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24/12/2014

Le père Noël vit sur le Caroux !

 

JOYEUSE FIN D'ANNEE A  TOUTES ET A TOUS

 

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Hello ! chères lectrices et lecteurs de ce blog, nous voilà de retour, Romain, mon frérot, et moi, Emilie, qui sommes descendus de notre grise et pluvieuse capitale, que l’on nomme, allez savoir pourquoi, la ville lumière, pour passer quelques jours chez nos ancêtres maternels. Je sais que notre papi vous bassine à longueur d’année avec « son » Caroux, dont il vous affirme que c’est la plus belle montagne du monde. Et bien, je dois reconnaître que, bien qu’il radote un peu, pour une fois, il a raison, surtout que j’ai découvert qu’en outre c’est sur le Caroux que vit le père Noël !

Nous voilà partis de bon matin….(le seul inconvénient des randos c’est que nous sommes privés de grasse matinée !) à partir du  pittoresque village de Douch, pour faire le tour du plateau sommital du Caroux. Nous  sommes vêtus comme des inuits, mais très vite nous avons trop chaud, car il fait une température inhabituellement clémente pour la saison et le lieu (nous sommes à 800 mètres d’altitude).

 

 

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Parvenus sur le plateau après une modeste grimpette de 250 mètres, ce qui est une simple formalité pour nos jeunes gambettes, nous confions à nos « sherpas » nos doudounes devenues superflues pour prendre notre envol en direction du Canigou que l’on aperçoit dans le lointain.

 

 

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Mais bon, on a encore besoin d’un peu d’entraînement pour suivre la voie des choucas et des milans qui par moment traversent le ciel « carrouxien » et nous devons nous résigner à rester sur terre pour en admirer la beauté. Toute la chaine des Pyrénées est enneigée et c’est un spectacle magnifique qui,  un jour, n’existera  peut être plus en raison du réchauffement climatique ! Ce jour là les photos de mon papi vaudront une fortune, ce dont il n’aura cure vu qu’il traquera le mouflon en compagnie du grand manitou !!

 

 

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Après une courte descente dans un pierrier, nous arrivons en vue du modeste torrent du Rieutord qu’il nous faut traverser pour poursuivre notre itinéraire, ce qui laisse apparemment perplexe mon frérot qui compare mentalement la largeur du torrent à la longueur de ses gambettes !

 

 

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Fort heureusement nos « sherpas » l’aident à franchir l’obstacle et après une nouvelle grimpette nous nous retrouvons de nouveau au sommet, d’où nous jouissons  d’une vue inoubliable jusqu’à la mer, vaste étendue d’or qui ferme l’horizon.

 

 

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Nous nous dirigeons alors vers la forêt de pins séculaires qui entourent le refuge de Font Sallesse où nous avons prévu de pique-niquer selon la tradition Ulysienne….

 

 

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Les fidèles lecteurs d’Eldorad’oc le savent Fontsalès a autant d’importance pour notre papi que l’Elysée en a pour d’autres bipèdes. Sauf qu’à l’Elysée on ne sert pas de vin chaud ni d’œufs au plat et qu’on doit s’y ennuyer comme un rat mort vu la tête qu’affiche ceux qui y résident.

 

 

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Parlant d’œufs au plat, mon frèrot  et moi  avons le privilège d’entrer enfin dans le cercle très fermé de celles et ceux qui ont eu l’insigne privilège de goûter à ce mets cuit sur un feu de bois de pin dans ce mythique refuge.

 

 

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Et je vous laisse en admirer la présentation qui, j’en suis sûre, vous fera rêver et saliver …. Et pour vous frustrer un peu plus , sachez qu’il y a eu deux fournées de ce mets digne des dieux !

 

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J’ajoute que ce mets était accompagné de  délicieuses châtaignes cuites également au feu de bois.

 

 

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Pour ce qui est de la partie « liquide » je suis certaine que vous n’allez pas me croire, mais nous avons TOUS (y compris mon papi) eu droit à un délicieux   château La Pompe, grave entorse faite au menu traditionnel « Fontsalésien » ! Mon papi m’a fait jurer que je ne le dirai pas à Gibus et je l’ai assuré qu’il pouvait me faire confiance ! Pour ma part je pense que « l’abstinence » momentanée de mon ancêtre était juste une mesure préventive en vue des festivités de fin d’année !

 

 

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Ayant refait le plein d’énergie, nous poursuivons le tour du plateau sommital, chaque détour du chemin offrant des points de vue somptueux sr la chaine des Pyrénées enneigée.

 

 

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Je ne peux résister au plaisir de vous offrir cette autre vue sur le Canigou  qui domine la plaine du Roussillon de ses 2784 mètres et que mon papi m’a promis que nous gravirions ensemble un jour …..J’espère que ce jour là ce ne sera pas à moi de lui- servir de sherpa !

 

 

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Outre ces vues somptueuses sur les Pyrénées et les montagnes environnantes,  d’autres merveilles nous attendaient qui ont été mes plus beaux cadeaux de Noël. Tout d’abord nous apercevons la horde de chevaux qui vit en liberté sur ce massif  et qui s’est réfugiée sur une hauteur dans une ginestière.

 

 

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Nous allons (sauf mon frérot qui préfère rester avec sa mamie) à leur rencontre le plus discrètement possible pour ne pas les effaroucher.

 

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Notre papi qui connaît bien ces chevaux pour les avoir souvent  rencontrés au cours de ses randos  a remarqué, parmi eux,  deux chevaux blancs moins farouches et aussi  plus gourmands que les autres .

 

 

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Aussi a-t-il mis dans son sac  à tout hasard deux pommes que l’on coupe en tranches pour les amadouer, ce qui ne manque pas de les attirer !

 

 

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Ce qui me permet de connaître mon premier tête à tête avec un cheval a demi sauvage. Je dois reconnaître qu’au début je n’étais pas tout à fait rassurée, mais quelle émotion de voir ce magnifique animal me regarder ainsi dans les yeux l’air intrigué.  Je pense honnêtement que le père Noël y est pour quelque chose et qu’il doit vivre dans les parages.

 

 

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Enhardie par son doux regard, j’ai alors le courage de lui caresser les naseaux ce qu’il semble apprécier.

 

 

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C’est à regret que nous les  quittons pour poursuivre notre périple. Mais l'une des leçons que l'on retient à fréquenter ses ancêtres et que tout ici bas, les bonheurs comme les peines, est éphémère.  Je l'ai apprise le jour où j'ai vu une photo de mon papi quand il avait 20 ans et qu'il arborait une tignasse de chanteur de reggae  alors qu'aujourd'hui il est chauve comme un oeuf !

 

 

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Mais je suis vite consolée d'avoir dû quitter les chevaux car le père Noël a bien fait les choses.  En effet,  en arrivant près du sommet, mon papi qui mène le train,  nous fait soudain signe de stopper car un groupe  de mouflons se sont réfugiés sous un taillis de hêtres.

 

 

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Le temps qu’ils nous sentent et découvrent qu’ils ont affaire à des bipèdes qu’ils craignent, à juste titre, comme la peste, ils décampent et nous montrent leurs fesses pour manifester toute l’estime qu’ils ont pour nous .

 

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Mais qu’importe, j’ai  eu le temps d’admirer mes premiers mouflons et là aussi c’est un sacré cadeau de Noël ! Nous faisons ensuite la pause du goûter en admirant le paysage doucement envahi par une lumière mordorée du fait de la lente descente du soleil vers l’horizon.

 

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J’invite  tous ceux que désespèrent de la violence et la bêtise que l’on voit à l’œuvre partout dans le monde à venir un jour randonner sur le Caroux. Ils y trouveront un lieu emprunt de sérénité qui les réconciliera avec notre belle planète.

 

 

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Pour ma part à chaque vacance, j’y fait un pèlerinage et en parcourant son épiderme rocailleux j’y fais provision d’air pur, de beauté, de courage, de détermination dans laquelle je puise au cours de ma vie  d’écolière parisienne.

 

 

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Mais il est temps de redescendre et de rentrer au bercail car je ne suis ni cheval sauvage, ni mouflon et même si mon papi m’initie à la rude vie montagnarde, je ne suis pas encore prête à passer, même si cela semble très romantique, une nuit d’hiver dans un refuge juste chauffé par des rayons de lune!

Et maintenant une page de pub (je lui dois bien ça à mon papi) !!!

Il a posté la suite de sa visite "décoiffante " de Paris sur son blog avec en vedette la tour Eiffel comme vous ne l'avez jamais vue !

PIQUESEL 

 

Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur son blog musical OLD NUT pour écouter sa derrière chanson La fille de la montagne et les autres si affinité 

  

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Texte & Photos Ulysse et Emilie (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable)  

14/12/2014

Rock and roll to Caissenols !

 

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Mes chers et fidèles lectrices et lecteurs qui savent que sur ce blog j’essaie d’honorer notre belle (et complexe) langue française, seront peut être étonnés, voire choqués, par mon titre en anglais. Mais en la circonstance, il traduit bien le parcours chaotique de notre périple vers le refuge de Caissenols, but de cette nouvelle randonnée. Une température ressentie de -7° est  annoncée par Météo France, qui, combinée à une tramontane prévue à 100 km/h, nous a conduit à prendre nos précautions et à emporter avec nous un peu de bois sec (il a beaucoup plu ces derniers temps dans le sud)  pour démarrer le feu, vu mon expérience désastreuse de la semaine passée (voir l’article précédent).

 

 

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Parvenus sur la Serre de More, nous découvrons le massif du Marcou dont le sommet est recouvert de neige. La Tramontane, fidèle à sa réputation,  tente de nous renverser à chaque fois que nous levons un pied pour faire un pas.  Nous vacillons plusieurs fois, le  chemin étant de surcroit parsemé de pierres instables. La bonne tactique est d’avancer en dansant avec le vent, en « rock and rollant » en quelque sorte. Mais, vu de derrière, je pense que l’on doit plutôt donner l’impression d’effectuer la danse des canards !

 

 

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Soudain, en amont sur le sentier, nous apercevons des mouflons qui n’ont pu percevoir notre odeur grâce à la Tramontane qui souffle vers nous. Ils nous regardent un instant, fascinés de voir des bipèdes en ce lieu avec un vent aussi violent. Nous croyons les entendre ricaner devant notre démarche chaotique, mais peut être est ce un effet des tourbillons du vent !

 

 

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Curieux mais pas téméraires et connaissant notre sinistre réputation de prédateur sans foi ni loi, ils décampent vite fait en se riant des difficultés du terrain et des éléments.

 

 

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Nous parvenons enfin au bout de la serre de More et nous apprêtons à plonger vers le portail de Roquandouire, lieu qui devrait être moins exposé au vent. Le panorama qui s’offre à nous nous fait oublier le froid glacial qui mord le bout de nos doigts de mains et de pieds, la beauté étant un excellent anesthésique. Rares sont les endroits du monde (et pourtant j’en ai parcouru une bonne partie) qui, en un si petit espace, présente une telle variété de paysages.

 

 

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Nous traversons le portail de Roquandouire, curiosité géologique résultant d’une plaque sédimentaire  dressée à la verticale par la poussée des Pyrénées il y a quarante millions d’années.

 

 

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Les abords du torrent - bien nommé - de la Taillade que nous traversons témoignent des quantités monstrueuses d’eau qui sont tombées sur le Languedoc au cours des dernières semaines. Ce sont des dizaines de tonnes de troncs d’arbres et de branches qui sont allés ainsi s’échouer sur les plages du littoral charriés par les cours d’eau. Ce qui permet au demeurant à des artistes de génie comme James Doran-Webb de faire de sublimes sculptures avec ces bouts de bois « flottés ».

 

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Et nous voici en vue du refuge de Caissenols, notre Elysée, notre Taj Mahal, notre coin de paradis sur terre, réhabilité grâce au travail bénévole d’une association que je tiens une nouvelle fois à remercier pour le magnifique travail accompli, œuvre d’intérêt public. On donne la médaille du mérite ou la légion d’Honneur à des aigrefins ou des imposteurs qui ont dans leur manche quelques hommes politiques alors que ce sont des gens comme ceux là que l’on devrait décorer.

 

 

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Maître Gibus n’a aucun mal à faire démarrer le feu et je l’observe attentivement moi qui ai lamentablement échoué la semaine passée. Il va falloir que je m’entraine si un jour je veux, comme  ce bon vieux Johny, « allumer le feu » au stade de France (là je fais référence à mon double Old Nut).

 

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Je sais, ce n’est pas sympa de ma part de vous mettre cette poêle  sous le nez alors que nous avons tout mangé, mais bon, c’est pour que vous compreniez mieux pourquoi on est prêts à affronter un froid aussi glacial !  C’est un plat « six étoiles » que les émirs de Barhein ou du  Quatar malgré leurs milliards ne pourront jamais s’offrir ! Il va sans dire que ce chef d’œuvre de la gastronomie gibussienne était d’accompagné d’élixirs adéquats : vin chaud et vin frais, la vie étant trop courte pour se priver un seul jour  !

 

 

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Mais voici venue l’heure du retour et nous nous remettons en route d’un train de sénateur selon la formule consacrée  (disons d’un sénateur qui ne serait ni ventripotent ni cacochyme, ce qui est une espèce rare car n’oublions pas que le mot vient du latin « senex » qui veut dire « sénile »,  heu !  pardon !  « vieux » !).

 

 

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Nous saluons au passage notre très vieux compagnon, l’arbre mort, qui continue de dresser vaillamment son squelette de bois vers les cieux, comme s’il adressait une prière au grand Manitou pour qu’il le réincarne en oiseau ou en mouflon afin qu’il puisse enfin partir à la découverte de ce magnifique pays qu’il n’a pu qu’apercevoir. J'en profite pour demander également  au grand Manitou qu'il donne un coup de pouce à mon ami Marc, que je salue au passage, afin qu'il puisse de nombreuses années encore venir, de sa lointaine Belgique, pour arpenter ces sentiers qu'il affectionne tant.

 

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Nous retraversons le portail de Roquendouire où la Tramontane s’engouffre avant d’escalader la serre de More par laquelle nous sommes arrivés ce matin.

 

 

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Ne souhaitant pas participer à une nouvelle séance de « rock and Roll », nous empruntons un chemin beaucoup plus tranquille qui contourne la serre. N’ayant plus à nous préoccuper de préserver notre position verticale, nous pouvons  nous perdre dans nos rêveries et méditer sur la trace que laisseront nos vies sur cette terre. Compteront-elles plus que notre ombre qui caresse les cailloux sur notre passage ? Et les cailloux se souviennent-ils de nous ?

 

 

 J'ai posté la suite de ma visite "décoiffante " de Paris sur mon blog 

PIQUESEL 

 

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07/12/2014

Parure de givre sur le Caroux !

 

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Avec les 500mm de pluie qu’il est tombé sur le Languedoc depuis huit jours qui ont rendu impossible toute sortie, je peux vous dire que mes vieilles articulations commençaient à rouiller. Aussi dès l’annonce d’une éclaircie, malgré qu’elle soit accompagnée d’un vent à décorner les mouflons et d’une température polaire, j’ai enfilé ma parka et  mes grolles de rando pour grimper sur le Caroux ! Bien m’en a pris, vu le somptueux spectacle qui m’attendait là haut. Mais bon, chaque chose en son temps. Commençons tranquillement notre ascension dans une hêtraie à l’abri du vent, histoire de se remettre dans le bain (ou plutôt en la circonstance hors du bain !). Je profite lâchement de l’absence momentanée de mon ami Gibus pour flâner un peu.  Admirons au passage la grâce de ces fayards (ou hêtres) qui ont offert pour l’hiver, à Gaïa notre terre mère, une superbe toison rousse de feuilles mortes.

 

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 En prenant de l’altitude nous gagnons l’étage des fougères dont la toison n’est pas moins colorée. J’aime, en cheminant sur ces antiques sentiers, penser à celles et ceux qui, au cours des siècles, les ont arpentés, tristes ou empreints  de gaité, selon la dureté des temps et de leur existence. Nous formons une chaine secrète d’humains dont la trace ainsi formée sur la terre garde la mémoire.

 

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Ce chemin conduit à une jasse (bergerie) qui n’a pas dû voir l’ombre d’un mouton depuis quelques décennies. Mais  quand notre planète croulera sous ses quinze milliards d’habitants qu’elle ne pourra plus nourrir, qui sait si ce lieu ne reprendra pas vie. En tous les cas, il sera plus hospitalier que la planète Mars que l’on envisage de coloniser !

 

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J’arrive au sommet où la Tramontane  s’en donne à cœur joie ! L’effet est, c’est le cas de le dire, saisissant, tout comme la vue de cet arbre couvert de givre qui vous donne une idée de la température ambiante. Je me dis qu'il faut être effectivement  un peu "givré" pour grimper aujourd'hui sur le Caroux !

 

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Cela dit, je ne suis pas monté là pour gémir dans votre giron, même si chères lectrices il doit être confortable,  mais pour admirer et partager ensuite avec vous – pour votre part en toute tranquillité et bien au chaud - les beautés qu’arbore en toutes saisons ce massif cher à mon cœur.

 

 

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Mon bonheur est toutefois mâtiné de quelques impédiments, car  je dois courir moult fois après ma casquette que la Tramontane facétieuse s’évertue à transformer en frisbee.

 

 

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Le froid est si intense que même les pierres semblent transies !

 

 

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La bruyère fait une toison de vieillard à ce bon vieux Caroux et les quelques arbustes ayant eu la malencontreuse idée de s’installer sur son sommet  ressemblent à des grosses boules de coton.

 

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Au loin une mer de nuages dévale les flancs de l’Espinousse poussés par la Tramontane. En contemplant ces merveilleux et parfois redoutables voyageurs célestes, je m’émerveille toujours de la sophistication de la machine climatique terrestre, où courants  aériens et  marins se combinent pour distribuer  ici et là l’eau nécessaire à la vie. Malheureusement je crains que nous ne soyons en train de la détraquer et que nous commençons à en payer les conséquences.

 

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Nous voici en vue d’une autre jasse, signe que les lieux étaient autrefois une zone d’intense pastoralisme.  La disparition des troupeaux permet, comme hélas en de nombreux autres endroits du massif, l’envahissement par les genêts  qui ferment les chemins et appauvrissent la flore. Le même phénomène se produit avec les pins, dont j’ai déjà dit sur ce blog qu’ils constituent une menace pour la biodiversité du massif, mais apparemment l’ONF s’en moque !

 

 

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Près de la Jasse, une horde de chevaux semi sauvages vivent en liberté, dont j’avais photographié les ébats en décembre 2012 dans une ambiance hivernale encore plus rude qu’aujourd’hui. Si cela vous dit de les contempler cliquez ICI.

 

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Un brin frigorifié, je vais me réfugier pour pique-niquer dans le refuge de Fontsalès où, en l’absence de mon ami Gibus, maître en la matière,  je n’arrive pas à allumer le feu, le bois étant trop mouillé. Comme le dit un graffiti sur le mur du refuge, il faut être fou pour monter en des endroits pareils l’hiver sans être capable d’allumer un feu !!! C’est sûr qu’aucune de mes lectrices dorénavant ne voudra m’y accompagner si Gibus n’est pas avec moi !  Mais faisant contre mauvais fortune bon cœur, comme m’y invite un autre graffiti, je déjeune en buvant au vent, au soleil, aux éléments et à l’amour !!!

 

 

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Revigoré je prends le chemin du retour, le soleil qui est un peu plus présent, mais guère plus chaud,  magnifie la parure de givre des arbres.

 

 

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Quand tant de beauté vous est offerte comment résister à l’appel des sommets ! Mes genoux auront beau rouiller, mes mains et mes pieds avoir l’onglée, ma casquette jouer les hirondelles, je crois que n’est pas encore venu l’hiver où je renoncerai à monter ici pour la contempler et ensuite la partager avec vous, ce qui double mon plaisir !

 

 

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Mais le brouillard commence à envahir les sommets et il est temps de redescendre, ce que je fais à regret.

 

 

caroux,fayard,nuage,givre,jasseJe regagne paisiblement la vallée, protégé du vent par les fayards qui me font une double haie d’honneur, l’âme encore éblouie par le magnifique spectacle que m’a offert, une fois de plus, ce cher Caroux.

 

J'ai posté la suite de ma visite "décoiffante " de Paris sur mon blog

PIQUESEL 

 

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08:52 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (56) | Tags : caroux, fayard, nuage, givre, jasse

01/12/2014

Crapahut vers le Montahut (1053m)

Chères lectrices, chers lecteurs, 

les intempéries ne m'ayant pas permis d'aller arpenter mes chères montagnes, je remets une note tirée de mes archives en vous invitant à vous rendre, si vous recherchez de l'inédit, sur mon blog

PIQUESEL

où j'ai posté la deuxième partie de ma visite "décoiffante" à Paris ....

 

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Crapahut ! voilà un mot comme je les aime : plein de « mâche » comme un vin tannique, tonitruant, rocailleux.  Sans le connaître, on en devine le sens : marcher en terrain difficile ! Le « cra » est là qui rappelle le bruit de nos (hélas !) déjà vieilles articulations, le « pas » s’impose puisque l’on marche et le « hut » sonne comme cette interjection lancée aux chevaux (de retour pour ce qui me concerne ! ) pour les faire avancer .

Quand on dit que l’on va crapahuter on ne va pas flâner ni baguenauder . Ces mots en « n » évoquent la nonchalance, l’allure d’un sénateur (mot qui commence au demeurant comme « sénile » et finit comme « profiteur »).

Mon ami Gibus et moi avions donc décidé de jour là d’aller crapahuter vers le Montahut  en partant de Mons la Trivalle et en passant par le Bardou, les Bourdils, le mont Gros  et la chapelle de St Martin du Froid soit environ 25km et 1300m de dénivelé cumulé.

A Mons la Trivalle, un chat que les premiers rayons du soleil vient de réveiller, nous regarde passer d’un air intrigué, les gens du cru n’ayant pas l’habitude de monter les rues pentues du village en caracolant, même quand il y a  la promesse d’un pastis au bout !

 

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De toute façon vu la sécheresse qui affecte le midi et dont témoigne le défunt torrent du Bardou qui alimente en temps normal le lac d’Airette, il va bientôt falloir faire une croix sur les glaçons et boire son pastis pur !

Espérons aussi que la raison (mais ne nous a-t-elle pas depuis longtemps quittés ?) nous conduira à bannir la culture du maïs et l’arrosage des pelouses et des ronds points dans nos régions, arrosage qui profite d’ailleurs généralement au bitume des chaussées environnantes, quand l’eau ne s’évapore pas avant de toucher le sol !

 

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Nous suivons un moment le fil séculaire d’antiques chemins de pierres qui font mon admiration. Les derniers survivants des chataîgneraies, dont les hommes autrefois tiraient nourriture et bois de charpente ou de marine, les abritent de leur ombre. Mais ces chataîgneraies sont aujourd’hui abandonnées et seront peu à peu remplacées, pour des raisons de rentabilité, par des pins tueurs de biodiversité. Notre logique comptable qui ignore la richesse du vivant et méprise l’humain envahit et détruit peu à peu le monde naturel.

 

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Nous parcourons les flancs du Mont Gros aujourd’hui envahis par les genets et les bruyères qui prolifèrent depuis la disparition des troupeaux de moutons qui abondaient autrefois en ces lieux. Ne subsiste qu’une brebis égarée qui, dressée sur ses pattes arrières, cherche désespérément des yeux son berger. En ces temps complexes et menaçants  les hommes déboussolés ne cherchent ils pas aussi des bergers qui leur promettent la sécurité. Prenons garde à ne pas choisir un jour , comme l’ont maintes fois fait nos ancêtres,  des loups déguisés en bergers.

 

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Parvenus au col de Landres, nous  contemplons le corps tourmenté de notre  Terre Mère  couvert d’une ombre bleutée qui gomme toute présence humaine.  C’est à la fois apaisant et exaltant de pouvoir contempler un monde en apparence vierge et sauvage. Cela réveille en nous un émerveillement venu du fonds des ages quand l’homme  en migrant découvrait peu à peu la planète et explorait des mondes inconnus. 

Nous avons besoin de conserver de vastes zones sauvages et naturelles pour pouvoir nourrir notre imaginaire, et satisfaire notre goût du mystère. Nous avons besoin de savoir qu’une partie du monde est encore libre et échappe à notre contrôle, que les ours , les loups, les mouflons, les éléphants, les tigres ont des espaces où ils peuvent évoluer en toute liberté. Car cette image de liberté qu’ils nous donnent est un antidote contre la tentation d’un monde insidieusement totalitaire centre-commercialisé, anti-dépresseuré, vidéo-surveillé, face-booké, dechavanisés, assurancetous-risquisé où nous évoluerons comme des  zombies lobotomisés.

 

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Un vieillard au visage buriné par la pluie, le gel, le soleil et le vent nous salue au passage, heureux de voir des humains en ces lieux isolés. Il nous  raconte qu’il a été berger  de Chavardès, un hameau en ruine situé plus avant sur le chemin et qu’à sa mort moyennant la livraison à Saint Pierre de 50kg de Pélardons et de 50litres de Faugères il a obtenu de pouvoir passer son éternité là où il a vécu, mais en étant condamné à l’immobilité, afin de ne pas aller troubler les vivants.

«  Certes  l’immobilité me pèse un peu » nous avoue-t-il « mais je suis en plein air et le paysage ici est tellement beau, alors qu’au paradis ça sent l’encens et la naphtaline car ils gardent les portes toujours fermées à cause des courants d’air et des resquilleurs ».

 

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Poursuivant notre route, nous longeons les contreforts du Montahut dont les cotes saillantes émergent d’une toison d’arbres qui commencent lentement à se parer de zébrures oranges sous les premières morsures des nuits fraîches de l’automne.

 

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Nous voilà au hameau en ruine de Chavardès où vécut notre berger rencontré un instant plus tôt. Le four à pain ouvre sa gueule noire qui n’a plus vu de feu depuis bien des lunes.  Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines alors que nos vies nomades qui vagabondent de cube de béton en cube de béton ne laisseront aucun signe de notre passage.

 

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De fait, notre société hyper moderne et nomade est fascinée par les   ruines antiques qui sont comme un fil auquel elle s’accroche pour ne pas sombrer dans le vide.

 

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Ayant franchi le col de Montahut, nous apercevons le roc d’Ourliades (1020m) qui semble nous mettre au défi de le grimper. Mais n’ayant pas 50Kg de Pélardons ni 50 litres de Faugères à livrer à Saint Pierre nous préférons nous abstenir ( j’ai horreur de l’odeur d’encens et je laisse toujours mes fenêtres ouvertes)

 

 

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Nous franchissons le col d’Ourliades gardé par une sorcière perchée sur son rocher qui nous laisse passer à condition de lui citer cinq vins portant le nom de saints, ce qui n’est pour nous qu’une simple formalité. 

 

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Mais qu’en aurait-il été pour vous chères lectrices ou lecteurs ? J’attends vos réponses dans les commentaires.

 

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Et soudain, le sommet du Montahut se révèle à nos yeux, occupé, oh sublime surprise  par un couple de jeunes mouflons et leur petit ! Constatant que nous ne sommes pas armés de fusils, ces phallus de substitution qu’arborent les nemrods pour se consoler du deuil  de leur virilité, les mouflons se laissent un instant admirer.

 

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Puis lentement ils se retirent pour nous laisser la place, la femelle traînant derrière à l’insu de son mari et restant perchée sur un rocher pour nous contempler, sans doute admirative de la belle taille de nos mollets .

 

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Nous en sommes émoustillés. Il faut dire que nous n’avons plus l’habitude que des regards « féminins » admiratifs se posent sur nous !

 

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La belle mouflonne partie, nous accédons au sommet, ajoutant le Montahut à notre collection de pics, de piochs, de monts, de rocs qui ont vu la semelle de nos godillots.

 

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Ayant entendu certaines de mes lectrices émettre des murmures dubitatifs à la lecture du passage relatif à la beauté de nos mollets, je vous livre en exclusivité une vue de ceux de mon ami Gibus en plein action et qui je pense vous convaincront. Certes les miens sont un peu moins musclés, mais j’ai l’excuse de ne pas être marathonien.

 

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D’ailleurs, au détour d’une piste qui traverse les Bourdils nous avons la surprise d’apercevoir de nouveau notre mouflonne qui, encore sous le charme, nous a suivis. Mais son époux jaloux la rappelle à l’ordre et elle nous quitte à regret. J’espère chères lectrices que vos maris ne font pas de même quand vous passez trop de temps à lire mon blog.

 

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Nous passons près de la chapelle de St martin du Froid qui domine le vallon de la Bayssière  et plongeons à pieds joints dans le vallon

 

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Il suffit alors de se laisser entraîner par la pente en se méfiant des cailloux du chemin qui en ont un peu marre de se faire marcher dessus et roulent traîtreusement sous vos pas . Mais  qui peut leur en vouloir ! Je suppose que quand on vous marche sur un pied, vous ne tendez pas l’autre ! 

 

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Et si vous avez envie d'un intermède musical je vous convie à vous rendre sur mon blog musical OLD NUT pour écouter ma derrière chanson MEDIADEAD et les autres si affinité 

 

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Texte & Photos Ulysse (toute utilisation ou  reproduction des éléments de ce blog est soumise à mon accord préalable) 

 

09:25 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : montahut, caroux, mouflon, ours