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22/04/2017

Le pèlerinage de Nayo et Shalla...

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Nayo ouvrit les yeux et vit que le ciel était clair. Il repoussa la peau de loup qui le couvrait et s'assit. Aveuglé par le soleil qui s'élevait sur l'horizon, il détourna la tête et sourit en apercevant le visage de Shalla allongée à coté de lui et qui dormait encore. Ils étaient en chemin depuis trois jours et avaient marché la veille jusqu'au coucher du soleil. Mais ils savaient qu'ils étaient près du but car ils avaient aperçu au loin la silhouettede la première pierre dressée qui marquait l'entrée du plateau sacré où se trouvait la tombe de leurs ancêtres.

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Nayo se leva et s'étira sous la chaude caresse du soleil. Shalla, que les mouvements de Nayo avait réveillée, vint le rejoindre et l'enlaça. Nayo avait déjà vécu dix huit cycles solaires, soit deux de plus que Shalla, et ils venaient tous deux de passer les rites d'initiation au sein de leur clan pour intégrer le cercle des adultes. Le périple qu'ils accomplissaient vers le tombeau des ancêtres concluait cette initiation. A leur retour on les unirait et ils fonderaient un nouveau foyer au sein du clan.

 

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Shalla sortit d'un sac quelques amandes et un morceau de viande séchée ainsi qu'une outre. Tout en mangeant et en se désaltérant ils admiraient le plateau rocheux et arboré où le soleil et les nuages créaient un patchwork d'ombres et de lumières. La première pierre se dressait comme une pointe de flèche dans le paysage, sorte de défi des hommes aux dieux qui de là haut leur envoyaient la pluie bienfaisante mais aussi parfois d'effrayants orages .

 

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Après avoir réuni leurs affaires, ils se mirent en route en direction du couchant, le pied léger et le coeur fier de pouvoir enfin accéder au tombeau des ancêtres, ces pères et mères du clan qui assuraient de là haut leur protection. Ils avaient emporté avec eux des présents à déposer dans le tombeau. Nayo avait ainsi fabriqué une magnifique lance qui permettrait aux esprits de ses ancêtres de chasser dans les prairies du ciel et Shalla avait confectionné un collier de perles qu'ils pourraient porter au cours de leurs danses.

 

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Ils arrivèrent bientôt près de la deuxième pierre dressée qui semblait effleurer les nuages . Nayo et Shalla savaient que le monde de la terre et celui du ciel, où des lumières s'allumaient la nuit, étaient liés et que ces pierres dressées assuraient le passage des esprits de l'un à l'autre. Ils s'arrêtaient au niveau de chaque pierre et levant les yeux vers le ciel en joignant les mains ils sollicitaient la protection des dieux.

 

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Poursuivant leur chemin, ils dépassèrent la troisième pierre dressée et surent qu'ils n'étaient plus loin du but .

 

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La quatrième et dernière pierre était particulièrement vénérée par les membres du clan. Elle avait la forme et le visage d'un ours et les anciens racontaient son histoire. A l'origine des temps, Ichtak, le fondateur du clan, alors qu'il chassait à la nuit tombée fut poursuivi par un ours. Voyant qu'il allait être rattrappé, il s'arrêta , fit face à l'ours et implora Néa la déesse lune de le sauver. Néa qui admirait la bravoure d'Ichtak inonda de sa lumière l'ours qui fut transformé en pierre.

 

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Laissant l'ours à son éternelle immobilité, ils arrivèrent bientôt en vue d'un petit bois et aperçurent enfin à travers la frondaison des arbres le tombeau des ancêtres. Une joie intense les envahit mêlée d'appréhension : les ancêtres les trouveraient ils dignes de les approcher ? N'allaient ils pas être foudroyés sur place ? Shalla pressa Nayo d'avancer. Se tenant par la main, ils contournèrent l'édifice pour se rendre près de l'ouverture dirigée vers le soleil couchant.

 

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Ils se recueillirent quelques instants et prononcèrent les paroles qu'on leur avait enseignées pour demander aux ancêtres de les accepter dans le clan.

 

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Ils s'approchèrent alors du tunnel funéraire pour y déposer leurs présents. Saisi d'effroi ils aperçurent la silhouette d'un ancêtre qui se tenait dans le passage. Ils étaient sur le point de se sauver quand celui-ci leur fit un signe de la main avant de disparaître.

 

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Ils surent alors que les ancêtres les accueillaient dans le clan. Heureux ils communièrent en pensée avec eux jusqu'à la nuit tombée et s'endormirent sous leur protection. Le lendemain matin, ils prirent le chemin du retour  pour regagner leur clan, impatients de pouvoir enfin vivre ensemble et d'entamer leur nouvelle vie.

 

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NB: Tous ces mégalithes se trouvent sur le causse du Larzac à peu de distance les uns des autres 

 


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Texte & photos Ulysse

15/04/2017

Je vous invite au paradis....

 

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Il y a sur cette terre un coin de paradis,

Né du génie de Pierre Paul Riquet,

Qui, de l’Atlantique à la Méditerranée,

Etire son fil d’eau d’une langueur infinie.

 Pour partir serein à la découverte,

Du Canal du Midi, comme ce lieu est nommé,

Faites halte à l’Auberge de l’Arbousier,

Dont la terrasse surplombe ses eaux vertes.

 

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A deux pas de là, des bateaux amarrés,

Attendent patiemment leurs marins du dimanche,

Alors qu’une étincelante étole blanche,

De la Montagne Noire, recouvre les sommets

 

 

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Partez de bon matin, le site en vaut la peine,

Comme le terrain est plat, l’effort est quasi nul,

Le seul problème est qu’on a mal au cul,

Quand on n’est pas un « pro » de la petite reine.

 

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Le canal déroule alors ses méandres,

Bordés d’une armée d’orgueilleux platanes,

Dont le feuillage diffuse une lumière diaphane,

Demain et les jours à venir peuvent attendre !

 

 

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De nombreuses écluses en ponctuent le parcours,

Mâchoires de pierres posées sur le canal,

Qui sans relâche recrachent et avalent,

Les bateaux indolents qui en suivent le cours.

 

 

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En ces lieux, l’eau du canal, par ailleurs si lascive,

Qu’on ne sait dans quel sens le courant va,

Prend des allures de chute du Niagara,

Quand des écluses s’entrouvrent les portes massives.

 

 

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Les hôtes du canal sont alors à l’affût,

Espérant que les remous violents de l’eau,

Fassent tomber du bord un matelot,

Mais, à ce jour, cela ne s’est jamais vu !

 

 

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Passée l’écluse, le canal reprend son lent périple

Ses eaux assagies redeviennent miroir,

Où les platanes se contemplent du matin au soir,

De Narcisse fervents condisciples.

 

 

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Pour juguler ses rares débordements ,

Ses bâtisseurs, hommes de grand savoir,

Ont bâti sur ses rives des épanchoirs,

Bijoux de pierres qui défient le temps .

 

 

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Le long de chaque rive défile un paysage,

De vignes d’où émergent des clochers millénaires,

De collines boisées, de montagnes altières :

La beauté est présente tout au long du voyage.

 

 

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Par endroits le chemin n’est pas large,

Et il faut tenir fermement son guidon,

Et aux racines traîtresses prêter attention,

Si l’on ne veut pas finir à la nage !

 

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Quand par bonheur la piste s’élargit,

Et que les platanes sont sages,

On peut saluez les bateaux de passage,

Et s’abandonner à ses rêveries.

 

 

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Par endroits, prouesse inouïe,

Le canal franchit une rivière,

Au moyen d’un superbe pont de pierre,

Qui de son bâtisseur exprime le génie.

 

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A cette voie fluviale à nulle autre pareille,

Jetons voulez vous un dernier regard,

Car nous sommes hélas sur le départ,

Mais, promis, nous reviendrons voir cette merveille.

 

 

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J’ajoute un codicille à ce reportage,

Pour vous dire qu’à la nuit tombée,

Le canal devient un fleuve enchanté,

Qui vaut tous les paysages !

 

NB: Pour celles et ceux qui seraient intéressé(e)s par une balade le long du Canal du Midi, l'Auberge de l'Arbousier est un lieu idyllique de séjour pour randonner vers Carcassonne ou vers Argeliers. Elle est située 50, Avenue de Carcassonne à Homps (11200) et donne directement sur les rives du canal. L'accueil y est chaleureux, les chambres simples mais confortables et la table excellente. Elle comporte un garage à vélos (04 68 91 11 24).

 

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10/04/2017

Homme libre toujours tu chériras la mer …

 

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Homme libre toujours tu chériras la mer,

La mer est ton miroir; tu contemples ton âme

Dans le déroulement infini de sa lame,

Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

........

 

Ce sont les premiers vers d'un poème de Charles Baudelaire que ma génération a ânonné sur les bancs de l'école. Aujourd’hui on ne lit plus guère Baudelaire mais des millions de gens se précipitent dès qu’ils le peuvent au bord de la "grande bleue". Les uns, enfants décomplexés des « soixante-huitards qui ont cherché la plage sous les pavés du quartier latin, sont adeptes du « sea, sex and sun » et les autres, zombies broyés par le rouleau compresseur du capitalisme financier, pratiquent avec résignation le « sea, sieste and sun ».

Et les vagues de la mer,  qui ont autrefois englouti tant de bateaux de pêcheurs, ne font plus aujourd’hui que bercer de leur clapotis des idylles saisonnières incluses dans les forfaits des clubs-vacances et qui faneront quand tomberont les premières feuilles mortes.

  

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Dans les temps anciens un homme qui se prétendait fils de dieu a, selon les évangiles chrétiennes, réussit l’exploit de marcher sur l’eau et, par ce miracle, remisé au placard les dieux de l’Olympe. Aujourd’hui avec l’aide d’Eole, qui prend ainsi sa revanche, tout un chacun peut défier les lois de la pesanteur et glisser sur les flots.

 

 

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Les lames de leurs skis tracent de longues rayures ourlées d’écume blanche sur l’épiderme de la mer qui, magnanime, les laisse faire.
 
 
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L’homme en tire un fallacieux sentiment de puissance. Il croit être le maître de cette mer immense dont il écume les richesses sans vergogne . Mais son pouvoir n’est qu’un fétu de paille, car ce que la mer a décidé de prendre ou de reprendre, rien n’y personne ne peut l’en empêcher.

 

 

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Par un incessant travail de sape, elle ronge , grignote, démantèle, dissout caps et falaises qui finissent en grains de sable

 

 

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Sous le regard ébahi d’un vieux pirate, elle engloutit peu à peu des îles dont les lambeaux servent d’égouttoir aux cormorans qui viennent y faire sécher leurs ailes détrempées.

 

 

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Mais elle sait se montrer avenante quand une belle sirène africaine s’y baigne …..

 

 

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 …sous le regard émoustillé d’un descendant de King-kong qui s’est jeté à la mer pour échapper à la vindicte des humains. 

 

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Quant elle en a assez d’être pillée et polluée elle envoie vers les rivages une vague solitaire annonciatrice de sa colère qui menace.

 

 

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Nul port n’est alors à l’abri de ses langues salées qui peuvent happer et engloutir n’importe quel bateau comme un vulgaire bulot.

 

 

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Et ce n’est pas le lion du golfe, aussi vaillant soit-il, qui peut l’amadouer et la soumettre.

 

 

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Elle se déchaîne alors, donnant toute la mesure de sa puissance et on comprend que sa beauté sauvage ait inspiré à la plume de Victor cet autre immortel poème  « Océnano nox »

 

 

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Les mouettes sont alors à la fête et se gaussent des bipèdes pliés en deux par dessus les bastingages en se tenant les entrailles et implorant son pardon pour lui avoir manqué de respect

 

 

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Et puis s’étant défoulée, la mer s’apaise. Les humains peu à peu s’enhardissent et reviennent sur la plage

 

 

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Les bateaux de pêche profitent alors de la trêve pour jeter leurs filets, accompagnés par une nuée de mouettes qui réclament à grands cris leur part du butin

 

 

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D’humeur badine la mer s’entend alors avec Eole pour faire « mariner » un voileux présomptueux parti à sa conquête.

 

 

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Et puis le soir tombant, elle s'offre à la caresse des rayons du soleil couchant

 

 

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 C’est l’heure où les voiles des bateaux des marins d'eau douce se prennent à rêver du cap Horn au pied de mâts orgueilleux qui n’ont jamais reçu d’embruns.

 

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15:05 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (42) | Tags : mer, baudelaire, hugo, lion

02/04/2017

La grenouille et le français .....

 
 
 
 
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Chose extraordinaire,

Un jour j'ai croisé,

Au bord d'une rivière,

Une grenouille ne sachant nager !

Elle avait trouvé refuge,

Sur un bout de tuyau,

Et attendait la fin du déluge,

Pour sauver sa peau.

Mon aide je lui proposais,

Et lui tendis la main,

Mais m'entendant parler français,

Elle me dit avec dédain,

Il faudrait être fou

Mangeur de batraciens,

Pour me fier à vous.

Passez votre chemin.

Surgit un brochet,

Qui se dit : quelle aubaine,

Je vais assurer mon dîner,

Ce jour sans trop de peine.

Bousculant alors le tuyau,

Il fit tomber la grenouille,

Qu'il avala tout de go,

Avant qu'elle ne puisse dire ouille !

La morale de cette histoire,

Est que souvent les préjugés,

Nous empêchent de voir,

Ce qui peut nous sauver. !

 

*****

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