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22/10/2014

Heures propices dans la montagne de Rosis (Reprise d'archive)

 

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C‘était un de ces jours de félicité dont on voudrait que jamais ils ne finissent et qui ravivent dans notre mémoire quelques vers du poème « le lac »  écrit par le grand Alphonse dans lesquels il s’épanche sur la fuite inexorable du temps :

 

 Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour:

………

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Oui vraiment, j’aurais aimé que ce jour là, où je suis parti avec des amis baguenauder sur la montagne de Rosis, le temps suspende son vol .

 

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Imaginez, tout d’abord, un chemin en pente douce couvert de feuilles mortes chuintant avec douceur sous nos pas, tandis que les dernières feuilles accrochées aux branches réfléchissent et diffusent les rayons couleur de miel d’un soleil automnal.

 

 

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Puis soudain de terribles grognements se font entendre qui nous clouent sur place et font se dresser nos cheveux sur la tête (sauf moi qui suis chauve, bien évidemment). De derrière un énorme châtaignier surgit alors le monstrueux sanglier qu’Héraclès (l’Hercule des romains), dans le cadre des travaux d’intérêt public auxquels il a été condamné pour avoir tué ses enfants (on était indulgent à l’époque), a piégé et ligoté sur les pentes de l’Erymanthe pour le ramener à Eurysthée, roi de Thyranthe. Ce fabuleux animal a dû profiter de l’inattention de ses gardes pour s’évader et se réfugier dans notre région où les chasseurs sont d’inoffensifs tartarins qui passent leur temps à banqueter et à courir après leurs chiens perdus. Mais le sanglier n’ayant pas oublié sa capture par Héraclès préfère, en nous voyant, prendre la poudre d’escampette, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

 

 

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Pour nous remettre de nos frayeurs, nous restons quelques instants au pied de l’énorme châtaignier derrière lequel le sanglier s’était caché et celui-ci en profite pour nous ouvrir son cœur (aux sens propre et figuré comme l’illustre la photo !)  :

 « Bien malheureux nous sommes, moi et mon peuple, autrefois choyés par les hommes qui nous appelaient arbres à pain et se nourrissaient de nos fruits, ainsi que leur bétail. Mais aujourd’hui les humains nous ont abandonnés et délaissent nos délicieuses châtaignes pour s’empoisonner chez Maquedo. Faute de soins, le chancre et l’encre, deux terribles maladies, nous déciment et si vous n’y prenez garde notre espèce disparaîtra bientôt de la surface de la terre. Malheur alors à vous le jour où vos terres exploitées à outrance et saturées de pesticides seront devenues stériles, nous ne serons plus là pour nourrir vos ventres affamés »

Emus par sa confession, nous l’entourons de nos bras réunis et l’assurons de toute notre affection. Mais que peuvent faire quelques humains pour empêcher le monde d’aller au suicide quand nos dirigeants n’arrivent pas à s’entendre pour restreindre la boulimie dévastatrice de nos économies ?

Vraiment, un jour de félicité pour nous, vous étonnerez vous ! Après avoir été effrayé par un monstre et entendu la confession désespérée d’un vieux châtaignier, comment peut-on se réjouir !

 Le constat apparaît , en effet paradoxal, mais outre le ravissement que procure le spectacle de la nature, la plénitude de la vie ne s’éprouve-t-elle pas justement au travers d’ émotions comme la peur, la tristesse, la compassion, qui aiguisent notre sensibilité, ouvre notre esprit et nous permettent d’enrichir notre vision et compréhension du monde.

 

 

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La marche est, à cet égard,  une source intarissable  d’émerveillements et de méditations. Ainsi ces deux feuilles  quasi-mortes protégées des vents et qui s’accrochent encore quand toutes leur congénères sont tombées attirent notre attention. Nous aussi cherchons à retarder le plus longtemps possible l’heure fatale usant parfois d’artifices. Mais n’est ce pas le caractère éphémère de notre  existence qui lui donne du sens ?

 

 

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Nous approchons du col de la Serre de Majous ou pointe la dent minérale du Portail de Roquendouire. Les nuages poussés par le vent prennent garde à ne pas s’y accrocher.

 

 

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Nous parvenons enfin au col et laissons derrière nous « le portail » pour nous diriger vers le hameau en ruine de Caissenols. Nous mettons nos pas dans ceux de milliers d’hommes et de femmes qui ont emprunté ce chemin au cours des siècles le cœur lourd ou joyeux, l’esprit serein ou préoccupé. Quelque chose d’indicible subsiste de leur passage qui  tisse un fil invisible entre eux et nous.

 

 

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Vous qui  suivez fidèlement nos périples, vous avez sans aucun doute noté que j’ai une prédilection pour les cairns, ces mini phares de la montagne qui permettent en cas de neige ou de brouillard ou dans des zones essentiellement minérales de ne pas perdre le fil du chemin. Cette tradition doit remonter aux premiers temps de l’homme quand les chasseurs les édifiaient  dans une nature alors vierge pour retrouver le chemin de leur abri. Par ailleurs, le cairn a l’énorme avantage sur son substitut moderne, le GPS, de ne pas nécessiter de batterie  et d'être insensible aux intempéries !

 

 

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L’un de mes autres sujets de prédilection en matière de photographies sont les vieilles masures. Chacune d’elles est une leçon de vie qui illustre la détermination et le savoir faire des hommes qui les ont édifiées mais qui nous rappelle aussi que toute oeuvre humaine est éphémère et nous invite donc à jouir du moment qui passe. Et ne croyons pas, orgueilleux que nous sommes, que nos gratte-ciels de 800 mètres de haut échapperont à la destruction !

 

 

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N’oublions pas non plus de prêter attention aux arbres, les seuls êtres vivants  dont la beauté et la vigueur croissent en vieillissant. On les croit immobiles, mais ils sont engagés dans un lent voyage vers le ciel et la lumière qui leur fait prendre parfois d’extravagantes poses et leur donnent l’apparence d’étranges danseurs figés par un sortilège !

 

 

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Leur parure, qui l’été passé absorbait goulûment les rayons du soleil, est tombée à terre qu’elle recouvre d’un dais ocre dont la substance contribuera à la formation de nouvelles feuilles. La nature est bien faite qui pourvoit ainsi à leur nourriture alors que les animaux (dont nous sommes, et certains plus que d’autres !) grâce à leur mobilité peuvent aller en tous lieux la quérir. Mais cette mobilité n’est pas forcément un avantage si, comme le disait le vieux châtaigner, c’est pour aller chez Maquedo !

 

 

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Soudain le ciel s’obscurcit, un énorme nuage engloutit le soleil plus vite que mon petit fils Romain avale une fraise tagada. Un spectacle féerique s’ensuit qui nous laisse sans voix et mon mulot sans mots….D’ailleurs c’est aussi bien car les mots sont parfois incapables de décrire ce qui est …

 

 

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 Le nuage prend possession de la quasi totalité du ciel où ne subsiste plus qu’un halo de lumière dans lequel se dresse la  vigoureuse silhouette d’un vieux châtaignier. Jour de félicité, vous avais je annoncé ! Oui c’en était un, vraiment, si riche du spectacle constamment renouvelé de la nature et des traces que l’homme y a laissées du temps où ils vivaient tous deux en bonne entente. Alors viennent sur mes lèvres, de nouveau, ces quelques vers :

 

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices,

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma nouvelle chanson "Les Doudous et les Blessures"

Cliquez :

ICI

Texte (sauf poème ) & photos Ulysse

 

12/09/2012

Voici venir la période de Chasse : rentrez vos vaches ! (reprise d'archive)

A peine de retour des Pyrénées me voici reparti vers d'autres horizons. Je vous remercie de votre visite et prendrai connaissance de vos commentaires à mon retour.

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Dès que l'été tire à sa fin je sors couvert ! Entendez par là que pour mes randonnées je me coiffe d'un superbe casque moto et me vêts d'un gilet pare-balles car grands sont les risques que ma trajectoire croise celles des tirs des Nemrods au petit pied qui hantent monts et vaux.

A cette époque de l'année, en effet,  notre pays dit civilisé déclare la guerre aux êtres qui ont le malheur d'ête habillés de plumes et de poils (c'est pourquoi je ne porte ni barbe ni moustache) et les porteurs de fusils arpentent le territoire en conquérants, occasionnant parfois des dégâts "collatéraux" comme l'on dit dans le jargon  géopolitique.


Si ces dégats collatéraux  se limitaient aux pieds et aux fesses des chasseurs ce serait comique. Le problème est que le bilan est beaucoup plus lourd et comporte de nombreuses victimes parmi les non chasseurs comme le révèlent les statistiques pour la saison 2011-2012 relatées par la Buvette des Alpages dont le compte rendu révèle l'amateurisme et la dangerosité de nombreux chasseurs.

Certains trouveront mes propos injustes voire injurieux et m'opposeront la nécessité de réguler les espèces qui causent des dégâts aux cultures ou aux forêts. Certes je ne nie pas ce problème, encore qu'il faut se souvenir que l'explosion de la population des sangliers a été favorisée par les chasseurs eux mêmes friands de gros gibiers.


D'autres mettront en avant le souci de préserver les caractères culturels de la ruralité et les traditions. Cela me fait sourire (jaune) quand on voit la proliféraion de fédérations de chasseurs dont les membres sont des professions libérales « apatrides » qui se bâtissent en Sologne, sur les Causses ou ailleurs des « empires » de « chasse réservée » entourés de barbelés où ils se rendent en 4X4 "z'urbains". De même, on rit aux éclats quand au cours d'une balade en forêt des faisans nourris au grain et lâchés de l'avant veille se dirigent vers vous dans l'espoir que vous leur donniez de la nourriture.

Quant au mot « tradition » si ce vocable couvre souvent des pratiques respectables il est aussi malheureusement invoqué pour justifier des choses indéfendables comme la corrida, le port de la burkha,  l'exision, le mariage forcé des femmes ou dans ce cas précis, le massacre généralisé des espèces avec lesquelles nous partageons cette planète et qui n'ont pas moins de droits que nous à en jouir et à en disposer.

Notons que la France est le seul pays d'europe où l'animal soit, par le code civil, considéré comme une "chose" et qu'il est l'un des rares pays au monde a avoir établi une liste des animaux susceptibles d'être classés comme nuisibles par arrêté préfectoral. Cette liste comprend au demeurant des animaux protégés ailleurs.


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PHOTO PRISE DANS UN ABRI DE CHASSE DANS LE SECTEUR DE LA MAISON FORESTIERE DES PLOS

 

Cela dit la régulation de certaines espèces est sans doute nécessaire dans la mesure où leurs prédateurs naturels (loups, lynxs, ours)  ont disparu de la plupart de nos régions, exterminés d'ailleurs par les chasseurs qui ne supportent aucun «concurrent ». De surcroit l'emprise grandissante de l'homme sur le territoire laisse aux espèces sauvages un espace de plus en plus limité. Mais  il faut  confier cette régulation  à des chasseurs « professionnels » (agents de l'ONF ou autres) qui interviendraient certains jours déterminés à l'avance, ce qui permettrait aux autres usagers de la nature d'en jouir les autres jours en toute sécurité.


Ainsi mettrait-on fin aux débordements des chasseurs « amateurs » causés par leur maladresse, leur méconnaissance de la faune et leur incivilité : accidents de chasse, panneaux et bouteilles mitraillés, cartouches abandonnées, tirs sur espèces protégées etc....


En attendant que cette réforme se fasse (je n'y crois pas trop, vous vous en doutez) sortez couverts et rentrez vos vaches !

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UN DES NOMBREUX PANNEAUX SUR LESQUELS LES CHASSEURS S'ENTRAINENT A TIRER !!!


Texte Ulysse/Photos Ulysse & Marie B.


29/04/2011

Derrière la carte postale paradisiaque, le cloaque !

 

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Le 30 décembre 2008 j’avais posté un article ironique sur la merveille gastronomique qu’est l’huître de Thau, dont la capitale est Bouzigues. Le clocher de ce pittoresque village domine fièrement ses maisons colorées qui semblent flotter sur les eaux ultramarines de l’étang. Il pourrait bientôt sonner le tocsin pour annoncer la mort des huîtres qui l’ont rendu célèbre. Les naissains meurent, en effet, contaminés par le virus OsHV-1 dont le développement , d’après les experts,  serait favorisé par la dégradation de la qualité de l’eau et l’exploitation trop intensive.

 Quand on suit le bord de l’étang à partir du village en direction de Balaruc-le-Vieux, on n’est guère surpris par ce phénomène, car l’envers de cette carte postale qui nous fait rêver est un cloaque qui semble, au demeurant, laisser indifférent ceux qui y vivent comme ceux qui en ont la gestion.

 

 

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 Et pourtant ici tout a été donné à l’homme pour en faire un paradis : Le climat est doux et les eaux riches et tempérées de l’étang étaient, à l’origine, favorables au développement des poissons et des coquillages.

 Une armada de petits pêcheurs et ostréiculteurs vivaient de cette manne, qui aujourd’hui, sous l’effet de la pollution et de la surexploitation, est en voie de disparition.

 

 

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Le port de pêche devient peu à peu un musée où les barques anciennes ne voguent plus que sur les toiles des peintres du dimanche dont les pinceaux immortalisent un monde et un mode de vie en voie de disparition.

 

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 Les pêcheurs à la ligne, désabusés, posent leurs cannes à terre et se perdent dans des rêveries en contemplant un horizon qui fut autrefois marin et qui est aujourd’hui dévoré par l’urbanisation galopante.

 

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La nature, dans un  baroud d’honneur, essaie de faire illusion et dresse la toison rose de ses tamaris en fleurs pour pimenter la douce monotonie bleutée du ciel et de l’étang.

 

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Mais les nombreux déchets qui jonchent les rives nous rappellent la présence délétère de l’homme .  Nous avons ainsi le choix entre la vue sur le village de Balaruc-le-Vieux avec roue équipée de son pneu ...

 

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…ou bien avec bidons en plastique….

 

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Ou encore avec vieux canapé rouillé sur lequel on ne peut même pas s’asseoir !

 

 

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…ou bien, luxe suprême, avec contenu intégral d'une poubelle ….

 

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…poubelle, que l’on retrouve d’ailleurs un peu plus loin. Ne manquent pour gâcher définitivement le paysage que la "bobine" des cancrelats qui ont abandonné ces déchets !

 

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Admirons au passage ce bucolique petit rû qui se jette dans la Crique de l’Angle non loin de laquelle sont installés des parcs à huîtres....

 

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....dont voici d'ailleurs l' embouchure !  On se demande, en voyant ces détritus, si celui qui a rédigé les prospectus vantant le goût de noisette des huîtres de Bouzigues en a vraiment mangé ! Ou alors il avait sacrément abusé du Picpoul qui est, au demeurant, un excellent antiseptique gastro-intestinal!

 

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 Pour couronner le tout,  les gestionnaires locaux ont eu l’idée – fort louable au demeurant - de créer une piste cyclable reliant Bouzigues à Balaruc-le-Vieux . Sauf qu’au lieu de faire en sorte qu’elle s’intègre parfaitement au paysage, ils ont eu la lumineuse idée de la peindre en jaune canari . Imaginez un peu que l’on peigne les chemins de randonnée en vert pomme ou rouge cerise, ça serait d’un chic !

Il aurait été préférable de consacrer le budget « peinture «  au nettoyage des rives de l’étang que la piste longe, mais ces déchets apparemment ne dérangent personne !

  

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De fait, ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de la manière dont on traite l’environnement en France avec la coupable indifférence des pouvoirs publics. On peut se demander ce qu’il est advenu de la révolution écologique promise par notre tsarounet Nicolaïev lors du lancement du « Grenelle de l’environnement ». Comme l’a écrit le chroniqueur Nicolas Delesalle, du point de vue mathématique, le président n’a pas menti si l’on considère qu’une révolution est un tour sur soi-même avec une arrivée au point de départ. Mais pour le reste, il a bien vite remis les pendules à l’heure en déclarant au salon de l’agriculture en 2010 que « l’environnement ça commence à bien faire ! »

 

Et c’est comme ça que notre pays reste le pays d’Europe le plus nucléarisé et où les énergies renouvelables sont le moins développées alors que le potentiel solaire et éolien est considérable, celui qui a la plus forte densité d’autoroutes  et le plus faible taux de fret ferroviaire, qui utilise le plus de pesticides et dont le taux d’incinération des déchets est le plus élevé.

Et si l’on continue sur notre lancée, cet arbre préfigure l’aspect de nos campagnes d’ici une cinquantaine d’années.

 

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De même que ce quai inactif préfigure l’état de nos ports de pêche et de nos exploitations conchylicoles  demain.

 

 

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Pourtant ces beautés qui nous entourent me sont aussi nécessaires que l’air que je respire  et j’avoue ne pas comprendre que l’on puisse leur être indifférent ou leur porter atteinte.

D’ailleurs, devant le spectacle désolant des rives de l’étang cet arbre, au moment où je passais,  voulait se noyer et je l’ai rattrapé par les branches de justesse !

 

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Même les flamants roses qui n’ont pourtant qu’une cervelle d’oiseau se rendent compte de notre ignominie et s’envolent haut dans le ciel pour ne plus voir nos méfaits !

Notre pays se croit hautement civilisé et pourtant nous sommes loin du compte. Je conclurai par ce témoignage d'Yves Simon, auteur-compositeur et écrivain de talent qui écrit régulièrement une chronique dans un grand quotidien. De retour du japon, il racontait avoir vu dans la région où s'est produit le tsunami suivi de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une jeune femme face à l'océan prier les mains jointes et demandant "Pardon à l'eau et à la mer , nous vous avons fait tant de mal ".

Nous aussi pourrions non seulement demander pardon mais  également changer notre comportement à l'égard de la nature si nous voulons éviter de futures catastrophes.

PS : Je vous invite à aller écouter Jean Ferrat  qui chante une chanson de circonstance sur ce lien que m'a communiqué Maria qui tient le superbe blog poétique " Mémoire du silence" et que je remercie chaleureusement

 Texte @ Photos Ulysse

15/11/2010

Je suis l'homme qui a vu l'ours !

REPRISE D'ARCHIVE
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L'ours brun des Pyrénées est un animal farouche et chanceux sont ceux qui peuvent l'apercevoir. De fait on voit plutôt l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours ! Et bien je vais vous surprendre mais lors d'un périple dans les Pyrénées j'ai aperçu dans une pinède près du refuge de Marcadau Wallon, au dessus de Pont d'Espagne, un ours qui ne semblait pas importuné par ma présence.

Pour ma part, n'étant guère rassuré, je m'apprêtais à décamper quand je l'entendis me crier « hello ! Ulysse, ne t'enfuis pas, je ne te ferai aucun mal, je veux juste m'entretenir avec toi du triste sort qui est le notre. Je sais, pour lire régulièrement ton blog, que tu aimes la nature et les animaux sauvages et j'aimerais que tu sois notre porte parole
»

 

 

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Les gambettes malgré tout un peu flageolantes je m'installais au pied du pin où il me rejoint.« Tu connais le proçès que l'on nous fait de n'être que des slovènes sanguinaires qui terrorisent les moutons » me dit alors la plantigrade. « Même que Fabius, l'un de vos ex-premiers ministres, ne craignant pas le ridicule, a déclaré sur une radio matinale que l'on aurait du importer des ours herbivores et non carnivores pour repeupler les Pyrénées. Ce crâne d'oeuf qui se prétend capable de gouverner la France, ne sait pas qu'il n'y a pas d'ours herbivore !

Nous sommes, comme vous, omnivores et, comme vous, nous mangeons ce qui se présente : herbe, miel, baies, et, nous le reconnaissons bien volontiers, de temps en temps un agneau...! Mais si l'agneau est bien gardé par son berger aidé par ses patous, on ne s'y risque guère et on passe notre chemin, par contre si l'agneau est laissé à lui même, abandonné par son berger qui se prélasse dans la vallée assis devant la téloche, les poches pleines des biftons des subventions qu'il touche pour ses porteurs de laine, alors là on ne se prive pas, on prélève notre dime en chair fraiche ! Ces pseudo-bergers des villes hurlent après coup d'autant plus fort qu'ils veulent faire ainsi monter le montant des indemnités qu'ils touchent pour notre petit larcin !


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C'est la même chose avec mon ami le loup qui ne se frotte guère aux vrais bergers qui sont sur le terrain et savent y faire. Et puis on nous met sur le dos bien des crimes commis par des chiens errants abandonnés par leurs maîtres inconséquents.

Mais, certains te rétorqueront : à quoi ça sert d'avoir des ours qui se baladent dans les Pyrénées, qui bouffent de temps en temps un agneau et que l'on voit jamais ? Où est l'intérêt des hommes dans tout ça ? A ceux là, tu leur demanderas à quoi servent les aigles et les condors maîtres des cîmes, les alligators et les requins qui règnents dans les eaux , les éléphants, les lions et les buffles rois des savanes africaines et qui sont tous de redoutables prédateurs! A quoi servent les gorilles et les papillons, les écureuils et les scarabés, les hirondelles et les kangourous ?

Ils sont la richesse de notre univers, l'expression de l'extrême diversité de la vie et la garantie de son maintien sur la terre malmenée par la vision mercantile et utilitariste de l'homme.

La déambulation majestueuse des éléphants dans la savane, les ballets nautiques festifs des cétacés, la dérive silencieuse et altière des condors, le dodelinement pataud et faussement débonnaire des grizzlys, la course folle des guépards, la nage sournoise des crocodiles sont le symbole et l'image même de la liberté et du flux vital qui fait de notre planète un monde unique.


Ne laissons pas les « clefs » de la terre aux « nemrods » de tous poils qui préfèrent contempler un oiseau mort plutôt qu'un vol d'oiseau, un champ de colza plutôt qu'une forêt tropicale et quadrillent notre planète de barbelés et de miradors d'où ils tirent sur tout ce qui ose réclamer un espace de liberté sans avoir prêté allégeance à l'homme.

Ce dernier n'a tendance qu'à voir son intérêt financier et rêve de faire de la terre une vaste ferme où il élèverait veaux, vaches, cochons, poulets...mais attention à trop rêver de picaillons, à tout vouloir transformer en espèces trébuchantes il finira comme Perrete et cassera sa cruche ou comme Crésus, mort sur son tas d'or!

Je vous laisse méditer ce message en espérant ne pas être le dernier homme qui aura vu l'ours !

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PS: Sur ce sujet je vous invite à lire le magnifique roman prémonitoire de Romain Gary "Les racines du ciel" en livre de poche.

Texte & Photos Ulysse