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20/05/2007

Sur les pas des Cathares (4ème étape Montségur)

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Pour cette quatrième étape, nous partons du village de Bélesta, en empruntant une route champêtre modérément pentue qui nous permet de nous mettre en jambes en douceur ....
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....tout en nous donnant le loisir d'admirer les orchidées qui s'apanouissent dans les prairies qui la bordent.
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Puis le chemin devient plus raide pour accéder au col des Balussous (880m), au travers d'une magnifique forêt peuplée de sapins et de hêtres séculaires.
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Dans les clairières où le soleil arrive à pénétrer quelques fleurs s'épanouissent pour le plus grand bonheur de quelques randonneurs ailés de passage !
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L'arrivée au hameau de Morenci habité par ....quelques vaches, nous offre une vue somptueuse sur le Pic St Barthélémy (2348m) qui émerge encore enneigé de la chaine des Pyrénées.
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En faisant quelques pas de plus, nous découvrons le château de Montségur installé sur le sommet de son « pog » à 1207m d'altitude .
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Tout en poursuivant notre marche d'approche de cette citadelle, reprenons le récit de l'épopée Cathare entamé au cours des précédentes étapes.

Nous en étions resté à 1215 au moment où les seigneurs occitans, défenseurs des cathares, avaient été battus par les croisés conduits par Simon de Montfort. On appliquait alors le nom de seigneur « faydit » à tout seigneur dépossédé et/ou exilé à cause de la croisade contre les Cathares (ou Albigeois)
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Mais deux évènements vont offrir un répit de courte durée à ces seigneurs et à leurs protégés. En premier lieu le pape Innocent III, principal protagoniste et soutient de la croisade, meurt en 1216, ce qui amène Raymond VII à partir à la reconquête de ses domaines et à reprendre ainsi Toulouse. Ensuite, Simon de Montfort qui avait entrepris de reprendre la ville est tué au cours du siège par une pierre lancée par des femmes assiégées. Son fils Amaury qui prend sa suite est battu à Bazièges et à Castelnaudary et quitte le Languedoc en 1224.

Hélas, le répit que connaissent les cathares et ceux qui les protègent est de courte durée. Car Louis VIII, qui succède à Philippe Auguste, veut intégrer le Languedoc dans le giron de de la Couronne, soutenu dans son projet par le pape Horius III et sa femme Blanche de Castille. Il lance une nouvelle croisade en 1226 qui se traduit par la reddition des seigneurs languedociens et la signature du traité de paris en 1229, qui entraîne le rattachement au royaume de France des vicomtés de Béziers, Carcassonne et Albi et du Comté de Toulouse.
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A la suite de ce traité, le concile de Toulouse confie aux Dominicains le soin de mettre en place l'inquisition pour éradiquer l'hérésie cathare. Celle ci va appliquer une repression impitoyable dans le midi languedocien.

La résistance va s'organiser et les chateaux de Peyrepertuse, Puylaurens, Queribus, Montségur et d'autres encore, deviennent le refuge des cathares, mais ils vont tomber les uns après les autres.

La chute de Montségur a été particulièrement désastreuse pour les Cathares car c'était leur centre spirituel. A partir de cette place forte , les « Bonshommes » et « Bonnesfemmes » administraient tout le catharisme occitan envoyant des émissaires dans tous le languedoc et recevant des cathares lombards et catalans.
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Jusqu'en 1242 cette forteresse avait été épargnée car elle était jugée imprenable. Mais un événement va conduire à sa chute. Un détachement de cavaliers parti de cette cité vont assassiner des inquisiteurs et leur suite a Avignonet dans le Lauragais en 1242. Folle de rage Blanche de Castille décide alors de faire le siège de la citadelle. Celui ci mené par 8000 hommes commence en mai 1242 et se révèle infructueux jusqu'au début de l'hiver. Mais les assaillants mènent une attaque surprise audacieuse en lançant, la nuit de Noël, à l'assault de la falaise orientale jugée inaccessible, des montagnards basques qui prennent pied sur le Pog et installent une énorme catapulte qui va cribler de de boulets les remparts du château.
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Le 2 mars la forteresse capitule en échange de la vie sauve pour ses soldats et les cathares qui renieraient leur foi dans le délai de 15 jours. Le 16 mars plus de 200 cathares ayant refusé de renier leur foi seront brûlés dans un immense bûcher mis en place au pied du château. Le Seigneur du lieu, Pierre Roger de Mirepoix, dont la mère, la femme, et la fille avaient embrassé la religion Cathare et ont refusé de la renier, verra celles-ci périr dans le bûcher.

La rumeur dit que quatre jours avant la reddition de la citadelle , quatre cathares ont pu s'enfuir en emportant le « trésor » cathare. Cette histoire a donné lieu à de nombreuses spéculations, certains prétendant qu'il s'agissait du Graal, ce vase qui aurait reçu le sang du Christ. Mais d'après certains experts il est probable que ce trésor soit constitué par les écrits posant les fondements de la foi Cathare qui n'ont jamais au demeurant été retrouvés.

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Après Montségur, la résistance perdura quelques années à Puilaurens et Quéribus qui capitulèrent en 1256 et 1259 et assurèrent après celà la nouvelle frontière entre la France et l'Espagne. Le dernier Cathare connu fut brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès.

Mais pour conclure cette émouvante épopée Cathare, il nous reste une étape à parcourir qui nous mènera à Roquefixade.

Texte & Photos Ulysse

10:32 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (24)

18/05/2007

Sur les pas des Cathares (3ème étape Puivert)

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En quittant Quillan, le matin du troisième jour, nous prenons la direction du Roc du Midi (675m) que nous contournons par un col qui mène au village de Brenac.
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Nous franchissons alors la limite climatique entre la zone « méditerranéenne » et la zone « pyrénéenne » où le hêtre et le sapin prennent la place de la vigne et de l'olivier.
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C'est une région paisible où les moutons vivent en sécurité, ou du moins le croient ils, ignorants qu'ils sont de la menace que fait planer sur eux un aigle qui sillonne le ciel.
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Mais qui peut s'en émouvoir, car que vaut une vie de mouton passée à sans cesse brouter de l'herbe sans jamais prêter attention aux paysages qui vous entourent et à fuir le contact des étrangers ?
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Après un long cheminement au travers de la forêt de l'Auzinat nous arrivons au pied du château de Puivert, véritable joyau de pierre qui domine de 600m le village construit au bord du Blau.
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Puivert n'avait pas une vocation guerrière et son architecture élégante dominée par son donjon de 30m de haut est une transition entre le château féodal et le château renaissance.

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IL fut au XIIème siècle le rendez vous des plus grands troubadours roussillanais et provençaux autour d'Ermengarde de Narbonne et d'Adélaïde de Carcassonne.
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D'ailleurs c'est sans doute le fantôme de l'une des ces chatelaines que l'on surprend, si l'on est discret, dans la lumière d'un contre jour .
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En 1170 s'y tint le plus ancien concours de poésie mentionné par les chroniques et certains des poètes viennent parfois y trainer leurs guêtres nostalgiques de ce temp révolu. Leurs chansons et poèmes célébraient la féminité et l'amour mais certains d'entre eux, tels que Guilhem Figueras et Peire Gardenal ont composé aussi des pamphlets contres les inquisiteurs qui s'acharnaient après les cathares.
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C'est un lieu magique où de magnifiques sculptures représentant des musiciens ornent les culs de lampe des arcs de la voute de la salle dit des musiciens.
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De somptueuses tapisseries célèbrant le raffinement de la vie qu'on y menait alors ornent aussi les murs.
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Mais en dépit de sa dédication à l'amour courtois, le chateau de Puivert ne fut pas épargné par la croisade contre les cathares, auquel il servit de refuge. En 1210 après 3 jours de combat il tomba aux mains des croisés, sinistre épisode qui mit un terme à la période fastueuse des troubadours.

Mais cela nous ramène à l'épopée cathare que nous avons commencé d'évoquer au cours des deux premières étapes. Nous en étions au moment où au début de 1209 une formidable armée de chevaliers du nord est constituée sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury, abbé de Citeaux.
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Comprenant la menace qu'elle représente pour ses possessions, le Comte raymond VI de Toulouse se repent publiquement et obtint le pardon. Mais Raymond Roger Trancavel vicomte d'Albi, Béziers et Carcassonne hésite et quand à son tour il souhaite se repentir, il essuie le refus des Croisés. De fait ceux ci ne voulaient pas perdre l'occasion de mener la croisade car au delà du prétexte religieux donné à leur action, le roi de France avait compris l'avantage politique qu'il pouvait en tirer en mettant la main sur le pays d'Oc qui échappait à sa souveraineté.
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C'est ainsi que furent perpétrés sous la direction d'Arnaud Amaury les massacres de Béziers (où il aurait prononcé la terrible sentence : « tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens ») et de Carcassonne. Simont de Montfort prit ensuite la direction des opérations et entama une longue phase de conquêtes où il se montra impitoyable : Ainsi tombèrent en 1210 les chateaux de Cabaret et de Termes ainsi que la cité de Minerve et en 1212 le château de Lavaur. Des centaines de cathares furent alors brûlés et les chevaliers qui les défendaient égorgés.
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Le Comte Raymond VI de Toulouse, le Comte de Foix et le Roi Pierre II d'Aragon inquiets pour leurs possessions regroupent alors leurs armées mais ils sont vaincus en 1215 lors du siège du château de Muret où s'était installé Simon de Montfort. Le roi d'Aragon est tué à cette occasion et Raymond VI doit se réfugier en Angleterre. Tout le midi se trouve ainsi aux mains des croisés du nord, mais nous verrons lors de la prochaine étape que l'épopée cathare est loin d'être terminée...

Pour ma part, cette troisième étape a trouvé son terme dans le village de Puivert dans le cadre d'un gite extraordinaire tenu par un couple de fabricants de marionnettes.
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Texte & photos Ulysse

11:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (16)

16/05/2007

Sur les pas des Cathares (2ème étape Puylaurens)

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Pour cette seconde étape nous prenons la direction du Col de Péchines qui passe au pied du Pic de Bugarach (1227m) qui quitte rarement son chapeau de nuages.
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Au moment où nous franchissons le col, le soleil peine à traverser les nuages. Nous dévalons ensuite une zone de prairies qui donne au paysage un air de Suisse Normande.
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Depuis longtemps les hommes ont déserté les lieux pour aller chercher fortune dans les plaines plus ensoleillées et urbanisées, ne laissant derrière eux que quelques vestiges d'un mode de vie révolu.
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Mais en redescendant le col nous pénétrons dans la vallée de la Boulzane où le soleil se montre plus généreux et favorise les activités « agricoles »....
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....et pour mon plus grand bonheur, la culture de la vigne !
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Parvenus aux portes de Lavagnac, nous apercevons bientôt le château de Puylaurens perché sur un promontoire à 690 m d'altitude.
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Tout en visitant ce chateau, reprenons le récit de l'épopée Cathare. Les fondements de la foi des Cathares faisaient d'eux des croyants tolérants et respectueux des autres. Ils étaient pacifiques et vivaient en bonne intelligence avec les croyants catholiques qui les toléraient également. Ils étaient appréciés et soutenus par les commerçants, les artisans et les bourgeois, car ils étaient favorable au travail manuel, au commerce et au prêt d'argent (alors que l'église catholique condamnait le prêt avec intérêt) ainsi que par les femmes, qu'ils considéraient comme les égales des hommes. Ils avaient enfin le soutien de leurs seigneurs qui voyaient en eux des sujets industrieux et pacifiques.
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Mais le pape Innocent III à la fin du XIIème siècle considère que les cathares sont une menace pour l'église catholique car leur dogme et leur conduite affaiblissent ses positions morales et matérielles. Il faut dire que la corruption et le train de vie de la hiérarchie catholique conjugués à la volonté de puissance de la papauté choquaient alors de nombreux fidèles.
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Le pape intervient donc auprès du Roi de France, Philippe Auguste, pour organiser une croisade contre les cathares (désignés aussi par le terme d'Albigeois, Albi étant l'un de leurs centres les plus actifs). Ce dernier, préoccupé par sa rivalité avec l'Angleterre, décline tout d'abord l'invitation qui lui est faite. Mais l'assassinat du légat du pape, Pierre de Castelnau, en 1208, dont on soupçonne Raymond VI de Toulouse, favorable aux cathares, d'en être l'auteur, décide le roi de France a envoyer certains de ses vassaux pour punir le coupable et pourchasser les cathares....
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Nous poursuivrons le récit de cette épopée lors de notre troisème étape. Précisons toutefois que le château de Puylaurens fut l'un des derniers à capituler en 1256 dans le cadre des croisades sans merci qui ont ravagé la région et éradiqué la religion cathare.

Après avoir traversé le magnifique défilé de Pierre Lys, je rejoins le terme de la deuxième étape, la ville de Quillan, ancienne capitale de la chapellerie, mais qui aujourd'hui sommeille au bord de l'Aude car plus personne ne veut désormais porter le chapeau !

Texte & Photos ulysse

14:10 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (7)

15/05/2007

Sur les pas des Cathares (1ère étape Peyrepertuse)

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Nous allons partir ensemble, en quelques étapes, à la découverte des rares traces que les Cathares ont laissées dans le pays d'Oc et qui se résument à quelques chateaux en ruine perchés sur des sommets disséminés entre l'Aude, les Pyrénées Orientales et l'Ariège.

Car rien dans la société d'aujourd'hui ne subsiste de leur foi qui a pourtant imprégné fortement la culture et la société occitane au XIIIème siècle (on estime que la moitié de la population était cathare). Leurs croyances et leur héritage ont été balayés par des siècles d'indifférence, comme l'ont été les cendres de leurs martyrs par la Tramontane et le vent d'Autan.

Au fil des étapes qui vont du château de Peyrepertuse près de Rouffiac des Corbières dans l'Aude à celui de Roquefixade dans l'Ariège, je vous parlerai des origines, des fondements et de la brève histoire du « catharisme »

L'épopée cathare a commencé dans la deuxième moitié du XIIème siècle pour s'achever par la chute de Quéribus en 1259, les cathares s'étant ensuite réfugiés dans la clandestinité poursuivis par l'inquisition qui brûla le dernier cathare, Guilhem Bélibaste, en 1321.

Les vicomtes de Béziers, d'Albi, de Carcassonne et les Comtes de Toulouse et de Foix ont pris fait et cause pour les cathares, soutenus par le Roi d'Aragon, leur suzerain, sans pour autant tous se convertir à cette religion. Leur défaite conduira à la mainmise du Roi de France sur leurs possessions par le traité de Corbeil en 1239. Les châteaux dits Cathares deviendront alors des forteresses royales assurant la défense du royaume sur les « marches » d'Espagne. Mais la signature du traité des Pyrénées en 1659, reculant la frontière avec l'Espagne aux limites actuelles, fera perdre tout intérêt défensif à ces citadelles, qui seront démantelées ou tomberont dans l'oubli.
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Pour cette première étape, nous partons du village de Rouffiac à l'assault du château de Peyrepertuse, installé à 780 m sur les contreforts du Roc de Sagnes, par un chemin si pentu qu'il faut parfois s'accrocher aux branches des arbustes qui le bordent pour le gravir.
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Le Château se déploie sur l'arête sommitale du Roc sur près de 9000 m2 ce qui lui a valu le surnom de « Carcassonne céleste ». Ses murailles prolongent et se confondent avec les falaises vertigineuses qui le bordent. Son seigneur Guillaume de Peyrepertuse qui avait pris fait et cause pour les Cathares se rendit aux troupes de Louis IX en 1240. Ce dernier fit agrandir et consolider le château pour assurer la défense de la frontière.
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Mais revenons aux origines et aux fondements du Catharisme tout en visitant le château . Ce mouvement aurait été inspiré par le "Bogomilisme » qui se développe au Xème siècle en Bulgarie et prône un retour au christianisme primitif.
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Les fondements de cette religion peuvent se résumer à une interrogation : « Si Dieu est infiniment bon et tout puissant, comment peut il tolérer le mal sur la terre ?" Et les Cathares répondaient en disant qu'il ne pouvait pas être tout puissant puisque le mal existait sur la terre et que Dieu donc ne régnait que sur le monde des âmes. Le monde matériel où sévissaient la souffrance et le vice était la création de Satan. Il fallait donc mener une vie pure et d'abstinence pour libérer l'âme de sa prison corporelle. De fait, pour les cathares, l'enfer n'était pas dans le ciel mais sur la terre. Il n'y avait pas de jugement dernier et toutes les âmes étaient appelées à être sauvées, même s'il leur fallait plusieurs vies d'efforts à travers la réincarnation.
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Ils se sont progressivement organisés pour fonder une véritable « Eglise » avec un clergé et des séminaires dans les régions de Foix, Toulouse, Carcassonne, Béziers et Albi mais ils ne construisaient pas de lieux de culte car tout bâtiment relevait du monde matériel donc du mal.

Le clergé était composé de cinq évêques compétents pour les régions précitées et de « Bonshommes » ou « Bonnesfemmes » (les femmes étant pour eux les égales des hommes) qui étaient seuls tenus à l'abstinence de nourriture carnée et à la continence sexuelle (dénommés par dérision « parfaits » par les inquisiteurs). Ils pratiquaient un métier artisanal (ils étaient principalement des tisserands) et se consacraient à la prédication itinérante. Ils recevaient de leurs évêques « le consolament » baptême spirituel des cathares. (il n'y avait pas dans leur religion d'autre sacrement)
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Les autres membres de la religion cathare s'appelaient les « croyants » et s'efforçaient de faire le bien, mais ils pouvaient pêcher, c'est à dire manger de la viande, procréer, car c'est le diable qui pêchait en eux. Celà les conduisait à la réincarnation jusqu'à ce qu'ils deviennent à leur tour des « bonshommes » et des « Bonnesfemmes » A la fin de leur vie, ils recevaient le « consolament » qui atténuait leurs péchés et on enlevait une tuile du toît afin que l'âme puisse s'échapper du monde matériel.
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Mais nous poursuivrons demain l'histoire de cette épopée cathare et pour reprendre notre cheminement sous l'oeil vigilant d'un vautour fauve heureux de nous voir quitter son territoire.
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Après un coup d'oeil au chateau de Quéribus que l'on aperçoit dans le lointain (voir ma note du 18 octobre 2006) nous traversons une région encore sous l'influence méditerranéenne où les cistes prolifèrent sur les coteaux,
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malgré l'omniprésence dans le paysage du Mont Canigou où l'hiver tient ses derniers quartiers.
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Il nous reste à franchir les vertigineuses gorges de Galamus où se niche l'étonnant ermitage Saint Antoine,
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pour arriver au terme de notre première étape au lieu dit les Bastides, paradis champêtre et bucolique où nous pouvons rafraîchir nos pieds échauffés par les kilomètres parcourus.
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Texte & Photos Ulysse

09:20 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (8)