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28/06/2012

La pluie ? Un délice sur les chemins de Rosis !

 

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Gibus et moi jouissons de l’infini privilège de pouvoir décider chaque matin d’aller arpenter les chemins. Jamais notre sentiment de liberté n’est aussi fort que lorsque nous quittons ainsi le monde et ses contraintes pour nous aventurer en pleine nature dans un environnement proche de celui que l’homme a connu à l’aube de son histoire. Nous renouons les liens oubliés avec le monde minéral, végétal et animal dont l’homme a du percer les secrets pour survivre. Par cette immersion en pleine nature notre sentiment de vie retrouve sa plénitude.


 

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C’est à la fin du printemps, époque à laquelle la nature est à son apogée dans la montagne de Rosis, que ce sentiment est le plus vif.  L’heureux mariage du mauve des bruyères qui commencent à fleurir et de l’or des genêts  enchante nos yeux alors que l’odeur miellée de ces derniers enivre nos sens. La jouissance que nous éprouvons alors est aussi forte que celle de nos premières rencontres amoureuses, douce consolation pour ces vieux randonneurs aux abattis décatis que nous sommes devenus.

 

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Oui Gaïa, notre terre mère,  est pour nous comme une ardente maîtresse qui nous fait souffler, suer, ahaner et nous berce dans ses bras rugueux quand, fatigués,  nous y faisons la sieste.

 

 

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Et de surcroît c’est elle qui nous fait des cadeaux en nous dévoilant, impudique, ses mamelons, ses toisons sombres, ses abîmes vertigineux. Non pas que nous soyons pingres mais elle ne demande et n’attend rien de notre part, sinon du respect.

 

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Et comment ne pas respecter cette planète miraculeuse, née il y a plusieurs milliards d’années de la fournaise céleste et sur laquelle cohabitent éléphants et coccinelles, baleines et pétoncles, nuages dans les cieux et tonneaux de vin dans les caves !

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Les mouflons partagent avec nous cet ineffable bonheur d’arpenter la montagne de Rosis. Animaux des plus farouches, on ne les voit que par surprise, lorsque le vent est favorable et que l’on fait silence, leur ouïe étant extrêmement fine (certains de mes amis randonneurs comprendront, je n’en doute pas, le sous-entendu !).

 

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 Un facétieux nuage ayant décidé de lâcher un peu de lest sur nos têtes, nous nous réfugions dans l’abri de Caissenols le Haut pour pique-niquer. Un feu de cheminée, inhabituel en juin sous cette latitude, nous permet de sécher nos tee-shirts transformés en éponges. Signe avant coureur du chamboulement climatique qui menace le monde, nous buvons un délicieux blanc d’oc bien frais de la cave de Richemer à la lueur d’une flambée !

 

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La pluie s’étant calmée nous reprenons notre périple en nous dirigeant vers le Plo de Bru, dont le nom viendrait d’un camp romain qu’y aurait installé Marcus Junius Brutus, qui fut nommé par César gouverneur de la Gaule Cisalpine en 46 avant notre ère. Comme on le sait il ne lui fut guère reconnaissant de cette nomination. Mais on sait bien qu’en politique les amis d’un jour sont les ennemis de demain, car on ne peut pas plus réfréner l’ambition des hommes politiques qu’on ne peut empêcher un (vrai) camembert de couler.

 

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De même il est assez habituel que les nuages se transforment en pluie, phénomène que nous vérifions pour la seconde fois au cours d’une même journée ce qui, vous vous en doutez, n’est pas forcément de notre goût. Mais bon, nous ne sommes pas en « sucre »,  comme le savent ceux qui nous suivent depuis quelques années, et nous faisons donc contre mauvaise fortune bon cœur.

 

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Nous longeons une habitation dont l’état, hélas, ne nous permet pas d’en faire un abri. En la voyant je songe à cette sympathique rengaine  de Danyel Gérard qui eut un certain succès au cours de mon adolescence.

 

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La pluie a empêché une harde de mouflons de sentir à l’avance notre odeur  et nous avons ainsi le temps de les apercevoir qui dévalent le vallon en contrebas de notre chemin. Finalement cette pluie n’a pas que des inconvénients. Elle nous montre que, comme souvent, d’un « mal » peut sortir un « bien ». Comme l’a enseigné Boudha il ne faut ni se réjouir de ses bonnes fortunes ni se plaindre de ses infortunes, car les unes peuvent engendrer les autres. C’est pourquoi Gibus et moi finissons toujours les bouteilles  car le vin qui resterait - un bien pour notre foie - pourrait tourner en vinaigre, ce qui serait un innommable gâchis !

 

 

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Mais il est temps pour nous de redescendre en empruntant un chemin plutôt fait pour les mouflons que pour les humains. Mais  Gibus et moi n’en avons cure car  à force d’arpenter les montagnes nous nous sommes en quelques sorte «mouflonisés».

 

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Mais nos yeux et notre esprit restent sensibles à la beauté des lieux alors que les centres d’intérêt du mouflon se résument à l’herbe à brouter et à l’arrière train de leurs femelles. Mais après réflexion, je me demande si  nous sommes  vraiment si différents  que ça des mouflons ?

 

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Je suis heureux de partager avec vous l’inimaginable beauté de cette montagne de Rosis qui d’ici un mois, après avoir été revêtue d’or, deviendra violette. Si les chefs d’Etat se mettaient à la randonnée et redécouvraient la beauté du monde, sûr qu’ils prendraient enfin des mesures pour sauver notre planète. Malheureusement ils restent enfermés dans leurs palais « bunkerisés «  entourés par des obsédés du P.N.B . Moyennant quoi on appuie sur l’accélérateur qui nous mènera dans le mur.

 

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Mais cette beauté peut-elle convaincre des esprits gangrenés par la soif du pouvoir et la volonté d’y  rester coûte que coûte ?  Certains dirigeants de la planète ne doivent même pas savoir dessiner une fleur ou un oiseau. Un char, un avion de chasse, un instrument de torture, par contre oui ! (je ne donne pas de noms, ils sont hélas trop nombreux )

 

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La pluie ayant repris nous sommes de plus en plus trempés, mais peu nous chaut car nous nous sommes gavés de cette munificence qui enivre notre âme et nous met en résonance avec le mystère de la vie. Oui, vraiment, privilégiés nous sommes de pouvoir arpenter ainsi librement les chemins…..


PS : Je vous invite à aller à la découverte du fascinant Désert Blanc sur mon blog PIQUESEL

 

Texte @ Photos Ulysse

 

 

 

21/06/2012

Le cloître d'Elne

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En me baladant l’autre jour à travers champs, je vis soudain surgir de la ligne d’horizon une énorme pointe d’asperge qui grandissait au fur et à mesure de ma progression. C’était le clocher d’une église ! C’est là un trait typique de notre pays que l’on puisse apercevoir, où que l’on soit, un ou plusieurs clochers. Et, de fait, ils sont près de 38.000 à se dresser ainsi vers le ciel. Que l’on soit croyant ou non, leur vue, surtout quand, de surcroît, leurs cloches sonnent à la volée, touche en nous une corde secrète dont la vibration nous rassure et nous apaise. Souvent édifiés dans un lointain passé, ils sont pour nous un gage  de stabilité et de permanence dans un monde en perpétuelle mutation qui provoque le vertige. Ils symbolisent aussi le lien entre la terre et le ciel,  lieu virtuel  du mystère d’où procède toute vie.

C’est pourquoi, bien que non croyant, j’aime aller dans les églises, passerelles de pierre vers le ciel imaginées par l’homme pour tenter de percer le mystère de notre origine et de notre destinée. Aujourd’hui je vous emmène visiter la cathédrale d’Elne, consacrée en 1069, et dont les deux clochers interpellent ainsi le ciel depuis près de mille ans.

La ville d’Elne édifiée sur une colline a un passé prestigieux. Connue à l’époque pré-romaine sous le nom d’Elleberis, qui signifie « ville neuve », elle a été successivement occupée par les romains jusqu’au IVème siècle de notre ère,  par les wisigoths (Vème siècle) puis par les arabes (VIIIème siècle).

Devenue siège épiscopal, elle a connu la prospérité économique jusqu’au transfert de ce siège à Perpignan au XIVème siècle, évènement qui a conduit à son déclin. Elle n’a retrouvé une certaine notoriété que lorsque un peintre local Etienne Terrus a accueilli ses confrères  Matisse, Derain, Camoin, Marquet et Monguin à l’origine de la création du  fauvisme.

 

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Mais revenons à la cathédrale et pénétrons dans cet édifice dont le joyau est sans conteste le cloître, l’un des rares du Roussillon à être intact. La richesse et la diversité des sculptures qui ornent les colonnades de ses galeries nous permettent de découvrir l’évolution entre le roman et le gothique, son édification s’étant échelonnée sur deux siècles.

 

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Le centre des cloîtres est constitué d’une cour ou d’un jardin ouvert sur le ciel symbolisant la communication entre le monde d’en bas et celui d’en haut (pour ceux qui y croient). J’imagine que les jardins qui occupaient le centre des cloîtres étaient là pour rappeler la beauté et les saisons du monde extérieur auquel les moines n’avaient plus accès. Parfois on y cultivait des plantes médicinales qui permettaient de soigner les petits maux, car les moines avaient beau aspirer à la vie éternelle, ils n’aimaient pas, à l’instar des autres hommes, souffrir.  La plupart d’entre eux étaient à vrai dire de bons vivants, si l’on en croit le témoignage indiscutable des étiquettes de camembert !

 

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Les galeries permettaient aux moines de déambuler en méditant à l’abri de la pluie ou du soleil estival mais pas de l’air glacial qui descendait l’hiver des pentes des Pyrénées toutes proches. On peut penser que ces jours là, sans douter de leur foi,  les « ave » et les  « pater » étaient plus vite expédiés.

 

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Dans les premiers cloîtres les chapiteaux des colonnes étaient vierges de toute sculpture pour ne pas distraire les moines de leur méditation. Puis à l’époque romane (XIème siècle) les règles monastiques s'adoucissant,  ils ont commencé à être ornés de motifs végétaux, puis animaux, comme ces palmettes et bouquetins que l’on voit au premier plan.

 

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Le style est caractérisé par un trait précis et des volumes harmonieux justifiés par la nature exclusivement décorative des ces sculptures représentant des griffons et des sirènes. Leur présence ici me paraît incongrue car elles arborent de petits seins guère propice à de spirituelles méditations. 

 

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En contemplant ces chef-d'oeuvres, je me demande, oh ! sacrilège! si l'on ne peut y voir une manifestation d’orgueil de la part des sculpteurs souhaitant montrer au "créateur" par la finesse de leur travail qu’ils étaient son égal.

 

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A l'époque gothique (fin du XIIème) ont été ajoutées des scènes historiées d’un style plus grossier mais aussi plus expressif, l’intention ici étant de relater des faits importants de l’histoire religieuse, afin de susciter la réflexion. Ainsi voit-on sur cette scène les rois mages rendant visite au roi Hérode dont l’intention secrète était de tuer le Christ. Imaginez qu'il ait réussi son coup, nous aurions peut être gardé les dieux romains, qui étaient des mecs un peu barjots certes, mais sympas, aimant le vin et la gaudriole ! Bon, n'allez pas croire que je n'ai pas d'estime pour le père Jésus qui était un honnête homme pronant l'amour du prochain et qui avait beaucoup d'estime pour  les femmes. Le problème est que ceux qui aujourd'hui  se réclament de lui sont des rabat-joie misogynes.  Mais il ne faut pas que l'on se plaigne parce que il y a des peuples moins bien lotis, auxquels on impose un dieu non seulement misogyne mais également buveur d'eau ! 

 

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Cette autre sculpture que je trouve fort belle reste pour moi énigmatique. Mon hypothèse est qu’il s’agit d’une scène de baptême d’un seigneur d’une ville assiégée se convertissant à la foi chrétienne. Mais peut être qu’un lecteur ou une lectrice, plus érudit en christianisme que je ne le suis, m’éclairera sur le sujet ?

 

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Je terminerai par une scène représentant l’annonce faite à Marie par l’archange Gabriel de sa maternité divine, évènement qui est à l’origine de la civilisation chrétienne.  On y voit dans le second tableau ce brave père Joseph qui tombe des nues et doit s’appuyer sur sa canne pour ne pas s’effondrer. On le comprend car imaginez quelle serait votre réaction si un jour votre compagne vous racontait une histoire pareille. A coté Marie se fait consoler par sa sœur car elle se doute que le bambin ne va pas être des plus faciles à élever et qu’il lui réserve bien des surprises! Ce qui va se vérifier ! Finalement quand on a un gamin, mieux vaut que ce soit un bon petit diable qu'un doux jésus !!!


 PS : Je vous invite à aller à la découverte du fascinant Désert Blanc sur mon blog PIQUESEL


Texte & photos Ulysse


14/06/2012

Par monts et merveilles autour de Malavieille

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Il y a des jours où je me dis qu’à force de vous faire marcher sans relâche par monts et par vaux vous allez demander grâce et déserter les lieux pour aller sur des blogs qui ménagent un peu plus vos abattis. Vous avez d’autant plus de mérite à me suivre que, contrairement à moi même et à mon copain Gibus qui très souvent m’accompagne, vous ne savez pas à l’avance ce qui vous attend en matière de kilométrage et de dénivelé. De fait vous partez sans même savoir à quelle sauce vous allez être mangés !  Sans compter que ceux d’entre vous qui me suivent maintenant depuis six ans doivent avoir usé pas mal de paires de chaussettes et de chaussures sans avoir jamais été dédommagés. Bref je vous tire mon chapeau et vous remercie d’être ainsi de semaine en semaine et d’année en année des nôtres. Mais sachez que j’ai conscience de cet honneur et que je m’évertue à vous faire découvrir chaque fois de nouveaux paysages et merveilles méconnues de mon pays d’OC.

Au menu d’aujourd’hui je vous propose un circuit d’environ quatre heures qui passe par le château de Malavieille dont les ruines se dressent sur l’une des collines de ruffes que l’on trouve dans le Lodévois. Admirez le talent de la nature qui dispose aux endroits idoines des genêts et des lignées d’arbres qui confèrent au paysage relief et perspective. Il suffit aux photographes d’avoir l’œil pour capter ses agencements artistiques.

 

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Le Languedoc est un pays vraiment surprenant : il prend   par endroits au printemps des airs de Normandie qui étonnent le visiteur ignorant qui l’imagine comme un pays de pierrailles et de soleil accablant.

 

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Mais la robe « bronzée » des vaches nous confirme bien qu’il s’agit de vaches sudistes, qui ont de surcroît une tendance plus prononcée que leurs sœurs nordistes à se prélasser sur l’herbe. La tradition de la sieste n’est pas réservée ici qu’aux seuls humains !

 

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Faisons une pause pour vous permettre de reprendre votre souffle et admirer ces collines de ruffes magnifiées par l’érosion. Il s’agit de dépôts sédimentaires d’une plaine marécageuse, remontant à 200 millions d’années et qui ont été soulevés, il y a 40 millions d’années, par la surrection des Pyrénées. Leur teinte rouge provient de l’oxydation de sels de fer.

 

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Reprenons notre périple en direction des ruines du château de Malavieille qui  jouent à cache-cache, le chemin ayant en cet endroit un profil de montagnes russes.

 

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Il nous reste à grimper une modeste colline pour parvenir au but. Ne vous laissez pas séduire, chers lecteurs,par les yeux aguicheurs des « belles » qui s’y prélassent, nous ne sommes pas venus ici pour batifoler ! Notez, sur le coté des ruines du donjon, les restes d’un neck volcanique issu d’une éruption qui s’est produite il y a environ 2 millions d’années. Oui ! vous avez bien lu, nous sommes ici au sommet d’un ancien volcan, mais n’ayez crainte  il est pour le moment  profondément endormi. S’il y avait le moindre frémissement, les « belles » seraient les premières à s’enfuir ! J'admets bien volontiers que si c'étaientt des « mâles » ce serait  la même chose, car je ne voudrais pas que vous croyez que que je suis misogyne !

 

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Nous arrivons enfin au pied des ruines du château qui ne dresse plus vers le ciel que quelques chicots de pierres qui ont du mal à égratigner les nuages (il est interdit de quitter le sentier et de s’aventurer au sein des ruines elles-mêmes en raison des risque de chutes de pierres). Les premières constructions de cet édifice remontent au Xème siècle. La butte sur laquelle il est situé est l’un des rares passages faciles d’accès entre le bassin de l’Hérault d’un côté et la vallée de l’Orb de l’autre. Ses bâtisseurs ont ingénieusement intégré des blocs de basalte, résidus de l’ancienne coulée de lave, dans le soubassement des murs.

Au pied de ces murailles millénaires, le présent se dissout et l’on est hors du temps, hors d'atteinte du babillages des medias qui veulent nous faire croire, comme le chante si pertinemment Alain Souchon, que « le bonheur c’est d’avoir des quantités de choses  qui donnent envie d’autres choses». Mais tout le monde sait que le bonheur est dans le pré, dans un  contact charnel avec le ciel, le soleil et le vent.

 

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Le nom de Malavieille  serait une déformation du latin « mallum villare » qui pourrait signifier « mauvaise terre » en référence aux ruffes qui ne sont guère fertiles On sait peu de chose de l’histoire du château sinon qu'Almaric de Narbonne en fit don aux évêques de Lodève en 1223 et que ceux ci l'abandonnèrent au XVIIème siècle.

.Sur la pente Sud du mamelon se trouvent aussi les ruines d’un village qui s’était développé autour des fortifications, mais qui semble avoir été abandonné dès le XVème siècle, sans doute en raison de la pauvreté des sols.

 

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Les  fleurs sauvages ayant envahi la plateforme sommitale, les seuls visiteurs réguliers des lieux sont  d’ardentes abeilles et de volages papillons qui viennent s’y enivrer de leur nectar.

 

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En redescendant du château par le flanc sud de l’ancien volcan nous contemplons le magnifique travail de l’érosion dans les ruffes.

 

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L’avantage de ces merveilles naturelles par rapport aux chefs d’œuvre de l’homme est qu’aucun richissime magnat ne peut se les approprier pour son seul usage personnel. Ils sont et resteront à jamais à la disposition de tous. D’ailleurs ces acheteurs richissimes « d’œuvres de « maîtres » qui ne voient le monde qu’à travers les vitres fumées de leurs tours, de leurs limousines ou de leurs yachts que savent-ils vraiment de sa beauté  ?

 

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Nous passons devant la dalle paléontologique de la Lieude où des ichnologues (ceux qui étudient les traces laissées par les animaux) ont identifié les traces laissées il y a près de 260 millions d’années par des reptiles mamaliens, les ancêtres des dinosaures. Ce site remarquable et quasiment unique en Europe est malheureusement laissé à l’abandon.

 

 

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Après avoir traversé le hameau de Lieude, le chemin nous emmène à travers prairies et vignes en conservant comme point de mire la silhouette fantomatique des restes du donjon de Malavieille, épine de pierres plantée dans le neck volcanique .

 

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En ces lieux, seule la vigne, qui se contente de sols ingrats, prospère. On dit d’ailleurs que plus elle souffre et plus le vin est bon. Mais n’est-il pas vrai que c’est dans l’adversité que l’on révèle le meilleur de soi-même ?

 


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Nous arrivons en vue de la chapelle St Pierre de Mérifons édifiée au XIIème siècle et modifiée au XVème. Située sur le bord d’un antique chemin qui reliait entre eux les châteaux de Malavieille, Cabrières et Dio, elle accueillait de nombreux pélerins. D ‘après la tradition, c’est là qu’aurait été baptisé Saint-Fulcran qui fut évêque de Lodève. Comme c’est aujourd’hui la règle, la chapelle est fermée, les hommes ayant décidé d’enfermer dieu pour qu’il ne vienne pas se mêler de leurs affaires.

 

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Ces lieux apportent paix et sérénité dans le cœur de ceux qui les contemplent. Comme remède au stress de la vie moderne, les médecins devraient prescrire une marche en pleine nature avec pique-nique et chaussures de randonnées payés par la sécurité sociale. Je suis certain qu’en dix ans le déficit de la « sécu » serait résorbé, car les dépenses que je préconise seraient largement compensées par les milliards qui seraient économisés sur les médicaments inutiles. voire dangereux !

 

 

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Je ne doute pas que vous serez désireux de flâner quelques instants en ces lieux qui marquent le terme de notre balade.


 

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Aussi je vous abandonne et vous laisse en compagnie des résidents des lieux. Carpe diem….

PS : Je vous invite à partir à la découverte du fascinant désert Blanc sur mon blog PIQUESEL 

Texte & Photos Ulysse

  

08/06/2012

Prenons soin de nos ombres !

REPRISE D'ARCHIVE
 
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Il est une part de nous même que généralement nous ignorons, voire même que nous méprisons : notre ombre ! Et, de fait, les quelques expressions qui y font référence sont toutes péjoratives : on parle de « faire de l'ombre à quelqu'un » pour signifier qu'on lui fait du tort ou l'on dit « qu'il n'est que l'ombre de lui même » quand il est très diminué. De même « on met quelqu'un à l'ombre » quand on le met en prison ou encore on déclare « qu'il y a une ombre au tableau » lorsqu'une situation présente un motif d'inquiétude. Bref pas un mot pour mettre un peu de baume au coeur de nos ombres.


De fait, on s'en soucie comme d'une guigne et on la traîne derrière soi en lui infligeant les flaques d'eau et les déjections canines. Pire encore, les passants et les automobiles lui passent allègrement dessus sans que cela nous émeuve!


Et pourtant certaines cultures dans le passé leur ont accordé beaucoup d'importance, ainsi la tribu Blacknoose (Nez noir, appelés ainsi car ils se peignaient cet appendice avec du charbon de bois) considéraient que notre ombre reflétait notre état de santé : plus elle était sombre et plus nous étions vigoureux, par contre une ombre très claire indiquait une mort prochaine


Ce savoir ancien a été réhabilité récemment par un scientifique américain, le docteur Shadowy du Sunrise Institute (Californie) dans son traité d'Ombrologie (Pullmyleg Editions) qui a étudié au spectromètre sa propre ombre et a vérifié qu'effectivement son état de santé affectait sa densité colorimétrique.


Aussi ferions nous bien de prêter un peu plus d'attention à notre ombre car notre sort en dépend ! Et puis peut être qu'un jour elles en auront marre de ces mauvais traitements et qu'elle renverseront les rôles...elles nous traîneront alors derrière elles, nous infligeant de ramper le nez dans les flaques d'eau et les crottes de chien ! Ne venez pas alors vous plaindre, car je vous aurai prévenus !

 

PS : Je vous invite à suivre le 8ème épisode de mon périple en Egypte : « A travers les déserts de l’Ouest » sur mon blog PIQUESEL


Texte & Photo Ulysse