suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

29/01/2012

Il a neigé dru sur le plo des Brus (fin)

   ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite


DSC01539.JPG

(Suite de la note précédente)

Quittant la hêtraie qui préfère les versants au nord plus frais et humides, nous basculons vers le sud et  pénétrons au cœur d’une sapinière. Les troncs  sont ornés de mouchetis de neige qui captent et renvoient la lumière donnant un aspect féerique à ce lieu habituellement austère et sombre.


DSC01543.JPG

Nous croisons deux duellistes saisis par le gel. Quelle était donc la cause de leur querelle ? Une rivalité en amour ? Une affaire d’honneur ? Nous ne le saurons jamais comme nous ne saurons jamais de notre vivant si le vin est à volonté et gratuit au paradis ! (C’est pour cette raison que je prends un peu d’avance ici-bas !)


DSC01546.JPG

Même ce lièvre des neiges, familier des lieux, n’a pu nous donner le fin mot de l’histoire ! Avouez que c’est assez énervant de ne pas savoir ! Je lance un appel à celles et ceux qui auraient des informations sur ce drame de me mettre un commentaire. Il ou elle aura droit à ma gratitude éternelle (ce n’est pas rien !)


DSC01548.JPG

Nous ne prenons même pas la peine de poser la question à cet éléphant rescapé de l’armée d’Hannibal car chacun sait que les éléphants ça trompent énormément.

 

DSC01549.JPG

Cet « Ent-chataigner » séculaire aurait, peut être, pu nous tuyauter mais il a oublié la langue des humains apprise dans sa jeunesse du temps où les hommes vivaient dans le vallon et s’occupaient de lui en échange de ses châtaignes. Qu’allons nous devenir si les hommes et les arbres ne peuvent plus communiquer entre eux ?


DSC01550.JPG

Le chemin traverse le ruisseau de l’Ourtigas et Gibus, plus audacieux que je ne le suis, emprunte la passerelle branlante et couverte de neige masquant traîtreusement une couche verglacée. Il en sort indemne en se rattrapant aux branches tandis que je prends le parti moins glorieux de franchir le ruisseau au niveau d’un gué.


DSC01553.JPG

Et c’est l’arrivée à Caissenols le Haut, promesse d’un bon feu de cheminée , agrémenté d’un vin chaud que nous buvons à votre santé chères lectrices et lecteurs en saluant votre fidélité à nous suivre.



DSC01558.JPGIl est toujours émouvant de penser que des gens au cours des siècles passés ont été assis face à ce foyer la tête emplie de soucis, d’espoirs, de rêves. Qu’ils ont ri, discuté, pleuré, qu’ils se sont querellés, embrassés, aimés. Nous nous joignons en pensée à ce peuple de fantômes sachant qu’un jour viendra où nos visages s’estomperont dans le néant comme les flocons de neige dehors dès que reviendra le printemps. Vivons ! vivons ! il est plus tard que nous le croyons ! (cliquer sur la photo pour l'agrandir et vous verrez, enfin, nos bobinettes. Laquelle de vous, chères lectrices, a poussé un soupir de déception ?).

 

DSC01561.JPG

Réchauffés et rassasiés nous prenons le chemin qui mène au portail de Roquenduire. La remise en route, en cette saison qui ne nous permet pas de sacrifier à la sacro sainte tradition de la sieste, est un peu difficile, d’autant que l’ascension du matin a été rude.

 

DSC01567.JPG

Notre chemin traverse le ruisseau de la Raille auquel le gel a brodé de magnifiques suspensions de glace, chefs-d’œuvre éphémères et rares en notre contrée

 

DSC01572.JPG

Les œuvres qui ornent le ruisseau de la Taillade n’ont rien à leur envier. L’hiver doit être follement amoureux de Gaïa pour lui sculpter de tels pendentifs ! Sans doute craint-il d’être bientôt éconduit en raison de l’irresponsabilité des hommes.

 

DSC01575.JPG

Les yeux éblouis par tant de merveilles je marche par inadvertance sur la queue d’un chat sauvage qui s’en prend à mes mollets me forçant à précipiter l’allure

 

DSC01576.JPG

Nous arrivons en vue de la Serre de Majous qui dépasse les 800 mètres mais que l’hiver a déserté du fait d’une généreuse exposition au soleil. Ainsi en quelques kilomètres nous changeons de zone climatique, parfaite illustration de ce patchwork de micro-climats que constitue la zone des hauts-cantons située à la croisée des influences océanique, montagnarde et méditerranéenne.

 

DSC01582.JPG

Sur le versant couvert de genets Gibus qui a un regard d’aigle repère un intrus qui nous observe. Saurez vous vous aussi le repérer?

 

DSC01583.JPG

Nous franchissons enfin l’étonnant portail de Roquandouire pour redescendre en direction de Nougayrol. Vous l'avez déjà franchi en ma compagnie au moins une dizaine de fois mais on ne s'en lasse pas, n'est ce pas ?

 

DSC01588.JPG

Quelle meilleure façon de tirer le rideau sur cette randonnée que de vous montrer ce rideau de glace tissé par le ruisseau du Devois du Fayet que nous traversons avant d'arriver. Il est vrai qu’avec un nom pareil on a le droit de parader !

 

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter



24/01/2012

Il a neigé dru sur le Plo des Brus (1ère partie)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
DSC01445.JPG

Parcourir les chemins du haut-languedoc c’est revisiter son histoire. Il ne s’y trouve guère de lieu qui, par sa végétation, l’aménagement de l’espace ou les ruines que l’on y trouve, ne parle des siècles passés.

Nous voilà donc partis, Gibus et moi, pour un haut lieu à la fois géographique et historique de notre région : le plo des Brus, perché à plus de 1000 mètres dans le massif de l’Espinousse. En lisant ce nom, les esprits retors pourraient s’imaginer (aurais je l’esprit retors ?) que sur ce plateau (plo) haut perché, autrefois les brus en délicatesse avec leurs belles mamans (ce sont des choses qui arrivent, n’est ce pas !) venaient s’y échanger des recettes de soupe à la cigüe et autres « délices » pour mettre fin à leur problème, d’où le nom donné à ce lieu.

Que nenni ! l’origine en est beaucoup plus passionnante et viendrait de l’existence d’un camp romain qui aurait été commandé par Brutus, l’un des lieutenants de César (et plus tard l’un de ses assassins)  avec la mission de réduire les Ruthènes et les Avernes, soulevés par Vercingétorix.

Car ce plo situé sur le chemin menant de Béziers à Cahors occupait une position stratégique et présentait sur la majeure partie de son périmètre des défenses naturelles inexpugnables. Des restes de fortifications, des traces de roues de chars  gravées dans les dalles du sol et d’innombrables fragments de porteries attestent de cette présence romaine (Source « Mon Blason de Jules Anton Ed.  les Amis des Cévennes).

 

DSC01451.JPG

Nous partons donc du vieux moulin de Nougayrol situé au bord de la Mare (affluent de l’Orb) quelques kilomètres après Andabre et grimpons vers la chapelle de St Eutrope, notre  première étape. Derrière nous s’élève la montagne de Marcou (1087m) coiffée de neige qui donne une note de fantaisie à son allure habituellement austère.

 

DSC01463.JPG

La plateforme rocheuse sur laquelle est installée la chapelle nous permet de reprendre notre souffle. La croix qui la coiffe est comme un  défi de l’esprit au monde minéral et inhospitalier qui l’entoure .

 

DSC01473.JPG

Mais nous avons nous aussi un défi à relever qui est de franchir  sans encombre la formidable barre rocheuse qui protège le plo des brus, malgré la neige qui recouvre ses pentes

 

DSC01478.JPG

A peine sommes nous en route sur une vague trace encombrée de rocs, que nous apercevons un vénérable mouflon qui doit se trouver très heureux, en nous voyant tanguer sur le sentier, d’avoir quatre pattes plutôt que deux ! Malgré les cornes qu’il nous faudrait porter, sûr que l’on aimerait nous aussi à ce moment être mouflons !

 

DSC01485.JPG

Il rejoint nonchalamment sa harde qui se réchauffe la couenne au soleil, sans doute heureuse de retrouver un temps plus clément après les tempêtes des derniers jours.

 

DSC01497.JPG

La pente se fait plus raide et la neige plus profonde, ce qui ne facilite pas notre progression. Mais la tramontane est en congé et le froid reste supportable, ce qui nous permet de nous concentrer sur le sentier.

 

DSC01502.JPG

A l ‘approche de la dernière barre rocheuse les choses se corsent car la couche de neige rend les roches sous jacentes glissantes et, oh stupeur ! Gibus, qui habituellement semble flotter sur les chemins, patine un peu dans la semoule ….Quant à moi je progresse à quatre pattes  sur un air de tango, deux pas en avant, un pas en arrière !

 

DSC01506.JPG

Mais de nos efforts nous sommes largement récompensés par la vue que l’on a une fois parvenus sur le plo.  On comprend que les romains aient choisi d’installer leur camp à cet endroit qui offre une vue à 360° (voire plus) sur le paysage environnant.

 

DSC01508.JPG

Vu d’ici, l’orgueilleux Marcou n’est plus qu’un pauvre tas de caillou, lointain cousin du Mont valérien (il faudra que je me méfie la prochaine fois que j’irai lui gratter le dos, si jamais on lui rapporte mes propos !). Comme quoi tout est affaire de perspective : tel problème dont on se faisait une montagne nous fait sourire après l'avoir surmonté !

 

DSC01520.JPG

Nous nous arrachons à grand peine à cette vue ensorcelante pour descendre vers le hameau de Caissenols le Haut, où nous avons prévu de pique-niquer.

 

DSC01516.JPG

Alors que nous suivons les traces d’un mouflon, je vérifie la véracité d’un dicton languedocien qui dit que si l’on met ses pas dans ceux de cet ongulé , on peut lire dans ses pensées. Je n’ose le dire, mais ayant agi de la sorte, je vis apparaître le postérieur d’une mouflonne ! Comme quoi les mouflons et les hommes ont des valeurs communes !

 

DSC01528.JPG

Nous croisons un hippopotame des neiges, descendant d’une espèce qui occupait les lieux il y deux cents millions d’années alors que le climat était tropical. La faculté d’adaptation du monde vivant est étonnante. Qui pourrait imaginer que nos avortons politiques actuels sont des descendants de Vercingétorix et de Charlemagne?

 

DSC01529.JPG

Etre ou ne pas être, voilà une question que ne se pose pas ce formidable hêtre qui a lui seul constitue une forêt. Les arbres sont dans le monde vivant les êtres qui ont la vie intérieure la plus riche et la plus intense, du fait de leur immobilité qui les conduit  à passer leur existence à méditer en faisant fi des éléments. D’ailleurs, faites l’essai un jour d’enlacer un bel arbre pendant plusieurs minutes et vous en serez revigoré.

La tempête Klaus de janvier 2009 l’a malheureusement sérieusement blessé mais pas terrassé et je lui souhaite  de voir passer de nombreuses générations de randonneurs.

A suivre....

Texte & photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter

 

17/01/2012

Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux (fin)

  ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

 
DSC01247.JPG

(Suite de la note précédente)

Sortant du couvert des arbres nous abordons la traversée du plateau central du Caroux occupé en partie par la tourbière de la Lande que l'on traverse sur des pilotis de bois glissants comme une savonnette. Nous nous dirigeons vers le hameau de la Fage situé sur le flanc « Est » du Caroux, bousculés par la Tramontane qui s’est levée et souffle à près de 100km/heure.

Nous dépassons un arbrisseau qui s’est témérairement installé sur le plateau, aussi fou que nous le sommes, sauf que nous avons l’avantage sur lui de ne pas être condamnés à rester plantés en ce lieu qui, aujourd’hui, prend des airs de Sibérie.

 

DSC01249.JPG

Oui, fous nous sommes, mais de cette douce folie qui habite les enfants qui courent dehors débraillés pour faire des batailles de boule de neige ou pataugent les pieds gelés dans les flaques d’eau en niquant leurs chaussures, comme l'a si bien chanté  l'ami Renaud.


DSC01260.JPG

Par endroits le chemin disparaît sous la neige et seuls les cairns qui émergent ici et là nous confirment que nous avançons dans la bonne direction

 

DSC01250.JPG

Mais soudain la tramontane, sans doute vexée de notre indifférence à son égard, redouble de violence et nous environne dans un blizzard de cristaux de neige qui nous aveugle et nous cingle le visage. Le Caroux se met alors à ressembler à une mer gelée et démontée. Il nous faut impérativement marcher car s'arrêter c'est prendre le risque d'être transformés en quelques minutes en bonhommes de neige ! Le corps à corps avec les intempéries nous procure un bonheur intense en faisant vibrer la corde de vie qui nous traverse et diffuse à travers notre corps des ondes de plaisir.

 


DSC01253.JPG

Plus la tramontane se déchaîne et plus notre plaisir redouble ! La saveur de la vie est magnifiée quand vous êtes ainsi soumis à des conditions extrêmes mais que votre existence n’est pas vraiment en péril.

 

DSC01255.JPG

Nous approchons du bord du plateau et allons quitter à regret ce monde inhospitalier mais d’une beauté austère et vivifiante. La contemplation d’un monde vierge, sauvage, exempt de toute autre présence humaine permet de ressentir le lien intime qui nous relie à l’univers. Dans le blizzard de neige nous étions deux « flocons » pensant …

 

 

DSC01265.JPG

Le chemin bascule vers les gorges de Colombières où nous sommes protégés de la Tramontane. Faisant une halte pour nous désaltérer- car le vent et le froid déshydratent - je découvre que pendant la traversée du plateau ma gourde a gelé ! C’est  « une première »  depuis des années que nous randonnons dans l’Hérault et qui me fait regretter de ne pas avoir emmener une flasque de pastis !

 

 

DSC01268.JPG

On aperçoit bientôt le fil argenté du ruisseau d’Arles qui coule au fond des gorges. Bien qu’adeptes, comme vous le savez, des bains « nordiques » nous ne sommes pas tentés cette fois ci d’y mettre ne serait- ce que la moitié du quart d’un petit doigt de pied .

 

 

DSC01287.JPG

Les rives rocheuses qui le surplombent sont décorées comme des sapins de noêl et témoignent de la température ambiante !

 

 

DSC01286.JPG

L’eau habituellement insaisissable est ainsi condamnée par le froid à l’arrêt, mais que la chaleur revienne et elle reprendra son cours ! Après la mort qui nous saisit, nos vies reprennent elles aussi ailleurs leur cours ?

 

DSC01275.JPG

Des brindilles s’habillent de glace et parent Gaïa, notre terre,  de somptueuses boucles d’oreilles. Gaïa est coquette  mais hélas , homo sapiens, son amant est un rustre qui ne prête guère attention à elle !

 

 

DSC01284.JPG

Nous plongeons un peu plus avant dans les gorges de Colombières dont les falaises déchiquetées témoignent d’une histoire tourmentée. C’est toujours une source d’étonnement de voir de si petits ruisseaux éventrer ainsi les roches parmi les plus dures qui soient !

 

 

DSC01281.JPG

Le chemin taillé par les hommes traverse de nombreux éboulis rocheux…on peut dire que les gaulois nos ancêtres ont fait un travail de 'romains !

 

 

DSC01288.JPG

Plus avant le chemin  surplombe le torrent en d’étroits passages qui lui donne un air de « chemin des incas ». Mais c’est sans encombre que nous revenons à notre point de départ, revigorés par cette journée qui ferait le bonheur d’un « Inuit ».

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter

 

11/01/2012

Neige, blizzard et deux fous sur le Caroux ! (1ère partie)

 ACTUALISATION D'ARCHIVE

Etant indisponible jusqu'au début du mois de  février j'ai programmé quelques "archives" pour vous faire patienter. Merci de votre visite

DSC01151.JPG

La randonnée est pour moi un élément indispensable au maintien non seulement d’une bonne condition physique mais aussi mentale. Rompre un ou plusieurs jours avec le babillage médiatique pour aller à la rencontre de la nature et des éléments : soleil, pluie, vent, neige qui ne trichent pas, ne mentent pas , vous mettent face à vous même et vous poussent parfois dans vos derniers retranchements, est un exercice salutaire.

Elle permet de prendre du champ par rapport à cette "oligarchie d'incapables" qui  pensent que tous les français sont nés à Vire ! C’est sans doute pour ces tristes sires un critère d’identité nationale !

Non seulement sommes nous considérés comme des minables mais nous sommes aussi constamment sous surveillance. Car dorénavant avec les GPS installés sur les voitures et les portables , Big Brother peut nous localiser à tout instant et savoir si nous étions dans telle rue chaude de Neuilly sur Seine (un lieu particulièrement mal famé) ou dans une manifestation contre le port des talonnettes (un élément vestimentaire au moins aussi dangereux pour l’ordre public que la burka)

Aussi par mesure de sécurité éteignez le plus possible vos portables et allez là où les demoiselles à la voix sucrée des GPS n’oseront jamais vous accompagner : sur le Caroux ! Et cela même s’il y fait un temps à ne pas mettre un mouflon dehors . Au moins vous serez sûr d’être seul  et que l’on ne viendra pas vous y chercher !

 

DSC01159.JPG

Et c'est pourquoi, alors qu’il a neigé la veille sur les sommets et qu’une tramontane à 100km /heure est annoncée pour la journée, nous nous mettons en route, Gibus et moi, à partir du village de la Colombières pour une cure de « désintoxication » sur le Caroux.

Nous empruntons le chemin qui longe le ruisseau d’Albine, ponctué de superbes cascades et qui mène aux baraques du Caylus puis au roc du Boutou situé au bord du plateau sommital (800m de dénivelé) .

 

DSC01165.JPG

Il neigeote et le soleil, qui  généralement manifeste dans le sud un égo démesuré, joue une partie de bras de fer avec les nuages afin de na pas être renvoyé dans les coulisses. Leur affrontement crée de belles étincelles qui magnifient le paysage.

 

DSC01169.JPG

Celles et ceux qui ont bâti et vécu autrefois dans les baraques de Caylus où nous arrivons imposent le respect. Ils avaient le sens du devoir vis à vis de ceux qui les avaient précédé et de ceux qui les suivraient. Ils savaient qu’ils n’étaient qu’un maillon dans une chaîne humaine et travaillaient et bâtissaient non seulement pour eux mêmes mais aussi pour l’éternité. Ce sentiment leur permettait de supporter une existence souvent rude, mais qui n’était pas exempte de joies et de fraternité.

 

DSC01181.JPG

Le débit de l’Albine ayant considérablement grossi nous devons crapahuter sur ses rives escarpées pour trouver un endroit où le traverser sans trop de risque, les rochers étant rendus glissants par une pellicule de neige verglacée. Un peu d’adrénaline dans le sang est un élixir de jouvence qui enlève 20 ans à nos vieilles jambes ! (mais hélas pas au reste de notre anatomie  !)


DSC01183.JPG

Ayant traversé sans encombre l’Albine, il nous reste à grimper le ravin des Drayes pour accéder au plateau sommital envahi par les nuées, ce qui nous réjouit, car nous sommes sûrs de ne pas rencontrer âme qui vive là haut. Enfin, il y a peut être des « âmes » (sait on jamais !) mais pas les corps qui vont généralement avec…

 

DSC01195.JPG

En approchant du sommet la couche de neige se fait plus épaisse et recouvre de véritables chausse-trappes qui mettent en péril notre équilibre. Une fois ou deux je me retrouve affalé dans la neige alors que Gibus semble la survoler, révélant la supériorité en montagne des gènes suisses sur les gènes gaulois (mais dans une cave ceux des gaulois sont supérieurs, cocorico !)

  

DSC01205.JPG

Parvenus sur le plateau nous ramassons des branches mortes de pins pour nous faire un feu dans le refuge de Fontsalès. Mais la neige ayant recouvert les chemins nous errons une bonne demi heure nos branches à la main autour du refuge avant de le trouver. Cet étrange ballet – qui nous a bien fait rire – a dû paraître étrange à la DST si jamais une caméra de l’un de leurs satellites nous a observé. Je ne serais pas étonné qu’on soit bientôt mis en garde à vue pour comportement suspect, vue les phobies sécuritaires de ceux qui prétendent nous gouverner.

 

DSC01212.JPG
Nous finissons par trouver le refuge de Fontsalès qui est pour nous un bâtiment plus précieux que le Taj Mahal ou le palais de Topkapi, vu qu’on nous laisserait pas certainement boire du vin chaud et saucissonner au sein de ces deux monuments.


DSC01209.JPG

Par la magie d’une allumette nous faisons naître un feu sans lequel l’homme aurait été une espèce condamnée . Quand je contemple un feu, j’ai les yeux de Naoh , l’oulhram qui est parti à sa conquête et dont l’histoire est contée dans le roman « La guerre du feu » de J-H Rosny qui a illuminé, c’est le cas de le dire, mon enfance .

 

DSC01223.JPG

Pendant notre pause la tramontane s’est levée et a nettoyé le ciel . Nous entreprenons alors la traversée du plateau en direction du Hameau la Fage et des gorges de la Colombières. Au départ le chemin sinue au milieu dune sapinière qui nous protège du vent et arbore une parure digne de ses consoeurs du grand nord. Qui croirait que l’on puisse voir un tel spectacle dans l’Héraut, considéré par beaucoup comme le pays des plages et des camps de naturistes !


DSC01226.JPG

Le soleil jette des confettis de lumière qui illumine le couvert de la sapinière et lui donne un aspect féérique.


DSC01232.JPG

Puis nous abordons une zone de feuillus dont la tunique neigeuse apporte un brin de fantaisie à leur morne existence hivernale


DSC01231.JPG

Sur ces chemins recouverts d’une neige inviolée nous posons le pied là où aucun autre homme ne l’a posé. Quelle jouissance cette sensation nous procure dans ce monde où tout semble pollué, déprécié, usé….. Mais nous faisons bien de savourer ces instants de jouissance car nous ne savons pas encore ce qui nous attend au sortir du couvert des arbres….pauvres fous partis seuls inconscients par un jour de blizzard sur le Caroux !

A suivre.....

Texte & Photos Ulysse

A ceux qui envisagent l'achat d'un appareil photo je déconseille l'achat d'un appareil SONY qui comme le souligne ce site sont de fabrication légère, ce que je confirme car mon SONYAlpha 55 a eu une panne fatale alors qu'il était encore sous garantie que la société a refusé d'appliquer prétextant un mauvais usage de l'appareil. 

 

Remonter