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30/08/2011

Bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux, Caroux….

 

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Hello, c’est encore nous, Léo et Louna, nous rendons une dernière visite au Caroux avant de retourner sur Paris pour la rentrée des classes. C’est aussi pour moi, Louna, l’occasion de réviser la règle du pluriel des mots se terminant par « ou » et de découvrir qu’il faut, de fait, y ajouter « Caroux ». Vous objecterez sans doute que « Caroux », étant un nom propre, est invariable et que le « x » n’a rien à voir avec le pluriel. Et bien vous avez tort car si Caroux prend un « X » c’est qu’il est « pluriel », car il y a bien  plusieurs « Caroux ».

 

Il y a le Caroux des gorges d’Heric ou de Colombières qui n’ont rien à voir avec le Caroux de Fontsalès, le Caroux sommital ou encore celui de la tourbière, comme vous l’ont fait découvrir Gibus et mon papy au cours de leurs randonnées. Il y a aussi le Caroux  qui se couvre d’or en juin avec les genêts, celui qui devient mauve en juillet avec les bruyères, le Caroux qui se pare de roux avec la coloration automnale des fougères et des hêtraies et plus rarement le Caroux tout blanc  quand le vent polaire vient taquiner les rives de la Méditerranée.

 

 

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Depuis que j’ai l’age de marcher j’arpente ce massif à chaque vacances et je le connais comme ma poche. C’est d’ailleurs moi qui  aujourd’hui porte la carte et joue les guides. Comme la nature m’a dotée pour la plus grande « joie » de mon entourage d’une nature énergique je prends souvent de l’avance et suis obligée d’attendre le reste du groupe. J’en profite pour faire le plein de vitamine D car je sais qu’un ciel gris m’attend à Paris.

 

 

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Quand je houspille mes géniteurs sur leur lenteur (douce revanche sur les remarques qu’ils me font quand je tarde à ranger ma chambre !) ils prétendent qu’ils prennent le temps d’admirer le paysage, mais je vois bien  en haut des côtes à leur mine rouge et à leur souffle court que le paysage n’y est pas pour grand chose. Bon j’exagère un peu car malgré leur grand age mon papy et Gibus  ont encore bon pied bon œil  et j’aimerais bien connaître leur secret.  Ils prétendent que c’est parce qu’ils honorent de nombreux saints : Saint Chinian, Saint Emilion, Saint Joseph, Saint Julien,  Saint Nicolas de Bourgueil, Saint Hippolyte, mais je ne les crois pas car ils ne vont jamais à la messe !

 

 

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Cela dit, il est vrai que les panoramas que l’on découvre sur le Caroux sont magnifiques et méritent quelques pauses. Cela me donne envie de devenir bergère pour vivre en montagne mais j’aurais sans doute du mal à trouver un mari. Quand mon papa ou mon papy étaient jeunes tous les petits garçons voulaient devenir Robin des Bois aujourd’hui ils veulent tous devenir riches. Quelle drôle d’idée ! C’est pas un but dans la vie ça d’être riche, ce qui compte c’est d’être entouré de gens qu’on aime et qui vous aiment comme je le suis aujourd’hui.

 

 

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Vous qui lisez régulièrement le blog de mon papy, vous avez fini par croire que lui et son copain Gibus étaient des marcheurs infatigables capables des plus grands exploits. Et bien je vous révèle aujourd’hui la réalité : ce sont des hommes ordinaires sujets aux mêmes faiblesses que tout un chacun.  Comme après chaque picnic, ils sombrent immanquablement dans les bras de Morphée et j’en profite pour subtiliser l’appareil photo de mon papy pour vous révéler vraiment ce qu'il en est. Vous n'aurez ainsi plus de complexes la prochaine fois qu'ils se vanteront de leurs prouesses.

 

 

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Je sais je suis un peu cruelle de vous montrer mon papy et surtout  Gibus, dont les lectrices du blog admirent tant les mollets quand il est juché sur un pic,  dans une position moins glorieuse. Mais ça les rend aussi plus humains et ça ne m’empêche pas d’avoir beaucoup d’admiration pour eux. Ce sont tout de même eux qui portent le repas du picnic, sans oublier mon goûter !

 

 

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Les anciens ayant repris des forces, nous poursuivons notre périple autour du plateau sommital du Caroux découvrant en chemin  splendeur sur splendeur. Mes yeux et ma mémoire font le plein de ces beautés qui m’aideront à affronter la grisaille de l’hiver parisien.

 

 

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J’aperçois soudain sur un contrefort au dessus de moi une brebis égarée. Avec mon frère Léo nous nous précipitons pour l’atteindre et la caresser mais elle s’enfuit et nous entraîne sans que l’on y prenne garde sur une arête rocheuse où l'on ne peut l’atteindre. Dépités, nous renonçons à la poursuivre.

 

 

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Mais comme tous les montagnards le savent, les pentes raides sont plus faciles à monter qu’à descendre. Placés face à la pente nous sommes impressionnés par le vide. Heureusement Gibus vient à notre rescousse pour nous tirer de ce mauvais pas (j'ai quelques remords d'avoir mis la photo de la sieste mais, bon, le mal est fait !). Je retiens la leçon et me promet de ne plus suivre les brebis égarées (mais saurais je au cours de ma vie toujours les reconnaître ?).

 

 

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Nous dirigeant vers le sommet du Caroux nous voguons sur un océan de bruyères. Vous ne pouvez imaginez quel bonheur me procure la contemplation de ces espaces infinis, à moi dont l’horizon quotidien est fait de murs de béton. Ma joie de vivre et mes rêves s’en nourrissent et je sais qu’ils imprègnent secrètement mon âme  et illumineront les jours sombres que j’aurais à traverser dans ma vie. Car, comme me disent souvent mes parents à chaque fois que je m’écorche les genoux (ce qui m’arrive souvent) « Life is not a rose’ garden ». Cela dit les roses aussi ont des épines.

 

 

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Parvenus au sommet, Gibus tente de gravir le cairn qui le matérialise mais les pierres sont instables et il doit y renoncer.

 

 

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Je déploie alors mes bras comme des ailes et cours pour prendre mon envol…

 

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Et hop, soudain je décolle et file dans les airs…

 

 

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Youpie ! je passe au dessus du cairn sous les yeux ébahis du groupe .…

 

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Quelle joie intense d’être libérée pour quelques instants de la loi de la pesanteur et de se sentir comme un oiseau.

 

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 C’est le premier grand exploit de ma jeune vie qui je l’espère en connaîtra d’autres…

 

 

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Enivrée par mon vol je ne me rends pas compte du chemin parcouru et vais atterrir dans un vieux hêtre où ma foi je ferais bien mon nid !

 

 

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Mais hélas c’est bientôt la rentrée et il me faut quitter cette montagne magique qui rend mon âme si légère qu'elle me permet de voler. Mais c’est sûr aux prochaines vacances, j’y reviendrai !

PS je suis parti quelques jours sur les sommets et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour. Merci de votre visite

Texte Ulysse & Photos Ulysse, Louna et Eric

24/08/2011

La petite fille qui murmurait à l’oreille des chevaux…

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Hello, c’est nous, Léo et Louna, nous vous invitons à passer une journée et une nuit en notre compagnie au refuge des Bourdils réservé par notre Papy et son ami Gibus pour nous initier aux joies de la vie en montagne. Cela promet d’être pittoresque car c’est un endroit où il n’y a ni eau courante ni électricité et les toilettes sont à 100 mètres dans les bois ! Pour des petits parisiens comme nous, c’est le retour au moyen âge !!! 

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Cela dit le refuge est situé dans un lieu magnifique, à 1000 mètres d’altitude, en plein massif de l’Espinousse. Cela nous change du bois de Vincennes !


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Après avoir déposé nos sacs dans le refuge, nous partons faire une première  randonnée vers le Montahut.  Je guide le groupe avec  l’aide de Gibus pour développer mon sens de l’orientation. Il serait temps car à la rentrée je vais devoir aller seule au collège et mes parents ont peur de ne pas me voir revenir !

 

 

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Les montagnes  du Languedoc sont quand même plus authentiques et plus belles que celles qu’on voit sur les affiches du métro parisien qui nous vantent les mérites de Courchevel ou de Megève qui sont devenues des annexes des Champs Elysées !

 

 

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Ces lieux sont tellement sauvages que l’on y voit des aigles qui restent posés sereinement sur leurs aires  sans s’inquiéter de notre présence !

 

 

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Nous voilà au sommet du Montahut. Aucune autre montagne ne le dépasse à l’horizon et nous avons le sentiment de marcher sur le toit du monde.  Quelle expérience enivrante !  Ce n’est pas étonnant que Papy et Gibus passent la moitié de leur vie sur les cimes.

 

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Redescendant du Montahut je trouve un cœur perdu, étant un peu jeune pour m’engager, je laisse ses coordonnées GPS au cas où quelqu’un serait intéressé : : 48°51'28.99" N et 2°17'39.44 E !

  

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La jeunesse fait rêver les adultes qui en ont la nostalgie mais je peux vous dire que c’est un handicap sur certains des chemins qu’empruntent Gibus et Papy. Il faut souvent que je m’accroche pour ne pas les perdre de vue !

 

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 Nous voilà enfin en terrain découvert et mon frère Léo met un point d’honneur à suivre le rythme de Papy et de Gibus. Mon papy ferait bien de se méfier car dans quelques années c’est lui qui sera derrière !


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Nous croisons un troupeau de chevaux à demi sauvages. Je m’approche d’eux avec douceur et un peu impressionnée (ce qui n’est pas courant chez moi) je les contemple quelques instants en silence…(avec les humains même inconnus,  je suis d’un naturel beaucoup plus volubile !)

 

 

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 Puis je fais part à un bel étalon noir de mon admiration. Etonnée je l’entends me répondre et me confier qu’il est le petit fils de Jappeloup de Luze qui s’illustra à l’épreuve de saut d’obstacles aux  jeux olympiques de 1988.  Je découvre ainsi que je peux parler aux chevaux mais je ne suis pas sûre que dans le monde qui m’attend ça soit un atout professionnel !

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L’étalon me laisse alors lui caresser le museau et me dit que ma main est la plus fraîche et la plus douce de toutes celles qui l’ont caressé. Mais ma maman m’ayant prévenu que tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute, je me demande s’il ne cherche pas ainsi à m’inciter à lui cueillir une bonne botte d’herbes !

 

 

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Un superbe Alezan un peu jaloux s’approche alors de moi et réclame aussi sa part de caresses.  Magnanime j’acquiesce à sa requête. On dit que le cheval est la plus belle conquête de l’homme, mais moi petite fille j’ai fait la conquête de deux chevaux ! Comme l’a écrit Aragon et chanté son ami Jean Ferrat la femme est vraiment l’avenir de l’homme !

 

 

bourdils,cheval,aigle,bougieRevenus au refuge, vient le moment redouté de la toilette. Comme il faut aller chercher l’eau à la source et qu’elle est aussi froide que celle qui sort d’un frigidaire je me contente de faire une toilette de chat.

 

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 En attendant l'heure du dîner, les adultes nous initient à un drôle de jeu qu'ils appellent la "pétanque" dont le but est de se rapprocher le plus possible d'une petite boule - appelée le "cochonnet" (qui n'a rien d'un cochonnet, mais parfois je renonce à comprendre le monde des adultes) - avec des grosses boules. Quand je pense qu'ils n'arrêtent pas de me tarabuster pour que je ne joue pas avec des jeux électroniques qu'ils jugent idiots, je trouve ça un peu fort de chocolat !

 

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Cela dit, il faut avouer qu'on se laisse vite prendre par ce jeu. On tire, on pointe, on manque souvent sa cible. On s'esclaffe, on rugit, on rit, on peste , bref on s'amuse commes des petits fous. En définitive ce sont les consoles de jeux électroniques qui sont ringardes !

 

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 L'heure du dîner étant enfin arrivée, à la grande stupeur de nos parents Léo et moi  nous précipitons pour mettre  la table (qui est la pire corvée à la maison) et surtout préparer les bougies qui seront, la nuit venue, notre seul éclairage.  La fascination de l’homme pour le feu qui vient du fond des âges survit intacte dans le cœur de chaque enfant.

 

 

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Puis Gibus aidé de Léo commencent à préparer la fondue savoyarde.  On a beau être revenus cent ans en arrière, ce n’est pas pour autant que les femmes sont condamnées à faire la cuisine ! C’est d’ailleurs aussi bien car Gibus est vraiment le roi de la fondue !

 

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 Pendant que les hommes débouchent les bouteilles de vin de Seyssel, (ce qui vu le nombre demande un certain  temps !) , je prends la relève sur les fourneaux.

 

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 Vient alors l’heure magique du repas pris à la clarté  mouvante des chandelles. L’univers se réduit à une bulle de lumière orange    nos voix sont plus présentes que nos visages conférant à nos propos une densité inhabituelle et créant une ambiance de mystère. La fée électricité ne serait-elle pas finalement une sorcière qui nous aurait jeté un sort avec ses télés et ses jeux électroniques qui nous hypnotisent et nous font perdre le sens du dialogue et de la fraternité ?

 

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Les « anciens »  (je m’excuse auprès d’eux mais je n’ai pas trouvé d’autre adjectif)  évoquent alors la fragilité de notre monde moderne qu’une immense panne électrique ou des séismes terribles rendraient impotent et le risque qu’un jour nous ayons à revenir à des conditions de vie plus simples et frugales. Moi je ne suis pas contre si dans ce monde là il y a toujours des bonbons !

 

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Un peu fatiguée par cette longue journée et les discussions philosophiques des « anciens » je commence à m’endormir sur l’épaule de ma Mamy.


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 Je donne ainsi le signal de l’extinction des bougies. Ce qui est sympathique dans ce mode de vie à l’ancienne c’est que les grands n’ont plus de privilège, ils se couchent à la même heure que les petits !

 

 PS : Le titre de cette note est inspiré du magnifique film de Robert Redford « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux »

 

Texte et photos Ulysse


 

10:16 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : bourdils, cheval, aigle, bougie