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12/01/2013

Allons frotter nos semelles au sentier des Fenestrelles

 

Aujourd’hui, Gibus et moi vous invitons à nous suivre sur l’étonnant chemin dit « des Fenestrelles » qui part de St Guilhem et permet de franchir la falaise du cirque de l’Infernet. Il a été probablement édifié au Xème ou XIème siècle par les moines de l’Abbaye de Gellone afin de permettre aux pèlerins du causse du Larzac d’y accéder, mais aussi pour faciliter la transhumance des moutons vers les prairies herbeuses du causse.

Cette réalisation audacieuse invite à la méditation. Il m’a déjà inspiré un poème que vous pouvez découvrir en cliquant ICI. Aussi c’est dans une encre poétique que je vais, de nouveau,  tremper ma plume pour vous guider sur ce chemin. Je m’inspirerai pour cela des haïkus japonais - poèmes extrêmement brefs qui visent à célébrer la nature, les saisons et à suggérer l’évanescence des choses - mais sans en respecter toujours la codification stricte. L’essentiel est d’en garder l’esprit et de faire naître en vous, chères lectrices et chers lecteurs, une émotion ou une réflexion.

D’ailleurs, je vous invite à me proposer des haïkus que vous inspireraient mes photos et je les mettrai à la suite des miens.

 haïku,siant guilhem,fenestrelles,infernet

 D’or je suis vêtu,

Mais demain je serai nu,

Ainsi va la vie.


Haïku proposé par Maria D :

 

 L'homme heureux va


Sur le chemin les cailloux

Les arbres sont d'or 


Haïku proposé par Colette :

 

Au dessus tout l'or

Sous tes pas le chemin,

long
vers d'autres saisons 

 

Haïku proposé par Monique :

 

Les couleurs d’automne


Quand le chemin s’illumine


Allégresse de l’âme  

 

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D’une mer, autrefois

Est née cette  muraille.

Elle y retournera .


Haïku proposé par Maria D :

 

L'homme en plein effort

 Vers la muraille il s'élève

 Puissance des ans


Haïku proposé par Monique  (1):



Au pied des falaises


Il évalue les distances


Le crapahuteur


 

 (1) Monique n'ayant pas de blog je n'ai pas créé de lien hypertexte signalé en ocre

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Pluie, gel et soleil,

Prédateurs redoutables.

La roche devient sable.


Haïku proposé par Maria D :

 

Paysage de pierre

 L'homme et l'arbre s'épaulent

 Solidarité


 

 Haïku proposé par Monique  :

 

Chaque pas grignote


La distance à parcourir


Aujourd’hui, demain

 

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 Chemin de pierres,

Accroché à la falaise.

Nous mènera-t-il au ciel ?


Haïku proposé par Maria D :

Aride est la route


L'homme courbe l'échine


sous le poids des pierres

 

Haïku proposé par Monique :


Au cœur des rochers


Dans le giron des montagnes


Il creuse sa route 

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D’en haut, vaste est la vue.

Les chemins nous font voir,

Un monde inconnu.

  

Haïku proposé par Maria D :

Paroi et vertige


Là-bas la route serpente


Si vaste le monde


Haïku proposé par Monique :


Voir le monde d’en haut


Lui reconnaitre sa splendeur


La contemplation 

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Que de zigs et de zags

Pour franchir l’obstacle.

Leçon de courage.


Haïku proposé par Maria D :

 

Artères de la pierre


 Puissance verticale 


 Chemins escarpés

 

Haïku proposé par Monique :


Des rubans de pierre


Accrochés à la colline 


La route sera longue 

 

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Chandelles de pierre,

Soufflées par le vent.

Le temps les consume.


Haïku proposé par Maria D :

 

L'homme téméraire 


 affronte les hautes colonnes

 
Salut de l'âme




Haïku proposé par Monique :


 Si la pierre se ronge


L’homme va s’affaiblissant


La marche du temps

 

 

 

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Rochers friables,

En équilibre instable.

Vivons l’instant présent.


Haïku proposé par Maria D :

Mère et enfant


Accolade de pierre


Amour statufié


 

Haïku proposé par Monique :


Sans dessus dessous


Les éboulis centenaires


Le chambardement 


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Un lion de pierre

Rugit dans le vent.

Seul désespérément  !


Haïku proposé par Maria D :

Réveil du tigre


Là-bas les arbres tremblent


Entre eux le silence


Haïku proposé par Monique :


 

Fantôme de pierre


A la croisée des chemins


Spectre du temps 

 

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Le soleil se cache,

Un érable le remplace !

Qui a besoin de nous ?


Haïku proposé par Maria D : 

L'homme seul passe


L'arbre d'or se prosterne


L'homme est fait dieu


Haïku proposé par Monique :


Mille reflets d’or


Sur le chemin de l’espoir


La conquête de soi 


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Surplombant le vallon.

Un château en ruine,

Tout pouvoir est une illusion.


Haïku proposé par Monique :


Orgueil des seigneurs


Mais quand le château s’écroule


Retour aux enfers 


Vers proposé par Ysengrin:

Edenté par le temps...


 

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Pourquoi vouloir rester

Près de son clocher.

Si beau est le monde !


Haïku posté par Michel à Franquevaux 

Ils tournent les poissons, 

Au bassin l'oeil les voit !

(Il fait référence au bassin du Cloître en contrebas)


Haïku proposé par Monique :


Au creux du vallon


Fleurissent les saisons


La vie suit son cours 

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 L’automne rassure

Nos âmes immatures

La mort  y est belle !


Haïku proposé par Tanette :

L'homme émerveillé

Peine à quitter ces lieux

Symbiose avec la nature


Haïku proposé par Monique :


 Valse des couleurs


Sur les flancs de la montagne


Danse de l’automne 

 

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Le temps pas à pas

Nous mène au trépas.

Flânons en chemin.


Haïku proposé par Monique :


Je sais le chemin


Où nous conduisent nos pas


La sérénité 


 

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Quand nous franchirons la porte,

Faisons en sorte.

D’avoir vécu au moins !


Haïku proposé par Maevina

Doucement la pierre

Repousse l'horizon

Que les cîmes dessinent


Haïku proposé par Colette :

 

On passe le seuil


Nos caillouteuses journées


se teintent d'après

 


Haïku proposé par Juliette :

Gibus et Ulysse

L'un devant, l'autre derrière,

Défient les cîmes.


Haïku proposé par Monique :


Au jardin d’Eden


Nous poserons le fardeau


La fin du voyage 


Et, pour conclure, voici  deux Haïkus fort élogieux pour mon blog et qui font souffrir ma modestie et vont faire enfler mes chevilles (ce qui va m'empêcher de randonner !) mais ces lectrices ayant joué le jeu je me sens obligé de les poster :


Haïku proposé par Arécol:


Sûr ! ce blog est magique

Ses acteurs sont uniques

Et les coms magnifiques


Haïku proposé par Marithé :


Quelles vues magnifiques

Quelles photos magiques 

La nature est belle!


Haïkus proposés par Maïté en souvenir d'une visite  de St Guilhem :

 

Saint Guilhem désert
Son platane séculaire
Comme une forteresse

Pierres et fleurs
Des eaux silencieuses
L’ombre du tombeau

Ruelles, venelles
Venez, toquez aux heurtoirs
La vigne est lourde

Le chemin est long
Qui s’en va vers le causse
l’automne est d’or

A flanc de falaise
Le bestiaire de pierre
Le pont est au diable

Les ruines du temps
Grises les dents du passé
Maisons de poupée.

Là sous les voûtes
Les cyprès les oliviers
Bonheur d’arpenter.

de l'or des couleurs
Le peintre à son atelier
l'immortalité.


Haïku proposé par eMma  :

 

Appel des sirènes

mais saison après saison

Ulysse chemine 

 

Quatrain proposé par Ginette :

 

L'automne illumine ce chemin de pierre
une porte s'ouvre livrant le secret
d'un bonheur tout simple
rempli de beauté

 

 

  Et maintenant, à vos "souris" pour me proposer vos propres Haïkus (en m'indiquant la photo correspondante. Je les posterai à la suite du mien


Photos Ulysse & haïkus Ulysse et quelques uns de mes lecteurs et de mes lectrices que je remercie vivement de s'être prêtés si magnifiquement à ce jeu poétique


30/08/2012

La belle vie ! (reprise d'archive)


 

oiseaux 061.jpg


Une aigrette garzette,


Faisait ses emplettes,


Dans l'eau d'un étang,


Au soleil couchant.


Sur ses longues pattes fines,


D'élégante balerine,


Elle faisait les cent pas,


Donnant du bec de ci, de là,


Pour un repas de fête,


de mollusques, de crevettes,


A volonté et gratuit,


Ah mon Dieu, quelle belle vie !



Texte & Photo Ulysse

 

26/08/2012

Par un beau soir d'été (reprise d'archive)

nuit,ombre chinoise,été,garance

 C’est l’heure où le soleil tire sa révérence,

Et je m’en vais  marcher un bâton à la main,

Les yeux emplis de l’or qui coule sur les chemins,

Sous une mer de nuages rouge garance.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Avançant calmement, méditant en silence,

J’aperçois soudain entre deux rangs de vignes,

Une nymphe enjouée qui me fait des signes,

Pour m’inviter à entrer dans sa danse.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Mais la belle est taquine et fuit quand je l’approche

Jusqu’à une haie de chardons qui me barre le passage;

Elle n’est sans doute qu’un envoûtant mirage,

Qui naît du nectar puisé au fond des roches.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Au loin, des chiens idiots hurlent après la lune,

La prenant, suprême infamie, pour un os.

Indifférente à l’excitation des débiles molosses,

Elle poursuit indolente sa course nocturne.

 

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Elle se balance un temps aux branches d’un arbre mort,

Dont le squelette ligneux dresse ses arabesques,

Sur la tenture bleue de la voûte céleste,

Que l’horizon borde d’un ourlet d’or.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

A son pied soudain  la nymphe virevolte,

Je me pince rudement pour dissiper ce mirage,

Mais  elle poursuit sa danse élégante et sauvage,

Une douce ivresse me saisit alors et m’emporte.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

En trois bonds me voilà qui danse avec elle,

Qui s’était montrée tout à l’heure si farouche,

La lune me révèle sa beauté qui me touche,

Envoûté, je me sens  pousser des ailes.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Au moment où nos mains dans la nuit se rejoignent,

Une jolie nymphette se mêle à notre ronde,

Dieu ! Qu’il peut être beau notre  triste monde,

Par une nuit d’été au cœur de la campagne.

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

 Nous nous lançons alors dans une gigue endiablée,

Qui attire mulots, campagnols et musaraignes,

Cette nuit  dans un coin  de la terre, la paix règne,

Comme au jardin d’Eden d’où nous fumes chassés.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ivre de bonheur, mes soucis dissipés ,

Je ressens l’insoutenable légèreté de l’être,

Qui me fait m’envoler de ce lieu champêtre,

Libéré de l’implacable loi de la gravité.

 

 

nuit,ombre chinoise,été,garance

Ainsi frères humains passons nos existences,

A danser sous l’obscure clarté des étoiles,

Où les lois, les règles, les conventions sociales,

Du monde diurne n’ont plus de pertinence.

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

28/02/2011

Rêverie au bord de l'étang de Maguelonne

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Corps à corps entre la mer et  la terre,

Lagune, tu accueilles ma solitude,

Et dissous mes confortables certitudes,

Dans tes mouvantes frontières.

 

La passerelle sur laquelle je m’engage,

Rend mon retour incertain,

Mais pourquoi se soucier de demain,

Puisque la mort est au bout du voyage !

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Des murs séparant les anciennes salines,

Ne subsistent que les pieux de châtaigniers

Qui forment une broderie argentée,

Ourlant une nappe d’eau opaline.

 

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Ils servent d’opportuns perchoirs,

Aux mouettes constamment à l’affût,

De poissons insouciants du péril imprévu,

Tapi dans un monde qu’ils ne peuvent voir.

 

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L’eau ici nous enseigne que les couleurs,

Ne sont que virtuelles et éphémères,

Passant du gris au bleu outremer

Comme nos vies, selon l’heure.

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

L’antique station de pompage,

Contemple nostalgique et désoeuvrée,

La mer généreuse dont les eaux salées,

Couvrait autrefois d’or blanc le paysage.

 

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Une élégante et impudique avocette,

Me montre sans gène aucune  ses dessous,

Affairée à traquer dans le sable mou,

Un festin de mollusques et de crevettes.

 

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Mais ma présence très vite l’indispose ,

Elle s’envole alors  d’un seul coup d’aile,

Sa grâce et sa beauté rayonnent dans  le ciel,

Et je me laisse aller à la douceur des choses. *

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Des hordes de folle-avoine promènent,

Leur diaphane toison d’or sur les talus.

Quand l’homme de la terre aura disparu,

Reviendra alors le temps de l’Eden.

 

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Mais en ces lieux de paisible apparence ,

La mort rode à tout instant,

Un moucheron l’apprend à ses dépends,

Happé en plein vol : brève existence !

 

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La nature n’a pas de sentiment, tout l’indiffère,

Nous prenons pour de la cruauté,

Ce qui n’est que l’incessant ballet,

De la vie et de la mort : déroutant mystère !

 

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Un troupeau de moutons célestes

Animent soudain le paysage,

Comme eux nous ne sommes que de passage,

Jouissons des  jours qui nous restent.

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

Ce ciel et ce nuage sont irréels,

Les choses auxquelles nous croyons,

Ne sont elles que des illusions,

Ballets d’atomes venus du ciel ?

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

Peu à peu le jour régresse,

Et doucement le monde sombre,

Dans un cotonneux manteau d’ombre,

Avons nous tenu nos promesses ?

 

 

salins,lagune,avocette,maguelonne

 

 

Captant les derniers rayons du soleil,

La lagune se couvre d’argent,

Sa beauté est au firmament,

Comment la mort nous cueillera-t-elle ?

 

* Vers inspiré par un poème de  Paul-Jean Toulet "En Arles"


PS: Je vous invite à aller consulter sur le blog de Michelle l'émouvante vidéo tournée par José Carlos Meirelles sur la protection des tribus isolées 


Texte & Photos Ulysse