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15/05/2007

Sur les pas des Cathares (1ère étape Peyrepertuse)

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Nous allons partir ensemble, en quelques étapes, à la découverte des rares traces que les Cathares ont laissées dans le pays d'Oc et qui se résument à quelques chateaux en ruine perchés sur des sommets disséminés entre l'Aude, les Pyrénées Orientales et l'Ariège.

Car rien dans la société d'aujourd'hui ne subsiste de leur foi qui a pourtant imprégné fortement la culture et la société occitane au XIIIème siècle (on estime que la moitié de la population était cathare). Leurs croyances et leur héritage ont été balayés par des siècles d'indifférence, comme l'ont été les cendres de leurs martyrs par la Tramontane et le vent d'Autan.

Au fil des étapes qui vont du château de Peyrepertuse près de Rouffiac des Corbières dans l'Aude à celui de Roquefixade dans l'Ariège, je vous parlerai des origines, des fondements et de la brève histoire du « catharisme »

L'épopée cathare a commencé dans la deuxième moitié du XIIème siècle pour s'achever par la chute de Quéribus en 1259, les cathares s'étant ensuite réfugiés dans la clandestinité poursuivis par l'inquisition qui brûla le dernier cathare, Guilhem Bélibaste, en 1321.

Les vicomtes de Béziers, d'Albi, de Carcassonne et les Comtes de Toulouse et de Foix ont pris fait et cause pour les cathares, soutenus par le Roi d'Aragon, leur suzerain, sans pour autant tous se convertir à cette religion. Leur défaite conduira à la mainmise du Roi de France sur leurs possessions par le traité de Corbeil en 1239. Les châteaux dits Cathares deviendront alors des forteresses royales assurant la défense du royaume sur les « marches » d'Espagne. Mais la signature du traité des Pyrénées en 1659, reculant la frontière avec l'Espagne aux limites actuelles, fera perdre tout intérêt défensif à ces citadelles, qui seront démantelées ou tomberont dans l'oubli.
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Pour cette première étape, nous partons du village de Rouffiac à l'assault du château de Peyrepertuse, installé à 780 m sur les contreforts du Roc de Sagnes, par un chemin si pentu qu'il faut parfois s'accrocher aux branches des arbustes qui le bordent pour le gravir.
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Le Château se déploie sur l'arête sommitale du Roc sur près de 9000 m2 ce qui lui a valu le surnom de « Carcassonne céleste ». Ses murailles prolongent et se confondent avec les falaises vertigineuses qui le bordent. Son seigneur Guillaume de Peyrepertuse qui avait pris fait et cause pour les Cathares se rendit aux troupes de Louis IX en 1240. Ce dernier fit agrandir et consolider le château pour assurer la défense de la frontière.
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Mais revenons aux origines et aux fondements du Catharisme tout en visitant le château . Ce mouvement aurait été inspiré par le "Bogomilisme » qui se développe au Xème siècle en Bulgarie et prône un retour au christianisme primitif.
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Les fondements de cette religion peuvent se résumer à une interrogation : « Si Dieu est infiniment bon et tout puissant, comment peut il tolérer le mal sur la terre ?" Et les Cathares répondaient en disant qu'il ne pouvait pas être tout puissant puisque le mal existait sur la terre et que Dieu donc ne régnait que sur le monde des âmes. Le monde matériel où sévissaient la souffrance et le vice était la création de Satan. Il fallait donc mener une vie pure et d'abstinence pour libérer l'âme de sa prison corporelle. De fait, pour les cathares, l'enfer n'était pas dans le ciel mais sur la terre. Il n'y avait pas de jugement dernier et toutes les âmes étaient appelées à être sauvées, même s'il leur fallait plusieurs vies d'efforts à travers la réincarnation.
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Ils se sont progressivement organisés pour fonder une véritable « Eglise » avec un clergé et des séminaires dans les régions de Foix, Toulouse, Carcassonne, Béziers et Albi mais ils ne construisaient pas de lieux de culte car tout bâtiment relevait du monde matériel donc du mal.

Le clergé était composé de cinq évêques compétents pour les régions précitées et de « Bonshommes » ou « Bonnesfemmes » (les femmes étant pour eux les égales des hommes) qui étaient seuls tenus à l'abstinence de nourriture carnée et à la continence sexuelle (dénommés par dérision « parfaits » par les inquisiteurs). Ils pratiquaient un métier artisanal (ils étaient principalement des tisserands) et se consacraient à la prédication itinérante. Ils recevaient de leurs évêques « le consolament » baptême spirituel des cathares. (il n'y avait pas dans leur religion d'autre sacrement)
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Les autres membres de la religion cathare s'appelaient les « croyants » et s'efforçaient de faire le bien, mais ils pouvaient pêcher, c'est à dire manger de la viande, procréer, car c'est le diable qui pêchait en eux. Celà les conduisait à la réincarnation jusqu'à ce qu'ils deviennent à leur tour des « bonshommes » et des « Bonnesfemmes » A la fin de leur vie, ils recevaient le « consolament » qui atténuait leurs péchés et on enlevait une tuile du toît afin que l'âme puisse s'échapper du monde matériel.
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Mais nous poursuivrons demain l'histoire de cette épopée cathare et pour reprendre notre cheminement sous l'oeil vigilant d'un vautour fauve heureux de nous voir quitter son territoire.
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Après un coup d'oeil au chateau de Quéribus que l'on aperçoit dans le lointain (voir ma note du 18 octobre 2006) nous traversons une région encore sous l'influence méditerranéenne où les cistes prolifèrent sur les coteaux,
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malgré l'omniprésence dans le paysage du Mont Canigou où l'hiver tient ses derniers quartiers.
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Il nous reste à franchir les vertigineuses gorges de Galamus où se niche l'étonnant ermitage Saint Antoine,
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pour arriver au terme de notre première étape au lieu dit les Bastides, paradis champêtre et bucolique où nous pouvons rafraîchir nos pieds échauffés par les kilomètres parcourus.
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Texte & Photos Ulysse

09:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (8)

Commentaires

Merci Ulysse, cette histoire des CATHARES me touche beaucoup, étant originaire par mon père de ces contrées, dures, belles et fières.

Écrit par : ginette | 15/05/2007

Oui, merci Ulysse, c'est un "voyage" que j'ai envie de faire depuis très longtemps. Je l'ai fait grâce à toi aujourd'hui. Images et histoire.... magnifiques.

Écrit par : Marie | 15/05/2007

Bonjour Ulysse,
Des lieux somptueux qui ont marqué notre Histoire !
Merci pour cette superbe promenade !
Amitiés en te souhaitant une bonne soirée,
Christian

Écrit par : christian | 15/05/2007

A Marie : si tu veux faire ce type de randonnée sur plusieurs jours tu peux t'adresser à des sociétés qui les organisent avec guide et portage de sac . Tu peux consullter les sites suivants :

http://www.chamina.com/accueil.asp

ou http://www.echaillon.com

Écrit par : ulysse | 15/05/2007

Merci ULYSSE,pour ce "parcours"ceci me fait découvrir,une région que je connais mal,mais avec toi .comme guide ,"j'èspère faire ......des photos ...correctes !!!!!lorsque je viendrais en ce pays d'OC ...bises

Écrit par : fance | 15/05/2007

Bonjour ,
Tiens je connais bien cet endroit , j'y suis encore allé ce week end ! :D
J'ai d'ailleur mis moi aussi une série de photos sur ce château magnifique !

Bonne soirée

Lorénico

Écrit par : Lorénico | 15/05/2007

S'y retrouver là haut, adossé à l'abri entre deux meurtrières au beau milieu de l'hiver, tandis que la tramontane glace de son impétuosité rebelle toutes les Corbières, est une experience unique à vivre au moins une fois dans sa vie. Peyrepertuse est assurément l'une des plus fascinantes de ces "Citadelles du vertige"...
Merci à toi Ulysse de nous convier à suivre leurs traces dans tes pas de funambule !

Écrit par : Ji-el-Bê | 16/05/2007

oui assurément Ji el Bê c'est une expérience unique . j'y suis allé au petit matin afin d'être sur d'être seul et de pouvoir ainsi "dialoguer" avec la mémoire des pierres et du vent !

Écrit par : ulysse | 18/05/2007

Les commentaires sont fermés.