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24.05.2008
Réjouissez vous corps et âme au Mas St Antoine
Vous avez été très nombreux et nombreuses à me suivre sur les chemins de la garrigue
de Castelnau de Guers et, d'après vos commentaires, à aimer cet endroit.
Aussi je ne doute pas que vous aimerez les vins du Mas St Antoine qui sont l'expression
liquide de sa beauté et de sa diversité !
Ce caveau est né du désir de trois vignerons, Robert Jaeger, Dominique Portes et
Bernard Woimant, de réunir leur talent pour produire des vins exprimant pleinement les qualités
de ce magnifique terroir .
Ils se sont installés en 2002 dans une ancienne bergerie à l'entrée du village de
Castelnau(en venant de Pézenas) et ont effectué leur première vinification en 2003.
Leur gamme de vins embouteillés (ils commercialisent aussi des BIB) comporte deux
Picpoul, un Coteaux du Languedoc blanc, deux vins de pays d'Oc rouge, un rosé et un « Moût
de raisins partiellement fermentés issus de raisins passerillés » ce qui est équivalent à un vin dit
de « Vendanges Tardives » dont l'appellation est réservée aux vins alsaciens.
Les prix fort raisonnables en ces temps où certains producteurs languedociens
commencent à se prendre pour des clones de Rotschild s'échelonnent de 4,5 à 6€ sauf la
cuvée Zénobie qui vaut 14€ (en 50cl)
Dès la première vinification en 2003 le caveau a glané les distinctions au Concours
Général Agricole de Paris et les étoiles dans le Guide Hachette. Son Picpoul (cuvée Font du
Loup ) 2007 a été classé meilleur Picpoul de Pinet par la Revue des Vins de France.
Le Picpoul de « base », cuvée Garrigous, a une bouche fraiche et (dangereusement !)
désaltérante et devrait parfaitement convenir aux plateaux de coquillages du Bassin de Thau
(quand ils sont consommables !)
Le Picpoul Font du Loup est un vin plus complexe, équilibré et harmonieux avec une
belle richesse aromatique finissant sur une note de pamplemousse typique des vrais Picpoul. Il
devrait fort bien accompagner des plats de poissons en sauce et des fromages de
chèvre.
Le Coteaux du Languedoc blanc, cuvée les Fontenelles, (assemblage de Roussane et
de Grenache Blanc) a beaucoup de fraicheur et une belle longueur . La cuvée 2006 est un peu
réservée au plan aromatique mais le millésime 2007, encore en barrique, est une pure merveille
où explosent les notes d'acacia et de tilleul)
Le Rosé de Cinsault vous fera succomber au péché de gourmandise et il est préférable
d'être au moins quatre à table si l'on veut le boire avec modération..;
L'assemblage de Merlot-Cabernet est un peu réservé et austère à mon goût mais il est
probable que deux ou trois années le rendront plus flatteur.
En revanche l'assemblage de Carignan-Grenache (cuvée St Nicolas) est un vrai délice
avec une fraicheur, une harmonie et une palette aromatique très agréables.
Quant à la cuvée « tardive » appelée Zénobie en l'hommage non pas de la Reine de
Palmyre mais de la belle maman de l'un des vignerons, c'est un délice qui vaut bien des
Sauternes, Barsac, Jurançon ou Ste Croix du Mont.. Il fera merveille sur un foie gras ou un
roquefort.
Compte tenu des tarifs pratiqués ces vins présentent un exceptionnel rapport qualité
prix, bienvenu en ces temps de pouvoir d'achat en berne. Ce sont des vins qui vous parlent du
terroir où ils sont nés et qui vous donnent de l'esprit. C'est à juste titre que leurs auteurs ont
donné à leurs étiquettes la formede la seule arche de pierre survivante de l'Ermitage St Antoine
qui se trouve sur l'une des collines avoisinantes
Outre la plaisir de déguster d'excellents vins, une visite au caveau vous permettra de
rencontrer des vignerons joviaux et plein d'humour, passionnés par leur métier et qui pourront,
si vous le souhaitez, vous en expliquer tous les mystères, depuis la taille des ceps jusqu'à la
macération carbonique.
Si vous êtes un petit groupe d'amis marcheurs, Robert Jaeger peut vous emmener sur
les chemins de la Garrigue et vous conter l'histoire de l'Ermitage St Antoine ou de l'Etendoir des
fées (voir mon reportage sur la Garrigue de Castelnau)
Pour conclure cette note je reprendrai ses propres paroles en vous rappellant qu'il y
toujours cinq bonnes raisons de boire du vin (avec modération) :
- le bon goût du (bon) vin
- l'arrivée d'un hôte
- la soif présente
- la soif à venir
- et n'importe quelle autre bonne raison !
Les coordonnées du caveau sont les suivantes
Caveau Mas Saint Antoine
Descente de la Bergerie
34120 Castelnau de Guers Tel 06 62 82 08 31
Leurs vins sont également en vente au Caveau Agde 5, rue Louis Blanc 34300 Agde
Tel 04 67 94 84 87 et sont servis dans de nombreux restaurants de la Région
Texte & Photos Ulysse
18:00 Publié dans Délices | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mas st antoine, vins du pays d'oc
20.05.2008
Dans Arles où sont les Alyscamps ...(suite et fin)
On ne peut parler d'Arles ou la visiter sans évoquer la mémoire de Frédéric Mistral
(1830-1914) cet écrivain provençal fondateur en 1854 de « Lou Félibrige » association littéraire
ayant vocation à assurer la défense des cultures régionales traditionnelles et la sauvegarde de
la langue d'Oc. Après avoir reçu le prix nobel de littérature en 1904, il fonda à Arles le "Museon
Arlaten" consacré à l'art de vivre dans l'ancienne Provence et contenant des collections
représentatives des arts, de l'ethnologie et de l'histoire du pays d'Arles.
Sa statue trône sur la place du forum où Van Gogh, qui vécut à Arles de février 1888 à
mai 1889, a peint son magnifique tableau intitulé « Terrasse du café le soir » qui montre une
terrasse de café illuminée sous un somptueux ciel étoilé.
Que vous soyez ou non croyant, il faut aller visiter l'église St Trophime située au coeur
de la vieille ville et dont le portail est l'un des chefs-d'oeuvre de l'école romane provençale de la
fin du XIIème siècle ainsi que son cloitre. Saint-Trophime, premier évêque d'Arles, aurait été un
des sept missionnaires envoyés par Rome pour évangéliser la Gaule, sous le règne de l'empereur
Dèce. Il serait arrivé à Arles en 46
On découvre au centre du tympan le Christ qui, d'après les commentaires officiels, bénit
l'assistance les deux doigts levés en tenant l'évangile sur ses genoux. Il est entouré des
symboles des quatre évangélistes : l'aigle de Saint jean, le lion de St Marc, le boeuf de St Luc
et l'ange de St Mathieu.
Quant à moi, qui suis un parfait mécréant, j'ai plutôt l'impression que ce pauvre Jésus
semble nous dire « arrêtez un peu vos âneries et vos querelles de
chiffonniers et faites un effort pour vous entendre car je ne reviendrai pas une seconde fois
pour vous épargner les colères de mon père qui risque un jour de perdre patience et de vous
envoyer tous rôtir dans les chaudrons de Lucifer ! »
Bien évidemment quand on va à Arles une visite s'impose aux Alyscamps immortalisés
par les vers de Jean Paul Toulet (1867- 1920) :
Dans Arles, où sont les Alyscamps
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses,
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton coeur trop lourd,
Et que se taisent les colombes:
Parle tout bas si c'est d'amour,
Au bord des tombes.
Le nom de ce « cimetierre » étonnant vient d'Alysii campi (c'est-à-dire les champs
Elysées, la voie qui conduisait au royaume des morts les guerriers valeureux)
Son implantation remonte à l'antiquité, les cimetierres étaient à l'époque toujours
construits à l'extérieur des cités le long des grands axes routiers afin que l'on puisse en
permanence rendre hommage aux morts.
A Arles dès le début de l'empire les sarcophages et les mausolées s'égrenèrent au bord
de la via Aurelia, pratique qui s'est ensuite perpétuée à l'époque chrétienne avec l'installation de
la sépulture des premiers évêques d'Arles entourée par des milliers de tombes pressées sur
plusieurs rangs
Cette sépulture est devenue en 1040 un prieuré sous le nom de Saint Honorat qui fut
lui même au XIIème siècle transformé en église de style roman couronnée par une splendide tour
lanterne octogonale.
Devenue une étape obligée du pélerinage de Saint jacques de Compostelle, son charme
romantique a attiré de nombreux artistes, dont Gauguin et Van Gogh qui y posèrent leurs
chevalets.
Pour conclure en beauté une visite d'Arles il faut faire pédibus jambus un pélerinage à
l'un des sites les plus pittoresques également immortalisé par Van Gogh : il s'agit du pont
basculant « Réginel » situé sur le canal d'Arles à Port le Bouc
Vincent Van gogh lui a donné le nom de pont Langlois qui était le nom de celui chargé
d'actionner le pont, il l'a peint car il lui rappelait son pays natal la Hollande. Certes à l'époque ce
site avec ses lavandières et sa voiture à cheval avait plus d'allure qu'aujourd'hui !
Si vous aimez ce peintre vous pouvez également visiter à Arles sa chambre
reconstituée telle qu'il l'a peinte, aller faire un tour à la magnifique Fondation Van Gogh et
suivre un cheminement piétonnier dans la ville comportant une dizaine de haltes où figurent des
reproductions d'oeuvres qu'il a peintes (voir le circuit au SI)
C'est avec regret que nous quittons cette cité si vivante où le cheminement dans ses
ruelles nous fait franchir les siècles et où rode l'ombre tourmentée de Vincent Van Gogh.
Texte & Photos Ulysse
20:40 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arles, van gogh, alyscamps, saint trophime
