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31/07/2010

Le chêne du Coulet (reprise d'archive)

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Au cours d'une balade pédestre dans le secteur de St Maurice de Navacelles , en empruntant une petite route (de fait une iimpasse) qui va du Hameau du Coulet au hameau abandonné des Natges j'ai découvert environ à mi chemin  un chêne remarquable tant par son diamètre (environ 1,5M ) que par l'envergure de sa frondaison qui couvre au moins un diamètre de 30m ! Pour moi de tels arbres font partie du patrimoine national et doivent être impérativement protégés. Il semble pour le moment se porter comme "un charme" et je lui souhaite longue vie !

J'ai écrit ce poème pour lui rendre hommage.

Les années par centaines se sont écoulées,
Et sur la trame bleutée de la voute céleste,
Des milliers d'étoiles sont mortes, autant sont nées,
Depuis que tu naquis oh ! chêne titanesque !

Tu as connu ces temps anciens où l'angélus,
Rythmait la vie des hommes dans les campagnes,
Tu as des moissonneurs entendu les chorus,
Et les chants de ripailles les années de cocagne.

Des hommes irrespectueux t'ont sans doute fait offense,
Dans les temps troublés des guerres de religion,
En prenant tes branches vigoureuses comme potence,
Te faisant ainsi complices de leur déraison.

Pour te faire pardonner ces crimes involontaires,
Sans doute que ta luxuriante frondaison,
De son ombre bleue et fraîche a couvert,
Les amours débutantes de Jean et Madelon.

Aujourd'hui les hommes qui passent ne s'arrêtent guère,
Pour rendre hommage au patriarche que tu es,
Prisonniers qu'ils sont de leurs cages de fers,
D'où ils voient le monde derrière des vitres fumées!

Ils vont de lieu en lieu l'oeil rivé sur leur montre,
En visitant les sites pour dire qu'ils les ont vu,
Ils ne savent pas que les plus belles rencontres,
Se font au coin d'un champ ou au coin de la rue !


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Texte & Photos Ulysse

24/07/2010

Emilie et les deux canards ! (reprise d'archive)

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Sur le quai du port de Marseillan,
Deux canards cancanaient à tout va,
Et se moquaient joyeusement
Des touristes qui passaient par là

Combien a t il d'oeufs dans son ventre
Pour être aussi gros celui là ?
Je me demande comment il entre
Dans son pantalon ma foi !

Ce n'était pas du goût d'Emilie
Offusquée par ce tintamarre
S'approchant d'eux elle leur dit
Fermez votre bec les canards !

Oh très chère demoiselle
Dirent en coeur les emplumés
Vous n'etes certainement pas celle
Qui peut rabattre notre caquet

Car nous avons ouîe dire qu'à l'école
Vous n'êtes pas des plus sages
Et que vous collectionnez les colles
A cause de votre bavardage

Vexée comme une Mouette
Qui aurait perdu son Chandon
Emilie prit la poudre d'escampette
Et se souvint de la leçon.

Texte & Photo Ulysse



PS: Pour les buveurs d'eau qui ne connaissent pas l'expression "une mouette qui a perdu son chandon" elle est inspirée de la célèbre marque de Champagne Mouet & Chandon!

19/07/2010

La route des Mégalithes ...(reprise d'archive)

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Nayo ouvrit les yeux et vit que le ciel était clair. Il repoussa la peau de loup qui le couvrait et s'assit.

Aveuglé par le soleil qui s'élevait sur l'horizon, il détourna la tête et sourit en apercevant le visage de Shalla

allongée à coté de lui et qui dormait encore. Ils étaient en chemin depuis trois jours et avaient marché la veille

jusqu'au coucher du soleil. Mais ils savaient qu'ils étaient près du but car ils avaient aperçu au loin la silhouette

de la première pierre dressée qui marquait l'entrée du plateau sacré où se trouvait la tombe de leurs

ancêtres.

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Nayo se leva et s'étira sous la chaude caresse du soleil . Shalla, que les mouvements de Nayo avait

réveillée, vint le rejoindre et l'enlaça. Nayo avait déjà vécu seize cycles solaires, soit trois de plus que Shalla, et

ils venaient tous deux de passer les rites d'initiation au sein de leur clan pour intégrer le cercle des adultes . Le

périple qu'ils accomplissaient vers le tombeau des ancêtres concluait cette initiation. A leur retour on les unirait

et ils fonderaient un nouveau foyer au sein du clan.

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Shalla sortit d'un sac quelques amandes et un morceau de viande séchée ainsi qu'une outre. Tout en

mangeant et en se désaltérant ils admiraient le plateau rocheux et arboré où le soleil et les nuages créaient un

patchwork d'ombres et de lumières. La première pierre se dressait comme une pointe de flèche dans le paysage,

sorte de défi des hommes aux dieux qui de là haut leur envoyaient la pluie bienfaisante mais aussi parfois

d'effrayants orages .

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Après avoir réuni leurs affaires, ils se mirent en route en direction du couchant, le pied léger et le coeur

fier de pouvoir enfin accéder au tombeau des ancêtres, ces pères et mères du clan qui assuraient de là haut leur

protection. Ils avaient emporté avec eux des présents à déposer dans le tombeau. Nayo avait ainsi fabriqué une

magnifique lance qui permettrait aux esprits de ses ancêtres de chasser dans les prairies du ciel et Shalla avait

confectionné un collier de perles qu'ils pourraient porter au cours de leurs danses.

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Ils arrivèrent bientôt près de la deuxième pierre dressée qui semblait effleurer les nuages . Nayo et

Shalla savaient que le monde de la terre et celui du ciel, où des lumières s'allumaient la nuit, étaient liés et que

ces pierres dressées assuraient le passage des esprits de l'un à l'autre. Ils s'arrêtaient au niveau de chaque

pierre et levant les yeux vers le ciel en joignant les mains ils sollicitaient la protection des dieux.

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Poursuivant leur chemin, ils dépassèrent la troisième pierre dressée et surent qu'ils n'étaient plus loin

du but .

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La quatrième et dernière pierre était particulièrement vénérée par les membres du clan. Elle avait en

effet la forme et le visage d'un ours et les anciens racontaient son histoire. A l'origine des temps, Ichtak , le

fondateur du clan, alors qu'il chassait à la nuit tombée fut poursuivi par un ours. Voyant qu'il allait être

rattrappé, il s'arrêta , fit face à l'ours et implora Néa la déesse lune de le sauver. Néa qui admirait la bravoure

d'ichtak inonda de sa lumière l'ours qui fut transformé en pierre.

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Laissant l'ours à son éternelle immobilité, ils arrivèrent bientôt en vue d'un petit bois et aperçurent enfin

à travers la frondaison des arbres le tombeau des ancêtres. Une joie intense les envahit mêlée d'appréhension :

les ancêtres les trouveraient ils dignes de les approcher ? N'allaient ils pas être foudroyés sur place ? Shalla

pressa Nayo d'avancer. Se tenant par la main, ils contournèrent l'édifice pour se rendre près de l'ouverture

dirigée vers le soleil couchant.

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Ils se recueillirent quelques instants et prononcèrent les paroles qu'on leur avait enseignées pour

demander aux ancêtres de les accepter dans le clan.

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Ils s'approchèrent alors du tunnel funéraire pour y déposer leurs présents. Saisi d'effroi ils aperçurent

la silhouette d'un ancêtre qui se tenait dans le passage. Ils étaient sur le point de se sauver quand celui-ci leur fit

un signe de la main avant de disparaître

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Ils surent alors que les ancêtres les accueillaient dans le clan. Heureux ils communièrent en pensée

avec eux jusqu'à la nuit tombée et s'endormirent sous leur protection. Le lendemain matin, ils prirent le chemin

inverse pour regagner leur clan, impatients de pouvoir enfin vivre ensemble et d' entamer leur nouvelle

vie.

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Texte & photos Ulysse

03/07/2010

A Rouet, on accède au paradis par les escaliers….

 

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Je vivais jusqu’à ces derniers jours dans l’insouciance, jouissant sans retenue des menus plaisirs de l’existence, qualifiés par les « Saintes Ecritures » de péchés véniels de la gourmandise et de l’intempérance. Razzias de desserts et festins de chocolat noir, généreuses rasades de jus de vitis vinifera, balades oculaires dans les décolletés féminins (ah ! que de doux vertiges !) constituaient ainsi mon ordinaire, sans tourmenter mon sommeil.

Mais voilà que l’autre matin, attendant mon tour chez mon arracheur de dents, je m’emparai d’une édition des Confessions de Saint Augustin qui traînait curieusement sur la table au milieu des magazines de W.C (Gala , Voici, Point de Vue, Paris Match, et autres titres de la presse laxative) et tombai au hasard sur un passage qui me désespéra :

« L’homme » disait ce saint, qui fut d’abord, rappelons le, un pochtron et un mécréant « ne peut, tant qu'il est dans la chair, éviter tout péché, du moins les péchés légers. Mais ces péchés que nous disons légers, ne les tiens pas pour anodins : si tu les tiens pour anodins quand tu les pèses, tremble quand tu les comptes. Nombre d'objets légers font une grande masse ; nombre de gouttes emplissent un fleuve ; nombre de grains font un monceau. Quelle est alors notre espérance ? »  Aucune, semblait être sa conclusion !

A la lecture de ces paroles péremptoires le ciel, si je puis dire, m’est tombé sur la tête. Je compris que si je ne faisais pas pénitence et ne renonçais pas à ces doux plaisirs de l’existence j’étais cuit au sens propre et figuré, car j’étais condamné à rejoindre au jugement dernier la rôtissoire de Lucifer

C’est donc l’âme au fond de mes chaussettes (lieu guère agréable pour une chose aussi délicate) que je décidai d’aller me changer les idées du côté de Notre Dame de Londres, modeste et beau village doté d’un étonnant château féodal remanié à la renaissance.

 

 

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L’harmonie et la sérénité de la place centrale du village, ornée d’un platane multiséculaire, m’apporta un peu de réconfort. Basta, me dis-je, si je ne peux plus goûter aux délices solides et liquides du monde, au moins puis je en contempler sa beauté. Mais les privations à venir étaient malgré tout, pour utiliser un oxymore, dures à avaler, car si la beauté nourrit l’esprit, elle ne remplit pas un estomac, surtout aussi vaste que le mien !

 

 

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Prenant alors hagard et au hasard un chemin s’engageant dans les garrigues de la commune du Rouet, j’aperçus au loin la chapelle Saint Etienne de Gabriac, joyau de pierre émergeant des frondaisons de chênes verts couvrant le plateau calcaire, prolongeant celui de l’Hortus.

Je me dirigeai alors vers cet édifice sacré en me disant que trouverai sans doute en ce lieu spirituel une ambiance propice à apaiser mes tourments.

 

 

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Mais la chapelle était fermée et entourée d’herbes folles qui prouvaient qu’elle n’était plus fréquentée. Il faut dire que vu l’état désastreux du monde, Dieu malgré son omnipotence, ne peut pas être partout et l’Eglise préfère assurer des permanences dans les endroits les plus courus comme Notre Dame de Paris ou Lourdes où elle recueille le maximum d’oboles. Il faut dire qu’avec l’augmentation du coût de l’essence la « papamobile » lui coûte de plus en plus cher et on voit mal les vieux barbons qu’elle choisit pour papes marcher comme le faisait Jésus.

 

 

 

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Le cimetière semblait également abandonné et les ornements de certaines tombes qui étaient de travers donnaient le sentiment qu’elles avaient basculées quand leurs locataires lassés de ne pas avoir de visite avaient quitté les lieux. C’est ainsi que naissent les fantômes et si vous ne voulez pas en avoir chez vous, honorez vos morts !

 

 

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Je quittai donc ce lieu l’âme en peine et empruntai un chemin menant vers le Pic Saint Loup espérant que l’effort de la marche secrèterait dans mon organisme assez de dopamine, de noradrélaline et de sérotonine pour me remonter le moral, ne pouvant plus, pour ce faire, avoir recours au jus de Vitis Vinifera !

 

 

 

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A ma grande surprise, le chemin me conduisit vers un escalier menant au sommet du plateau semblant avoir été taillé pour des géants.

 

 

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Parvenu au sommet , je contemplai admiratif la face nord du Pic Saint Loup me faisant face et oubliai un instant le champ de larmes qu’était devenu mon existence. Soudain, comme cette antique bergère qui eut ses heures de gloire et de tourment , j’entendis des voix ……

 

 

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Je me retournai, mais ne vis personne….je levais alors les yeux vers les nuages qui me frôlaient le crâne car les voix venaient de là-haut ! J'étais tombé par hasard sur l'endroit du ciel où est localisé le paradis !

J’entendis alors clairement une voix dire « Il est excellent ce café, mon cher Pierre, ça me change du jus de chaussette de notre adorable Marie. Avec du chocolat noir , c’est délicieux ! Comment te l’es-tu procuré ? »

Une autre voix répondit alors « Mon cher Yahvé, j’ai un peu triché car j’ai appelé avant l’heure ce cher Georges, VRP de Racket-Espresso et lui ai fait comprendre qu’il pourrait retourner sur terre s’il me laissait la cafetière et les capsules qu'il venait d'acheter»

« Bien joué Pierrot » lui répondit Yahvé « Quand il n’y en aura plus, n’hésite pas à recommencer. Au fait, as-tu vu passer hier ces jolies randonneuses avec leur mini shorts ? Quel délicieux spectacle, je suis assez fier des mes créatures ! »

A ce moment là, je reçus sur la tête l’enveloppe froissée d’une tablette de chocolat noir, comme quoi les détritus que l’on trouve sur les chemins ne sont pas tous jetés par des randonneurs ! Il faut dire que Yavhé est excusable car vu comment les hommes traitent la planète qu'il leur à confiée, il n'a aucune raison de se gêner !

 

 

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Je tirai de cette conversation céleste de quoi me remonter le moral : En effet, il apparaissait que Yahvé lui même se livrait sans vergogne au péché de gourmandise et n’était pas indifférent, en tout bien tout honneur, aux charmes féminins. Saint Augustin et ses malheureux lecteurs s’étaient donc inutilement privés des douceurs de l’existence. Je m’empressai alors d’aller faire une petite sieste au pied d’un chêne vert jouxtant une vigne et dormir du sommeil de l’innocent et du juste

 

 

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Quand on y réfléchit, l’attitude de Yahvé n’apparaît pas surprenante car son fils n’est-il pas venu sur terre pour nous dire que le jus de Vitis Vinifera était son sang et qu’il fallait donc en boire.

D’ailleurs cette plante par sa capacité à transformer l’eau de pluie et la substance des sols les plus ingrats en un nectar ayant une variété d’arômes infinie est véritablement divine. C’est un des rares miracles que je suis prêt à admettre. Ceux qui en interdisent la consommation sont des hérétiques !

 

 

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Il y a sur cette terre des hommes mal embouchés qui oeuvrent pour en faire une vallée des larmes et qui nous content des balivernes . Ils font ainsi de la chair l’instrument du démon, ils nous assurent que nous devons enfanter dans la douleur, gagner notre pain à la sueur de notre front, jeûner et faire pénitence, être abstinent et soumis, nous prosterner, et appliquer des principes obscurantistes.

Ce ne sont rien que des propos absurdes, alors que celui dont ils se réclament nous a parlé de pardon, d’amour de tolérance et a multiplié le vin, les pains et les poissons quand ceux qui le suivaient avaient la dalle ….. le chocolat noir n’existait pas hélas à cette époque là !

Ne laissons pas les paroles péremptoires et fumeuses des ayatollahs de tout poil qui ont peur des femmes, de l’amour et de la vie entraver nos existences. Vivons, buvons, jouissons, aimons nous les uns les autres et pas que platoniquement ! Que nos vies soient des ponts lancés vers les autres, vers le monde et jetons nos mesquineries, nos haines rancies et nos jalousies dans les rivières qui coulent en dessous....


Texte & Photos Ulysse