suivi de mon blog
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30/08/2012

La belle vie ! (reprise d'archive)


 

oiseaux 061.jpg


Une aigrette garzette,


Faisait ses emplettes,


Dans l'eau d'un étang,


Au soleil couchant.


Sur ses longues pattes fines,


D'élégante balerine,


Elle faisait les cent pas,


Donnant du bec de ci, de là,


Pour un repas de fête,


de mollusques, de crevettes,


A volonté et gratuit,


Ah mon Dieu, quelle belle vie !



Texte & Photo Ulysse

 

26/08/2012

Par un beau soir d'été (reprise d'archive)

nuit,ombre chinoise,été,garance

 C’est l’heure où le soleil tire sa révérence,

Et je m’en vais  marcher un bâton à la main,

Les yeux emplis de l’or qui coule sur les chemins,

Sous une mer de nuages rouge garance.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Avançant calmement, méditant en silence,

J’aperçois soudain entre deux rangs de vignes,

Une nymphe enjouée qui me fait des signes,

Pour m’inviter à entrer dans sa danse.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Mais la belle est taquine et fuit quand je l’approche

Jusqu’à une haie de chardons qui me barre le passage;

Elle n’est sans doute qu’un envoûtant mirage,

Qui naît du nectar puisé au fond des roches.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Au loin, des chiens idiots hurlent après la lune,

La prenant, suprême infamie, pour un os.

Indifférente à l’excitation des débiles molosses,

Elle poursuit indolente sa course nocturne.

 

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Elle se balance un temps aux branches d’un arbre mort,

Dont le squelette ligneux dresse ses arabesques,

Sur la tenture bleue de la voûte céleste,

Que l’horizon borde d’un ourlet d’or.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

A son pied soudain  la nymphe virevolte,

Je me pince rudement pour dissiper ce mirage,

Mais  elle poursuit sa danse élégante et sauvage,

Une douce ivresse me saisit alors et m’emporte.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

En trois bonds me voilà qui danse avec elle,

Qui s’était montrée tout à l’heure si farouche,

La lune me révèle sa beauté qui me touche,

Envoûté, je me sens  pousser des ailes.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Au moment où nos mains dans la nuit se rejoignent,

Une jolie nymphette se mêle à notre ronde,

Dieu ! Qu’il peut être beau notre  triste monde,

Par une nuit d’été au cœur de la campagne.

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Nous nous lançons alors dans une gigue endiablée,

Qui attire mulots, campagnols et musaraignes,

Cette nuit  dans un coin  de la terre, la paix règne,

Comme au jardin d’Eden d’où nous fumes chassés.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ivre de bonheur, mes soucis dissipés ,

Je ressens l’insoutenable légèreté de l’être,

Qui me fait m’envoler de ce lieu champêtre,

Libéré de l’implacable loi de la gravité.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ainsi frères humains passons nos existences,

A danser sous l’obscure clarté des étoiles,

Où les lois, les règles, les conventions sociales,

Du monde diurne n’ont plus de pertinence.

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

28/02/2011

Rêverie au bord de l'étang de Maguelonne

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Corps à corps entre la mer et  la terre,

Lagune, tu accueilles ma solitude,

Et dissous mes confortables certitudes,

Dans tes mouvantes frontières.

 

La passerelle sur laquelle je m’engage,

Rend mon retour incertain,

Mais pourquoi se soucier de demain,

Puisque la mort est au bout du voyage !

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Des murs séparant les anciennes salines,

Ne subsistent que les pieux de châtaigniers

Qui forment une broderie argentée,

Ourlant une nappe d’eau opaline.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Ils servent d’opportuns perchoirs,

Aux mouettes constamment à l’affût,

De poissons insouciants du péril imprévu,

Tapi dans un monde qu’ils ne peuvent voir.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

L’eau ici nous enseigne que les couleurs,

Ne sont que virtuelles et éphémères,

Passant du gris au bleu outremer

Comme nos vies, selon l’heure.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

L’antique station de pompage,

Contemple nostalgique et désoeuvrée,

La mer généreuse dont les eaux salées,

Couvrait autrefois d’or blanc le paysage.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Une élégante et impudique avocette,

Me montre sans gène aucune  ses dessous,

Affairée à traquer dans le sable mou,

Un festin de mollusques et de crevettes.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Mais ma présence très vite l’indispose ,

Elle s’envole alors  d’un seul coup d’aile,

Sa grâce et sa beauté rayonnent dans  le ciel,

Et je me laisse aller à la douceur des choses. *

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Des hordes de folle-avoine promènent,

Leur diaphane toison d’or sur les talus.

Quand l’homme de la terre aura disparu,

Reviendra alors le temps de l’Eden.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Mais en ces lieux de paisible apparence ,

La mort rode à tout instant,

Un moucheron l’apprend à ses dépends,

Happé en plein vol : brève existence !

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

La nature n’a pas de sentiment, tout l’indiffère,

Nous prenons pour de la cruauté,

Ce qui n’est que l’incessant ballet,

De la vie et de la mort : déroutant mystère !

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Un troupeau de moutons célestes

Animent soudain le paysage,

Comme eux nous ne sommes que de passage,

Jouissons des  jours qui nous restent.

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Ce ciel et ce nuage sont irréels,

Les choses auxquelles nous croyons,

Ne sont elles que des illusions,

Ballets d’atomes venus du ciel ?

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

Peu à peu le jour régresse,

Et doucement le monde sombre,

Dans un cotonneux manteau d’ombre,

Avons nous tenu nos promesses ?

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

Captant les derniers rayons du soleil,

La lagune se couvre d’argent,

Sa beauté est au firmament,

Comment la mort nous cueillera-t-elle ?

 

* Vers inspiré par un poème de  Paul-Jean Toulet "En Arles"


PS: Je vous invite à aller consulter sur le blog de Michelle l'émouvante vidéo tournée par José Carlos Meirelles sur la protection des tribus isolées 


Texte & Photos Ulysse

 

 

 

 

11/12/2010

Pérégrinations autour de Puéchabon (fin)

 

Cette note est la suite de la précédente

 

DSC01153.JPG

 

 

Depuis un siècle les hommes ont déserté ces lieux,

Que colonise peu à peu le monde végétal,

Qui lance ses guirlandes sur les murs bancals,

Que, reconnaissantes, elles soutiennent de leur mieux.

 

 

DSC01149.JPG

 

 

Au cœur de ces bâtisses chargées d’histoire,

Les fantômes errent parfois en silence,

De ceux qui y ont passé leur existence,

Tissée de rires, de larmes, de joies et de désespoir.

 

 

DSC01168.JPG

 

 

L’atmosphère qui y règne est si sereine,

Que les promeneurs ignorant les lézardes,

Qui ébranlent les murs, parfois se hasardent,

A y faire insouciants une sieste souveraine.

 

 

DSC01179.JPG

 

 

Au sortir du hameau, c’est la rencontre heureuse,

D’un ardent chêne vert et de sa bien aimée,

Engagés dans une salsa endiablée,

D’où naîtront sans doute de nombreux petits « yeuses * ».

 

* yeuse : autre nom du chêne vert

 

 

DSC01195.JPG

 

 

Ce géant, non loin,  sans doute l’un de leurs ancêtres,

Constitue à lui seul une forêt,

Sa taille imposante inspire le respect,

Et morts depuis des siècles sont ceux qui l’ont vu naître .

 

 

DSC01201.JPG

 

 

Il étend au loin sa vénérable ramure

Afin de capter au mieux les rayons du soleil.

Ce chêne vert, à vrai dire, n’a pas son pareil,

Prétendre le contraire serait lui faire injure !

 

 

DSC01215.JPG

 

 

Nous voilà au pied de Saint sylvestre des Brousses,

Campée sur le chemin qui menait à Gellone,

A l’époque où la foi faisait marcher les hommes,

Quand la menace de l’enfer leur fichait la frousse !

 

 

DSC01205.JPG

 

Mais l’heure avance et le soleil décline,

Les montagnes au loin ne sont plus que des ombres,

La frondaison des arbres prend des teintes plus sombres,

Dans la plaine ne brille plus que l’or des vignes.

 

 

DSC01224.JPG

 

Un antique mazet fenêtre et porte fermées,

Nous parle d’un temps où les vendanges étaient une fête,

Aujourd’hui des machines polluantes font la cueillette,

Le dieu Bacchus, de ces lieux, s’est enfui atterré. 

 

 

DSC01227.JPG

 

 

Dépouillés par l’automne, une vaillante cohorte

De ceps dressent vers un nuage leurs sarments effilés,

Cherchant désespérément à le transpercer,

En vue de préparer, déjà, la prochaine récolte.

 

 

 

DSC01229.JPG

 

Les vignes ont les couleurs des nectars,

Qui coulent généreusement dans nos timbales,

Et de là réjouissent nos poreuses amygdales,

Quand le vin est tiré, c’est sûr il faut le boire !

 

 

DSC01233.JPG

 

Pour certains arbres l’automne est un chant du cygne,

Leurs frondaisons offrent en mourant un feu d’artifice,

Quand d’autres gardent leur verdeur, mais qui n’est que factice,

Car la mort saisit leurs feuilles une à une de façon anonyme.

 

 

DSC01243.JPG

 

Qui peut croire que l’hiver frappe à la porte,

Devant une nature aux si beaux atours ?

Cette loi imparable de l’éternel retour,

Ne rend-t-elle pas la vie chaque fois plus forte ?

 

 

DSC01247.JPG

 

Un cep résiste vaille que vaille et garde sa livrée,

Mais l’hiver le dépouillera comme les autres,

On s’attache à la vie, on dit des patenôtres,

Mais un jour le corps défaille et on doit le quitter !

 

Texte & Photos Ulysse