13.05.2008
Un site paradisiaque.....
.......qui, par endroits, a des allures de cloaque !
Le 31 mars 2006 j'ai posté une note sur cette petite merveille géographique et
touristique qu'est le bassin de Thau, dans laquelle je déplorais les négligences et méfaits dont il
est victime de la part de ceux là même qui en vivent ou qui résident sur ses rives pas toujours
enchantées.
Depuis le déclassement du bassin de catégorie « A » en « B », qui a créé un véritable
électrochoc, les choses ont un peu évolué, les communes riveraines et les autorités
départementales et régionales se sont concertées pour tenter de sauver le bassin d'une mort
(biologique) certaine !
L'ancienne décharge ( et oui , il y avait autrefois une énorme décharge au bord de
l'étang !) du secteur de Maldormir a été réhabilitée, mais les masures, dont beaucoup sont en
situation illégale et polluent le sous sol (donc le bassin), sont encore là et pour longtemps. Des
zones de lagunage ont été créées du coté de Marseillan pour réduire la pollution des eaux de
ruissellement et des mesures devraient être prises pour réduire l'urbanisation dans les zones
sensibles. Des actions pédagogiques sont organisées à l'initiative du dynamique Alain Sacaze,
président de l'Organisation des Producteurs, à l'intention des conchyliculteurs - qui ne sont pas
les plus respectueux de ce bassin qui les fait pourtant vivre - et des étudiants engagés dans la
filière.
Espérons que ces initiatives parviendront à sauver, et pourquoi ne pas rêver, à rétablir
dans sa beauté originelle le bassin de Thau qui, vu de loin ou d'en haut, a des aspects
paradisiaques, mais qui en de trop nombreux endroits présente des allures d'un cloaque du fait
de la négligence, de la bêtise ou du « j'menfoutisme » de trop nombreux individus qui le prennent
(sans doute comme le reste de leur environnement) pour une poubelle !
Vous pensez que j'exagère ? Suivez mes pas et visitons d'abord le coté « jardin » avant
de chausser nos bottes pour aller regarder ce qui se passe du coté « cour »!
Nous voilà grimpés sur la butte du Domaine de Bellevue qui appartient désormais au
conservatoire du Littoral d'où l'on a vue splendide sur l'ensemble du bassin qui présente à cet
endroit (on le voit de loin!) des aspects de lagon polynésien.
De cet endroit on domine les tables des ostréiculteurs qui sont l'un des emblèmes
paysagers du bassin
Parmi les villages installés sur les berges du bassin, le plus pittoresque est sans
conteste celui de Bouzigues dont les huitres sont réputées (quand elles sont consommables !)
Quelques barques traditionnelles somnolent en rêvant du temps où les berges du bassin
n'étaient pas jonchées de vieux pneus, de sacs plastiques et d'objets divers (je n'exagère rien,
attendez de voir !)
Les flamants roses semblent apprécier l'endroit , mais celà n'a rien d'étonnant vu quils
passent leur existence la tête dans l'eau à chercher leur nourriture et se soucient comme d'une
guigne du paysage
et leur envol est l'un des plus beaus spectacles que l'on puisse voir sur le bassin .
Quand le vent se calme, l'eau se fait miroir et dédouble l'univers
Le phare des Onglous qui n'a jamais connu de tempête rêve de vacances en Bretagne
Par endroits des roselières facétieuses chatouillent le ventre des nuages
Par moments le bleu de la mer voisine submerge le paysage
et fait place quand le soleil se retire à un vaste incendie qui dévore les nuages du ciel avant d'enflammer les eaux de l'étang
Paradisiaque is not it ? Mais ces clichés sont trompeurs, suivez moi maintenant dans les coulisses pour voir l'envers du décor !
Commençons par la baie de Ste Marie située à proximité de l'Ecole des Glénans; prière d'amener un rateau si vous voulez y étendre votre serviette !Poursuivons par ce cliché pris sur le chemin qui va de l'école des Glénans au phare des Onglous : les chasseurs de canards tiennent apparamment à leur confort !

Un peu plus loin, une opération "vide-grenier" est ouverte en permanence !
Le Loch Ness a son serpent et le bassin de Thau ses pneus flottants dont voici un beau spécimen flottant entre deux eaux dans la crique de l'angle .Et voici quelques vestiges antiques en face de la station d'ostréiculture du Mourre Blanc (pas comme neige !)

Petit aperçu du rivage au niveau d'une exploitation de conchyliculture ! Ah l'inimitable goût de noisette des huitres du Bassin de Thau (dixit la pub!)Faites votre "shopping" le long de la promenade cotière à la sortie de Marseillan : crème solaire, paquet de cigarette, canette de bière, sont à votre entière dispostion!

Belle collection aussi du coté du secteur de Maldormir ...mais apparamment ce ne sont pas ces déchets qui les empêchent de
dormir !
Après avoir exterminé les canards, certains chasseurs s'entraînent sur des canettes
bière (une fois qu'ils les ont vidées bien sur !) dont les tessons et les débris jonchent leur zone
de tir dans la zone des salins du Quinzième!

Devant la beauté du site un admirateur en est tombé à la renverse et a oublié de ramener son fauteuil !Et pour finir assistons au même coucher de soleil que tout à l'heure, pris au travers d'un
pneu qui traînait sur le rivage !

Triste bilan, n'est ce pas, pour un site pourtant magnifique qui illustre à loisir les
dépliants touristiques de la région. Mais il ne faut pas désespérer de voir sa situation
s'améliorer. Les villages riverains (Mèze, Balaruc, Bouzigues, Marseillan) ont pris conscience du
problème et font de louables efforts pour protéger et embellir les rives de l'étang mais dans un
périmètre qui reste limité.
En outre, début avril l'Organisation des Producteurs à co-organisé au Lycée de la Mer
de Sète les journées de la Conchyliculture afin de sensibiliser les futurs professionnels aux
menaces qui pèsent sur le Bassin de Thau. A cette occasion Alain Lacaze le Président de l'OP a
déclaré dans une interview accordé au Midi Libre (dont je salue au passage la sensibilité aux
problèmes de l'environnement) "Il appartient à l'OP de communiquer aux jeunes de bonnes
habitudes à prendre.Et leur dire que pour sauver l'étang et la profession il faut être plus blanc
que blanc, puisque c'est nous qui vivons de ce milieu. Si nous balayons devant notre porte,
nous serons ensuite mieux placés pour rouspeter quand d'autres polluent".
Ce message concerne aussi les riverains, les plaisanciers, les chasseurs et les
promeneurs qui fréquentent le Bassin et l'initiative devrait être prise par l'ensemble des
communes riveraines d'organiser des journées de rnettoyage des rives afin de rendre au Bassin
l'aspect paradisiaque qu'il a sur les photos "touristiques"
Texte & Photos Ulysse
11:35 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Thau, Bouzigues, huitre
09.05.2008
Il fut un temps.....
Il fut un temps où il n'y n'avait pas de frontière,
Un temps où il n'y avait pas de nation,
Où les continents, les fleuves, les mers,
Ne portaient pas de nom.
Alors l'homme était libre d'aller et venir,
Où son bon vouloir le menait,
Libre comme l'air de s'établir,
Où sa curiosité le poussait.
Pas de douane ni de passeport ,
Pas de barbelés ni de forts,
La terre était alors le bien commun,
La mère nourricière des humains.
Puis un jour de triste mémoire,
Quelqu'un inventa le territoire,
Quelqu'un dit « ici c'est chez moi ! »
Au nom de qui ? Au nom de quoi ?
Ce n'était qu'un acte de violence,
Qui a fondé la « civilisation »,
Nourrie du fiel de la violence,
Et de l'usurpation.
Depuis lors l'homme n'a eu de cesse,
De considérer comme ennemis,
Ses propres frères terrestres,
Nés outre Rhin, outre-mer, hors de chez lui.
Des millions ainsi sont morts,
Pour des lignes virtuelles,
Que de sinistres matamores,
Prétendent éternelles.
Dénonçons ces balivernes,
Que les marchands de canons,
Soigneusement entretiennent,
Pour soutenir leurs actions.
Abolissons les frontières,
Et brûlons nos étendards,
Il n'y a que les cons qui soient fiers,
D'être nés quelque part !
PS: rendons à César ce qui appartient à César et donc à Georges Brassens les deux derniers vers que l'une de ses plus belles chansons m'a inspirés
Texte & Photo Ulysse
21:45 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frontière, étendard, liberté
06.05.2008
Il y a de la vie sur Mars ! (actualisation d'archive)
Il y a quelques semaines le magazine Sciences et Vie titrait sur sa
couverture « De la vie sur Mars » un événement tout à fait extraordinaire
mais qui est passé inaperçu des français plus préoccupés par le vide sidéral qui se
creuse dans leur porte-monnaie
La NASA apporte aujourd'hui une preuve supplémentaire avec cette photo prise par son
robot Opportunity dans le désert de la sérénité il y a 48 heures et qui montre que la planète a
été occupée dans un passé récent par une espèce évoluée et qui a su développer une
technologie équivalente à la notre...
En revanche le robot n'a trouvé aucune trace de l'hypothétique utilisateur de cette machine.
Sans doute a t-il quitté cette planète la jugeant trop inhospitalière pour venir voir si c'était
mieux chez nous ?
Ainsi on s'attend depuis toujours à voir les martiens arriver en soucoupe et en fait ils risquent
de débarquer en mobylette ! La prochaine fois qu'un motocycliste me doublera je vérifierai s'il ne
s'agit pas d'un petit homme vert !
Texte & photo Ulysse
20:25 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : planète mars, extraterrestre, apollo
03.05.2008
A travers la garrigue de Castelnau de Guers...(fin)
(suite et fin de la précédente note)
Vous avez dormi comme une souche, la paille du gite était chaude et confortable et le
spectacle de la voie lactée au travers des trous de la toîture a avantageusement remplacé le JT
du 20heures. Certes, il n'y avait pas d'eau chaude, les toilettes étaient parcourues par les
araignées et les courants d'air et il ne restait plus une seule bouteille de Picpoul de Pinet dans
la cave. Mais vous êtes néanmoins enchanté(e) et prêt(e) à reprendre la visite de la garrigue
malgré le temps qui tourne à l'orage. Alors allons y !
Prenons tout d'abord la direction du Tempot de Buard que domine un éperon de ruffe
rouge et dont le nom plutôt exotique me plonge dans un abîme de perplexité.
Mes recherches sur Internet et dans les dictionnaires occitan ne m'ont rien appris sur la
signification de Tempot, étant noté que Buard est probablement le patronyme de celui qui
possédait ou exploitait à l'origine ce lieu. Les mots occitans pour champ (camp) ou vigne (vinha)
ne nous sont d'aucune aide et aucun mot approchant n'existe. Je lance donc un appel aux
experts en toponymie pour éclairer ma lanterne sur ce point !
Le monticule qui domine le Tempot de Buard est coiffé d'une strate de calcaire
sédimentaire déposé par la mer il y a 35 millions d'années. Sous l'effet de l'érosion cette strate
se morcelle en énormes morceaux de « sucre » que la pluie mettra également quelques millions
d'années à dissoudre.
Un magnifique amandier dresse sa toison blanche vers la mer de nuages menaçants qui
semblent vouloir submerger la terre
Derrière le Tempot de Buard les vignes s'étendent à perte de vue, promesse d'un fleuve
de Pic Poul qui ira un jour réjouir nos gosiers assoiffés, n'en déplaise aux pisse-vinaigre et aux
ayatollahs des ligues anti alcooliques qui confondent les buveurs de vins civilisés que nous
sommes avec les brutes alcooliques qui prennent les routes pour des pistes de
bowling.
Nous avons fait à peine quelques kilomètres et nous débarquons soudain sur la lune, au
lieu dit joliment nommé de « l'étendoir des fées » qui offre un paysage minéral digne de la mer
de la Tranquillité où Amstrong posa le pied un jour de juillet 1969
On trouve à cet endroit d'énormes « molaires » fossiles dont on pourrait croire qu'elles
ont appartenu aux dinausores qui ont hanté les lieux il y a soixante millions d'années
Remontant vers le nord et grimpant sur les collines qui dominent l'Hérault on découvre
l'Ermitage de Saint Antoine du Lac qui aurait été construit par les Antonins dont l'ordre a été
rattaché à celui des Chevaliers de Malte. Les Antonins soignaient les gens atteints du mal des
ardents ou feu de « Saint-Antoine » dû à l'ergot de seigle.
Il reste peu de chose de l'ermitage, mais le seul arc ogival qui subsiste et se dresse
vers le ciel confère au site une aura de spiritualité. Malheureusement au cours de l'été 2007 un
incendie a partiellement brûlé l'énorme pin séculaire qui ombrage les ruines.
En revenant vers le coeur de la garrigue, on arrive en un lieu où un champ de blé en
herbe donne au paysage un air de Normandie....
Vous êtes conquis ou conquise, vous avez décidé d'élire domicile ici , je vous
comprends et je viendrai souvent vous rendre visite. J'amènerai bien sur les tielles et le
Picpoul !.
Texte & photos Ulysse
22:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : garrigue, ermitage Saint-Antoine, Castelnau-de-guers, Picpoul









