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29/04/2011

Derrière la carte postale paradisiaque, le cloaque !

 

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Le 30 décembre 2008 j’avais posté un article ironique sur la merveille gastronomique qu’est l’huître de Thau, dont la capitale est Bouzigues. Le clocher de ce pittoresque village domine fièrement ses maisons colorées qui semblent flotter sur les eaux ultramarines de l’étang. Il pourrait bientôt sonner le tocsin pour annoncer la mort des huîtres qui l’ont rendu célèbre. Les naissains meurent, en effet, contaminés par le virus OsHV-1 dont le développement , d’après les experts,  serait favorisé par la dégradation de la qualité de l’eau et l’exploitation trop intensive.

 Quand on suit le bord de l’étang à partir du village en direction de Balaruc-le-Vieux, on n’est guère surpris par ce phénomène, car l’envers de cette carte postale qui nous fait rêver est un cloaque qui semble, au demeurant, laisser indifférent ceux qui y vivent comme ceux qui en ont la gestion.

 

 

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 Et pourtant ici tout a été donné à l’homme pour en faire un paradis : Le climat est doux et les eaux riches et tempérées de l’étang étaient, à l’origine, favorables au développement des poissons et des coquillages.

 Une armada de petits pêcheurs et ostréiculteurs vivaient de cette manne, qui aujourd’hui, sous l’effet de la pollution et de la surexploitation, est en voie de disparition.

 

 

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Le port de pêche devient peu à peu un musée où les barques anciennes ne voguent plus que sur les toiles des peintres du dimanche dont les pinceaux immortalisent un monde et un mode de vie en voie de disparition.

 

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 Les pêcheurs à la ligne, désabusés, posent leurs cannes à terre et se perdent dans des rêveries en contemplant un horizon qui fut autrefois marin et qui est aujourd’hui dévoré par l’urbanisation galopante.

 

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La nature, dans un  baroud d’honneur, essaie de faire illusion et dresse la toison rose de ses tamaris en fleurs pour pimenter la douce monotonie bleutée du ciel et de l’étang.

 

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Mais les nombreux déchets qui jonchent les rives nous rappellent la présence délétère de l’homme .  Nous avons ainsi le choix entre la vue sur le village de Balaruc-le-Vieux avec roue équipée de son pneu ...

 

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…ou bien avec bidons en plastique….

 

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Ou encore avec vieux canapé rouillé sur lequel on ne peut même pas s’asseoir !

 

 

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…ou bien, luxe suprême, avec contenu intégral d'une poubelle ….

 

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…poubelle, que l’on retrouve d’ailleurs un peu plus loin. Ne manquent pour gâcher définitivement le paysage que la "bobine" des cancrelats qui ont abandonné ces déchets !

 

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Admirons au passage ce bucolique petit rû qui se jette dans la Crique de l’Angle non loin de laquelle sont installés des parcs à huîtres....

 

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....dont voici d'ailleurs l' embouchure !  On se demande, en voyant ces détritus, si celui qui a rédigé les prospectus vantant le goût de noisette des huîtres de Bouzigues en a vraiment mangé ! Ou alors il avait sacrément abusé du Picpoul qui est, au demeurant, un excellent antiseptique gastro-intestinal!

 

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 Pour couronner le tout,  les gestionnaires locaux ont eu l’idée – fort louable au demeurant - de créer une piste cyclable reliant Bouzigues à Balaruc-le-Vieux . Sauf qu’au lieu de faire en sorte qu’elle s’intègre parfaitement au paysage, ils ont eu la lumineuse idée de la peindre en jaune canari . Imaginez un peu que l’on peigne les chemins de randonnée en vert pomme ou rouge cerise, ça serait d’un chic !

Il aurait été préférable de consacrer le budget « peinture «  au nettoyage des rives de l’étang que la piste longe, mais ces déchets apparemment ne dérangent personne !

  

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De fait, ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la manière dont on traite l’environnement en France avec la coupable indifférence des pouvoirs publics. On peut se demander ce qu’il est advenu de la révolution écologique promise par notre tsarounet Nicolaïev lors du lancement du « Grenelle de l’environnement ». Comme l’a écrit le chroniqueur Nicolas Delesalle, du point de vue mathématique, le président n’a pas menti si l’on considère qu’une révolution est un tour sur soi-même avec une arrivée au point de départ. Mais pour le reste, il a bien vite remis les pendules à l’heure en déclarant au salon de l’agriculture en 2010 que « l’environnement ça commence à bien faire ! »

 

Et c’est comme ça que notre pays reste le pays d’Europe le plus nucléarisé et où les énergies renouvelables sont le moins développées alors que le potentiel solaire et éolien est considérable, celui qui a la plus forte densité d’autoroutes  et le plus faible taux de fret ferroviaire, qui utilise le plus de pesticides et dont le taux d’incinération des déchets est le plus élevé.

Et si l’on continue sur notre lancée, cet arbre préfigure l’aspect de nos campagnes d’ici une cinquantaine d’années.

 

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De même que ce quai inactif préfigure l’état de nos ports de pêche et de nos exploitations conchylicoles  demain.

 

 

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Pourtant ces beautés qui nous entourent me sont aussi nécessaires que l’air que je respire  et j’avoue ne pas comprendre que l’on puisse leur être indifférent ou leur porter atteinte.

D’ailleurs, devant le spectacle désolant des rives de l’étang cet arbre, au moment où je passais,  voulait se noyer et je l’ai rattrapé par les branches de justesse !

 

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Même les flamants roses qui n’ont pourtant qu’une cervelle d’oiseau se rendent compte de notre ignominie et s’envolent haut dans le ciel pour ne plus voir nos méfaits !

Notre pays se croit hautement civilisé et pourtant nous sommes loin du compte. Je conclurai par ce témoignage d'Yves Simon, auteur-compositeur et écrivain de talent qui écrit régulièrement une chronique dans un grand quotidien. De retour du japon, il racontait avoir vu dans la région où s'est produit le tsunami suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une jeune femme face à l'océan prier les mains jointes et demandant "Pardon à l'eau et à la mer , nous vous avons fait tant de mal ".

Nous aussi pourrions non seulement demander pardon mais  également changer notre comportement à l'égard de la nature si nous voulons éviter de futures catastrophes.

PS : Je vous invite à aller écouter Jean Ferrat  qui chante une chanson de circonstance sur ce lien que m'a communiqué Maria qui tient le superbe blog poétique " Mémoire du silence" et que je remercie chaleureusement

 Texte @ Photos Ulysse

23/04/2011

Entre Pinet et Castelnau-de-Guers

 

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Près de cinq milliards d’années ont été nécessaires pour faire de Gaïa , notre planète, un jardin où « l’homo sapiens sapiens »  a pu s’épanouir. En moins de cinquante mille ans,  ce locataire indélicat a saccagé les lieux et mis en péril son existence.

Pourtant quelques peuples ont su, ici et là, développer des modes de vie respectueux de la nature (comme les indiens d’Amérique du Nord) mais ils ont vite été exterminés ou sont en voie de l’être par ceux qui ont un tiroir-caisse en lieu et place du néocortex.

 Notre pays a connu une telle civilisation rurale,  rude certes  mais harmonieuse et dont l’héritage est encore visible dans certains de nos paysages, qu’il faut à tout prix préserver. Car chaque maille que l’homme détricote dans ces lieux est un coup de scie qu’il donne à la branche sur laquelle il est assis.

 

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Ainsi, entre Pinet, Montagnac et Castelnau-de-Guers, modestes villages du sud de l’Hérault, s’étend l’un de ces paysages emblématiques d’une relation harmonieuse avec la nature, dont l’homme et les autres locataires de Gaïa  tirent profit .

 Ici, de vastes espaces ont été défrichés pour y planter vignes, oliviers et amandiers, tout en les faisant cohabiter avec des zones sauvages couvertes de pinèdes ou de garrigues. Les zones cultivées sont ainsi protégées du vent et du gel par les zones boisées. Tandis que les oiseaux, les insectes et les plantes trouvent un milieu favorable dans les zones sauvages qui préservent de ce fait la biodiversité.

 Cet endroit est d’une telle richesse et beauté que les vignerons  de la cave coopérative de Montagnac ont demandé à des sculpteurs d’y installer des œuvres célébrant leur métier, tel ce Bacchus qui rend hommage au divin nectar issu de la terre ( Pour une découverte exhaustive des statues voir ma note du 1er novembre 2010)

 

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 S’il y a un paradis sur terre, il n’est pas sous les tropiques comme veulent vous le faire croire les agences de voyages , mais ici dans ce mazet planté au milieu des vignes. Certes, vous pouvez avoir une conception du paradis différente de la mienne, genre : yacht, palace, Fouquet, ou île de la « tente-à-cons » de TF Huns. Mais si vous recherchez le calme et la nature et que vous êtes un amateur du jus de vitis vinifera, l’Eden est bien ici. Et pour peu que vous vous fassiez un ami du vigneron du coin, vous ne voudrez plus aller ailleurs sur terre. Vous comprendrez que pour ne pas mettre en péril la sérénité de ce lieu, je ne puisse en donner la localisation précise ! A vous donc de partir à sa recherche !

 

 

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Si vous ne trouvez pas le mazet précédent à votre goût, peut être  que vous aurez un faible pour celui-ci, qui n’est pas non plus sans charme, vous en conviendrez ! Certes, vu sa hauteur il est surtout adapté à la sieste, mais n’est ce pas là notre principale ambition quand on est en quête du paradis ? D’autant que Georges (celui du café !) qui a ses entrées en "haut-lieu" aurait laissé entendre que les « angesses » n’y étaient pas farouches !

 

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 La diversité des paysages de ce lieu résulte pour beaucoup de l’étonnant « patchwork » géologique provoqué par la surrection des Alpes et des Pyrénées, il y a environ cinquante millions d’années. Se côtoient ainsi des zones basaltiques, calcaires, gréseuses ainsi que des ruffes,  roches sédimentaires ocre-rouges vieilles de deux cent millions d’années, dont cette butte est constituée. On espère y voir surgir une valeureuse cavalière navajo comme à Monument Valley qui nous emmènerait en balade et plus si affinité... !

 

 

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Ce sol  rouge produit paradoxalement l’un des vins blancs les plus prisés de la région : le picpoul de Pinet, vin incontournable pour un plateau d’huîtres de Bouzigues (Enfin si elles survivent !)  Son origine lagunaire explique sans doute ce mariage harmonieux entre le vin que l’on en tire et les produits lacustres. De même qu’il n’y a pas de mariage plus heureux qu’un vin des Abymes avec une raclette, une tartiflette ou une fondue savoyarde !

 

 

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IL n’y a pas que les hommes qui en ce lieu travaillent ardemment la terre.  Les fourmis ne chôment pas non plus et méritent notre respect, quand on voit qu’elles arrivent à sortir de terre des cailloux qui font pour certains dix fois leur poids ! D’ailleurs la championne en la matière est une fourmi asiatique – étonnante coïncidence - qui a porté 100 fois son poids ! Ces étonnants insectes sont apparus sur notre planète en même temps que les dinosaures et ont résisté à tous les cataclysmes ; au train où vont les affaires d’homo sapiens sapiens, il  y a de fortes chances qu’ils nous survivent.

 C’est d’ailleurs plus que du respect, mais de la frousse que devraient nous inspirer ces bestioles dont certaines espèces africaines sont mangeuses d’hommes. Ce qui, avec le réchauffement climatique en cours et la migration vers le nord des espèces, ne donne plus très envie de faire la sieste dans la nature, comme j’en suis coutumier.

 

 

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Nous quittons la zone de ruffes pour aborder un secteur calcaire où la blancheur immaculée du chemin semble se refléter dans la frondaison argentée d’une oliveraie . Etrange correspondance  à l’image de l’harmonie qui règne en ces lieux. Jamais la nature ne commet de faute de goût, c’est pourquoi les impressionnistes en ont fait leur maître.

 

 

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Voilà un arbre - je parle de l’olivier - qui mérite également notre respect, mot qui, je le sais, n’est plus très à la mode . Avec le blé et la vigne, il a contribué au développement et à la prospérité des grandes civilisation méditerranéennes. C’est en quelque sorte un arbre civilisé et qui, d’ailleurs, a besoin de l’homme pour s’épanouir et donner le meilleur de lui même.

 En effet, l’homme le taille en créant en son sein un puit de lumière qui permet à ses fruits de se gorger de soleil et de parvenir tous ensemble à maturité. C'est un point important car pour qu'une huile d'olive vierge mérite la mention "Extra", les olives doivent avoir été pressées dans les 24 heures après la cueillette. 

 

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 Voilà un autre mazet, plus vaste et confortable que les deux que nous avons déjà visités. Vous pourriez penser que l’on y serait encore mieux, si cela est possible. Mais réfléchissez ; comme l’enseigne un dicton populaire, le mieux est l’ennemi du bien. Un grand mazet implique plus d’entretien et donc plus de soucis et on ne va pas au paradis pour avoir des soucis ! Contentons nous donc de l’admirer et poursuivons notre balade.

 

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On fait aujourd’hui tout un pataquès sur le développement des énergies renouvelables que l’on présente comme une révolution. Mais c’est comme si l’on réinventait la poudre. Car autrefois il n’y avait pas un village sans son moulin à vent et son moulin à eau et les gens se chauffaient au bois qui n’est rien d’autre que du condensé de soleil.

Le soleil dispense chaque jour sur la terre une énergie qui couvre 8000 fois les besoins humains. Si nous avions investi autant d’argent dans la recherche sur cette énergie que dans celle sur l’énergie nucléaire, nous pourrions de puis longtemps satisfaire nos besoins énergétiques sans mettre en péril la planète. Les chinois, dont les pollutions en tous genres menacent leur propre développement, mettent en ce domaine les bouchées doubles, alors que nos politiques, toujours en retard d’une guerre technologique, appuient sur le frein ! Dormez sur vos deux oreilles, nous disent-ils, nous avons les centrales nucléaires les plus sures du monde, mais on peut craindre que nos descendants se retrouvent un jour avec quatre oreilles pour dormir dessus !

 

 

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Prions donc, non pas pour que le nectar coule à flot dans nos gosiers assoiffés car sur ce point nous sommes exaucés, mais pour que nous ayons un jour des dirigeants honnêtes, courageux et responsables. Pourtant ce n’est pas faute de bien les payer et on pourrait au moins espérer en avoir pour notre argent !  A cet égard, le site Mediapart a publié une information selon laquelle  les dépenses de personnel du cabinet du président du Sénat du  Gérard Larcher ont augmenté de 26 % par rapport à son prédécesseur avec des salaires allant jusqu’à 19.000 euros par mois. Le rapport qualité/prix de l’institution est l’un des plus mauvais de la République et des deux « chambres » de représentants, c’est certainement celle où l’on entend le plus de ronflements !

 

 

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 Pendant ce temps la nature domestiquée par l’homme s’active. Les gens des villes qui achètent des aliments conditionnés en barquettes, cubes et sachets oublient qu’ils ne doivent leur survie qu’à des savoirs et des gestes ancestraux. Mais ceux qui les possèdent et les maîtrisent et  dont notre existence dépend sont loin d’avoir un train de vie de Sénateur et sont même pour certains en voie de disparition. Quand ces hommes et ces femmes auront disparu, il ne restera plus aux citadins qu’à manger des recueils de lois devenus inutiles car inappliquées (la France est championne du monde en la matière) si « chèrement » concoctées par nos parlementaires !

 

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 Après tant de sujets d’irritation, il est temps d’aller se mettre au vert pour décompresser un peu . Ce pré nous tend les bras pour une sieste réparatrice. Et puisque le monde marche cul par dessus tête autorisons nous en prime à faire quelques galipettes !

 

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Et puis, heureusement, qu’il nous reste la beauté ce ce paysage ainsi que l’amour qui dissout les contrariétés et nous fait voir la vie en rose….rose comme le rosé "Trémier" d'Alain Chabanon, artiste-vigneron du pays d'Oc.

  

Texte & Photos Ulysse

17/04/2011

Visite à Notre Dame du Lieu Plaisant

 

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L’eau est une denrée rare et précieuse dans la région des Monts de Saint Guilhem, vaste zone calcaire poreuse comme un buvard, dans les tréfonds de laquelle la pluie s’évanouit sitôt tombée.  Elle y a d’ailleurs creusé de prodigieux avens et de fabuleuses grottes comme Clamouse. Parfois à la sortie d’un hiver pluvieux, on peut la voir, spectacle rarissime, cheminer dans le creux d’un canyon que des millions d’orages ont fini par creuser, tel celui du Joncas situé non loin du village d’Arboras.

  

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La présence épisodique d’eau favorise la pousse de la végétation dont se nourrissent les moutons de la bergerie départementale de la Font du Griffe, nichée non loin de là  au pied du Pic St-Baudille . Saluons ici l’initiative du département qui a aidé à  la création de cette bergerie pour permettre le maintien d’activités traditionnelles dans ce secteur et éviter sa désertification. Il est réconfortant de constater que tous les deniers publics ne servent pas à organiser des pince-fesses où les « happy-few » viennent se gaver de petits fours.

 

 

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Sur les hauteurs rocailleuses et arides qui dominent le canyon, seuls les pins parviennent à trouver leur subsistance et à survivre. Ils luttent orgueilleusement contre le vent qui emporte dans le ciel les touffes de la toison laineuse que les buissons de houx  ont volées aux moutons.

 

 

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Nous remontons le ravin de la côte en direction du Cap de la Pousterle. J’aime ces lieux sauvages encaissés où le monde naturel préserve son mystère et où l’on a le sentiment étrange d’être observé . On y éprouve les sentiments de l’homme primitif quand le monde était encore à découvrir et que des nymphes a demi nues   hantaient les forêts, les montagnes, les vallées, les sources, les rochers, les grottes et les rivages.

 

 

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Nous abordons le domaine du Pin de Salzmann, cet arbre majestueux dont l’espèce fut identifiée au milieu du XIXème siècle par un botaniste allemand qui vivait à Montpellier et lui donna donc son nom. Cette histoire  nous confirme que ce sont souvent des étrangers à notre pays ou à notre région  qui nous le font le mieux découvrir. La familiarité nourrit la prétention et tue la curiosité.

 

 

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D’un port très élégant et souvent flexueux, cette variété de pin se contente de sols très pauvres et colonise une grande partie du secteur des Monts de St-Guilhem. Son faible intérêt économique a aidé à sa préservation.

 

 

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En franchissant le col du Ginestet nous apercevons un pénitent en pleine méditation . L’ayant salué il nous révèle qu’il est l’ermite qui réside à Notre Dame du Lieu Plaisant ou de Belle Grâce situé près d'une source, en contrebas du col. Il est le lointain successeur de Jean D'Albe, laïque du diocèse de Lodève qui, en 1395, reçut par une bulle du pape l'autorisation exceptionnelle d'y établir un lieu de prière et de recueillement tout dévoué à la foi catholique. 

 

 

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 Le laissant à ses méditations, nous rejoignons son ermitage dont le jardin est ouvert au public sous réserve de respecter le silence des lieux, les bruits de mastication et les glous-glous (discrets !) étant toutefois tolérés, ce qui nous  permet d’y prendre notre pique-nique.

 

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 M’étant copieusement tapé la cloche je résiste à la tentation enfantine de tirer sur celle de l’ermitage. Pourtant qu’il doit être agréable d’entendre le tintinnabulement de cette modeste cloche s’élever dans le ciel matinal ou vespéral et ricocher sur les flancs du vallon. Son chant doit être plus réconfortant pour nos oreilles et notre âme que le carillonnement des cloches médiatiques qui nous filent le bourdon !

 

 

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Depuis que la vie est apparue sur la terre, il y a eu cinq épisodes d’extinctions massives qui ont failli la faire disparaître, mais toujours elle a rebondi, de nouvelles espèces prenant le pas sur celles qui dominaient précédemment.  Quand on voit ce pin se dresser sur cette position improbable, on ressent la force de cette énergie vitale. C’est un exemple et une leçon pour nous qui passons : ne jamais se résigner ! Garder haut les cœurs et le coude pour boire en toutes occasions à notre santé et prospérité et à la votre aussi chers lecteurs !

 

 

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Le paysage que nous traversons, taraudé par les intempéries : eau, vent, gel, chaleur, me donne le vertige. Ma vie sera passée sans qu’une nouvelle éraflure orne ces parois décaties.  La litanie de mes jours, de mes bonheurs, de mes souffrances durera moins qu’un battement de cils dans l’histoire de l’univers. Mais pourtant cet univers n’existe que dans la conscience de l’homme. Nous ne sommes qu’une particule éphémère qui pourtant conçoit le tout : vaste mystère !

 

 

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Ces chandelles de pierre qui dominent le canyon du Verdu sont comme des bougies d’anniversaire célébrant le cinq milliardième printemps de Gaïa. Elle avait, jusqu’à ces derniers siècles, préservé se jeunesse et sa vitalité, mais notre manque de respect  à son égard lui a donné quelques rides et cheveux blancs. Si les « Grenelles » nationaux et mondiaux de l’environnement continuent de faire « pschitttt » on peut craindre qu’un de ces jours elle nous fasse un infarctus , nous précipitant tous au cimetière !

 

 

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En attendant , elle a encore de beaux restes et n’ayons de cesse de les admirer et de les faire connaître en espérant que nos congénères lui manifesteront un peu plus de respect et sauront ainsi la préserver….et nous avec !

PS : Pour visiter Notre Dame du Lieu Plaisant le mieux est d'effectuer la randonnée (4H) décrite dans le Guide "l'Hérault à pied" de la F.F.R (Série TOPOGUIDES)

 Texte & Photos Ulysse 

10/04/2011

Quand le soleil a le blues, allez à Fontrabiouse !

 

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Celles et ceux qui ont eu l’audace de suivre nos pérégrinations  sous la pluie autour de Formiguères savent que nous ne manquons ni de courage ni de détermination. Mais si un jour de pluie, ça va ! Deux  jours, bonjour les dégâts ! Sur les godasses de rando, tout d’abord, qui se transforment en éponges, et puis sur le moral, ensuite, qui commence à chavirer, surtout quand on est habitué au ciel bleu du sud .

 Au matin du deuxième jour, le soleil ayant donc  toujours le blues et restant désespérément planqué sous sa couette de nuages, nous décidons de nous mettre à l’abri en allant visiter la grotte de Fontrabiouse.

 

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 Bon, vous allez me dire qu’une grotte n’est pas non plus un endroit des plus secs, vu que l’eau y est à l’œuvre vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour créer d’étonnants spéléothèmes : stalactites, stalagmites, pisolithes, fistuleuses, draperies, piliers, colonnes et autres curiosités minérales.

 Mais ici pas question de trombe d’eau,  mais d’un délicat goutte à goutte qui ne met pas en péril votre étanchéité.

 

 

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Nous avons vu à Mourèze (voir une note précédente) que la pluie pouvait dissoudre les montagnes. Et bien on découvre ici les œuvres que l’eau réalise au moyen des minéraux (essentiellement du sel de calcaire) qu’elle leur dérobe. Au contact de l’air de la grotte ces sels minéraux cristallisent en effet et forment tout d’abord des « fistuleuses », ces longs spaghettis blancs de quelques millimètres de diamètre qui poussent de 1 à  2 centimètres tous les 10 à 15 ans.

 

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 Au fil du temps – on parle ici en dizaines de milliers d’années – les fistuleuses s’épaississent et se transforment en stalactites qui, comme chacun le sait, bien sûr, vient du grec « stalaktos » qui veut dire couler goutte à goutte.

 

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 Mais les gouttes d’eau qui tombent ainsi des fistuleuses et stalactites conservent une partie des sels minéraux qu’elles transportent et qui cristallisent également en touchant le sol.  Cela conduit à la formation des stalagmites puis quand stalactites et stalagmites se rejoignent , des colonnes.

 

 

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Quand les gouttes ruissellent sur des corniches, les concrétions peuvent prendre des formes étonnantes dont la couleur varie en fonction des métaux présents dans les roches dissoutes en surface (fer, cuivre, manganèse etc…)

 Ainsi, pour peu que l’on ait l’imagination fertile et que l’on soit porté sur la fantasmagorie et aussi - pour certains -  sur le nectar local , on peut apercevoir des fantômes flotter dans l’espace….

 

 

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…ou bien un cerbère défendre l’entrée d’une cavité où gît, peut être, un filon d’or !

 

 

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Là, c’est un molosse qui veille jalousement sur  un empilement de cuisses de poulets qu’on se garde bien de toucher  (A chacun ses fantasmes !).

 

 

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Courageux mais pas téméraire, on dédaigne les morceaux de volaille pour  se contenter d’un œuf sur le plat !

 

 

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Mais l’eau ne se limite pas à ces sculptures facétieuses, elle révèle aussi un talent digne d’un Michel Ange , d’un Rodin ou d’un Maillol en couvrant les parois de la grotte de draperies qui siéraient fort bien à la Vénus (pas facile à conjuguer ce verbe seoir !) qui hante les jardins du Château de Versailles. La pauvre n’a été, en effet, qu’à demi drapée par son créateur  qui s’est montré un peu radin à son égard à moins qu’il n’ait été guidé par la concupiscence . Mais quels que soient ses motifs, personnellement je lui en sais gré de pouvoir ainsi contempler son corps admirable  à demi dénudé.

 

 

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 Ces draperies prennent parfois une allure de méduse dont on craint qu’elle ne soit, de fait, l’une des Gorgones, monstres de l’enfer, dont parle Homère, qui transformaient en pierre quiconque osait les regarder. N’ayant pas été personnellement pétrifiée en prenant la photo vous pouvez la contempler en toute sérénité.

 

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C’est toutefois d’un pas hésitant que nous passons devant ces êtres cavernicoles tentaculaires, les peurs ataviques de notre cerveau reptilien l’emportant sur le raisonnement cartésien de notre néo-cortex.

 

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 Nul ne peut rester indifférent devant ces sculptures aquatiques qui sont en quelque sorte la chapelle Sixtine de H2O ! Et je dois vous avouer que de contempler de telles œuvres d’origine aquatique me rabiboche un peu avec ce liquide que je tenais en piètre estime.


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Une dernière frayeur nous attend au terme de notre voyage souterrain quand nous croisons un grand squale qui nous guette la gueule béante bardée de dents acérées comme des poignards. Mais ce n’est qu’un stratagème du guide pour nous inciter à lui donner un bon pourboire afin qu’il nous ouvre la porte de sortie !

 

 

Texte & Photos Ulysse

17:52 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (23)