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28/04/2010

Au diable la paresse, allons marcher aux Vailhès

 

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Ce sont les vacances , mais ce n'est pas pour cela qu’il faut se laisser aller. Que diriez-vous d’une balade à partir des Vailhès sur des chemins longeant le Lac du Salagou ?

 

 

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Vous êtes d’accord ! Alors suivez moi , je m’appelle Louna et je serai votre guide . Si je vais trop vite, dîtes le moi , je ralentirai le pas.

 

 

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Après avoir grimpé la piste qui mène au lieu-dit du Tau, nous arrivons sur le plateau de l’Auverne . Nous découvrons le lac qui, avec la brume ambiante, semble rempli de lait et pourtant je ne vois aucune vache paissant sur ses rives : la nature est pleine de mystères !

 

 

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Les collines qui bordent le lac sont en fait d’anciens volcans qui sont pour le moment endormis mais qui peuvent se réveiller à tout instant. J’espère qu’ils attendront que nous ayons fini notre balade !

 

 

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Avec Léo, mon grand frère, nous partons à la découverte des capitelles du plateau de l’Auverne. Elles sont trop hautes pour que nous jouions à saute-mouton et il me fait la courte échelle pour que je grimpe dessus

 

 

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De là haut on ne voit pas Montmartre, mais on a une vue imprenable sur le lac .

 

 

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La vue du lac m’a donné envie de m’y baigner aussi Léo et moi descendons vers ses rives .

 

 

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Bien que l’eau soit très fraîche, je m’y jette avec courage, alors que Léo reste prudemment sur le bord. Comme l'a écrit Aragon, l'un des poètes préférés de mon papy , la femme est vraiment l'avenir de l'homme !

 

 

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Le seul inconvénient de cette baignade est qu’il faut remettre et relacer ses chaussures et j’ai horreur de ça. J'ai beau promettre plein de bisous à mon papy il ne veut pas m'aider. Il me dit toujours "Qui, ses chaussures, sait lacer, dans la vie son chemin saura trouver ! Bon, on voit qu'il est de la vieille école parce que maintenant avec les GPS on trouve son chemin sans se fatiguer !

 

 

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Cette baignade m’a revigorée et je cavale comme un jeune cabri sur les collines qui bordent le lac. Même mon papy qui est super entraîné et qui m’accompagne a du mal à me suivre !

 

 

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Léo me rejoint et nous poursuivons tranquillement bras dessus, bras dessous sur le chemin en admirant le paysage. Nos parents n’en reviennent pas car nous sommes généralement comme chien et chat, mais il est bien connu que la beauté apaise les esprits.

 

 

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Nous arrivons en vue de la chapelle de Cians bordée de cactus qui sont sans doute là pour rappeler que le chemin du ciel est bordé d'épines. Chez nous c'est surtout l'endroit où est planqué la boite à bonbons qui pique...notre curiosité !

 

 

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Léo et Moi adressons une prière à saint Cians pour qu’il pleuve des fraises « Tagada ». Mais Saint Cians doit être dur de la feuille car le ciel reste désespérément bleu !

 

 

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Le chemin se rapproche du lac et sinue à travers les ruffes rouges, ces roches sédimentaires vieilles de près de trois cents millions d’années, ce qui fait trente millions de fois ma courte existence : l’age de l’univers est un phénomène encore plus étonnant que les poils qui poussent dans les oreilles de mon papy !

 

 

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Moi qui habituellement ne tiens pas en place, je deviens contemplative devant tant de beauté ! Bon, cela ne dure que quelques minutes mais je suis jeune et en sagesse je peux encore progresser !

 

 

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Cet arbre mort échoué sur la rive me rappelle la fragilité et la brièveté de toute existence. Mais quand je pense à tous les jours d’école qu’il me reste à vivre ça me donne le bourdon !

 

 

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Mais je suis en vacances et comme dit mon papy à chaque fois qu’il boit un verre de jus de raisin fermenté (et c’est souvent) « carpe diem » ! La balade s’achève et si vous l’avez appréciée, n’oubliez pas la guide !

 

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Texte Louna et Léo /Photos Ulysse

24/04/2010

Rendez vous Avenue du Caroux …..

 

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En ce moment, on entend souvent à la radio une sympathique chansonnette « Rue des Acacias », hommage nostalgique aux amours adolescentes. Ce bel age est pour moi depuis longtemps révolu et quand j’ai rendez-vous ce n’est pas avec une jeune et acorte voisine d’une rue de mon quartier, mais à huit heures du matin, sac au dos, Avenue du Caroux avec une belle qui s‘appelle Gibus et a des mollets de marathonien !

 

 

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On ne se tient pas par la main et si nos cœurs battent la chamade, seules les formes voluptueuses du Caroux en sont la cause, que nous parcourons de mamelon en mamelon….Ainsi cette montagne rugueuse, polie par les intempéries, tannée par le soleil est devenue notre passion.

 

 

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Et pourtant la vie y est difficile, son sol granitique fait mener à ses hôtes une vie ascétique. Nombreux sont les arbres qui y meurent à peine sortis de l’adolescence….

 

 

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C’est, de fait, le lieu idéal pour les passions cannibales qui se déploient à ras de terre dans les fougères !

 

 

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Un vieux chef indien fuyant les humiliations et les brimades d’hommes sans foi ni loi y a trouvé refuge. Le caractère aride et désolé des lieux les a protégés de la frénésie de possession qui ravage notre planète. Or que peut-on posséder quand on vient de la poussière et que l’on est destiné à retourner à la poussière ?

 

 

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Conscients de la vanité de toute possession Gibus et moi ne faisons qu’emprunter les chemins que nous suivons et l’air que nous respirons….

 

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Chaque randonnée est pour nous une source d’émerveillement devant la beauté et la fantaisie du monde. Les cartésiens butés peuvent se gausser, mais j’ose prétendre que ces pierres ont, elles mêmes, conçu cet édifice à l’équilibre improbable

 

 

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Et celles- ci ne sont pas en reste qui défient également les lois de la pesanteur.

 

 

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L’observation de la nature nous apprend qu’il y a une continuité entre les ordre minéral, végétal et animal qui sont tous trois animés par la vie, selon des modes différents d’organisation. Car de quoi fondamentalement est fait l’homme (ou l’asperge qui partage 98% de son ADN) sinon de poussière d’étoile .

 

 

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D ‘ailleurs le sphinx du Caroux vieux de 600 millions d’années fait preuve d’une vitalité étonnante et ne manque pas d’interpeller les randonneurs passant à proximité en leur posant cette énigme « Qu’est ce qui est blanc, rose ou rouge et chasse les idées noires ? «  Nous n’avons eu, bien évidemment, aucune difficulté à répondre ; et nous espérons chers lectrices et lecteurs que vous non plus n’auriez pas « séché » !

 

 

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De même qu’il n’ y a pas de nectar languedocien que l’on n’aie pas goûté, il n’est pas un rocher du Caroux sur lequel nous n’avons pas grimpé.

 

 

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Il faut dire que le panorama que l’on y voit vous laisse sans voix ! (je m’adresse ici aux randonneurs du sexe masculin car il est patent qu’aucun panorama ne saurait laisser bouche bée nos chères moitiés)

 

 

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Après avoir contemplé de telles splendeurs, on redescend vers la vallée l’âme légère, surtout quand on sait que vous attend dans une glacière un délicieux jus de houblon de Maître Kanter !


Texte & photos Ulysse

10/04/2010

La grenouille et le français .....

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(reprise d'archive)


Chose extraordinaire,
Un jour j'ai croisé,
Au bord d'une rivière,
Une grenouille ne sachant nager. !
Elle avait trouvé refuge,
Sur un bout de tuyau,
Et attendait la fin du déluge,
Pour sauver sa peau.
Mon aide je lui proposais,
Et lui tendis la main,
Mais m'entendant parler français,
Elle me dit avec dédain,
Je ne me fie pas à vous,
Mangeur de batraciens,
Il faudrait être fou,
Passez votre chemin..
Un brochet vint à passer,
Qui se dit : dieu quelle aubaine,
je vais assurer mon dîner,
Ce soir sans trop de peine.
Bousculant alors le tuyau,
Il fit tomber la grenouille,
Qu'il avala tout de go,
Avant qu'elle ne puisse dire ouille !
La morale de cette histoire,
Est que souvent les préjugés,
Nous empêchent de voir,
Ce qui peut nous sauver. !

 

PS: Je m'absente pour le week-end et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour.

Texte & Photo Ulysse

05/04/2010

Haut les coeurs, filons sur le Monthaut

 

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Traînant les pieds, l’hiver a enfin quitté notre contrée abandonnant ici et là des écharpes de nuages au fond des vallées. Délaissant la région des hauts cantons, nous filons vers le village de St Jean de Buèges lové au pied du roc de Trescastel qui se trouve ainsi momentanément englouti, seul le sommet du roc émergeant des nuées.

 

 

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Notre objectif pour aujourd’hui est le Monthaut, modeste sommet (656m) qui domine le village de Pégairolles de Buèges mais d’un abord, comme nous le verrons, assez peu amène. Il en est d’ailleurs souvent ainsi dans la vie. Des choses qui paraissent « fastoches » (comme dirait ma petite fille Louna) telle qu’être élu président de la république - l’histoire récente ayant prouvé que n’importe quelle cloche peut y parvenir - se révèle ensuite pleine d’embûches.

Sous l’effet des rayons du soleil devenus plus ardents, les nuages qui se vautraient dans le fond de la vallée montent vers le ciel comme des Montgolfières et Gibus et moi accélérons le rythme de notre ascension pour ne pas être à notre tour engloutis. En matière de pluie, de neige, de glace et de froidure nous avons pendant l’hiver assez « donné » et nous aspirons à des conditions plus clémentes (et oui, nous avons aussi nos moments de faiblesse).

 

 

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Mais certaines résidentes du lieu doivent se réjouir de l’arrivée du brouillard car les pièges qu’elles ont tendus n’en deviendront que plus efficaces !

 

 

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On ne peut qu’être admiratif et émerveillé devant de tels chef-d’oeuvres bien qu’ils condamnent à mort ceux qui s’y font prendre .

 

 

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Si vous êtes mouche, moucheron, coccinelle ou papillon mieux vaut ne pas avoir comme moi la tête en l’air car ce n’est pas le moment de se « faire une toile » !

 

 

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Nous arrivons au magnifique mas d’Agre, en ruine certes mais qui dépasse en beauté et en harmonie la plupart des constructions modernes qui mitent peu à peu les campagnes languedociennes. Ici pas d’hideux murs de cairons bruts ni de bric à brac hétéroclite qui envahissent généralement cours et jardins et leur donnent l’allure d’une déchetterie….

 

 

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« La France devient moche » titrait récemment et avec raison l’hebdomadaire Télérama qui dénonçait les hideuses zones commerciales et le mitage du territoire par des bâtiments sans style et sans âme. Heureusement, dès que l’on quitte les abords des villes et des villages il subsiste des lieux de toute beauté comme celui-ci, hélas réservés aux bienheureux qui peuvent ou savent encore marcher à pied.

 

 

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Dans un champ aujourd’hui en friche qui jouxte le mas d’étranges créatures se livrent à une danse incantatoire qui vise peut être à ramener en ces lieux une présence et une activité humaine rythmée par les saisons et la ronde de la lune et des étoiles.

Il n’est pas question de verser dans la nostalgie passéiste mais il est bon de se souvenir d’où l’on vient et ce que fut l’histoire de l’homme pour ne pas perdre le cap et finir dans une impasse. La « virtualisation «  du monde risque de nous transformer en simples « périphériques » d’un univers artificiel où nous passerons sous le contrôle d’un super « Hal » l'ordinateur assassin de "2001 l'Odyssée de l'espace".

 

 

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Mais pendant que ratiocine le vieux bougon mal embouché  que je suis parfois , Gibus a filé et a commencé à escalader les barres rocheuses qui permettent d’accéder au sommet du Monthaut.

Rassurez vous l’exercice demande certes de nous transformer en quadrupèdes mais il n’est pas vraiment dangereux. Il faut simplement avoir assez d’énergie pour hisser vers le sommet un arrière train qui comme son nom l’indique a tendance à vous tirer vers l’arrière !

 

 

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Une fois nos « popotins » hissés là haut, il faut prendre garde où l’on met les pieds car la roche calcaire a été dissoute, fendue, éclatée par la pluie et le gel et le moindre faux pas pourrait nous faire disparaître dans une faille. Si un jour vous ne voyez plus de nouvelle note sur Eldorad’Oc c’est ce qui me sera probablement arrivé . Surtout ce jour là ne soyez pas tristes et buvez plutôt un verre à mon bon souvenir. Mais attention, que ce ne soit pas de la piquette, sinon mon fantôme viendra vous tirer par les pieds pendant votre sommeil.

 

 

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La vue de la haut est (à vous de choisir le terme qui convient à votre personnalité) : stupéfiant, sublime, admirable, bluffant, inouï, magnifique, bouleversant, ébouriffant, somptueux, renversant (mais ce terme là présente des risques !) . On découvre le village de Pégairolles-de-Buèges, étonnamment préservé de toute scorie « moderne », assoupi au pied du Peyre Martine que nous avons déjà grimpé ensemble.

 

 

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Plus loin vers le nord ouest, on aperçoit le village de Saint Jean de Buèges niché au pied du Roc de Trescastel et qui n’a guère plus d’importance qu’une fourmilière. Les œuvres de l’homme, qui a tendance à se prendre pour le roi de la création, ne sont, vues du ciel, que des chiures de mouche.

 

 

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Vers le sud, le Pic Saint Loup ressemble à une grosse otarie facétieuse faisant rebondir sur son museau un nuage.

 

 

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La ligne de crête n’est qu’une longue litanie de chaos rocheux qui mettent à mal nos vieilles articulations . L’avantage est qu’il n’y a guère de risque de se perdre, le chemin étant bordé d’à-pics.

 

 

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Par endroits des citadelles de pierre se dressent, refuges idéaux pour les oiseaux et sans doute les lutins, elfes, farfadets, troll, diablotins, djinn et autres poulpiquets qui viennent probablement y danser à la clarté de la lune et des étoiles.

 

 

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D’ailleurs nous tombons, à un détour du chemin, sur une sorcière assoupie qui doit la nuit venue mener le bal

 

 

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Ce spectacle nocturne doit réjouir ce chevalier égaré ou déserteur lors d’une fort ancienne bataille et qui semble pour le moment perdu dans ses rêveries. Nous vous laissons  en sa compagnie pendant que nous redescendons en flânant du Monthaut.


Texte & Photos ulysse