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31/05/2007

Allez vaille que vaille, à l'église de St Jean de Dieuvaille

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Levé tôt le matin pour aller au turbin, couché tard le soir pour s'occuper de la maison et des bambins, toute la semaine vous avez marché au radar en rêvant de la « grasse mat » que vous alliez faire dimanche matin....

Mais voilà, c'était sans compter avec votre charmant voisin de gauche (géographiquement parlant!) dont le clébard aboie après la lune et votre non moins charmant voisin de droite qui tond sa pelouse dès "potron minet" pour éviter l'ardeur du soleil, sans oublier celui d'en face qui a du perdre son sonotone et met la télé à fond pour réécouter sur "Télé-matin" les nouvelles de la veille (il y en a qui ont du mal à suivre l'actualité...!.)

Alors vous vous prenez à rêver d'un endroit où vous seriez seul au monde, d'une île au soleil où l'on n'entend que la douce chanson des alizés.
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Mais vous n'avez pas besoin d'aller si loin, passez chez Décatelon acheter un sac de couchage et une lampe de camping, videz votre frigidaire dans un sac à dos, prenez un ou deux bouquins (par exemple « Petite philosophie du marcheur «  de Christophe Lamoure aux éditions Milan et « Les expressions familières du Languedoc et des Cévennes de Christian Camps aux éditions Bonneton) et un flacon de Chateau Haut Blanville (voir le lien et la rubrique "délices" du blog) et partez pour le canyon de Dieuvaille, près du hameau de Barroubio.
Parvenu au hameau, suivez les panneaux indiquant « Eglise du Trou » autre nom, très évocateur, donné à l'Eglise saint Jean de Dieuvaille, qui se trouve de fait blottie au fond d'un canyon où coule un ruisseau nommé « Eglise » !(je ne l'invente pas !) Je ne connais pas d'endroit plus sauvage et plus calme à des milliers de lieues à la ronde.
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Bâtie au XIIIème siècle sur les fondations d'un ancien ermitage, l'église, que l'on peut visiter, recèle deux peintures rupestres de bonne facture représentant, l'une, Saint Pierre, reconnaissable à la clé du Paradis qu'il tient dans ses mains. Cette clé enorme laisse penser que les portes dudit lieu ne sont pas en contreplaqué et que l'on ne doit pas facilement y entrer. L'autre peinture représente sans doute Saint Jean, si l'on se réfère au nom attribué à l'église.
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Un cimetierre fort romantique entoure l'église. L'une des tombes, où gît la dépouille d'un jeune homme de 23 ans mort en 1915, sans aucun doute à la guerre, est particulièrement émouvante car elle est ornée d'une photo jaunie et de fleurs artificielles qui semblent, elles, avoir été apportées la semaine passée. On s'interroge sur la personne qui plus de 90 ans après le décès de ce jeune homme a déposé récemment des fleurs. Est il possible que sa compagne soit encore en vie, où est-ce un membre de la famille ou tout simplement une main amie qui, plusieurs décennies après, ne l'a pas oublié. Quoi qu'il en soit, en s'arrêtant sur sa tombe, cet être revit un instant dans nos pensées.
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Ce cimetierre est également le lieu d' un autre phénomène étrange. On y voit, en effet, un arbre planté près d'une tombe dont les deux premières branches suivent les deux bras de la croix qui l'orne. On a le sentiment que l'arbre, dont les racines doivent taquiner le cercueil du défunt, manifeste ainsi sa sympathie à son égard.
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Croyez moi, lorsque vous aurez passé quelques heures, voire une nuit (on peut dormir dans l'église) en ce lieu sauvage baigné de spiritualité, vous attaquerez avec sérénité la semaine qui s'annonce et vous dormirez dimanche prochain comme un bébé malgré les nuisances sonores de vos chers voisins.

Des précisions pour vous y rendre sont données en fichier joint.

Texte & Photos Ulysse

15:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23)

28/05/2007

A l'assault du Vissou !

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Les paysages de l'Hérault sont dominés par 6 sommets emblématiques qu'il faut avoir gravis pour avoir une bonne connaissance de la géographie de ce département : Le Pic Saint Loup situé aux portes de Montpellier, le Saint Baudille qui domine la région de St Guilhem, le Tantajo qui surplombe Bédarieux, Le Caroux au pied duquel se nichent Olargues et Lamalou, la Séranne qui protège la vallée de la Buèges de la Tramontane et enfin le Vissou planté dans la plaine de Cabrières.

J'ai déjà gravi deux ou trois fois chacun des cinq premiers mais je dois avouer que je snobais le sixième qui avec ses modestes 480 m me faisait plutôt l'effet d'une grosse colline. De plus une route forestière permet d'accéder en voiture au sommet (comme au demeurant le Tantajo et le Mont Baudille) ce qui enlève beaucoup de charme au lieu celui-ci étant, dans ce cas, généralement pollué par les mégots des fumeurs qui se donnent à bon compte l'impression d'être sportif en parcourant les 30m qui sépare leur bagnole du sommet.
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Mais je dois reconnaître que son profil, qui lui donne l'aspect d'une dent de requin fichée en plein coeur de la garrigue, me séduisait et je me suis finalement décidé à le gravir, mais en l'abordant par la face sud qui n'est parcourue que par un modeste sentier .

Et bien je n'ai pas regretté ma balade. Il faut dire que le Vissou se venge de sa modeste taille en vous imposant de l'aborder par un chemin qui monte pendant 500m en pleine pente, histoire de vous imposer un brin de respect ! Au moment où vous commencez à être à bout de souffle, et où vous regrettez de ne pas avoir de frein à main pour pouvoir faire une pose sans repartir en arrière, la pente deveint heureusement plus raisonnable et vous conduit sur le Pic de Vissounel, petit frère du Vissou qui culmine à 367 m et offre une vue fort agréable sur le têton boisé de Boutouri.
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S'offre alors à vous une somptueuse croupe herbeuse couverte de fleurs propice , selon votre état de fatigue, à une sieste réparatrice ou à une partie de saute-mouton (ou saute-brebis!). J'ai découvert en ce lieu que l'ail, qu'affectionne particulièrement les gens du midi, est également apprécié par les abeilles locales qui en butinent les fleurs !
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Les 120 m qu'il reste à gravir pour atteindre le sommet du Pic du Vissou sont ensuite une simple formalité et malgré l'altitude relativement modeste la vue sur la plaine vaut le détour !
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On descend ensuite en pilotage automatique en empruntant la confortable piste forestière qui rejoint par l'est la plaine de Cabrières et offre une vue panoramique sur le cirque de Mourèze.
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Il serait dommage d'en rester là et de rentrer au bercail car sur la colline d'en face subsistent deux magnifiques capitelles d'où l'on jouit de surcroît d'une vue splendide sur le Vissou.

Pour cela il vous faut rajouter 150m de dénivelé aux 350m déjà gravis le matin, ce qui fait un compte rond de 500m à la portée de tout bon marcheur ! Et croyez moi on ne regrette pas cette dépense d'énergie supplémentaire, les capitelles en question étant superbement conservées.
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On aurait presque envie d'échanger ses chevaux mécaniques contre des moutons et de devenir berger quand on découvre un tel endroit aux horizons infinis bordés par le ciel.et imprégné par les odeurs de garrigue.

Mais ce n'est bien sur qu'une réflexion de citadin qui ne supporterait certainement pas plus de trois jours la vie de berger et après cette contemplation méditative, la perspective de'une 1664 bien fraiche à boire à la terrasse d'un café de Cabrières m'a ensuite ramené rapidement à mes chevaux mécaniques qui m'attendaient sagement au pied du Vissou.

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Des détails sur le circuit figurent en fichier joint.

Texte & photos Ulysse

14:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (14)

24/05/2007

Le Chevalier Cathare

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Au cours de mon périple en pays Cathare, en descendant du Roc du Midi qui domine le village de Brénas, j'ai eu un coup au coeur en tombant nez à nez au détour du chemin avec ce "chevalier " sculpté par la pluie et le vent dans la roche. J'ai imaginé qu'il s'agissait d'un chevalier Cathare qui s'était réfugié dans cet endroit sauvage pour fuir l'inquisition et qu'il attendait le retour de sa foi sur terre pour revenir dans le monde des vivants. Cette rencontre m'a inspiré ce poème :




Il attend,
Dans un vallon, solitaire,
Vêtu d'une parure de pierre,
Depuis huit cents ans.

Il attend,
Insouciant des intempéries,
Se riant du froid, de la pluie,
Silencieux et patient.

Il attend,
Alors que les « Bonshommes » ses frères,
Ont péri par le feu et le fer,
Au nom d'un dieu aimant !

Il attend,
Que l'esprit ressuscite,
De sa foi dite « hérétique »,
Qui ne versait pas le sang !

Il attend,
Et quand viendra ce jour de grâce,
Il reprendra alors sa place,
Dans le monde des vivants!


Texte & Photo Ulysse

22/05/2007

Sur les pas des Cathares (Dernière étape Roquefixade)

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Nous partons de bon matin pour notre cinquième étape sur le sentier Cathare en direction de Roquefixade. Le « pog » de Montségur est enseveli dans les nuages, conférant au site un caractère dramatique en harmonie avec la tragédie dont il a été le théatre.
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Nous traversons les forêts denses du Pays d'Olmes, égayées par le chant de nombreux ruisseaux qui témoignent de la proximité des Pyrénénées.
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Le climat humide et le sol fertile sont propices aux fleurs qui colonisent le bord des chemins, attirant d' infatigables « travailleurs » des champs.
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Nous croisons aussi quelques « autochtones » dont la mine patibulaire ne nous incite pas à lier conversation.
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Malgré les kilomètres parcourus, le pog de Montségur, débarassé de ses nuages, continue de dominer le paysage et semble défier à travers les siècles ceux qui l'ont dévasté et dont les os ne sont plus que poussière.
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Après avoir traversé Montferrier puis gravi les collines de l'immense forêt de Mondini nous arrivons en vue du château de Roquefixade. On n'est pas certain que le château ait fait l'objet d'un siège de la part des croisés, mais l'on sait qu'il abritait une communauté de croyants et que Guillaume de Plaigne, l'un de ceux qui massacrèrent les inquisiteurs à Avignonet en représailles des atrocités commises contre les cathares (voir la 4ème étape), y vivait avec sa famille.
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En 1288, le chateau fut confisqué par le Roi de France et confié au sénéchal de Carcassonne qui y a installé une bastide dont le but était « d'extirper l'hérésie de la région» !

Avec la chute des dernièrs refuges des Cathares, le catharisme va devenir une religion clandestine pourchassée de façon impitoyable par l'inquisition. De nombreux artisans et bourgeois vont s'exiler en Lombardie et en Catalogne appauvrissant l'économie du Languedoc.
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Il a fallu près d'un siècle à l'inquisition pour éradiquer la foi des Cahares, qui ont néanmoins laissé un message d'amour, de tolérance et de liberté qui reste d'actualité et dont feraient bien de s'inspirer certains prosélytes se prétendant religieux et qui massacrent leurs semblables au nom de leur dieu prétendument « aimant ». L'histoire nous enseigne hélas que généralement les esprits faibles et les idées contestables recourent à la violence pour s'imposer.
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Au plan politique la conséquence la plus importante fut la mainmise du Roi de France sur le Languedoc et l'intégration ou l'élimination des princes occitans dans le nouvel ordre vassalique.
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Afin que cette épopée reste dans la mémoire des hommes, un sentier cathare a été mis en place qui va de Port la Nouvelle dans l'Aude à Foix dans l'Ariège. Ce sentier, qui n'a pas d'existence historique mais purement touristique, relie la plupart des citadelles qui servirent de refuges aux Cathares .
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Partant de la méditerranée il gagne progressivement des terres sous l'influence climatique des Pyrénées et offre une infinie diversité de paysages. Plaines, coteaux, gorges abruptes, montagnes, garrigues, vignes, forêts se succèdent ainsi sur son parcours avec pour toile de fond les cîmes majestueuses de la chaine pyrénéenne dont celle emblématique du Canigou. Parcourir ce chemin c'est faire un voyage à travers la géographie l'histoire et l'univers spirituel des Cathares.
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Pour ceux qui sont intéressés par un périple sur ce chemin et par l'histoire des Cathares voir les précisions en fichier joint.

Texte & Photos Ulysse

09:23 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (12)