffrent des mauvais traitements qu’on leur inflige.

 

A suivre....

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

 

 

Texte & Photos Ulysse (sauf la N°8 Gibus)

10/09/2016

Mes douze secrets du bonheur !

 

DSC01742.JPG

De même que la nuit n’existe pas sans le jour, l’ombre sans la lumière, la douceur sans la rudesse, le bien sans le mal, le cornichon sans le vinaigre et le chausse pied sans la chaussure, le bonheur a pour compères l’ennui, l’abattement, le désespoir et la douleur. Certes il ne se réduit pas, comme le chante Jean Ferrat (les poètes sont immortels) à un quinquet de taverne, mais il n’est pas non plus un soleil illuminant la condition humaine.

Les mieux lotis -dont je suis- sur cette planète, qui prend de plus en plus les allures d’une galère, parviennent à glaner ici et là quelques instants de félicité. Et chacun a ses secrets pour les trouver. Je vous livre les miens qui constituent en quelque sorte ma petite philosophie du bonheur !

Premier secret :

C’est le week-end, une matinée de liberté s’ouvre à vous, il fait beau. Choisissez une place,  avec une fontaine,  si possible piétonnière et légèrement ombragée. Installez y une table et quelques chaises pour que des amis puissent se joindre à vous. Conversez, badinez, devisez, refaites le monde en évitant toutefois les sujets qui pourraient gâcher votre journée (le régime de retraite des parlementaires, les bonus des traders qui repartent de plus belle, etc…).

Quand 11H30 sonnent, débouchez une bouteille (pour commencer !) de rosé Saint Hypolite de la cave coopérative de Fontès (évitez le pastis qui gâte le palais) et dégustez la avec des Lucques (variété d'olives) à la languedocienne (bannissez les cacahuètes et les noix de cajou à cause des émissions de CO2 liées à leur acheminement).

Savourez les goulées de rosé qui descendent derrière votre glotte, le rayon de soleil qui caresse votre visage, le glougloutis de la fontaine qui chatouille vos oreilles et le joli sourire de la jeune femme qui passe, que vous pensez être pour vous (et seul compte ce que vous pensez !) mais qui est, en fait, pour le jeune homme qui vient à sa rencontre : vous voilà heureux !

 

DSC01726.JPG

Deuxième secret :

Habillez vous de façon décontractée (les tâches et les faux plis n’ont aucune importance, sauf si votre épouse vous accompagne !) endossez un sac à dos contenant un généreux pic-nique liquide (voir quelques références dans la rubrique délices de ce blog) et solide ainsi que la carte IGN Topo 25 du secteur que vous voulez arpenter. Oubliez votre portable pour ne pas être tenté de le consulter pendant vote balade, mais pensez à prendre un chapeau indispensable pour vous couvrir les yeux à l’heure de la sieste. Choisissez de bons chemins ombragés assez confortables pour pouvoir baguenauder le nez en l’air sans risquer de vous retrouver le cul par terre : vous voilà heureux !

 

 

DSC08994.JPG

Troisième secret :

Toujours en tenue décontractée grimpez sur la plus haute colline des environs et attendez que passe un flamant rose. Quand il approche du sommet interpellez le en disant «  scrouech ! scrouech ! »  ce qui veut dire en langage flamant « viens là, j’ai d’excellentes crevettes » . En général les flamants roses ne résistent pas à une telle proposition et il se dirigera donc vers vous. Quand il est à proximité, sautez sur son dos et grattez lui le croupion (les flamants adorent ça !) Il vous fera faire un tour dans les airs qui vous ravira : vous voilà heureux !

 

 

DSC09592.JPG

Quatrième secret:

Quand arrive l’automne, remettez votre tenue décontractée en enfilant toutefois par dessus un gilet pare-balles et un gilet fluo de sécurité (à cause des chasseurs) et allez baguenauder dans la somptueuse garrigue de Castelnau-de-Guers. Admirez les camaïeus sang et or qui parent les vignes et qui font croire qu’un morceau de soleil a fondu et s’est répandu sur la terre. Cueillez un grain ici et là (pas plus, au delà ce serait de la grivèlerie) et savourez le jus sucré, promesse de divins nectars : vous voilà heureux !

 

 

DSC00882.JPG

Cinquième secret:

D’une façon générale évitez de vous mêlez des affaires d’autrui sauf si l’on vous sollicite de façon pressante. Et dans ce cas n’écoutez pas qu’un seul son de cloche et tentez d’être objectif et impartial.

Sachez également qu’on ne gagne jamais rien à donner des conseils : car quelque soit l’issue du dilemne en cause (affaires, amour etc…) on vous en voudra ! Si le conseil était pertinent on vous fuira car on vous sera redevable et s’il ne l’était pas, on vous en attribuera l’échec. Au demeurant on a déjà beaucoup de mal à distinguer ce qui est bon pour soi, et une décision qui paraissait raisonnable peut se révéler être une catastrophe. Ainsi un jour ai je voulu mettre de l’eau dans mon vin pour ménager mon foie, mais cette eau était contaminée et je suis tombé malade !

Donc, autant que possible restez à l’écart des disputes, querelles, différends, choix cornéliens et autres débats métaphysiques et surtout ne mettez jamais d’eau dans votre vin : vous pourrez ainsi garder votre sérénité.

 

  

DSC02301.JPG

Sixième secret:

Dès que l’occasion se présente piquez un petit roupillon, même si vous êtes au travail. Le corps médical, dont l’intérêt est pourtant que vous soyez le plus souvent malade, reconnaît que c’est bon pour la santé. Et contrairement à ce que vous pourriez penser (ou plutôt ce que pourrait penser votre patron) ce n’est pas du tout néfaste à votre productivité. Bien au contraire la solution de problèmes que l’on pensait insolubles vient souvent en dormant et même si elle vient avant, prétendez que vous avez besoin d’un petit somme pour avoir les idées claires ! Si de surcroît vous pouvez faire la sieste en écoutant Melody Gardot chanter « Worrisome Heart » : vous êtes au Nirvana !

 

DSC02330.JPG

Septième secret :

Soyez chaleureux et n’hésitez pas à rompre la glace le premier quand on vous convie à des manifestations, cocktails, cérémonies, vernissages et autres pince-fesses (expression à interpréter hélas au sens figuré, car cette pratique est dorénavant sanctionnée pénalement). Certes vous courrez le risque de tomber sur un raseur (les femmes ne sont jamais ennuyeuses – oh! le vil flatteur !) qui vous expliquera les mille et une manières d’éradiquer les taupes et les limaces de votre potager (même si vous n’avez pas de potager) mais vous aurez aussi peut être la chance de faire la connaissance de gens charmants, étonnants, passionnants (comme moi et Gibus par exemple) qui illumineront votre soirée. De surcroît, si vous les invitez ensuite chez vous, vous ferez des économies d’électricité : au prix du kilowatt, c’est le bonheur assuré !

 

 

DSC05036.JPG

Huitième secret :

Soyez fermes dans vos pensées et convictions mais évitez les affirmations péremptoires et restez nuancé . Ne dîtes pas « Notre tsarounet Hollandus n’est qu’un moulin à paroles qui ne brasse que de l’air » mais plus objectivement «Rappelez moi quels sont les engagements de sa campagne qu’il a réalisés ? »

Ne faites pas comme  Mégalo Sarko et sachez reconnaître vos erreurs. N’apportez pas non plus d’eau au moulin de la médisance, ce qui ne vous interdit pas de prétendre que BHL est à la philosophie ce que Guy des Cars est à la littérature et qu’il vaut mieux être conseillé par son concierge que par Alain Minc. Et surtout, ne servez jamais à autrui un vin que vous n’aimeriez pas que l’on vous serve : vous pourrez ainsi vous contempler sans honte chaque matin dans la glace : vous serez un homme (ou une femme) heureux !

 

 

 

DSC05057.JPG

Neuvième secret :

Même dans les situations les plus délicates ne perdez jamais espoir et ne vous laissez pas abattre. Même si vous lâchez prise, tout n’est pas perdu, des projets peuvent germer et une nouvelle vie s’ouvrir à vous. Mais ne tirez pas de plans sur la comète, n’oubliez jamais que le bonheur est dans le pré !

 

 

DSC02319.JPG

Dixième secret :

Vous voilà à la retraite et après une première journée d’euphorie vous avez le « blues » . Vous vous sentez, mis au rebut, inutile. Vous pensez comme ce bon vieux Stéphane que la chair est triste, hélas, et que vous avez lu tous les livres….(enfin presque tous). Dès 11 heures du matin et 6 heures du soir vous rodez dans les cuisines pour vous enquérir du menu et vous vous faites chassez sans ménagement par la gardienne des lieux .

Mais ne vous laissez pas abattre : certes vous êtes décati, vos abattis sont rouillés, votre cuirasse flétrie, votre toison clairsemée et tous vos organes sont impitoyablement soumis à loi de la gravité. Mais les caveaux de dégustation du pays d’Oc sont généralement ouverts 6 jours sur 7, les amandiers, oliviers , chênes verts et platanes abondent dans la campagne au pied desquels il fait bon faire la sieste. Chaque village a sa place où l’on pratique la pétanque (qui n’est pas un jeu mais un sport) ou son bistrot où l’on joue à la belote ou au loto et puis vous ne manquerez plus un seul épisode de ces  impérissables chefs- d'oeuvre que sont "les feux de l'amour" et "plus belle la vie" : le bonheur est vôtre  !

 

 

 

DSC09007.JPG

Onzième secret :

Vous êtes au soir de votre vie et vous en faites le bilan. Petitesses, mesquineries, tromperies et méchancetés s’y mêlent à l’amour, la douceur et à la générosité. Espoir et désespoir se tiennent la main, orgueil et humilité sont face à face. Certitudes et doutes se querellent . Il faut tout prendre, ne rien cacher, ne rien refuser. C’est le « ça » de notre vie comme le dit Alexandro Jodorowsky dans « Le doigt et la lune » dont je vous recommande la lecture (c’est Andrée qui me l’a fait découvrir) .

La leçon du temps qui passe est de nous faire comprendre que la satisfaction de notre seul « ego » est une impasse et que les chemins ne s’ouvrent que si l’on va vers les autres : alors on peut mener une fin de vie apaisée.

 

 

DSC09466.JPG

Douzième secret:

Cette fois c’est la fin, vous n’avez plus que quelques instants à vivre. Il ne vous reste à boire, sur cette bonne vieille terre, qu’un ou deux, voire trois, tout au plus, « canons » de vin de pays d’Oc et après cela vous goûterez au vin des vignes du seigneur ! (l’enfer est pour les buveurs d’eau)

Que la joie illumine alors votre visage, pour que ceux qui restent gardent de vous un heureux souvenir et boivent ensuite à votre mémoire et à votre salut !

Voilà quels sont mes douze secrets du bonheur, mais vous avez sans doute les vôtres et n'hésitez pas à me les confier dans un commentaire.

*****

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

 

 

Texte & photos Ulysse

 

 

 

03/09/2016

En ruine mais sublime : l’abbaye de Villelongue

 

DSC08393.JPG

Bien qu’agnostique j’aime visiter les lieux de culte : chapelles, églises, abbayes et quand c’est possible, temples et mosquées. Car si je suis sceptique sur les prétendues vérités révélées à quelques élus par un "dieu" - qui semble au passage avoir superbement ignoré amérindiens, africains et asiatiques, ce qui laisse dubitatif sur son œcuménisme - je suis toujours admiratif des édifices que la foi a conduits à édifier. En ces lieux, en effet, se manifestent de façon éclatante le génie de l’homme et son orgueil aussi.

 

DSC08305.JPG 
 
L’abbaye de Villelongue, où le hasard de mes pérégrinations m’a conduit, en est un magnifique exemple. Située dans le vallon sauvage de la Vernassonne – appelée la vallée longue - à 15 kilomètres au nord ouest de Carcassonne, ses ruines majestueuses sont un éblouissement pour les yeux et l’esprit. Certes la formule relève un peu du poncif, mais dans ce cas elle est pleinement justifiée, comme vous allez en jugez. 

D’obédience cistercienne, elle fut édifiée au XIIème siècle et connut une riche histoire, au demeurant pas toujours glorieuse. Quatre de ses abbés, en effet, participèrent à l’infâme croisade contre les Albigeois (plus communément connue sous le nom de Cathares) menée par l’odieux Simon de Montfort qui, ce n’est que justice, en mourut lors du siège de la ville de Toulouse. Pour la petite histoire, il est plaisant de noter que sa mort fut provoquée par une «bricole», machine de jet utilisée sur les remparts de la ville et actionnée par un groupe de femmes, qui lui lancèrent une pierre d'une demi-douzaine de kilos qui l’envoya derechef « ad patres »

DSC08319.JPG

En récompense de cette assistance, le roi Saint Louis intervint en faveur de cette abbaye qui devint puissante et riche. Notons au passage que contrairement à sa légende, Saint Louis, s’il fut juste, ne fut pas bon. Car si on lui doit la création d’une justice royale indépendante à laquelle chacun pouvait avoir recours, en revanche il persécuta les juifs de France et gaspilla l’argent public dans de vaines et orgueilleuses croisades qui provoquèrent d’ailleurs sa mort d’un dysenterie à Tunis.


DSC08318.JPG

L’enrichissement de l’abbaye l’a conduit à s’écarter de l’austérité cistercienne voulue par le fondateur Saint Bernard et a permis d’édifier au XIVème siècle dans le cloître et l’abbatiale  de nouveaux chapiteaux et culots ornés de sculptures de style gothique méridional languedocien. Afin toutefois de ménager la règle bannissant les représentations humaines, les visages sculptés sont cachés sous les chapiteaux, hypocrisie dont le clergé s’accommode souvent, adhérant pleinement à la formule « pas vu , pas pris »

 

DSC08317.JPG

Certaines sculptures semblent vouées à rappeler aux moines que le diable les attend dans l’au delà (dont l’adresse est restée jusqu’ici non identifiée malgré les prouesses du télescope de Hubbles) si jamais ils leur arrivaient de commettre quelques "péchés".

 

DSC08314.JPG

Mais on est surpris de trouver sur le chapiteau d’à coté, le visage d’une femme avenante qui semble dire « baliverne que l’enfer, on ne vit qu’une fois, profitez en pendant qu’il est temps !». Discours auquel je souscris pleinement vous vous en doutez !

 

DSC08336.JPG

Une splendide abbatiale aujourd’hui hélas ouverte à tous vents jouxte le cloître . Elle arbore de magnifiques croisées d’ogives, de grandes fenêtres gothiques ainsi qu’une superbe rosace privée malheureusement de son vitrail

 

DSC08334.JPG

L’absence de toit, qui permet de voir le ciel quand on est dans la nef, met en valeur le génie des constructeurs qui ont réalisé un travail de broderie avec des pierres. Respectons ces hommes qui n’ayant à leurs dispositions que parchemins et plumes d’oies ont pu imaginer des édifices projetant vers le ciel des tonnes de pierre dans des arches et des colonnes qui défient les lois de la gravité.

 
DSC08386.JPG

Et même quand l’usure du temps  déchausse en partie ces pierres , elles restent en place comme si le génie de ces hommes les avaient rendu solidaires.

 

DSC08348.JPG

Alors que les temps étaient troublés et que les campagnes étaient souvent mal famées, il devait faire bon vivre à l’abri dans des lieux d’une telle beauté. D’ailleurs ceux qui ont été affectés au soutien des colonnes ne les ont pas encore quittés et affichent une mine réjouie, trop heureux que l'on ait encore besoin d'eux.

J’admire leur abnégation et leur égalité d’humeur alors que nous français contemporains faisons la grimace sous le poids croissant de la dette accumulée en raison des inepties de gestion et du train de vie princier de ceux qui nous gouvernent. Il n’y a jamais autant eu de conseillers dans les palais ministériels et tout le monde sait que les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

 

DSC08350.JPG

Certains aimeraient sans doute qu’on les débarrasse un moment de leur fardeau, histoire de se dégourdir un peu les jambes dans une taverne de Carcassonne, mais la peur de perdre son job en ces temps de crise met fin à toute velléité d’aller baguenauder.

 

DSC08365.JPG

Après une période flamboyante, le sort tourna pour cette abbaye qui subit les ravages successifs de la peste noire, des guerres de religion et de mauvais gestionnaires pour finir par être vendue comme bien national en 1791. Laissée depuis lors à l’abandon, elle fut rachetée en 1963 par le Docteur André Eloffe, dont la famille vit aujourd’hui dans les lieux et s’emploie peu à peu, avec l’aide d’une association, à la réhabiliter.

Les actuels propriétaires ont eu la judicieuse idée d’aménager à coté de l’abbatiale un jardin fort romantique où d’énormes coloquintes prennent le soleil juchées sur un escabeau, attendant sans doute la venue d’un prince charmant pour se transformer en princesse. Ma visite ne leur à fait, à mon grand regret, aucun effet !

 

DSC08366.JPG

D'ailleurs pour le jour où cet heureux événement se produira, l’apéritif est prêt à être servi …mais l’on constate qu’il faudra sans doute que la coloquinte s’arme de patience !

 

DSC08375.JPG
Apparemment, nombreuses sont celles qui lassées d’attendre se sont précipitées au téléphone pour appeler un éventuel prétendant, sans plus de succès à l’évidence.
 
 
DSC08378.JPG

Un figuier qui s’était blotti à l’abri du mur n’a pu empêché l’automne de l’effleurer et le voilà qui commence à perdre sa parure de feuilles

 
DSC08381.JPG


Voyant ces belles coloquintes pendantes en ce lieu autrefois consacré à la célébration de dieu, je ne peux m’empêcher de penser  à la formule latine « duas et bene pendantes » qui veut dire, en ce qui concerne les parties intimes du pape, qu’elles « sont deux et bien pendantes » l. Les femmes ne pouvant être pape, la rumeur veut, en effet, que le nouveau pape, une fois élu après l’émission de la fumée blanche, doive en secret se soumettre à un rite très discret : s'asseoir sur un trône troué, se faire vérifier manuellement par un officiant qui déclare en toute solennité au terme de l'examen: il en a deux et elles sont bien pendantes !

C'est pourquoi je suis plus que réservé vit à vis d'une religion qui réserve le rôle de porte parole de dieu aux porteurs de testicules. Une autre la réserve aux barbus, ce qui est plus facile à contrôler mais tout aussi insensé. Ce n'est, à mon humble et sacrilège avis, qu'un complot de "mecs" dans une arrière salle d'estaminet qui ont trouvé là le meilleur moyen de mettre à la raison un sexe, dit faible, mais, de fait, beaucoup plus subtil et intelligent que nous les hommes, pauvres "couillus" !

 ******

Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir  mes autres blogs:

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

 Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes chansons

 Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite.

 

 

Texte & photos Ulysse