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27/01/2017

« Tranquillou » sur le Caroux

 

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A lire le titre de cet article, vous allez vous dire chères lectrices et chers lecteurs, que je suis devenu « mou du genou » et que je suis bon pour m’inscrire dans un E.H.P.A.D. Je vous rassure tout de suite, cette balade « tranquillou » n’est qu’une parenthèse, dues aux circonstances, dans mes pérégrinations aventureuses. La raison en est qu’il avait neigé l’avant veille sur le Caroux et qu’il faisait un froid de canard avec une Tramontane désireuse de nous faire danser la valse malgré nos gros godillots. Avec l’ami Bernard, qui au demeurant souffrait d’un refroidissement, nous nous sommes dit que nous nous contenterions, pour le coup, d’une balade contemplative et photographique sur la plateau sommital, avec déjeuner au chaud dans le refuge de Font Salesse. Nous voici donc tranquillement partis, provision de bois sec sur le dos, à l’assaut du sommet arrondi du plateau carrousien.

 

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Le sommet, matérialisé par un imposant cairn, offre une vue circulaire sur les environs. Si Dali avait connu ce lieu, sans doute l’aurait-il désigné comme étant le centre du monde plutôt que la gare de Perpignan. Car ici aucun obstacle ne bouche la vue et l’on voit aussi loin que la courbure de la terre le permet.

 

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Nous nous dirigeons ensuite vers le Lucadou en empruntant une piste qui domine les vertigineuses gorges d’Héric. Un tapis élimé de neige recouvre le pelage roux du Caroux, tandis qu’au loin un polochon de nuages se traine sur le Sommail et la Montagne Noire.

 

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Puisque l’humeur du jour est à la contemplation, nous nous arrêtons un instant pour admirer l’océan de collines bleutées qui vient battre les flancs du Caroux.

 

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Le tapis de neige est un livre dont les pages blanches racontent, à ceux qui savent le lire, la vie intense qui va et vient en ces lieux quand l’homme, ce prédateur sans pitié craint de tous, n’y est pas.

 

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L’heure du déjeuner approchant, nous ramassons quelques branches mortes pour compléter notre fagot de bois et nous prenons possession du refuge de Font Salesse où un feu réchauffe bientôt nos abattis transis. Je ne dirai jamais assez la colère que m’inspire les stupides graffitis que des promeneurs se croient obligés de laisser pour immortaliser leur passage. Alors que les animaux urinent pour marquer leur territoire, ce qui n’a aucun effet délétère sur l’environnement et ne laisse aucune trace, l’homme lui y laisse ses immondices et vomissures matérielles ou cérébrales.

 

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Nous repartons en direction du secteur des Barmelles qui offre une vue somptueuse sur la vallée de l’Orb. Un arbuste installé au bord de la falaise y jouit d’une vue imprenable sur la mer qui gît comme un filon d’or au bout de la plaine bleutée.

 

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Non loin de là, un aigle reste niché dans son aire indifférent à notre présence. Sans doute attend-il la sortie de ses proies habituelles, serpents, lapins, mulots et autres campagnols, blottis dans leurs terriers du fait des conditions hivernales.

 

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En cheminant sur le plateau le matin même, Bernard m’avait indiqué que, selon des observateurs, le loup serait revenu dans notre région. Ce n’est donc qu’à moitié étonnés que nous le surprenons soudain au détour d’un chemin, à l’affût, gueule ouverte, attendant le passage de mouflons. Soit le bienvenu oh ! loup, toi qui, contrairement aux légendes, n’a jamais croqué de grand-mère, ni de chaperon rouge ni quiconque d’ailleurs ! Je te crains bien moins que les « nemrods » en vadrouille qui chaque année tuent ou blessent nombre de leurs congénères (146 en 2016 !!). Et ce ne sont pas les quelques moutons que tu croques ici et là (grassement indemnisés) qui me feront changer d’avis. Ce n’est qu’une peccadille - au demeurant justifiée par la nécessité de te nourrir – par rapport aux massacres de masse perpétrés par l’homme dans le monde animal et qui font qu’en l’espace de 40 ans plus de la moitié des vertébrés ont disparu de la planète. La génération à naître ne verra plus de lion, de guépard, d’éléphant, de rhinocéros, d’ours blanc ainsi que nos cousins les singes et bien d’autres espèces autrement que dans les zoos.

 

 

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Bernard m’emmène ensuite à la découverte du dolmen du Caroux qui atteste que ces lieux sont fréquentés et appréciés par l’homme depuis des millénaires. Il n’ y a pas de plus bel endroit pour y mettre une dépouille mortuaire afin qu’une fois dissoute par le gel, la pluie et le soleil ses atomes rejoignent le grand bal des atomes de l’univers.

 

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Nous traversons le cours de l’Albine dont les eaux en partie gelées offrent à Gaïa de magnifiques pendentifs de cristal.

 

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 Ceux qui ont vu au cinéma, le Seigneur des Anneaux reconnaitront tout de suite Golum que l’on aperçoit juché sur une énorme tortue à la recherche de son anneau magique perdu. J’aurais bien aimé le trouver moi même pour me rendre invisible et approcher ainsi les mouflons sans les effaroucher.

 

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Nous traversons le ruisseau de Combe Gairau qui lui aussi offre à Gaïa une magnifique parure en cristal. L’homme qui maltraite notre belle planète ferait bien de suivre l’exemple de ces modestes ruisseaux et respecter et honorer celle qui lui a permis de naître.

 

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Cet arbuste, que le hasard a fait naître dans l’étroite faille d’un rocher, atteste de la puissance de la vie. Il nous incite à faire face vaillamment à nos soucis et problèmes, à lutter avec courage contre le sort contraire qui peut nous assaillir. « Ne lâchez rien, ne cédez pas au découragement » semble-t-il nous dire   et me vient alors à l’esprit le souvenir de mon ami Marc qui fit preuve de tant de courage face à la maladie funeste qui l’a emporté. 

 

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Nous reprenons notre marche, petits hommes perdus sur ce vaste plateau, enivrés par l’air vif, éblouis par la lumière radieuse et la beauté austère des champs de bruyère fanées saupoudrées de neige.

 

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Nous nous arrêtons un instant pour admirer la beauté simple et subtile de ces graminées dorées jaillissant de la neige et y projetant leurs fines ombres bleutées.

 

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Et c’est le retour à notre point de départ dans le vallon de Douch, où la lumière rasante du soleil illumine les ramures dénudées des hêtraies qui occupent les flancs et le creux du vallon, leur conférant une apparence de boules de coton poussées là par le vent !

 

NB: Je pars faire de la  rando-raquette dans le Queyras et répondrai à vos commentaires à mon retour

 

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Texte & Photos (sauf 1, 6 et 16 Bernard R.) Ulysse

 

21/01/2017

On n’a rien vu en haut du Montahut !

 

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L’internet, qu’on le veuille ou non, est devenu incontournable dans nos existences. Il peut véhiculer le pire mais aussi le meilleur. C’est le cas de ce blog qui m’a permis de nouer des liens d’amitié avec Annick, Françoise, Marc (hélas disparu) et sa fratrie, ainsi que Bernard. La rencontre avec ce dernier - qui tient un superbe blog photo-poétique « de monts en mots » - mérite d’être contée. Nous déjeunions, Gibus et moi, un jour d’hiver dans le refuge de Font Salesse au sommet du Caroux, quand soudain un randonneur y entra. Nous saluant, il nous regarda d’un oeil rieur et nous dit « Ne seriez vous pas Ulysse et Gibus dont je lis les pérégrinations sur Eldorad’oc ? ». C’est ainsi qu’un lecteur de mon blog est devenu un ami avec lequel je chemine de temps à autre. Aujourd’hui, Bernard, qui randonne dans la région depuis un demi siècle, m’a proposé, avec l’un de ses amis Henri, de me faire découvrir l’ancien chemin de la Coste Fraissinède, ignoré par les cartes, qui permet d’accéder au Montahut (1055m) en passant par le col d’Ourliades.

 

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Nous empruntons tout d’abord la sente aléatoire qui chemine sur la ligne de crête de la serre de Ramendure. Cette vague piste nous mène de chaos rocheux en chaos rocheux et me permet de tester l’état de mes vieilles articulations. Le bilan n’est pas trop défavorable et je pense que je ne suis pas encore prêt pour déposer ma candidature à un Ehpad , ni mon ami Bernard d’ailleurs, d’un souffle mon aîné !

 

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Des aiguilles rocheuses émaillent le paysage autour de nous mais elles ne parviennent pas, malheureusement, à percer l’édredon de nuages qui recouvre le ciel.

 

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Pierrier après pierrier, nous progressons le nez plus souvent plongé sur le bout de nos souliers que sur le paysage, rendu, au demeurant, un brin tristounet par le temps maussade.

 

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Cette vue arrière sur le chemin parcouru vous donne une bonne idée du terrain sur lequel nous progressons cahin-caha. Vous aurez sans doute du mal à me croire si je vous dis que nous y prenons plaisir ! Il faut de tout pour faire un monde, y compris de vieux briscards un peu maso qui préfèrent les chaos rocheux au confort douillet d’un canapé !

 

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Le soleil arrive, à l’horizon, à percer l’édredon de nuages, nous faisant espérer une amélioration de nos conditions météorologiques.

 

 

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La difficulté est de repérer les cairns posés à des endroits inattendus qui nous indiquent le chemin à suivre. Il en a fallut des tâtonnements et des aller-retours à ceux qui les ont posés pour trouver le meilleur cheminement. Bernard est d’ailleurs l’un de ceux qui ont tracé et entretiennent ces parcours réservés aux randonneurs aguerris.

 

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En traversant les pierriers, il nous faut prendre garde, non seulement, aux rochers qui peuvent à tout moment basculer, mais aussi aux arbres morts - qui ont réussi, on se demande comment, à y pousser - et qui peuvent à tout moment nous tomber sur le crâne !

 

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Nous quittons la serre de Ramendure, pour nous engager sur un ancien chemin qui serpente en balcon sur la coste Fraissinède et que Bernard a récemment débarrassé des ronces, genêts et fougères qui l’envahissaient. Malgré ce nettoyage le repérage du chemin implique un excellent sens de l’observation tant la nature a vite fait d’envahir les espaces délaissés par l’homme.

 

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Ce chemin, qui permettait aux anciens d’accéder à des terrasses qu’ils avaient aménagées sur les flancs relativement fertiles des montagnes, sinue aujourd’hui dans une magnifique hêtraie. Les arbres ne peuvent enterrer leurs morts qui restent là où ils tombent, providence pour une myriade d’insectes qui vont s’empresser de rendre à la terre les éléments dont ils se sont nourris.

 

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Nous approchons du Roc d’Ourliades, magnifique pyramide rocheuse derrière laquelle on aperçoit le Montahut, but de notre randonnée.

 

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Approchant du sommet du Montahut, je constate que malgré le brouillard qui y règne, la sorcière qui veille sur les lieux est toujours perchée sur son rocher. Elle est inoffensive à condition de ne pas croiser son regard sous peine d’être transformé en mouflon. Il se dit que nombre de chasseurs, généralement peu finauds, se sont laissés ainsi prendre, ce qui n’est pas pour me déplaire car ils connaissent ainsi à leur tour la terreur d’être chassés !

 

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Nous atteignons enfin le sommet, événement que, malgré la vue complètement bouchée, je célèbre en buvant du champagne à même ma gourde ! Comment pensez vous que je puisse à mon âge grimper avec autant de légèreté autrement qu’en transportant et en avalant des bulles !

 

 

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Le brouillard qui règne est tellement dense qu’un pigeon s’est posé en attendant des meilleures conditions de vol. Certains diront que le champagne ne fait pas que de me donner des ailes !

 

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Redescendus du sommet, nous nous dirigeons vers le refuge des Bourdils, où nous avons prévus de pique-niquer, en empruntant une piste souverainement carrossable, ce qui nous repose du parcours chaotique de la matinée.

 

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Puis nous redescendons à notre point de départ par le confortable sentier dit de la Tourre qui traverse une immense hêtraie et dont les pierres et les troncs d’arbres moussus qui le bordent témoignent du climat humide et frais qui y règne en toutes saisons. Mais il n’est pas certain qu’avec le réchauffement climatique en cours, les hêtres, chênes blancs, et autres arbres aimant les sols frais et humides puissent longtemps encore prospérer dans notre région. Et comme le dit le poète « Un seul hêtre vous manque et tout est dépeuplé » ! (ça aussi c’est l’effet du champagne !)

 

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En face de nous se dressent les falaises de la serre de Mourre, en haut desquelles nous évoluions le matin même.

 

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Nous parvenons à l’ancienne bergerie de Mazot, constituée de deux édifices dont l’appareillement des murs fait mon admiration.

 

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Seules les charpentes rongées par la vermine ont cédé. Peut être que les pierres gardent au sein de leurs atomes l’écho des voix, des rires, des chants et des murmures de ceux qui y ont vécu.

 

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Puis nous rejoignons le Tourre, ce modeste torrent dont nous avons surplombé le cours. Un amas de feuilles mortes résiste vaillamment au courant, à l’image de nos vies qui luttent contre le courant du temps. En attendant qu’il nous emporte, vivons et partageons le plus souvent possible ce bonheur simple et intense d’une randonnée avec des amis.

 Et voici pour conclure deux haïkus et un poème postés dans leurs commentaires par Monique, Tmor et Huguette, trois de mes fidèles lectrices et lecteur :

Haïku de Monique

L'amitié faisant

pour un seul et même chemin

Joie sur les hauteurs

Haïku de Thierry

Gris sur gris arbre et pierre.
On s'y retrouve, on s'y repère.
Bonne route.

Poème d'Huguette

Au sommet des montagnes

Où renait le printemps

Au sommet des montagnes

Il est là, il t'attend

Redis-lui que tes rêves

Ne sont pas terminés

Dès que la nuit s'achève

Tout peu commencer.

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Texte & Photos (sauf 4, 13 et 16 Bernard R.) Ulysse 

 

09:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)

14/01/2017

En remontant les millénaires dans les gorges de Colombières

 

 

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Marcher dans les plaines et vallons c’est marcher au cœur de l’histoire de l’homme, tant ce dernier y a façonné le paysage. Marcher en montagne c’est parcourir l’histoire de la Terre, comme on va le voir en randonnant dans les gorges de Colombières. Certes, l’homme a aussi laissé son empreinte dans les montagnes, tel ce magnifique sentier caladé (pavé de cailloux) qui permettait autrefois aux troupeaux d’accéder aux estives sommitales. Mais cette empreinte est fragile et furtive et serait vite balayée si les randonneurs ne prenaient aujourd’hui le relais des troupeaux disparus.

 

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D’ailleurs, on voit ici à l’œuvre l’entropie qui mène notre univers à sa perte. Les branches mortes, les feuillages, le ravinement des pluies torrentielles auraient vite fait de balayer ces chemins si les bénévoles des Fédérations Départementales de Randonnées ne les entretenaient pas. Qu’ils en soient remerciés !

 

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Autre modeste manifestation de l’activité passée de l’homme en ces lieux : un abri en ruines qui pouvait servir à entreposer les outils nécessaires aux cultures sur les quelques terrasses aménagées par les anciens et aujourd’hui disparues. Il pouvait s’agir aussi d’un abri pour les charbonniers qui fabriquaient du charbon de bois ou bien d’un « sécadou » pour sécher les châtaignes, élément important de la nourriture des anciens de la région.

 

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Une fois dépassés les lieux cultivables ou exploitables, on entre dans le monde du minéral et donc dans l’histoire de la Terre. Ici sont visibles les soubresauts qu’elle a connu au long de sa vie mouvementée. Je crois y voir l’enclume sur laquelle Vulcain forgeait des bijoux pour les nymphes, mais nous sommes loin de l’Etna où celui ci résidait. Ce n’est donc de ma part qu’un effet de la paréidolie, cette propension que j’ai à voir des choses familières dans des formes désorganisées (merci Chinou)

 

 

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Combien de millions d’années a-t-il fallu au vent, au gel, à la pluie pour sculpter ces pitons de pierre ? Il arrivera un instant où un seul grain de matière emporté par les éléments suffira à les précipiter vers l’abime. Mais il y aura aussi un moment où un nouveau soubresaut de la Terre les portera à la hauteur des nuages qui les survolent, comme ce fut le cas dans un lointain passé où les monts du Haut Languedoc dépassaient les 6000 mètres ! J’ai lu avec stupeur dans un article scientifique que dans deux cent cinquante millions d’année, la pangée - le continent unique à l’origine des continents actuels qui dérivent sur le magma sous-jacent - sera reformée !   Le réchauffement climatique en cours, à coté, c’est de la « gnognotte » !!

 

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Ayant accédé au sommet des Gorges de Colombières, nous basculons sur l’autre versant pour rejoindre notre point de départ. Il est curieux que ces gorges portent ce nom alors que c’est le torrent d’Arles, dont on aperçoit les eaux argentées qui les a creusées. De fait, cette dénomination leur vient du village éponyme que l’Arve traverse en contrebas et qui est le point de départ de la randonnée.

 

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Le sentier, qui descend dans les gorges, offre de somptueuses vues sur les reliefs déchiquetés. C’est aussi un couloir à vent et la Tramontane glaciale qui y soufflait violemment le jour de notre randonnée nous a amené à couvrir nos oreilles !!!

 

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Mais on oublie le vent et le froid quand on a en face des yeux de tels panoramas. La luminosité et la pureté de l’air hivernal créent un superbe effet de profondeur et de relief.

 

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Le sentier traverse des chaos rocheux, issus d’éboulements anciens, qui nous font lever la tête avec inquiétude vers le haut des falaises, conscients qu’à tout moment ils peuvent se reproduire.

 

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Grisé par l’air vif chargé d’oxygène mon cerveau « paréidolien » aperçoit un vieux chef indien qui semble avoir trouvé refuge dans nos montagnes. Je ne peux qu’approuver son exil, vu le dangereux cow-boy que les yankees ont choisi pour président !

 

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L’un des avantages de l’hiver (outre le fait que l’on y boit du vin chaud) est que l’on y découvre de somptueux paysages - masqués par les frondaisons des arbres durant l’été - telles ces impressionnantes falaises, sur le sommet desquelles nous cheminions quelques heures plus tôt.

 

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La falaise derrière nous illustre l’histoire mouvementée de Gaïa, notre planète, en exposant les différentes couches sédimentaires et rocheuses qui se superposent en de vastes arcs de cercle.

 

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C’est grâce aux hommes du passé qui ont édifié ce chemin vertigineux à flanc de falaise et à ceux d'aujourd'hui qui l'entretiennent que nous pouvons admirer ces fantastiques paysages de notre région. Qu’ils en soient une nouvelle fois remerciés !

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Texte & Photos Ulysse 

07/01/2017

Un vieux loup sur le Caroux !

 

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Les petits loups ayant regagné leur tanière parisienne, je m’en vais, vieux loup solitaire, à l’assaut du Caroux par le sentier pierreux de l’Esquino d’Aze. Le Caroux - l’une des plus vieilles montagnes du monde qui a connu de nombreux soubresauts au cours de l’histoire mouvementée de la terre - n’est plus qu’un immense tas de cailloux. Les générations des siècles passés n’ont eu qu’à se baisser pour ramasser les centaines de milliers de pierres nécessaires à l’édification des murets qui bordent les sentiers accédant aux terrasses qu’ils cultivaient et aux estives sommitales. Les hommes d’alors vivaient et travaillaient autant pour les générations futures que pour eux mêmes. Tandis que notre génération sacrifie le futur pour satisfaire son insatiable appétit et assurer son confort.

 

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Ces hommes du passé avaient planté des châtaigneraies dont les fruit - qu’ils faisaient sécher dans des « sécadous » - constituaient la base de leur nourriture hivernale. Ces châtaigneraies sont, pour la plupart, aujourd’hui abandonnées et ce vieux châtaignier crie son désespoir de voir ses fruits pourrir au sol et ne servir au mieux de nourriture qu’aux sangliers. Mais il n’est pas dit que les hommes n’aient pas besoin un jour de retourner vers ces antiques châtaigneraies pour s’y nourrir, vu la dévastation provoquée par l’agriculture suicidaire et pestifère qui envahit nos plaines et vallons, stérilise nos sols et détruit la biodiversité.

 

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Après plus d’une heure d’ascension, j’accède au plateau sommital où émergent des mamelons rocheux craquelés qui semblent prêts à s’écrouler au premier coup de Tramontane. Mais ils sont à mon image : ridés, chauves et inébranlables !

 

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J’aime déceler, dans les « os » de notre vieille planète, les sculptures créées par la pluie et le vent, inlassables et créatifs sculpteurs. Ainsi, voyez vous, comme moi, cette paresseuse tortue juchée au sommet de cette grosse meringue caillouteuse ?

 

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Et là, ce vieux berger coiffé d’un béret, qui semble héler son troupeau de moutons ?

 

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Les arbres profitent de la moindre anfractuosité dans les rochers pour en jaillir, à la fois protégés des intempéries par ces encombrants voisins mais aussi sous la menace de leur chute due à l’érosion.

 

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Il ne manque, dans ce magnifique paysage essentiellement minéral, que la présence de mes amis les mouflons que j’aperçois de plus en plus rarement. La pratique de la chasse par des « nemrods » bedonnants qui montent en 4X4 pour tuer la représentation de ce qu’ils n’ont pas : la grâce et la beauté, rend ces animaux extrêmement farouches. Il serait plus cohérent de confier aux loups le soin de réguler cette espèce, la lutte serait plus égale et les mouflons craindraient moins les pacifiques randonneurs. Mais hélas dans notre pays de viandards même les loups, pourtant protégés par une convention internationale, sont exterminés du fait de la pression exercée sur les pouvoirs publics par de pseudo-bergers, chasseurs d’indemnités. Il suffit d’interroger les gestionnaires du Yellowstone, le plus grand et plus vieux parc américain, pour comprendre le rôle fondamental que jouent les loups dans le bon équilibre des écosystèmes. Notre pseudo ministre de l’Ecologie ferait bien de regarder cette vidéo qui en témoigne.

 

 

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Mais oublions un instant les méfaits commis par quelques imbéciles « homo sapiens » pour admirer cette étonnante lentille minérale qui, si mon petit loup Romain avait été là, m’aurait amené à lui poser la devinette suivante : "S’agit-il : 1) d’une galette de sarrasin fossilisée oubliée par les celtes qui vivaient dans la région il y 4.000 ans 2) D’une soucoupe volante venue d’une planète de Lilliputiens ou 3) d’un disque perdu par un discobole de l’antiquité, les romains ayant occupé les lieux il y a 2.000 ans". Connaissant mon petit gaulois sur le bout des doigts, celui-ci m’aurait répondu : "Arrête ton char papi, je ne suis pas de la dernière pluie, je ne crois plus depuis longtemps à tes fariboles. C’est tout simplement un disque d’orthogneiss (roche proche du granit) sculpté par le vent et la pluie".

 

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Cette autre sculpture, d’un style plus abstrait, défie les lois de l’équilibre, mais je pense qu’elle sera encore visible alors que les atomes qui me constituent seront retournés au grand maelström originel.

 

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Pour aiguiser un peu plus votre sens de l’observation, voyez vous comme moi cet épagneul à l’affut qui semble humer l’air en quête d’une proie ?

 

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Ou cette tête de cheval qui semble sur le point de hennir ?

 

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Quant à ce soldat casqué qui semble se dissimuler derrière un rocher, de quelle guerre ne s’est-il enfui, effaré de la stupidité et de la cruauté des hommes ? Certains penseront au vu de mes hallucinations que j’ai emmené avec moi quelque produit illicite. Je les rassure, je me contente du jus de la vigne pour exalter mon imagination !

 

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Je suis un amoureux des arbres, dont on découvre qu’il s’agit d’êtres bien plus complexes que l’on ne pensait. Ainsi ils collaborent et échangent des informations entre eux concernant l’arrivée de prédateurs, comme le révèle un excellent article que vous pouvez lire ICI. Ce jeune hêtre, qui a jaillit d’une anfractuosité dans le plateau rocheux, mérite toute notre admiration. Il n’a pas eu le choix de son implantation, sa graine ayant été apportée là par le vent, l’eau ruisselante ou un oiseau. Toujours est-il qu’il doit lutter contre la Tramontane qui souffle fréquemment et parfois violemment en ces lieux, tout en ne disposant pour croître que d’une maigre pitance tirée d’un sol aride.

 

 

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D’autres arbres colonisent les pentes dégagées entre les promontoires rocheux et retiennent ainsi le sol qui, sinon, disparaîtrait à la première pluie, entrainant sans doute ces empilements précaires de rochers qui semblent aussi fragiles que des châteaux de cartes.

 

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Le Caroux l’hiver présente une beauté austère qui nait du camaïeu de gris des rochers, teintés de vert par les mousses et lichens qui les recouvrent en partie, auxquels s’ajoutent les bistre, terre sienne brûlée et mauve des ramures des arbres et des bruyères fanées. Une écharpe de ciel bleu illumine l’horizon conférant à l’ensemble profondeur et sérénité.

Prenez le temps que vous voulez pour contempler cette beauté pendant que je vous quitte sur la pointe des pieds.

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Texte & Photo Ulysse