suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/10/2008

Evitez les faux pas dans les Gorges de la Carança !

DSC03109.JPG


Quelquefois notre vie ne tient qu'à un fil ! Un 4X4 qui se croit au Dakar et qui manque de vous renverser,

un chasseur qui vous prend pour un sanglier bien qu'on ne porte ni barbe ni moustache, un extrémiste de droite

qui vous prend pour Besancenot alors que l'on un air plutôt intelligent ou un extrémiste de gauche qui vous prend

pour sarko alors que l'on a une bouille jugée sympathique.


Bref les occasions ne manquent pas de voir écourtée notre existence, pourtant déjà trop brève quand on pense

aux chemins qui restent à découvrir et aux innombrables vins que l'on a pas encore goûtés !


DSC03126.JPG


Alors pourquoi me direz vous prendre le risque de rejoindre de façon précipitée l'au delà (ce serait le

« vin delà » nous serions sans doute moins réticents, ha ! ha! ha!) en allant randonner dans les Gorges de la Carança,

que l'on peut considérer comme l'un des endroits les plus périlleux de France et de Navarre . N'oublions jamais

la Navarre qui nous a donné le seul roi de France respectable, ce bon vieux Henri IV, certes grand pourfendeur de poules,

mais tendre pour le genre humain, surtout de sexe féminin !


DSC03152.JPG


Et bien parce que j'aime le risque comme j'aime le beurre dans les épinards et le vin sur mes fraises.

Le risque (mesuré) c'est le sel de la vie ! La civilisation humaine et ses prodigieuses réalisations (le Mac Do, le ketchup,

les moules frites et le rubik cube) n'auraient jamais vu le jour si un beau matin (on suppose que ce matin là il faisait beau)

un primate n'avait pas décidé de quitter le confort de son arbre pour affronter les dangers de la savane !



En libérant ses mains, ce primate a paradoxalement développé son cerveau en commençant par se gratter

le front ce qui l'a amené à imaginer des armes pour se défendre puis des outils pour faire travailler ses congénères

qui sont descendus de l'arbre après lui.


DSC03177.JPG


Mais revenons aux Gorges de la Carança, impressionnante faille à proximité de Thuès-entre-Valls

creusée dans les contreforts des Pyrénées par un torrent qui en fin de période estivale ne paie pas de mine, mais

dont les crues à la fonte des neiges doivent être redoutables.



La progression sur la rive droite est confortable et ne présente aucun danger ; On peut à loisir admirer

la forêt qui prospère dans le fond du canyon et qui n'a rien à envier aux forêts tropicales.


DSC03167.JPG


Les choses prennent une autre tournure quand on emprunte le pont de singe qui permet de revenir par l'autre rive


DSC03185.JPG


On s'élève alors progressivement au dessus de la forêt vierge, étonnés de ne pas entendre des cris de singe, d'aras



ou de perroquets.


DSC03205.JPG


J'étais avec mon ami Gibus (cet être mi homme-mi chamois que l'on voit souvent de dos sur mes photos)

et pour ce qui nous concerne, ce furent bientôt les cris d'effroi de nos compagnes que l'on entendit quand le chemin

prit soudain la forme d'une sente creusée dans le flanc de la falaise dominant d'environ de près de 200m le lit du torrent !


DSC03209.JPG


Mais la vue de nos visages sereins et déterminés et l'admiration sans borne qu'elles nous portent

(on a le droit de rêver !) les décidèrent à aller de l'avant. A vrai dire, elles n'avaient pas trop le choix vu qu'on

avait les clés de la voiture !


DSC03223.JPG


Pas question de rêvasser sur ce genre de chemin car si on fait le moindre faux pas à Carança on a

droit à son quart d'heure de célébrité : le lendemain on a son nom dans le journal, mais à la rubrique nécrologique !


DSC03229.JPG


Certains passages vous font revivre à la puissance dix les émotions ressenties en visionnant les films

d'Indiana Jones, on sent parfois le sol frémir ou bouger sous ses pieds et vous pouvez vous rendre compte que

je ne galège pas comme en témoigne la photo ci-dessus !


DSC03230.JPG


En tout état de cause je déconseille vivement cette randonnée aux couples si en tant que fille d'Eve

vous avez tendance à avoir la migraine quand tombe le soir et que vous carbonisez un peu trop souvent les rôtis,

ou si en qualité de fils d'Adam vous passez les soirées d'anniversaire de mariage avec les copains !


DSC03234.JPG



Quant à nous, nous en sommes sortis tous les quatre indemnes, mais bon nous ne tenterons pas

le "diable" une seconde fois !



PS : Si vous êtes amateur de littérature, rendez vous sur le site de Christophe Greuet pour participer

au vote sur les 500 meilleurs livres de tous les temps



Texte & Photos Ulysse

24/10/2008

A la conquête du Saint Guiral (1368m)

DSC05372.JPG


Le titre de ma note évoquera sans doute pour vous la quête du Saint Graal et il est vrai que ce choix n'est

pas innocent car ces aventures ont un point commun.



Certes le Saint Graal n'est qu'une chimère alors que le Saint Guiral est l'un des sommets du massif

des Cévennes auquel tout un chacun peut accéder. Mais ce qui rapproche ces démarches est qu'en les accomplissant,

le but que l'on poursuit vraiment, est la rencontre avec soi même, avec le risque de découvrir quelqu'un de

pas vraiment sympathique!


DSC05318.JPG


La détermination, la ténacité, les efforts qu'impliquent toute randonnée un brin sportive en montagne vous font,

de fait, cheminer en vous même, lieu qui se révèle au demeurant plus ou moins tortueux. Il n'y a plus

l'interposition des « choses » babillantes (télé, radio, mobiles) qui envahissent notre quotidien et sans cesse nous

tirent hors de nous.



Aussi le monde qui n'était plus qu'un décor retouve une densité, une présence grêce à l'interaction physique

intense entre nos muscles, nos yeux, notre souffle, notre coeur, nos pensées avec le sol, le vent, la lumière, les forêts,

les champs, la faune et la flore. En ville la seule chose qui nous relie à la nature sont lesdéjections que les cousins dégénérés

de canus lupus sèment sur les trottoirs pour tenter d'attirer l'attention des humains toujours pressés !


DSC05328.JPG


En grimpant vers le Saint Guiral, nous sommes en osmose avec l'univers dont notre conscience devient

le point central. Les lignes bleues des chaines de montagnes successives, dont émerge au loin le Pic d'Anjau,

forment des cercles magiques autour de ce centre. Je dis « magiques » car ces paysages m'hypnotisent et me

font penser aux vers d'Alphonse (Lamartine pour les non intimes ) « Objets inanimés avez vous donc une âme

qui s'attachent à notre âme et la forcent d'aimer ? »


DSC05348.JPG


Contrairement à nos contemporains qui meurent le plus souvent grabataires dans les hopitaux tuyautés

comme des circuits d'arrosage, les arbres ont su garder leur dignité et meurent debout offrant leur squelette à

notre méditation. Quand l'homme aura réussi à se rendre immortel, il n'aura plus de jeunesse ni d'age mur ni

de veillesse; il pleurera alors amèrement ces bonheurs enfuis des ages de la vie.



DSC05356.JPG


Une forêt de hêtres nous offre la fraîcheur de ses ramures et crée un théatre d'ombres qui jonglent

avec des confettis de soleil.


DSC05360.JPG


Nous voilà rendu au pied de la pointe rocheuse terminale du Saint Guiral .Nous réveillons le bouc qui sommeille

en nous et grimpons au sommet. La vue majestueuse (comment pourrait-il en être autrement ?) s'étend au delà

de Pluton mais faute de jumelles nous ne pouvons pas voir le temps qu'il y fait !


DSC05363.JPG


Entamant notre descente vers le village d'Alzon dont nous sommes partis, nous évitons de peu le

s tentacules d'un hêtre-poulpe qui tente de nous agripper au passage. Savez vous qu'il existe ansi des arbres

carnivores qui dévorent les promeneurs qui ont l'inconscience de passer trop près d'eux ou de se reposer à leur pied.


DSC05375.JPG



DSC05394.JPG


Nous pieds foulent la toison d'or des collines que les hommes puérils croient s'approprier en leur plantant

dans le dos des banderilles ornées de fils barbelés.


DSC05400.JPG


Des vaches qui en cette période de chasse craignent pour leur existence vu la maladresse

chronique des chasseurs du cru, apercevant des bipèdes (pourtant inoffensifs cette fois) se découvrent

des talents de chamois pour grimper le talus pourtant fort pentu


DSC05403.JPG


Avant de rejoindre nos pénates, rompus, fourbus, nous jouissons longuement du spectacle de la mer de

collines et de montagnes que nous avons arpentées et sur les chemins desquels nous (moi et moi) nous sommes

un instant « retrouvés » ..Ma foi, on a passé un bon moment ensemble, c'est assez réconfortant somme toute de

découvrir que l'on est « fréquentable ».


DSC05409.JPG


PS Cette randonnée qui part du village dAlzon fait environ 20km, 900m de dénivelé et représente 6H30

de marche effective. Pour plus de précisions, laissez un commentaire.



Texte & Photos Ulysse





14/10/2008

A travers la montagne de Rosis (Fin)

DSC04537.JPG


Pour notre dernière balade dans la Montagne de Rosis nous empruntons un sentier (balisé) qui part

du pittoresque village de Compeyre situé près de St Gervais sur Mare.



Aucun risque de se perdre ! le sentier, bordé de son traditionnel mur de pierres ornées de mousses et

de lichens, nous conduit confortablement au travers de chataîgneraies, aujourd'hui malheureusement abandonnées,

vers le plateau.


DSC04629.JPG



On émerge bientôt de la forêt; nos yeux sont éblouis par le fil blanc du chemin qui sinue au travers

d'une mer de bruyères.


DSC04636.JPG


On chemine alors de crête en crête en engloutissant de grandes bolées d'air qui dépoussièrent

notre esprit englué par les préoccupations de la vie quotidienne. Vivre et non pas se laisser vivre, voilà

ce que nous enseignent les chemins !


DSC04682.JPG


Les vallons aux alentours offrent un spectacle d'ombres et de lumières, de camaieus de vert

et de mauve, toujours renouvelé.


DSC04688.JPG


Cet univers enchanteur est aussi un monde où l'on meurt. Et cet arbre tend vers le ciel ses branches

décharnées qui autrefois brandissaient leur chevelure de feuilles à la caresse du soleil, dont il se nourrissait.

Les arbres sont ainsi faits de rayons du soleil du passé !



DSC04698.JPG


La vie parfois se terre au ras du sol et prend la forme de cette Oedopode soufrée qui se repose

un instant de ses folles cabrioles Quand l'oeil d'une sauterelle croise ainsi celui d'un être humain,

n'est ce pas dieu qui se contemple dans sa diversité ?.


DSC04692.JPG


Les bergers ont déserté depuis longtemps les lieux mais on y trouve parfois un mouton perdu que les

siècles ont fossilisé


DSC04702.JPG


Le vent pousse devant lui des confettis de nuages jetés par les dieux à l'occasion d'un mariage :

sans doute celui du solei et de la lune qui rode dans les parages en plein jour !


DSC04738.JPG


On aurait envie de s'installer ici protégé des intempéries par ce solide toit de lauzes ! Ceux

qui y vivaient autrefois doivent de la haut regarder éberlués la "panique " que provoque notre pseudo crise de nantis.

Eux devaient chaque jour trouver l'eau , le bois, la nourriture qui leur permettaient non pas de vivre, mais de survivre.



DSC04751.JPG


Cette habitation est bien tentante aussi, en cette saison on y trouve des chataignes à profusion,

mais je préfère la vue de l'autre ! Et vous qu'en pensez vous ?


DSC04753.JPG


Mais, ma foi je ne suis pas encore tout à fait mur pour mener une vie d'ermité, alors je fais le mur et je rentre

encore une fois chez moi !



Texte & Photos Ulysse

11/10/2008

A travers la montagne de Rosis (2ème partie)

DSC04437.JPG


Nous poursuivons notre périple au travers de la montagne de Rosis en suivant un peu au hasard, car souvent

le hasard fait bien les choses, les multiples chemins qui la sillonnent.



On n'échappe pa,s bien sur, à l'incontournable chemin de pierres tracé par les anciens dont on ne célèbrera

jamais assez le génie et le courage qui nous permettent aujourd'hui d'arpenter en long et en large les sommets

des Hauts cantons.



Ces murs sont en quelque sorte les HLM de la forêt et sont squattés par une faune variée: araignées, mulots,

musaraignes serpents qui y cohabitent en bonne entente. Ce jour là nous avons dérangé un orvet qui prenait

le soleil sur le pas de sa « porte ».


DSC04444.JPG


Parvenus sur le plateau nous apercevons, émergeant des fougères et bruyères qui le couvrent, ce que

nous croyons d'abord être l'échine d'un dragon assoupi. Mais ce n'est qu'un mur de pierres, vestige des

délimitations qui entouraient autrefois des champs cultivés.


DSC04452.JPG


En contrebas une route forestière tend ses bras blancs vers des horizons bleutés : combien de destins

différents nous sont ainsi offerts au cours de notre vie ? est ce nous qui vraiment choisissons où ne sommes

nous pas comme les akènes emportés au hasard par le vent de la facilité ou de nos passions ?


DSC04460.JPG


Au demeurant choix délibéré ou hasard , c'est un grand bonheur d'être en ce lieu à cette période de l'année

où les bruyères allument un feu mauve sur les flancs des montagnes, que je vous laisse admirer en me retirant

quelques instants sur la pointe des pieds ( ce qui n'est pas pas aisé, croyez moi, avec des chaussures de randonnée!)


DSC04464.JPG


DSC04458.JPG


Les souris et les rats des villes (ceci dit sans intention péjorative) dont l'environnement est défiguré

par les constructions de bric et de broc qui poussent comme des champignons, les zones commerciales et

les panneaux de pub qui fleurissent le long des routes et qui passent leurs vacances dans des cités balnéaires

comme Marseillan plage ou Palavas les Flots ne soupçonnent pas ou ne se rappellent plus combien

notre terre peut être belle. La randonnée permet de le redécouvrir et nous amène à mieux la respecter.


DSC04466.JPG


Moi qui suis un rat des champs, je ne me lasse pas de voir et revoir ces paysages qui sont la poésie

de la Terre, car notre planète pour ceux qui en douteraient est rêveuse et poète et a souvent

la tête dans les nuages !


DSC04471-1.JPG


Allez je vous en mets encore une...Diffcile de dire quelle vue est la plus belle n'est ce pas ? On comprend

pourquoi on a baptisé cette montagne du nom de "Rosis"


DSC04468.JPG


Ce paysage est véritablement ensorcelant et pour cause une sorcière habite en ce lieu qui montre le bout de son nez (crochu).

DSC04498.JPG


Un peu inquiet nous nous apprêtons à déguerpir, mais fort aimablement celle-ci s'approche de nous

et nous prête son balai volant afin que nouis puissions grimper sur les rochers pour mieux jouir du paysage....!


DSC04519.JPG



A suivre....


Texte & Photos Ulysse