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14/04/2018

Le Caroux par la piste des Aiguilles

aiguilles,olympe,oréades,caroux

Le temps exécrable qui règne en Languedoc nous ayant privés de sortie, je poste une  note tirée des archives

 

Depuis des années que nous arpentons le massif du Caroux, nous pensions, Gibus et moi, en avoir emprunté tous les itinéraires, le dernier que nous avions découvert – la piste des charbonniers – s’étant révélé le plus périlleux ! Mais regardant à la loupe la carte IGN du secteur, nous avons fini par trouver une vague piste en pointillés, dénommée « Piste des Aiguilles », partant du col de Bertouyre et grimpant en ligne droite vers le Roc du Caroux qui donne son nom au massif.  Les prévisions météo étant favorables nous décidons d’aller l'explorer sans  plus tarder . 

 

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Son nom n’est, de fait, pas usurpé car cette piste remonte le flanc ouest du massif en offrant des vues vertigineuses sur les aiguilles rocheuses dont il est orné. Le brouillard qui submerge la plaine et les vallées environnantes confère au paysage un caractère fantomatique.

 

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Le soleil matinal dissipe peu à peu ce brouillard faisant émerger du néant d’énormes monolithes jaillissant d’une toison arborée.

 

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Dans cette atmosphère brumeuse les montagnes qui pèsent des millions de tonnes semblent flotter dans le ciel comme des montgolfières.

 

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Progressant dans notre ascension, nous passons au dessus du banc de brouillard qui ressemble à une énorme vague figée prête à engloutir le Caroux

 

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Nous contournons,  un peu plus haut, le Roc du Miral (887m) qui, émergeant  d’une mer de nuages, prend des allures d’Olympe. Ainsi coupés du monde des vivants, Gibus et moi scrutons les lieux pour voir si, par chance, quelques accortes oréades n’y gambaderaient pas, mais hélas notre quête reste vaine.

 

 

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Le seul être que nous croisons en ces lieux est une énorme murène qui, profitant du brouillard, a quitté  la mer pour  remonter  le cours de l'Heric et tente vainement de gober la lune.

 

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Dépités, nous poursuivons notre ascension en direction du Roc du Caroux. Nous escaladons d'immenses dalles rocheuses où la piste disparaît. Mais elles sont fort heureusement parsemées de cairns qui nous permettent de garder le bon cap.

 

 

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 Approchant du plateau sommital nous apercevons le roi du Caroux adossé contre une falaise et qui admire le lent flux de la mer de nuages qui baigne les flancs de son royaume.

 

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Et il est vrai que ce spectacle est royal et rois, aussi, nous sommes, Gibus et moi, seuls en ces lieux et libres de jouir sans restriction de la beauté du monde. 

 

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Enivrés de beauté (il n' y a pas que les vins d'Oc qui nous enivrent ! ) nous accédons enfin au plateau sommital dont nous entreprenons la traversée avant de redescendre vers la vallée.

 

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L’or roux des fougères brûlées par l’été, entremêlé du vert intense de genêts, illumine le plateau et entretient notre radieuse félicité. Un jour comme celui ci est un jour passé au paradis. 

 

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Hélas, nous redescendons bien vite sur terre car nous rencontrons sur le bord du chemin un pigeon blessé par des chasseurs que nous venons de croiser. Celui ci volette d’une aile en titubant,  l’autre ayant été brisée par une balle. Je ne veux pas diaboliser les chasseurs car il y a parmi eux des gens respectables (bien que je ne comprenne pas que l’on prenne plaisir à tuer)  mais trop nombreux sont ceux qui sont de purs « viandards » prêts à tirer par bêtise et dépit sur tout ce qui bouge. A ceux là, je rappelle le poème De Victor Hugo intitulé : "A un homme partant pour la chasse ":

Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.


Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,

Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête.

Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.


Te figures-tu donc être un tel but final

Que tu puisses sans peur devenir infernal,

Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,

Échiner le baudet, exténuer la rosse,


En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,

Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an ?

Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,

Confine à l'assassin et touche au sacrilège.


Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit.


Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit

Pour donner meilleur goût à la caille rôtie


Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,

Peint la mûre, ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.

  
*****

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Texte & Photos Ulysse 

 

07/04/2018

En route pour Rosis, la montagne d’or !

 

sénat,or,hercule,rosis

( Article tiré de mes archives)

Notre pouvoir d’achat est en berne mais le cours de l’or n’a jamais été aussi élevé. Les bijoutiers nous font ainsi des offres mirobolantes pour racheter nos bijoux de famille (les vrais !) et des apprentis « forty-niners » écument le moindre ruisseau à la recherche de pépites.  Un conseil donc : ne dormez pas la bouche ouverte sous peine de vous réveiller sans vos couronnes en métal doré. On sait pourtant que l’or rend fou mais ça ne calme pas pour autant la frénésie de ses adorateurs. Qui possède un million en veut deux ; qui en a deux en veut quatre et ainsi de suite, tous ces millionnaires étant engagés dans une compétition forcenée pour être le plus riche macchabée du cimetière. Heureusement épargné par cette frénésie grâce à l’attention sans faille de mon inspecteur des impôts (qu’il en soit remercié) je vous propose de partir en quête du seul or qui vaille, de cet or qui ne corrompt pas mais enchante : l’or des genêts qui fleurissent  dès la fin mai sur la montagne de Rosis.

Nul besoin d’exploiter ou de truander son prochain ou d’appartenir à la confrérie des banquiers, assureurs, sénateurs, bijoutiers, horlogers ou fripiers pour pouvoir contempler cet or là.  Bien au contraire. Des goûts simples, l’aptitude à l’amitié et à la solidarité ainsi que de bons mollets sont de rigueur. Tout ce que l’on risque dans l’aventure c’est de prendre un bain non désiré dans le torrent qu’il faut traverser pour partir à l’assaut de cette somptueuse montagne.

 

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La beauté de cet endroit vous donne, je n’en doute pas, l’envie de séjourner quelques jours dans cette masure. Profitez en, car pour le moment elle est libre ! Certes le confort en est plus que sommaire et les voisins, mulots, fouines, mouflons, n’arrêtent pas d’aller et venir la nuit, mais quel bonheur de pouvoir assister au lever et au coucher du soleil sur ces genètières (ou ginestières).

 

 

sénat,or,hercule,rosis

Outre leur somptueuse beauté, ces genetières tiennent le sol, évitant ainsi l’érosion. Autrefois, elles étaient broutées par les moutons et servaient, notamment dans le lodévois tout proche,  à fabriquer de la toile plus résistante que celle en chanvre ou en lin.

 

 

sénat,or,hercule,rosis

Nous arrivons en vue d’un lieu familier à mes plus fidèles  lectrices et lecteurs : le portail de Roquandouire, curiosité géologique située sur le chemin qui mène au hameau de Caissenols et au Plo de Bru.

  

sénat,or,hercule,rosis

Cet étonnant vestige d’une couche sédimentaire mise à la verticale par la surrection des Pyrénées est un lieu idéal pour faire une halte un jour de grand vent, qu’il vienne de la Méditerranée ou de la Montagne Noire .

 

sénat,or,hercule,rosis

Si l’or  en barre n’a pas d’odeur (bien que certains aient du flair pour le repérer !) celle des genetières est envoûtante et nous prenons de la hauteur pour ne pas en être grisés.

 

 

sénat,or,hercule,rosis

Parvenant, ahanant et soufflant, en vue du Plo de bru, un arbrisseau nous tend une branche secourable pour nous aider à franchir les derniers mètres. Nous déclinons son offre charitable de peur de le briser. Ce n’est pas que nous soyons lourds car sveltes - vous n’en doutez pas j’espère - nous sommes. Mais nos sacs, eux le sont, car chargés de nombreux flacons (leur contenu relève du domaine privé)

 

 

sénat,or,hercule,rosis

Cet arbrisseau n’est que l’avant-garde d’une vaste pinède qui couvre  la partie orientale du Plo de Bru et abrite un champ de myrtilliers, témoin d’un sol léger et acide.  Les baies riches en vitamine C et en polyphénols (qui ont un rôle préventif contre le cancer)  sont délicieuses. Malheureusement il est déconseillé de les consommer dans les regions où le renard est malade de l'échinococcose ou "ténia du renard" à cause du risque de contamination à l'homme. C’est pourquoi nous sommes contraints d’aller chercher nos polyphénols dans le jus de vitis-vinifera (les plus mauvaises excuses font le sel de la vie).

 

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Ayant atteint le col de l’Ourtigas, nous  redescendons vers le hameau de Caissenols pour y faire la pause pique-nique. Quelques amoureux de ce lieu ont, au cours des mois précédents, refait la toiture de la bâtisse principale qui prenait l’eau et réhabilité l’intérieur pour le plus grand bonheur des randonneurs de passage. Je saisis l’occasion, si jamais ils me lisent, de les en remercier chaleureusement.

 

 

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Il faut dire que c’est un lieu idyllique hiver comme été où l’on peut se livrer sans vergogne (pourquoi vergogne y aurait-il d’ailleurs ?) à une sieste à l’air libre ou sous abri. Les polyphénols du raisin auraient, paraît-il, outre leur bénéfice anti-cancer un effet légèrement soporifique.

 

 

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Sortis de nos flacons vides comme le génie de la lampe d’Aladin, un bestiaire fantasmagorique vient alors peupler nos rêves. On y voit ainsi le taureau de Crète poursuivi par Hercule…

 

  

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Soudain le barrissement de l’un des éléphants perdus par Hannibal  au cours de son périple nous réveille en fanfare pour nous signaler qu’il est temps de lever le camp.

 

 

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Et là , sur le chemin du retour, une émouvante scène nous attend : Un mouflon juvénile accompagné de sa mère sont sur le sentier. Grâce au vent contraire la mère ne nous a pas sentis venir et continue de brouter. Le juvénile qui n’a jamais rencontré d’homme et n’a donc pas appris à le craindre nous regarde ébahi, instant d’étonnement pour lui et d’émerveillement pour nous, gratifiés par cette confiance spontanée et innocente.

 

 

sénat,or,hercule,rosis

Mais la mère, mue sans doute par son instinct, lève la tête et nous découvre : stupeur et effroi se lisent dans son regard !

 

 

sénat,or,hercule,rosis

En une demi seconde c’est la fuite ! Cette scène illustre la piètre image dont jouit l’homme dans le monde sauvage où la rumeur court, aussi bien sur la  terre, dans le ciel que sous la mer, que nous sommes des prédateurs impitoyables. Et me reviennent en mémoire ces images insupportables d'un documentaire animalier, où l’on voit un chasseur embrasser la crosse de son fusil chaque fois qu’il tue un animal. Bourreau sans merci et pitoyable ayant autant d’intelligence qu’une bûche et  imperméable à la beauté du monde. J'espère que ces "bûches" là brûleront , au moins quelques jours, en enfer ! 

 

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Texte & Photos  (sauf 10 Marie B ) Ulysse

 

12:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (52) | Tags : sénat, or, hercule, rosis

24/03/2018

Caraïbes ? Non, Catalogne !

 

catalogne,machado,matisse,collioure

En attendant que le printemps daigne s'installer dans notre belle contrée, je reprends un vieil article "printanier" qui date du temps où mon ami Gibus n'était pas encore un exilé climatique ! Partons donc pour la côte catalane ! La mer est bleue, l’air immobile, les pêcheurs à demi assoupis  attendent l’heure propice pour mettre leurs barques à l’eau. Au loin, un primate sur son hors-bord crée un moment de vaine agitation.

 

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Puis c’est de nouveau le silence et  la valse lente des ombres que le soleil dessine sur le sable. Une délicieuse léthargie nous gagne alors. On se croit aux Caraïbes - où mon ami Gibus passe actuellement l'hiver -  on est au Racou en Catalogne, magie du Pays d’oc !

 

 

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Une voile rouge au large nargue l’immensité bleue. Mais la mer débonnaire ignore cette modeste flamme qu’elle pourrait éteindre et engloutir d'une vague vengeresse.

 

 

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Que l’homme puisse avec quelques planches ajustées et de si frêles morceaux de toile  franchir les mers m’esbaudit. Là est l’expression du génie humain,  plus que dans les tours qui chatouillent les étoiles,  la bombe à hydrogène ou la poêle qui n’attache pas. Et que dire de l’homme qui est à la barre,  fourmi à l’échelle de la mer, dieu à l’égard des vents et des courants.  Haro ! sur ceux qui naviguent avec un moteur, tout juste bons à  barboter dans le  bassin des Tuileries !

 

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Quittons un instant le large pour nous livrer  à un enfantillage : ceux qui trouveront dans les cinq secondes Jonathan le Goéland, caché dans le paysage, seront dignes de naviguer, oh hé ! oh hé !  en ma compagnie. Cela dit, si vous gagnez, il vaut mieux que vous soyez un bon «voileux » car avec moi vous risqueriez de chavirer !

 

 

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Un peu plus loin sur le chemin côtier qui mène à Collioure nous croisons un pin, un brin «voyeur», heureux du retour de la belle saison qui ramène de belles ondines sur la plage, qu’il caresse discrètement de son ombre.

 

 

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C’est aussi une saison où les bipèdes étant plus volontiers dans l’eau que sur les chemins, certains « indigènes » d’habitude discrets y prennent le soleil. C’est ainsi que nous faisons la rencontre d’une superbe « couleuvre à échelons », redoutable prédateur, amateur d’oisillons et de lapereaux et dont la morsure pour l’homme n’est certes pas fatale, mais douloureuse. Une "belle" donc qu’il vaut mieux éviter !

 

 

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Comme elle ne manifeste guère l’intention de nous laisser le passage, mon ami Gibus que rien n’effraie à part une bouteille vide (frayeur que je partage !) la saisit par la queue (chose que je n’oserais même pas faire avec une souris verte) . A croire qu’il a été charmeur de serpent dans une vie antérieure !

 

 

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La couleuvre fort mécontente d’être ainsi traitée tente sans succès de mordre Gibus qui garde un calme olympien. S’il avait été à la place d’Adam dans le jardin d’Eden, croyez moi, nous y serions encore  !

 

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Etant toutefois respectueux de tout ce qui vit sur terre, Gibus lui rend sa liberté, en cherchant toutefois à mettre, par sécurité, quelque distance entre elle et nous. Mais la trajectoire étant un peu courte, la couleuvre choit quasiment au pied de nos épouses qui nous suivent sur le chemin. Par élégance je ne dirai mot de la scène qui s’en est ensuivie !

 

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Mais sans doute impressionnée par le sang-froid de Gibus (qui est pourtant un animal à sang chaud, surtout quand on se partage quelques Ti’Punch !) elle file sans demander son reste. Gageons qu’elle n’agira pas avec autant de mansuétude à l’égard du premier lapereau venu qui croisera son chemin. Mais ne la jugeons pas cruelle car dans son cas nécessité fait loi !  Pas comme ces Tartarins qui tuent par plaisir !

 

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Nous voici en vue de Collioure, la perle de la côte Vermeille qu’il vaut mieux aborder hors-saison si l’on veut jouir de sa beauté. Nous ne pouvons que souhaiter le développement de toute l’humanité, mais la conséquence en est que des hordes de touristes se précipitent aujourd'hui dans les destinations touristiques à la mode telles que Venise, Capri et autres au grand dam de la population locale qui suffoque ! Bienfaits et méfaits du tourisme indissolublement liés.

 

 

catalogne,machado,matisse,collioure

Matisse, Derain, Picasso , Dali, Juan Gris , Dufy, Chagall ne s’y sont pas trompés qui sont tombés amoureux de ce port fondé par les grecs au Vème siècle av.J.C. Ces barques catalanes colorées et la tour de l’église Notre Dame des Anges qui servait autrefois de phare l'ont rendu célèbre. Ce port, de fait, a été le berceau du Fauvisme, courant pictural privilégiant la couleur et le mouvement sur la perspective et qui fut qualifiée de «fumisterie» par la critique à l’origine. En peinture, comme en finance, en politique et en amour ne nous fions pas aux prétendus "experts" dont l’arrogance est à la hauteur de leur incompétence. A l'époque de Beethoven, les musicologues considéraient qu'il faisait du bruit et non de la musique !  Aimons ce que nous aimons et laissons dire....

 

catalogne,machado,matisse,collioure

Ce village a séduit non seulement les peintres, mais aussi les poètes comme Antonio Machado qui, fuyant la dictature espagnole, s’y est réfugié  le 22 janvier 1939 entouré de sa famille et de quelques amis pour y mourir un mois plus tard. Avant de s’éteindre - il y a des hommes qui sont des lumières pour l’humanité - ce poète discret nous a laissé  ce message :

Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer, 
de passer en traçant 
des chemins. 
Des chemins sur la mer.

Je vous invite donc  à tracer votre chemin jusqu'à la mer pour visiter Collioure !

 

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Texte & Photos Ulysse

 

20/01/2018

Pèlerinage à St Eutrope pour chasser l’hiver….

 

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(Reprise d'archive)

Il y a de cela quelques années, un matin de la mi-janvier, malgré le froid de manchot qui régnait sur le sud, je faisais mon marché et attendais patiemment mon tour à un étal. Les sudistes étant généralement volubiles, me voilà engagé dans une conversation météorologique avec un "papet" auquel je manifeste ma surprise au sujet des abondantes chutes de neige tombées la veille sur les sommets des hauts-cantons qui ont pris une allure alpine .

  « On m’avait que dans le sud, il n’y avait pas d’hiver et qu’on se baladait en chemisette en toutes saisons »  je lui susurre goguenard.

« jeunot , ici  dans ma jeunesse il n’y avait pas d’hiver car quand il osait pointer le bout de son nez, on organisait un pèlerinage à la chapelle de St. Eutrope  pour y faire un grand feu et il s’en allait.  Aujourd’hui plus personne n’a le courage d’y monter. Mais attention pour que ça marche fallait monter le bois du bas de la vallée et sur un sentier que même les mouflons hésitent à prendre »

Outre le plaisir d’être appelé jeunot (ce qui ne m’arrive plus guère) l’histoire du papet m’intriguait. Depuis ma rencontre avec un magnétiseur au Montahut, j’étais prêt à admettre que des phénomènes qui choquent à priori nos esprits cartésiens pouvaient avoir une explication scientifique. Ainsi peut être que la colonne d’air chaud provoquée par le feu en cet endroit particulier avait une influence sur l’anticyclone des Açores. Certes l’obligation de n’utiliser que du bois de la vallée semblait relever de la superstition. Mais il fallait aller vérifier en respectant la tradition..

Nous voilà donc partis le lendemain avec Gibus et notre bande de copains sans peurs et sans reproches à l’assaut des pentes enneigées de la Serre de Majoux où se dresse la Chapelle de St Eutrope. Les routes étant enneigées nous partons du village de  Compeyre situé près de Saint Gervais sur Mare  pour emprunter le GR 653 qui  mène au pied de la Serre de Majoux.

  

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Nous passons près de jeunes et tendres hêtres dépouillés d’une partie de leur écorce par des cervidés affamés.  Si jamais grâce à notre expédition nous arrivons à chasser l’hiver, les hôtes de ces bois, que le manteau neigeux prive de nourriture, nous devrons une fière chandelle. Par gratitude peut être se laisseront-ils plus volontiers approcher et photographier !

 

 

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Un compère de Sylvebarbe du peuple des Ents  nous hèle au passage pour nous demander où nous allons par un temps si peu propice à la randonnée.  Ayant pris connaissance de notre projet il nous encourage dans notre expédition. Il nous confie qu’au cours de ces 254 années d’existence il n’a jamais vu tomber autant de neige dans la région et se fait du souci pour la survie de ses compagnons forestiers.

 

 

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Nous gravissons une colline boisée dont les arbres dépouillés  laissent voir entre  leurs branches les terrasses édifiées par les anciens, titanesque travail aujourd’hui ignoré, abandonné, mais qui témoigne de leur courage. Tandis qu’ils façonnaient le monde dans lequel ils vivaient, ce travail pétrissait leur propre vie qui plongeait ses racines dans la terre qui les avait vus naître.  Le monde moderne a, pour la plupart d’entre nous, coupé ce cordon ombilical avec la terre mère et c’est sans doute pour cela que nous en prenons si peu soin.

 

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Et pourtant quelle magnificence est la sienne en tous lieux et en toutes saisons pour qui a la chance de pouvoir  s’immerger dans la nature et la contempler.

 

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Nous voici arrivés au pied de l’un des contreforts de la serre de Majoux dont  le sommet échancré laisse voir le bout du clocher de la chapelle St  Eutrope. Le sentier qui y mène - qui par temps clément n’est pas des plus aisé à gravir – est ce jour là une véritable patinoire. Mais préoccupés avant tout par le seul bien être général qui dépend de l’accomplissement de notre mission, nous battons les fourrés environnants afin de recueillir le bois nécessaire au feu que nous devons allumer dans la chapelle.

  

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Notre récolte faite, nous entamons notre ascension Gibus - le plus audacieux et expérimenté d’entre nous - en tête comme il se doit .

  

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Votre serviteur lui emboîte le pas tanguant et dérapant sur le sentier verglacé tandis que Gibus semble avoir des semelles en « post it ».

 

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Nos compagnes suivent derrière emmenées par Marie la savoyarde qui avec son mari Gibus a connu des situations bien plus périlleuses.

 

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Mais nous parvenons tous sains et saufs à la Chapelle qu’un rayon de soleil inopinément éclaire, dû sans doute à la débauche d’énergie que nous avons déployée pour grimper jusqu’ici.

 

 

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Mais ce rayon de soleil peine à faire grimper la température et nous nous réfugions « fissa »  à l’intérieur de l’abri qui jouxte la chapelle et où autrefois vivait un ermite.

  

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Le local n’ayant pas de fenêtre nous suspendons une bougie pour nous éclairer ce qui crée une ambiance magique propice à l’allumage du feu « sacré » qui doit chasser l’hiver .

  

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Le feu est enfin allumé qui boute bientôt la température hivernale hors des lieux, ce qui est déjà un premier résultat !

 

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Quand nous sortons pour prendre le chemin du retour, il fait étonnamment beau, ce qui est de bon augure quand au succès de notre entreprise. La neige est néanmoins toujours là et la descente  va se révéler périlleuse.

 

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Mais, après avoir à plusieurs reprises posé involontairement nos fesses sur le sentier, nous arrivons sans encombre dans la vallée où nous constatons avec stupeur que le soleil s’enhardit et commence à faire fondre la couche de neige qui recouvre la montagne du Marcou en face de nous : le papet avait raison, notre feu est en train de faire partir l’hiver !

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D’ailleurs l’un des descendants des éléphants perdu par Hannibal quand il est passé dans la région pour aller conquérir Rome barrit de contentement à la perspective de retrouver enfin des températures plus clémentes auxquelles il est accoutumé.

 

 

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Un Ent, sans doute mis au courant de notre expédition par son congénère rencontré le matin (les oiseaux sont les messagers de ce peuple), nous félicite pour notre courage et se réjouit des rayons du soleil qui commencent à chauffer le haut de sa ramure.

 

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Et, suprême récompense, des mouflons, d'ordinaire si farouches mais probablement informés  par les Ents, viennent saluer ces humains auxquels ils doivent ce réchauffement soudain de l’atmosphère qui va leur permettre de nouveau de brouter l'herbe qui était recouverte de neige.

  

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Une minuscule feuille de hêtre qui avait vaillamment résisté à l’hiver et  refusait de choir avant de revoir une dernière fois le soleil, accueille avec un bonheur immense le rayon qui la traverse .

 

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Et un vieux châtaignier nous ouvre son cœur pour nous remercier au nom de l’ensemble des êtres de la forêt de ce que nous avons fait.  Emus par ces témoignages de reconnaissance, nous sentons renaître en nous ce lien charnel et fraternel qui nous unit à la nature. Et nous comprenons que si l’homme ne prend pas soin de son « berceau » il prépare sa tombe. Et si jamais l’hiver revient l'année prochaine roder dans les parages nous savons ce qu’il nous reste à faire !

 

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