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26/05/2014

De battre nos coeurs ont continué....

 Après avoir pioché au cours des semaines passées dans mes archives, je vous offre aujourd'hui le récit d'une nouvelle aventure ! 

Merci pour votre patience et votre fidélité à me suivre...

 

 * Le titre de ma note est un clin d'oeil au très beau film de Jacques Audiard "De battre mon coeur s'est arrêté" 

rosis,casselouvre,nébuzon,capitelle

On dit des gens sans ambition qu’ils végètent ou de ceux qui sont inactifs (selon des critères éminemment subjectifs, car penser est la plus noble et productive des actions) qu’ils sont de vrais légumes. C’est dire la piètre estime que les humains ont généralement du monde végétal ! Je ne suis pas de ceux là, et vois dans les plantes, et notamment les arbres, les êtres les plus sophistiqués qui soient. Car tout en étant condamnés à l’immobilité, ils savent trouver de quoi se nourrir, prospérer, transformer l’énergie du soleil, capter l’oxyde de carbone, qui est un poison pour l’homme et émettre de l’oxygène qui nous permet de respirer !  Et les scientifiques sont en train de découvrir qu’ils  sont capables de communiquer entre eux et de faire preuve d’empathie envers leurs congénères !  Respect , chers arbres ! Et vous en voyez là de magnifiques qui jouent à sauter le muret de pierres que les anciens ont bâti pour protéger le chemin qu’ils ont tracé pour accéder à la montagne de Rosis où autrefois allaient paître leurs troupeaux d’ovins.

NB: Sur la question de la capacité des arbres à communiquer, je vous invite à consulter ce passionnant site dont la référence m'a été fourni par Framboise, l'une de mes lectrices, dans son commentaire. Je l'en remercie

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D’ailleurs en mourant les arbres  révèlent leur véritable nature et les orbites vides de leurs yeux que leur écorce masquait sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de la vie.

 

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Certains arbres morts, dont les racines ne leur apportent plus la sève nourricière, broutent ici et là quelques feuilles de leurs jeunes et vigoureux voisins qui n’en prennent pas ombrage !

 

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A peine sortis de la forêt nous découvrons un ancien abri de berger perché sur l’épaule de la Serre de More. Pour le construire, les anciens ont emprunté quelques os de la Terre, en en faisant en quelque sorte un prolongement. Ceux qui y vivaient préservaient ainsi le lien originel entre l’homme et la nature  qui leur faisaient comprendre que leur survie dépendait d’elle.

 

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Cette masure est en parfaite harmonie avec le paysage environnant, au contraire des prétentieux gratte ciels que les hommes dressent aujourd’hui dans lesquels leurs vies périclitent faute de  pouvoir y entendre les battements du cœur de notre Terre Mère Gaïa.

 

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Vivre ici au cœur des montagnes devait être une dure épreuve mais qui vous rendait immortel, puisqu’au milieu de cet environnement, qui vous conte des histoires vieilles de centaines de millions d’années, on comprend que la vie et la mort ne sont que les deux faces d’une existence transcendantale.

 

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Au fond du vallon, on aperçoit le Casselouvre, dont nous avons l’été dernier descendu le cours lors d’une randonnée-canyoning mémorable !

 

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On en devine le cours tortueux et escarpé qui sinue au cœur de la montagne de Rosis  qui commence à être illuminée par l’or des genêts.

 

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D’avoir aperçu ce cours d’eau fraiche et tonique (c’est le moins que l’on puisse dire) nous a donné envie d’aller y plonger une tête (et le reste si affinité !). Descendant pour le rejoindre nous passons devant une modeste capitelle qui devait plus servir à protéger les chopines des bergers des feux du soleil qu’à abriter les hommes ! Le vin chaud , c’est bon pour l’hiver !

 

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Et plouf ! nous y sommes !  L’ami Gibus prenant le chemin le plus court pour s’y tremper en se jetant d’un promontoire rocheux, alors que votre serviteur, désireux de ne pas vous priver d’Eldorad’Oc que vous semblez apprécier, l’a rejoint d’une façon plus précautionneuse.

 

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Après ce bain revigorant et un pique-nique qui l’est tout autant, nous reprenons le chemin des sommets pour y faire notre cure d’oxygène, de ciel bleu et  de chlorophylle, histoire aussi de faire battre la chamade à notre cœur afin d’assurer sa longévité..

 

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Car quand on a le privilège de pouvoir contempler de tels paysages, on veut pouvoir en profiter le plus longtemps possible….même si la mort n’est, comme je vous le disais plus avant, qu’une illusion !

 

PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "Le coupeur de canne" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

Je vous invite également à regarder et à diffuser à vos amis cette émouvante  vidéo (en espagnol) qui a été faite par le chanteur Macaco avec les travailleurs et les patients du 8e étage (Oncologie) de L'Hôpital pour enfant San Juan de Dios à Barcelone afin de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer. Chaque fois que l’on regarde la vidéo, 5 centimes sont versés à la cause.

 

    

 

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

18/05/2014

A la conquête des deux Peric !

 REPRISE D'ARCHIVE

(La semaine prochaine il y aura du nouveau sur Eldorad'Oc)

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Nous vivons une époque formidable : alors que nous avons tous serrés trois crans à nos ceintures, supprimer le beurre des épinards et remplacer les baguettes par des ficelles (bientôt comme Charlie Chaplin, nous mangerons nos lacets de chaussure !), les médias bruissent des bonus mirobolants que les banqueroutiers  continuent de s'attribuer malgré la panade qu'ils ont provoqué dans le monde. Partout les statistiques confirment que les magnats s'attribuent une part de plus en plus importantes des richesse produites dans le monde. 

Une seule solution pour retrouver sa sérénité : fuir ! Fuir là où les antennes-relais ne diffusent pas encore leurs ondes néfastes ; là où les vieilles feuilles de déclarations d'impôt servent  à sécher les chaussures de randonnées où allumer des feux de bois, là où les cadrans solaires n’ont pas encore été détrônés par les Rôôôlex  et où la télé n’a pas encore éteint la clarté des étoiles. Et Vichnou merci, il existe encore de tels endroits sur cette péninsule que  l’on appelle France.

La région du Lac des Bouillousses (près de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales) en est une et, si mes propos préliminaires ne vous ont pas choqués (vous portez peut être une Rôôôlex ?) et que vous m’acceptez comme compagnon de route,  laissez moi vous y emmener.

 

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Première chose à faire : purifier nos organes sensoriels des pollutions médiatiques qu’ils ont subies. Pour cela se lever de bon matin et contempler les rayons du soleil qui viennent iriser les eaux gris métallique du lac en écoutant le meuglement  jouissif des vaches qui prennent leur petit déjeuner d’herbe.

Face à un tel spectacle, on est le roi du monde et les tapis persans et les dorures de l’Elysée ou d’ailleurs ne sont, en comparaison, que de risibles hochets de pouvoir. Alors que vous entendez battre le cœur du monde et que votre âme entre dans la danse des galaxies, les clowns tristes qui hantent les palais présidentiels s’époumonent à faire tourner les ailes de leurs moulins à paroles.

 

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Ayant longuement contemplé le lac et purifié vos yeux et oreilles nous pouvons alors prendre le chemin du refuge des Camporells. Le soleil rasant n’a pas encore pénétré dans le vallon que l’on remonte pour s’y rendre et seuls quelques confettis de lacs captent la lumière laiteuse du ciel que le vent tarde à  débarrasser de ses rideaux de nuages.

 

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Dans ce miroir d’eau, on perçoit jusqu’au tréfonds du ciel et l’on se demande si le monde dans lequel on évolue n’est pas une pure illusion d’optique.

 

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Puis soudain le soleil l’emporte sur les nuées et les cîmes jumelles des deux Péric se dressent à l’horizon, tétons aguicheurs de Gaïa, notre terre mère, que nous nous promettons Gibus et moi d’aller titiller.

 

 

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Mais parvenus au col de la Balmeta, Eole, sans doute furieux de nos intentions,  couvre les lieux d’un brouillard dense espérant nous faire renoncer à notre projet. Comme l’a chanté ce bon vieux Georges, Eole n’est vraiment qu’un  fripon. Il aime bien fureter dans les jupons de nos belles mais pas question que l’on touche à la sienne .

 

 

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Mais c’est mal nous connaître. Nous poursuivons notre chemin avec,  divine surprise, la bienveillance de Gaïa émoustillée à la vue de nos superbes mollets et qui enjoint Eole de remballer son brouillard.

 

 

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Nous arrivons au pied de l’Estany del Mig, superbe lac situé au pied des Pérics dont les rives sont brodées de rhododendrons. Mais si la beauté nourrit l’esprit elle ne remplit pas l’estomac. Nous sortons donc de nos sacs un pantagruellique pique-nique que nous engloutissons avant d’aller rendre hommage aux tétons de Gaïa. Il serait pour nous peu glorieux de faillir dans cette noble entreprise.

 

 

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Alors que nous entreprenons l’ascension du Petit Peric (2700m) Eole, ce fourbe,  nous jette à la figure quelques nuages espérant nous faire rebrousser chemin. Mais sentant Gaïa vibrer de plaisir sous nos pieds, nous poursuivons l’ascension, le cœur palpitant, le souffle court dans un état proche de l’extase amoureuse (comme le disait Clémenceau grand soldat mais aussi grand séducteur : le meilleur moment de l’amour c’est quand on monte l’escalier !)

 

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Nous foulons enfin le sommet du Petit Peric en faisant crisser l’aréole de cailloux sous nos pieds. Nous croyons entendre Gaïa  ronronner comme une chatte, mais piteusement nous nous rendons très vite compte que ce n’est que le vombrissement d’un hélicoptère qui va et vient au dessus du secteur, bien que la zone soit classée comme espace naturel protégé.

Nous avons appris après coup qu’il s’agissait de vols d’entraînement de l’armée pour former ses pilotes. Cette tolérance est d’autant plus scandaleuse qu’il existe de vastes zones polluées par les remontées mécaniques où cet entraînement pourrait  s’exercer sans  nuire  à la faune et aux usagers de la montagne qui viennent y chercher le silence et la tranquillité.

Une fois de plus entre les déclarations des politiques sur la nécessité de préserver l’environnement et les pratiques des services de l’Etat il y a un abîme. Mais nous sommes en France le royaume des discours et des lois sans application. 

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Puis nous descendons pour rejoindre le chemin qui mène au Puig Peric (2810m) mais ayant en perspective pour le lendemain la montée au Carlit (2921m) je préfère me blottir voluptueusement au creux des deux tétons de Gaïa et laisse Gibus aller seul batifoler sur le deuxième mamelon. A vrai dire j’avais le vague sentiment que Gaïa manifestait une petite préférence pour Gibus qui a incontestablement de plus beaux mollets que les miens et avait atteint en premier la pointe de son premier mamelon. J’ai donc préférer les laisser seuls en tête à tête ou plutôt en tête à têtine pour cette deuxième rencontre.

 

 

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Notre hommage ainsi rendu à l’opulente et somptueuse poitrine de Gaïa, nous redescendons vers la plaine heureux, épanouis comme chaque fois que nous manifestons respect et tendresse pour cette terre mère qui a donné un peu de son argile pour que nous prenions vie.

 

 

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Un couple de mouflons,  résidents permanents de ces lieux ne s’y trompent pas, eux d’ordinaire si farouches. Voyant nos visages extatiques ils reconnaissent en nous, bien que bipèdes, des frères et ils s’arrêtent un instant pour nous saluer. Plaignons ces pauvres chasseurs qui ne connaîtront jamais ce bonheur car les seuls animaux qu’ils puissent contempler  à l’arrêt sont des animaux qu'ils ont massacrés.

 

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Il nous suffit ensuite de suivre les cairns, providence des randonneurs aventureux, dont les pierres, sont à l’image de nos vies, en équilibre instable. Certains en tirent prétexte pour ne pas bouger de peur de tomber et d’autres ne cessent de vivre en déséquilibre, seul moyen de progresser.

 

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Nous voilà de retour au lac  de Bouillousses dont les eaux ont épargné un îlot coiffé de quelques sapins hirsutes qui se pressent l’un contre l’autre pour ne pas sombrer. Pensons à tous ces humains qui bientôt verront leurs terres envahies par les eaux parce que nous aurons vécus sans nous soucier de notre impact sur l’environnement. Tentons d’œuvrer chacun à notre mesure pour réduire cet impact et sauver s’il est encore temps ces peuples condamnés.

 

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Bientôt se profile  l’Auberge du Carlit qui offre un cadre rustique et chaleureux et une table généreuse propice à de conviviales soirées montagnardes.  Mais il est temps d’aller se coucher, demain on se lève tôt pour faire l’ascension du Carlit !

 PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "J'aurais aimé...." sur  mon blog musical OLD NUT .

Texte & photos Ulysse

11/05/2014

A la conquête du Carlit !

 REPRISE D'ARCHIVE

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Pendant une grande part de notre existence terrestre (je le précise pour ceux qui croient au ciel !) le matin, un réveil sonne  pour nous rappeler que dans l’heure qui suit  nous avons rendez vous avec notre pingre d’employeur, pour qui nous n’en faisons jamais assez et jamais assez vite, ou avec Paul Emploi pour lequel nous n’avons jamais le bon profil : c’est une expérience traumatisante qui ponctue l’essentiel de nos vies dans nos sociétés dite « développées » (on peut se demander d’ailleurs à quoi s’applique cet adjectif si ce n’est aux profits de ceux qui tirent les ficelles). Je suis heureusement délivré de cette fatalité et pour moi le réveil ne sonne point mais chante les prémisses d’une superbe journée généralement passée sur les sentiers.

Ainsi ce matin mon ami Gibus et moi avons pour objectif de gravir le Carlit qui domine le secteur de Font Romeu de ses 2921m. Ayant folâtré la veille sur les deux Peric, aguicheuses mamelles de Gaïa notre terre mère, notre nuit fut riche en rêves enchanteurs et nous nous sommes réveillés épanouis et dispos dans les bras frais et laiteux de l’aube, 

 

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Notre itinéraire longe au départ une kyrielle de lacs qui rechignent à se débarrasser de leurs écharpes de brouillard, frêles protections contre l’air glacial matinal.

Ces innombrables lacs sont une véritable usine à nuages qui plus lourds que l’air  vont s’échouer dans le fond des vallées dont elles prolongent la nuit, alors que le soleil commence à caresser les sommets.

 

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Nous sommes bientôt au pied du Carlit à environ 2200m d’altitude, il nous reste 721m à grimper et les conditions s’annoncent idéales si ce n’est le va et vient incessant des hélicoptère de l’armée qui continuent à propager leurs pollutions sonores et leurs résidus de kérosène dans cet endroit idyllique, pourtant considéré comme une zone naturelle protégée. Décidément celle que l’on appelle la « grande muette »  ne se prive pas de bafouer le droit des citoyens à la tranquillité. Une lettre envoyée au préfet sur ce point pour m'étonner de cette violation est restée sans réponse.

 

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 Pas à pas nous prenons de l’altitude et les lacs que nous avons longés deviennent des morceaux de ciel plaqués sur le fond des vallées.

 

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Le sentier se fait plus sportif et aborde une zone de pierriers où des cairns édifiés par des mains amicales et solidaires  et qui défient les lois de la pesanteur nous guident dans un dédale de rochers.

 

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Nous abordons la partie la plus délicate car il nous faut franchir une paroi rocheuse sur laquelle nous devons nous transformer en crabes ou en araignée pour progresser. C’est ainsi que l’on comprend que chaque être sur cette terre aussi antipathique ou répugnante soit, pour nous,  son apparence, doit être respecté car chacun est un exemple de la merveilleuse capacité d’adaptation de la vie aux différents milieux. Trop souvent nos critères de beauté et de laideur sont guidés par l’arrogance ou l’ignorance. La belle leçon donnée à cet égard par le magnifique film E .T. est de nous montrer que des enfants sans préjugés peuvent manifester de la sympathie à des êtres que des adultes jugent effrayants.

 

 

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Nous voilà au sommet ! Oubliés le souffle court, les mollets et les cuisses « grinçantes »,  la sueur  brûlante dans les yeux, le cœur qui s’emballe et semble vouloir jaillir de la poitrine ! Quelle jouissance ineffable et indicible !

Cette jouissance vient d’abord de s’être vaincu soi même et d’avoir fait taire la petite voix qui vous sussure quand ça devient « difficile »« tu vas faire quoi là haut ? c’est aussi beau d’en bas ! Tu te crèves pour rien, même si tu vas pas au sommet personne n’en saura rien et de toute façon tout le monde s’en fout» C’est cette petite voix qui fait qu’au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, on renonce à ses ambitions et à ses rêves ! Et puis ce n’est pas vrai que c’est aussi beau d’en bas ! La haut, on embrasse un vaste bout de terre et cette communion vous grandit, étire votre âme et votre esprit et dissout les mesquineries qui nous assaillent quand on vit à ras de terre.BOn,  je m'arrête là car je deviens grandiloquent !

 

 

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Et c'est , de surcroît, un grand bonheur de voir le dos des nuages, ces nuages dont on ne voit sur terre que le ventre et qui parfois sur nous s’oublient !

 

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Mais il nous faut redescendre pour rejoindre nos compagnes qui nous attendent au col pour des agapes montagnardes. Le spectacle des lacs rassasie de beauté nos esprits mais nos estomacs ont leurs exigences aussi .

 

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Une passerelle de bois qui tangue et danse au dessus du torrent qui jaillit d’un lac nous mène en un lieu paradisiaque  où nous posons nos sacs et étalons nos carcasses sur un lit d’herbes tendres brodé de rhododendrons.

 

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En un tel lieu, on se dit que la beauté du monde n’est pas gratuite ou fortuite, elle est l’œuvre d’une « énergie » avec laquelle notre esprit entre en résonance . La beauté nourrit et élève l’esprit et il faut plaindre ceux de nos congénères qui en sont privés parce qu'ils vivent dans des lieux infâmes.

 

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En prime nous jouissons du spectacle d’Izards qui gambadent sur le névé d’en face. Insouciants et heureux animaux protégés de  la passion destructrice des chasseurs. Pour moi celui qui prend plaisir à tuer est un homme spirituellement mort, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il tue ne supportant pas la beauté et la vie !

 

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Nous levons le camp pour lentement redescendre vers le plateau des Bouillousses. Les lacs se succèdent qui aspirent goulûment le bleu du ciel. Nous y piquons une tête et constatons que le « bleu  montagnard » au contraire du « bleu méditerranéen » est une couleur froide, mais en tant qu’adeptes des bains du 31 décembre il en faut plus pour nous dissuader.

 

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Et c’est le retour au lac des Bouillousses que le jour quitte lentement sur la pointe des pieds plongeant ses berges dans l’obscurité.Comme dit le poète « C’est l’heure exquise où il faut prendre garde à la douceur des choses » car hypnotisés par tant de beauté  nous risquerions d'y rester jusqu'à la nuit et de geler sur place à la contempler.

Fort heureusement l’attrait d’une 1664 bien fraîche qui nous attend au bar de l’auberge du Carlit nous tire de notre rêverie. Nous avons une âme, mais un gosier aussi !

 

 

PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

02/05/2014

A la recherche du trésor de Montferrand !

 

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 Chères lectrices et chers lecteurs d’Eldorad’Oc, vous avez demandé de nos nouvelles et bien nous voici, Emilie et Romain, descendus de la capitale pour purifier, dans les effluves garriguéennes du Languedoc, nos alvéoles pulmonaires polluées par les miasmes de l’air parisien.  Nous vous proposons aujourd’hui de faire  d’une pierre deux coups, ou plutôt d’une pierre deux (gros) cailloux,  puisque nous allons visiter deux châteaux.  Mais attention il ne s’agit pas de châteaux genre «  Moulinsart » (au demeurant fort beau)  pour touristes en tongs que l’on amène par cars jusqu’à la grille d’entrée. Ce sont des châteaux à la façon d’Eldorad’Oc où il vous faut crapahuter pour y accéder ! A vrai dire, nous on préfère parce que nous avons droit à des indemnités compensatoires du type « cookies au chocolat », canettes d’orangina, bonbecs, la dolce vita, quoi !

 

 

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Le premier château où nous vous emmenons est celui de Viviourès qui  a été édifié la fin du XIIIème ou au début du XIVème siècle par Guillaume de Pian, ancien sénéchal de Carcassonne, sur le sommet de l’Hortus qui fait face au Pic Saint Loup.  Ses fortifications, qui ont été fortement endommagées par les intempéries,  ont encore néanmoins belle allure, un peu comme notre papi ….

 

 

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Arrivant au pied du château on se demande vraiment comment on va pouvoir y monter . Mais on sait bien que notre ancêtre ne nous a pas emmené aussi haut pour un pur exercice de contemplation. Sur Eldorad’oc c’est l’action avant tout …et on n’a pas intérêt à trainer !

 

 

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Comme vous vous en doutez, il y a un passage qui contourne le pied du château et qui permet d’y accéder…

 

 

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N’empêche que le contournement n’est pas de tout repos car au vu des murailles branlantes perchées au dessus de nos têtes on se demande si on ne va pas recevoir une pierre sur la cafetière ! Ce qui ferait du café très très serré !!

 

 

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Mais  nous arrivons sains et saufs à bon port,  sauf que deux cerbères  armés de hallebardes nous interdisent l’entrée… Bon, vous avez compris que nous sommes encore à un âge où les châteaux forts nous font fantasmer…!

 

 

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Des arbustes se sont  s’installés à l’abri des fortifications. Ils prennent néanmoins le risque d’être un jour  brisés par ces murs qui aujourd’hui les protègent du Mistral et de la Tramontane. Amis aujourd’hui, ennemis demain, tels sont les aléas de la vie et des cours de récré  !

 

 

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Ces arbres confèrent au site un caractère éminemment romantique. La chanson du vent dans leurs hautes branches remplace le son des harpes et des violes qui devaient autrefois résonner dans les salles aujourd’hui désertées. Et oui malgré l’invention du Rap et du Hip Hop à l’école on nous parle encore, et c’est heureux , des troubadours !

 

 

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Nous imaginons les soldats postés à l’affût d’un éventuel assaut et nous sortons nos arcs imaginaires, ce qui nous procure bien plus de plaisir que n’importe quel jeu vidéo. Bon c’est vrai que nos parents un peu « vieux jeu »  ne nous laissent pas  vraiment le choix, mais un château fort en vrai, c’est vraiment EXTRA !

 

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Malgré l’isolement des lieux, ceux qui y qui vivaient  ne devaient pas  s’ennuyer tant est somptueux le spectacle dont on y jouit et qui change en fonction des heures de la journée. Cela dit on veut bien reconnaître que de  regarder à la téloche « Les pirates des Caraïbes » ou le Seigneur des Anneaux » c’est pas mal non plus. Mais c’est super de pouvoir faire les deux !

 

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Nous nous dirigeons maintenant vers le le Château de Montferrand situé sur les contreforts orientaux du Pic Saint Loup. Construit au début du XIIème siècle,  il a été confisqué par le roi de France au comte de Toulouse pendant l’infâme guerre contre les Albigeois (cathares). Il a ensuite successivement appartenu aux protestants puis aux catholiques pendant les guerres de religion.  Vous ne trouvez pas que les hommes sont un peu bêtes de se battre au nom d’un même dieu qui, s’il existe, doit s’affliger de leurs stupides querelles.

 

 

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Après une heure de grimpette nous parvenons au pied des murailles plus ébréchées que celles de Viviourès. Il doit son triste état au  roi scélérat Louis XIV qui a donné l’ordre de le démolir. Heureusement la difficulté de la tâche a permis de préserver une partie des bâtiments. Finalement ce qui est ennuyeux dans l’histoire de France c’est le nombre de rois ou de présidents fous, débiles, corrompus ou stupides que l’on y croise !

 

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Soudain une voix nous hèle. Nous apercevons alors sur le bord du chemin un personnage qui prétend être le comte de Melgueil qui, selon ses dires, aurait édifié le château.  Il y aurait enfoui un trésor dans un souterrain de l’une des salles – sans se rappeler précisément laquelle - mais ses jambes atrophiées l’empêchent d’aller le récupérer. Il a attendu, nous dit-il, que des enfants passent en ces lieux pour leur confier son secret, car il ne fait pas confiance aux adultes.  Il n’a pas tort car c’est vrai qu’ils ne sont pas toujours fiables, vu qu’ils s’autorisent des choses qu’ils nous interdisent de faire : par exemple se gaver de bonbons ou de chocolat !

 

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Excités par l’idée de chercher un trésor nous nous précipitons vers le château et pénétrons dans son enceinte.

 

 

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Le château est effectivement en piteux état mais le site est grandiose avec en enfilade une vue sur le bec rocheux du Pic Saint loup.

 

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Notre papi nous a expliqué que le Pic Saint loup est né du renversement à la verticale du plateau sédimentaire laissé par une ancienne mer lorsque les Pyrénées se sont soulevées il y a quarante cinq millions d’années en chamboulant tout le sud de la France (enfin ce n’était pas la France à l’époque !)

 

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Et nous apercevons en face sur la falaise de l’Hortus le château de Viviourès où nous étions quelques heures avant. Nous sommes à vrai dire admiratifs du chemin que nous avons parcouru en une seule journée ! J’espère que vous l’êtes aussi chères lectrices et chers lecteurs, même si entres les deux on a pris la voiture, mais bon il faut quand même  y grimper aux deux châteaux !

 

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Nous explorons les salles les unes après les autres en jetant un œil inquiet aux murs et plafonds dont les pierres disjointes ne nous inspirent guère confiance. Notre vie, qui promet d’être encore longue, vaut plus qu’un trésor ! D’autant plus que nous n’avons pas encore de descendants qui pourraient en hériter !

 

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Nous apercevons un premier souterrain dont l’aspect est peu engageant…. Mon frère est très hésitant pour s’y engager 

 

 

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Mais prenant son courage à deux mains et surtout poussé par dans le dos par mes soins , Romain s’y engage et je le suis à distance,  tous deux alléchés à l’idée, si jamais nous trouvions le trésor, de pouvoir faire une razzia chez Haribo!  (les grands c’est chez Ferraillerie, Merdecédès ou Cuitons qu’ils vont, à chacun ses folies !)

 

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Après avoir cheminé dans plusieurs salles, le cœur battant, nous finissons par tomber sur un passage au ras du sol qui doit mener au trésor. Mais ni l’un ni l’autre n’avons le courage de ramper pour aller le vérifier surtout que nous n’avons pas de lampe de poche. Nous demandons alors à papi qui  refuse d’y aller prétextant que l’histoire du comte de Melgueil n’est que calembredaine (un mot que l’on ne connaissait pas mais que l’on a compris rien qu’à voir sa mine). Bon maintenant que vous connaissez l’endroit, si vous avez un jour le courage d’y aller nous comptons sur votre honnêteté pour partager le trésor. Si vous le trouvez, faites le savoir à notre papi qui nous transmettra l’info. Nous acceptons les chèques . 

 

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Nous redescendons du château le cœur dépité mais comptant sur vous si jamais un jour vous trouvez le trésor pour nous faire signe !

A la prochaine !

 

PS: Je vous invite également à aller à suivre la suite de nos aventures "décoiffantes" à Karukera sur mon blog PIQUESEL et écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT (cliquez sur les noms des blogs pour y accéder).

 

Puisque vous appréciez mon blog , vous aimez à priori la nature, aussi je vous invite à voir ICI cette époustouflante vidéo sur la traque d'un écureuil par un rapace : 3minutes 30 d'émotion et de bonheur !

 

Photos & Texte Ulysse (ce dernier pour le compte d’Emilie et Romain repartis vers Paris)