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30.06.2008
La complainte des pylones ! (actualisation d'archive)
La protection de l'environnement est un sujet complexe dont la responsabilité incombe toujours..... aux
autres ! Par facilité on accuse les industriels, les agriculteurs, les pêcheurs de polluer la planète ou de
surexploiter ses ressources....mais finalement nous sommes tous concernés étant les consommateurs finaux des
produits et services mis à notre disposition.
De fait cette question nous met face à nos contradictions. La solution n'est pas dans les anathèmes mais
dans une consommation lucide et raisonnée des éléments de confort apportés par le progrès. Dans les pays
nordiques dont la culture est basée sur un profond respect de la nature, un mouvement se développe qui prône
la "simplicité volontaire" qui conduit à éliminer le superflu de notre vie
Hors de moi l'idée de vous inciter à faire la peau de la fée électricité et à revenir au temps des cavernes
(encore que j'en connaisse de bien confortables avec une vue paradisiaque) mais de simples gestes peuvent
déjà contribuer à réduire notre impact sur l'environnement . Boudha a dit « si tu veux changer le monde
commence par te changer toi même..... ». Alors dès demain matin pensons à fermer le robinet pendant
que nous nous lavons les dents, lavons nous le pied gauche les jours pairs et le pied droit les jours impairs,
n'allons plus en 4X4 chercher notre baguette de pain, réduisons notre dose de télé quotidienne, ouvrons les
fenêtres et fermons le climatiseur etc....
Pour illustrer nos contradictions sur ce point, j'ai composé cette fable intitulée "la complainte des pylones"
De jour comme de nuit, hiver comme été,
Faisant fi de la canicule et des gelées hivernales,
Nous traversons le pays à grandes enjambées,
Par monts et par vaux, la tête dans les étoiles.
Nous apportons, tels de modernes rois mages ,
Au plus lointain hameau, à la moindre chaumière,
Le feu du ciel dérobé aux orages,
Pour faire tourner télé, fours et frigidaires !
Et pourtant, nous sommes mal aimés,
Nous défigurons paraît il le paysage !
Mais que veulent donc ces humains insensés ?
S'éclairer à la bougie et revenir au moyen âge ?
Certes nous sommes prêts à en convenir,
Nos volts ne font pas toujours l'objet d'un bon usage,
Mais si on les utilise souvent pour le pire,
Que l'on ne nous reproche pas ce gaspillage !
Il est vrai que pour rien notre énergie se perd,
Nous donnant alors envie de baisser les bras,
Quand elle transporte dans votre salon Foucauld Jean Pierre
Ou vous lave le cerveau avec PPDA.
Mais quand elle réconforte l'insomniaque solitaire,
Qui, voulant calmer ses angoisses et sa faim,
Trouve dans l'antre de son frigidaire,
Du pain frais, du vin et du Boursin,
Alors, nous avons le sentiment d'être utiles
Et d'adoucir l'humaine condition.
Mais hélas les humains, souvent, sont futiles
Et dénaturent notre noble mission !
Et puis, n'en déplaise à nos critiques,
Nous avons une certaine élégance,
Nous sommes tout aussi photogéniques,
Que la tour Eiffel d'Ile de France,
Devant qui le monde entier est bouche bée,
Malgré son allure famélique,
Et dont il faudrait se taper les escaliers,
Sans notre courant électrique !
Texte et photo Ulysse
L'utilisation ou la reproduction des textes et photos de ce blog doivent faire l'objet d'un accord préalable de l'auteur
09:30 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
27.06.2008
Du Camp Rouch au Mas de Rouquet
La marche est comme les livres, source de connaissance et d'émotion. De surcroît elle vous oxygène le
cerveau, excellent antidote à la sénilité précoce, et vous fait de beaux mollets, atout non négligeable avec la
période estivale qui s'annonce.
Et je connais des lieux qui vous dispensent à la fois une leçon d'histoire, de botanique, d'entomologie et
de géologie. Vous êtes tentés ? Alors rejoignez le plateau du Larzac et abandonnez votre pétroleuse près du
Camp Rouch à quelques kilomètres au sud du Caylar. Je vous y attends, mais soyez matinal car nous avons un
bon bout de chemin à faire.
Suivant les traces laissées par les visiteurs nocturnes de ces lieux - renards, sangliers, blaireaux,
fouines, lapins qui « dînent » pendant que nous dormons - nous traversons un petit bois qui, en cette fin de
printemps généreusement arrosé, arbore une pléiade de verts. Les feuilles encore charnues laissent
parcimonieusement passer des confettis de soleil qui dessinent des pointillés de lumière sur le chemin et nous
font cligner des yeux.
Sortant du bois, nous découvrons le vrai visage du Causse : une mer de pelouses couverte en cette
saison de thym en fleurs où émergent par endroits des bosquets de buis et de genévriers cade, dont les baies
sont utilisées comme condiments dans diverses préparations culinaires (notamment la choucroute). L'huile que
l'on extrait de son bois est efficace contre les maladies de peau et entrait autrefois dans la composition du savon
Cadum qui permettait selon la réclame de l'époque d'avoir la peau douce comme une peau de bébé !
Aujourd'hui les marchands de cosmétique sont finalement plus modestes puisqu'ils ne vous promettent que de
vous rajeunir de 10 à 20 ans ! Mais en ce domaine comme en politique les promesses n'engagent et surtout ne
coûtent qu'à ceux qui les écoutent !
Le chemin passe à proximité des ruines de la chapelle St Vincent, dont la nef domine, comme un
vaisseau de pierre, cet océan vert qui va mourir au loin au pied des Cévennes.
Je suis toujours émerveille devant la foi des hommes et des femmes qui ont édifié leurs lieux de culte
dans des endroits aussi isolés. Sans doute le fait de quitter la ville, le bourg, le hameau et l'animation du
monde des humains pour aller prier, aide-t-il l'âme à se tourner vers le ciel. Dans de tels lieux l'oeuvre de
celui ou celle (ça me plairait assez que Dieu soit une Diva !) qui a créé l'univers se révèle dans son immensité
et force l'homme à l'humilité.
Un peu plus loin surgit l'impressionnant domaine du mas de Rouquet, constituant à lui seul un village et
dont les superbes bâtiments habillés de lierre sont aujourd'hui squattés par des belles de Salers et leur
progéniture.
Les magnifiques voutes de l'édifice principal témoignent d'un temps où les hommes ne ménageaient
ni leur temps ni leur peine et construisaient pour les siècles. Ils n'étaient peut être pas tous instruits mais leur
intelligence pratique était guidée par un sens inné de la beauté nourri par la contemplation de la nature.
Poursuivant notre chemin, nous empruntons d'anciennes drailles aujourd'hui désertées par l'homme,
suveillés du coin de l'oeil par un lézard vert , surpris de voir des bipèdes en ces lieux reculés.
Non loin de là un ophrys bécasse s'affiche en pleine lumière pour mieux séduire les insectes
pollinisateurs. Le labelle de cette familles de plantes imite en effet le corps d'un insecte pollinisateur déterminé.
Les mâles abusés par la ressemblance tentent une copulation au cours de laquelle leur corps s'enduit de pollen
qui ira féconder une autre fleur sur laquelle ils iront se poser.
Le chemin du retour longe le plateau qui surplombe la vallée de la Lergue. L'érosion a entaillé les
roches dolomitiques sculptant par endroits des figures fantasmagoriques, tel ce chien qui semble attendre le
retour des troupeaux transhumants ou ces pitons rocheux qui vont chatouiller les nuage du ciel.
Le circuit est décrit en fichier joint
Texte & Photos Ulysse
09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camp rouch, mas de rouquet, causse du Larzac
23.06.2008
La route des Mégalithes ...
Nayo ouvrit les yeux et vit que le ciel était clair. Il repoussa la peau de loup qui le couvrait et s'assit.
Aveuglé par le soleil qui s'élevait sur l'horizon, il détourna la tête et sourit en apercevant le visage de Shalla
allongée à coté de lui et qui dormait encore. Ils étaient en chemin depuis trois jours et avaient marché la veille
jusqu'au coucher du soleil. Mais ils savaient qu'ils étaient près du but car ils avaient aperçu au loin la silhouette
de la première pierre dressée qui marquait l'entrée du plateau sacré où se trouvait la tombe de leurs
ancêtres.
Nayo se leva et s'étira sous la chaude caresse du soleil . Shalla, que les mouvements de Nayo avait
réveillée, vint le rejoindre et l'enlaça. Nayo avait déjà vécu seize cycles solaires, soit trois de plus que Shalla, et
ils venaient tous deux de passer les rites d'initiation au sein de leur clan pour intégrer le cercle des adultes . Le
périple qu'ils accomplissaient vers le tombeau des ancêtres concluait cette initiation. A leur retour on les unirait
et ils fonderaient un nouveau foyer au sein du clan.
Shalla sortit d'un sac quelques amandes et un morceau de viande séchée ainsi qu'une outre. Tout en
mangeant et en se désaltérant ils admiraient le plateau rocheux et arboré où le soleil et les nuages créaient un
patchwork d'ombres et de lumières. La première pierre se dressait comme une pointe de flèche dans le paysage,
sorte de défi des hommes aux dieux qui de là haut leur envoyaient la pluie bienfaisante mais aussi parfois
d'effrayants orages .
Après avoir réuni leurs affaires, ils se mirent en route en direction du couchant, le pied léger et le coeur
fier de pouvoir enfin accéder au tombeau des ancêtres, ces pères et mères du clan qui assuraient de là haut leur
protection. Ils avaient emporté avec eux des présents à déposer dans le tombeau. Nayo avait ainsi fabriqué une
magnifique lance qui permettrait aux esprits de ses ancêtres de chasser dans les prairies du ciel et Shalla avait
confectionné un collier de perles qu'ils pourraient porter au cours de leurs danses.
Ils arrivèrent bientôt près de la deuxième pierre dressée qui semblait effleurer les nuages . Nayo et
Shalla savaient que le monde de la terre et celui du ciel, où des lumières s'allumaient la nuit, étaient liés et que
ces pierres dressées assuraient le passage des esprits de l'un à l'autre. Ils s'arrêtaient au niveau de chaque
pierre et levant les yeux vers le ciel en joignant les mains ils sollicitaient la protection des dieux.
Poursuivant leur chemin, ils dépassèrent la troisième pierre dressée et surent qu'ils n'étaient plus loin
du but .
La quatrième et dernière pierre était particulièrement vénérée par les membres du clan. Elle avait en
effet la forme et le visage d'un ours et les anciens racontaient son histoire. A l'origine des temps, Ichtak , le
fondateur du clan, alors qu'il chassait à la nuit tombée fut poursuivi par un ours. Voyant qu'il allait être
rattrappé, il s'arrêta , fit face à l'ours et implora Néa la déesse lune de le sauver. Néa qui admirait la bravoure
d'ichtak inonda de sa lumière l'ours qui fut transformé en pierre.
Laissant l'ours à son éternelle immobilité, ils arrivèrent bientôt en vue d'un petit bois et aperçurent enfin
à travers la frondaison des arbres le tombeau des ancêtres. Une joie intense les envahit mêlée d'appréhension :
les ancêtres les trouveraient ils dignes de les approcher ? N'allaient ils pas être foudroyés sur place ? Shalla
pressa Nayo d'avancer. Se tenant par la main, ils contournèrent l'édifice pour se rendre près de l'ouverture
dirigée vers le soleil couchant.
Ils se recueillirent quelques instants et prononcèrent les paroles qu'on leur avait enseignées pour
demander aux ancêtres de les accepter dans le clan.
Ils s'approchèrent alors du tunnel funéraire pour y déposer leurs présents. Saisi d'effroi ils aperçurent
la silhouette d'un ancêtre qui se tenait dans le passage. Ils étaient sur le point de se sauver quand celui-ci leur fit
un signe de la main avant de disparaître
Ils surent alors que les ancêtres les accueillaient dans le clan. Heureux ils communièrent en pensée
avec eux jusqu'à la nuit tombée et s'endormirent sous leur protection. Le lendemain matin, ils prirent le chemin
inverse pour regagner leur clan, impatients de pouvoir enfin vivre ensemble et d' entamer leur nouvelle
vie.
Si vous voulez accomplir le périple de Nayo et Shalla consultez le fichier joint....
Texte & photos Ulysse
09:03 Publié dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mégalithes, dolmen, menhir, Ferrussac
19.06.2008
Le voyage des pierres ! (actualisation d'archives)
Au cours de mes nombreuses balades dans les vignes, j'ai souvent été intrigué de voir, à certains
endroits, les ceps croître au milieu des cailloux, alors que de génération en génération les viticulteurs les ont sans
cesse ramassées pour en faire soit d'énormes tas appelés « clapas » visibles sur tous les coteaux ou pour bâtir
de magnifiques murets de pierres et des capitelles.
Je me suis alors posé la question de savoir quel phénomène était à l'origine de leur perpétuel
renouvellement. Les clapas, murets et capitelles étant toujours en place, on ne pouvait accuser les Elfes du lieu
de remettre malicieusement les cailloux dans les vignes à la nuit tombée ! C'était à croire que chaque nuit il en
tombait des étoiles qui remplaçaient ceux qui avaient été collectés.
Croisant un jour un vigneron qui taillait ses vignes, je lui posais la question. C'est simple me répondit-il,
les cailloux viennent du coeur de la terre : la pluie qui s'infiltre entraîne les fines particules de sable et de terre
qui s'insinuent sous les pierres enterrées et lentement les font remonter vers la surface !
Ainsi les pierres voyagent ! Et pas seulement sous la terre ! Certaines d'entre elles font ,en effet, de
sacrés périples. Tenez, par exemple, les grains de sable du Sahara - certes minuscules mais pierres quand
même - qui portés par le Sirocco pérégrinent jusqu'à nos rives et même jusqu'aux berges de la Seine. Plus
surprenant encore, certains blocs énormes portés par les inondations qui font des centaines de kilomètres.
Il en est ainsi des blocs de conglomérat que l'on peut apercevoir près de la Via Domitia à Pinet et qui ont fait le voyage depuis les Pyrénées il y a 65 millions d'années ! Certes aujourd'hui ces blocs ne bougent plus guère, mais
après un tel voyage qui ne serait pas fatigué !
Texte & Photos Ulysse
08:00 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : gélogie, pierres, clapas, capitelles
16.06.2008
L'église de Rieux-Minervois et le Maître de Cabestany
Non loin de Minerve, cette splendide cité moyenageuse dominant le confluent de
la Cesse et du Brians, se tient une autre merveille dissimulée dans l'écrin de pierre d'un modeste et pittoresque
village : l'église de l'Assomption de Notre Dame à Rieux-Minervoix.
Cet édifice du XIIème siècle est encastré aujourd'hui au milieu des habitations et ne
vous éblouit pas au premier regard. D'un aspect assez massif, il vous intrigue pourtant. Il vous
faut quelques instants pour comprendre que son clocher a une forme inhabituelle et présente
sept pans, architecture unique dans le sud de la France.
Une fois le porche franchi, c'est l'éblouissement ! On découvre une nef aérienne en
forme de polygone à quatorze cotés, coiffée d'une coupole soutenue par sept colonnes. Certes
trois chapelles ont été ajoutées au XVème siècle qui rompent quelque peu l'harmonie de
l'ensemble, mais l'édifice reste d'une élégance et d'une beauté stupéfiante.
Certains voient dans l'utilisation du chiffre sept pour l'édification de cette église une
référence à un passage du Livre des proverbes de Salomon dans lequel il est écrit « La sagesse
a taillé sept colonnes et construit sa maison »
Le sentiment d'harmonie et de paix qui vous envahit dans cet édifice inspire une foi
sans dogme en un dieu sans diktat, débarassé de ses oripeaux de père fouettard misogyne et de
pisse-vinaigre, dont l'ont affublé les religions quelles qu'elles soient.
Et ce lieu a été richement orné de sculptures « divines » par un artiste de génie
anonyme, connu sous le nom de Maître de Cabestany. Du moins on le suppose, tant ces
scultures sont apparentées, en qualité et en style, avec celles qui figurent sur le tympan de
l'Assomption, vestige d'un portail disparu conservé dans l'église de Cabestany près de Perpignan
L'on trouve ses oeuvres, ou du moins celles de son atelier, en Catalogne, en Navarre
en Languedoc mais aussi en Toscane et on ne sait pas vraiment si ce maître était catalan,
italien ou languedocien. Selon Jean Nougaret, conservateur en chef du patrimoine au service
régional le l'inventaire du Languedoc-Roussillon, la densité des oeuvres sorties de son atelier
présentes dans notre région ferait pencher en faveur de cette dernière hypothèse. De fait il
s'agissait probablement d'un artiste itinérant allant avec son équipe de chantier en
chantier.
Pour Jean Nougaret « le vigoureux tempérament de l'artiste, affranchi des modes de
l'époque, sa « brutalité », sa « sauvagerie » même ne peuvent être confondues avec aucune
autre. Les visages sont triangulaires aux yeux nettement affirmés...au nez à l'arête tranchante,
les oreilles larges et décollées, les mains démesurément allongées, les proportions trapues dont
il dote le corps des personnages équivalent à une véritable signature »
Ainsi en est il en particulier pour le chapiteau représentant la Vierge emportée par les
anges : les yeux sont clos, la bouche fermée n'est qu'une incision tombant sur les cotés, les
mains aux doigts très allongés reposent le long du corps. Cette sculpture suscite un sentiment
étrange, le visage fermé et impassible de la vierge apparaissant comme un symbole du mystère
de la destinée humaine.
Sur d'autres chapitaux, qui ne sont pas du Maître mais probablement de son atelier, on
voit un lion se battant avec un monstre ou un homme se battant contre deux lions .
Un autre chapiteau arbore de fabuleux sonneurs de trompes dont la musique silencieuse
réveille notre âme et semble nous dire « mettez vous en chemin, il est plus tard que vous ne pensez ! »
D'autres sont plus apaisants, tel celui représentant ces élégants corps de canards
C'est à regret qu'on quitte ce lieu hautement spirituel qui divertit notre âme du
tintamarre et des babils du monde pour la ramener à l'essentiel c'est à dire à notre « essence »
(pas à celle polluante des émirs) et au ciel !
Une dernière précision importante en ces temps où les vandales (souvent de riches
collectionneurs voyous) dévalisent ou saccagent sans vergogne les églises , cet édifice placé
sous la protection des habitants du village est ouvert en permanence . Peut être que l'ambiance
spirituelle qui y règne inhibe les gens mal intentionnés !
Texte (sauf citations de J. Nougaret) et Photos Ulysse
14:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Rieux-Minervois, Maître de Cabestany, sculpture
11.06.2008
Quand seront à jamais ....
Quand seront à jamais figées nos mains,
Qui ont offert caresses et fleurs,
Et calmé les chagrins, les langueurs,
De nos amours incertains.
Quand seront à jamais fermés nos yeux,
Qui ont contemplé les étoiles,
Dans les yeux de belles vestales,
Les soirs d'été radieux.
Quand se seront à jamais tues nos voix,
Qui ont chanté des poèmes,
Et murmuré je vous aime,
Cent mille et une fois
Quand seront à jamais closes nos lèvres
Qui ont cueilli tant de soupirs,
Et gouté tant de sourires,
Sur d'autres lèvres.
Quand seront à jamais refermés nos bras,
Qui ont emprisonné l'amour,
Croyant le garder toujours,
Pour le voir s'enfuir là bas.
Quand s'arrêteront nos coeurs,
Qui ont tant battu la chamade,
En écoutant l'aubade,
D'un autre coeur.
Qui se souviendra de nous?
Texte & Photos Ulysse
08:00 Publié dans Fables & poèmes | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La carrière du Roy
Le roi Louis XIV, grand mégalo devant l'éternel qui a modestement déclaré « l'Etat
c'est moi » et se considérait à l'égal du Soleil a, par des guerres incessantes et des erreurs
politiques monstrueuses comme la révocation de l'édit de Nantes, ruiné le royaume de
France.
Dans ses délires mégalomaniaques il avait toutefois bon goût et s'entourait des
meilleurs architectes et artistes et choisissait les plus beaux matériaux.
Ainsi pour l'habillage du château de Versailles ainsi que du Petit et du Grand Trianon fit
il venir le marbre rouge (l'incarnat) de Caunes-Minervois situé sur les premiers contreforts de la
Montagne Noire
Utilisé par les sculpteurs au moyen age, notamment pour décorer l'abbaye de
Fontfroide, le marbre de Caunes va être pour un temps délaissé. Son exploitation va reprendre
au XVII ème siècle grâce à l'abbé Jean d'Alibert qui avait été frappé par la similitude des roches
affleurant au nord de son village avec le marbre taillé à Carare.
Assisté par des maîtres sculpteurs italiens il a ouvert plusieurs carrières dont les blocs
vont aller orner un grand nombre d'édifices religieux de la région.
Le Roi Louis XIV ayant découvert ce marbre sur des édifices lors d'un périple dans le
midi et conquis par sa beauté, se réserva l'exclusivité de la production de la plus belle carrière
sise au lieu dit des Terrables dénommée aujourd'hui « Carrière du Roy »
Depuis lors la demande pour ce magnifique marbre incarnat n'a pas cessé et il a été
utilisé pour décorer le Louvre, les Invalides, le Carrousel , l'Opéra et bien d'autres
monuments..Aujourd'hui il est notamment exporté au moyen orientt pour aller orner les fabuleux
palais des émirs arabes.
On peut librement visiter cette carrière . Elle est située sur une colline couverte de pins
d'Alep et de cades. On la rejoint en suivant une route fléchée partant de la rue principale de
Caunes Minervois en face d'une superbe tête de cheval en marbre. Le site est ponctué de
panneaux d'information expliquant le fonctionnement du site et son histoire
Quant à l'origine de ce magnifique marbre la légende veut qu'un centurion romain
revenant de Cana (ce qui fait un sacré bout de chemin) rapportait une amphore remplie de vin
des noces qui s'y étaient tenues. Arrivé à Caunes il se fit dérober son précieux souvenir. Son
voleur s'enfuit vers les Terrables où il trébucha et cassa l'amphore. Le vin se répandit sur le
calcaire donnant ainsi naissance au marbre incarnat.
Des gens plus sérieux vous diront que ce marbre est le résultat d'une fusion
metamorphique, sous l'effet d'énormes pressions, des dépôts calcaires déposés par l'ancêtre de
la Méditerranée qui remontait très haut à l'intérieur des terres. Ce sont les impuretés et les
éléments allogènes (coraux, oxyde de fer) emprisonnés dans le calcaire qui sont à l'origine de la
beauté du marbre de Caunes.
La carrière du Roy jouxte une carrière en exploitation (où ont été prises ces photos)
que l'on peut visiter le WE avec prudence et qui offre une vision spectaculaire sur le filon de
marbre et les modalités actuelles d'exploitation.
Texte & Photos Ulysse
07:46 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : caunes-minervois, marbre, cerrière du roy
08.06.2008
Sauvons les océans !
Nos ancêtres sont sortis il y a des temps immémoriaux de l'océan et les hommes
d'aujourd'hui en tirent encore une partie substantielle de leur nourriture, mais pour combien de
temps ?
La pollution, l'urbanisation des côtes, la surpêche et la pêche illégale, les changements
climatiques occasionnés par l'activité humaine mettent en danger les écosystèmes et la
biodiversité marine.
Pour sensibiliser le grand public à cette situation préoccupante une Journée mondiale
des océans a été instaurée hier, à laquelle Greenpeace a largement participé en organisant des
manifestations dans une dizaine de villes de France.
Dans notre région, le groupe montpelliérain de "Greenpeace" et l'association
Mézoise "Mal de Terre" se sont associés pour mener une action sur la plage de la capitainerie de
Mèze dont le Midi Libre du vendredi 6 juin s'est fait l'écho (c'est par ce canal que j'ai eu vent de
cette action et je l'en remercie)
L'objectif est d'aboutir, à l'instar de ce qui existe sur terre où des zones naturelles ont
été créées pour préserver des espèces animales et végétales, à la mise en place par les
autorités internationales de réserves marines, seules à même d'assurer la préservation des
ressources halieutiques à long terme et donc le survie économique du monde de la
pêche.
Car comme l'explique François Catzeflis la démarche de Greenpeace ne vise pas à
interdire l'activité de pêche mais au contraire à permettre aux pêcheurs respectueux de
l'environnement de pérenniser leur activité en permettant à la ressource halieutique de se
reproduire dans des zones protégées
Pour être vraiment efficaces ces zones maritimes devraient couvrir 40% des espaces
maritimes alors qu'actuellement, pour prendre l'exemple français, seulement 0,01% du territoire
marin national (l'un des plus grands du monde avec les D.O.M.& T.O.M.) est protégé.
Les participants à cette manifestation conviviale ont formé une chaine autour de
silhouettes de poissons symbolisant la création d'une réserve. Il faudrait que des millions de
terriens se joignent rapidement à cette chaine si l'on veut que nos descendants ne soient pas
obligés de visiter les aquariums pour savoir ce qu'est un poisson !
Si vous souhaitez soutenir l'action de Greenpeace signez la pétition que vous trouverez
sur leur site (rubrique «nos campagnes » dans le menu de la colonne de gauche)
Et pendant qu'il est encore temps vous pouvez admirer les merveilles des profondeurs
océaniques en naviguant sur le magnifique blog de Siratus
Pour celles et ceux qui résident dans la région du Bassin et Thau et souhaitent
participer à des actions visant à la protection de l'environnement, je les invite à prendre
contact avec l'Association Mal de Terre (04.67.43.13.82).
Texte & Photos Ulysse
09:10 Publié dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (17) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : greenpeace, océan, réserves halieutiques
05.06.2008
Etonnez vous, allez au Salagou !
Avec le prix du kérosène qui grimpe plus vite que les avions qu'ils propulsent, les
voyages aériens seront bientôt réservés aux seuls ministres des affaires étrangères (fonction
oblige) et aux quelques "happy few" dont les revenus sont indexés sur les cours de l'or
noir.
Aussi vous qui rêviez d'exotisme pour vous changer de la morosité ambiante vous avez
le moral dans les chaussettes qui avaient déjà tendance à tomber sur vos chaussures (c'est
normal, vu qu'elles sont "merde in china" !)
Haut les coeurs sacrebleu ! car j'ai dans ma besace de randonneur de quoi vous
dépayser sans quitter notre doux et beau pays que le monde entier nous envie avec sa tour
Eiffel, ses 35 heures et sa première dame aussi sexy !.
Il s'agit d'un endroit étrange et fantastique, mélange de Polynésie et d'Arizona, que celles et
ceux qui me lisent régulièrement connaissent déjà : le lac Salagou !
Je vous sens ragaillardi(e)s par la perspective de pouvoir vous dépayser sans devoir
remplacer votre baguette et votre camembert par d'infâmes sushis, hamburgers ou autres
sauterelles grillées. Allez prenez votre gourde, votre maillot de bain et vos godasses de rando et
on y va !
Nous l'aborderons cette fois en nous faufilant le long de la berge en direction du Pioch
de la Roque qui arbore son chicot de basalte (neck) , vestige d'un temps où la chaine des
volcans d'auvergne, qui descendaient jusqu'à la mer, étaient encore en activité (- 700.000 ans)
Ce « neck » émerge aujourd'hui d'une masse de ruffes rouges faite de grès et d'argiles
déposés il y a 250 millions d'années et qui gardent la trace de leurs conditions de formation :
rides de courant, rainures de dessication, empreintes de pas de reptiles (voir la plaque de la
Lieude) et même gouttes de pluie !
Lorsque l'on contourne le Pioch de la Roque on découvre de l'aute coté du lac le village
de Celles niché au pied du Cébérou. Ce village qui a failli disparaître lors de la création du lac
(voir ma note du ...) renaît peu à peu et l'on peut rêver de le voir devenir un centre
d'information sur l'histoire du lac et de sa région (mais on préfère donner de l'argent aux
thoniers pour qu'ils aillent dévaster la mer!)
On contourne ensuite le pioch de la Sure dont les flancs érodés par les violents orages
qui sévissent parfois dans la région n'ont rien à envier au relief tourmenté des parcs nationaux
de l'Arizona
Le Pioch est couronné par une impressionnante masse d'orgues basaltiques dont la
musique wagnérienne s'est tue depuis quelques centaines de milliers d'années.
En face se dresse l'imposante pyramide du Rouens, énorme meringue au chocolat que
semble convoiter deux pêcheurs qui s'en approchent an catimini dans leur minuscule
raffiot.
Nous prenons de la hauteur et découvrons un paysage digne de la Toscane d'où
émerge au loin la montagne de Liausson derrière laquelle se cache le magnifique cirque de
Mourèze (que l'on retournera visiter un de ces jours!)
Notre horizon s'élargissant à l'infini, la pyramide du Rouens revient à des dimensions plus
modestes dans un décor magnifié par les touffes de lilas d'Espagne et les genêts
Notre périple s'achève et nous revenons en vue du Pioch de la Roque en dévalant un
sinueux canyon qui nous donne le tournis
Nous jetons un dernier coup d'oeil au Lac à l'endroit où les vignes viennent y puiser
l'eau pour la transformer en un breuvage plus digeste, que l'on dégustera pour en célébrer la
beauté !
Texte & Photos Ulysse
08:43 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salagou, pioch, volcan, ruffes
02.06.2008
Restons dans les nuages ! (actualisation d'archives)
Qui, dans son enfance, n'a pas entendu ce rappel à l'ordre de ses géniteurs ou de ses
précepteurs « Alors, on est encore dans les nuages ! » visant à nous faire redescendre sur terre
et à faire preuve d'un peu de concentration et de sérieux, ce qui montre la piètre estime dans
laquelle sont tenus les nuages !
Mais, comme souvent, ce mépris est le fruit de l'ignorance et nous ne prêtons pas aux
nuages l'attention qu'ils méritent. Il s'agit d'un peuple immense aux diverses tribus dont les
formes et les teintes varient à l'infini.
Ainsi , on trouve les Cirrus glacés qui étirent leurs cheveux, à près de 8000 m
d'altitude puis les Cumulus et Altocumulus en forme de monticules qui généralement ne
dépassent pas les 6000m. Planant plus près du plancher des vaches et des homo sapiens qui les
exploitent, on trouve enfin les épaisses couches de Stratus et les Nimbus tout de gris vêtus !
Mais tout n'est pas si simple et ces tribus se marrient allègrement entre elles pour donner
naissance, la liste n'en est pas exhaustive, à des Cirro ou Strato-cumulus ainsi que des
Nimbostratus ou Cumulonimbus !
Outre l'infinie variété et beauté de leurs formes et de leurs couleurs que l'on découvre
en levant tout simplement le nez en l'air (mais attention alors aux poteaux téléphoniques !
Sinon si vous êtes du genre casanier, ce site est fait pour vous ), les nuages peuvent être le meilleur ami de
l'homme, devant le chien qui ne pense qu'à vider votre frigidaire et le cheval dont le seul désir
est de vous mettre à terre. Quand on on apprend à les connaître, ils vous indiquent alors avec
plus de fiabilité que Météo-France le temps qu'il va faire ...!
Cette connaissance peut vous permettre d'éviter un bon orage alors que
vous n'avez pas de parapluie et de préserver ainsi votre costume en cachemire, votre robe
en soie, et pour vous mesdames votre superbe mise en plis !
Voici donc quelques éléments de base pour savoir le temps qu'il va faire : les
Cirrocumulus, fréquents en été, qui ressemblent aux rides du sable sur la plage et prennnent
une teinte rosée au coucher de soleil annoncent un temps sec. En revanche, un banc de nuages
à l'ouest peut annoncer la pluie pour le lendemain comme le laisse entendre un vieux dicton:
« Soleil qui se couche avec son chapeau, ne se lèvera qu'avec son manteau »! Pour parfaire
votre connaissance des nuages et prévoir le temps de demain visitez ce site.
Pour ma part, il reste un point concernant les nuages que je n'ai pas pu élucider, les
sites qui leur sont consacrés étant muets sur ce point: la question qui me tarraude et
m'empêche de dormir est de savoir quelle est l'espérance de vie d'un nuage ?
Nous savons que les Nimbus et autres nuages de pluie sont mortels , mais quid des
Cirrus et autres nuages d'altitude qui n'ont pas le tempérament pleurnicheur ? Tournent ils
indéfiniment autour de la terre ? Certains ont ils ainsi fait de l'ombre à l'auguste front de notre
défunt Roi Soleil ou au nez de Cléopatre ? Qui peut répondre à cette question et me rendre ainsi
le sommeil ?
Texte & Photos Ulysse
09:15 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : nuages, cieux





