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21/01/2017

On n’a rien vu en haut du Montahut !

 

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L’internet, qu’on le veuille ou non, est devenu incontournable dans nos existences. Il peut véhiculer le pire mais aussi le meilleur. C’est le cas de ce blog qui m’a permis de nouer des liens d’amitié avec Annick, Françoise, Marc (hélas disparu) et sa fratrie, ainsi que Bernard. La rencontre avec ce dernier - qui tient un superbe blog photo-poétique « de monts en mots » - mérite d’être contée. Nous déjeunions, Gibus et moi, un jour d’hiver dans le refuge de Font Salesse au sommet du Caroux, quand soudain un randonneur y entra. Nous saluant, il nous regarda d’un oeil rieur et nous dit « Ne seriez vous pas Ulysse et Gibus dont je lis les pérégrinations sur Eldorad’oc ? ». C’est ainsi qu’un lecteur de mon blog est devenu un ami avec lequel je chemine de temps à autre. Aujourd’hui, Bernard, qui randonne dans la région depuis un demi siècle, m’a proposé, avec l’un de ses amis Henri, de me faire découvrir l’ancien chemin de la Coste Fraissinède, ignoré par les cartes, qui permet d’accéder au Montahut (1055m) en passant par le col d’Ourliades.

 

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Nous empruntons tout d’abord la sente aléatoire qui chemine sur la ligne de crête de la serre de Ramendure. Cette vague piste nous mène de chaos rocheux en chaos rocheux et me permet de tester l’état de mes vieilles articulations. Le bilan n’est pas trop défavorable et je pense que je ne suis pas encore prêt pour déposer ma candidature à un Ehpad , ni mon ami Bernard d’ailleurs, d’un souffle mon aîné !

 

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Des aiguilles rocheuses émaillent le paysage autour de nous mais elles ne parviennent pas, malheureusement, à percer l’édredon de nuages qui recouvre le ciel.

 

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Pierrier après pierrier, nous progressons le nez plus souvent plongé sur le bout de nos souliers que sur le paysage, rendu, au demeurant, un brin tristounet par le temps maussade.

 

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Cette vue arrière sur le chemin parcouru vous donne une bonne idée du terrain sur lequel nous progressons cahin-caha. Vous aurez sans doute du mal à me croire si je vous dis que nous y prenons plaisir ! Il faut de tout pour faire un monde, y compris de vieux briscards un peu maso qui préfèrent les chaos rocheux au confort douillet d’un canapé !

 

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Le soleil arrive, à l’horizon, à percer l’édredon de nuages, nous faisant espérer une amélioration de nos conditions météorologiques.

 

 

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La difficulté est de repérer les cairns posés à des endroits inattendus qui nous indiquent le chemin à suivre. Il en a fallut des tâtonnements et des aller-retours à ceux qui les ont posés pour trouver le meilleur cheminement. Bernard est d’ailleurs l’un de ceux qui ont tracé et entretiennent ces parcours réservés aux randonneurs aguerris.

 

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En traversant les pierriers, il nous faut prendre garde, non seulement, aux rochers qui peuvent à tout moment basculer, mais aussi aux arbres morts - qui ont réussi, on se demande comment, à y pousser - et qui peuvent à tout moment nous tomber sur le crâne !

 

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Nous quittons la serre de Ramendure, pour nous engager sur un ancien chemin qui serpente en balcon sur la coste Fraissinède et que Bernard a récemment débarrassé des ronces, genêts et fougères qui l’envahissaient. Malgré ce nettoyage le repérage du chemin implique un excellent sens de l’observation tant la nature a vite fait d’envahir les espaces délaissés par l’homme.

 

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Ce chemin, qui permettait aux anciens d’accéder à des terrasses qu’ils avaient aménagées sur les flancs relativement fertiles des montagnes, sinue aujourd’hui dans une magnifique hêtraie. Les arbres ne peuvent enterrer leurs morts qui restent là où ils tombent, providence pour une myriade d’insectes qui vont s’empresser de rendre à la terre les éléments dont ils se sont nourris.

 

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Nous approchons du Roc d’Ourliades, magnifique pyramide rocheuse derrière laquelle on aperçoit le Montahut, but de notre randonnée.

 

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Approchant du sommet du Montahut, je constate que malgré le brouillard qui y règne, la sorcière qui veille sur les lieux est toujours perchée sur son rocher. Elle est inoffensive à condition de ne pas croiser son regard sous peine d’être transformé en mouflon. Il se dit que nombre de chasseurs, généralement peu finauds, se sont laissés ainsi prendre, ce qui n’est pas pour me déplaire car ils connaissent ainsi à leur tour la terreur d’être chassés !

 

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Nous atteignons enfin le sommet, événement que, malgré la vue complètement bouchée, je célèbre en buvant du champagne à même ma gourde ! Comment pensez vous que je puisse à mon âge grimper avec autant de légèreté autrement qu’en transportant et en avalant des bulles !

 

 

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Le brouillard qui règne est tellement dense qu’un pigeon s’est posé en attendant des meilleures conditions de vol. Certains diront que le champagne ne fait pas que de me donner des ailes !

 

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Redescendus du sommet, nous nous dirigeons vers le refuge des Bourdils, où nous avons prévus de pique-niquer, en empruntant une piste souverainement carrossable, ce qui nous repose du parcours chaotique de la matinée.

 

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Puis nous redescendons à notre point de départ par le confortable sentier dit de la Tourre qui traverse une immense hêtraie et dont les pierres et les troncs d’arbres moussus qui le bordent témoignent du climat humide et frais qui y règne en toutes saisons. Mais il n’est pas certain qu’avec le réchauffement climatique en cours, les hêtres, chênes blancs, et autres arbres aimant les sols frais et humides puissent longtemps encore prospérer dans notre région. Et comme le dit le poète « Un seul hêtre vous manque et tout est dépeuplé » ! (ça aussi c’est l’effet du champagne !)

 

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En face de nous se dressent les falaises de la serre de Mourre, en haut desquelles nous évoluions le matin même.

 

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Nous parvenons à l’ancienne bergerie de Mazot, constituée de deux édifices dont l’appareillement des murs fait mon admiration.

 

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Seules les charpentes rongées par la vermine ont cédé. Peut être que les pierres gardent au sein de leurs atomes l’écho des voix, des rires, des chants et des murmures de ceux qui y ont vécu.

 

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Puis nous rejoignons le Tourre, ce modeste torrent dont nous avons surplombé le cours. Un amas de feuilles mortes résiste vaillamment au courant, à l’image de nos vies qui luttent contre le courant du temps. En attendant qu’il nous emporte, vivons et partageons le plus souvent possible ce bonheur simple et intense d’une randonnée avec des amis.

 Et voici pour conclure deux haïkus et un poème postés dans leurs commentaires par Monique, Tmor et Huguette, trois de mes fidèles lectrices et lecteur :

Haïku de Monique

L'amitié faisant

pour un seul et même chemin

Joie sur les hauteurs

Haïku de Thierry

Gris sur gris arbre et pierre.
On s'y retrouve, on s'y repère.
Bonne route.

Poème d'Huguette

Au sommet des montagnes

Où renait le printemps

Au sommet des montagnes

Il est là, il t'attend

Redis-lui que tes rêves

Ne sont pas terminés

Dès que la nuit s'achève

Tout peu commencer.

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Si vous appréciez ce blog, je vous invite à découvrir les chansons de mon nouveau CD "Ne perds pas tes rêves en chemin" sur :

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Mes autres blogs:

Old Nut (Wix) où vous pouvez écouter librement toutes mes précédentes chansons

Canta-la-Vida où j'illustre certaines chansons en photos.

La dernière chanson mise en ligne s'intitule "Bidochon dream"

Piquesel : "bloc-note photos" où les photos sont accompagnées de commentaires humoristiques ou poétiques.

Vous pouvez y accéder en cliquant sur les noms figurant en haut de la colonne de droite

 

Texte & Photos (sauf 4, 13 et 16 Bernard R.) Ulysse 

 

09:17 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)