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30/08/2013

Géomètres-poêtes nos ancêtres ?


Devançant les oiseaux migrateurs,
Je suis parti vers d'autres cieux,
Mais ne soyez pas marris chers lecteurs,
Ceci n'est pas un adieu !


(Reprise d'archive)
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C'est toujours pour moi un magnifique et étonnant spectacle que de contempler d'une hauteur la disposition des cultures..

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Ces champs et vignobles qui couvrent plus de 40% du pays d'Oc ont été façonnés par l'homme au moyen d'outils rudimentaires aidés de la force animale il y a plus de deux millénaires. Dans les zones caillouteuses, ce défrichement a représenté un travail titanesque et la manipulation de millions de tonnes de pierres qui ont été utilisées pour bâtir les murs de soutiens des terrasses et les habitations.




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Et toujours je m'interroge sur les règles et les contraintes qui ont conduit à déterminer leurs formes et leurs tailles si diverses.


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La loi du "premier arrivé" puis celle du plus fort ont du jouer un rôle essentiel conduisant à la naissance de « potentats » puis de seigneurs locaux. Ainsi nos sociétés dites "modernes" ont elles été fondées sur l'appropriation et la violence, alors que des sociétés dites "primitives" connaissent encore la propriété collective et la solidarité. Mais ces dernières sont hélas menacées.


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Mais si ces facteurs peuvent expliquer l'importance des parcelles, ils ne rendent pas compte de formes tourmentées qu'elles ont parfois. Car comme ces photos l'illustrent ceux qui ont les premiers défriché ce pays avaient un sens de la géométrie pour le moins pittoresque...


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Pourquoi, en effet, ces arrondis, ces décrochements, ces rétrécissement que les particularités du terrain ne semblent pas justifier ?



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Pourquoi ces intrusions irrégulières dans le manteau forestier ou dans la garrigue ? Nos ancêtres étaient-ils facétieux ou poêtes et mettaient-ils ainsi dans leurs cultures la fantaisie qu'ils ne trouvaient pas dans leurs vies ?


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Ou peut être laissaient-ils leurs chevaux ou leurs boeufs de labour décider pour eux de la forme des parcelles et dès que la terre se faisait plus lourde ou qu'une grosse pierre obstruait le passage, ceux-ci faisaient un détour ?


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Ou bien alors étaient-ils joueurs et pariaient ils le soir à la veillée en jouant aux dés des petits bouts de leurs parcelles, ce qui a conduit peu à peu à ces étonnants patchworks.



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Quelle qu'en soit l'origine, ces patchworks contribuent aujourd'hui grandement à la beauté des paysages de nos régions. La diversité des cultures ou des cépages qui les couvrent offrent en toutes saisons un kaléidoscope de couleurs et d'aspects. Mais le mitage des terrains dû à l'urbanisation rampante et les campagnes d'arrachage de nos vignes imposées par les technocrates de l'Europe (alors que le monde entier se met à boire du vin) risquent de détruire à jamais ce merveilleux manteau d'Arlequin qui couvre notre pays.


Alors arrosons de bon vin nos oesophages pour sauver nos paysages !


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Texte & Photos Ulysse


23/08/2013

Se laisser porter par la brise...


Ayant besoin de lever le pied pendant quelques jours, je vous propose de vous replonger dans mes archives.

Merci de votre visite et de vos commentaires

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Je vous emmène pour  une balade poétique autour du lac de Vézoles situé non loin de Fraisse-sur-Agout dans les hauts cantons, un de ces lieux qui invitent à la méditation.



Quitter la plaine et sa torpeur,

Où les esprits tournent en rond,

Figés par un soleil de plomb,

Ou s'égrènent vides nos heures.


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Prendre son bâton et grimper le col,

Traverser de vastes sapinières,

S'enivrer de leur haleine amère,

Pour découvrir le lac de Vezoles.


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Se mirer dans ses eaux claires,

Où se marient les pluies anciennes,

Et qui en songe nous ramènent,

A nos années premières.


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Quand nous faisions des ronds dans l'eau,

Et contemplions en surface,

Ces cercles mouvants qui s'effacent,

Comme nos vies, bientôt.


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Ce vaste lac aux eaux si lisses,

Qui reflètent les nuages,

De notre âme est à l'image :

La nuit règne dans ses abysses.


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Lorsqu'il est loin de la foule,

L' homme éprouve sa solitude,

Et se dévêt de ses habitudes,

Qui le protègent de la houle.


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Ainsi immergé dans la nature,

Il renoue avec l'élan vital,

Et comprend que tout le mal,

Vient de l'Ego qui le torture.


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Il faut alors lâcher prise,

De l'eau glisser à la surface,

Prendre son envol dans l'espace,

Et se laisser porter par la brise.



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J'ajoute à ma note un poème tout a fait dans le ton que m'a laissé en commentaire  l'une de ma fidèles lectrices, Monique, que je remercie :

 

 

Tu sais des lieux magiques
Où les rêves se réalisent
Des endroits romantiques
Une vraie terre promise

Un peu d'eau, du soleil
Des arbres et des chemins
Un pays des merveilles
Dans l'odeur du jasmin 

Connaître cette terre
Loin des bruits, des méchants
S'enivrer de grand air
Voir ces lieux alléchants

Aventure si légère
Qu'elle devient plénitude
Quand bien même éphémère
Une douce solitude

f

Texte & Photos Ulysse (sauf dernier poème Monique)

16/08/2013

Dure, dure ! la serre de Ramendure !

 

mauroul,ramendure,bourdils,mouflon

C’en est fini des plongeons dans les torrents du Haut Languedoc, et ce, à la demande de nos petits enfants qui nous ont demandé d’arrêter de faire le « mariole ». A mon avis, ce qui les préoccupe vraiment dans nos aventures c’est d’avoir à porter les sacs de randonnée lors de notre prochaine sortie familiale, si jamais nous en revenions handicapés! On a donc décidé de se calmer un peu, Gibus et moi, histoire de rassurer nos proches, mais c’est promis on remettra ça l’été prochain. Ca ne veut pas dire que l’on va passer le reste de l’été à regarder les feux de l’amour à la télé, pour sûr que non ! Mais on va se contenter d’arpenter des chemins moins périlleux. Cela dit, vous ne serez pas frustrés, car j’ai en stock le récit de quelques belles sorties inédites de l’hiver et du printemps dernier  et qui ont de quoi vous faire frissonner.

 

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Nous voici donc revenus à un matin de juin dernier où nous sommes partis à l’assaut de la serre de Ramendure qui mène au plateau des Bourdils (1086m). Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons beaucoup de mal a repéré la vague sente ponctuée de cairns qui suit plus ou moins la ligne de crête. Fort  heureusement nous croisons un antique berger qui a choisi de passer son immortalité en ces lieux (le paradis est, selon ses dires, un endroit ennuyeux) et qui nous donne quelques précieuses indications pour arriver à bon port.

 

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Nous passons à coté d’un éperon rocheux qui a sur l’ami Gibus le même effet qu’un pot de Nutella sur mes petits enfants. Ces derniers ne peuvent pas s’empêcher d’y tremper le doigt alors que Gibus ne peut s’empêcher d’y poser le pied.

 

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Le voilà donc perché sur ce rocher avec autant d’aisance qu’un mouflon tandis que je subis l’implacable loi de la gravité en maugréant après l’article premier de la constitution française qui affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Foutaise ! Moi aussi j’ai le droit de grimper sur le sommet du rocher ; pourquoi donc est ce que je n’y arrive pas !

 

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Gibus aperçoit soudain en contrebas de son perchoir un mouflon qui n’a pas décelé sa présence. Mû par l’instinct du reporter et désireux de vous offrir des clichés dignes de « National Géographic », dans un sursaut de volonté, j’arrive à grimper assez haut pour lui tendre l’appareil photo. Et c’est ainsi que du tréfonds de votre fauteuil vous pouvez observer ce magnifique animal.

 

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On vous en met d’ailleurs trois pour le prix d’un, car à peine avons nous repris notre progression vers le plateau que nous débusquons deux jeunes mouflons qui peinent à s’enfuir dans l’épais taillis végétal qui recouvre les lieux.

 

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Puis nous progressons cahin-caha et caha-cahin au fil des éperons rocheux qui ponctuent la ligne de crête.

 

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L’environnement somptueux et l’air chargé de l’odeur miellée des genêts en fleur fait naître en nous une douce ivresse qui nous permet d’avaler les obstacles sans vraiment nous en rendre compte.

 

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Sauf quand une barre rocheuse un peu plus haute que les autres sollicite un maximum de concentration de notre part, sous peine de devenir  le futur « petit dej’ » des vautours qui évoluent parfois dans le secteur.

 

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Ce sont des lieux qu’affectionnent les mouflons car les bipèdes généralement ne s’y aventurent pas et nous en débusquons un certain nombre pour notre plus grand joie. Cette félicité qui nous envahit quand nous observons des animaux sauvages vient sans doute de ce que cela ravive le sentiment « d’unicité » qu’éprouvait l’humanité à l’égard de la nature à l’aube de son histoire. Nous sommes tous membres d’une même famille issue d’ancêtres lointains et nous l’avons malheureusement oublié.

 

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Mais bien qu’ayant une âme d’homme des bois, notre estomac est plutôt du genre rabelaisien et pour nous la pause-pique est donc sacrée. Ayant soigneusement choisi un emplacement propice à faire la sieste (car nous sommes de vieux amants de Morphée) nous commençons, comme il va de soi, par l’apéritif. Et ce n’est pas parce que l’on est à mille mètres d’altitude au milieu de nulle part que nous ne savons pas recevoir. Asseyez vous donc un instant, je vous en prie, et buvons à notre santé ! Tchin !

 

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Etant parvenus sur le plateau des Bourdils nous nous dirigeons vers le Montahut et passons devant le magnifique Roc d’Ourliadès, dent de pierre plantée dans le ciel azur.

 

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Puis nous grimpons sur le Montahut, indifférents aux maléfices que nous jette à chacune de nos visites  la sorcière qui y campe, grâce aux formules magiques qui permettent de les neutraliser et que nous ont enseignées nos petits enfants qui on lu Harry Potter.

 

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Nous revenons par un bon chemin qui dévale le vallon de la Tourre, les quelques obstacles que nous y rencontrons n’ayant rien de commun avec ceux affrontés le matin même.

 

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Dans ce vallon autrefois habité par l’homme, on croise l’une des ces magnifiques bergeries qui émaillent les contreforts du Haut-Languedoc, témoin silencieux du courage et du génie de leurs bâtisseurs.


Si vous appréciez Eldorad'Oc & Piquesel je vous invite à découvrir mon nouveau blog consacré à la photographie grand format 

 

  FOTORAMA

 


 

Texte & photos Ulysse