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30/08/2012

La belle vie ! (reprise d'archive)


 

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Une aigrette garzette,


Faisait ses emplettes,


Dans l'eau d'un étang,


Au soleil couchant.


Sur ses longues pattes fines,


D'élégante balerine,


Elle faisait les cent pas,


Donnant du bec de ci, de là,


Pour un repas de fête,


de mollusques, de crevettes,


A volonté et gratuit,


Ah mon Dieu, quelle belle vie !



Texte & Photo Ulysse

 

26/08/2012

Par un beau soir d'été (reprise d'archive)

nuit,ombre chinoise,été,garance

 C’est l’heure où le soleil tire sa révérence,

Et je m’en vais  marcher un bâton à la main,

Les yeux emplis de l’or qui coule sur les chemins,

Sous une mer de nuages rouge garance.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Avançant calmement, méditant en silence,

J’aperçois soudain entre deux rangs de vignes,

Une nymphe enjouée qui me fait des signes,

Pour m’inviter à entrer dans sa danse.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Mais la belle est taquine et fuit quand je l’approche

Jusqu’à une haie de chardons qui me barre le passage;

Elle n’est sans doute qu’un envoûtant mirage,

Qui naît du nectar puisé au fond des roches.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Au loin, des chiens idiots hurlent après la lune,

La prenant, suprême infamie, pour un os.

Indifférente à l’excitation des débiles molosses,

Elle poursuit indolente sa course nocturne.

 

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Elle se balance un temps aux branches d’un arbre mort,

Dont le squelette ligneux dresse ses arabesques,

Sur la tenture bleue de la voûte céleste,

Que l’horizon borde d’un ourlet d’or.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

A son pied soudain  la nymphe virevolte,

Je me pince rudement pour dissiper ce mirage,

Mais  elle poursuit sa danse élégante et sauvage,

Une douce ivresse me saisit alors et m’emporte.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

En trois bonds me voilà qui danse avec elle,

Qui s’était montrée tout à l’heure si farouche,

La lune me révèle sa beauté qui me touche,

Envoûté, je me sens  pousser des ailes.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Au moment où nos mains dans la nuit se rejoignent,

Une jolie nymphette se mêle à notre ronde,

Dieu ! Qu’il peut être beau notre  triste monde,

Par une nuit d’été au cœur de la campagne.

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Nous nous lançons alors dans une gigue endiablée,

Qui attire mulots, campagnols et musaraignes,

Cette nuit  dans un coin  de la terre, la paix règne,

Comme au jardin d’Eden d’où nous fumes chassés.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ivre de bonheur, mes soucis dissipés ,

Je ressens l’insoutenable légèreté de l’être,

Qui me fait m’envoler de ce lieu champêtre,

Libéré de l’implacable loi de la gravité.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ainsi frères humains passons nos existences,

A danser sous l’obscure clarté des étoiles,

Où les lois, les règles, les conventions sociales,

Du monde diurne n’ont plus de pertinence.

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

20/08/2012

Le loup de Vézoles

 

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Depuis quelques mois un loup  hantait les abords du lac de Vézoles et décimait la population d’écureuils gris de cette contrée, protégés par la convention internationale de Knokke-le-Zoute. Ce qui vous étonnera sans doute, car généralement les loups mangent plutôt des moutons. Mais cela fait belle lurette qu’il n’y a plus de moutons autour de Vézoles et donc, se conformant au dicton, ce loup faute de grives mangeait des merles.  Hier matin la SPE (société protectrice des écureuils) appelle donc mon papy pour qu’il vienne avec son copain Gibus – ils connaissent le coin comme leurs poches - déloger ce funeste loup .   Vous pensez bien que je n’allais pas rater une telle occasion de voir un vrai loup, moi qui ne connais que celui de l’histoire des trois petits cochons.

Nous voilà donc partis pour les forêts profondes qui entourent une partie du lac, endroits que les loups affectionnent particulièrement car leur pelage sombre leur permet de se dissimuler dans la pénombre qui règne en ces lieux. Pendant que Gibus et mon papy pénètrent dans la forêt en faisant grand bruit pour tenter de déloger le loup de sa cachette, je me perche en haut d’un hêtre espérant le repérer lors de son passage.

 

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Mais la seule chose que nous voyons est un panneau qui nous met en garde contre la présence du loup dans le secteur. Les gens de l’O.N.F sont vraiment plein d’humour !

 

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Je descends de mon arbre pour rejoindre mon papy et Gibus afin de poursuivre notre quête à travers la forêt de résineux qui borde la rive nord du lac. Nous apercevons soudain au bout de l’allée une forme en mouvement. En l’observant attentivement, nous nous apercevons qu’elle porte un pantalon blanc, manifestement ça ne peut être notre loup, car que je sache les loups ne portent pas de pantalon ! A moins qu’il ne soit rusé comme un renard et qu’il en porte justement un pour donner le change. Qui sait ? Nous courrons donc après, mais la forme disparaît dans les tréfonds de la forêt.

 

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Nous passons devant une curieuse maison qui me fait penser à la maison des trois petits cochons car les fenêtres, la porte et le toit en bois semblent avoir été soufflés par un loup !  Le loup que nous cherchons serait-il passé ici ?

 

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Bingo ! Effectivement le loup est bien dans les parages car nous apercevons soudain sa queue qui remue derrière un arbre. Nous nous précipitons avec notre grand sac pour nous en emparer car nous n’avons pas l’intention  de  le tuer, mais juste de l’attraper pour l’emmener en un pays où il pourra se repaître à son aise de moutons au lieu d’écureuils. Ne vous apitoyez pas sur le sort des moutons car nous savons bien depuis La Fontaine qu'ils sont faits pour être mangés par les loups, vu qu’ils sont toujours coupables d’un forfait ou d’un autre.

 

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Mais le loup ayant flairé notre odeur se carapate avant que nous ayons eu le temps de l’attraper.  Gibus croit l’apercevoir dans une cabane et s’y précipite mais le loup n’y est pas. En voyant Gibus sortir de la cabane mon cœur se met à battre la chamade car il a pris l’apparence d’un loup-garou et se fait menaçant. Manifestement la cabane était ensorcelée.  Heureusement que j’ai lu et relu Harry Potter et Tara Duncan  et que je connais toutes les formules magiques, ce qui me permet de rendre vite à Gibus son apparence humaine

 

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Poursuivant nos recherches nous croisons un cerf qui malgré son jeune âge arbore des bois magnifiques. Nous lui demandons s’il a vu un loup et nous répond qu’effectivement il en a aperçu un qui se dirigeait vers les rives du lac de Vézoles, sans doute pour s’y désaltérer. Car s’il est connu que les loups ont - cela va de soi - une faim de loup, nous savons  également depuis la Fontaine qu’ils ont souvent soif.

 

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Nous arrivons en vue du lac et nous nous arrêtons un instant pour admirer le paysage. Même si notre quête reste vaine elle nous aura au moins gratifiés des beautés de la nature. Et à vrai dire dans toute quête le chemin parcouru ne compte-t-il pas plus que d’atteindre le but ?

 

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Nous nous dirigeons vers les rives du lac et apercevons une empreinte laissée par le loup. Gibus qui a été louveteau dans sa jeunesse l’étudie avec attention et nous indique qu’il s’agit d’un loup venu des Abruzzes car comme tous les italiens, qui sont des gens délicats, il marche sur la pointe des pieds pour ne pas déranger ses voisins.

 

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Nous apercevons un groupe de pêcheurs et leur demandons s’ils ont aperçu un loup dans les parages. Ils nous répondent par la négative mais nous conseillent de monter sur le plateau qui domine le lac où se trouve un lieu dénommé « Pisse-Loup » du fait que tous les loups s’y rendent pour y laisser une « trace » et avertir ainsi leurs congénères de leur passage.

 

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Parvenus sur le plateau, nous sommes une nouvelle fois subjugués par la beauté et la quiétude des lieux. Nous ne sommes pas étonnés que les loups s’y donnent rendez-vous car ces animaux sont réputés pour leur sens esthétique : il est bien connu, en effet, qu'ils préfèrent les petits chaperons rouges aux grand-mères !

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Gibus me charge une nouvelle fois de grimper dans l’un des rares arbres qui osent affronter les vents violents qui soufflent l’hiver sur ce plateau afin de tenter d’apercevoir le loup. Mais comme sœur Anne je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie.

 

 

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Nous arpentons le plateau de long en large sans revoir même la queue du loup. Nous nous enivrons au passage des somptueux panoramas qui s’offrent à nos yeux.

 

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Le découragement nous saisit quand nous contemplons l’immensité des espaces où le loup est susceptible de pouvoir se réfugier. C’est aussi difficile que de trouver une goutte de vin dans une bouteille qui est passée entre les mains de mon papy et de son copain Gibus.

 

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Fort dépités nous redescendons vers les rives du lac alors que le temps commence à tourner à l’orage. L’eau du lac est noire et les forêts qui le bordent plus sombres que jamais. Comment voulez vous trouver un loup gris ou noir dans un lieu pareil ?

 

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Soudain un terrible craquement se fait entendre au dessus de nos têtes et un fantastique éclair zèbre le ciel. Mon papy qui est amateur de bons vins mais de mauvais jeux de mots s’écrie alors « Ce  zèbre là va peut être attirer le loup car c’est quand même plus copieux qu’un écureuil ». Je vous laisse ainsi  juge de ce que je dois quotidiennement subir, mais je ne lui en veux pas car c’est mon principal pourvoyeur de carambars.

 

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A peine a-t-il prononcé ces mots que la foudre tombe quasiment à nos pieds, ce qui nous fait courir un cent mètres plus rapidement qu’Usan Bolt n’en courra jamais.

 

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Nous allons nous réfugier dans le gîte forestier de Campblanc situé en bordure du lac, où nous installons pour la nuit, remettant à demain la reprise de notre chasse au loup.

Ce lieu étant fort heureusement ignorée de la fée électricité nous dînons à la lueur des bougies pour mon plus grand ravissement. Car j’ai beau appartenir à la génération « Aïe truc chouette machin chouette » je suis plutôt du genre « cabane dans les arbres » et « veillée à la chandelle ».

 Soudain nous entendons frapper à la porte et une voix caverneuse retentit :

« Holà, ouvrez moi il pleut à verse dehors et je suis trempé »

« Qui va là  » demandons nous.

« Je suis le loup de Vézoles et j’ai ouïe dire que vous me cherchiez ». 

Nous nous regardons interloqués Gibus, papy et moi, flairant un piège et imaginant que le compère est venu accompagné d’une meute pour se payer un bon dîner avec nos côtelettes. Nous sommes de taille à maîtriser un loup mais pas une meute. « Passez votre chemin » lui dit-on alors.

« Mais dîtes moi au moins ce qui vous amène » nous rétorque-t-il.

« Il paraît que vous vous régalez des écureuils gris de Vézoles protégés par une convention internationale et nous venons donc vous chassez d’ici » Répondons nous.

« Moi, manger des écureuils ! mais c’est de la calomnie,  je ne mange que des champignons agrémentés de temps en temps d’un chien de chasseur, voire d’un chasseur ce qui ne fait de tort à personne. Si l’écureuil gris a disparu de la région c’est tout simplement qu’il n’y a plus de noisettes, vu qu’elles sont pillées par un grand groupe chocolatier suisse pour les mettre dans ses tablettes ». Ce sont eux qui font courir le bruit que je suis responsable de la disparition des écureuils »

Nous nous regardons alors  dubitatifs nous demandant si le loup dit vrai. Soudain nous entendons des pas sur le toit et nous comprenons que le loup va tenter de rentrer dans le gîte par la cheminée

 

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Nous n’avons pas le temps de le prévenir que nous avons fait du feu et qu’il va y griller que déjà nous l’apercevons qui s’enflamme dans le foyer. Nous sommes catastrophés car nous ne voulions pas la mort du loup. Personnellement j'ai déjà trop pleuré en lisant le poème de Vigny. Mais au même moment nous entendons un grand éclat de rire au dehors.

C’est le loup qui s’esclaffe et qui nous dit « Ah !Ah! Ah! vous avez cru que je brûlais, mais ce n’est qu’une peluche que j’ai jeté dans votre cheminée. J’ai lu, moi aussi, l’histoire des Trois petits cochons et jamais je n’entrerai dans une maison par la cheminée. Allez, à bon entendeur salut, vous n’êtes pas prêt de me revoir. Un conseil ne prêtez plus l’oreille aux rumeurs calomnieuses qui prétendent qu’untel ou untel est coupable des maux qui vous accablent. Cherchez d’abord à savoir à qui profite la rumeur et vous contribuerez à bâtir un monde où les hommes et les loups vivront en parfaite harmonie »

Papy, Gibus et moi nous nous regardons alors en éclatant de rire. Nous souhaitons en pensée longue vie à ce loup facétieux qui a su gentiment nous rouler dans la farine. Mais la farine moi j’aime ça parce qu’avec on fait des gâteaux.

  

Texte & Photos Ulysse et Louna

 

 

 

12/08/2012

Me voilà maintenant transformée en fantôme !

 

 

 

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Mille millions de mille sabords (j’adore le capitaine Haddock !) après avoir été réduite à l’état d’ombre (voir ma note du 3 août) voilà que je me retrouve transformée en fantôme parce que j’ai eu l’imprudence de m’endormir sous la pleine lune dans le jardin de mes grands parents pendant que ma famille jouait aux cartes sur la terrasse ! Car, peu de gens le savent, mais la pleine lune absorbe toute l’énergie de ceux qui font l’erreur de s’endormir à la lueur de ses rayons.

Heureusement mon papy qui sait presque tout (enfin surtout en matière de vins !) a trouvé dans un vieux grimoire acheté dans une brocante comment on peut se sortir de cette mauvaise passe. Il faut dire que cela lui est arrivé plus d’une fois de s’endormir sous la pleine lune au terme de soirées où il n’avait pas bu l’eau des fontaines !

Ainsi pour retrouver forme humaine il faut aller rendre visite aux  génies du Caroux qui vous donnent, chacun, un mot de la formule magique qui vous rend votre apparence humaine, à condition que l’on réponde à une énigme. Le problème est que pour trouver ces génies il faut se procurer une carte conservée dans un endroit  secret à Douch, petit village situé dans le massif du Caroux.

 

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Me voilà donc en vue de Douch, lieu au demeurant fort pittoresque, en me demandant bien où je vais  pouvoir trouver cette fameuse carte providentielle.

  

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A l’entrée de Douch je croise un homme qui ne semble guère surpris de rencontrer un fantôme et qui m’interpelle en me disant «  Ah Ah!  je vois que j’ai affaire à une dormeuse  du clair de lune ! Je suppose  que vous cherchez  la carte du maraudeur du Caroux afin de retrouver les génies de cette montagne ? Et bien, elle est dissimulée dans un lieu qui sert aux hommes  à se chauffer et à se nourrir. Comme vous m’êtes sympathique, je vais vous dire, pour vous aider à trouver, que vous devez mettre les mains dans le pétrin !"

 

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Après m’être creusé longtemps les méninges,  le mot pétrin éveille en moi des souvenirs de collège (ce qui n’est pas forcément agréable en vacances). Je me rappelle que ma prof d’histoire disait qu’autrefois, dans tous les villages, il y avait des fours à pain. Je pars  aussitôt à sa recherche et finis par le trouver un peu à l’écart du village.

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En farfouillant dans les cendres je  trouve la fameuse carte, certes un peu brûlée mais malgré tout lisible. Heureusement que les villageois n’ont pas fait de pain depuis quelque temps sinon j’étais chocolat ! 


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En scrutant le plan je constate qu’il me faut partir à la recherche d’un escalier de pierres qui mène sur le sommet du Caroux. Après une heure de recherche je sens le courage m’abandonner quand, soudain, je le trouve en écartant des buissons. Je grimpe les marches quatre à quatre, en manquant plusieurs fois dans ma précipitation de me casser la margoulette.


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Parvenue en haut, je suis impressionnée par le magnifique panorama qui s’offre à mes yeux, mais je ne sais pas trop où aller car, n’ayant pas de boussole je ne sais pas comment orienter la carte.  Par chance, sur ma droite, j’aperçois Branchenou l’un des arrière-arrière-petit-fils de Sylvebarbe qui m’apostrophe en me disant : « Encore une imprudente dormeuse de Lune qui est à la recherche des génies du Caroux  mais qui semble paumée.  Tu as de la chance, une comète devrait bientôt survoler le Caroux.  Il te faudra alors orienter ta carte en direction de ses rayons.


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Soudain une lueur envahit le ciel, c’est la comète annoncée par Branchenou. Je suis aveuglée mais je me contrains à ouvrir les yeux  pour voir la  direction qu’indiquent les rayons : il me faut aller vers l’ouest, comme autrefois les colons américains partis à la conquête de l’Amérique (je n’ai peut être que douze ans mais je sais des tas de choses !)

 

P8070187.JPGAprès avoir marché 500 mètres, j’aperçois Singinus l’un des génies du Caroux. Il a un aspect terrifiant et je m’approche de lui les jambes flageolantes. « N’aie pas peur » me dit-il nous sommes un peu de la même espèce car je t’ai vu grimper des rochers comme un ouistiti « Je connais ton problème et je suis là pour t’aider ». Il me pose alors la première énigme :

« Plus je suis vieux, plus je suis fort. Qui suis-je ? »

Mon papy étant grand amateur de fromages au moins aussi vieux que lui et  très odorants la réponse me vient tout de suite à l’esprit. Singinus me donne alors le premier mot de la formule : « Fantomus… »


P8070190.JPGSelon la carte, je dois ensuite me diriger vers le rocher du Caroux qui est encore fort loin, ce qui me désole car je commence à avoir des courbatures dans les gambettes. Et, oui, hélas, même les fantômes ressentent la fatigue !

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Je passe ensuite opportunément devant le refuge de Fontsalès. Je ne peux résister à l’envie d’y faire une petite « reposette » bien que je soupçonne qu’il soit infesté de rats, ce qui, comme toutes les filles, ne m’enchante guère ! (à vrai dire je ne suis pas sûre que les garçons soient si fiers que ça en leur compagnie).

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En quittant le refuge, j’aperçois des ombres errant sur le sentier qui  paraissent  sorties du néant. Je comprends que j’ai affaire à un  groupe de randonneurs victimes du maléfice de Lauroux  (voir ma note du 3 août dernier). Je les interpelle et leur explique que je connais leur triste sort. Heureusement il me reste un peu de la potion magique que j’ai emportée avec moi et que je leur donne généreusement espérant n’en avoir plus jamais besoin.

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Ils me remercient chaleureusement et reprennent la route en  me saluant.

 

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J’entends soudain un sinistre craquement au dessus de ma tête. C’est un immense pin qui est en train de s’abattre. Fort heureusement ses congénères le retiennent. Ouf j’ai eu chaud, car j’ai beau être un fantôme je crois que ça m’aurait fait une sacré bosse sur la tête !

 

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 Je poursuis ma quête et arrive enfin en vue de la Poule Couveuse, mère de tous les génies du Caroux. Dès qu’elle m’aperçoit, elle comprend mon problème et semble compatir à ma triste situation (entre filles quelque soient les races ou les espèces nous sommes solidaires). Elle me pose sans détour une énigme :

« Je contiens du sucre mais je ne suis jamais sucré. Qui suis-je ? « 

Inspirée par mon principal défaut, la gourmandise, je réponds « une bonbonnière».

« Tu brûle, ma cocotte » (langage normal pour une poule)

Je réfléchis deux secondes et dit alors « C’est le sucrier !!! »

« Bravo ma poulette, le second mot de la formule est « satanicus ».

Bonne chance pour la suite !!! »

 

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Suivant le tracé de la carte, j’aperçois un peu plus loin sur un rocher le génie dénommé le guetteur du Caroux. Il m’interpelle : « Je t’ai vue venir de loin et je sais ce qui t’amène car je t’ai aperçue qui parlait avec Singinus et  Poule Couveuse »

Je lui réponds « Si tu sais ce qui m’amène, es-tu prêt à m’aider ? »

« Bien sûr, je suis prêt à aider tous ceux qui passent en ces lieux, sauf les chasseurs bien évidemment, ces gens qui s’arrogent le droit d’enlever la vie à des êtres qui ne leur ont fait aucun mal. Voici donc l’énigme : je suis un virage qui ne mène nulle part. Qui suis-je ? »

Par chance, des virages qui ne mènent nulle part j’en ai fait l’amère expérience avec mon papy  au cours de randonnées où l’on a passé des heures à tourner en rond, ce qui me fait penser au cercle. 

Approuvant ma réponse, il me dit : Bravo fantomette !!! Tu as la tête bien faite !!! Le troisième mot de la formule est « disparitus ». Je ne pensais pas un jour me réjouir du fait que mon papy nous perde quelquefois !

 

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Je dois maintenant trouver le génie qui selon la carte a la forme d’un Aigle et je scrute désespérément le ciel sans le voir. Je suis sur le point de renoncer quand soudain j’entends un cri perçant au dessus de ma tête et j’aperçois une énorme boule de plumes qui fonce sur moi. Au dernier moment elle m’évite et se pose juste devant moi au bord de la falaise. L’aigle me dit « Excuse moi, je t’ai fait peur petite, je t’ai vue de très loin et je sais pourquoi tu es là ».  Tu as l’air gentille et je sais que tu ne ferais pas de mal à un moineau aussi je suis disposé à t’aider.  Voilà donc l’énigme : Je fais le tour du bois sans jamais y entrer » Qui suis je ?

Je réponds " l’orée " puis "la lisière"  mais ce ne n’est pas la bonne réponse. Et soudain je me souviens que mon papy m’a appris à lire l’âge des arbres en comptant les cernes sur une coupe. Cela me fait penser aussitôt à l’écorce qui entoure les arbres.

« Bonne réponse » me dit l’aigle  tu as une intelligence de haut vol et ça me plait . Je te révèle donc le 4ème mot  qui est « Humanus ».

 

P8071077.JPGJe dois maintenant trouver Molug, un lointain cousin de Gollum, mais je ne suis pas rassurée car il a la réputation d’être très lunatique.  Soudain je sens une odeur infecte et je me dis « Tiens, Molug est dans les parages. Et de fait en levant la tête je le découvre perché au dessus de moi. Mon premier réflexe est de reculer tellement il est laid mais je diois à tout prix trouver la formule et donc je reste.  Il s’adresse à moi en ricanant : Tu aimerais bien répondre à mon énigme mais je suis sûr que tu n’es pas assez intelligente pour cela.  Sans me démonter je lui réponds un peu vexée « Pose la moi quand même, tu verras bien »

« Comment un homme peut-il tomber d’un immeuble de 35 étages et être encore vivant ?

Vivant au septième étage d’un immeuble qui en a dix, je vois tout de suite l’astuce et lui réponds instantanément qu’il est tombé du rez-de-chaussée. Molug est furieux que j’ai pu répondre mais est obligé de me donner le 5ème mot de la formule qui est Lounatus.

 

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Je suis presque au bout de mes peines, mais soudain un orage menace. Je soupçonne Molug de l’avoir provoqué pour m’empêcher de trouver le dernier génie. Mais grâce à mon papy je suis habituée aux orages dans la montagne et je continue ma route sans être autrement impressionnée.

 

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Pendant que les nuages s’amoncellent sur ma tête, je poursuis l’exploration du plateau du Caroux à la recherche du dernier génie dénommé Pégase et qui a la forme d’un cheval.


 

P8071094.JPGSoudain j’entends un hennissement dans le vent et je me dirige dans la direction d’où il vient. J’aperçois Pégase en pleine discussion avec un lutin. En m’apercevant le cheval se tourne vers moi et me dit «  Je te connais, je t’ai aperçue l’année dernière près du refuge des Bourdils où tu donnais de l’herbe à un de mes frères et tu m’es sympathique. Je  connais ton problème et te pose donc mon énigme :   "Il faut que tu écrives un seul mot avec les lettres » TUULNOSEM ». 

Par chance  une de mes camarades de classe me l’a déjà posée pendant le cours de math, ce qui nous a d’ailleurs valu deux heures colles que je regrette plus aujourd’hui ! Je sors un crayon et un papier de ma poche et j’écris «  un seul mot »  avec toutes les lettres énoncées.

"Bravo je suis content pour toi Louna" me dit alors Pégase " car tu mérites de connaître la formule et de retrouver ton apparence. Le mot est « Aparitus ».

 

IMG_5965.JPGJe possède enfin la formule complète qui est « fantomus satanicus disparitus humanus lounatus apparitus. Mais il me reste une dernière épreuve à accomplir qui est d’aller la prononcer sur la tête du sphinx du Caroux. Le repérant sur la carte, j’y cours aussitôt à toutes  jambes et je grimpe sur sa tête.  Je prononce alors la formule mais je suis tellement émue que je bégaye et seule ma main reprend forme humaine….Je laisse passer quelques secondes le temps de retrouver mon calme et prononce de nouveau la formule, cette fois-ci sans bégayer .

 

P8071509.JPGJ’aperçois soudain dans le ciel une forme impressionnante se diriger vers moi et m’entourer en tourbillonnant.

 

P8071460_2.JPGEn quelques secondes je retrouve ma forme humaine et bondit alors de joie ! Ouf, je suis enfin sorti de ce mauvais pas. On ne m’ y reprendra pas à m’endormir sous la pleine lune.

 

Salut et à la prochaine!!

 

Texte & photos: Ulysse & Louna.