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27/04/2012

Partons « aux matines » pour le Peyre Martine !


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Me revoilà, comme promis, pour une nouvelle rando organisée par Gibus et mon papy. Vous savez que j’adore ça et que je ne laisserais  ma place pour rien au monde, même pas pour une montagne de « carambars ». Le seul problème est qu’il faut se lever « aux matines », si l’on veut pouvoir arriver sur les sommets à temps pour le pique-nique.

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Ce matin nous avons comme objectif le Peyre Martine qui culmine à 781 mètres, soit  600 mètres de dénivelé à avaler, ce qui n’est pas, si je puis dire, la mer à boire – combien pittoresque est la langue française -  mais bon, il ne faut pas, pour autant, que l’on traîne en chemin.

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Au départ nous empruntons une antique  et magnifique « draille caladée » qui, selon les explications données par les  anciens du groupe  – qui seuls peuvent savoir ces choses d’un si lointain passé - étaient empruntées lors de la transhumance des moutons. Les bergers passaient alors  l’été au sommet des montagnes dans des abris de pierre sans confort. Je n’envie certes pas leur sort mais au moins personne n’était sur leur dos pour qu’ils fassent leur lit, qu’ils se lavent les dents ou qu’ils rangent leurs affaires ! 

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Comme à l’habitude, Léo et moi sommes en tête, mais il est vrai que je ne porte pas de sac et que celui de mon frère est plutôt décoratif. Bon, je crois que j’ai loupé une bonne occasion de me taire et que je risque de me faire rabrouer, car Léo est à un âge où les garçons deviennent extrêmement susceptibles. Mais nous les filles on en rigole et on aime bien « mettre en boite » nos alter ego masculins qui tombent souvent dans le panneau ! Pour dire vrai, j’ai mis du temps à comprendre ces expressions assez bizarres car je ne voyais pas très bien comment on pouvait mettre quelqu’un dans une boite ou tomber dans un panneau !  Je pense que ceux qui ont créé la langue française devaient de temps en temps abuser de nectars chers à mon papy !

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Je trouve sur le bord du chemin une pierre qui a la forme d’une tête de molosse et mon papy m’affirme que c’est une tête de chien de berger fossilisé. Je ne suis pas dupe mais je fais semblant d’y croire car je me  rends bien compte qu’il a du mal à se faire à l’idée que je ne suis plus en maternelle. Je crois qu’il appréhende le jour pas si lointain où je grimperai plus vite que lui vers les sommet, car ça lui mettra un coup au moral !

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Etant arrivés au sommet du Peyre Martine dans le temps imparti malgré un « rallongis » imprévu, dû à une erreur d’aiguillage de nos guides,  qui se prétendent experts en la matière - mais on sait dans quel état les pseudo-experts ont mis le monde aujourd’hui – nous nous installons dans une bergerie où nous avons prévu de nous  sustenter .

 J’ai choisi délibérément ce verbe un peu précieux car il contient une idée de « soutien » approprié aux circonstances, vu que j’ai les jambes qui flageolent., alors que mon papy et Gibus courent à droite et à gauche pour faire une provision de bois pour le feu. Finalement, je me dis que ce n’est pas demain la veille que je grimperai plus vite qu’eux.

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Il faut reconnaître que, bien que l’on soit dans le Midi, le feu que Gibus nous allume est vivement apprécié par notre assemblée. Ce n’est pas tant sa chaleur, vite dissipée par les courants d’air qui traversent la bergerie, que sa vue qui nous réconforte. Nous avons probablement gardé dans nos gènes l’émerveillement et le sentiment de sécurité qu’éprouvaient nos ancêtres qui ont découvert le feu. De fait, je me sens un peu comme l’arrière arrière petite fille d’Ika et de Naoh, héros de la « Guerre du feu », sauf qu’ils n’avaient pas de  « Petits Lus » et de tablette de Toblerone dans leur sac à dos et j’avoue que ça, j’aurais du mal à m’en priver.

Bon je parle de mes « faiblesses » mais j’en connais d’autres qui n’auraient pas tellement apprécié de vivre parmi les Ulam (la tribu de Naoh) car ils leur auraient manqué le genre de flacon que vous apercevez  à mes pieds. Vous savez de qui je veux parler !

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Le temps n’étant guère propice à une sieste, Léo et moi faisons pression sur les anciens pour  lever le camp, le dernier carré de chocolat à peine avalé. Il faut dire que notre tour est venu d’assurer l’approvisionnement du feu et je dois avouer que  ni mon frère ni moi n’avons de prédisposition à ce sujet. On veut bien « mettre la main à la pâte » mais uniquement quand il s’agit de pâte à tarte ….et qu’elle vient de sortir du four de mamy !

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 Le sentier du retour chemine sur un plateau sédimentaire érodé qui comporte de nombreuses dépressions où s’accumule l’eau de pluie. Ces petites « lavognes » naturelles sont une providence pour les animaux et oiseaux qui vivent en ces lieux. J’avoue que je n’ai pas résisté au plaisir d’aller y contempler mon reflet . Un brin narcissique je suis en effet, mais « nobody’s perfect » , comme disent les albionais !

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Nous arrivons à un point de vue somptueux en dépit du temps un peu maussade qui confère au paysage une atmosphère mélancolique qui me sied. Il faut dire qu’un prénom comme le mien vous prédispose à être romantique.

On aperçoit au loin le Pic Saint Loup qui fait face à l’Hortus. Je précise pour ceux qui sont intéressés par la géologie qu’ils résultent du soulèvement d’un plateau sédimentaire lors de la surrection des Pyrénées, il y a environ quarante millions d’années. Vu que l’âge de mon papy me semble déjà une éternité, vous imaginez l’effet que ça me fait de savoir qu’il y a des choses qui sont infiniment plus vieilles que lui .

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Nous nous engageons dans la magnifique draille qui redescend dans la vallée et qui, selon les « anciens » du groupe, a été tracée à flanc de falaise par des générations d’hommes qui ne mesuraient pas leur peine, car cela conditionnait leur survie. Après avoir vu ce travail titanesque, je sais que je rechignerai dorénavant moins à faire mes devoirs, car  je me dis, finalement, que c’est un bonheur et un privilège de pouvoir apprendre l’imparfait du subjonctif  et les équations algébriques. Ce que, je l’avoue, je trouvais jusqu’à présent un peu barbant !

 

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Cette draille surplombe la sauvage  vallée de la Buège,  jolie rivière aux eaux cristallines bordée d’une végétation environnante qui  confère au lieu un aspect de paradis perdu ! Mais peut être ferais je mieux de n’en pas parler, car vu le nombre de lecteurs de ce blog, il risque d’y avoir désormais  affluence. Or moi qui vient de Paris, j’affectionne ces endroits calmes et sauvages.

 

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Bon ceci dit, étant d’un naturel généreux je ne voudrais pas vous priver du bonheur de marcher dans des lieux aussi idylliques. Je me demande d’ailleurs si le secret du dynamisme de Gibus et de mon papy n’est pas de baigner en permanence au sein d’une telle beauté, qui, à mon avis, a l’effet des bains de lait d’ânesse sur les princesses des contes de fée. Au demeurant ça ne me déplairait pas de prendre aussi un bain de lait d’ânesse, mais encore faut-il en trouver !

peyre martine,draille,calade,peigairolles de buègesComme j’ai pris un peu d’avance j’en profite pour m’allonger sur  Gaïa notre Terre-Mère. Car, oui vraiment nous sommes ses enfants, vu qu’au travers de tout ce que nous mangeons, notre corps est constitué d’éléments que les plantes , les fruits les animaux lui ont prélevés . C’est pourquoi nous lui devons le respect, mais combien aujourd’hui d’entre nous le savent !

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Nous apercevons le village de Peiguairolles de Buèges perché sur un éperon rocheux. C’est l’un des rares villages du Languedoc qui ne soit pas défiguré par les murs de parpaings bruts. Je  trouve navrant que dans un aussi beau pays les gens entourent ainsi leurs maisons de murs hideux qui défigurent les villages, sans que personne ne s’en émeuve. A croire que quand on vit au milieu de la beauté on finit par ne plus la voir !

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Quelques éboulis de pierre obstruant le chemin, je les franchis d’une façon que mon papy  et les autres membres du groupe sont loin de pouvoir imiter. Ca fait du bien psychologiquement d’avoir parfois l’avantage, moi qui suis la benjamine du groupe !

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Mais après un tel effort j’ai besoin de me désaltérer. Au demeurant, je crois bien que c’est la première et la dernière fois que vous aurez l’occasion de voir une bouteille d’eau sur le blog de mon papy !

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Hélas la balade se termine mais j’ai été très heureuse de la refaire en votre compagnie. Je vous donne rendez-vous aux prochaines vacances .

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PS: je vous invite à lire mon nouveau reportage sur l'Egypte sur mon autre blog PIQUESEL 


Texte Louna  Photos Ulysse

 

21/04/2012

D'air frais, prenons un grand bol en allant à l'Estagnol !

 

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Coucou ! Nous "revoilou", Léo et moi Louna de Lutèce (notez la particule chèrement payée !) blancs comme des endives de Knokke-le-Zoute, mais prêts à accompagner Phoebus, dieu du jour de la lumière, du soleil et de l’intelligence sur le chemin qui mène au hameau abandonné de l’Estagnol, niché au cœur des monts de Saint  Guilhem–le-Désert.

Nous sommes accompagnés de nos ascendants – assez mal nommés, au demeurant, vu qu’ils traînent un peu dans les côtes – ainsi que de l’ami Gibus, ce qui est une garantie qu’on ne se retrouvera pas à minuit à faire du stop au bord d’une route, alors que mon papy continuera de nous dire « Mais je vous assure on n’est pas loin d’où on est garé, dans un quart d’heure nous sommes arrivés ! ».

 

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Nous remontons la Combe du Bouis sur une piste pierreuse qui doit occuper le lit d’un ancien torrent à sec.  Le terrain étant quasiment plat tout le monde suit sans encombre, à l’exception, pour une fois, de moi même, faiblesse que je me dois de vous avouer. De toute façon, je sais que mon papy n’aurait pu s’empêcher de vendre la mèche, la raison en étant assez pittoresque, pour ne pas dire « Lounesque ». C’est tout simplement que dans ma précipitation j’ai oublié de mettre mes chaussettes que je retrouve dans ma poche en cherchant un mouchoir ! Il faut dire que mes chaussures me paraissaient moins confortables qu’à l’accoutumée. Mais bon avec le prénom que l’on m’a donné, qu’on ne s’étonne pas si je contrarie parfois le bon sens ou la logique la plus élémentaire !

 

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Nous nous engageons dans la combe sauvage de Galinière sur une vague sente qui louvoie au coeur d'une jungle méditerranéenne, dont le sol est en permanence labouré par les hardes de sangliers qui pullulent à cet endroit. Dûment « enchaussettée » je cours, je vole et je dois de temps en temps m’arrêter pour éviter de perdre de vue le groupe. Ce n’est pas tant que je crains de me retrouver seule mais plutôt que, ne portant  le pique-nique, je n'envisage guère, de  passer une journée sans manger ! !

 

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Les choses se corsent bientôt avec la présence de  quelques passages rocheux qu’il faut escalader. C’est dans ces moments là que je perçois l’un des rares avantages comparatifs dont jouit la jeunesse. On n’a pas besoin d’être poussé ou hissé à deux ou à trois pour franchir l’obstacle. Cela dit par charité filiale je ne nommerai personne !

Puis nous traversons la Réserve des Cévennes, une magnifique forêt de pins de Salzmann  qui dispense une ombre rafraîchissante et où nous décidons de pique-niquer. Et là, de nouveau, après l’épisode des chaussettes, j’offre au groupe l’occasion de rire à mes dépends. Car au terme de nos agapes je déclare à la cantonade que j’ai mangé à « ma siété » ! J’ai du mal à comprendre ce qui les fait rire car c’est souvent que j’entends mon papy dire qu’il a mangé à « sa siété ». Que je sache les adjectifs possessifs s’accordent avec le sujet ! Explication faite, j’en conclus que la langue française est décidément bien compliquée !

 

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 Nous étant remis en route, nous contournons le Roc de la Vigne par son flanc Est. Du chemin l'on aperçoit l'immense "dent de requin" du Pic Saint Loup qui émerge à l'horizon, impressionnant vestige du socle sédimentaire laissé par la Méditerranée il y a cent millions d'années que le surgissement des Pyrénées, intervenu soixante millions d’années plus tard, a renversé à la verticale.
 Bon, vous vous doutez bien que je tiens ces infos de mon papy, mais j’ai le mérite d’avoir retenu la leçon. Comme quoi je n’ai pas toujours la tête dans les étoiles !

 

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Au détour du chemin le hameau de l'Estagnol dévoile soudain ses magnifiques bâtisses de pierres.  Etant une adepte d’Harry Potter et autres romans de sorcellerie je ne peux m’empêcher de prêter l'oreille espérant entendre l'écho des voix humaines qui ont autrefois résonné en ces lieux. Mais seul le buzzement des insectes et le pépiement des oiseaux se font entendre.

 

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Je me dis qu’on a beau être au vingt et unième siècle où triomphent les nouvelles technologies, on n’a pas fait de progrès en matière d’architecture, bien au contraire, du moins si je compare à par rapport à l’endroit où je vis ! Je pense à celles et à ceux qui ont vécu ici et se sont installés le soir venu, après une dure journée de labeur, sur cette terrasse, que l’on aperçoit au dessus, pour s’y détendre.  Peut être ont-ils rêvé de villes et de pays situés bien au delà de la ligne d'horizon. Ainsi est l'homme, qui rêve souvent de vivre ailleurs que là où le sort l'a fait naître (mais nous les femmes, on est aussi comma ça !) et qui s'en va découvrir le monde pour revenir en fin de compte, au bout de son âge, là où il est né. Car comme le dit mon papy, tout le monde croit que l’herbe est plus verte ailleurs sauf qu’on oublie que partout il faut l’arroser !

 

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De fait, c’est à croire que notre corps a la mémoire et la nostalgie du sol dans lequel sont puisés les éléments qui l’ont constitué. C’est pour ça que mon papy a du mal à s’éloigner plus de quelques jours de la cave dans laquelle reposent ses flacons de nectar, répliques de ceux qui, comme pour Rabelais, son compatriote,  ont rempli ses biberons.

 

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Ces vieilles bâtisses tirent leur beauté du fait que leurs matériaux sont issus du sol  qui les entoure et qu’elles prolongent en quelque sorte de façon structurée. Elles font corps avec lui et ceux qui y vivaient devaient éprouver en leur sein un sentiment charnel de lien avec Gaïa notre terre-mère.

 

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Nous quittons l’Estagnol pour descendre dans la combe de Valbonne. Je me laisse entraîner par la pente et prends tellement d’avance que je perds de vue les autres membres du  groupe. Je grimpe sur un perchoir à Tartarins – c’est le nom que leur donne mon papy  qui m’explique qu’il s’agit de grosses volailles bruyantes et ventrues qui se regroupent ici à l’automne  -  pour voir si je les aperçois.

 

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Le groupe m’ayant rejoint, nous poursuivons notre descente en direction de la Combe de Bouis que nous avons emprunté au départ. La  piste est confortable et je m’abandonne en toute confiance à mes rêveries. Il faut dire qu’habituellement  les pierres et les  racines se font un malin plaisir à me faire perdre l’équilibre, ce qui est fort injuste car je n’ai aucune mauvaise intention à leur égard. Mais comme le dit mon papy ne cherche pas la justice et l’équité en ce monde car tu rentreras bredouille !

 

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 Soudain j’entends une voix qui me tire de ma rêverie et qui me dit en grec «Βοήθησέ με » ce qui veut dire "aide moi". Je regarde dans la direction d’où vient la voix et aperçois un  cyclope égaré qui me déclare qu’il aimerait bien retourner dans les Cyclades .

Je lui indique qu’il lui suffit de suivre le chemin qui le mènera tout droit jusqu’aux rives de l’Héraut. De là il pourra descendre jusqu’au bord de la Méditerranée où il n’aura aucun problème pour trouver un bateau en partance pour la mer Egée.

Bon, j’espère que vous n’avez pas cru à cette histoire farfelue qui est du genre de celles que mon papy passe son temps à vous raconter et auxquelles j’ai droit pendant les vacances . Je pense que son  penchant pour ces calembredaines est un effet secondaire du rosé ou du Ti’punch, ce qui n’est pas encore dans mes pratiques.

 

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La piste passe en contrebas de rochers ruiniformes qui me rappellent les citadelles  cathares de Quéribus et de Peyrépertuse que nous avons visitées en février dernier.  Je me demande si dans le passé des soldats ne s’y sont pas laissés prendre et ne sont pas montés en faire l’assaut, pour découvrir après coup leur méprise. De même les adultes, d’aujourd’hui, pourtant réputés plus évolués, passent-ils des années à poursuivre des chimères telles qu’obtenir des ados que leurs chambres soient bien rangées !

 

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Le site est vraiment grandiose et je me sens comme une fourmi, mais heureusement fourmi je ne suis pas, car je ne me verrais pas travailler sans cesse comme elles le font, sept jours sur sept, qu'il pleuve ou qu'il vente, car j’aime trop les vacances chez papy et mamy !

estagnol,tartarin,cathares,phoebusLa rando se termine et je vous dis à la prochaine, à moins que les prévisions météo, pas fameuses pour les jours à venir ne nous privent de sortie ! Ciao, ciao !


PS: je vous invite à lire mon nouveau reportage sur l'Egypte sur mon autre blog PIQUESEL


Texte Louna/ulysse @ photos Ulysse


09/04/2012

Balade autour de Madale

JE VOUS INVITE A LIRE LA FIN DE  MON REPORTAGE SUR KARUKERA -  LA POINTE DES CHATEAUX - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL

 

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N’en déplaise aux cartésiens de tout poil, les lutins, farfadets, elfes gnomes et sorcières existent bel et bien ! La preuve en est qu’un Lutin bleu tient un blog et que, lors de notre dernière randonnée dans le secteur de Madale, petit village situé sur les contreforts Est du Caroux, nous avons croisé la sorcière qui fit croquer une pomme empoisonnée à Blanche Neige (impossible d’oublier son visage imprimé au plus profond de nos mémoires).

Nous étions sur le point de lui ficher nos bâtons de marche dans le coccis pour la faire déguerpir, quand d’un geste elle nous arrêta en s’écriant : Holla ! braves gens, remisez vos bâtons,  je mérite votre indulgence car pendant deux mille ans j’ai été condamnée à couper du bois pour entretenir les feux de Lucifer et une fois ma peine accomplie j’ai été admise à faire valoir mes droits à la retraite vu que j’ai six mille ans de cotisations. J’ai choisi le Caroux comme  lieu de résidence qui est, comme vous le savez, puisque vous y venez régulièrement, le plus bel endroit de l’univers après le Paradis. Mais comme le paradis m’est interdit, je suis venue ici ! Comment en vouloir à quelqu’un qui aime à ce point le Caroux ! Nous avons donc passé notre chemin sans l’importuner davantage.

 

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Les arbres majestueux qui bordent le chemin forestier qui grimpe vers la Cabrière, arborent des frondaisons tourmentées qui ne sont sans doute pas sans relation avec cet ensorcelant  voisinage.

 

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Nous voici sur le sommet de la Cabrière qui domine les Gorges de Colombières. En face de nous se dresse la falaise qui borde le plateau sommital du Caroux. Nous avons ainsi devant les yeux un livre de pierre ouvert sur les dernières quatre cents  millions d’années de la Terre. Malgré son grand âge et ses rides prononcées le Caroux a encore belle allure bien qu’il arbore sa tenue hivernale. Mais quand les genêts seront en fleurs, puis un peu plus tard les bruyères, vous comprendrez pourquoi même les sorcières y élisent domicile !


 

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Notre petit groupe chemine sur une sente qui louvoie entre les bruyères brûlées par la neige et le gel de l’hiver, mais qui bientôt reverdiront. Le monde végétal, qui est privé de notre mobilité, bénéficie en revanche de cette fabuleuse capacité à se régénérer chaque printemps et à  offrir à nos regards feuilles et fleurs nouvelles, alors que nos visages se fanent inexorablement. Qui sait si en enfouissant nos pieds dans notre Terre-mère nous ne garderions pas une éternelle jeunesse ! Qui veut essayer ?

 

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Le monde minéral est aussi source d’étonnement. Voici des rocs capables de vous briser les os s’ils vous tombent sur le poil et que, pourtant, des éléments aussi tendres et doux que la pluie et le vent dissolvent comme de vulgaires morceaux de sucre dans un verre de rhum (à chacun ses références pratiques). Mais il est vrai qu’aussi longtemps que ce genre de « morceau de sucre » n’a pas fini de fondre, mieux vaut éviter de passer en dessous !

 

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J’évoquais au début de mon article la présence de lutins, farfadets et sorcières dans les montagnes, mais je pense que quelques dieux de l’Olympe s’y sont également réfugiés pour fuir les phénoménales augmentations d’impôts appliquées en Grèce pour résoudre la crise. La preuve en est que l’on aperçoit ici l’enclume dont se sert Héphaistos pour forger les fers rongés par le sel des chevaux de Neptune, qui s'est réfugié non loin de là, dans la baie de la Conque à Agde (ancien port grec) .

 

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Comme l’heure du pique-nique approche Gibus s’en va explorer une plateforme offrant une magnifique vue sur la vallée, afin de voir si nous pouvons nous y installer. 


 

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Mais certains d’entre nous trouvent la plateforme un peu exiguë. Pour nous prouver que nous ne risquons rien Gibus se livre à un exercice d’équilibre en levant un pied ….

 

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 …et puis l’autre….sans vraiment nous convaincre !

 

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Soudain nous entendons une voix chevrotante qui s’écrie « Bravo le bipède ! » Nous nous retournons et découvrons que cette voix est celle d’un superbe mouflon mâle, perché lui aussi sur un rocher, qui marque son appréciation de l'agilité de notre ami ! Je pense que cet hommage d’un vieux mouflon n’a pas laissé Gibus insensible mais je subodore qu’il aurait préféré qu’il vienne d’une mouflonne ! Car toute leur vie les garçons cherchent à susciter l’admiration des filles alors que les filles, elles, ne demandent que de l’affection.

 

 

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Faisant fi de nos amicales moqueries à leur endroit, nos compagnes nous obligent à renoncer - à notre grand et secret soulagement, faux culs que nous sommes  - à la plateforme suggérée par Gibus et choisissent un lieu de pique-nique moins exposé. Ce choix est finalement judicieux car notre sens de l’équilibre est généralement très affecté par le pique-nique, et je vous laisse deviner pourquoi ! La route forestière qui nous ramène  ensuite vers Madale est d’ailleurs parfaitement adaptée à  une sereine digestion.

 

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Le temps que nous arrivions ensuite aux abords de la forêt des Ecrivains Combattants - où nos montures nous attendent - les vapeurs éthyliques se sont dissipées et c’est donc sans faire de rugueuses rencontres que nous la traversons !

Pour votre culture, chères lectrices et lecteurs, sachez que le nom de cette forêt lui vient de ce que l’on a donné à ses allées le nom d’écrivains qui ont combattu pendant la guerre de 1914-1918. Pour une fois que l’on ne célèbre pas les généraux incompétents qui ont fait massacrer des milliers de soldats pour leur vaine gloriole, on ne peut que saluer une telle initiative !

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une Buffler)

02/04/2012

En route pour Caïssenols !

 

JE VOUS INVITE A SUIVRE LA SUITE DE MON REPORTAGE SUR KARUKERA  - LE MOULE ET LA POINTE DE LA GRANDE VIGIE - SUR MON AUTRE BLOG PIQUESEL 

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Après quelques billets consacrés à des visites "culturelles" qui ne vous ont pas, chères lectrices et chers lecteurs, laissés indifférents - et je vous en remercie - je reviens à ma passion première : la randonnée. Car si l’on veut mener loin sa monture et mener une vie harmonieuse il faut respecter la devise de ce bon vieux Juvénal « mens sano in corpore sano » c’est à dire qu'il faut prendre autant soin de ses guiboles que de son cibloulot.

Ainsi, sortis de la torpeur hivernale par un soleil précocement chaud, notre petit groupe d’amis prend le chemin qui mène à Caïssenols, un magnifique hameau ruiniforme des hauts cantons de l’Hérault (commune de Rosis) et qui a été restauré par un groupe de jeunes bénévoles au cours de l’été 2011 à l’initiative des associations « Caissenols ». Bravo les jeunes !

Nous progressons dans un tapis de feuilles de châtaigniers, accumulées dans le creux de la draille qui, partant de Compeyre, monte vers la Serre de Mare. Elles protestent bruyamment d’être ainsi piétinées, ce qui fait qu’on ne s’entend plus penser ! Car oui nous pensons quand nous marchons, à des choses plus ou moins prosaïques, certes, qui vont de la chasse d’eau qui fuit et qu’il va falloir réparer, au cubi de vin qu’il va bientôt falloir renouveler ou bien encore à la théorie selon laquelle les galaxies auraient été créées par les "trous noirs" !

 

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Ces vastes châtaigneraies, aujourd’hui abandonnées et malades, étaient autrefois exploitées, la châtaigne ayant été longtemps le « pain » des montagnards . Les châtaignes récoltées étaient, en effet, séchées au moyen de feux de houilles dans des « secadous », qui tombent aujourd’hui en ruine, pour produire le châtaignon, base de l’alimentation hivernale.


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Parvenus au pied de la Serre de Mare, nous entendons soudain un grognement : à notre grande stupeur - ou frayeur pour certaines, car bien évidemment les hommes n’ont jamais peur - un ours dressé sur ses pattes arrières émerge des genêts ! Sans doute a-t-il fui les Pyrénées, pourchassé par ceux qui n’aiment les animaux que soumis, bêlants, émasculés ou dans un étal de boucherie. Pour ces gens là, la nature est une source de revenus mais surtout pas d’épanouissement ou d’émerveillement.

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Laissant l’ours à ses rêveries, nous entamons l’ascension de la Serre de Mare dont l’épiderme se délite sous l’effet des intempéries. Nul hélas n’échappe à la loi de l’entropie, même les montagnes qui semblent pourtant, à nos yeux,  immortelles.

 

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Après une bonne demi-heure de marche, nous arrivons sur le plateau sommital de la Serre où la beauté du panorama s’impose à nos pensées triviales. La randonnée a pour vertu de nous purger des miasmes de nos vies quotidiennes, nés des incontournables contraintes et obligations de l’existence. Elle permet de les mettre quelques instants entre parenthèses et de nous insuffler ainsi un incommensurable sentiment de liberté.

 

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Nous voguons sur un océan de genêts parsemé d’écueils rocheux, les voiles de notre âme gonflée par un vent de liberté ! Oubliés la chasse d’eau qui fuit ou le cubi à remplacer ! (oui même ça !)

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Par endroits le spectacle est tel qu’il nous immobilise, nous hypnotise et nous fait nous demander : « Quel est le sens de la destinée humaine dans cette immensité ? » et accessoirement « Au fait, est ce que j’ai bien pris la bouteille de rosé ? ».

 

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Puis nous abordons la descente vers le portail de Roquandouire où passe le chemin qui mène au hameau de Caïssenol. Certains d’entre vous penseront que le plus dur est fait . Que nenni ! La descente sur ces chemins pierreux est souvent plus pénible que la montée, car les pierres y manifestent un esprit facétieux cherchant à tout moment à vous déstabiliser et à vous envoyer le cul par dessus tête. Situation qui a certains moments de l’existence n’est pas forcément désagréable, mais pas sur le flanc d’une montagne !

 

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Mais c’est finalement sans encombre que nous parvenons au hameau dont les portes sont plus que patinées . Y poser la main c’est saisir celles de dizaines de fantômes qui ont vécu ou sont passés ici au cours des siècles passés. 

 

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Le cadran solaire nous confirme le message qui monte du tréfonds de nos êtres : il est l’heure de pique-niquer !

 

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Les préoccupations triviales reprennent alors leur emprise sur nos consciences exaltées. Un bruit de bouchon nous ramène définitivement sur terre et nous sacrifions avec volupté aux nécessités existentielles ! Un conseil, si vous aimez les petits vins « sympas », octroyez vous un vin du Domaine de l’Octroi ! Mais pensez à inviter votre copine Modération !


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L’héritage de la civilisation romaine n’est pas constitué que de vieux monuments, elle nous a également légué « la sixta hora », le repos de la sixième heure du jour, qui répond au demeurant aux exigences de notre rythme chronobiologique et qui est devenue chez nous « la sieste ». A cet égard, la civilisation du sud qui la pratique avec assiduité est, à mon humble avis, supérieure à celle du nord, influencée par le stakhanovisme germanique. Notre petit groupe, constitué donc de gens hautement civilisés, ne saurait manquer un seul jour au respect de cette antique tradition.


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Et c’est ainsi que regonflés à bloc, nous prenons le chemin du retour d’un pas vénusial (plus rapide que « mercurial » mais un peu moins que « martial » selon le Petit Marcel) jouissant de cette intrusion intempestive du printemps en hiver (nous étions le 7 mars !)

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Nous repassons par le portail de Roquandouire, que nous avons traversé à l’aller. Mais soucieux de laisser nos amylases, nos protéases et nos lipases faire tranquillement leur travail, nous évitons le chemin, pris le matin qui monte au sommet de la Serre, pour emprunter celui qui la contourne par la gauche.


Courageux , mais pas trop , nous sommes !!!

Texte @ Photos Ulysse (sauf la pénultième)