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25/01/2013

La montagne de Rosis hors piste !

 

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 A l’occasion de l’annonce de la fin du monde fixée par une bande da farfelus au 21 décembre dernier, le journal Le Monde avait publié un article où des scientifiques répertoriaient les causes probables de la fin de l’aventure humaine sur notre planète. Outre l’implosion de notre soleil, prévue dans quelques milliards d’années, étaient ainsi envisagés une méga explosion volcanique, la rencontre avec un gros astéroïde, une pandémie mondiale mortelle, l’effondrement du champ magnétique terrestre qui transformerait la terre en micro-onde, évènements dont la probabilité de survenir n’excédait pas quelques milliers d’années, sans exclure pour certains (éruption volcanique et pandémie) qu’il puisse se produire dans les mois à venir. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et il vaut mieux en conséquence, quand bien sûr on en a la possibilité, ne pas remettre à demain la quête des petits bonheurs que l’on peut cueillir ici et là dans cette vaste foire d’empoigne qu’est devenue notre planète.

C’est pourquoi Gibus et moi ne manquons pas une occasion d’aller explorer un bout de notre cher Languedoc qui n’a pas encore eu l’honneur de voir la semelle de nos souliers, et grâce à Zeus, ces lieux inexplorés sont suffisamment vastes pour occuper le reste de notre existence (même si nous devenons centenaires !).

 

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Nous voilà donc partis en ce frais, mais radieux, matin du 20 novembre 2012, du hameau de Cours le Bas, en direction du col de Vente Vieille, en vue d’aller explorer la Montagne de Rosis hors piste.

La beauté des feuillages de l’automne finissant et l’océan démonté de montagnes bleutées qui nous entoure et que la brume ourle d’écume nous gratifie d’un spectacle qui exalte nos âmes ou plutôt ce « je ne sais quoi » en nous qui nous fait sentir que nous sommes intimement liés au reste de l’univers.

 

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Nous passons en contrebas  du Mouscaillou, modeste sommet ou des bataillons de conifères disciplinés ont installé leur camp. On dirait des légions romaines faisant face à l’assaut de hordes hirsutes de feuillus gaulois. Les arbres, de fait, se livrent une guerre silencieuse où les batailles durent des décennies.

Les chasseurs ont dressé un portique accessible en 4X4 qui ne laisse aucune chance au gibier à plume ou à poil qui passe dans les parages. Quelle « noble » tradition  l’on perpétue ainsi qui permet à des gens ventripotents de massacrer à distance des animaux qu’ils sont hors d’état de suivre à la trace et dont ils sont incapables d’apprécier la beauté et la grâce !

 

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Ayant conclu, à notre démarche légère et à notre attirail, que nous n’étions pas de la sinistre famille des Nemrods, deux superbes et vénérables mouflons nous font l’honneur de se laisser contempler. Comment peut on avoir envie de tuer un être vivant dont on a ainsi croisé le regard  sans qu’il y ait une nécessité vitale. Les amérindiens qui  considéraient les animaux comme leurs égaux, les remerciaient quand ils les chassaient pour se nourrir  de se sacrifier ainsi pour assurer leur survie. Et chasser le bison avec un arc et des flèches relève d’une autre éthique que de chasser le cerf ou le mouflon avec un fusil à balle qui porte à 2km !

 

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Etant parvenu au sommet de la Montagne de Rosis qui culmine à 1058 mètres, nous entamons notre descente vers la rivière du Casselouvre, qui coule en contrebas et constitue le but de notre parcours hors piste. Evitant les sentiers, nous courrons le risque de tomber sur une barre rocheuse infranchissable et de devoir, s’il est trop tard pour revenir au point de départ,  passer une nuit à la belle étoile ! Mais il est exaltant de pouvoir ainsi introduire un peu d’incertitude dans nos vies aussi bien réglées et prévisibles qu’un coucou suisse.  Posons nous la question : y a-t-il beaucoup de jours dans notre vie où nous ne savons pas où nous serons  dans les heures qui suivent ! De fait, fort peu sous nos latitudes, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays où règnent famine et tyrannie.

 

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Nous rencontrons quelques difficultés pour traverser les denses ginestières qui occupent les pentes de la serre d’Esparic. Même les mouflons eux mêmes ont du mal à s’y faufiler, c’est pour dire ! Nous évitons de trop nous approcher des arêtes rocheuses car certains gros cailloux pourraient être tentés de vérifier s’ils sont plus durs que notre caboche , ce qui est probablement le cas !

 

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Nous traversons ensuite quelques éboulis où un vénérable hêtre s’est allongé pour mourir, ce qui ne facilite pas le passage de l’obstacle  ! Mais il n’ y a rien de plus revigorant que d’affronter et de surmonter des difficultés car on en tire un sentiment de fierté, autrement plus légitime et gratifiant que celui qu’éprouve le sportif de canapé qui crie « on a gagné » quand son équipe est victorieuse.

 

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Puis nous abordons une zone plus confortable où nous pouvons enfin jouir du paysage ; « so far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les « englishs », la perspective de devoir contempler le lever et le coucher de lune en compagnie de mouflonnes s’éloigne ainsi à grand pas, pour notre plus grande joie  (bien que nous n’ayons aucune prévention contre les mouflonnes !).

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Parvenant au dessus d’un éperon rocheux nous apercevons d’ailleurs un mâle qui se prélasse tandis que ses deux concubines broutent paisiblement inconscients de notre présence.

 

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Nous cherchons et trouvons une brèche dans l’éperon rocheux nous confortant dans l’idée que nous sommes nés sous une bonne étoile et que notre périple s’achèvera sans autre difficulté..

 

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Nous abordons l’endroit où paissaient les mouflons aperçus auparavant, mais ils ont disparu, sans doute alertés par le bruit de nos pas sur le sol caillouteux et notre odeur prononcée de randonneur !

 

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Quelques hêtres sont partis à l’assaut des flancs de la serre d’Esparic, cohorte de fantômes dont les silhouettes évanescentes tranchent avec l’or cramoisi des fougères fanées. En ces lieux combien la mort  est séduisante !

 

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Un jeune mouflon plus audacieux que les autres ou, hypothèse plus probable,  ignorant de la dangerosité  de l’espèce humaine nous regarde quelques instants, sans doute intrigué de nous voir tenir debout avec seulement deux pattes. Puis il part tranquillement  se réfugier derrière une barre rocheuse.

 

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Nous contournons à notre tour cette barre rocheuse pour découvrir avec « ravissement » qu’il va nous falloir franchir le ruisseau du Denès qui, à cette saison, ressemble à un torrent ! La traversée se révèle un brin acrobatique mais nous réussissons à garder nos pieds au sec ce qui, en cette saison, est des plus apprécié.

 

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En remontant sur l’autre rive nous entendons le bruit d’une cavalcade dans les sous bois, une harde de mouflons  défile alors devant nos yeux ébahis juste au dessus de nous, effrayés sans doute par le bruit de notre approche sans toutefois avoir pu nous repérer.

 

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Un vieux mâle s’arrête un instant pour tenter de voir d’où vient le danger mais grâce au vent contraire il ne peut déceler notre présence, ce qui nous donne le loisir de l’admirer. C’est pour nous un instant mémorable, un de ceux pour lesquels on avale des dizaines de kilomètres de chemin sans barguigner. Cette étincelle de vie sauvage et fière que l’on aperçoit dans son œil vaut plus pour nous que le plus gros des diamants, qui ne sont finalement que des morceaux de charbon transparents que des foldingues s’arrachent à prix d’or. Ah, les couillons !

 

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 Mais passé ce moment de bonheur nous tombons sur un « os ». Une paroi rocheuse d’une vingtaine de mètres se dresse devant nous qu’il nous est impossible de gravir. Deux solutions s’offrent à nous :  la contourner par le haut avec le risque de tomber sur d’autres parois qui nous obligeraient,  en définitive, à rebrousser chemin  ou trouver une issue vers le bas, sachant que le ruisseau de Casselouvre, objectif de notre périple hors piste, ne doit plus être loin. Nous optons donc pour cette seconde solution qui implique, toutefois, de nous frayer un tunnel dans une végétation qui n’a rien à envier à  la jungle amazonienne. Fort heureusement les ronces n’affectionnent pas trop les pentes humides de la montagne de Rosis et nous sortons de cette épreuve pas trop balafrés.


 

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Et suprême récompense nous abordons aux rives du Casselouvre qui prennent à nos yeux l’allure du paradis. Et là je m’inscris en faux contre l’adage Zen qui prétend que « celui qui atteint son but a manqué tout le reste ». Car ce but que nous nous étions fixé n’était qu’un prétexte à arpenter cette nature sauvage et somptueuse de la montagne de Rosis. De fait, en atteignant notre but nous avons surtout gagné tout le reste ….

 

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 Nous sommes juste en contrebas du portail de Roquendouire d’où part un sentier qui nous ramènera sans encombre à bon port. Sachant que nous n’aurons donc pas cette nuit à contempler comme Ruth  «  cette faucille d’or négligemment jetée dans le champ des étoiles «  comme l’a célébré ce cher Victor, nous prenons le temps de nous baigner (oui, oui,  un 20 novembre !) couronnement du bonheur pris à faire cette randonnée.

  

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 La montée vers le portail n’est ensuite  pour nous qu’une formalité. En le voyant un plaisir intense nous envahit, comme celui que l’on éprouve à revoir sa maison après un long voyage.

  

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Et c’est en « roues libres » que nous empruntons la superbe draille, bordées de magnifiques « sécadous », en ruines hélas, qui doit nous ramener  tranquillement à notre point de départ.

 

 

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Mais nous avions oublié qu’il nous fallait franchir une dernière fois le Casselouvre avant de rejoindre  Cours le Bas  et le gué que nous empruntons habituellement est, à cette saison, submergé. Nous devons nous livrer à un dernier exercice périlleux de le traverser pieds nus en marchant sur des cailloux glissants : il ne manquerait plus que, si près du but, on se retrouve le cul dans l’eau tout habillé après avoir arpenté la montagne de Rosis hors piste sans avoir subi aucun dommage !

 

Texte & photos Ulysse


17/01/2013

In vino veritas !


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Aujourd’hui on ne boit plus du vin pour se désaltérer comme on le faisait autrefois mais pour rêver. Car le (bon)  vin est un divin élixir qui nous fait téter le sein de Gaïa notre mère et nous permet de remonter le temps.  Vitis vinifera, dont il est issu, plonge, en effet, ses racines dans les entrailles de notre planète pour produire un nectar auquel le soleil, la pluie et le vent d’un printemps et d’un été donnent un corps, une robe et des arômes singuliers.  Nul autre breuvage ne reflète autant le pays d’où il vient ni le climat qui l’a vu naître. Nul autre n’est associé aussi intimement à l’histoire de l’homme. Le seul vin qui vaille « c’est celui qui a la gueule de l’endroit et la tripe du vigneron » comme le dit Jean-Robert Pitte, Géographe professeur des Universités, spécialiste du paysage et de la gastronomie et auteur de lHistoire du paysage français (1983)

« L’oenotourisme est la plus belle manière de se réconcilier avec la géographie » assure encore cet auteur d’où cette invitation qu’il fait aux professeurs de cette matière aujourd’hui délaissée :   « Emmenez  vos étudiants par un petit matin frais dans les vignes de Pouilly face à la Loire qui sort de la brume et promène ses méandres argentés.  Expliquez-leur ce qu’est un terroir à faites parler un vigneron du cru qui leur expliquera pourquoi le sauvignon se plaît tant ici et comment il le traite pour donner le meilleur de lui même. Puis, donnez à chacun un verre de ce pouilly-fumé qui a vu le jour ici, faites-leur admirer le soleil levant au travers du vin qui passe du jaune pâle à l’or, faites-leur humer les effluves mêmées de silex, d’agrumes, d’aubépine et de ciboulette puis invitez les à caresser une gorgée de bon vin entre langue et palais en l’aérant pour en reconnaître à la fois la vivacité et le charnu, le fruit mûr et le miel, le mélange d’arêtes vives et de rondeurs. (interview figurant dans Le Monde du 27/28 septembre 2009  

Et c’est pourquoi je vous convie, aujourd’hui, à une balade au cœur du vignoble du Faugérois, près de Roquessels, effectuée à la fin octobre 2012 au moment où les vignes étaient à l’acmé de leur splendeur. 

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La Bible attribue la culture de la vigne à Noé le premier agriculteur, mais plus sérieusement (car la Bible, on le sait aujourd’hui, a été écrite par le Marquis de Sade à partir d’un brouillon rédigé par la Marquise de Sévigné ) les experts pensent qu’elle est née en Arménie où des fouilles archéologiques ont mis au jour un pressoir à vin et une cuve de fermentation en argile datant de plus de six mille ans avant J.C. Elle s’est étendue ensuite dans le Caucase et la Mésopotamie et a été pratiquée par les Sumériens, les Babyloniens  les Assyriens et surtout les anciens Egyptiens, dont les fresques comportent la première représentation du processus de vinification.

Puis la culture de la vigne s'est pleinement épanouie sous l’impulsion des Grecs et des Romains dans le bassin méditerranéen, qui est considéré comme le berceau de la civilisation du vin. Ce terme de « berceau » est au demeurant, assez révélateur de l’affectueux intérêt que l’homme porte au vin. Jamais, par contre, vous n’entendrez parler du « berceau » de la pomme de terre, de la tomate, du rutabaga ou du topinambour.  

 

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Le premier vignoble de France a été implanté au sixième siècle avant J.C. par les Phocéens à Massalia, devenue Marseille. Ce qui est sans doute la raison pour laquelle le vin nous fait verser dans les « fossés » quand on en abuse ! Bon, vous n’êtes pas obligés de rire. 
Mais l’extension de la culture de la vigne à travers toute la Gaule  s’est faite à partir du 1er siècle après J.C. sous l’impulsion des Romains, bien que l’empereur Domitien ait décidé l’arrachage de 50% du vignoble languedocien qui concurrençait les vins romains .

 

Elle a gagné ensuite la Bourgogne et  le Bordelais au 2ème siècle, atteint la Vallée de la Loire au 3ème siècle, puis la  Champagne et la vallée de la Moselle au 4ème siècle. 
La région parisienne, du fait de la grande concentration de population et l’absence de moyens de transports rapides,  fut pendant longtemps l’une des plus grandes régions viticoles françaises. Il ne reste aujourd’hui que le vignoble de Montmartre dont les vendanges sont faites en « grande pompe ».

 

 Les Gaulois, que les traditions présentent à tort comme des buveurs de Cervoise, ont amélioré les procédés de vinification par le vieillissement en fûts de chêne, les vins étant jusqu’alors conservés dans des amphores lourdes et fragiles.

Le christianisme a aussi contribué à propager la vigne et le vin en France en encourageant les viticultures épiscopales et monastiques, le vin étant le symbole du sang du Christ. Bien qu’athée j’avoue, d’ailleurs, que j’ai un brin d’indulgence pour cette religion et je plains sincèrement les adorateurs d’un dieu buveur d’eau !


 

 

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Dans l’Antiquité, les vins étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes, de miel et d’aromates pour leur assurer une meilleure conservation. C’est au Moyen Age qu’est apparu le vin tel que nous le connaissons aujourd’hui, bien que les vins rouges étaient plus clairs que ceux d’aujourd’hui, car on ne procédait pas alors à la macération des peaux avec le moût.

 

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Quand on contemple la splendeur de ces vignes parées de couleurs automnales on ne peut que regarder de travers les abstinents. Car comment peut-on résister à un breuvage né d’une telle magnificence ? Au demeurant les buveurs de vins sont les meilleurs amis qui soient ou du moins les plus francs, car comme l’on dit  « in vino veritas » !

 


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Admirons avec gourmandise ces grappes gavées de rayons de soleil qu’elles ont transformé en nectar doré. Car même les raisins noirs donnent un jus blanc et c’est la macération avec la peau qui lui donne sa couleur rouge plus ou moins prononcée.

  

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Dirigeons nous vers Roquessels pour accéder au château et jouir d’une vue d’ensemble du vignoble. C’est dans ce village que vous trouverez l’un des meilleurs domaines de l’appellation, « le Château des Peyregrandes », gérée par Marie Geneviève Boudal, dont les vins ont une finesse exemplaire à l’instar de ceux généralement produits par les femmes vigneronnes. Il faut absolument que vous goûtiez une fois dans votre vie sa cuvée « Marie Laurencie » qui n’est produite que les bonnes années. C’est un très grand vin  à un prix raisonnable.

 

 

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Voilà le paysage  que l’on découvre du château construit au Xème siècle : on peut dire qu’il y a de plus vilains endroits sur terre ! Les châtelains qui ont vécu en ces lieux devaient passer des heures à contempler ce magnifique patchwork de vignes qui montrent bien que les (bons) vignerons sont des artistes dans l’âme.

 

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Ne dirait-on pas qu’un morceau de soleil a fondu sur ce coteau ? N’avez vous pas la gorge sèche en pensant au nectar qui sortira d’une telle splendeur ?

  

 

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Les herbes qui courent entre les rangs de vigne vous montrent qu’ici on respecte la nature et que le vin qui en est issu ne sera pas un cocktail de pesticides comme il s’en produit dans quelques régions plus humides.

 

 

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Ici, le photographe amateur que je suis s’en donne à cœur joie pour capter la quintessence de cette nature « géométrique » où la ligne verticale d’un cyprès et la sphère d’un chêne vert font contrepoint  aux parallèles mordorées  des rangs de vignes.

 

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« Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté » comme l’a célébré Baudelaire dans son poème « L’invitation au voyage ». Mais a-t-on besoin de voyager quand on a un tel paysage à quelques tours de roue de chez soi ?

 

 

 

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Ici et là une vigne à l’abandon apporte à ce patchwork multicolore la note argentée de ses herbes duveteuses qu’illuminent les rayons du soleil.

 

 

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Le soleil commence à plonger vers son berceau de collines faugéroises  et ses rayons horizontaux transpercent les feuilles de vignes qui deviennent autant de cœurs ensanglantés suspendus aux treilles. Ces cœurs là assurément sont généreux et réjouissent le cœur de l’homme !

 

 

Texte & Photos Ulysse (Sauf citation)

 

12/01/2013

Allons frotter nos semelles au sentier des Fenestrelles

 

Aujourd’hui, Gibus et moi vous invitons à nous suivre sur l’étonnant chemin dit « des Fenestrelles » qui part de St Guilhem et permet de franchir la falaise du cirque de l’Infernet. Il a été probablement édifié au Xème ou XIème siècle par les moines de l’Abbaye de Gellone afin de permettre aux pèlerins du causse du Larzac d’y accéder, mais aussi pour faciliter la transhumance des moutons vers les prairies herbeuses du causse.

Cette réalisation audacieuse invite à la méditation. Il m’a déjà inspiré un poème que vous pouvez découvrir en cliquant ICI. Aussi c’est dans une encre poétique que je vais, de nouveau,  tremper ma plume pour vous guider sur ce chemin. Je m’inspirerai pour cela des haïkus japonais - poèmes extrêmement brefs qui visent à célébrer la nature, les saisons et à suggérer l’évanescence des choses - mais sans en respecter toujours la codification stricte. L’essentiel est d’en garder l’esprit et de faire naître en vous, chères lectrices et chers lecteurs, une émotion ou une réflexion.

D’ailleurs, je vous invite à me proposer des haïkus que vous inspireraient mes photos et je les mettrai à la suite des miens.

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 D’or je suis vêtu,

Mais demain je serai nu,

Ainsi va la vie.


Haïku proposé par Maria D :

 

 L'homme heureux va


Sur le chemin les cailloux

Les arbres sont d'or 


Haïku proposé par Colette :

 

Au dessus tout l'or

Sous tes pas le chemin,

long
vers d'autres saisons 

 

Haïku proposé par Monique :

 

Les couleurs d’automne


Quand le chemin s’illumine


Allégresse de l’âme  

 

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D’une mer, autrefois

Est née cette  muraille.

Elle y retournera .


Haïku proposé par Maria D :

 

L'homme en plein effort

 Vers la muraille il s'élève

 Puissance des ans


Haïku proposé par Monique  (1):



Au pied des falaises


Il évalue les distances


Le crapahuteur


 

 (1) Monique n'ayant pas de blog je n'ai pas créé de lien hypertexte signalé en ocre

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Pluie, gel et soleil,

Prédateurs redoutables.

La roche devient sable.


Haïku proposé par Maria D :

 

Paysage de pierre

 L'homme et l'arbre s'épaulent

 Solidarité


 

 Haïku proposé par Monique  :

 

Chaque pas grignote


La distance à parcourir


Aujourd’hui, demain

 

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 Chemin de pierres,

Accroché à la falaise.

Nous mènera-t-il au ciel ?


Haïku proposé par Maria D :

Aride est la route


L'homme courbe l'échine


sous le poids des pierres

 

Haïku proposé par Monique :


Au cœur des rochers


Dans le giron des montagnes


Il creuse sa route 

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D’en haut, vaste est la vue.

Les chemins nous font voir,

Un monde inconnu.

  

Haïku proposé par Maria D :

Paroi et vertige


Là-bas la route serpente


Si vaste le monde


Haïku proposé par Monique :


Voir le monde d’en haut


Lui reconnaitre sa splendeur


La contemplation 

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Que de zigs et de zags

Pour franchir l’obstacle.

Leçon de courage.


Haïku proposé par Maria D :

 

Artères de la pierre


 Puissance verticale 


 Chemins escarpés

 

Haïku proposé par Monique :


Des rubans de pierre


Accrochés à la colline 


La route sera longue 

 

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Chandelles de pierre,

Soufflées par le vent.

Le temps les consume.


Haïku proposé par Maria D :

 

L'homme téméraire 


 affronte les hautes colonnes

 
Salut de l'âme




Haïku proposé par Monique :


 Si la pierre se ronge


L’homme va s’affaiblissant


La marche du temps

 

 

 

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Rochers friables,

En équilibre instable.

Vivons l’instant présent.


Haïku proposé par Maria D :

Mère et enfant


Accolade de pierre


Amour statufié


 

Haïku proposé par Monique :


Sans dessus dessous


Les éboulis centenaires


Le chambardement 


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Un lion de pierre

Rugit dans le vent.

Seul désespérément  !


Haïku proposé par Maria D :

Réveil du tigre


Là-bas les arbres tremblent


Entre eux le silence


Haïku proposé par Monique :


 

Fantôme de pierre


A la croisée des chemins


Spectre du temps 

 

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Le soleil se cache,

Un érable le remplace !

Qui a besoin de nous ?


Haïku proposé par Maria D : 

L'homme seul passe


L'arbre d'or se prosterne


L'homme est fait dieu


Haïku proposé par Monique :


Mille reflets d’or


Sur le chemin de l’espoir


La conquête de soi 


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Surplombant le vallon.

Un château en ruine,

Tout pouvoir est une illusion.


Haïku proposé par Monique :


Orgueil des seigneurs


Mais quand le château s’écroule


Retour aux enfers 


Vers proposé par Ysengrin:

Edenté par le temps...


 

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Pourquoi vouloir rester

Près de son clocher.

Si beau est le monde !


Haïku posté par Michel à Franquevaux 

Ils tournent les poissons, 

Au bassin l'oeil les voit !

(Il fait référence au bassin du Cloître en contrebas)


Haïku proposé par Monique :


Au creux du vallon


Fleurissent les saisons


La vie suit son cours 

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 L’automne rassure

Nos âmes immatures

La mort  y est belle !


Haïku proposé par Tanette :

L'homme émerveillé

Peine à quitter ces lieux

Symbiose avec la nature


Haïku proposé par Monique :


 Valse des couleurs


Sur les flancs de la montagne


Danse de l’automne 

 

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Le temps pas à pas

Nous mène au trépas.

Flânons en chemin.


Haïku proposé par Monique :


Je sais le chemin


Où nous conduisent nos pas


La sérénité 


 

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Quand nous franchirons la porte,

Faisons en sorte.

D’avoir vécu au moins !


Haïku proposé par Maevina

Doucement la pierre

Repousse l'horizon

Que les cîmes dessinent


Haïku proposé par Colette :

 

On passe le seuil


Nos caillouteuses journées


se teintent d'après

 


Haïku proposé par Juliette :

Gibus et Ulysse

L'un devant, l'autre derrière,

Défient les cîmes.


Haïku proposé par Monique :


Au jardin d’Eden


Nous poserons le fardeau


La fin du voyage 


Et, pour conclure, voici  deux Haïkus fort élogieux pour mon blog et qui font souffrir ma modestie et vont faire enfler mes chevilles (ce qui va m'empêcher de randonner !) mais ces lectrices ayant joué le jeu je me sens obligé de les poster :


Haïku proposé par Arécol:


Sûr ! ce blog est magique

Ses acteurs sont uniques

Et les coms magnifiques


Haïku proposé par Marithé :


Quelles vues magnifiques

Quelles photos magiques 

La nature est belle!


Haïkus proposés par Maïté en souvenir d'une visite  de St Guilhem :

 

Saint Guilhem désert
Son platane séculaire
Comme une forteresse

Pierres et fleurs
Des eaux silencieuses
L’ombre du tombeau

Ruelles, venelles
Venez, toquez aux heurtoirs
La vigne est lourde

Le chemin est long
Qui s’en va vers le causse
l’automne est d’or

A flanc de falaise
Le bestiaire de pierre
Le pont est au diable

Les ruines du temps
Grises les dents du passé
Maisons de poupée.

Là sous les voûtes
Les cyprès les oliviers
Bonheur d’arpenter.

de l'or des couleurs
Le peintre à son atelier
l'immortalité.


Haïku proposé par eMma  :

 

Appel des sirènes

mais saison après saison

Ulysse chemine 

 

Quatrain proposé par Ginette :

 

L'automne illumine ce chemin de pierre
une porte s'ouvre livrant le secret
d'un bonheur tout simple
rempli de beauté

 

 

  Et maintenant, à vos "souris" pour me proposer vos propres Haïkus (en m'indiquant la photo correspondante. Je les posterai à la suite du mien


Photos Ulysse & haïkus Ulysse et quelques uns de mes lecteurs et de mes lectrices que je remercie vivement de s'être prêtés si magnifiquement à ce jeu poétique


05/01/2013

Jeux de (petites & grandes) guibolles pour aller à Caissenols

 

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Hello, nous  revoilà, Emilie et Romain, les petits parigots blanchots venus mettre un peu de vie, et accessoirement du bazar, dans la maison de nos « ancêtres »  qui se la coulent douce sur les rivages ensoleillés de la « grande bleue » pendant que nous on trime (oui, même à l’école primaire on trime !) sur les berges grisâtres de la Seine. Nous partons ce matin en randonnée avec papi et mamie et leurs inséparables amis Gibus et Marie ainsi que nos géniteurs, trop heureux de nous faire  marcher 15 kilomètres et gravir 500 mètres de dénivelé car ils pensent qu’avec ce régime ils auront enfin une soirée tranquille ! Comme vous pouvez le constater la météo n’est pas vraiment « méditerranéenne » car la tramontane souffle à 70 kilomètres heures et nous nous dirigeons vers les contreforts de la Montagne de Rosis à une heure où le soleil prend encore son petit déjeuner. Bon, je ne veux pas dire que l’on fait partie des enfants maltraités mais c’est tout juste !

 

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Fort heureusement, le sentier traverse d’anciennes châtaigneraies qui, bien que dépouillées de leurs feuilles, nous protègent du vent, ce qui fait que je retrouve très vite mon sourire et prend la tête du groupe. L’avantage des randos en montagne c’est que, mis à part les sangliers, les araignées et les serpents (phobies de fille !) on n’y fait pas comme à Paris de mauvaises rencontres et les parents,  nous lâchent un peu « les baskets », ce qui nous permet de nous émanciper.

 

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Dans la montée je devance le groupe à l’exception, bien évidemment de Gibus et de mon papi qui sont à moitié mouflons et sont déjà loin devant. Je suis  talonnée par mon « pater » qui a l’avantage d’avoir des jambes deux fois plus grandes que les miennes. A ce sujet j’aimerais élever une protestation car si l’article un de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que «  Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »  aucun n’article ne prévoit qu’ils doivent avoir aussi la même longueur de guibolles et ça c’est une profonde injustice. Je dois, en effet faire deux pas quand mon père en fait un alors que quand vient l’heure du dessert lui s’octroie deux parts quand je n’ai droit qu’à une. Où est la justice dans tout ça ?

 

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Parvenus au Portail de Roquendouire où mon papy vous a souvent emmenés, Romain et moi réclamons une pause. Ce n’est pas tant que l’on soit fatigués mais il y a généralement dans les sacs des anciens quelques friandises que l’on apprécie et nous faisons en quelque sorte du chantage. Où est passée l’innocence enfantine, vous direz vous, mais vu le monde que les adultes vont nous laisser on est en droit de ne pas faire de sentiment !

 

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Notre sentier traverse un torrent et je dois reconnaître que je manque un peu  d’audace pour le franchir sans sourciller. Mais Gibus en galant homme me donne quelques conseils qui me sortent d’embarras.

 

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Je dois admettre que Romain fait preuve d’une plus grande aisance dans cet exercice. Mais il est vrai que les garçons adorent marcher dans les flaques d’eau et n’ont pas peur de salir leurs godasses. Les gènes des garçons sont sans doute plus audacieux que ceux des filles mais les nôtres sont plus raffinés !

 

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Et puis il faut toujours que les garçons la ramènent et cherchent à faire la preuve de leur supériorité physique. Romain, qui va sur son septième printemps, n’échappe pas à la règle, il veut vous faire croire qu’il a soulevé l’arbre abattu pour aider papa à passer mais laissez moi vous dire que malgré tous ses efforts l’arbre n’a pas bougé d’un pouce !

 

IMG_2678.JPGNous arrivons enfin en vue de la « terre promise » il s’agit, en l’occurrence, du refuge de Caissenols le Haut où l’on a prévu de pique-niquer. Et je peux vous assurer que ce pique-nique là on l’attend depuis le début des vacances car il y a au menu des saucisses grillées au feu de bois ! Et ça c’est un plaisir qu‘aucune console de jeux ne peut nous apporter !

 

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En ce début du vingt et unième siècle où l’on peut  avoir des amis en Chine, au Mexique ou aux Iles marquises qu’on n’a jamais vus et les appeler du fond de son lit pour leur dire qu’il pleut à Paris ou qu’il fait chaud à Perpignan, ce dont ils se moquent royalement, c’est un bonheur incommensurable de manger des saucisses grillées avec des chips sur une table en bois bancale ornée de bougies, alors qu’un bon feu crépite dans la cheminée et vous enfume comme des jambons.

 

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En plus ce sont les seuls moments ou les adultes me laissent faire la cuisine. Bon, il est vrai que de faire cuire des saucisses ne demande pas une grande expertise, mais tout le monde ne s’en tire pas aussi bien que moi. Demandez par exemple à mon papi qui un jour s’est mélangé les pinceaux en ouvrant la grille à saucisses ce qui fait qu’elles se sont retrouvées par terre au milieu des crottes de souris. Imaginez ce que ses oreilles ont entendu ce jour là ! Il en rougit encore quand on lui rappelle son « exploit »  .

 

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Après ces agapes, Romain qui s’est gavé de chips et de merguez est moins vaillant pour traverser les torrents et il fait appel à SOS Gibus l’homme providence quand on est en montagne. Je suis certaine que si on se perdait il serait capable de nous construire un abri pour la nuit avec son couteau suisse !

 

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Le grand bonheur de randonner dans ce pays est de découvrir une nature sauvage sous un ciel si bleu que je ne savais pas que ça pouvait exister. A Paris quand vous levez le nez c’est pour apercevoir des nuages gris, des nuages gris et encore des nuages gris !


 

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L’hiver n’est pourtant pas la saison la plus propice pour se balader car la nature hiberne, mais on pressent une vitalité en attente qui ne demande qu’un peu de chaleur pour jaillir !

 

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Et puis quel magnifique panorama l’on découvre en approchant du portail de Roquendouire . Je Comprends que mon papi et Gibus adorent venir roder dans ce coin là .

 

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Nous nous engageons à regret sur le chemin qui doit nous ramener au village d’Andabres (commune de Rosis) d’où nous sommes partis et que l’on aperçoit en contrebas . On découvre en face le Marcou qui culmine à 1081 mètres et sur lequel mon papi m’a promis de m’emmener l’année de mes 12 ans. Cela fait trois ans à attendre et il  y a des jours où l’on est pressé de vieillir !

 

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En attendant, pour être à la hauteur de ce challenge, je vais m’entraîner dur et notamment m’habituer à me raccrocher aux branches parce que mon papi m’a prévenu que pour accéder au sommet du Marcou il y avait une pente si raide que si on ne se penche pas en avant le poids du sac vous fait basculer en arrière ! Bon, je pense qu’il doit, comme à son habitude, exagérer un peu !

 

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Nous approchons du village et nous allons devoir tirer notre révérence jusqu’aux prochaines vacances. J’avoue que je n’ai pas envie de rentrer sur Paris et je suis tentée de rester cachée dans ce vieux châtaignier, mais la perspective de passer la nuit avec des araignées et des souris qui rodent dans les parages me fait changer d’idée !

 

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Vous pouvez voir à la mine réjouie de mon frère que nous avons avalé les kilomètres et le dénivelé sans problème. Nos parents et grands parents qui pensaient pouvoir passer une soirée tranquille ne vont pas être déçus !!

 A la prochaine !

PS : Un grand merci à l'Association "Caissenols" qui a récemment restauré ce refuge, lieu idéal pour un séjour diurne ou nocturne dans la superbe montagne de Rosis. 

Cette association est à la recherche de vieilles photos de Caissenols et des environs pour illustrer un ouvrage en préparation. Merci de la contacter (en cliquant sur le nom ci-dessus) au cas où vous en auriez.

Texte Ulysse et Emilie & Photos Ulysse (sauf la dernière Sébastien)