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29/07/2012

Première nuit en refuge - Fin : Secret de famille !


fraise tagada,ours,ruhle

Quand on annonce que l’on va dormir dans un refuge, c’est une façon de parler. De fait, on devrait plutôt dire que l’on va « passer » la nuit dans un refuge, car ce genre d’endroit n’est vraiment pas recommandé pour faire une cure de sommeil. Entre le concert de sonorités nasales et autres bruits physiologiques et le hurlement du vent qui tente d’arracher le refuge à la montagne, on a tout juste droit à quelques pointillés de sommeil au cours d’une nuit qui vous paraît interminable. Autant dire qu‘au moment du lever on n’est pas à son avantage et même ma sœur Emilie, que je trouve d’habitude plutôt jolie, ressemble à la sorcière du conte de Blanche Neige !

 

 

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Ceci dit, sans fausse modestie, moi je trouve que je m’en sors pas trop mal, mais je pense que c’est grâce à ma cure de fraises Tagada qui me donne un teint frais quelque soient les circonstances.

 

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A 7h30 on se retrouve tous pour le petit-déjeuner qui est absolument indispensable si l’on veut pouvoir redescendre les 600 mètres de dénivelé que l’on a grimpés hier, afin de retrouver nos véhicules qui nous ramèneront jusqu’à nos pénates, où l’on pourra enfin dormir !

 

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Je ne peux pas m’empêcher de vous montrer la bobinette ravie de ma soeurette chérie qui est privée de Nutella et qui contemple avec effarement un sachet de thé  - probablement récolté du temps des romains -  « trempouiller » dans son bol.


 

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Du coté des haut-savoyards les mines sont plus réjouies car ils ont l’expérience de la montagne et de la rusticité de ses traditions. Finalement je ne comprends pas pourquoi les gens tiennent tant à vivre dans les grandes villes polluées et tristes, où les gens vous marchent tout le temps sur les pieds, surtout sur ceux des petits comme moi ! C’est décidé quand je serai grand, je serai gardien de refuge, à condition bien sûr que je puisse disposer d’un stock de fraises « Tagada ».

 

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Nous voilà prêts pour le départ. Le mouton mascotte du refuge vient nous dire au revoir et je me dis que je m’en servirai bien comme monture pour redescendre. Le problème est que je ne vois pas ce que j’en ferais après car je ne suis pas sûr que maman et papa  acceptent que je le recueille dans ma chambre avec mes doudous.

 

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Pour prouver que ma petite faiblesse à la montée n’était que passagère je prends la tête du groupe avec Gibus. Je trouve que j’ai un sacré mérite vu la différence de longueur de jambes !


 

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Je n’ai pas encore beaucoup voyagé dans le monde mais le paysage qui s’offre à mes yeux est le plus beau que j’ai pu contempler. Mes grands parents ont vraiment de la chance de pouvoir se balader quand ils veulent dans ces montagnes. Finalement quand je serai grand je serai président de la République et je ferai voter une loi qui avancera l’âge de la retraite à 20 ans .

 

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J’accélère le pas car j’aperçois l’ombre d’un ours qui est quasiment sur nos talons et qui semble sur le point de sauter sur ma sœur inconsciente du danger. Mais mon papy m’assure que les ours de Pyrénées sont aussi inoffensifs pour les hommes que mes doudous et que celui-ci nous suit par simple curiosité. Certes, me dit-il, ils croquent de temps en temps un mouton, mais il s’agit de pauvres moutons abandonnés par ceux qui sont censés les garder. A vrai dire je suis un peu comme les ours car si les fraises Tagada ne sont pas gardées et bien je les mange !

 

fraise tagada,ours,ruhle

Ceux qui s’imaginent que les descentes sont plus fastoches que les montées se trompent lourdement, car les chemins sont malheureusement couverts de cailloux qui prennent un malin plaisir à rouler sous vos pieds pour vous faire tomber cul par dessus tête. Et quand votre cul passe par dessus votre tête, je peux vous dire que ça fait mal !


 

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Les plus petits cailloux sont les plus facétieux car ils s’insinuent dans vos chaussures dans l’espoir de voyager gratis. Mon papa en sait quelque chose qui a dû jouer les flamant-rose pour se débarrasser de l’un d’entre eux. 

 

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Pendant que je regardais papa enlever le caillou de sa chaussure, Gibus et Tom ont pris de l’avance et je dois accélérer le pas pour les rattraper car je ne veux pas que Tom aille ensuite raconter à ses copains que les petits parigots sont des mauviettes.


 

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Au moment où je les rejoins Gibus a la bonne idée de proposer une pause près de la cabane de berger de Garsan, ce qui me réjouit secrètement car cet effort m’a essoufflé. Tom qui a vu que j'avais quelques difficultés vient vers moi pour m'encourager. Il me confie que sa forme est dûe à un secret de famille jalousement gardé qu' il veut bien me révéler à condition que je le garde pour moi. "Tu sais" me dit-il "l'exceptionnelle condition physique des savoyards est dûe à la consommation quotidienne de reblochon fermier depuis notre plus tendre enfance. Ce fromage étant fabriqué avec du lait provenant de vaches broutant dans les alpages donne des ailes à ceux qui en consomment régulièrement". C'est vrai que j'ai promis de le répéter à personne mais je le dirai quand même à mon papy qui saura enfin pourquoi Gibus est toujours devant lui quand ils vont sur les sommets !

 

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Papy tient à nous prendre en photo avec nos frangines, ce qui ne nous réjouit pas Tom et moi car on était plutôt heureux de ne pas les avoir pour une fois sur le dos. Je peux vous dire que ce n’est pas un avantage d’avoir une grande sœur car c’est comme ci on avait deux mamans, Emilie se croyant autorisée à me donner des ordres et à me houspiller. La différence est que ma vraie maman après m’avoir grondé me fait des bisous, ce qui n’est pas le cas de ma frangine !

 

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Désireux d’épater Tom le savoyard et de lui montrer que les petits parisiens ont de la ressource même s'ils ne mangent pas tous les jours du  reblochon fermier,  j’enfile les bretelles du sac de mon papy dont il s’est débarrassé le temps de la pause. Tentant de me redresser je sens qu’il  reste scotché comme un huître au rocher sur lequel il est posé. Heureusement mon papy vient à mon secours en réclamant son sac à dos sous le prétexte que c’est un objet qui, comme les  brosses à dents, ne se prête pas. Mon honorable papy me sauve ainsi la face et je lui en suis reconnaissant. S’il me demande de lui céder une fraise Tagada, sûr que je ne refuserai pas !


 

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Dès que Gibus et papy donnent le signal du départ je me précipite en tête et prend vite le large. C’est pour moi une question vitale d’amour propre et d’estime de soi. Je veux pouvoir me raser dans la glace le matin (du moins faire semblant comme papa) et me dire "Romain t’es pas un traîne savates, je suis fier de toi". Bon maman vous dira que ça ne m’empêche pas de laisser traîner mes savates partout !

 

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Mais je ne me balade pas pour autant comme un valise et je prends le temps d’admirer le paysage qui est de toute beauté. Je comprends Gibus et mon papy qui aiment grimper là haut seuls sur les cimes ou personne  ne vient les embêter pour leur dire de pas faire et de pas faire ça et patati et patata…

 

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Et c’est vrai que la randonnée en montagne nous apaise et nous rend serein. Même Carla et Emilie finissent par nous oublier pour se réfugier dans leurs pensées. Finalement j’aimerais bien que nous passions  toutes nos vacances en montagne.

 

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Et puis la montagne nous apprend la patience. Mon papy m’explique qu’il a fallut des millions d’années pour que la pluie, le gel et le vent fendent ce rocher en deux. Bon cela dit j’espère que je n’attendrai pas aussi longtemps pour avoir le costume de chevalier dont je rêve.


 

fraise tagada,ours,ruhle

Nous suivons bientôt le cours du torrent de l'Aston qui alimente le lac du Leparan auprès duquel nous avons garé nos voitures. C’est avec regret que nous voyons le terme de notre périple approcher.


 

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Nous posons pour une dernière photo afin d’immortaliser ces moments mémorables de notre jeune existence : notre premier périple avec une nuit passée dans un refuge de montagne !

 

Texte & Photos Ulysse

08:26 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : fraise tagada, ours, ruhle

24/07/2012

Première nuit en refuge -1ère partie :Qui n'aime pas le potage?

 

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Comme chaque été, nous revoilà, Carla , Emilie, Tom et moi Romain, petits enfants d’Ulysse et de Gibus et bien évidemment de leurs épouses qui se trouvent être aussi nos mamies (c’est  compliqué les liens filiaux).Les années précédentes nous avions fait une balade avec des ânes, mais cette année changement de programme et quel programme ! Dans la vie, pour tout, il y a une première fois : le premier sourire, la première dent, le premier pas, le premier crépi de purée sur le mur de la cuisine ou la première explosion de pot de Nutella sur le sol de ladite cuisine,  pour parler de choses que je connais. Et bien aujourd’hui, vous nous voyez en route pour notre première nuit en refuge, accompagnés bien sûr de nos ascendants qu’on ne veut pas laisser tout seuls à la maison de peur qu’ils ne s’ennuient. 

 

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Nous partons de l’étang de Leparan situé à  1600 mètres d’altitude dans les Pyrénées ariégeoises, au dessus du village des Cabanes. Nous devons rejoindre dans la journée le refuge du Ruhle perché à 2200 mètres et fort heureusement le soleil est de la partie. J’imagine que si nous devions faire 600 mètres de dénivelé sous la pluie nous serions tous transformés en éponge, sauf mon Papy et Gibus dont la peau ressemble à celle des vieux éléphants. D’ailleurs mon papy me dit toujours qu’il est « waterproof » ce qui fait rire tout le monde mais je ne comprends pas bien pourquoi ! Pour le moment j’ai pris la tête du groupe avec Tom qui est juste derrière moi pour montrer aux anciens, comme le disait Rodrigue au Comte de Gornas, qu’aux âmes bien nées la valeur n’attend pas le nombre des années.

 

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En fait Tom et moi marchons à une telle allure que l’on est obligé par moments de s’arrêter pour attendre le reste de la troupe. Et vous remarquerez que nous ne bénéficions d’aucun traitement de faveur car comme « les grands » nous portons un sac à dos  !

 

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Bon, je reconnais que maintenant que la montée se fait plus rude je  suis  un peu distancé. Mais j’ai l’excuse d’avoir les plus petites jambes de tout le groupe. Certes celles de Tom, qui caracole devant,  sont de la même taille, mais étant savoyard il a, comme son papy Gibus, des gènes de chamois.

 

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Heureusement vient la pause pique-nique qui nous permet de reprendre quelques forces. Ce qui m’étonne toujours quand on va en randonnée avec nos ascendants, c’est de voir que Gibus et mon papy font immanquablement la sieste, alors que Tom et Moi ça fait bien longtemps qu’on ne la fait plus. C’est donc bien vrai que quand on vieillit on retombe en enfance !

 

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On se remet en route et les filles profitent lâchement que Tom et moi avons un problème technique de laçage de chaussures (si, si c’est pas une excuse bidon !) pour prendre la tête. Avec Tom à vrai dire, on rit sous cape car quand on voit la capacité de nos mamies et de nos mamans  à lire une carte routière on se dit que nos frangines vont se tromper de chemin et qu’on finira  par  les rattraper.

 

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D ‘ailleurs ça ne loupe pas, car Carla se trouve bientôt en face d’une rivière  à un endroit où rien n’est prévu pour la traverser…

 

 

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Et de fait le pont qui la traverse est un peu plus loin. Gibus prend alors la direction du groupe et c’est quand même plus rassurant.

 

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A un moment donné le chemin traverse un troupeau de vaches et je vous laisse imaginer l’état d’esprit de ma chère soeur Emilie à l’idée de passer aussi près d’un animal cornu de 500 kilogs  qu’elle ne connaissait jusqu’à présent que sous la forme de steack ! Et moi ce que j’en ai pensé.. ? Et bien, heu ! je ne me rappelle plus trop…..

 

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En tous les cas mon papy n’a pas du tout l’air impressionné vu qu’il les photographie sous tous les angles. C’est bizarre vous trouvez pas qu’on prenne des vaches en photos alors qu’il y a tant de jolies filles sur terre. Moi je sais que quand je serai un peu plus vieux ce sont pas les vaches qui m’intéresseront ! Mais peut être que quand on est très vieux les goûts changent ?

 

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Nous avons grimpé 400 mètres de dénivelé et il en reste encore 200 à gravir pour arriver au refuge. A l’unanimité, les plus de douze ans ne votant pas, nous nous octroyons une pause goûter avec bain de pieds pour rafraîchir nos arpions surchauffés !

 

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Revigorés par cette pause, nous reprenons avec détermination notre ascension. Vous allez croire que je travestis la réalité et que nous avons au cours de ce long périple renâclé, protesté et menacé nos géniteurs d’un procès pour mauvais traitements.  Nenni ! Heureux nous sommes, au contraire, d’être immergés dans un océan de montagnes, nous qui avons passé nos derniers mois enfermés entre les quatre murs d’écoles plus ou moins sinistres. D'ailleurs qui a eu cette idée folle un jour d’inventer  l’école ?

 

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La pente se fait plus raide mais Gibus et mon papy nous ont promis qu’au sommet nous apercevrons le refuge. Nous sommes encore à un âge où l’on croit aux promesses des adultes bien que l’on commence à avoir quelques soupçons sur leur manque de fiabilité. D’ailleurs ce sont eux-mêmes qui sèment le doute en nos esprits car  souvent j’entends mon papy dire ‘Ils nous prennent pour des gogos ou quoi »  quand il écoute d’autres adultes à la radio ou à la télé.

 

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Mais pour le coup Gibus et mon papy ont dit vrai, car en arrivant au col du Riutort le refuge se révèle à nos yeux dans un superbe écrin de montagnes et de verdure.

 

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Parvenus enfin au refuge, le gardien  nous souhaite la bienvenue  et nous explique l’organisation des lieux. Finalement ça a l’air d’être un bon job, gardien de refuge. On travaille là où on vit et on est son patron. Pour aller au boulot, on n’est pas obligé de se déguiser comme papa en pingouin  en enfilant un costume trois pièces et en portant une cravate. On respire de l’air pur et  on vit dans un environnement splendide. Bon, c’est vrai qu’il n’y a pas de boulangerie à coté pour acheter des «fraises tagada » mais il faut savoir faire des sacrifices dans la vie .

 

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L’avantage d’avoir marché toute la journée c’est que l’on a le droit de boire du soda, ce qui nous est habituellement interdit. Si je fais la tête, n’allez pas croire que c’est parce que je suis fatigué mais c’est parce que j’ai déjà fini le mien et que je n’ai pas réussi à convaincre mes géniteurs de m’en octroyer un second. C’est pas marrant les parents qui ont des principes !

 

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Après avoir pris une bonne douche et installé nos affaires dans les dortoirs, nous nous octroyons un moment de détente. Je ne veux pas paraître prétentieux mais ça m’étonnerait qu’il y en ait beaucoup parmi vous qui aient joué au mistigris dans un cadre pareil. Et n’allez pas me dire que c’est parce que vous ne jouez pas au mistigris, je ne vous croirai pas, car tout le monde joue au mistigris.

 

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Bon c’est vrai, il y a des exceptions car, pendant que l'on joue aux cartes,  Gibus et mon papy préfèrent aller se baigner dans le lac de l’Estagnol qui se trouve à un bon kilomètre du refuge, histoire de nous faire croire qu’ils sont encore frais et dispos. Mais Tom et moi on sait bien qu’ils veulent nous impressionner et on n'est pas dupe de leur petit jeu puéril. De toute façon les filles d’aujourd’hui plus rien ne les impressionne, alors c’est pas la peine de se fatiguer.

 

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Puis vient l’heure du repas et là je peux vous dire qu’on attendait ça avec impatience car nous avons tous une faim de loup. L’entrée prend la forme d’une bassine de soupe comme il est de tradition, selon Gibus et mon papy, dans les refuges. Ca tombe bien car j’aime ça. Je ne veux pas cafter mais je pense qu’un petit détail ne vous aura pas échappé si vous avez regardé en bout de table. Nos ascendants ne sont pas à l’eau minérale et ça ça m’ennuie beaucoup car j’ai lu quelque part que quand les parents boivent , les enfants trinquent et moi je n’ai pas envie de trinquer !

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Alors que Carla  a tendu spontanément son assiette pour qu’on la serve, ma sœur Emilie contemple avec inquiétude les drôles de choses qui flottent dans le bouillon en se demandant si c’est encore vivant.

 

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Il faut dire que ma sœurette est une petite parisienne et les parisiennes ont toujours un coté « chochotte ».

 

  

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D’ailleurs Tom, qui est haut-savoyard et donc grand amateur de soupes,  la regarde étonné en se disant probablement «  jamais je n’épouserai une parisienne. »

 

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Pour narguer ma sœur je réclame une deuxième assiette de potage  en espérant secrètement que ça me fasse grandir un peu plus vite et qu’enfin je ne sois plus son « petit » frère. C’est vrai que c’est énervant à la longue d’être toujours traité de « petit ».

 

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Après le dîner nous allons flâner un instant sur la terrasse du refuge pour contempler le coucher du soleil qui recouvre d’or les montagnes environnantes. Je me dis que c’est quand même fabuleux de passer une nuit en montagne même si je n’ai pu emporter qu’un seul doudou. Vivre un tel moment justifie qu’on fasse des sacrifices !


 

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Je dois admettre que mes yeux se ferment comme ceux de Tom, Carla et Emilie. Il est l’heure pour nous d’aller compter les moutons . Mais je pense, à voir la tête de nos ascendants, qu’ils ne vont pas tarder à y aller aussi, sauf bien évidemment mon papy et Gibus qui friment et veulent nous faire croire qu’ils ne sont pas fatigués. Allez ! je leur pardonne ces gamineries car c’est grâce à eux que l’on est ici !

 

A suivre….


Texte Ulysse & Photos Ulysse (sauf une Buffler)

08:48 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (39)

06/07/2012

Il y a de l’or ! Où ça ? A Lauroux !

 

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Bon, ne vous emballez pas, l’or dont je parle c’est celui des genêts qui couvrent les flancs des collines et des monts du Haut Languedoc au mitan du printemps . A vrai dire c’est le seul qui m’intéresse car l’autre, l’or métal, rend généralement idiots ou fous les gens qui le touchent.

La semaine dernière je vous ai fait admirer ces fameux genêts sous la pluie et pour vous récompenser  de votre courage, je vous les fait  découvrir aujourd’hui sur les pentes ensoleillées - ce qui ajoute à leur splendeur – des monts qui dominent Lauroux. C’est au cœur de ce pittoresque village du Lodévois, point de départ de notre randonnée,  que la rivière du Laurounet et le ruisseau du Rouzet convergent pour rejoindre un peu plus loin celle de la Lergue. Ce qui fait que les Lauroussiens et les Lauroussiennes ne manquent pas d’eau, mais comme ils sont civilisés ils n’en mettent jamais dans leur vin !

 

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Quelques vignes s’accrochent sur les coteaux exposés au sud, extrayant de la pierre une maigre pitance qu’elles transformeront par magie en un divin nectar.

 

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Mais dans les environs de Lauroux, il y a d’autres trésors que l’or des genêts. On y trouve, en effet, de nombreuses orchidées tel cet orchis pyramidal dont les fleurs rose bonbon illuminent les frondaisons vertes des pentes les plus humides.



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 Parmi les orchidées de notre région, les plus fascinantes sont, sans conteste, celles du groupe des « ophrys » qui veut dire sourcil en grec et qui selon Pline l’Ancien  désignait une fleur  dont les grecques se servaient pour teindre leurs cheveux et leurs sourcils (source La Garrigue Grandeur Nature de Jean-Michel Renault).  Cet ophrys à poils soyeux installé au bord du chemin est un enchantement pour les yeux. La beauté dans la nature n’est pas le fruit du hasard, elle répond souvent au besoin de séduire pour perpétuer l’espèce, ici le but est d’attirer un insecte pollinisateur .

 

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Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises car nous apercevons bientôt sous les arbres qui bordent le chemin  un vieil homme qui tient un enfant dans ses bras la tête posée sur son épaule. Nous lui demandons s’il a besoin d’aide mais il nous répond en nous remerciant qu’ils ne font que se reposer un instant. Il nous informe qu’il est berger et qu’avec son petit-fils ils sont à la recherche d’une brebis égarée. Quelle merveilleuse région que la nôtre où les petits enfants courent avec leurs grands parents dans la montagne ! Leur sort est plus enviable que celui des petits citadins branchés de toutes parts et qui passent leurs journées de loisir à dégommer des soldats ennemis sur des consoles vidéo. Leur souhaitant bonne chance dans leur quête, nous reprenons notre chemin.

 

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Parvenus sur le plateau de l’Escandorgue, un splendide spectacle s’offre à nos yeux: les prairies sont couvertes de Cheveux d’Ange - que les botanistes nomment Stipes à feuilles pennées -  qui ondulent sous le vent et d’où émergent les rochers ruiniformes  qui ressemblent à des récifs  battus par une mer d’argent.

 

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Dans quelques jours les tiges de duvet blanc de ces stipes friseront  et les prairies paraîtront alors couvertes de troupeaux de moutons.

  

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En amorçant la descente vers le cirque de Labeil nous pénétrons dans une zone humide et protégée des vents du nord ou prospère une magnifique forêt de hêtres et diverses autres essences aquaphiles . Comme quoi des « êtres » respectables peuvent aimer l’eau !

 

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La forêt est tellement dense que les branches de certains arbres s’allongent démesurément pour aller chercher le soleil.

 

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La randonnée n’est pas une activité sans risque même sur des chemins réputés faciles comme en témoigne ce rocher tombé cet hiver de la falaise lors d'un violent orage et qui s’est planté en plein milieu du chemin. Nous avons soigneusement inspecté les lieux, mais apparemment il n’y avait pas de randonneur coincé en dessous !

 

 

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Nous en trouvons un second un peu plus loin et nous regardons avec inquiétude au dessus de nos têtes ayant à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois ». Mais heureusement pour cette fois ci le ciel ne nous tombe pas sur la tête !

 

 

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Mais pour vous montrer combien l'hiver a été "chaud" dans le secteur, j'ajoute  à mon reportage la photo d'un ami qui montre les dégâts causés par un autre rocher sur  la route qui monte sur l'Escandorgue. Mieux vaut ne pas rouler chez nous quand il y a un orage !


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Mais revenons à notre périple où par endroits la forêt prend des allures tropicales. Gibus et moi  croyons être  revenus à Karukera (voir mon autre blog PIQUESEL).

 

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Ici les morts nourrissent les vivants dans un cycle perpétuel, spectacle propre à apaiser nos propres angoisses car  la mort nous apparaît alors comme la face cachée de la vie et non comme  sa terminaison.

 

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Je vous confirme que vous êtes bien quelque part dans l’Hérault et non pas au coeur de l’Amazonie. Pour la destination de vos prochaines vacances, si vous cherchez le dépaysement,  pensez y !

 

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Le chemin sort bientôt de cette forêt humide pour nous ramener en pente douce vers Lauroux.

 

Texte & Photos Ulysse (sauf une D. Delorme)