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21/03/2015

Dieu quel émoi en l'Abbaye de Caunes- Minervois !

REPRISE D'ARCHIVE
 
 
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Habituellement les abbayes sont des lieux de méditation qui répondent à nos aspirations spirituelles, quand, bien sûr, celles-ci n'ont pas été définitivement éteintes par une exposition prolongée aux émissions décervelantes de TF Hun ou de Merde 6. Aussi en entrant dans l'imposante et austère abbaye bénédictine de Caunes Minervois je ne m'attendais pas à la rencontre profane que j'y fis !

 
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En effet, rien dans l'apparence extérieure de cette abbaye, qui arbore un fier clocher et une magnifique abside de style roman, ne laisse penser qu'une redoutable séductrice hante les lieux.

 

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Certes la décoration intérieure utilise généreusement le célèbre marbre rouge des carrières exploitées aux alentours, dont la beauté séduisit dans le passé  le roi scélérat, belliqueux et impécunieux Louis XIV qui en fit orner, entre autres monuments, le Trianon.


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Cette décoration confère au lieu un caractère luxueux inattendu dans un édifice bénédictin. La contemplation de ce marbre vous plonge dans un monde féérique d'où surgissent des animaux fabuleux, à mille lieux de l'iconographie catholique habituelle.

 

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Soudain, en parcourant les allées du cloître, on tembe en extase devant une jeune femme endormie à la chevelure fleurie. Diantre, se dit on, heureux les moines qui jouissent d'une telle compagnie. Les homélies pudibondes et archaïques de l'église qui tiennent les femmes pour un sexe inférieur, ne semblent pas avoir franchi les portes de ce lieu béni !


Mais un spectacle plus troublant encore vous attend, car l'on aperçoit soudain prenant la pose, l'une des arrières petites filles d'Eve dans son habit de naissance : Dieu quelle surprise en ce lieu divin, une si belle chute de rein !

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L'indécrottable mécréant que je suis fut ébranlé dans ses convictions anti-calotines ! Voilà me dis je enfin une abbaye où l'on a compris que les voies du 7ème ciel pouvaient aussi mener au Paradis !

Que la femme accusée jusqu'ici par les vieux barbons de l'église d'avoir poussé Adam à la faute soit ainsi réhabilitée, quelle heureuse nouvelle ! La reconnaissance que la beauté charnelle puisse conduire à la spiritualité, comme l'ont illustré de nombreux peintres depuis la renaissance, est une révolution copernicienne pour l'église!


Aussi je vous invite à rendre visite à cette abbaye qui offre un choc spirituel et esthétique équivalent pour moi à celui ressenti en contemplant le tableau de Courbet, longtemps jugé sulfureux et donc « inmontrable », de « l'Origine du monde » que l'on peut voir aujourd'hui au musée d'Orsay à Paris. 

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Car la nudité représentée par des artistes qui savent en capter la spiritualité, réconcilie notre âme avec notre corps, que les religieux de tout poil  nous invitent au contraire à mépriser et pour cause. Car les joies que les sens nous procurent nous mettent en relation directe avec l'ordre divin, ce qui rend parfaitement inutile l'intercession de prêtres, de pasteurs ou d'imams. D'où les exercices de prosternation et les pratiques de flagellation qu'ils imposent à leurs pauvres ouailles ( notez que dans ouaille il y a ouille !) pour que ce lien direct avec Dieu soit rompu. Aussi marchons, courrons, sautons, dansons, et surtout aimons pour avoir un esprit sain (saint !) dans un corps sain (saint) !


PS : Les sculptures présentées dans l'abbaye sont l'oeuvre d'un sculpteur local Brice Kill

 

Et maintenant pour vous dépayser je vous invite à faire une magnifique randonnée à la Punta de Sao Lourenço dans l'île de Madère en vous rendant sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma nouvelle chanson "Je descendais la rivière" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 


Texte & Photos Ulysse

14/03/2015

25 200 secondes autour de Roqueredonde ! (Reprise d'archive)

 

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Rien n’exalte plus mon bonheur de vivre que de partir au petit matin sur les chemins. La marche étire la perception que j’ai du temps qui s’écoule en donnant à chaque seconde la longueur de mon pas. J’appréhende ainsi le passé, non en nombre d’années, concept virtuel insaisissable, mais en nombre de kilomètres parcourus. Chacune de mes années mesure environ mille cinq cents kilomètres le long desquels je gravis d’innombrables sommets, traverse autant de forêts, de plateaux, de plaines et de torrents, croise d’immenses armées d’arbres, contemple autant de bataillons de nuages, erre au sein de brouillards opalescents, admire des levers et des couchers de soleil flamboyants,  tous ces lieux et ces visions  formant, comme une immense tapisserie, la trame de mon existence.

 

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Chaque instant de mes pérégrinations est ainsi associé à un paysage rangé dans ma mémoire alors que les moments que je consacre aux activités triviales de l’existence – sauf ceux, bien évidemment, où j’honore Bacchus, Philios et Cupidon - tombent à jamais dans l’oubli. La vie passe trop vite, entend-on dire, mais moi je marche pour en ralentir le cours !

 

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Mais bien que la marche me permette d’amplifier et d’exalter le sentiment de mon existence, les feuillages d’automne m’envoient ce message flamboyant et radical : « memento mori » : souviens toi que tu vas mourir ! Ce qui m’incite à ne pas gaspiller une seule seconde de ma  vie. Et, à vrai dire,  ce n’est pas tant sa durée qui compte que sa densité. Et ma vie pèse bien plus lourd quand je la parcours avec des grolles de randonnée aux pieds qu’avec des escarpins vernis.

 

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Cet arbre vénérable s’est habillé de lierre pour l’hiver. Bel exemple de coopération qui permet au premier de se protéger du froid et au second de s’étendre et de prospérer.  Le monde végétal est plus sophistiqué que l’on ne croit. Savez vous ainsi que les arbres utilisent le « VOC » (langage des molécules volatiles) pour se prévenir entre eux de l’arrivée de prédateurs et adopter alors la défense idoine. Vous êtes sceptiques ? Visitez ce passionnant site!

 

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Quand les conditions climatiques sont clémentes, que le chemin est confortable et peu pentu, que la marche est aisée, quelles sensations délicieuses que celle d’une  bise légère qui caresse notre front et de l’air frais qui emplit nos poumons. Nos pensées vivifiées par cet oxygène « bio » flottent alors dans notre esprit comme des bulles de savon.

 

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Nous arrivons à la chapelle du Bouviala, dernier vestige d’une ancienne paroisse rurale  dont les habitations ont été  rasées.  On pourrait croire qu’un miracle l’a maintenue debout mais ce sont des hommes de bonne volonté qui l’ont sauvée d’une destruction certaine. Dieu qui chez nous n’est plus, si je puis dire,  en odeur de sainteté,  ne se soucie plus d’entretenir ses multiples résidences secondaires.

 

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La pente se fait soudain plus ardue pour franchir une barrière rocheuse et accéder au village de la Bastide des Fonts. Une magnifique hêtraie s’est blottie au pied de cette barrière, les sols jonchés d’éboulis n’étant guère propices aux cultures. Les fayards y trouvent les sols humides dont ils sont friands, l’eau descendant par gravité du plateau.

 

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Cette eau, aidée sans doute par le vent, se joue de tous les obstacles et nous enseigne qu’il ne faut pas se fier aux apparences, ces éléments liquide et fluide ayant autant de puissance que de la dynamite. D’ailleurs moi qui ai l’air d’un vieux bonze,  je me ris encore des montagnes !

 

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Le travail de sape de l’eau crée parfois des sculptures à l’équilibre improbable et l’on serait tenté  d’attendre la goutte d’eau qui les fera s’écrouler. Mais on risque d’y consacrer son existence !

 

 

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Nous parvenons sur le plateau au moment où le soleil est au zénith et nos estomacs…dans les talons. Nous décidons d’en faire notre salle à manger. Un sandwich jambon-beurre-cornichons (au pluriel les cornichons, SVP, au diable l’avarice !) avec une telle toile de fond vaut  largement un trois étoiles au Michelin, vous en conviendrez, d’autant que le vin et le café sont offerts par la maison !

Et puis, alors qu’en ces lieux elle est incontournable, demandez donc, après avoir festoyé, à faire la sieste dans un trois étoiles ! On vous regardera d’un drôle d’œil pensant que vous faites insidieusement des avances à la serveuse  et on vous jettera dehors, après que vous avez payé  votre note bien évidemment, et le « dehors » où on vous jettera n’aura pas la beauté de celui là !

 

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Ayant rechargé nos batteries nous cherchons une brèche pour redescendre vers la plaine. Après avoir erré pendant une demi heure dans un labyrinthe de buis, nous trouvons un étroit passage qui nous conduit au travers d’une magnifique hêtraie habillée d’or. Avec nos habits de randonneurs un brin élimés nous déparons, mais aucun fayard ne nous en fait la remarque, les arbres étant des hêtres (délicieuse suggestion sémantique de mon ami Alex) délicieusement civilisés.

 

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Nous retrouvons le tapis vert de la plaine où nos jambes se mettent en « roue libre» permettant à nos esprits de virevolter comme des oiseaux dans ce paysage somptueux.

 

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Un paysage se déguste comme un bon vin et procure autant d’ivresse. Sentez vous l’odeur amère des hêtres que vous apporte le vent, percevez vous le moelleux de la pelouse humide, votre âme n’est-elle pas transportée par cette lumière radieuse….

 

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Pris sous le charme, nous avons tellement ralenti l’allure pour jouir au maximum de cette sereine randonnée que la nuit et les nuages nous ont pris de vitesse, nous offrant un coucher de soleil wagnérien sur les collines qui entourent Roqueredonde d’où nous sommes partis.

 

Et maintenant si vous souhaitez vous réchauffer je vous invite à aller faire un tour à Madère sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom du blog).

Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

 

Texte & photos Ulysse

28/02/2015

Nous avons vogué vent debout sur le Caroux ! (Reprise d'Archive)

 

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En cette saison, mon blog ressemble souvent à un catalogue de sports d’hiver. Pourtant je n’ai pas changé d’adresse, mon antre étant toujours situé près des rivages de la Méditerrannée. Mais les aléas climatiques font que nos modestes montagnes languedociennes prennent au cours de l'hiver une allure «Himalayenne». Et Gibus et moi  nous délectons à les arpenter !

Ainsi nous allons aujourd'hui faire l’ascension du Caroux dont les larges épaules n’ont jamais été aussi blanches. Il faut dire que ce colosse, qui malgré ses allures débonnaires met à mal nos mollets, est plus habitué aux tièdes effluves méditerranéennes parfumées de garrigue qu’aux vents glaciaux venus de Norvège aromatisés au sapin !

 

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Nous partons du Verdier situé à l’entrée des Gorges d’Heric que domine le Roc du Miral du haut de ses 887 m. Le ciel est « bleu neige »   le vent est nul à cet endroit (précision importante, on le verra tout à l’heure) la température extérieure affiche un « agréable «  2° (pour des montagnards !) et nos sacs sont pourvus de réserves d’anti-gel pour affronter la froidure des sommets. Nous jouissons donc de conditions de « vol » idéales pour mener à bien notre expédition.

 

 

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Très vite nous rencontrons la neige qui tapisse les sous bois de chênes verts dont les feuilles vivaces créent l’étonnant spectacle d’une frondaison verte dans un paysage hivernal.

 

 

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Parvenus au pied du Rocher du Luchet qui nous toise de ses 1010m les choses se gâtent un peu, la couche de poudreuse devenant plus épaisse et masquant les chausses trappes du chemin empierré. Je me retrouve plusieurs fois le cul dans la neige tandis que Gibus , à qui on a dû greffer à la naissance un gyroscope, semble surfer sur le chemin.

 

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Mais nous parvenons enfin sur le plateau sommital où nous imprimons les premières traces de bipèdes, instant pour nous aussi mémorables que les premiers pas d’Amstrong et d’Aldrin (celui que l’on oublie toujours ! malédiction des deuxièmes !) sur la lune. Vous verrez peut être dans cette affirmation un brin de prétention mais ce jour là nous étions assurément les seuls hommes sur ce lopin de terre.

 

 

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Le moment étant venu de l’indispensable pause-repas (boissons comprises !) , nous nous réfugions dans le refuge de Font Salesse où nous vous avons souvent virtuellement accueillis. Nous y faisons un feu d’enfer et le plein d’énergie, le menu du jour étant, comme à l’accoutumée, constitué de vin chaud, de potage, de pâté, de salade de pâtes, de vin de pays d’Oc et pour conclure de café, thé, biscuits et chocolat : un festin auquel Amstrong, Aldrin et Collins - le troisième larron de l’expédition lunaire qui a fait tout le boulot en conduisant le module mais a été privé de sortie - n’ont jamais eu droit ! Mieux vaut donc partir à la conquête du Caroux que de cette « faucille d’or négligemment jetée par dieu dans le champ des étoiles » si chère au grand Victor !

 

 

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Mais il nous faut nous arracher au confort du refuge pour prendre le chemin du retour. Le trajet commence sous de bons auspices, le ciel rayonne toujours d’un intense bleu neige, la hêtraie que nous traversons ressemble à d’immenses chandeliers dont les ombres des branches zèbrent d’éclairs le sol enneigé. .

 

 

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L’eau d’un ruisseau que rien n’arrête (sauf nos gosiers !) grignote son chemin dans la couverture neigeuse et ouvre une plaie béante sur l ‘épiderme de Gaïa .

 

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Mais nous approchons du coté nord du plateau où notre vieille et vigoureuse ennemie, la Tramontane, entraîne la poudreuse dans une valse infernale.

 

 

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Après un instant d’hésitation nous nous lançons tête baissée sur la « piste de danse » espérant échapper rapidement à l’emprise de cette vigoureuse fille d’Eole dont le seul mérite est de balayer le chemin nous permettant de le suivre plus aisément .

 

 

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Mais la drôlesse est susceptible et comme aucun de nous deux n’a daigné l’inviter à danser, elle commence à faire tourner autour de nous un tourbillon de poudreuse qui nous suffoque.

 

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Nous tanguons, nous roulons voguant vent debout sur cet océan de neige. Par instants la Tramontane parvient à faire vaciller Gibus ce qui n’est pas un mince exploit. Mais celui ci plie mais ne rompt pas ! Quant à moi, je l’avoue humblement, je suis obligé plusieurs fois de mettre un genou en neige pour reprendre mon souffle ! Plier le genou devant madame Tramontane n'est pas une faiblesse mais un signe de galanterie! (je sauve mon amour propre comme je peux)

 

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Sous l’effet de cette valse folle le chemin a disparu et nous naviguons à l’instinct traversant des dépressions de terrain où nous nous enfonçons jusqu’à mi-cuisse dans la poudreuse.

 

 

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Chaque pas demande un effort intense pour extirper nos jambes de la gangue neigeuse mais l’infinie pureté et beauté du paysage nous fait oublier la difficulté de l’épreuve, notre corps étant assujetti à notre âme éblouie .

 

 

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Car notre âme s’est émancipée de ce corps si contraint et pesant et vole de sommet en sommet, enivrée de pouvoir contempler une telle magnificence que peut être aucun homme ne reverra jamais. Voir autant de neige sous un ciel si bleu dans notre contrée est en effet plus rare que de voir fleurir un oranger sur le sol irlandais !

 

 

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Nous plongeons dans les Gorges d’Héric espérant échapper à l’étreinte de la Tramontane, mais elle semble là aussi s’en donner à cœur joie. Nous prenons notre mal en patience car au fond de nous nous savourons secrètement ce défi qu’elle nous lance et qui sublime la sensation de nos existences.

 

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Nous longeons les imposantes masses de gneiss déchiquetées du Roc du Caroux que l’haleine blanche de la tramontane rend aériennes.

 

 

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Nous parvenons enfin sous le couvert d’antiques châtaigneraies où le calme règne. Nous reprenons nos esprits avec le sentiment d’avoir vécu un moment unique de notre vie, une idylle fougueuse avec la neige et la tramontane, deux redoutables et séduisantes filles de Dame Nature.

 

 

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Un ruisseau qui coule non loin nous offre en prime une magnifique fleur-étoile de glace et nous jouissons de ce privilège d’être les seuls hommes qui pourront jamais la contempler.

 

 

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Nous croyant tirés d’affaire et la température ayant remonté de quelques degrés, nous quittons nos anoraks quand soudain la Tramontane profitant d’une trouée dans la châtaigneraie nous impose une dernière « valse ». Après un instant d’hésitation, voyant que nous ne pouvons refuser une invitation aussi pressante, nous nous livrons contraints et forcés à ce dernier tour de piste…

 

 

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Mais le hameau d’Heric est bientôt en vue à partir duquel le chemin descend au fond des gorges de l’Héric où la tramontane ne peut s’aventurer.

 

 

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Le reste de notre périple devient alors idyllique, des lambeaux de neige illuminant la frondaison des arbres et les pierres du torrent tandis que les rayons du soleil retrouvent une température printanière.

 

 

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Nous sommes un instant tentés de faire comme cette chute qui se précipite dans une vasque émeraude, mais les rives en sont ombragées et il se fait tard.

 

 

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Et puis, pour dire le vrai, juste à coté la nature nous offre un fabuleux spectacle qui refroidit un peu notre envie de nous baigner !

 

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Texte & Photos Ulysse

 

20/02/2015

Sur les pas des Templiers : La Couvertoirade

 

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Profitant du passage d’un vautour fauve familier de ces lieux, nous quittons Sainte Eulalie de Cernon (voir ma note du 5 février dernier) pour nous rendre à vol d’oiseau à la Couvertoirade, située à une vingtaine de kilomètres en direction du sud-est.

 

 

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Notre aéronef emplumé nous dépose délicatement devant la formidable porte Ouest dominée par une tour qui en défendait autrefois le passage. Cette cité fortifiée a, en effet, connu des temps troublés dont je vais vous faire le récit.

La première mention du village est faite au XIème siècle sous la dénomination «cubertoirata » dans les chartes de l’Abbaye de Saint Guilhem le Désert (anciennement abbaye de Gellone). Ce nom viendrait de l’occitan « cubertoirà » qui dans ce contexte pourrait signifier ‘couvert où le gibier se cache, abri, refuge » ou « eau couverte » (cf. toponymie générale de la France Ernest Nègre). Et de fait, la cité est construite sur une butte rocheuse où l’on trouve de l’eau, denrée rare et précieuse sur le Larzac.

La Couvertoirade dépendait de sainte Eulalie de Cernon et a donc appartenu aux Templiers, qui s’y sont installés vers 1150, puis à partir de 1312 aux Hospitaliers  à la suite de la déchéance des Templiers (cf. ma note précédente). Le développement de cette cité a été favorisé par la présence d’eau et de terres cultivables, mais aussi par sa localisation le long de la draille empruntée pour la transhumance venant de la plaine languedocienne.

 

 

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La porte située à l’Est est d’apparence plus modeste, mais on peut penser qu’elle était également surmontée d’une tour qui la défendait. Les murailles qui protègent la cité furent édifiées de 1439 à 1445 pour la  protéger contre les bandes de « routiers », ces mercenaires qui écumaient le Larzac, profitant des troubles causés par la guerre de cent Ans (1337- 1445).

 

 

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Le village s’est développé au pied de l’église qui comporte un superbe clocher carré et du château aujourd’hui en ruine. Il est dominé par le Moulin du Rédounel, édifié au début du XVIIème siècle et a été superbement restauré à l’initiative de l’Association des « Amis de la Couvertoirade ».

 

 

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L’église a été édifiée au XIVème siècle sur l’emplacement d’un autre édifice datant du XIème. Un escalier tortueux y mène, symbole sans doute des détours qu’il nous faut faire avant de trouver le chemin du paradis, si jamais on le trouve!

 

 

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D’une très grande sobriété, elle est ornée de superbes vitraux contemporains réalisés par Claude Baillon, un artiste local. On y découvre Marie dont le regard perdu dans le lointain semble voir le triste destin qui attend son rejeton. Comme toutes les mères, elle lui a chuchoté des mots d’amour à l’oreille qu’il a ensuite voulu partager avec l’humanité avec le succès que l’on sait ! Elle aurait-mieux fait de lui sussurer « Mon petit loup si un jour on te marche sur les pieds, te laisse pas faire, rend la pareille » .

 

 

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Un autre vitrail montre Saint Christophe muni d’un bâton et portant le Christ enfant sur son dos, en allusion à un géant qui aurait aidé Jésus à traverser une rivière. On a fait le patron des voyageurs. C’est à cause de lui que Jésus n’a jamais appris à nager et qu’il était ensuite obligé de marcher sur les eaux .

A ses cotés, figure Saint Jean Baptiste, fils d’une cousine de Marie qui annonça la venue de Jésus et baptisa ce dernier. La colombe dessinée sur le vitrail figure l’Esprit Saint que Jésus, selon la légende, reçut à cette occasion .

 

 

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Le village est traversé par un dédale de ruelles bordées de belles demeures datant pour certaines du XVème siècles. Car c'est après la guerre de Cent Ans que la région va connaître une période de prospérité économique, reposant sur la culture des céréales, l’élevage de chevaux pour l’armée et d’ovins pour la production de viande, de peaux et de laine.

 

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De beaux hôtels particuliers, qui semblent hélas à l’abandon, sont nichés dans le coeur de la cité et témoignent de cette prospérité passée.

 

 

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Une enseigne célébrant l’activité de tissage rappelle que la région fut également jusqu’au XIXème siècle un grand centre de production d’étoffes ( lainages, tapis, draps) activité aujourd’hui quasiment disparue. Il ne subsiste plus que la Savonnerie de Lodève, manufacture d’Etat depuis 1966, qui a pour principale activité le tissage au point noué de tapis destinés à l'Etat et que l’on peut visiter.

 

 

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Car le vent de l’histoire tourne, parfois aussi fort que le Mistral ou la Tramontane. Le village va connaître ainsi au milieu du XVIème siècle une nouvelle période troublée au cours des guerres de religions où elle sera assiégée par les huguenots, puis lors de la révolte des Camisards en 1702 . Après ces péripéties, elle retrouvera calme et prospérité jusqu’à la révolution française où les biens des Hospitaliers seront confisqués comme biens nationaux et dévolus aux paysans.

 

 

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Le village sera, à partir de cette époque, progressivement touché par l’exode rural et les activités traditionnelles de culture et d’élevage s’étioleront. Aujourd’hui a défaut de vagabonder autour du village, les moutons déambulent sur les seules boites à lettres.

 

 

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Aujourd'hui le tourisme a permis à la cité de renaître et à la belle saison des hordes de badauds débonnaires  envahissent ses ruelles où des artisans inspirés et talentueux ont ouvert des échoppes qui perpétuent les savoir-faire d’autrefois. Il faut notamment visiter la coutellerie « l’art du couteau » où sont exposés, et pour certains fabriqués, les couteaux régionaux et du monde.

 

 

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A la morte saison, il est agréable de baguenauder dans son lacis de ruelles chargées d’histoire où règne alors une atmosphère si paisible que même les chats en oublient d’y chasser les souris !

 

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Ou alors à aller écouter ma dernière chanson "La tête dans les étoiles" sur mon blog OLD NUT (cliquez sur le nom du blog)

  

Texte & Photos Ulysse (sources : divers sites internet donnés en lien ainsi que wikipédia)