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29/11/2008

Devant mes yeux hagards, le Pont du Gard...

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Devant mes yeux hagards, le Pont du Gard, un soir de l'été dernier, s'est enflammé ! Laissez moi vous conter

cette étonnante histoire !



Ce soir là, donc, la nuit était cristalline et je baguenaudais, le nez au vent, près du Pont du Gard dont

les pierres racontent à ceux qui comprennent leur langue, leur longue histoire.


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Soudain, venus des confins de l'espace, des êtres ayant une apparence humaine se laissèrent tomber sur

la terre près de l'endroit où je me trouvais.


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S'étant regroupés au pied du Pont du Gard, ils se mirent à cracher le feu en longues gerbes vers le monument

qui s'embrasa comme un fétu de paille.


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Puis ils firent pleuvoir une myriade d'étoiles sur le pont,

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....qui retombèrent en pluie de lumière le long de ses parois.

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Après cette pluie lumineuse le Pont du Gard se mua en un gigantesque arc en ciel de pierre

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Puis les « cracheurs de feu » gambadèrent un instant en haut du pont dressant leurs torches vers le firmament,

adressant sans doute un signal à leurs congénères sur Sirius ou Aldébaran


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....satisfaits du spectacle, ils repartirent comme ils étaient venus, et le Pont du Gard retrouva son habit de pierres nues.

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PS : Photos prises lors du spectacle de pyrotechnie "Lux Populi" créé par le Groupe F en juin 2008

Texte & Photos Ulysse

25/11/2008

L'esprit est dans la pierre à l'abbaye de Saint Hilaire

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N'en déplaise à ceux qui les tiennent pour sacrés, l'Ancien et le Nouveau testament, le Coran, le Veda

et autres textes religieux, aussi nobles ou terribles soient les histoires ou paroles qu'ils rapportent, ne nous

donnent aucune preuve de l'existence de Dieu .


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Pour moi l'existence de Dieu se manifeste dans l'aile d'un papillon, un bouton de rose, la poche des

kangourous (une idée géniale qui ne peut être due au hasard !) la lumière d'un regard, une cantate de Bach

ou un concerto de Mozart ou bien encore dans certaines oeuvres d'art qui vous saisissent et vous transportent

hors du temps, dans une autre dimension.



Certains artistes sont en effet des medium dont le génie établit une passerelle avec l'Esprit qui structure

l'univers. Le Maître de Cabestany, dont je vous ai déjà parlé à l'occasion de la visite de la magnifique église

de Rieux-Minervois est de ceux là (voir ma note du 16 juin de cette année)


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L'élégante Abbaye de St-Hilaire, où je vous emmène aujourd'hui, possède l'une des oeuvres maîtresses

de ce sculpteur itinérant du XIIème siècle. Il s'agit d'un sarcophage-reliquaire en marbre blanc des Pyrénées dont

les sculptures qui l'ornent retracent le maryre de Saint Sernin, évêque de Toulouse au 3ème siècle, arrêté par des

soldats romains à l'époque du règne de l'empereur Dèce qui persécutait les chrétiens.


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On y voit ainsi Saint Sernin avec le livre des Evangiles ouvert sur la poitrine qu'un soldat romain saisit

par le cou. Des animaux pointent leurs museaux entre les jambes de la soldatesque romaine, symbole de leur barbarie.



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Malgré un style assez « brut » le sculpteur a su rendre à merveille la sérénité du Saint face à la brutalité

des soldats. On croit lire, au demeurant, de la peur ou de l'inquiétude dans les yeux de l'un d'entre eux que cette

sérénité doit inquiéter. Il tourne la tête comme s'il craignait que quelqu'un vienne le secourir : ce Dieu peut être

que le Saint invoque et qui lui donne tant de courage ?


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Mais les soldats procèdent à leur sale besogne et attachent Saint Sernin à la patte arrière d'un taureau

aiguillonné par l'un des soldats et par deux chiens qui hurlent après lui. Cette scène est d'une force saisissante,

le taureau semble prêt à bondir hors du sarcophage et, en le contemplant, l'on se tient à distance respectable,

par crainte d'être piétiné.


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Indifférent à la terrible épreuve à laquelle on le soumet, le Saint garde son calme et bénit de sa main

droite deux femmes qui l'assistent dans son malheur et qui semblent plus éprouvées que lui. L'art du maître de

Cabestany est ici redoutable; il donne une telle force à la foi qui anime ses personnages qu'il la rend séduisante

quelque soient nos propres convictions. Il a su matérialiser dans un bloc de marbre « l'esprit » qui sous tend

l'univers. Le message qu'il délivre est universel : au delà de la fragilité de notre paravent de chair, l' « Esprit »

nous anime et quand nous entretenons la flamme de cet Esprit aucune épreuve ne peut nous faire ployer.


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Chacun ensuite est libre de s'inventer le Dieu qui lui convient, pourvu qu'il soit débonnaire et miséricordieux.

Pour ma part je l'imagine amateur de bonne chère, de bons vins, de vieux whiskies (il doit avoir une de ces caves !)

et de jolies femmes. J'espère par contre qu'il est assez raisonnable pour ne fumer ni la pipe ni le cigare afin de

préserver l'atmosphère de notre planète !



Il doit parfois se frapper le front de stupeur quand il entend certains de ses thuriféraires le présenter

comme un père fouettard misogyne tenant sur un carnet le décompte de nos soit disant « péchés » et de nos

prières et tenant en réserve des « vierges » pour de sinistres abrutis qui se font sauter le caisson et celui

d'innocents congénères en son nom. Qu'il doit être déprimant d'être adoré par des imbéciles !


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Les moines qui ont dans le passé vécu à l'Abbaye de Saint Hilaire avaient, au demeurant, une conception

de Dieu assez proche de la mienne, au vu des aménagements et ornements dont est dotée l'Abbaye



En effet, c'est dans ses caves que fut inventé en 1531 l'ancêtre du champagne : la Blanquette de Limoux !

Et l'on trouve dans une salle de l'appartement où résidait l'abbé, des peintures pour le moins osées !


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Pour moi c'est la preuve que l'Esprit souffle vraiment en ces lieux, car si l'Esprit nous a conçu comme

nous sommes, n'est ce pas pour jouir sans honte et sans hypocrisie des attributs et des sens dont il nous a doté !


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Texte & Photos Ulysse


21/11/2008

De Saint Eutrope au vallon de l'Ourtigas

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Bien que mécréant, je reconnais aux religieux du passé, en dépit de leurs nombreux forfaits, une immense

qualité : ils avaient un talent certain pour choisir le lieu de leur méditation.



Ainsi en témoigne la chapelle Saint Eutrope, bâtie à 683 mètres d'altitude sur les contreforts de la Serre de

Majous dominant la vallée de la Mare. Elle fut édifiée au moyen age à l'endroit ou le saint, qui lui a donné son nom,

venu du lointain Saintonge pour évangéliser la région, avait coutume de se retirer pour médite
r.

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On y accède par une sentier de chèvres, en partant de l'ancien moulin du Nougayrol situé au bord de la « Mare »

non loin du village de Castanet-le Haut . Autrefois source d'énergie, ses eaux fraiches et limpides

ne sont plus aujourd'hui recherchées par les hommes que pour y folâtrer à la belle saison avec les truites.

Vu la température de l'eau, mieux vaut d'ailleurs éviter de nager en tenue d'Adam si l'on veut éviter que notre

« signe distinctif » ne soit confondu avec un vermisseau par ces carnassières réputées.



Si la chapelle Saint Eutrope montre aux croyants le chemin du ciel, elle est aussi un marche-pied vers

d'autres merveilles plus concrètes et tout aussi gratifiantes. Mais pour y accéder il faut accepter de cheminer

sur une esquisse de sentier aussi abrupte q'une échelle de meunier et qui mène sur la serre de Majous à près

de 1000 mètres d'altitude.


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Au cours de l'ascension les chaines de montagnes avoisinantes se dévoilent à nos yeux. Pour jouir de ce

spectacle sublime un arbre plus audacieux que ses congénères et sans doute moins frileux s'est installé sur l'une

des crêtes.


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Et puis soudain, le souffle court et le coeur dansant la carmagnole, nous émergeons sur l'arête

sommitale de la serre revêtue d'une parure d'herbes fauves. Les rares arbres ayant pu s'y acclimater

expriment par leur corps torturé la direction du vent dominant.


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La litanie des randonneurs qui sont passés en ce lieu ont édifié un cairn dont les pierres défient les lois

de la pesanteur. Autour de cet ouvrage rudimentaire tournoie une galaxie de monts bleutés qui constituent la trame

des Hauts Cantons.


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De de point névralgique - que Dali, s'il l'avait fréquenté, aurait sans doute choisi comme centre du

monde aux lieu et place de la Gare de Perpignan – nous nous dirigeons vers l'austère et aride Plo des Drus.

Sur cet ancien lieu de transhumance, aujourd'hui colonisé par les bruyères, une avant garde de pins vient établir

son campement en vue d'une invasion future par leurs congénères.


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Ainsi peu à peu un manteau forestier engloutit dans ces contrées reculées les traces de l'ancienne présence

humaine. On peut craindre qu'un jour l'ensemble de l'humanité ne soit ainsi balancée par dessus bord d'un coup

d'épaule de Gaïa (notre planète) irritée de notre irrespect à son égard.


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A l'extrémité du Plo des Brus nous apercevons au loin le roc Traucat , semblable à la machoire d'un requin

émergeant des terres et dressée vers le ciel comme s'il tentait de gober la lune ou quelques étoiles.



Puis c'est la descente dans le vallon sauvage de l'Ourtigas, l'un de ces lieux où il vous faut mettre votre

raison dans une poche de votre sac à dos et ne pas vous étonner des « merveilles « que l'on y rencontre.


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Les anciens dénommaient en effet cet endroit le vallon des « Ourbas » ces êtres légendaires qui vivaient dans

des avens secrets et ne sortaient généralement que la nuit pour chasser et prélever leur « dîme «  sur les cultures

(chataignes, céréales, pommes) des hommes qui occupaient leur territoire. Ils avaient la réputation de confectionner

avec la peau des chevreuils des bottes « magiques » qui leur permettaient d'échapper aux hommes qui tentaient de

les poursuivre.


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Nous ne sommes d'ailleurs qu'à demi stupéfaits d'apercevoir posée contre un rocher l'une des bottes

qu'un « Ourba » (ou plutôt qu'une Ourba, vu l'élégance de la botte !) a du retirer, sans doute pour enlever un caillou

qui s'y était glissé. Surpris par notre approche "il" ou "elle" a du prendre la fuite sans avoir le temps de la remettre.

Respectueux du bien d'autrui et soucieux de donner une meilleure image des hommes, nous laissons la botte

en place et descendons dans le vallon


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Nous faisons bientôt une autre rencontre extraordinaire. Un taureau fulminant surgit des profondeurs

de la forêt et tente de nous encorner. Sans doute cherche-t-il à venger ses frères de la plaine que des pantins

couverts de paillettes et armés d'épée assassinent après qu'ils aient été épuisés par des banderilleros aussi veules

que cruels. Mais notre attitude pacifique le ramène à de meilleurs sentiments à notre égard.


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Mais à peine sommes nous remis de notre frayeur que se dresse devant nous un vénérable représentant

des "Ents" ces êtres mi-animaux mi-arbres qui prennent la défense des êtres démunis de la forêt contre leurs

prédateurs, les plus redoutables d'entre eux étant les hommes. Mais par chance, ayant lu leur épopée dans

le Seigneur des Anneaux (Oeuvre de R Tolkien dont je vous recommande la lecture) et connaissant quelques

mots de leur langue, je réussis à lui faire comprendre que nous sommes animés des meilleures intentions du monde

à l'égard des êtres de la forêt .


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Mais pour pouvoir repartir, nous devons lui jurer que jamais, au grand jamais, nous n'avions cueilli

ni consommé de champignons qui sont les grands amis des « Ents». Que le grand horloger un peu foutraque

qui préside aux destinées de l'univers nous pardonne ce mensonge. Mais comment faire admetre à un « Ent »

qu'il n'y a pas de mets plus succulent qu'une omelette aux giroles !



Reprenant notre chemin nous finissons notre périple sans encombre en passant par le hameau de

Caissenols puis le Portail de Roquandouire que mes fidèles lecteurs et lectices connaissent bien.


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PS Si vous souhaitez randonner dans ce secteur consultez le fichier joint dont le circuit varie un peu

par rapport à la balade décrite dans cette note



Texte & Photos Ulysse

13/11/2008

Et il changea l'eau en vin....(reprise d'archives)

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En ces temps troublés de krach boursier et de crise économique, voilà que les buveurs d'eau, ces tristes sires,

en rajoutent dans la déprime ambiante et font campagne contre les délicieux breuvages que le génie de l'homme

a su extraire de Vitis vinifera. Or ces breuvages, mieux que le Prozac dont veulent nous gaver les laboratoires

pour faire de nous des zombies dociles et décervelés (ce qui plait fort au demeurant à nos gouvernants), réjouissent

le coeur et l'âme de l'homme et le consolent des aléas de l'existence.


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Vis à vis de ces "pisse-vinaigre" et de ces "peine à jouir" rétablissons donc la vérité et rappelons comment

le vin a été donné à l'homme :



Au terme du 7ème jour Dieu acheva la Terre. Il n'était pas mécontent de son oeuvre et souhaita célébrer

l'évènement. Il fit jaillir de ses doigts une coupe de cristal et la plongea dans un torrent de montagne. Poussant

un tonitruant « Cheers » (à l'origine Dieu était américain, depuis le mandat de G. Bush on dit qu'il s'est fait naturalisé

Suisse) il prit une grande rasade d'eau fraiche .....et la recracha aussitôt en émettant un terrible « Pouah ! »

qui provoqua un véritable déluge sur la terre (d'où l'histoire de Noé).


Il se dit : je ne vais quand même pas laisser mes créatures se contenter de cet insipide breuvage, leur vie serait

invivable et il ne serait guère enclin à m'adorer! Il cassa alors un morceau de son sceptre et le planta dans le sol

près de Saint Chinian (autant choisir un endroit voué à son culte) en prononçant la formule «  l'eau des nuages du

ciel en vin tu changeras!! » Et c'est ainsi que l'homme et sa compagne eurent droit au paradis vin compris....et quand

ils furent chassés du paradis Dieu leur laissa le vin pour qu'ils puissent se consoler.


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Celà dit, n'allez pas croire que je sois un pochtron invétéré, je suis pour le "boire civilisé" et non pas pour

ces beuveries auxquelles certains se livrent sans doute pour oublier le vide sidéral de leur existence. Le vin est

un produit hautement culturel pas une arme de destruction de soi ou d'autrui !



Texte & Photos Ulysse