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17/11/2009

Le terroir parle dans les flacons du Domaine Lisson

 

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Quand on s’approche du domaine de Lisson, la vue que l’on en a est de bonne augure : il est situé au plus près du ciel, au sommet d’une colline dominant le village médiéval d’Olargues, plus connu pourtant pour ses marrons que pour ses vins.

Mais chacun sait que la vigne pour donner le meilleur d’elle même a besoin de faire la sieste au soleil et de dormir au frais. L’alternance du chaud et du froid, comme une douche écossaise, stimule la circulation de la sève et développe des arômes complexes et subtils qui font défaut aux vins de plaine cuits par le soleil.

 

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Pour se rendre au domaine, mieux vaut prendre rendez vous avec Iris qui vous en indiquera le chemin. Les quelques kilomètres de la piste qui grimpe allègrement sur le flanc des coteaux boisés dominant la plaine du Jaur vous préparent doucement à un retour bucolique dans le passé

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Le domaine s’alimente en effet en eau à partir d’une source et tire son énergie du soleil et le reste est à l’avenant : ici on laisse faire la nature, l’herbe court au milieu des vignes d'où sont bannis les pesticides et les herbicides - seule la bouillie bordelaise ayant droit de cité – elle est fauchée au besoin pour permettre aux souches de prendre l’air.

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Alors que tant de vignobles sont organiquement morts et produisent des vins sans âme, ici on travaille en harmonie avec la nature en respectant sa biodiversité. Où pourrait-on voir ailleurs qu’à Lisson une épeire tisser sa toile dans un bosquets de chênes verts jouxtant les vignes ?

La faune sauvage d’ailleurs ne s’y trompe pas qui dévore à belles dents les grappes à maturité et met en péril la survie de l’exploitation. Moi qui suis loin d’être un pro-chasse, j’estime qu’il y a là un cas de force majeure et que tous les moyens sont bons quand il s’agit de sauver ce qui appartient au patrimoine de l’humanité.

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Mais avant de parler des nectars produits en ces lieux et qui sont appréciés non seulement des sangliers, mouflons, blaireaux et renards mais aussi d’un groupe fidèle d’amateurs bipèdes éclairés, brossons brièvement l’histoire du domaine.

Il est fait mention pour la première fois de Lisson le Bas dans des archives de Montpellier en 1482. L’exploitation en fut abandonné en 1930 et ce n’est qu’en 1975 qu’Iris et son mari Claude (décédé depuis) ont acquis et défriché en 1989 deux hectares de chênes verts en faisant partie.

Sur ses pentes abruptes ne permettant aucune mécanisation ils ont remis en état à mains nues les terrasses et les murs en pierres sèches. Hercule n’aurait pas fait mieux !

Sur la partie basse de ce terroir shisteux qu’ils ont dénommé Clos des Cèdres en raison d’un bosquet de cèdres qu’ils ont conservé, ils ont planté du Mourvèdre ainsi que du Merlot et du Petit Verdot et sur les terrasses supérieures, appelées les Echelles, ils ont planté du cabernet-sauvignon.

 

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Ils ont acquis, par ailleurs, d’Antoine Tarbouriech une parcelle qui appartenait à un curé de Saint Etienne d’Albagnan qui y faisait produire son vin de messe. Ce qui est pour moi un critère absolu de qualité ! Imaginez qu’un curé fasse la grimace en buvant son vin de messe, cela créerait un scandale ! Si ce brave curé buvait le vin, les vignes étaient par contre cultivées par sa bonne à tout faire, Joséphine Clavel.

Iris et Claude ont planté ce terroir calcaire en Pinot Noir, cépage subtil par excellence, ambassadeur de la Bourgogne, dont les premières cuvées en 1996 et 1998 ont porté les noms d’Antoine et de Joséphine.

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Face au domaine vers le nord, de l’autre coté de la plaine du Jaur, on aperçoit les Monts de l’Espinousse et, notamment, le lieu dit de la femme couchée, appelée ainsi en raison de la forme que prennent la succession de crêtes.

Comment voulez vous que dans un tel environnement et avec un tel panorama la vigne rate son vin ? Le vigneron n’a qu’à la laisser faire en intervenant le moins possible, ce que font Iris aidé de son nouveau compagnon Klaus.

Ce n’est pas que la vigne ne demande pas de travail , au contraire car sur ces pentes ardues la brouette (à chenilles), le seau ou les caissettes et le dos de l’homme sont les seuls outils possibles. Il faut biner, faucher et vendanger à la main, remonter le sol quand les pluies le ravinent, redresser ou replanter les piquets en châtaigner quand la tempête les emporte.

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Mais pour le raisin et le vin c’est le sol et la vigne qui décident : pas d’engrais dans les vignes, pas d’éraflafge, pas de levure exogène dans les cuves en inox.

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Les macérations sont longues avec pigeages quotidiens sans pompage. La vinification achevée, les vins sont élevés en barrique sur une période qui va de 12 à 24 mois, selon le cépage et les particularités du millésime. Ils ne subissent ni collage ni filtration, le soufre n’étant utilisé que très tard en barrique au strict minimum.

 

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Après avoir arpenté avec Iris le domaine (mieux vaut avoir une casquette si c’est l’été et si – comme moi- vous ressemblez à Barthez et une paire de chaussures de randonnée ) vient le moment tant attendu de la dégustation.

On entre à pas feutrés dans le saint des saints là où le divin jus extrait par vitis vinifera de la terre repose assoupi comme la belle au bois dormant dans le berceau des barriques attendant le contact de nos lèvres pour revivre.

Commence alors la dégustation par un flacon des Echelles 2007, assemblage de cabernet sauvignon et de merlot, qui présente un nez d’humus et de tabac et offre une bouche dense mais tannique qui devrait s’affiner avec les années . C’est un très bon vin, fort bien fait, mais encore un brin austère.


Suit un Clos des Cèdres, magnifique expression du Mourvèdre avec un nez animal (c’est pourquoi les raisins sont tant appréciés des quadrupèdes du domaine !) et une bouche minérale, harmonieuse et désaltérante. Un vin d’une grande élégance qui tiendrait la dragée haute à un Pibarnon.

Pour conclure, un Clos du Curé, superbe enfant sudiste du Pinot Noir au nez de fruits rouges et une bouche gouleyante avec une belle acidité où tournoient arômes de cerise et de cassis et une finale plus épicée. Un grand vin en devenir assurément.

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Ces vins sont des vins qui « parlent » le terroir , subtils interprètes des humeurs souterraines de Gaïa ,notre terre mère. Ils ne sont pas « travaillés » pour être bus de suite, il faut leur laisser le temps de mûrir.

Les très faibles rendements et volumes de production ainsi que les conditions d’exploitation, conjugués à la très grande qualité des vins justifient pleinement leur prix de 20 euros. Il s’agit toutefois de vins destinés à des amateurs éclairés.

Outre ses vins qui occupent l’essentiel de sa vie et celle de son compagnon Klaus, Iris tient aussi un
blog  où elle raconte avec passion et humour les bonheurs mais aussi les aléas de la vie de vigneronne. Elle nous fait aussi partager ses coups de cœur en matière de vins produits par des confrères (ou des consoeurs) et ses coups de gueule contre les pratiques d’une partie du monde viticole.


Je vous invite vivement à le consulter ce qui ne peut ensuite que vous inciter à aller à la découverte de cet étonnant domaine et de ses vins remarquables


 Texte & Photos Ulysse

Commentaires

encore une belle balade !!
merci pour le voyage.
je note que nous avons en commun la célèbre coiffure de Fabien ! port de la casquette obligatoire !
bonne fin de journée

Écrit par : norbert | 17/11/2009

il y a là de quoi rêver en nous ramenant à ce que nous n'aurions jamais dû quitter : le naturel.

Écrit par : ginette | 17/11/2009

bonsoir mon cher ami Ulysse,

merci pour la balade,
je ne bois pas d'alcool, mais je ferai cette visite avec grand plaisir,

bonne soirée à la famille, et bonne suite à ta semaine,

bien amicalement,

Laurent

Écrit par : laurent - mon journal de bord | 17/11/2009

C'est un bonheur de découvrir grâce à toi, un joli coin du terroir de France où la vigne pousse en respect de la terre. Pas étonnant que les vins d'Iris et Klaus flattent le palais et exhalent ces parfums ! Gros bisous de la nuit, Ulysse.

Écrit par : siratus | 17/11/2009

Je ne suis pas encore allée voir le blog d'Iris, mais, ne vais pas manquer d'y aller faire un tour...

Tout ce qui concerne la vigne m'intéresse..

Je pensais dans nos 300m2 de terrain autour de la maison produire mon propre vin...Mon frère m'ayant donné une branche de vigne, nous l'avons plantéE...Ma foi, le raison est bien bon, même s'il a le goût de trop peu...pas de quoi en faire du vin...

Chez toi, on sent l'amateur des bons vins...Un bon petit vin, ce n'est pas dégueu non plus...

Peut-être que ta vigneronne vend son vin...

Merci encore de ce voyage au pays de Bacchus..

Écrit par : juju | 18/11/2009

A Norbert : mieux vaut porter la casquette ...que le chapeau !

A Ginette : heureusement le naturel on y revient aujourd'hui au galop !

A Laurent : le vin cher ami n'est pas de l'alcool c'est la sève de la terre !

A Siratus : respecter la terre et la mer c'est respecter notre berceau....

A Juju : je suis aussi amateur de bons petits vins et je me suis régalé des vins d'Auvergne pendant mon périple du printemps

Belle soirée à tous !

Écrit par : ulysse | 18/11/2009

Enfin ! j'ai un trés bon souvenir d'une sortie chez Iris il y a déjà quelques années, j'ai
encore trois "breuvages, ou nectars" dans ma cave, le laisser vieillir avait-elle dit !
Nous avions découvert en effet son Domaine, et admiré l'énergie qu'il a fallu pour arriver
à faire du vin en un tel endroit, Sublime ! et Géniale Iris, heureuse d'échanger avec des
vignerons et de nous donner ses idées, dégustation bien entendu ! Quel bon souvenir, et quel
mérite ! Bravo Ulysse ! Miaaaaaaouuuuuuuuuuu!!!!!!!!!!

Écrit par : mistigris | 18/11/2009

Je suis heureux Mistigris que tu apprécies les vins d'Iris qui est une femme au talent et au courage formidables. Ses vins mériteraient d'être mieux connus

Belle journée à toi

Écrit par : ulysse | 19/11/2009

Ulysse Arrête de faire jouir tes Pots du net, tu es entrain de nous torturer ou quoi hein!! tu en parles comme un grand initié Oh!! que j'aime. je ne connais pas cette appellation ni le Domaine de Lisson je ne doute pas un instant que l'on puisse être déçu. La confiance a Ulysse est de mise iih!!! Bonne fin de soirée Amitiés André

Écrit par : André | 19/11/2009

merci de me faire confiance André, je te garantis que si un jour tu mets la main sur un flacon de Lisson tu te régaleras !

Écrit par : ulysse | 19/11/2009

merci des conseils et découvertes, Monsieur l'oenologue vous êtes insatiable !

Écrit par : colette | 19/11/2009

belles photos - région toujours magnifique - je vais aller faire un tour chez cette blogueuse - bonne soirée

Écrit par : andrée | 19/11/2009

Merci pour cette nouvelle découverte Ulysse ! On apprécie encore plus ce doux breuvage quand on en connaît l'histoire. J'espère que tu as levé un verre à la santé de tes amis blogueurs !!! ;-) Beau week-end emplis de douces découvertes ...

Écrit par : Bandolera | 21/11/2009

Ulysse y-a-t-il un compteur kilométrique à vos chaussures ?
si oui
Quel résultat à ce jour ?

Écrit par : ColàPat | 22/11/2009

je suis allée sur son blog, très beau aussi. Ulysse, quel bel outil que le blog qui permet de découvrir des gens "ordinaires" pas star pour un sou. bon dimanche

Écrit par : andrée | 22/11/2009

Ulysse, faute d’avoir pu régaler mes papilles du vin d’Iris, mes oreilles ont été caressées par la musique du groupe « Scorpions », le clos des Cèdres est vraiment à découvrir, ce peut être le but d’une randonnée.

Écrit par : bernard | 22/11/2009

je te souhaite une douce et agréable semaine, mon ami Ulysse,

@+

Laurent

Écrit par : laurent - mon journal de bord | 23/11/2009

Merci pour la visite sur mon blog aujourd'hui !! Je connais Iris, et j'ai visité ses domaines l'an dernier (et j'ai son vin qui m'attend sagement dans ma cave languedocienne ;D). Bonne soirée et bises du fjord d'Oslo

Écrit par : Ragnhild | 24/11/2009

Bonjour Ulysse, dans la catégorie Délices, je vous invite à vous rendre à Massac , petit village de l'Aude sur la route des châteaux Cathares et d'y découvrir dans un paysage pourtant aride, les 15OO rosiers de Bernard et Laurence Million avec lesquels ils font avec beaucoup d'amour une confiture de rose à manger sur la tête d'un lépreux! D'ailleurs faites un tour sur leur site Délices de rose, vous aurez déjà un aperçu mais le mieux c'est d'aller voir et d'y goûter. Ce que j'ai fait! Et en plus le personnage vaut la rencontre!

Écrit par : Pervenche | 09/08/2010

Bonjour Ragnhild bienvenue sur mon blog je constate que vous êtes "amatrice" de bons vins, nous avons donc au moins une passion commune

merci Pervenche pour l'info je vais aller sur leur site et je note l'adresse? Cet automne j'irai y faire un tour

Écrit par : ulysse | 09/08/2010

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