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15/11/2010

Je suis l'homme qui a vu l'ours !

REPRISE D'ARCHIVE
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L'ours brun des Pyrénées est un animal farouche et chanceux sont ceux qui peuvent l'apercevoir. De fait on voit plutôt l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ! Et bien je vais vous surprendre mais lors d'un périple dans les Pyrénées j'ai aperçu dans une pinède près du refuge de Marcadau Wallon, au dessus de Pont d'Espagne, un ours qui ne semblait pas importuné par ma présence.

Pour ma part, n'étant guère rassuré, je m'apprêtais à décamper quand je l'entendis me crier « hello ! Ulysse, ne t'enfuis pas, je ne te ferai aucun mal, je veux juste m'entretenir avec toi du triste sort qui est le notre. Je sais, pour lire régulièrement ton blog, que tu aimes la nature et les animaux sauvages et j'aimerais que tu sois notre porte parole
»

 

 

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Les gambettes malgré tout un peu flageolantes je m'installais au pied du pin où il me rejoint.« Tu connais le proçès que l'on nous fait de n'être que des slovènes sanguinaires qui terrorisent les moutons » me dit alors la plantigrade. « Même que Fabius, l'un de vos ex-premiers ministres, ne craignant pas le ridicule, a déclaré sur une radio matinale que l'on aurait du importer des ours herbivores et non carnivores pour repeupler les Pyrénées. Ce crâne d'oeuf qui se prétend capable de gouverner la France, ne sait pas qu'il n'y a pas d'ours herbivore !

Nous sommes, comme vous, omnivores et, comme vous, nous mangeons ce qui se présente : herbe, miel, baies, et, nous le reconnaissons bien volontiers, de temps en temps un agneau...! Mais si l'agneau est bien gardé par son berger aidé par ses patous, on ne s'y risque guère et on passe notre chemin, par contre si l'agneau est laissé à lui même, abandonné par son berger qui se prélasse dans la vallée assis devant la téloche, les poches pleines des biftons des subventions qu'il touche pour ses porteurs de laine, alors là on ne se prive pas, on prélève notre dime en chair fraiche ! Ces pseudo-bergers des villes hurlent après coup d'autant plus fort qu'ils veulent faire ainsi monter le montant des indemnités qu'ils touchent pour notre petit larcin !


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C'est la même chose avec mon ami le loup qui ne se frotte guère aux vrais bergers qui sont sur le terrain et savent y faire. Et puis on nous met sur le dos bien des crimes commis par des chiens errants abandonnés par leurs maîtres inconséquents.

Mais, certains te rétorqueront : à quoi ça sert d'avoir des ours qui se baladent dans les Pyrénées, qui bouffent de temps en temps un agneau et que l'on voit jamais ? Où est l'intérêt des hommes dans tout ça ? A ceux là, tu leur demanderas à quoi servent les aigles et les condors maîtres des cîmes, les alligators et les requins qui règnents dans les eaux , les éléphants, les lions et les buffles rois des savanes africaines et qui sont tous de redoutables prédateurs! A quoi servent les gorilles et les papillons, les écureuils et les scarabés, les hirondelles et les kangourous ?

Ils sont la richesse de notre univers, l'expression de l'extrême diversité de la vie et la garantie de son maintien sur la terre malmenée par la vision mercantile et utilitariste de l'homme.

La déambulation majestueuse des éléphants dans la savane, les ballets nautiques festifs des cétacés, la dérive silencieuse et altière des condors, le dodelinement pataud et faussement débonnaire des grizzlys, la course folle des guépards, la nage sournoise des crocodiles sont le symbole et l'image même de la liberté et du flux vital qui fait de notre planète un monde unique.


Ne laissons pas les « clefs » de la terre aux « nemrods » de tous poils qui préfèrent contempler un oiseau mort plutôt qu'un vol d'oiseau, un champ de colza plutôt qu'une forêt tropicale et quadrillent notre planète de barbelés et de miradors d'où ils tirent sur tout ce qui ose réclamer un espace de liberté sans avoir prêté allégeance à l'homme.

Ce dernier n'a tendance qu'à voir son intérêt financier et rêve de faire de la terre une vaste ferme où il élèverait veaux, vaches, cochons, poulets...mais attention à trop rêver de picaillons, à tout vouloir transformer en espèces trébuchantes il finira comme Perrete et cassera sa cruche ou comme Crésus, mort sur son tas d'or!

Je vous laisse méditer ce message en espérant ne pas être le dernier homme qui aura vu l'ours !

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PS: Sur ce sujet je vous invite à lire le magnifique roman prémonitoire de Romain Gary "Les racines du ciel" en livre de poche.

Texte & Photos Ulysse

01/11/2010

Montagnac, terroir d'Art

 

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Pendant longtemps les vins du Languedoc ont eu mauvaise presse et étaient ignorés des amateurs qui n’avaient d’yeux et de gosier que pour les Bordeaux, les Bourgognes, les vins de la vallée du Rhône ou des bords de la Loire.

Il est vrai que le soleil généreux des rives de la Méditerranée aidait à faire « pisser » la vigne et les vignerons se préoccupaient alors plus de quantité que de qualité. C’était l’heureux temps où les hommes d’age adulte buvaient généralement au moins un lit re de vin par jour, encouragés par le grand Pasteur qui a déclaré que le vin est la plus hygiénique des boissons (ce qui n’est d’ailleurs pas contestable !).

Mais le mode de vie et les habitudes de consommation ayant progressivement changé, les vins du Languedoc eurent de plus en plus de mal à se vendre, ce qui amena les vignerons les plus dynamiques à s’engager dans une démarche qualitative.

Des grands vins ont été ainsi créés qui n’ont rien à envier à leurs rivaux girondins ou bourguignons . Cette évolution gagna peu à peu le monde coopératif et aujourd’hui certaines caves coopératives vendangent, si l’on peut dire, les médailles dans les concours vinicoles.

 

 

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L’une d’entre elles, la cave de Montagnac a pris récemment une initiative originale. Le vin étant depuis l’Egypte ancienne l’un des produits emblématiques des civilisations qui ont fleuri sur les rives de la Méditerranée, elle a eu l’idée de lui rendre hommage en intégrant des œuvres d’art dans son vignoble.

Elle a ainsi demandé à plusieurs artistes héraultais, Jean.Pierre Giraud, Ben Truscott, Kay Vigen, Bruno Mendola et Mme Cross de réaliser des sculptures sur le thème de la viticulture, qu’elle a ensuite installées devant son caveau et au travers de son magnifique terroir.

 

 

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Partons donc pédibus jambis à la découverte de ces sculptures disséminées au fil des vignes dans un superbe environnement de pinèdes et de garrigue et dont il faut deux à trois heures pour faire le tour

 

 

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On croise tout d’abord le dieu Bacchus à la mine réjouie adossé au clocher de la superbe Eglise de Montagnac et qui tient une grappe de raisin dans une main et une coupe dans l’autre. A ses pieds se tient une chèvre, animal totémique de Montagnac, en mémoire de la c hèvre de Jacou, qui vécut au XIIème siècle, dont le lait guérissait toutes les maladies. Il est vrai qu’elle se nourrissait exclusivement de sarments et de raisins .

 

 

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Derrière lui se tient l’une des Ménades ou Bacchantes qui l’accompagnent toujours dans ses festivités. Les femmes comme le vin donnent de l’esprit aux hommes !

 

 

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N'est-il pas admirable ce visage radieux de Bacchus, qu’on ne verra jamais, pour sûr, chez un buveur d’eau !

 

 

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Et son bonheur, ainsi que celui de sa compagne, est total quand le soleil couchant donne aux vignes aux alentours la couleur de son breuvage préféré.

 

 

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Un peu plus loin on croise un terrassier au repos. Car la culture de la vigne n’est pas que jouissance. C’est un long et dur labeur de conquête et de labour de sols caillouteux et ingrats qui souvent s’étend sur plusieurs générations. Mais quelle récompense de voir au bout de ses efforts un jus doré ou pourpre, lymphe ou sang de la terre, couler des tonneaux.

 

 

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Si le jus de « vitis vinifera met en émoi nos gosiers, ses feuilles sont, l’automne venu, un ravissement pour les yeux. Cette plante que Noé fut le premier homme à cultiver, est vraiment un don des dieux.

 

 

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La vigne nécessite une surveillance de tous les instants car de nombreux insectes et maladies la menacent mettant en péril son précieux nectar. Et les (bons) viticulteurs, auxquels l’artiste rend ici hommage, doivent être considérés comme des bienfaiteurs de l’humanité.

 

 

 

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Voici venu le temps de la vendange et les mains des hommes cueillent alors délicatement ce don conjoint de la terre et du ciel, ce divin « jus de cailloux ».

 

 

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Les grappes cueillies vont dans des paniers que l'on déverse ensuite dans des bennes. Elles sont alors portées rapidement au pressoir pour éviter l’oxydation des raisins par la chaleur.

 

 

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Quand les mains qui vendangent sont celles d’une femme la scène est alors d’une beauté sublime.

 

 

 

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Car le bon vin comme les femmes sont promesses de douceur et d’ivresse.

 

 

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Un peu plus loin, nous apercevons la silhouette d’un vendangeur dont la hotte déborde de grappes juteuses que le talent du vigneron transformera en divin nectar.

Ces scènes hélas ne sont toutefois plus vraiment de mise car, aujourd’hui, pour des raisons économiques, là où la configuration des vignes le permet, les machines remplacent les vendanges manuelles. Bien que moins sélectives elles vont beaucoup plus vite et présentent l’énorme avantage de permettre de vendanger la nuit quand les températures sont plus fraîches

 

 

 

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Je vous ai dit tout à l’heure que Noé fut le premier homme à exploiter la vigne, mais c’est Osiris qui a créé cette plante et lui a appris à la cultiver. Cette statue lui rend donc hommage ainsi qu’à son épouse Isis, divinité suprême et mère de la nature.

 

 

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On y voit aussi leur fils Horus, représenté par un faucon, symbole du soleil qui réchauffe la terre et permet le mûrissement du raisin mais aussi le serpent Apôphis dieu du mal, dont la présence est sans doute une spirituelle mise en garde contre les méfaits de l’abus d’alcool.

 

 

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Mais on ne se saoule jamais qu’avec de la piquette et de mauvais alcools. Quand un breuvage est issu d’un paysage d’une telle splendeur, reflet d’une civilisation millénaire, on ne peut que le déguster et l’ivresse qui en naît est semblable à celle que l’on éprouve devant une œuvre d’art.

 

 

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En sculptant cette œuvre de mains jointes dressées vers le ciel et tenant une grappe de raisin, l’artiste a sans aucun doute voulu remercier Osiris de nous avoir donné la vigne et on ne peut que s’associer à ces remerciements ! Mettons nous donc à genoux chères lectrices et lecteurs et adressons cette courte prière au fils d’Isis :

 

Sois remercié oh ! divin Osiris ,

De nous avoir donné Vitis vinifera,

Et fais que mon flacon se remplisse,

Au fur et à mesure que je le bois !

 

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La vendange ayant été portée au pressoir, un couple de fouleurs se déshabillent et, se tenant amoureusement l’un à l’autre, piétinent les grappes avec lenteur et douceur.

 

 

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S’ensuit une danse langoureuse pour donner du corps, de la jambe, de la cuisse au nectar en train de s’écouler…

 

 

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Quand on voit ainsi comment naît le vin,  on ne peut pas ne pas l’aimer !

 

 

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Il préside aussi à la célébration des idylles amoureuses car on n’a jamais vu un mariage où l’on servait de l’eau aux convives !

 

 

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L’hiver s’en est venu et la vigne jouit d’un repos bien mérité. Mais dans le secret de leurs chais les vignerons élaborent le divin nectar qui bientôt réjouira nos gosiers et nos âmes.

 

 

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Avant de le livrer à la convoitise des hommes, ils iront l’offrir à Bacchus perdu dans la contemplation des vignes, dont les ceps dépouillés par l’hiver révèlent la terre rouge-sang qui les nourrit.

 

 

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Bacchus boit une gorgée du nectar qu’on lui a apporté et la savoure en silence…

 

 

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Son visage aux yeux fermés reflète un intense plaisir. Il est vrai que le vin est un élixir qui lui confère l’immortalité. Il n’en n'est pas de même, hélas, pour les hommes, mais il leur apporte néanmoins la gaîté qui leur permet d’oublier un instant qu’ils sont mortels.

 

 

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Laissons Bacchus à sa dégustation et retirons nous sur la pointe des pieds pour tranquillement rentrer chez nous et déboucher un flacon de Mémoire  de Nisas, par exemple, un vin soyeux et harmonieux à prix "doux" de la cave de Montagnac qui ne peut que vous enchanter


Texte & Photos Ulysse