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25/09/2007

Périple pyrénéen - 4ème jour : L'ascension du Petit Vignemale (3032m)

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Les marmottes ronflent encore au fond de leurs terriers lorsque le matin du 3ème jour nous partons faire l'ascension du Petit Vignemale (3032M). Nous avançons dans la pénombre en nous guidant sur la dent du grand Vignemale (3247m) où un rayon de soleil s'est blessé et se met à saigner tout doucement le long de ses parois.

L'ascension du petit Vignemale (3032m) se fait par un chemin qui grimpe sur d'anciennes moraines glaciaires jusqu'à la hourquette (genre de col) d'Ossoue (2734m). A partir de là on vise le sommet du Petit Vignemale et on grimpe tout droit vers lui ....ou presque !
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Pendant le première heure, nous grimpons en silence face au glacier des Oulettes qui n'est plus qu'un modeste vestige de l'immense glacier qui, il y a 10.000 ans, descendait jusqu'au Pont d'Espagne situé en aval à près de 10km. Depuis 30 ans il a reculé de près d'un kilomètre et continue de se réduire de façon accélérée, ce qui menace la survie à terme du magnifique lac de Gaube situé en contrebas.
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Nous avons le sentiment d'être seuls au monde, grosses fourmis dans ce monde minéral, éphémères ombres chinoises qui se dessinent contre les parois éclairées du Chabarrou.
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Partout ailleurs dans la nature, la présence de l'homme se manifeste sous la forme d'un patchwork de champs ou de vignes, d'un réseau de murets ou de chemins, de la succession de terrasses, de capitelles ou de mazets. Mais la haute montagne est vierge de toute signature humaine, elle nous révèle la terre avant l'homme, cet homme dont elle tolère tout juste la présence et qu'elle peut à tout instant foudroyer comme un insecte. Les fleurs qui la colonisent se terrent au ras du sol pour recueillir le maximum de chaleur et échapper aux vents violents. Les marmottes se réfugient dans leurs terriers à la moindre alerte. Seuls les izards ou les chamois, les bouquetins, les mouflons et les rapaces y sont parfaitement adaptés .
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La haute montagne est une ensorceleuse. Par temps clair les sommets réduits par la perspective semblent facilement accessibles et vous incitent à les escalader. Mais au fur et à mesure que l'on se rapproche ils prennent de l'importance et révèlent leurs parois redoutables jonchés de blocs de pierre ou parcourues d'arêtes vertigineuses.
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Nous voici enfin rendus à la Hourquette d'Ossoue (2734m) dominée par la silhouette trapue du petit Vignemale dont nous allons faire l'ascension.
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Lorsque l'on s'engage dans une ascension le temps semble s'étirer et suivre le rytme lent de nos pas, le reste du monde se dissout et la pente caillouteuse occupe le champ de notre conscience, son défilement étant rythmé par les battement du coeur et le va et vient du souffle. On ne fait alors qu'un avec le sommet que l'on gravit.. Quand le souffle vient à manquer que le coeur s'emballe, la tentation est forte de renoncer, mais l'aiguillon de l'amour propre nous pousse et lorsque l'on arrive au sommet une joie intense nous saisit de n'avoir pas céder aux perfides sirènes du renoncement.
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Et quelle récompense la montagne nous offre alors en dévoilant des espaces infinis piquetés de sommets que l'on a le sentiment de survoler. Notre corps semble se dissoudre dans l'espace et notre esprit s'étend aussi loin que porte notre regard. Comme disent les amis suisses qui m'ont accompagné, en montagne on est toujours déçu ....en bien !
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D'ailleurs quelle merveilleuse « déception » de découvrir au sommet du Petit Vignemale la langue argentée et fissurée du grand glacier d'Ossoue que domine la formidable Pique Longue (3298m) qui semble nous mettre au défi de l'escalader.
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Mais peu soucieux de finir congelés pour être retrouver dans 3000 ans comme l'homme d'Ossi nous nous gardons bien de relever le défi.
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Il est temps de descendre, ce qui ne nous réjouit guère, la descente n'étant pas plus facile que la montée, car ce corps qu'il a fallu hisser il faut maintenant le retenir, et ce n'est pas une sinécure quand le chemin ou plutôt le semblant de chemin comporte des pierres instables et des ruptures de niveau qui vous font redécouvrir l'utilité de vos fesses.
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Notre descente hasardeuse ne passe pas inaperçue d'un vautour fauve qui rode en ces lieux et nous surveille du coin de l'oeil espérant que l'un d'entre nous va chuter. Mais nous arrivons au pied du sommet sans encombre et il s'en va dépité en quête d'une autre proie.
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Avant de reprendre le chemin de la vallée nous faisons un détour par le refuge de Baysselance (2651m) pour nous y réchauffer d'un café.
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En tout autre endroit nous aurions refusé le café qui nous fut servi ! Il avait en effet le goût de chaussettes et vu la densité de randonneurs qui y faisaient halte on peut raisonnablement penser que c'était effectivement du jus de chaussettes, le stock de café devant être épuisé !
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De toute façon peu nous importait le goût du café, il était chaud et nous l'avons bu en contemplant au loin la Brêche de Roland dominant le cirque de Gavarnie, cet endroit mythique où le neveu de Charlemagne mourut en 778 suite à une attaque perfide des Basques
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Mais l'heure avançant nous nous décidons à prendre chemin du retour et refranchissons la Hourquette d'Ossoue. Il était temps car nous apercevons une marée de nuages qui monte de la vallée
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La haute montagne ne pardonne aucune imprudence: même quand le temps est grand beau au moment du départ , il faut toujours prévoir le coupe-vent, la laine polaire, la couverture de survie, le sifflet, de l'eau et de la nourriture en abondance car le brouillard peut tomber ou un orage de pluie ou de neige survenir d'une heure à l'autre.

Et d'ailleurs très vite, alors que nous redescendions vers le refuge des Oulettes, les nuages venus de la vallée ont envahi la totalité du cirque.
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La nuit venue malgré la fatigue nous avons du mal à trouver le sommeil, sans doute excités par l'air des cîmes.

Alors en coeur dans le dortoir nous nous mettons à compter les moutons : 1
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2........

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BZZZZ BZZZZ RRRRON RRRRON !

Commentaires

bravo Ulysse, trés belle randonnée, des photos super et une montagne qu'il faut respecter .
bonne journée.

Écrit par : norbert | 25/09/2007

JE T'ai suivi pas à pas, comme c'est étrange d'avoir l'impression dêtre avec vous....il y a là un petit mystère, ne crois-tu pas ?

Écrit par : ginette | 25/09/2007

... et le plus, "saute-mouton" Bravo !

Écrit par : planet taka-yaka | 25/09/2007

Belle "balade" je n'ai pu te suivre ,pas a pas ,mais tes photos et tes récits,m'ont permis ,d'apprécier cette belle randonnée .a quand la prochaine ???? bises

Écrit par : france | 25/09/2007

toujours aussi agréables tes ballades......

et le pique nique, pas de photos ?

Bisouu Ulysse

Écrit par : miriel | 25/09/2007

Là, pour moi, c'est un léger retour en arrière. au mois de juin, j'ai baguenaudé dans la vallée contigüe, c'est à dire la vallée de la Neste avec le massif et la réserve du Néouvielle.

Tu as fait là une belle randonnée.
A+ jacques

Écrit par : jaques | 26/09/2007

Miriel les photos du pique nique sont dans la note précédente "Des américaines étaient au pique nique des réals"

Écrit par : ulysse | 26/09/2007

c'est magnifique
et c'est vrai qu'on a un peu, juste un peu l'impression de partager
je t'embrasse

Écrit par : jeanne_01 | 26/09/2007

Bonjour Ulysse,
Un parcours de rêve pour les amoureux de la montagne !
Je suppose que tu as dû apprécier ce calme que l'on recherche souvent !
Amitiés,
Christian

Écrit par : christian | 26/09/2007

superbe ! la vraie vie c'est ça et pas regarder un film sur un écran plat 16/9 de 456 pouces par exemple !.

Écrit par : pierrot le zygo | 27/09/2007

J'adore la photo avec les personnages en contre-jour sur une crête, devant la montagne.
Forte image qui dit beaucoup sur l'aventure, l'humanité, la solidarité.
En grand tirage, elle doit être très belle.

Écrit par : P. Ibars | 29/09/2007

C'est magnifique, je découvre un peu votre blog, ayant vu votre nom chez michel à franquevaux,vous habitez dans un pays qui m'est cher et que j'aime, connaissez vous le village de magalas?

Écrit par : if 6 | 30/09/2007

Bonjour if 6 merci pour votre visite je connais bien le village de magalas et son fameux restaurant instéllé dans une ancienne boucherie

Écrit par : ulysse | 01/10/2007

Les commentaires sont fermés.