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31/03/2010

Bien fol qui se baigne en hiver dans le lac de Vezoles !

 

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La randonnée est une activité de plein air ouverte à tous. Elle ne nécessite aucun talent particulier sinon de savoir encore se servir de ses jambes et n’implique pas de dépenses somptuaires, encore qu’il ne faille pas mégotter sur la qualité des chaussures et des vêtements que l’on porte, ni des vins que l’on emporte en pic-nique .

Pratiquée de façon progressive et raisonnable, elle ne présente que des bénéfices pour votre santé et ne vous expose qu’à des risques modérés : prendre une bonne saucée, attraper (au début) quelques ampoules et quelques courbatures ou quelques coups de soleil, ou bien vous perdre et être obligé de traverser pierriers,  ronciers et terrains fangeux et revenir chez vous crotté et balafré comme un bagnard évadé de Cayenne (n’est ce pas Gibus !).

Dans des cas exceptionnels toutefois, le « ciel » risque de vous tomber sur la tête  à l’instar de cet arbre balayé par la chute d’un rocher. Mais il ne faut pas que cet accident rarissime vous dissuade de vous lancer sur les sentiers, car les beautés qui vous attendent vous récompensent au « miltuple » des efforts accomplis et des risques encourus.

 

 

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Nous vous invitons donc aujourd’hui à nous suivre sur l’un des plus beaux parcours de la région  qui remonte les gorges du torrent de Vezoles et permet d’accéder au lac du même nom, perché à  1000m d’altitude dans les monts du Sommail.

 

 

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Il est vrai que ce sentier est un peu "technique" pour les débutants mais avec un peu d’entraînement et en évitant les jours de pluie ou de gel on a de bonnes chances d’arriver sain et sauf au sommet .

 

 

 

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Le plus grand danger qui vous guette sur ce parcours est le lion du Sommail perché sur son monticule. Mais comme il est d’un age vénérable et se déplace avec difficulté, si vous n’allez pas le narguer de trop près il vous laissera tranquille.

 

 

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Même les gens du nord, habitants d'un plat pays, qui n’ont que de vieux terrils pour montagne et sont plus coutumiers des faux cols de leurs bocks de bière que des vrais cols montagnards, empruntent ce chemin, ce qui ne peut que vous encourager à suivre leur valeureux exemple ! (salut Marc ! )

 

 

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Parvenus sur le plateau sommital (et il n’y a pas de raison que vous n’y arrivez pas, sauf chute de pierre bien évidemment !) nous sommes remboursés -sans franchise - de nos efforts (c’est mieux que la sécu !) .

Le regard porte alors jusqu’aux sommets enneigés de la chaîne des Pyrénées qui barre l’horizon. Face à un tel panorama notre existence jusque là ratatinée, ratiocinée, gangrenée par les soucis triviaux et les verbiages cancaniers et vains du monde urbain s’oxygène, se dilate, et est gagnée par la douce euphorie que suscite la beauté.

 

 

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Mais aujourd’hui, un spectacle plus beau encore nous attend : le lac de Vézoles est aux trois quarts gelé et recouvert par endroits de neige.

 

 

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La toile bleutée de la glace est déchirée par des flèches d’eau libre reflétant la neige couvrant les rives, blanc lumignon plongé dans les eaux noires du lac.

 

 

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Les épicéas qui bordent par endroits les rives du lac et habituellement s’enorgueillissent de leurs majestueux reflets souffrent de ne plus voir que leurs pointes dans une déchirure de la glace.

 

 

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Ils ne semblent pas non plus très heureux d’avoir les pieds dans la neige, car ils se sont établis dans le sud pour y trouver la chaleur et ne plus avoir à affronter les frimas de leur contrée d’origine.

 

 

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Apercevant une petite zone d’eau libre au bord du lac, l’idée  soudain nous traverse l’esprit de nous baigner. C’est en quelque sorte un défi lancé à l’hiver qui s’éternise de façon inhabituelle dans notre région.  Une fois dans l’eau, celle-ci commence à se transformer en glace selon le phénomène bien connu de surfusion dont ont été victimes les chevaux du lac Ladoga

Mais fort heureusement les rayons du soleil se mettent soudain et à notre grande surprise à chauffer plus fort, ce qui nous permet de nous libérer de l’emprise de la glace. Le vent colporte alors des murmures bizarres qui nous intriguent.

Nous allongeant sur de larges pierres de la rive pour nous faire sécher, un bref assoupissement nous saisit pendant lequel Gibus fait un rêve étrange qui nous donne la clé de ce curieux événement (voir le fichier joint )

 

 

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Rhabillés de pied en cap, nous croisons de vieux fayards qui se tordent de rire et nous demandent si nous n’avons rien perdu dans l’eau « Parce que » nous disent-ils « quand vous êtes sortis du bain il vous manquait quelque chose !

Rougissant devant cette allusion ironique à « notre pistolet à bébés » escamoté par l’eau glacée, nous ne pouvons à notre tour qu’éclater de rire pour tenter de sauver la face !

« Nous n’avons aucune crainte » leur rétorque-t-on « ce que l’hiver a gelé, le printemps le fera revivre.  Nous croyons alors entendre dans le vent des ries féminins, mais regardant de tous cotés nous ne voyons personne !

 

 

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Nous poursuivons alors notre périple autour du lac dont la partie la moins profonde est recouverte d’un voile argenté.

 

 

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Nous avons conscience de vivre là des moments uniques, inhabituels et que, peut être, nous ne connaîtrons plus jamais. Inattendues et innombrables sont les merveilles qui vous sont offertes quand on met un pied devant l’autre et que l’on part à la découverte du monde !

 

 

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Nous savons que le soleil va bientôt gommer ce paysage unique et éphémère. Aussi, nous le savourons à pleines pupilles et ralentissons notre pas habituellement martial pour ne pas en perdre une miette !

Nous sommes très heureux de pouvoir partager ces moments avec vous !


Texte & photos Ulysse (sauf le conte joint 'A Vezoles les saisons s'affolent" écrit par Gibus)


17:37 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (24) | Tags : vezoles, lion, langlade, ladoga

22/03/2010

De notre âme hissons le foc pour nous rendre à Belloc (fin)

 

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Cheminer dans la neige implique une vigilance de tous les instants si l’on ne veut pas se perdre et finir sa – déjà- trop brève existence transformé en esquimau Gervais . Les routes et chemins tracés par les hommes sont en effet gommés des paysages qu’ils traversent. Seule une légère dépression les trahit si la couche de neige n’est pas trop épaisse, sinon il faut deviner ou déduire leur présence en se fondant sur la topographie et en appliquant la règle du moindre effort.

Il faut se souvenir, en effet, que ces chemins qui ont été tracés par les anciens étaient utilisés pour y faire passer les troupeaux, les chariots, les armées ou se rendre tout simplement d’un village à l’autre et qu’il fallait donc ménager la peine des voyageurs et optimiser la ligne de pente.

 

 

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Mais les chemins enneigés font parfois à ceux qui les pratiquent avec assiduité et les respectent un clin d’œil amical en leur donnant à voir une balise secourable.

 

 

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Et c’est ainsi qu’aidés par la providence et notre flair d’experts « es camino » nous arrivons en vue de l’austère mais harmonieuse chapelle Ste Marie de Belloc, sise à 1686 m d’altitude sur un plateau dominant la Cerdagne et dont le nom vient du latin « bellus loco » qui veut dire beau lieu. Et magnifique, ce lieu l’est assurément quand le soleil est de la partie et que l’on découvre à l’horizon la majestueuse chaîne des Pyrénées.

 

 

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Celui qui accède à la chapelle met ses pas dans ceux des pélerins innombrables qui depuis le XIIIème siècle y sont venus chercher un réconfort ou naviguer au milieu des étoiles. Car, que l’on soit croyant ou non les chapelles et églises sont des aéronefs qui vous extirpent un moment de la terre pour vous emmener au ciel.

 

 

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Un arbre a cherché à s’y réfugier mais n’a pu y entrer du fait de son abondante ramure. Il se tient près de la porte profitant de la maigre chaleur que dispense les pèlerins de passage.

 

 

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Des milliers de mains ont saisi ce loquet, fébriles, tremblantes ou au contraire apaisées, détendues. Quelles supplications, quelles prières , quels remerciement ou blasphèmes se sont alors élevés vers le ciel tant est forte la propension de l’homme à chercher une cause à ses malheurs ou à sa bonne fortune. Ainsi on n'a pas à se morigéner pour les bêtises que l'on a faites ni à rougir de la fortune que l'on a accumulé. Même les joueurs de foot qui se signent sur les terrains s’imaginent que dieu les aide à marquer des buts . Quelle piètre idée se fait l’homme de son "créateur" en l’imaginant en supporter du P.S.G ou de la Juventus  !

 

 

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Mais à mon avis les voies du ciel sont impénétrables.  Et si les portes de la vie nous sont grandes ouvertes, nous sommes condamnés à marcher dans le brouillard jusqu’à ce que nos atomes se dissolvent à nouveau dans l’espace.

 

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Nous quittons ce lieu l’âme imprégnée de sa beauté. Une douce mélancolie s’en dégage du fait de l’absence de cloches qui ont sans doute suivi l’exode rural des ouailles de la paroisse.

 

 

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Un bouquet de jeunes bouleaux se dresse dans cet environnement de brouillard et de neige, magnifique camaïeu de gris et de blancs. La nature est harmonie et c’est pourquoi sa contemplation nous apaise et nous enrichit.

 

 

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Quand le brouillard envahit la montagne le monde s’évanouit, tout devient alors possible et le muret de pierres que nous suivons comme le fil d’Ariane nous mène peut être au delà de l’horizon au bord du vide sidéral  !

 

 

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Mais cette graminée qui surgit du néant nous rappelle que le monde est toujours là, provisoirement escamoté, fragile mais vaillante promesse du retour du printemps et de ses prodigalités.

 

 

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D’ailleurs nous croisons Arès, dieu du printemps, et Demeter, déesse des récoltes, assis sereinement sur le muret et qui nous nous annoncent qu’après un repos qu’ils jugent bien mérité (les récoltes 2009 ont été abondantes) ils vont reprendre prochainement leur service.

 

 

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Ces propos nous réconfortent et c’est d’un cœur léger que nous poursuivons notre périple d’autant plus séduits par la parure hivernale environnante que nous la savons éphémère.

 

 

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Nous sommes soudain alertés par le couinement d’une pauvre souris des neiges qui, voulant traverser un torrent, est tombée dans l’eau et est en train de se noyer. Nous la sortons de ce mauvais pas et, le soir tombant, nous décidons qu’il est temps de retourner dans la vallée si nous nous ne voulons pas risquer de connaître son infortune.

 

 

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Le soir même, pure coïncidence, Gibus fête l’arrivée dans son calendrier personnel d’un nouveau printemps. Vous comprenez en le voyant que tous nos périples n’ont pour but que de nous permettre d’avaler de gros gâteaux bien crémeux sans craindre de devoir renouveler notre garde-robe !

 

 

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Le lendemain matin réjouis et revigorés par notre séjour montagnard nous enfourchons nos montures pour rejoindre nos pénates méditerranéennes.


Texte & Photos Ulysse (sauf avant dernière Marie B.)

17/03/2010

De notre âme, hissons le foc, pour aller à Belloc (1ère partie)

 

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Il fut une époque où les cloches des églises rythmaient la journée des croyants et leur annonçaient les évènements marquants de la paroisse. Ainsi sonnaient-elles l’heure du lever, le début et la fin de la journée de travail ainsi que de la pause déjeuner . Elles annonçaient aussi l’heure des différentes prières et, en Bretagne la fermeture des cabarets . De même sonnaient-elles le tocsin pour une alerte, le glas pour un décès, la volée pour la messe. On notera avec étonnement que la naissance ou le décès d’un homme était annoncé par le tintement d’une grosse cloche alors que celui d’une femme l’était par une petite. On pourrait y voir le reflet du machisme qui imprégnait alors la société, mais personnellement je pense qu’il en était ainsi parce qu'il faut reconnaître que nous, les garçons, sommes généralement plus cloches que les filles.

Aujourd’hui les cloches ne font plus que réjouir nos oreilles, à condition que le clocher ne soit pas à l’aplomb de votre chambre à coucher, expérience que j’ai vécue un certain nombre d’années et qui a - je le confesse - nourri en mon sein, malgré mon éducation chrétienne, l’envie de faire avaler son bourdon au curé du lieu !

L’église de Dorres possède à cet égard un superbe clocher-mur qui arbore trois magnifiques cloches qui ne chantent qu’une fois le soleil levé, ce qui est heureux vu que le seul hôtel du village où nous logions , l'Hotel Marty, très agréable au demeurant, est situé juste à coté.

 

 

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Levés donc à une heure raisonnable au son des cloches, nous décidons malgré le temps maussade de nous rendre à la Chapelle de Belloc, non pas dans un but religieux mais pour la simple beauté du lieu. Il est vrai que notre pratique religieuse se limite à une généreuse consommation du sang du Christ qui n’est pas, au demeurant, incompatible avec une réelle sensibilité à la spiritualité de certains sites.

Et si je suis réticent à imaginer un Dieu barbu faisant dans un calepin le décompte de nos bienfaits et de nos méfaits, je reste fasciné devant la complexité et la beauté de l’univers dont je veux bien croire qu’il n’est que le reflet d’un grand « Mystère » .

 

 

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L’une des manifestations les plus étonnantes de ce « mystère » est la faculté de métamorphose de l’eau qui outre la forme liquide existe à l’état de nuage, de brouillard, de glace et de neige. De surcroît cette substance étonnante constitue l’élément prédominant du vin (de 85 à 90%) ce qui fait que les buveurs de vin sont avant tout des buveurs d’eau, CQFD !

 

 

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La neige sublime les paysages d’hiver et leur confère une douceur rassérénante. Elle donne un relief aux choses et magnifie leur « être » qui sans elle sombre dans la torpeur de l’hiver.

 

 

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Et puis quel bonheur d’entendre son craquement ouaté sous nous pieds : crouac, crouac crouac…sur la neige poudreuse, crunch, crunch, crunch, sur la neige glacée ! Gaïa doit aussi aimer cette douce amie qui la protège du choc de nos semelles.

 

 

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Les mouflons sont moins heureux sans doute qui voient ainsi disparaître leur pitance sous une couche de neige et je ne suis pas sûr que la beauté des lieux les console de cette frustration. Mais sait on jamais, il existe peut être des mouflons poètes, et la probabilité d’en rencontrer un est de toute façon plus forte que de croiser un chasseur qui le soit .

 

 

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Quelques flocons de neige se sont laissés séduire par les corolles des ombellifères qu’ils protègent ainsi du vent glacial (et oui, curieusement  la neige est un bon isolant, comme le prouve les igloos des esquimaux). Mais que vienne à briller le soleil et ils seront ses premières victimes.

 

 

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Notre chemin passe près de ce que l’on croit, au premier abord, être un monolithe, mais à notre immense surprise nous l’entendons nous dire « Paix sur terre aux marcheurs de bonne volonté amateurs de bon vin  ».

De fait il s’agit d’un moine boudhiste vêtu d’une cape, méditant les les yeux mi clos, un bâton dans la main gauche et deux doigts de sa main droite levés pour nous souhaiter la bienvenue.

« Mais comment savez vous que nous aimons le vin ? » nous écrions nous . « Mais c’est évident » nous répond-t-il «  jamais des buveurs d’eau n’oseraient affronter une temps pareil de peur de geler ! Moi même j’ai ma gourde de vin catalan qu’un berger du village vient me remplir régulièrement car l’été je l’aide à garder ses moutons »

« Et vous passez tout l’hiver ici ? » lui demande-t-on . « Oui , car ce lieu me rappelle le Tibet où je vivais autrefois. Mais la soldatesque de Hu Djintao dont l'objectif politique est d'avoir un peuple d'esclaves fabriquant  des chaussettes à trois balles persécute tous ceux qui se font une autre idée de la destinée humaine. Aussi suis je venu me réfugier en ces lieux de haute spiritualité que domine la magnifique chapelle de Belloc »

« Bonne méditation » lui répond –t-on alors, et notre âme émue par cette rencontre hisse son foc pour cheminer jusqu’à la chapelle de Belloc

 

 

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En contemplant la douce beauté de chatons de noisetiers ornés de neige, nous comprenons que le moine ait choisi un tel lieu pour venir y méditer loin de ces fantoches de papier qui rêvent d’une humanité de cancrelats. Une chose nous rend supérieur aux tyrans, c'est qu'ils ne savent rien de la beauté du monde !

 

 

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Et même le vent qui se lève et bombarde nos visages d’une nuée de flocons glacés n’entame notre détermination et n’affecte notre bonheur d’être là dans ce paradis blanc, peut être celui dont rêvait Michel Berger et si joliment chanté par Véronique Sanson

A suivre....


Texte & Photos Ulysse


12/03/2010

Raquettes en cavale sur le Puigmal !

 

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On parle souvent de l’attirance du vide, mais pour ma part je suis plutôt attiré par les sommets. Voir le monde de haut règle la plupart de vos problèmes et c’est souvent un lieu où les huissiers, les banquiers et les percepteurs , gens des bas fonds et des mauvais coups ne viennent pas !

 

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Mais pour grimper sur les sommets enneigés rien de tel qu’une paire de raquettes qui vous permet en quelque sorte de marcher sur l’eau ! Alleluia , Allah est grand mais mon verre, hélas, est trop petit, comme aurait pu dire ce regretté Alexandre Vialatte, ce grand écrivain qui a écrit (entre autres) cette phrase immortelle « l’homme n’est que poussière, c’est dire l’importance du plumeau »

 

 

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On évolue dans un monde en trois couleurs : bleu, blanc , vert qui sont curieusement les couleurs du drapeau des esquimaux Gervais .

 

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La maîtrise des raquettes ne demande pas d’aptitude particulière sinon d’avoir de bons mollets (un conseil à cet égard : manger des œufs mollets au petit déjeuner) un bon souffle (les souffleurs de théâtre et les souffleurs de verre sont avantagés) un bon sens de l’orientation (plus questions de suivre des chemins ) des rations et un équipement de survie, l’évolution du temps en montagne étant aussi imprévisible que les horaires des T.E.R. du Languedoc-Roussillon.

 

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Si on est un brin casse-cou (disons deux brins !) on peut partir à la conquête de n’importe quelle pente. Certains esprits faussement rationnels se demanderont quel intérêt présente l’ascension d’un sommet puisque l’on est toujours obligé de redescendre ! A ceux là je demanderai quel intérêt de naître puisque l’on doit mourir ?

 

 

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Généralement ce genre d’exercice intense qui vous coupe vite le sifflet s’accompagne, comme au matin du premier janvier, de l’adoption d’un certain nombre de résolutions : fuir la compagnie de Bacchus, planquer les tablettes de chocolat, bannir choucroute et cassoulet ….

 

 

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Plus la pente est raide, plus déterminé vous êtes dans vos résolutions ….

 

 

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Mais une fois arrivés au sommet, comme personne n’a été témoin de vos intimes engagements vous les mettez sans vergogne dans votre poche avec votre mouchoir dessus. C’est la raison pour laquelle j’emporte toujours un mouchoir avec moi. C’est, au demeurant, grâce à des gens comme moi qui ne tiennent jamais leurs bonnes résolutions que les fabricants de mouchoirs de Cholet ont pu résisté à la concurrence de ceux « merde in china » .

 

 

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Si la descente réclame moins d’effort, elle est techniquement plus difficile et l’on se retrouve assez souvent sur le postérieur (sauf Gibus, bien évidemment) où cette fois vous louez choucroute, cassoulet et tablettes de chocolat qui vous ont garni de bons amortisseurs . Alleluia, Allah est grand mais mon verre, hélas,  est trop petit !

 

 

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Parvenus en bas de la pente nous poussons un ouf de soulagement quand soudain nous apercevons terrifiés (sauf Gibus bien évidemment)  un ours blanc. Mais celui ci est simplement venu se désaltérer de l’eau d’un torrent et nous ignore superbement.

 

 

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Ayant retrouvé nos compagnes qui n’ont pas voulu partir à l’assaut des cîmes (qui osera encore dire que les garçons sont plus paresseux que les filles ! ) nous nous installons pour des agapes neigeuses.

 

 

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Nos neurones moteurs ayant fait le plein d’énergie nous reprenons la position verticale pour aller à la découverte de superbes champs de neige où nous faisons moisson de lumière, de beauté, de douceur et de grand air. Et tout ça "gratos" ! Par ces temps de crise c'est toujours ça de pris, d'autant qu'avec le creusement du déficit, il y a des risques qu'un jour on paie aussi des taxes sur ces signes extérieurs de sérénité.

 

 

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Les montagnes enneigées prennent sous le soleil une allure sereine et paisible qui vous donnent envie d’aller vous blottir dans le creux de l’une de leurs épaules. Mais comme le dit le poète Paul-Jean Toulet il faut prendre garde à la douceur des choses, car la haute montagne est d’une beauté souvent fatale !

 

 

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Nous n’avons aucune difficulté à résister à la tentation car d’autres plaisirs nous attendent en bas dans la vallée dont je vous tairai la teneur pour ne pas tomber sous les fourches caudines des hygiénistes cancrelatesques qui rêvent d’une humanité de zombies grabataires adeptes de l’eau de Vichy et des haricots verts sans sel. Alleluia, Allah est grand mais mon verre, hélas, est trop petit !


Texte & photos Ulysse