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27/08/2010

Si vous voulez faire de vieux os, allez marcher à Vieussan !

 

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On nous prend pour des pommes, mais pas des « pink lady » que l’on vend à prix d’or sur les marchés des « bobos » parisiens ; non, de la vulgaire « golden » tout juste bonne à faire de la compote pour le premier ou le quatrième age. Jugez en plutôt : Les « nababs » du sucre, de l’huile de palme et des innombrables additifs et colorants alimentaires ont conquis nos assiettes, arrondissent nos bedaines et bouchent nos artères ; nos ados sont gavés au Dégat-cola et au Mac Daube, mais vingt fois par jour dans les pubs alimentaires de la téloche, on nous balance à toute vitesse et en caractères minuscules qu’il faut bouger et manger au minimum cinq fruits et légumes par jour pour préserver sa santé !

Des pommes qu’on est, je vous dis ! Voire même des poires, si ce n’est des scoubidous, êtres les plus insipides de la création après l’actuel ministre des affaires étrangères. Pommes, poires et scoubidous sont d’ailleurs associés dans la chanson la plus franchouillarde et ringarde jamais écrite !

Mais pas question de se laisser faire. Ca fait longtemps que Gibus et moi on boycotte les poisons industriels légaux au profit de légumes et de fruits – certains sous forme liquide – et que l’on marche à perdre haleine qu’il pleuve, vente , neige, brouillasse, caille ou lapine *

Nous voilà donc partis ce jour pour une très longue virée sur les chemins de Vieussan réhabilités par l’Association locale des « Sentiers Oubliés » que nous remercions.


* ça lapine est l’équivalent argotique en pays d'Oc de « ça caille » (ça gèle, qui fait référence au fait que les cailles ne sortent qu’en hiver) pour indiquer qu'il fait très chaud . C’est sans doute lié au fait que l’on parle de chaud lapin pour désigner un homme de très petite vertu (mais il y en a-t-il qui en ont une grande ?).

 

 

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Le chemin que nous empruntons passe d’abord en balcon au dessus d’une boucle de l’Orb qui, séduit par la beauté du paysage environnant, prend son temps. Puis nous faisons face au massif du Caroux , notre Mont Blanc, que dis je, notre Hymalaya languedocien, dont les beautés insoupçonnées ne sont connus que des vrais amateurs, dont certains viennent du plat pays belge et que je salue au passage.

 

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Qui osera dire en voyant ces falaises de gneiss et de granit revêtues de dentelles de chênes verts , de pins et de bruyère que les pierres n’ont pas de cœur et pas d’âme. Qui osera ricaner si je dis que l’on peut tomber amoureux d’une montagne comme on le fait d’une oeuvre d'art, d'une musique ou d'une femme et avoir le cœur qui palpite à sa vue ? Ravi je suis de votre silence et je vous adresse mes respects !

 

 

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Puis le chemin plonge dans le sauvage vallon de l’Aigue, maigre ruisseau évanescent qui s’évanouit à la fin de l’hiver. Les épaisses frondaisons forment une matrice qui nous protège du soleil ardent qui semble vouloir se venger d’avoir été mis à l’écart ce printemps par les masses nuageuses venues du nord.

 

 

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Nous montons sur la serre de la Barcouse, en soufflant et ahanant pour ce qui me concerne et en sifflotant et sautillant, s’agissant de Gibus, qui revient il est vrai d’un périple dans le massif du Toubkal (4167m). Mais avec ou sans Toubkal de toute façon, Gibus danse toujours devant, tandis que moi je rampe à l’arrière. Les hommes naissent libres et égaux en droit sauf quand il s’agit de monter les côtes !

De nombreuses ruines sont disséminées sur le sommet de la serre, témoignage d’une intense activité passée, centrée autour de l’exploitation des châtaigniers et la fabrication du charbon de bois.

 

 

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Les hommes les ayant abandonnés, les murs de pierres se délabrent et cherchent de l’aide auprès des arbres qui les soutiennent autant qu’ils peuvent et parfois au delà de leur mort. Mais que leurs tuteurs viennent à tomber et ils s’écrouleront aussi, dernier souvenir d’une épopée humaine qui sombrera alors dans l’oubli.

 

 

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Soudain , en descendant vers Estaussan, sur le bas coté du chemin se révèle à nos yeux émerveillés un champ de « fragaria vesca » ou fraises des bois qui doit son nom latin à son exquise flagrance. Son nom trivial de fraise lui vient du fait que ses grosses sœurs domestiques ont été importée en France d’Amérique en 1713 par un officier de marine du nom de François Frézier. Je trouve choquant que l’on ait surnommé l’ex premier secrétaire du PS de « fraise des bois » car c’est faire injure à ce fruit délicieux et délicat. A mon avis un nom de tubercule aurait été, pour ce qui le concerne, plus approprié .

 

 

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Nous grimpons ensuite vers la tour du Pin qui domine le village du même nom et dont on hésite à franchir le seuil tant l’équilibre de certaines pierres semble précaire. Ainsi en est il de nos existences qui seconde après seconde s’approchent du moment fatidique où nous irons petit déjeuner avec Saint Pierre, en espérant que le café ne soit pas trop amer ni les croissants rassis, car il paraîtrait que, la haut, aussi, il y ait des restrictions budgétaires.

 

 

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Puis nous nous dirigeons vers le Roc Traucat (« troué » en occitan), magnifique arche de pierre sculptée par le ruissellement de la pluie et l’action inlassable d’Eole. Dans le monde des hommes beaucoup aussi font du vent sans produire jamais aucun effet. Je ne donnerai pas de nom car on ne tire jamais sur une ambulance surtout quand une jolie femme est à coté du conducteur.

 

 

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Nous nous hissons ensuite sur le sommet du Puech du Roc Traucat pour y pique-niquer. Nous apercevons au loin la Tour du Pin où nous étions quelques instant auparavant. Le chemin vous a sans aucun doute paru facile, mais pour ma part j’en ai bavé avec une température de 37 ° que le rosé bien frais du picnic ne réussit pas à atténuer.

 

 

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Après une sieste respectant le minimum de 20 minutes fixé par la Confédération Générale des Traine-savates (minimum généralement dépassé par la plupart de ses adhérents) nous descendons vers Le Pin, joli village entouré de vignes durement conquises sur la garrigue environnante. Le vin issu de ces coteaux pentus doit avoir une plus grande facilité à descendre au fond de nos gosiers assoiffés. D'aucuns souriront en pensant que quelque soit la pente du coteau le vin n'a, de toute façon,  aucun mal à descendre celle de mon gosier !

 

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Il nous suffit ensuite de suivre un chemin accroché aux falaises calcaires qui dominent l’Orb pour rejoindre notre point de départ.

 

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A l’arrivée, ma langue pend sur mes chaussettes tandis que Gibus est frais comme un gardon de l’Orb, que nous allons vite rejoindre après avoir rafraîchi nos gosiers échauffés avec du jus de houblon glacé. C’est que, comme je vous l ‘ai dit en introduction, nous respectons à la lettre le précepte des cinq fruits et légumes par jour !

 

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Alors que nous batifolons dans les eaux fraîches de l’Orb une charmante demoiselle vient nous tenir compagnie. Nous en rougissons de plaisir car cela fait bien longtemps que cela ne nous était pas arrivé.


PS : Vous pouvez vous procurer moyennant quelques euros une documentation sur les sentiers autour de Vieussan en vous adressant à l’Association des Sentiers Oubliés Chemin du Pe Destrech Vieussan 34390 (04 67 97 73 80)

 

JE M'ABSENTE UNE SEMAINE POUR ALLER A LA CONQUETE DES CIMES ANDORRANES. JE PRENDRAI CONNAISSANCE DE VOS COMMENTAIRES A MON RETOUR ET VOUS REMERCIE DE VOTRE VISITE.


Texte & Photos Ulysse

Commentaires

Tes prises de vue sont extraordinaires j'ai pris un panard pas possible a les voir Meci pour ce plaisir Passe un bon W-K Ulysse Amitiés André

Écrit par : André | 27/08/2010

Oui j'avais compris... consommation de fruits sous forme de liquide... fermenté ! Il y en a à qi ça coupe les jambes... d'autres qui feraient mieux de ne pas conduire après en avoir abusé... mais consommé avec modération il ne faut pas s'en priver...
La preuve : Ça vous réussit drôlement bien à toi et ton complice Gibus...
A votre santé....

Écrit par : françoise | 27/08/2010

sublime balade entre nature et poésie, respect et rebellion
bravo

Écrit par : Agathe | 27/08/2010

"Qui osera ricaner si je dis que l’on peut tomber amoureux d’une montagne comme on le fait d’une œuvre d'art, d'une musique ou d'une femme et avoir le cœur qui palpite à sa vue ?"
Certainement pas moi qui suis raide amoureuse depuis des années du Géant de Provence : Le Mont Ventoux. Une fois quand j'étais "plus" jeune je l'ai gravi à pied en partant de Bédoin, j'ai été HE-RO-Ï-QUE ce jour là, surtout dans les derniers mètres de pierrailles blanches, je crois que j'ai photographié toutes les petites fleurs qui y poussaient pour trouver une excuse afin de reprendre mon souffle. Mais c'est ma fierté de "randonneuse" ! j'ai gagné le droit ce jour-là d'être amoureuse toute ma vie du Mont Ventoux.... et il me le rend bien :-)
Ha ! Ulysse, malgré vos dires, qu'est-ce que j'aimerais ramper comme vous derrière les mollets de Gibus ;-)
Heu ! et le houblon ? fruit ou légume ?

Écrit par : Pat | 28/08/2010

Bonne vacances, cher Ulysse !

Écrit par : PLANET TAKA-YAKA | 28/08/2010

bon dimanche mon ami Ulysse,

profite bien de ta semaine,

tu nous conteras ça comme tu le fais si bien,

bien amicalement,

Laurent

Écrit par : laurent | 29/08/2010

petite visite entre deux points
belles vacances ulysse

Écrit par : jeanne | 30/08/2010

Salut Ulysse !
Après des semaines sans te lire pour cause "d'ouragan" de travail dû aux congés des collègues, quel plaisir de redécouvrir ton "exceptionnel phrasé" et tes photos. Quel joli reportage avec la petite-fille et la dernière photo lors de la ballade de Vieussan est un véritable chef-d'oeuvre, une merveille qu'on ne se lasse pas d'admirer (ce n'est pas que la précédente d'Ulysse en petit baigneur n'est pas jolie....lol !!!!).
Merci aussi d'enrichir notre dictonnaire de l'argot du pays d'Oc, tu pourras faire une interrogation en mai 2011 !!! En attendant je te souhaite d'inoubliables randonnées dans tes cimes Andorranes, moi je m'envole pour le Portugal car dans le Nord ça lapine à 14 ° et le ciel n'arrête pas de déverser sur nos têtes !!!! Bon séjour et les amitiés à tous !

Écrit par : Eric | 31/08/2010

En tant que premier secrétaire de la Conf Générale des Traines-savates, je m'insurge ! Comment ? nous faire passer pour des "bois sans soif" ivrognes ? Bien sûr qu'un petit vin au moment du pique nique, et une bonne bière quand on arrive fatigué, c'est un vrai bonheur !
Merveilleuse randonnée que tu nous propose encore.
Bonnes balades en Andorre, et merci pour ces beaux récits et ces photos supers

Écrit par : La Calmette | 31/08/2010

bonjour mon ami Ulysse,

ouff, enfin du repos, ça fait le plus grand bien !

je te souhaite une bonne fin de semaine,

Laurent

Écrit par : laurent | 02/09/2010

J'en étais sure !!! Ulysse et Gibus font l'école buissonnière.
Nous sommes le jeudi 2 septembre....pourvu qu'il n'aient pas entrainé Loula et son frère :-))

Écrit par : Colapat | 02/09/2010

Bonne promenade cher Ulysse, bonne provision de belles images et de merveilles tout au long du chemin !
Et dites-moi, si on se fait de vieux os en allant marcher à Vieussan, est-ce qu'on se fait aussi du vieux sang ? AH ! bonne question, pas vrai ?!! ;o))
A tout bientôt monsieur l'enchanteur, prenez bien soin de vous !
Bises
@+ michelle

Écrit par : michelle | 02/09/2010

Je viens de revenir de l'Andorre où nous avons avec quelques amis gravi de beaux sommets je vous remercie de votre passage pendant mon absence et de vos chaleureux commentaires

Belle fin de semaine à toutes et à tous

Écrit par : ulysse | 03/09/2010

Belle rando que nous avons faite là, mon ami Ulysse.
Et si je t'entraine un peu dans les montées,
tu me le rends dans les descentes.....des bons crus
que tu emportes !!!!

Écrit par : Gibus | 06/09/2010

Les commentaires sont fermés.