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12/08/2009

Louna et l'amandier (reprise d'archive)

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Perdu dans l'odorante garrigue,


Qui entoure le village de Fabrègues,


Au bord d'un chemin qui navigue,


Entre vignes séculaires et pinèdes,


Se dresse un vénérable amandier,


A l'écorce noire et rugueuse,


Dont la hauteur et le port altier,


Ne sont qu'apparences trompeuses,


Car ce bel amandier solitaire,


Transforme ses fleurs du printemps


En amandes fort amères,


Que l'on recrache en jurant !


Mais n'allez pas croire que ses gènes,


Soient la cause de cette amertume,


Car le fautif est l'espèce humaine,


Envers qui l'amandier nourrit sa rancune,


Car trop souvent dans sa jeunesse,


Les hommes armés de triques


Ont frappé ses branches avec rudesse


Pour le dépouiller de son viatique.


Mais voilà qu'une jolie demoiselle,


Vint à passer l'autre jour,


Qui de sa voix douce et frêle,


Lui tint cet aimable discours :


« Si vos amandes sont aussi tendres,


Que vous êtes fort et vigoureux,


Je serais heureuse de pouvoir en prendre,


Cer elles doivent être dignes des dieux. »


Le vieil amandier sensible à cette délicatesse,


Contre les hommes oublia son fiel,


Et répandit sur la demanderesse,


Une pluie d'amandes douces comme le miel.

 

PS : Veuillez noter, chers lectrices et lecteurs, que le prochain Schmilblog se tiendra dimanche

Texte & Photo Ulysse

Commentaires

L'amour des arbres se perd mon pôvre Ulysse !
On y voit que des casse-pieds qui perdent leurs feuilles qu'il faut ramasser sans cesse, des réserves de pollens allergènes, des empêcheurs de construire en rond, des souleveurs de bitume, des assassins tapis au bord des routes,....
Alors qu'un arbre, quel qu'il soit, c'est LA VIE !
L'arbre est l'ami de l'homme, mais l'homme est un prédateur pour l'arbre.
Triste constat !

Écrit par : Patacol | 12/08/2009

D'accord avec louna pour son admiration devant l'arbre et avec le "triste constat" de Patacol

J'aime bien ton texte Ulysse et, en le lisant, m'est revenue l'odeur d'amande amère qu'avaient autrefois nos bâtons ou plutôt nos petits pots de colle blanche...

vous en souvient-il jeune homme ???

Écrit par : colette | 12/08/2009

j'aime beaucoup cet arbre, annonciateur du printemps et des beaux jours !
je te souhaite une bonne semaine .
amitiés

Écrit par : norbert | 12/08/2009

Comme c'est joli ! je me souviens aussi de ces petits pot de colle blanche.. eh oui!
les jeunes maintenant ne savent même plus ce que c'est tout çà !
et les amandiers il y en a beaucoup chez moi aussi le long des chemins ou dans les
vignes,(celles qui restent encore..!) pour combien de temps ?
Merci Ulysse c'est trés beau ! miaouuuuuuuuuuu!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : mistigris | 12/08/2009

Bonjour Mistigris pour les vignes ne t'en fais pas on fait ce qu'il faut pour qu'elles ne disparaissent pas quitte à sacrifier notre foie !

Écrit par : ulysse | 12/08/2009

Une bien belle fable vous nous contez là Ulysse... chanceuse demoiselle... l'amandier est un arbres que j'aime beaucoup ...

alors cadeau :

POUR DECRIRE LES FLEURS D'AMANDIER

"Pour décrire les fleurs d'amandier,
l'encyclopédie des fleurs et le dictionnaire
ne me sont d'aucune aide...
Les mots m'emporteront
vers les ficelles de la rhétorique
et la rhétorique blesse le sens
puis flatte sa blessure,
comme le mâle dictant à la femelle ses sentiments.
Comment les fleurs d'amandier resplendiraient-elles
dans ma langue, moi l'écho ?
Transparentes comme un rire aquatique,
elles perlent de la pudeur de la rosée
sur les branches...
Légères, telle une phrase blanche mélodieuse...
Fragiles, telle une pensée fugace
ouverte sur nos doigts
et que nous consignons pour rien...
Denses, tel un vers
que les lettres ne peuvent transcrire.
Pour décrire les fleurs d'amandier,
j'ai besoin de visites
à l'inconscient qui me guident aux noms
d'un sentiment suspendu aux arbres.
Comment s'appellent-elles ?
Quel est le nom de cette chose
dans la poétique du rien ?
Pour ressentir la légèreté des mots,
j'ai besoin de traverser la pesanteur et les mots
lorsqu'ils deviennent ombre murmurante,
que je deviens eux et que, transparents blancs,
ils deviennent moi.
Ni patrie ni exil que les mots,
mais passion du blanc
pour la description des fleurs d'amandier.
Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc
dans leur dédain des choses et des noms ?
Si quelqu'un parvenait
à une brève description des fleurs d'amandier,
la brume se rétracterait des colline
et un peuple dirait à l'unisson :
Les voici,
les paroles de notre hymne national !"

Mahmoud Darwich

Écrit par : Maria-D | 13/08/2009

Je crois que je penserai à ton texte et à cette jolie demoiselle chaque fois que je croquerai dans une amande. Je sais maintenant que c'est grâce à elle que je succombe à leur parfum ;-) Belle journée Ulysse !

Écrit par : Bandolera | 13/08/2009

Voilà une fable que l'on voudrait vraie tellement elle est jolie...
Tu as une façon de raconter ton quotidien qui charme le lecteur et nous transporte vers l'imaginaire que nous avons tous dans un coin de notre coeur.
Bises,
Syl

Écrit par : Sylviane | 13/08/2009

"j'ai le plus bel amandier du quartier"
au printemps ses fleurs roses font merveilles
mais
mais les amandes sont amères
et je jure devant le dieux des arbres
que je le regarde si gentiment...
bon nous verrons l'an prochain
belle journée à tous

Écrit par : jeanne_01 | 13/08/2009

Quelle jolie petite jeune fille ! C'est une belle fable, et je rêve de rencontrer pareil arbre sur ma route, car je n'en ai jamais vu.

Écrit par : Valentine | 13/08/2009

A Maria : merci pour ce texte qui nous rappelle à juste titre que les mots ne sont pas les choses

A Jeanne :il ne faut pas te contenter de regarder gentiment ton amandier il faut lui adresser des propos aimables !

Écrit par : ulysse | 13/08/2009

Mollement accoudée
A ses vitres de lune
La reine vous salue
D’une fleur d’amandier
C’est la reine de cœur
Elle peut s’il lui plaît
Vous mener en secret
Vers d’étranges demeures
Où il n’est plus de portes
De salles ni de tours
Et où les jeunes mortes
Viennent parler d’amour

La reine vous salue
Hâtez-vous de la suivre
Dans son château de givre
Aux doux vitraux de lune

Maurice Carême

Il me semble vous avoir déjà posté cette citation,
peut être même sur la même note, à tout à l'heure.

Écrit par : michel, à franquevaux. | 16/08/2009

Effectivement Michel c'était l'été dernier Merci pour ce délicieux rappel

Écrit par : ulysse | 16/08/2009

Les commentaires sont fermés.