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26/03/2013

Rangez vos cartes postales....


Je m'absente quelque temps et poste des notes tirées de mes archives.

Je vous remercie de votre visite

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Rangez vos cartes postales,

De golfes clairs aux eaux bleutées,

Quand la Méditerranée s'emballe,

L'heure n'est plus à rêver !


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Adieu les doux flic-flacs,

Sur le ventre replet,

De nonchalantes barques,

Dans des criques ombragées.


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Quand elle se met à rugir,

Le phare d'Agde surpris,

A bien du mal se tenir,

Droit comme un «  i » .


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On la croit alors en colère,

Mais on se méprend,

Le coupable, ce faux frère,

Est le Grec, son amant


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Quand il pose sur ses hanches,

Ses doigts brulés par le soleil,

Un orgasme immense,

La projette vers le cie
l.


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Le vieux lion*, du bord de l'eau,

Contemple leur étreinte,

Ses rugissements font écho,

A leurs râles et leurs plaintes.


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Les ailes immobiles,

Les plumes lissées,

Une mouette gracile,

Vient l'oeil se rincer !


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L'écume qui bouillonne,

Le fracas des eaux,

Rien vraiment n'impressionne ,

Cet audacieux oiseau.


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Le Grec pétrit les vagues,

Poitrine tumultueuse,

De sa maîtresse qui divague,

Sous ses caresses fougueuses.


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Aussi soudaine que rare,

Survient une accalmie,

Le rivage devient un miroir,

Où un vague soleil luit.


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Mais leur danse sur le mole,

Reprend de plus belle,

Et le Grec orne d'écume les épaules

Accueillantes de sa belle


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PS : Ces photos ont été prises au Cap d'Agde . Le Grec est le vent venant de l'Est qui souffle parfois violemment et provoque des tempêtes surtout l'hiver.


* Par ailleurs, si vous voulez connaître 'histoire du Lion du Golfe cliquez ici



Textes & Photos Ulysse

06/03/2013

A l’assaut du Roc du Caroux, cramponnez vous !

 

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Hello ! C’est moi Léo, me voilà de retour dans le  Languedoc pour quelques jours de vacances. Pendant tout l’hiver j’ai suivi les aventures  de Gibus et de mon Papi Ulysse dans les massifs du Haut Languedoc et ça m’a donné des fourmis dans les jambes. J’avoue qu’ils m’épatent ces « vieux » qui résistent vaille que vaille au principe de l’entropie  et je connais pas mal de mes copains qui auraient du mal à les suivre. Mais moi qui ai  collé à leurs basques depuis ma plus  tendre enfance, je leur file le train sans difficulté. Il faut dire que le cocktail hormonal de l’adolescence est, pour ce qui me concerne d’une efficacité redoutable,  et pas seulement pour les loisirs de plein air, car c’est avec frayeur que ma mamie me voit me mettre à table !

 

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Nous voilà donc partis, en ce froid matin hivernal, Gibus, papi et moi à l’assaut du Roc du Caroux par les abrupts et pierreux sentiers des Gardes, des Aiguilles et du Rieutord.  Moi, le parigot condamné à respirer un  air qui sent le benzène et l’eau croupie (la région parisienne est en cette saison un vrai marigot)  je dois vous avouer qu’au sein de cette nature sauvage  dont l’air est pollué par les seuls  pets des mouflons,  je revis !

 

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Nous partons du pont des soupirs qui franchit le torrent d’Héric pour nous diriger vers le col de Bertouyre. Ce pont est bien nommé car à peine l’a-t-on traversé que le sentier met votre souffle et votre cœur à rude épreuve. Aussi ceux qui sont déjà passés par là ne peuvent que soupirer, sachant ce qui les attend. Mais bon, le panorama qui s’offre à vous vous récompense de vos efforts. Quand on est citadin, on finit par oublier que la nature peut être aussi belle. Mais n’est ce pas cette faculté d’oubli qui permet à l’homme de supporter l’insupportable et notamment les métros bondés de gens crevés et maussades et les trains de banlieue en retard ?

 

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Quittant la piste des Gardes fort bien entretenue nous abordons la piste des Aiguilles, beaucoup plus rocailleuse et sportive et  qui, à plusieurs reprises, s’ingénie à nous faire descendre les quelques dizaines de mètres que nous avons eu quelque peine à grimper. Ce petit manège dure environ trois quart d’heure au terme desquels nous nous retrouvons à la même altitude qu’au départ. Je me doute que Gibus et papi ont choisi cette piste pour tester ma résistance et je suis leur rythme sans me plaindre, soucieux de leur montrer que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas que les pouces de musclés et sont capables de faire autre chose que d’envoyer des SMS et de jouer aux jeux vidéo.

 

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J’avoue même que je prends plaisir à emprunter ce genre de chemin taillé par les éléments  dans le corps rocheux du Caroux.  A chaque pas on doit assurer son équilibre en s’aidant  des mains, ce qui crée un lien charnel avec cette montagne  qui au fur et à mesure que l’on grimpe nous transmet son énergie. C’est ainsi que Gibus et mon papy, qui l’arpentent au moins une fois par semaine, restent aussi alertes que des mouflons.

 

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Et puis le panorama qui s’offre à nous dans les trouées de verdure est grandiose. Les aiguilles de pierre se succèdent, orgueilleuses et pourtant vouées à disparaître sous la morsure tenace et patiente du gel, du soleil, de la pluie et du vent. Mais nous serons depuis longtemps retournés en poussière quand cela se produira, à moins que les scientifiques n’aient trouvé d’ici là l’élixir de longue vie. Mais si c’est pour prendre sa retraite à 1255 ans et faire toute sa vie des petits boulots sans intérêt, moi je dis non merci !

 

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Nous parvenons enfin au bout de la piste des Aiguilles pour aborder celle du Rieutord qui monte franchement à travers un chaos de rochers et de végétation, ce qui donne à notre périple un coté « Indiana Jones » qui n’est pas fait pour me déplaire.

 

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Après avoir traversé le torrent du Rieutord, le sentier grimpe sur des dalles rocheuses que le brouillard qui monte n’a pas, fort heureusement, encore rendues glissantes. La randonnée en montage est un bon exercice pour développer sa concentration car il faut à chaque pas s’assurer de la solidité de ses appuis et il est conseillé aux doux rêveurs de s’abstenir ! Mais en existe-t-il encore dans ce monde avide et impitoyable du capitalisme financier d’aujourd’hui ?

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau du Caroux au pied du Roc du Caroux(1058m) qui a donné son nom au massif, alors que les premières gouttes de pluie se mettent à tomber. Mais cela ne nous inquiète guère car il ne nous reste plus qu’une petite demi-heure de marche sans difficulté particulière pour rejoindre le refuge de Fontsalès.


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Nous y voici enfin et Gibus fait une nouvelle fois la démonstration de son talent pour « allumer le feu » ! Jauni Halidadais peut en la matière aller se rhabiller, il ne fait pas le poids vis à vis de l’ami de mon papi ! Au passage vous remarquerez que nos T-Shirts sont trempés comme des éponges, ce qui vous donne une idée de la suée que nous avons attrapée en montant jusqu’ici malgré la température hivernale.

 

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Et quel bonheur de déguster enfin une omelette fumante cuite au feu de bois, moi  qui ai  ces dernières semaines bavé d’envie en les contemplant  sur le « blog » de mon papi. Vous qui en rêvez, je vous souhaite d’avoir un jour ce bonheur aussi !

 

 

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Je serais bien resté là le reste de mes vacances mais Gibus et papy qui ne sont pas sans ressource et sans expérience  auraient quand même eu du mal à satisfaire mon appétit féroce.Et quand j’ai très faim je deviens difficile à gérer !! Nous prenons donc le chemin du retour par un sentier heureusement plus convivial qu’à la montée car le temps ne s’est pas arrangé.

 

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Ce massif du Caroux , pourtant de taille modeste, est étonnant par la diversité des panoramas qu’il offre. De multiples torrents y ont creusé d’impressionnantes gorges qui lui donnent, par endroits, un aspect pyrénéen.

 

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Au fur et à mesure que nous descendons, nous retrouvons des conditions plus clémentes, ce qui ajouté au parfait état du chemin nous permet doucement de récupérer des efforts intenses fournis à la montée.

 

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Mais il ne faut pas se fier aux apparences, même quand les conditions semblent favorables, la montagne est imprévisible et toujours un danger nous guette, comme cet énorme rocher en équilibre instable qui pourrait profiter de notre passage pour se laisser choir sur le chemin. Bon, je ne pense pas que ce soit demain la veille, mais on a mis cette photo juste pour faire frémir papa et maman qui sont toujours un peu inquiets quand le grand-père emmène ses petits enfants en randonnée !

 

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En approchant du point de départ le chemin offre l’un des plus belles perspectives sur le massif du Caroux que l’on puisse admirer. Oui vraiment ce petit massif n’a rien à envier à son grand frère pyrénéen et c’est un bonheur que de pouvoir y randonner !

 

Texte Léo et Ulysse, photos Ulysse

 


01/03/2013

Métamorphoses sur le Caroux

 

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Depuis des années que Gibus et moi arpentons le Caroux  nous avons contribué, par l’impact de nos souliers, à maintenir les sentiers qui le traversent, seule trace anonyme de notre passage. Ainsi un lien secret nous unit aux milliers de randonneurs qui les ont aussi empruntés, dont l’énergie conquérante a imprimé sa marque sur  le ballet des atomes qui constituent leur trame de terre et de cailloux.

 

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Toutes les créations de ce monde, qu’il s’agisse d’arbres, d’hommes, d’herbe, de cailloux ou de nuages ne sont que des amas moléculaires plus ou moins denses virevoltants dans le vide et issus du même « potage » primitif. Là où nous croyons voir des séparations existe un continuum, comme la trame d’un tapis où les motifs se juxtaposent sur un fond uni. Je suis ainsi un lointain parent de cet arbre que je croise et que je ne manque pas de saluer avec respect, comme il se doit entre entités de la même fratrie.

 

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Je rencontre ce que je pense être les traces laissées par un renard lors de ses pérégrinations nocturnes ou matinales. A tout moment sans nous en rendre compte nous modifions l’ordre des choses et lorsque la mort nous saisit, même si nous tombons dans l’oubli, l’univers conserve à jamais l’impact de notre passage et c’est en cela que nous sommes immortels.

 

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L’hiver a  revêtu ces chardons d’une gangue de glace qui embellit leur face patibulaire. L’eau, qui peut tour à tour avoir une forme liquide, solide, gazeuse ou neigeuse, est le parfait exemple de cet incessant ballet de transformations auquel notre univers est soumis.

 

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Et ce ne sont pas ces bruyères qui se plaindront de cette métamorphose qui leur confère une beauté aussi grande qu’à l’acmé de leur floraison estivale.

 

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Ni cet aulne dont les branches sont  hérissées d’une myriade de chandelles de glace que le soleil aura tôt fait de consumer.

 

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En cet endroit sauvage où les rudes conditions hivernales dissuadent les promeneurs de venir, une lionne a trouvé refuge pour y  faire une sieste que je mets un point d’honneur à ne pas troubler. Outre le fait que je suis d’ordinaire respectueux du sommeil des autres, je suis aussi soucieux de ne pas être, trop précipitamment, transformé en « hot dog » et recyclé dans le grand maelström des atomes de l’univers.

 

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Ne plaignons pas ces arbres d’être habillés et immergés dans un champ de neige ils sont parfaitement adaptés au froid et puis, étant condamnés à l’immobilité, ils sont certainement ravis de cette transformation du paysage qui doit leur donner le sentiment de voyager.

 

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Et ces hêtres semblent également  enchantés de la lumière que renvoie ce tapis de neige qui irradie leur feuillage marcescent.

 

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Mais revenons aux incessantes métamorphose du monde qui affectent même le corps rugueux et résistant d’orthogneiss du Caroux. Le vent, le soleil, le gel et la pluie conjuguent leurs forces pour y créer des sculptures à l’improbable équilibre.

 

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Ils créent aussi d’étranges monstres figés dans un silencieux défi, animés sans doute par d’ancestrales  colères que les atomes de défunts ont emporté avec eux au royaume de la nuit.

 

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Une brebis égarée bêle sur mon passage, me prenant sans doute pour son berger. Je la fais taire en la mettant en garde contre la présence d’une panthère non loin de là, qui pourrait n’en faire qu’une bouchée. Cela dit, à choisir, mieux vaut que ce soit elle que moi. La fraternité avec les autres êtres de ce monde  a des limites.

 

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Amoureux des arbres, je suis, vous le savez. J’admire leur ténacité et leur générosité, car ils nous offrent, l’été, leurs frais ombrages qui rendent nos siestes plus agréables ainsi que leur oxygène sans lequel notre planète serait irrespirable. J’admire, en particulier, celui-ci nourrit au jus de roche et qui brave Dame tramontane qui en a déraciné des plus gros que lui !

 

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Je vous le présente tel que le voit peut être le lézard, la sauterelle ou la buse dont les spectre chromatique de la vision est différent du notre. Car le monde que nous voyons est spécifique à notre appareil sensoriel, il n’a pas de réalité intrinsèque, il n’est qu’une vision parmi des milliers d’autres possibles.

 

 

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C’est une chose que les grands peintres et notamment les impressionnistes ont comprise et nous ont fait découvrir dans leurs tableaux : une ombre peut être bleue, rose, verte  ou jaune et les cieux animés de tourbillons d’énergie.

  

Texte & Photos Ulysse