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11/07/2014

Un jour d'été le long du Canal du Midi

Blog en sieste estivale !!!
 
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Insidieusement défilent,

Les jours de notre vie,

Comme les eaux tranquilles,

Du Canal du Midi.


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Le monde est une usine,

Dont nous sommes les rouages,

On traite les humains comme les sardines,

Où les poulets d'élevage.


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Puis un jour on nos jette,

Sans même nous recycler,

Il faut faire place nette,

Aux nouveaux exploités !


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Aussi mettez vous au vert,

Avant qu'il ne soit trop tard,

Quittez ce monde pervers,

Fuyez ce grand bazar.


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Du Canal suivez les rives,

Ombragées par les platanes,

Si vous voulez que revivent,

Votre coeur et votre âme,


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La rumeur du monde,

Ne s'y fait pas entendre,

Et nos rêveries fécondes,

Suivent ses méandres.


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Le vert ruisselle des feuilles,

Et tapisse l'eau amère,

Où le soleil notre aïeul,

Jette ses copeaux de lumière.


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Le miroir des eaux,

Dédouble l'univers,

Où notre esprit dispos,

Baguenaude et se perd.


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Les hommes y taquinent,

Carpes et goujons,

Mais on n'y a jamais vu de crime,

De mémoire de poisson .


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PS : Je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT 


Texte & photos Ulysse

01/07/2014

Qui se souvient des enfants du Luc ?

 

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Nous voilà partis de bon matin sur un chemin du Causse du Larzac parfumé par les effluves amères du buis et celles plus  envoutantes des graminées déjà desséchées par le soleil de ce début d’été. Nous avons pour le moment l’âme légère mais nous savons que notre journée ne s’achèvera pas sans que la tristesse nous saisisse. Nous avons, en effet,  prévu d’aller mettre nos pas dans ceux de dizaines d’enfants qui au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, en raison de menus  larcins ou de vagabondages, ont été internés à la "colonie éducative agricole" du Luc, sombre page oubliée de l’histoire régionale.

 

 

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Parti du pittoresque village de Sorbs, nous traversons les gorges creusées par la Virenque, cours d’eau la plupart du temps à sec, mais dont le débit peut être dantesque, quand éclatent à la fin de l’été de violents orages, lors des fameux épisodes « cévenols ». Les milliers de tonnes de vapeur d’eau émanant de la Méditerranée se condensent alors sur les sommets des Cévennes où souffle un air plus froid, déversant des trombes d’eau qui gonflent torrents et rivières qui dévastent parfois les villes  et villages des plaines en contrebas.

 

 

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Pour l’heure le temps est radieux. Le paysage, d’une beauté austère, nous offre d’immenses espaces où nos esprits peuvent s’échapper de nos enveloppes corporelles condamnées à la gravité et ainsi vagabonder comme les vautours fauves familiers des lieux.

 

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Nous traversons le village de Salze dont les portes de certaines bâtisses révèlent la relative prospérité qu’a connue cette région quand elle était couverte de dizaines de bergerie, avant que l’exode rural ne la vide de ses habitants.

 

 

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Aujourd’hui, mis à part quelques exploitations ovines et caprines  qui subsistent ici et là et dont les conditions d’exploitation sont difficiles, l’activité se réduit à l’exploitation de vastes forêts de pins sylvestres parfaitement adaptés au climat rude et sec du Causse.

 

 

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Mais apercevant la ruine d'une ancienne fromagerie, l’émotion nous étreint car nous savons que nous sommes au bord du Gouffre de St Féréol dissimulé par la végétation et que la ruine domine. C'est en cet endroit qu'au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, des enfants internés à la « colonie éducative agricole » (de fait une ferme pénitentiaire que l’on appelait le bagne)  du Luc, située à environ deux kilomètres de là, ont travaillé dans des conditions proches de l’esclavage. Mais avant de vous conter cette sinistre histoire, je tiens à préciser que je ne souhaite mettre aucune personne  ou aucune famille en cause (les exploitants de l’époque ont probablement  des descendants qui n’y sont pour rien) ceux qui ont exploités ces enfants n’étant au regard de l’histoire que des figurants, la responsabilité première en incombant collectivement à la société française qui a permis que de telles infamies soient commises.

Car il faut revenir sur le contexte de la création de ces colonies agricoles qui sont nées vers les années 1830 de l’idée  « philanthropique » qu’il fallait éviter de mettre les enfants délinquants  en prison et les envoyer plutôt dans des colonies agricoles à but éducatif. D'ailleurs sur le fronton de la colonie du Luc la devise suivante était gravée " Le travail lave la faute".

Le problème est que l’Etat n’étant pas assez riche pour couvrir la totalité des frais de fonctionnement, il a confié la gestion de ces « colonies »  à des propriétaires terriens qui, outre une indemnité versée par l’Etat, pouvaient ainsi exploiter leur domaine avec une main d’œuvre docile et gratuite. Pendant plus de cinquante ans des milliers d’enfants de 6 à 21 ans  coupables de vagabondage ou de  menus larcins (un miche de pain, un parapluie ou une boite de cigares selon des exemples figurant dans les archives !)  vont ainsi être envoyés dans ces établissements dont la plupart seront de vrais bagnes. Comme l’on dit l’enfer est pavé de bonnes intentions !

Mais revenons à la « colonie » du Luc qui a fonctionné de 1856 à 1904 puis  a été transformée jusqu’en 1929 (date de sa fermeture) en « école des pupilles » sans que les conditions de vie changent. Son isolement en plein cœur du Causse ne facilitait pas le contrôle par l’administration pénitentiaire des conditions de détention des enfants, ce qui explique les excès qui ont pu y  être commis.

Une chose est certaine : les enfants n’avaient guère de loisirs ! Chaussés de sabots et de vêtements de bure, ils devaient "dépierrer" et désherber les champs, tracer et empierrer chemins et routes, labourer, moissonner, surveiller les troupeaux, préparer les litières des animaux et, l’hiver, faire des espadrilles ou des paniers d’osiers. Mais ces activités avaient un caractère « ludique » par rapport à d’autres activités centrées sur la fromagerie qui occupaient l’essentiel de leur temps et dont les conditions d’exercice relevaient, quant à elles, du « bagne » !

 

 

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Imaginez, en effet, que les propriétaires avaient décidé d’utiliser le gouffre de Saint Férréol profond de 60 mètres et qui présentait des conditions de température et d’hygrométrie propices au murissement  des fromages.  On y a donc fait descendre les enfants suspendus au bout d’une corde enroulée autour d’une poulie  pour aménager la grotte jouxtant le gouffre, aplanir le sol  et y mettre des étagères.

 

 

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Puis afin d’améliorer la ventilation des lieux, on leur a fait creuser  une cheminée d’aération de 60 mètres de long  ainsi qu’une tour pour en protéger le puits d’entrée. Pendant plus de vingt ans les enfants, que l’on imagine terrorisés, vont ainsi faire la navette au bout d’une corde tirée par d’autres enfants pour descendre et remonter des tonnes de fromages du gouffre.

 

 

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Mais afin d’améliorer la « productivité » des enfants, les propriétaires eurent l’idée,  au début des années 1880, d’utiliser une cuvette d’effondrement située à un peu plus de 200 mètres du gouffre et accessible à pieds  pour y creuser une galerie permettant de rejoindre le gouffre.

 

 

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Après avoir consulté un géomètre et un ingénieur qui définirent l’ouvrage,  les enfants furent affecter au creusement à la barre à mine  d’une galerie  de 220 mètres de long et à la déclivité de 10% ce qui avec l’humidité ambiante la rend très glissante. Ils ne mirent que 220 jours pour l’achever, soit un mètre par jour ce qui donne une idée de l’intensité du régime auquel ils ont été soumis .

 

 

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La galerie débouche environ 20 mètres au dessus  de la grotte qui  prolonge le gouffre et qui servait de fromagerie. Les enfants durent donc construire un imposant escalier de pierre pour y accéder dont chaque marche est réalisée avec un seul bloc et dont la rampe de fer, encore présente, est d’origine !

 

 

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Il est émouvant d’apercevoir des outils rouillés qui ont servi a manipuler les fromages et qui ont été utilisés par ces enfants dont les vies ont été  brisées et qui ne sont plus que des fantômes dans la mémoire des hommes ;  car qui aujourd’hui se souvient d’eux ?

 

 

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Des rails furent ensuite installés dans la galerie (qui ont disparu aujourd’hui) pour y faire circuler des wagonnets destinés au transport des fromages, wagonnets qui étaient poussés par les enfants.  Leur journée de travail terminée (soit 12 heures de travail quotidien) ceux ci devaient revenir en sabots à la ferme située à deux kilomètres. Parfois certains tentaient de s'échapper mais étaient vite rattrapés par  les paysans des alentours qui y trouvaient un  intérêt puisqu'ils touchaient une prime de 50 F pour chaque fuyard ramené. La rumeur laisse d'ailleurs entendre que certains "matons" s'entendaient avec des "chasseurs de primes" pour laisser s'enfuir des enfants et se partager ensuite les primes.

 

 

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Telle est la révoltante histoire des enfants « bagnards «  du Luc qui a été retracée par Marie Rouanet dans un livre de 1992 intitulé « Les enfants du Bagne ». Au cœur de ces paysages austères mais sereins on a peine à croire qu’une telle infamie ait pu être perpétrée.  Le silence est de mise sur cette page d’histoire que les derniers habitants des lieux semblent vouloir oublier, bien qu’ils ne soient en rien responsables de ce qui s’est passé. On préfère croire que les vastes espaces du Causse ont toujours été une terre de liberté et non un lieu d’internement et d’exploitation pour des enfants voleurs de pain ! Si Victor Hugo mort quelques années après le creusement du tunnel avait eu connaissance de cet épisode, sûr qu’il en aurait fait un roman.

 

Si le recours a des enfants ou des adultes esclaves n'a heureusement plus cours en France depuis longtemps (sauf quelques cas particuliers) ce n'est pas le cas dans certains pays du monde qui en tirent une partie de leur prospérité pour le plus grand bonheur de quelques milliardaires dont je dénonce le statut et les méfaits dans ma dernière chanson intitulée "Bidochon Dream" sur mon blog OLD NUT (pour y accéder cliquez sur le nom)

 

Après cette triste page de notre histoire  je vous invite à aller allez vous détendre chez "Les cafards", sourire  garanti !

 

 

Texte & Photos Ulysse (Source : site « Tunnels ferroviaires de France ») 

PS: Je n'ai pas encore lu le livre de Marie Rouanet dont je ne disposerai que dans les semaines à venir

 

25/06/2014

Jane n'était pas au rendez vous !

 

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Ce qu’il y a de plus gratifiant quand on a, comme moi,  le privilège de ne plus avoir à gagner, à la sueur de son front,  sa miche de pain, les rillettes qui vont dessus et le pichet de rosé qui va avec, et donc d’avoir ses journées de libres, c’est de se dire que l’on va pouvoir explorer un petit coin de notre terre où nous n’avons encore jamais mis les pieds. Pas sûr, au demeurant, que beaucoup d’hommes y aient mis les leurs, vu les endroits où Gibus et moi allons baguenauder. Par contre, des mouflons, des sangliers, des renards, des lapins, des fouines, des belettes, des lézards, ça c’est sûr, y ont posé le sabot ou la patte car, en ces endroits où l’homme, ce terrifiant bipède qui met la terre à feu et à sang, ne va jamais ou très rarement, ils se sentent en sécurité.  Au programme du jour donc, la découverte d’une cascade sur le cours du Chavardès mentionnée sur les cartes  IGN mais sans sentier pour y accéder.

 

 

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Nous partons du Sécadou dans le secteur autrefois idyllique mais aujourd’hui défiguré du défunt lac de l’Ayrette, détruit sur ordre des pouvoirs publics, cette décision ayant été vivement contestée au plan local. Après avoir s’être frayés un chemin au sein de la végétation dense qui occupe les rives abruptes du torrent, nous parvenons enfin à cette longiligne et serpentine cascade. Pourtant adeptes du canyoning, nous renonçons à descendre ce toboggan aqueux où nous nous romprions les os qui, pourtant, en ont vu d’autres !

 

 

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Ayant déclamé « Veni, Vedi, Vici » comme le grand Jules sans lequel nous boirions encore de la cervoise et non du vin (merci Jules !), il nous faut maintenant  rejoindre le GR 7 qui doit nous emmener vers un autre secteur inconnu de nous et que nous avons également décidé d’explorer : le flanc EST du Mont Gros . Le problème est qu’il nous faut grimper dans la pente abrupte hors de tout sentier et en évitant si possible de tomber sur le bien nommé Roc des Pièges, un véritable chaos rocheux impossible à franchir sans moyens d’escalade.

 

 

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Mais après quelques tâtonnements qui nous obligent à revenir à l’état de quadrupèdes et nous donnent quelques sueurs froides, bienvenues vue la température estivale, nous parvenons sur le GR7.

 

 

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Au col de Landres nous nous engageons sur une vague sente censée nous conduire au sommet du Mont Gros par le flanc EST . Traversant une zone pierreuse  nous en perdons le fil ténu et nous montons sur des dalles rocheuses pour tenter de la repérer dans la dense végétation environnante. De même que l’école nous apprend à lire dans les livres, la randonnée nous apprend à lire dans la nature. Les chemins crées par les anciens utilisent au mieux la configuration du sol et généralement la végétation aux abords y est moins dense ou moins élevée du fait du passage même irrégulier des hommes ou des animaux. Nous finissons donc par repérer en contrebas la sente que nous avions perdue .

 

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Elle nous mène très vite à une magnifique jasse (bergerie) en ruines qui recèle dans le secret de ses murs un « micro trou noir » chers aux astrophysiciens et qui permettraient selon eux de voyager dans l’espace temps. Ces jasses nous ramènent dans le passé, en un temps où l’homme vivait encore en symbiose avec la nature selon son rythme et n’avait pas encore commencé à saccager son berceau céleste.

 

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Nous parvenons ensuite à l’imposante Jasse de Bramefan où la ramure d’un arbre remplace la toiture effondrée, heureux mariage de pierres et du monde végétal, plus beau pour moi que le prétentieux Taj Mahal.

 

 

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On retrouve un peu plus loin ces étonnantes épousailles entre un vénérable hêtre et un rocher enchâssé à la base de son tronc. L’arbre y puise sans doute une partie de sa force !

 

 

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Notre chemin se poursuit dans un somptueux chaos rocheux qu’une armée de hêtres a arrêté dans sa course vers la vallée. C’est en coupant les forêts de montagne comme au Népal ou en Amérique latine que l’homme provoque de catastrophiques coulées de boue et glissements de terrain qui font souvent des milliers de victimes.

 

 

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Nous parvenons enfin sur le sommet du Mont Gros  illuminé par des bosquets de genêts en fleurs.

 

 

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Quel régal pour les yeux et l’âme que la vue de ces vastes étendues sauvages qui s’étalent jusqu’à la limite de notre vision. On en éprouve un exaltant sentiment de liberté. Ajoutez à cela le bonheur d’y pique-niquer en buvant un rosé bien frais et en trinquant à votre santé et à celle de Jules César (et oui nous ne vous oublions pas chères lectrices et chers lecteurs). Vous avez ainsi un aperçu de la « galère » enchantée qu’est mon existence ! Je parle de « galère » car parfois on galère pas mal dans les rochers !

 

 

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Ensuite c’est la descente dans un océan de fougères pour atteindre le hameau en ruine de Chavardès dont la beauté n’a rien à envier aux jasses vues le matin.

 

 

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Ce hameau comporte ce qui est sans doute le plus beau four à pain du Haut Languedoc et de surcroit en parfait état de marche. Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes anonymes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines. 

 

 

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Le chemin que nous empruntons offre une vue transversale du célèbrissime massif du Caroux contigu où nous avons fait ensemble déjà tant d’escapades et où mes petits enfants ont tous fait leurs premières sorties de randonneur .

 

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Pour finir, nous allons rafraîchir nos organismes surchauffés par cette longue et sportive randonnée en jouant les « Tarzan » dans une cascade du ruisseau de la Roque….Malheureusement Jane n’était pas au rendez-vous ! Tant pis pour Jane !

 

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PS : A défaut d'avoir vu Jane je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT et de contribuer à en faire le tube de l'été....

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

16/06/2014

Fondue savoyarde et nuitée au refuge de Caissenols

 

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Partout dans les media les publicités célèbrent la jeunesse et le privilège d’avoir la peau du visage et du cul lisse ! Ils présentent les seniors comme des gens perclus de rhumatismes, rongés par l’arthrose et obligés de se mettre des tonnes d’onguents sur la pomme pour ne pas effrayer leurs petits enfants. Et bien les seniors dont je fais partie, ainsi que mes amis Gibus, Marie et Cie,  « cambronnent »   les publicistes et les renvoient à leurs publicités débiles en les défiant de pouvoir nous suivre avec un sac de 15 kilogs sur le dos pour aller passer une nuit dans le refuge de Caissenols situé au coeur du massif du Haut Languedoc.

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Car ces publicistes veulent nous faire croire qu’avoir la peau des fesses et du visage lisse est un « must », le but ultime d’une vie humaine et que la vieillesse est un naufrage qu’il faut dissimuler.  Cela revient au même que de dire que la morne plaine de la Beauce est plus belle que cette galaxie de montagnes bleutées que vous apercevez, magnifiques rides de Gaïa, notre belle planète, et qui nous racontent sa vie tumultueuse. Nos rides sont les mémoires de nos vies.

 

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Car de même que ces montagnes en leurs replis abritent des trésors de beauté chacune de nos rides, chaque craquement de nos articulations est une bribe de notre histoire, une source de sérénité.  Ces rides  et craquements nous enseignent à ne pas nous fier aux apparences, à prendre le temps de vivre et à profiter de chaque instant.

 

 

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Et pour nous les torrents de montagne sont de plus efficaces bains de jouvence que les crèmes de « perlimpinspins » vendus à prix d’or par les marchands du temple du jeunisme.

 

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D’ailleurs ce vieux berger ridé qui a trouvé refuge sur les contreforts du Plo des Brus se réjouit de voir notre groupe de seniors avaler les pentes comme le feraient de jeunes mouflons (bon là j’exagère un peu !)

 

 

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Et c’est dans une forme quasi olympique que nous arrivons au refuge à peine essoufflés – bon un peu quand même - par l’exercice !

 

 

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La première chose que nous faisons est d’allumer un feu, bien qu’il fasse à cette heure une température encore estivale, afin de réchauffer les lieux en prévision de la nuit toujours fraîche en montagne.

 

 

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Puis nous allons aménager notre dortoir dont le confort spartiate ne nous effraie pas, notre épiderme étant aussi rude que les planches sur lesquelles nous allons quasiment dormir !

 

 

 

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En attendant l’heure de l’apéritif chacun vaque à ses occupations, Marie se plongeant dans une lecture de circonstance sur les bonheurs et enrichissements que nous apporte la marche à pied. Pour ma part je peux vous dire que mon inspiration, que ce soit pour les articles de ce blog ou les chansons que je publie sur Old Nut, vient de mes pieds dont le choc sur le sol joue l’effet d’une pompe qui envoie mon sang oxygéné par la marche comme un geyser jusqu’à mon cerveau.

 

 

caissenols,kirsch,fondue,mouflonArrive (enfin !!!!) l’heure de l’apéritif. Je n’ai normalement pas le droit de publier cette photo en raison des dispositions de la loi Evin, mais je sais que si jamais je subissais les foudres de la puissance publique à cet égard  une pétition circulerait très vite sur internet signée par des milliers de lecteurs. Donc je n’hésite pas à braver cet interdit  pour vous montrer que la marche pour nous n’est pas sœur de l’ascétisme.

 

 

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Maître Gibus commence ensuite à nous préparer sa fondue dont l’excellence, si elle était connue, lui vaudrait sans aucun doute le titre de meilleur « fondeur » de France.

 

 

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Manger une fondue est toujours un exercice délicat car celui qui fait tomber son morceau de pain dans la fondue doit faire un tour de table à cloche-pied,  temps pendant lequel les autres convives ne se privent pas de prendre de l’avance ! Le monde est sans pitié !

 

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En soi la fondue de Gibus, comme je l’ai dit, est un régal mais elle est rendue plus délicieuse encore par le fait qu’elle est accompagnée d’une tradition suisse dite « le coup du milieu » qui consiste à boire un petit verre  de Kirsch pour faciliter la digestion du fromage  quand le caquelon est à moitié vide! je pense que cette fois ci je vais vraiment avoir des problèmes avec la loi Evin !

 

 

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Etant, malgré les apparences, des gens raisonnables nous finissons notre repas en buvant une tisane, ingrédient connu aussi sous le vocable plus imagé de « pisse-mémée » mais  les « pépés » que nous sommes étant aussi concernés . Et je ne vous dis pas le plaisir qu’il y a à descendre et remonter en pleine nuit l’échelle de meunier qui mène au dortoir pour aller faire pipi dehors.

 

 

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Nous flânons ensuite sur la terrasse jusqu’à une heure avancée de la nuit en refaisant le monde comme tous ceux qui ont échoué à faire de cette terre le paradis qu’elle pourrait devenir avec un peu d’amour et de bonne volonté.

 

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Une dernière courte balade nous permet de contempler les étoiles en s’interrogeant sur l’existence d’un grand horloger là haut et  en s’inquiétant de savoir s’il a déjà programmé notre heure  terminale. Penser de temps en temps à sa fin aide à ne pas perdre sa vie à des futilités et à dire à ceux que l’on aime qu’on les aime pendant qu’il est encore temps.

 

 

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En tous les cas, le grand horloger nous a laissé dormir tranquille et on a même pu descendre et remonter  dans la nuit l’échelle sans succomber. Ce qui nous permet de jouir d’un  merveilleux petit déjeuner  pour prendre des forces avant d’arpenter le chemin du retour.

 

 

 

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Je signe le livre d’or pour remercier l’association qui gère ce refuge du remarquable travail de restauration qu’elle a accomplit et qui permet ainsi aux randonneurs de passer des moments idylliques en montagne.

 

 

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Nous voilà sur le départ mais déjà prêts à renouveler l’expérience dès que l’occasion s’en présentera. Et vous constatez à la vue de nos sacs qu’à défaut d’avoir la peau du cul lisse on a encore les épaules solides !

 

PS : Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition L'AVENTURIERE sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux dernières prises par Marie contrairement à ce qui est indiqué sur la photo)