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27/11/2011

Divagations pédestres et épistolaires autour de Fozières….

sénat,fozières,face de bouc,soumont

Pendant ma scolarité, de l’histoire je n’ai aimé que l’antiquité…. et les décolletés vertigineux de ma prof’ de seconde. Egyptiens, Grecs, Romains m’ont fasciné avec leurs dieux jouissifs  ou étranges, leurs scribes et leurs philosophes ainsi que leurs fabuleuses épopées ou légendes dont l’attrait  dépasse de dix coudées les aventures de Corto Maltèse ou de Tintin. D’ailleurs, cette passion n’est pas étrangère à mon pseudonyme Ulysse. Passée cette fascinante période, l’histoire de France, avec sa litanie de roitelets vaniteux, débiles ou sanguinaires (à l’exception notable de ce bon vieux Henri IV) m’a profondément ennuyée. Quant à la période contemporaine ce n’est qu’une histoire de tyrans et de voyous.

Mais aujourd’hui, mon sentiment a changé quand je vois l’histoire de France s’inscrire magnifiquement dans le paysage, comme ce château qui se dresse au sommet du  village de Fozières qui n’a guère plus de 250 âmes et quelques chats et chiens.  La curiosité me vient alors de savoir comment un tel château a pu naître dans un si modeste village et quelle en a été l’histoire.

De fait, ce château est  une ancienne demeure seigneuriale bâtie au XIIème siècle par la famille de Fozières qui a donné son nom au village.  Elle a été modifiée au XVIIème et est aujourd’hui inscrite au registre des monuments historiques. Les documents publics ne comportent, hélas, aucune péripétie notable concernant cet édifice  ou ceux qui l’ont édifié.   Ces derniers ont sans doute faite leur la devise bien connue des yanomamis, peuple d’Amazonie éminemment pacifique :  «Kikuyu tan tan gikopo lakoya » que l’on peut traduite par « Qui ne cherche de noises à personne, mène une vie tranquille ».

 

sénat,fozières,face de bouc,soumont

Ledit  château, dont l’histoire m’intrigue donc - et pour lequel, chers lecteurs et lectrices, je suis preneur de toute information - est au cœur d’un splendide environnement, qui est sans doute la raison même de son édification en cet endroit isolé .

Car au XIIème siècle, faute d’avoir  la chance de pouvoir se divertir en regardant  à la téloche «Question pour un croupion »  « Bêtement dimanche » «  Combien ça croûte » « Plus bêêêle la vie »  ou en surfant sur « face de bouc »  ou « touiteur »,  les seigneurs passaient leur temps – quand ils ne rendaient pas hommage à leur femme et concubines  - à regarder par la fenêtre et ils faisaient alors en sorte de jouir d’un beau paysage.

 

 

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Pour pouvoir bâtir de telles demeures les seigneurs tondaient la laine sur le dos  de « leurs cerfs ».  Aujourd’hui lesdits « cerfs » étant devenus des citoyens libres, égaux et fraternels (c’est du moins ce qui est écrit sur le fronton des mairies) seuls les moutons laissent leur laine sur les barbelés qui entourent leurs enclos.

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Si les hommes protègent aujourd’hui leurs propriétés au moyen de l’invention diabolique de  Joseph Farewell Glidden qui mit fin à l’ère des cow-boys, les arbres ont eux aussi plus d’un tour dans leur écorce pour se protéger des prédateurs.

Ainsi ces jeunes ormes rencontrés au bord de notre chemin recouvrent-ils leurs branches de liège pour éviter que les chèvres ou moutons ne les broutent !

 

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Fort heureusement, bien que les barbelés  étendent de plus en plus leur empire dans notre région, il reste de nombreux chemins ouverts à notre curiosité et celui que nous descendons ravit nos cœurs et nos prunelles : feuillage automnal des érables, senteurs enivrantes d’une pinède, perspective montueuse, ciel romantique qu’aurait aimé Gaspard David Friedrich. Que désirer de plus !


sénat,fozières,face de bouc,soumont

Si nous étions des amis de Sylvebarbe nous pourrions demander à ce vénérable chêne multiséculaire qu’il nous conte l’histoire du château de Fozières et de ses seigneurs. Sans doute aurait-il quelques anecdotes croustillantes à nous conter de troussages printaniers de soubrettes ou d’écuyers (les princesses, comtesses, baronnes n’étaient pas en reste et ce n’est que justice !)  sous son ombreuse et complaisante ramure.

 

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Il faut dire qu’il en est passé des charrues et des carrosses le long de ce chemin au cours des siècles passés. Leurs roues ferrées ont fini par laisser leur empreinte dans le plateau de grès qu’il traverse en approchant du village  de Soumont.

 

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Alors que leurs ancêtres mourraient souvent d’épuisement sous le harnais, les chevaux d’aujourd’hui mènent une vie de sénateur (le job le mieux payé et le moins fatigant du royaume dont le sieur Mélanchon, qui prône l'abolition des privilèges est, ne l'oublions pas, un digne représentant).  La nostalgie pourtant imprègne leurs grands yeux, nostalgie d’un temps où ils accompagnaient l’homme dans ses voyages alors qu’aujourd’hui  de nauséabonds  chevaux-vapeur confinés sous un capot leur ont succédés.

 

sénat,fozières,face de bouc,soumont

Nous arrivons au splendide village de Soumont rassemblé autour de son église bâtie au XIIème siècle et qui prospéra grâce à ses carrières de baryte, de grès, d’ardoise et de schiste ainsi qu’à ses châtaigneraies et ses genestières destinées à la production de toiles réputées.

 

sénat,fozières,face de bouc,soumont

Du haut du village on a une vue imprenable sur les collines environnantes au cœur desquelles est niché le lac du Salagou

 

sénat,fozières,face de bouc,soumont

La brume vespérale nimbe le paysage d’un voile bleuté qui gomme les aspérités des montagnes et diffuse une atmosphère de sérénité. Me reviennent alors en mémoire ces vers du grand Victor extraits de « la légende des siècles » que je vous invite à relire :

Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;


Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;


Une immense bonté tombait du firmament ;


C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.



Bon il est vrai que je n’ai encore jamais vu de lions boire dans le lac du Salagou, mais on ne sait jamais avec le réchauffement climatique en cours !


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S’il n’y a pas encore de lions dans la région, il y a toutefois des rhinocéros qui se planquent dans les arbres pour éviter qu’on leur pique leur corne supposée avoir des vertus aphrodisiaques (selon ma propre expérience la corne de bouc est plus efficace).


 

sénat,fozières,face de bouc,soumont

Nous voilà de retour à Fozières, passant au pied de l’église qui, au contraire du château sans histoire, a défrayé la chronique. En effet, ses cloches se sont mystérieusement arrêtées en pleine volée au petit matin du 1er novembre 1958 (à la sonnerie de six heures plus précisément) et sont depuis restées figées. La légende raconte que ce mystérieux phénomène serait dû aux imprécations d’un mauvais coucheur qui réveillé par la sonnerie de cloches aurait vociféré à sa fenêtre « Si le diable les arrête je lui donne mon âme ». L’homme en question serait mort le matin même et depuis les cloches sont restées immobiles et personne n’a osé y toucher.

 

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI

 

Texte @ Photos Ulysse

(reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

21/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (fin)


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Ayant malheureusement laissé notre pigeon à sa tragique destinée (voir la note précédente) nous basculons vers le vallon du Vialay dont les pentes sont couvertes d’une toison arborée, parée de fastueuses couleurs automnales. Qu’une telle beauté, qu’une telle sérénité naissent de feuilles qui vont mourir apaise l’angoisse qui nous étreint à la pensée de devoir un jour quitter ce monde (Qui est au demeurant le titre d’un magnifique roman de Douglas Kennedy). Comme ces feuilles qui au printemps renaîtront, nous pouvons espérer que nos vies s’inscrivent dans une chaîne infinie dont elles ne sont qu’un maillon.

  

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Mais même en admettant l’hypothèse que nous reviendrons, il n’est pas certain, au train où vont les choses, que ces lieux paradisiaques soient préservés. Aussi, vivons, vivons intensément, ne gâchons pas une minute, que dis-je, une seconde de notre existence ! Comme cet arbre parti à l’assaut de la colline - alors que ses congénères pusillanimes sont restés à l’abri du vent - et qui nous donne, à cet égard, un bel exemple de courage et d’énergie. Alors l’heure du piquenique étant enfin arrivée,  nous levons nos verres à cet arbre plein de bravoure et à la Vie !


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Pendant que nous piqueniquons et savourons nos sandwichs « jambon de parme, cornichon rémois, tomate de marmande », le roc Fourcat plante sa dent dans les nues pour faire un festin de ciel azur.

 

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Notre festin achevé, nous redescendons vers le hameau d’Héric sous un ciel sans nuage et sans un souffle d’air, éprouvant l’étrange et délicieux sentiment que le temps a soudain arrêté son cours.  Mais la course des aiguilles sur le cadran de ma montre m’informe hélas que l’implacable compte à rebours se poursuit…

 

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Cela étant, il semblerait que le temps sur le Caroux s’écoule plus lentement que dans la vallée, car nous découvrons allongée dans l’herbe une matrone coiffée d’un tour de tête avec guimpe et qui admire le paysage.  Ce genre de couvre-chef ne se portant plus depuis le moyen âge, on peut en déduire que la matrone en question a quelques siècles ! Finalement, peut être que le secret de notre vitalité à Gibus et moi même est que nous arpentons régulièrement les chemins de ce massif . Le Caroux élixir de longue vie ! Quelle chance pour nous !

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Et il est vrai  que la contemplation de tels paysages enlève vingt ans à nos cœurs et à nos jambes. Plutôt que d’aller se ruiner dans une station de thalassothérapie , mieux vaut grimper sur le Caroux !

 

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D’ailleurs les princesses d’Arabie, qui n’ont pourtant pas de problème de fin de mois,  viennent ici faire une cure de jouvence comme en témoigne ce dromadaire que nous croisons au bord de notre chemin.

 

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Le Caroux est assurément l’une des plus belles montagnes du monde et si j’étais bricoleur je rachèterais  bien cette vieille masure merveilleusement située pour m’y installer. Mais hélas j'ai "le marteau maladroit" et, de toute façon,  il faudrait aussi que j’apprenne à faire la pain, que j’élève quelques poules, lapins et cochons, et que je cultive un potager « and last but not the least »  une vigne !  Bref ! ce serait un peu compliqué et je crois que je vais me contenter de rêver  !  A vrai dire dans la vie, il y a ceux qui rêvent et ceux qui font.  Je ne sais pas ce qui est le mieux mais ce que mes parents m’ont appris, c’est que quand on se contente de rêver il ne faut pas envier ceux qui font !

 

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Parlant de rêves, poursuivant notre chemin, nous apercevons  un géant en train de dormir sur le flanc du Caroux et qui me fait soudain songer au sublime et émouvant poème de Rimbaud « Le dormeur du Val » :

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,


Accrochant follement aux herbes des haillons


D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,


Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

 


Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,


Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,


Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

 


Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :


Nature, berce-le chaudement : il a froid.


 


Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,


Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

Ainsi la mort prend – t - elle parfois l’apparence de la vie, comme on le voit en contemplant certains  membres du Sénat ou du Conseil Constitutionnel, institutions qui ressemblent à des annexes du musée Grévin.

 

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La cohabitation de vigoureuses frondaisons vertes et de frondaisons automnales vouées à la chute révèlent les deux stratégies de développement différentes du peuple arboricole. Les premiers dépensent une part de leur énergie pour préserver leur parure alors que les autres en font le sacrifice pour mieux résister au froid. C’est d’ailleurs pour cela qu’étant chauve, je ne crains pas l’eau glacée.

 

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Ces arbres toujours verts, qui sont par nature un peu « m’as tu vu » et aiment épater la galerie, vont souvent se nicher dans des endroits improbables qui les condamnent un jour à la chute. Le genre humain n’est pas exempt de ce genre de bravade et l’on voit des imprudents accéder à des positions d’où, du fait de leur incompétence, ils ne peuvent ensuite que dégringoler (l’avantage petite Giulia, c’est que tu vas bientôt pouvoir profiter de ton papa !)

 

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Avec mon ami  Gibus nous ne présumons jamais nos forces et nous ne prenons jamais la montagne à la légère : Il y a encore tellement de vins d’Oc que nous n’avons pas goûtés ! Et c’est ainsi qu’une fois de plus nous redescendons sains et saufs de notre périple émoustillés comme des adolescents ( que nous restons grâce au Caroux) à la pensée des deux blondes pétillantes qui nous attendent à l’arrivée.

PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI 

Texte @ Photos Ulysse

(Toute reproduction interdite sans autorisation de l’auteur)

  

14/11/2011

Le Caroux par la piste des Aiguilles (1ère partie)

aiguilles,olympe,oréades,caroux

Depuis des années que nous arpentons le massif du Caroux, nous pensions, Gibus et moi, en avoir emprunté tous les itinéraires, le dernier que nous avions découvert en juillet dernier     la piste des charbonniers – s’étant révélé le plus périlleux !

Et puis en regardant à la loupe la carte IGN du secteur nous avons fini par trouver une vague piste en pointillés partant du col de Bertouyre et grimpant en ligne droite vers le Roc du Caroux qui donne son nom au massif.  Les prévisions météo étant favorables nous décidons d’aller l'explorer sans  tarder .

Nous voilà donc à pied d’œuvre après avoir accédés au Col de Bertouyre et découvert le départ de ce sentier dénommé « Piste des Aiguilles » selon la pancarte qui le signale.

 

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Son nom n’est, de fait, pas usurpé car cette piste remonte le flanc ouest du massif en offrant des vues vertigineuses sur les aiguilles rocheuses dont il est orné. Le brouillard qui submerge la plaine et les vallées environnantes confère au paysage un caractère fantomatique.

 

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Le soleil matinal dissipe peu à peu ce brouillard faisant émerger du néant d’énormes monolithes jaillissant d’une toison arborée.

 

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Dans cette atmosphère brumeuse les montagnes qui pèsent des millions de tonnes semblent flotter dans le ciel comme des montgolfières.

 

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Progressant dans notre ascension, nous passons au dessus du banc de brouillard qui ressemble à une énorme vague figée prête à engloutir le Caroux

 

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Nous contournons,  un peu plus haut, le Roc du Miral (887m) qui, émergeant  d’une mer de nuages, prend des allures d’Olympe. Ainsi coupés du monde des vivants, Gibus et moi scrutons les lieux pour voir si, par chance, quelques accortes oréades n’y gambaderaient pas, mais hélas notre quête reste vaine.

 

 

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Le seul être que nous croisons en ces lieux est une énorme murène qui, profitant du brouillard, a quitté  la mer pour  remonter  le cours de l'Heric et qui tente vainement de gober la lune.

 

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Dépités, nous poursuivons notre ascension en direction du Roc du Caroux. Nous escaladons d'immenses dalles rocheuses où la piste disparaît. Mais elles sont fort heureusement parsemées de cairns qui nous permettent de garder le bon cap.


 

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 Approchant du plateau sommital nous apercevons le roi du Caroux adossé contre une falaise et qui admire le lent flux de la mer de nuages qui baigne les flancs de son royaume.

 

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Et il est vrai que ce spectacle est royal et rois, aussi, nous sommes, Gibus et moi, seuls en ces lieux et libres de jouir sans restriction de la beauté du monde. 

 

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Enivrés de beauté (il n' y a pas que les vins d'Oc qui nous enivrent ! ) nous accédons enfin au plateau sommital dont nous entreprenons la traversée avant de redescendre vers la vallée.

 

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L’or roux des fougères brûlées par l’été, entremêlé du vert intense de genêts, illumine le plateau et entretient notre radieuse félicité. Un jour comme celui ci est un jour passé au paradis. 

 

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Hélas, nous redescendons bien vite sur terre car nous rencontrons sur le bord du chemin un pigeon blessé par des chasseurs que nous venons de croiser. Celui ci volette d’une aile en titubant,  l’autre ayant été brisée par une balle. Je ne veux pas diaboliser les chasseurs car je sais qu’il y a parmi eux dans le « civil » des gens respectables (bien que je ne comprenne pas que l’on prenne plaisir à tuer)  mais ils sont encore trop nombreux ceux qui sont de purs « viandards » prêts à tirer sur tout ce qui bouge.

A ceux là, je rappelle le poème De Victor Hugo intitulé : "A un homme partant pour la chasse ":

Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.


Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,

Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.

Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.


Te figures-tu donc être un tel but final

Que tu puisses sans peur devenir infernal,

Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,

Échiner le baudet, exténuer la rosse,


En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,

Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?

Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,

Confine à l'assassin et touche au sacrilège.


Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.


Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit

Pour donner meilleur goût à la caille rôtie


Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,

Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.


A suivre....


PS: Vous savez que les problèmes de l'environnement me tiennent à coeur. A ce sujet une grave pollution aux hydrocarbures affecte de façon permanente le port de Sète. Un collectif s'est créé pour intervenir auprès des autorités afin qu'elles remédient à cet etat de fait.  Je vous invite à soutenir leur action en signant leur pétition  ICI


Texte & Photos Ulysse (sauf poème)

(Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur) 

 

 

 

08/11/2011

A l’assaut du roc Nantais !

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On a fêté récemment le trentième anniversaire de la mort de ce cher Georges qui nous invitait à traverser les ponts pour trouver l’aventure. Aussi, aujourd’hui nous allons emprunter le magnifique pont - bâti au XVème siècle -  qui franchit la Dourbie à Nant, pour partir à l’assaut du Roc Nantais.

Je ne me permettrai pas de tenir le jupon de mes chères lectrices pendant cette traversée, mais je les invite à prendre garde car un vent malicieux descend souvent du  Causse du Larzac et s’engouffre dans les gorges creusées par la rivière.

 

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L’aspect insolite du Roc nantais, que l’on peut comparer à une tour d’observation si l’on a un esprit martial ou à un téton de Gaia si l’on est romantique, incite à le gravir.

 

roc nantais, dourbie

Son altitude est, somme toute, modeste – 808 mètres - mais son aspect est néanmoins rébarbatif et l’on se demande, quand on s’engage sur le chemin qui y mène,  comment on va bien pouvoir atteindre le sommet.

 

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De fait, l’entreprise est moins difficile qu’il n’y paraît. Le chemin contourne en effet le roc pour y accéder par une spirale ascendante tracée sur son flanc nord. Au passage, il offre des vues somptueuses sur les Gorges de la Dourbie

 

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Le vent, la pluie, le gel et le soleil sont les «Courbet, Constable, Cézanne, Van-Gogh » du paysage. Ils déterminent la disposition et la morphologie des nuages et des arbres et sculptent les roches. Ils font preuve en la matière d’un talent inégalable. Il y a dans leurs œuvres quelque chose de primitif et de sauvage que l’homme, aussi talentueux soit-il, ne peut  reproduire. Devant un tableau peint par l’homme, l’émotion est d’ordre esthétique, devant la nature elle est d’ordre charnel.

 

nant , roc nantais,

Nous voici en haut du Roc Nantais, comme un aigle dans son aire, dominant le village de Nant dont les maisons sont étalées le long de la Dourbie et de son modeste affluent le Durzon. Vues d’en haut elles ressemblent aux pièces  d’un jeu de construction que l’on croit pouvoir saisir entre deux doigts pour en modifier la disposition. Toute présence humaine est gommée par la distance mais la trame des champs qui s’étendent aux alentours témoignent de l’immémoriale et inlassable activité des habitants du village.

 

nant, roc nantais

La répartition et la forme des champs, des prairies, des haies, des bosquets et des bois résultent d’une savante conjonction des paramètres climatique, hydrographique, géologique ainsi que du régime des vents, des lois successorales et peut être aussi des joyeuses libations de ceux qui les ont créés et les exploitent. Le tout formant une vivante encyclopédie de ce bel exemple de civilisation rurale. 

 

nant , roc nantais,

Ayant contemplé à loisir ce panorama somptueux, nous allons maintenant rejoindre Cantobre,  joli village situé en contrebas au bord de la Dourbie (en général, nous évitons les coins sans intérêt !). Gibus nous invite à emprunter le plus court chemin, c’est à dire la voie des airs. Mais sage précaution, il nous montre au préalable la meilleure façon de prendre notre envol.

 

cantobre, dourbie

La leçon est profitable car nous arrivons tous sans encombre en vue de ce magnifique village qui domine de plus de cent mètres les vallées de la Dourbie et du Trévezel (pour être honnête, nous avions tous un parachute, on ne sait jamais ! ).

 

cantobre, dourbie

Mieux vaut ne pas être somnambule dans ce village  ! Les émois provoqués dans le monde par la crise Grecque doivent faire sourire ses habitants, eux qui vivent depuis toujours au bord de l’abîme  !

 

roc nantais

Le chemin qui revient vers Nant comporte un passage un peu délicat, mais notre vol  de l’aller nous a vacciné contre le vertige.

 

roc nantais

Fort heureusement, le chemin redevient très vite « carrossable » et nous pouvons jouir sans inquiétude du magnifique paysage qu’offre le flanc déchiqueté du Causse le long duquel nous descendons.

 

roc nantais

Nous rejoignons sans encombre le fond de la vallée illuminé par les frondaisons des arbres effleurées par les doigts de l’automne (nous étions au début octobre)

 

roc nantais, dourbie

Puis nous longeons en sous bois  la Dourbie dont les eaux argentées créent un fabuleux jeu d’ombre et de lumière à travers les frondaisons.

 

roc nantais, dourbie

Parvenus au terme de notre périple, nous nous retrouvons au pied du Roc nantais qui, vu sous cet angle, affiche le visage souriant du Boudha !  Mais qui n’aurait pas un air serein devant un tel paysage !


PS: je suis absent quelques jours et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour. merci de votre visite.

 

Texte & Photos Ulysse

 (Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur) 

09:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)