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24/03/2018

Caraïbes ? Non, Catalogne !

 

catalogne,machado,matisse,collioure

En attendant que le printemps daigne s'installer dans notre belle contrée, je reprends un vieil article "printanier" qui date du temps où mon ami Gibus n'était pas encore un exilé climatique ! Partons donc pour la côte catalane ! La mer est bleue, l’air immobile, les pêcheurs à demi assoupis  attendent l’heure propice pour mettre leurs barques à l’eau. Au loin, un primate sur son hors-bord crée un moment de vaine agitation.

 

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Puis c’est de nouveau le silence et  la valse lente des ombres que le soleil dessine sur le sable. Une délicieuse léthargie nous gagne alors. On se croit aux Caraïbes - où mon ami Gibus passe actuellement l'hiver -  on est au Racou en Catalogne, magie du Pays d’oc !

 

 

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Une voile rouge au large nargue l’immensité bleue. Mais la mer débonnaire ignore cette modeste flamme qu’elle pourrait éteindre et engloutir d'une vague vengeresse.

 

 

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Que l’homme puisse avec quelques planches ajustées et de si frêles morceaux de toile  franchir les mers m’esbaudit. Là est l’expression du génie humain,  plus que dans les tours qui chatouillent les étoiles,  la bombe à hydrogène ou la poêle qui n’attache pas. Et que dire de l’homme qui est à la barre,  fourmi à l’échelle de la mer, dieu à l’égard des vents et des courants.  Haro ! sur ceux qui naviguent avec un moteur, tout juste bons à  barboter dans le  bassin des Tuileries !

 

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Quittons un instant le large pour nous livrer  à un enfantillage : ceux qui trouveront dans les cinq secondes Jonathan le Goéland, caché dans le paysage, seront dignes de naviguer, oh hé ! oh hé !  en ma compagnie. Cela dit, si vous gagnez, il vaut mieux que vous soyez un bon «voileux » car avec moi vous risqueriez de chavirer !

 

 

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Un peu plus loin sur le chemin côtier qui mène à Collioure nous croisons un pin, un brin «voyeur», heureux du retour de la belle saison qui ramène de belles ondines sur la plage, qu’il caresse discrètement de son ombre.

 

 

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C’est aussi une saison où les bipèdes étant plus volontiers dans l’eau que sur les chemins, certains « indigènes » d’habitude discrets y prennent le soleil. C’est ainsi que nous faisons la rencontre d’une superbe « couleuvre à échelons », redoutable prédateur, amateur d’oisillons et de lapereaux et dont la morsure pour l’homme n’est certes pas fatale, mais douloureuse. Une "belle" donc qu’il vaut mieux éviter !

 

 

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Comme elle ne manifeste guère l’intention de nous laisser le passage, mon ami Gibus que rien n’effraie à part une bouteille vide (frayeur que je partage !) la saisit par la queue (chose que je n’oserais même pas faire avec une souris verte) . A croire qu’il a été charmeur de serpent dans une vie antérieure !

 

 

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La couleuvre fort mécontente d’être ainsi traitée tente sans succès de mordre Gibus qui garde un calme olympien. S’il avait été à la place d’Adam dans le jardin d’Eden, croyez moi, nous y serions encore  !

 

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Etant toutefois respectueux de tout ce qui vit sur terre, Gibus lui rend sa liberté, en cherchant toutefois à mettre, par sécurité, quelque distance entre elle et nous. Mais la trajectoire étant un peu courte, la couleuvre choit quasiment au pied de nos épouses qui nous suivent sur le chemin. Par élégance je ne dirai mot de la scène qui s’en est ensuivie !

 

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Mais sans doute impressionnée par le sang-froid de Gibus (qui est pourtant un animal à sang chaud, surtout quand on se partage quelques Ti’Punch !) elle file sans demander son reste. Gageons qu’elle n’agira pas avec autant de mansuétude à l’égard du premier lapereau venu qui croisera son chemin. Mais ne la jugeons pas cruelle car dans son cas nécessité fait loi !  Pas comme ces Tartarins qui tuent par plaisir !

 

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Nous voici en vue de Collioure, la perle de la côte Vermeille qu’il vaut mieux aborder hors-saison si l’on veut jouir de sa beauté. Nous ne pouvons que souhaiter le développement de toute l’humanité, mais la conséquence en est que des hordes de touristes se précipitent aujourd'hui dans les destinations touristiques à la mode telles que Venise, Capri et autres au grand dam de la population locale qui suffoque ! Bienfaits et méfaits du tourisme indissolublement liés.

 

 

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Matisse, Derain, Picasso , Dali, Juan Gris , Dufy, Chagall ne s’y sont pas trompés qui sont tombés amoureux de ce port fondé par les grecs au Vème siècle av.J.C. Ces barques catalanes colorées et la tour de l’église Notre Dame des Anges qui servait autrefois de phare l'ont rendu célèbre. Ce port, de fait, a été le berceau du Fauvisme, courant pictural privilégiant la couleur et le mouvement sur la perspective et qui fut qualifiée de «fumisterie» par la critique à l’origine. En peinture, comme en finance, en politique et en amour ne nous fions pas aux prétendus "experts" dont l’arrogance est à la hauteur de leur incompétence. A l'époque de Beethoven, les musicologues considéraient qu'il faisait du bruit et non de la musique !  Aimons ce que nous aimons et laissons dire....

 

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Ce village a séduit non seulement les peintres, mais aussi les poètes comme Antonio Machado qui, fuyant la dictature espagnole, s’y est réfugié  le 22 janvier 1939 entouré de sa famille et de quelques amis pour y mourir un mois plus tard. Avant de s’éteindre - il y a des hommes qui sont des lumières pour l’humanité - ce poète discret nous a laissé  ce message :

Tout passe et tout demeure. Mais notre affaire est de passer, 
de passer en traçant 
des chemins. 
Des chemins sur la mer.

Je vous invite donc  à tracer votre chemin jusqu'à la mer pour visiter Collioure !

 

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Texte & Photos Ulysse

 

20/01/2018

Pèlerinage à St Eutrope pour chasser l’hiver….

 

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(Reprise d'archive)

Il y a de cela quelques années, un matin de la mi-janvier, malgré le froid de manchot qui régnait sur le sud, je faisais mon marché et attendais patiemment mon tour à un étal. Les sudistes étant généralement volubiles, me voilà engagé dans une conversation météorologique avec un "papet" auquel je manifeste ma surprise au sujet des abondantes chutes de neige tombées la veille sur les sommets des hauts-cantons qui ont pris une allure alpine .

  « On m’avait que dans le sud, il n’y avait pas d’hiver et qu’on se baladait en chemisette en toutes saisons »  je lui susurre goguenard.

« jeunot , ici  dans ma jeunesse il n’y avait pas d’hiver car quand il osait pointer le bout de son nez, on organisait un pèlerinage à la chapelle de St. Eutrope  pour y faire un grand feu et il s’en allait.  Aujourd’hui plus personne n’a le courage d’y monter. Mais attention pour que ça marche fallait monter le bois du bas de la vallée et sur un sentier que même les mouflons hésitent à prendre »

Outre le plaisir d’être appelé jeunot (ce qui ne m’arrive plus guère) l’histoire du papet m’intriguait. Depuis ma rencontre avec un magnétiseur au Montahut, j’étais prêt à admettre que des phénomènes qui choquent à priori nos esprits cartésiens pouvaient avoir une explication scientifique. Ainsi peut être que la colonne d’air chaud provoquée par le feu en cet endroit particulier avait une influence sur l’anticyclone des Açores. Certes l’obligation de n’utiliser que du bois de la vallée semblait relever de la superstition. Mais il fallait aller vérifier en respectant la tradition..

Nous voilà donc partis le lendemain avec Gibus et notre bande de copains sans peurs et sans reproches à l’assaut des pentes enneigées de la Serre de Majoux où se dresse la Chapelle de St Eutrope. Les routes étant enneigées nous partons du village de  Compeyre situé près de Saint Gervais sur Mare  pour emprunter le GR 653 qui  mène au pied de la Serre de Majoux.

  

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Nous passons près de jeunes et tendres hêtres dépouillés d’une partie de leur écorce par des cervidés affamés.  Si jamais grâce à notre expédition nous arrivons à chasser l’hiver, les hôtes de ces bois, que le manteau neigeux prive de nourriture, nous devrons une fière chandelle. Par gratitude peut être se laisseront-ils plus volontiers approcher et photographier !

 

 

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Un compère de Sylvebarbe du peuple des Ents  nous hèle au passage pour nous demander où nous allons par un temps si peu propice à la randonnée.  Ayant pris connaissance de notre projet il nous encourage dans notre expédition. Il nous confie qu’au cours de ces 254 années d’existence il n’a jamais vu tomber autant de neige dans la région et se fait du souci pour la survie de ses compagnons forestiers.

 

 

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Nous gravissons une colline boisée dont les arbres dépouillés  laissent voir entre  leurs branches les terrasses édifiées par les anciens, titanesque travail aujourd’hui ignoré, abandonné, mais qui témoigne de leur courage. Tandis qu’ils façonnaient le monde dans lequel ils vivaient, ce travail pétrissait leur propre vie qui plongeait ses racines dans la terre qui les avait vus naître.  Le monde moderne a, pour la plupart d’entre nous, coupé ce cordon ombilical avec la terre mère et c’est sans doute pour cela que nous en prenons si peu soin.

 

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Et pourtant quelle magnificence est la sienne en tous lieux et en toutes saisons pour qui a la chance de pouvoir  s’immerger dans la nature et la contempler.

 

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Nous voici arrivés au pied de l’un des contreforts de la serre de Majoux dont  le sommet échancré laisse voir le bout du clocher de la chapelle St  Eutrope. Le sentier qui y mène - qui par temps clément n’est pas des plus aisé à gravir – est ce jour là une véritable patinoire. Mais préoccupés avant tout par le seul bien être général qui dépend de l’accomplissement de notre mission, nous battons les fourrés environnants afin de recueillir le bois nécessaire au feu que nous devons allumer dans la chapelle.

  

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Notre récolte faite, nous entamons notre ascension Gibus - le plus audacieux et expérimenté d’entre nous - en tête comme il se doit .

  

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Votre serviteur lui emboîte le pas tanguant et dérapant sur le sentier verglacé tandis que Gibus semble avoir des semelles en « post it ».

 

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Nos compagnes suivent derrière emmenées par Marie la savoyarde qui avec son mari Gibus a connu des situations bien plus périlleuses.

 

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Mais nous parvenons tous sains et saufs à la Chapelle qu’un rayon de soleil inopinément éclaire, dû sans doute à la débauche d’énergie que nous avons déployée pour grimper jusqu’ici.

 

 

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Mais ce rayon de soleil peine à faire grimper la température et nous nous réfugions « fissa »  à l’intérieur de l’abri qui jouxte la chapelle et où autrefois vivait un ermite.

  

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Le local n’ayant pas de fenêtre nous suspendons une bougie pour nous éclairer ce qui crée une ambiance magique propice à l’allumage du feu « sacré » qui doit chasser l’hiver .

  

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Le feu est enfin allumé qui boute bientôt la température hivernale hors des lieux, ce qui est déjà un premier résultat !

 

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Quand nous sortons pour prendre le chemin du retour, il fait étonnamment beau, ce qui est de bon augure quand au succès de notre entreprise. La neige est néanmoins toujours là et la descente  va se révéler périlleuse.

 

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Mais, après avoir à plusieurs reprises posé involontairement nos fesses sur le sentier, nous arrivons sans encombre dans la vallée où nous constatons avec stupeur que le soleil s’enhardit et commence à faire fondre la couche de neige qui recouvre la montagne du Marcou en face de nous : le papet avait raison, notre feu est en train de faire partir l’hiver !

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D’ailleurs l’un des descendants des éléphants perdu par Hannibal quand il est passé dans la région pour aller conquérir Rome barrit de contentement à la perspective de retrouver enfin des températures plus clémentes auxquelles il est accoutumé.

 

 

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Un Ent, sans doute mis au courant de notre expédition par son congénère rencontré le matin (les oiseaux sont les messagers de ce peuple), nous félicite pour notre courage et se réjouit des rayons du soleil qui commencent à chauffer le haut de sa ramure.

 

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Et, suprême récompense, des mouflons, d'ordinaire si farouches mais probablement informés  par les Ents, viennent saluer ces humains auxquels ils doivent ce réchauffement soudain de l’atmosphère qui va leur permettre de nouveau de brouter l'herbe qui était recouverte de neige.

  

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Une minuscule feuille de hêtre qui avait vaillamment résisté à l’hiver et  refusait de choir avant de revoir une dernière fois le soleil, accueille avec un bonheur immense le rayon qui la traverse .

 

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Et un vieux châtaignier nous ouvre son cœur pour nous remercier au nom de l’ensemble des êtres de la forêt de ce que nous avons fait.  Emus par ces témoignages de reconnaissance, nous sentons renaître en nous ce lien charnel et fraternel qui nous unit à la nature. Et nous comprenons que si l’homme ne prend pas soin de son « berceau » il prépare sa tombe. Et si jamais l’hiver revient l'année prochaine roder dans les parages nous savons ce qu’il nous reste à faire !

 

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13/01/2018

Là où la lune se baigne.....

 
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(Reprise d'archive)


J'aime ces endroits où l'eau et la terre se cotoient, s'entrelacent se défient parfois, ces endroits où l'univers se dédouble par la simple magie d'un ballet de photons sur un miroir d'eau . Non loin de Portiragnes, il est un tel endroit où les chemins sont de simples traits tirés au travers d'une lagune et où les arbres semblent y jouer les équilibristes .

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Parfois une lande de terre a gagné provisoirement son combat sur l'eau et héberge  quelques quadrupèdes qui s'y repaissent d'une herbe toujours renouvelée.

 

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Mais dans ce monde changeant, hybride, incertain les lois de la matière n'ont plus droit de cité. 

 

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Les photons des rayons du soleil, qu'aucun obstacle n'arrête, semblent se mêler aux atomes des plantes et des êtres qui y vivent et leur donnent un aspect fantomatique.




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Parfois l'on surprend la lune prenant un bain dans son plus simple appareil pour se rafraîchir des ardeurs du soleil qui ne cesse de lui faire la cour.




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Des armées de platanes semblent guetter le long de la liquide frontière du Canal du Midi un ennemi qui ne viendra jamais.


 

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Au fur et à mesure que le soleil se rapproche de l'horizon, l'incendie gagne les bosquets d'arbres qui se jettent à l'eau pour éviter de partir en fumée.

 

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Le monde se dédouble alors dans les eaux de la lagune et si l'on n'y prend garde on risque de quitter la terre ferme et se perdre dans ses eaux.



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Peut être que des Ondines nous y attendent et que nous passons ainsi à coté de plaisirs insoupçonnés ?


 

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Soudain au détour du chemin, on aperçoit la masse imposante du Canigou qui domine cet univers aquatique, sous l'oeil indifférent des flamants roses qui continuent, imperturbables, de fouiller la vase pour leur dîner. Il est alors temps de regagner la terre ferme si l'on ne veut pas disparaître enlisé !

 

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06/01/2018

Le roi mage du vallon de l’Espaze

 

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(Reprise d'archive)

En attendant de reprendre la semaine prochaine mes randonnées, je vais vous parler des trois rois mages, excellent prétexte après les agapes de Noël et du nouvel an, pour satisfaire sans vergogne à nouveau sa gourmandise en se régalant de galettes . La tradition nous raconte qu’ils étaient trois : Melchior qui offrit de l’or à jésus, symbole de sa royauté, Gaspard qui lui apporta de l’encens, symbole de sa divinité et Balthazard, de la myrrhe, que l’on utilisait pour embaumer les corps, pour lui signifier qu’il ne ferait pas de vieux os (vraiment sympa ce Balthazard !)

Mais la tradition se trompe, car il y en avait un quatrième, Jéroboam, natif de Marcq-en-Baroeuf qui avait prévu d’offrir à Jésus un paquet de carambars (délice local) pour égayer sa prime enfance, vu le sort tragique qui lui était ensuite dévolu. Mais Jéroboam était gourmand et, toutes celles et ceux qui ont goûté au carambar savent qu’il est difficile de résister à cette confiserie diaboliquement délicieuse. Aussi ce qui devait arriver arriva : Jéroboam se mit à piocher dans sa boite à carambars au fur et à mesure de sa progression, tant et si bien qu’arrivant à Camplong la boite était vide. N’osant paraître devant jésus les mains vides , le roi mage alla se réfugier dans le vallon de l’Espaze pour cacher sa honte. Il y est resté et il arrive qu’on le rencontre prostré dans la forêt méditant sur son forfait.

 

 

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Nous voilà donc partis, Gibus, Marie (la compagne de Gibus, pas celle de Joseph!) et moi, un matin d'un hiver passé à la recherche du roi mage pour le convaincre qu’il y a maintenant prescription et que Jésus lui a depuis longtemps pardonné son forfait qui n’est qu’une douce billevesée par rapport aux crimes quotidiennement commis par l’humanité. Le ciel laiteux et les oripeaux de l’hiver ont gommé les couleurs du monde conférant au vallon de l’Espaze les allures d’un lieu de pénitence. On comprend que Jéroboam s’y soit réfugié.

 

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Des draperies de glace ornent le tronc d’un arbre mort, seule note de fantaisie dans cet univers glacé.

  

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Que les lois de la physique conduisent à l’élaboration de telles merveilles est pour moi source d’interrogation : quel divin artiste a conçu ces magnifiques bijoux éphémères ?

 

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Il est difficile en hiver de déterminer le sexe des arbres, certains d’ailleurs pouvant être hermaphrodites. Mais à mon avis ces magnifiques pendentifs ne peuvent appartenir qu’à des « arbresses ».

 

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Une averse de neige nous surprend au cours de notre progression et en tendant l’oreille on perçoit le doux chuintement que font les flocons en heurtant le sol et le tronc des arbres. Nous redoublons de vigilance au cas où le roi mage profiterait de cette averse pour sortir de son repère.

  

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Mais cette averse est de courte durée et bientôt le sous bois s’illumine et le monde reprend des couleurs sous le soleil retrouvé.

 

 

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Nous suivons un chemin en balcon qui surplombe le vallon de l’Espaze et redoublons d’attention mais notre roi mage reste introuvable

  

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Et puis soudain nous l’apercevons en contrebas du chemin, figé dans une posture méditative serrant son coffret à carambars vide contre lui . Nous l’interpellons en lui disant que Jésus se soucie comme d’une guigne desséchée de cette affaire d’autant qu’il peut s’offrir tous les carambars qu’il souhaite, vu qu’il a déjà multiplié des petits pains et des poissons pour des milliers de personnes. Le roi mage n’en croyant pas ses oreilles se met à danser la gigue puis commence à dévaler la pente ; nous le hélons en lui demandant où il compte aller : « je m’en retourne à Marc-en-Baroeuf nous dit-il les carambars, c’est trop bon !

 

 

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Nous poursuivons notre chemin heureux d’avoir rasséréné une âme mortifiée. Combien de vies ont été ainsi gâchées par la hantise du péché et la menace de l’enfer brandie par des ayatollahs mortifères menant une existence de cancrelats. Ceux qui font de l'amour ou de la gourmandise un péché sont les seuls vrais hérétiques. Le bruit de nos pas étant étouffés par la neige, nous surprenons, un brin gênés, un couple de hêtres tendrement enlacés s’embrassant passionnément sur la mousse .

 

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Nous allons bientôt quitter le chemin ombragé et glacial qui sinue sur le flanc de l’ubac pour gagner la terre promise de l’adret illuminée par le soleil. Ainsi nos vies passent-elles en permanence de l’ombre à la lumière et inversement et il faut savoir se garder à la fois de l’éblouissement et de la désespérance si l’on veut ne pas perdre son cap.

 

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Les œuvres éphémères nées du mariage de l’eau et du gel ornent le moindre filet d’eau. Le soleil les dissipera bientôt dans l’espace, comme « la camarde » le fera un jour de nos existences, libérant nos atomes pour de nouvelles aventures.

 

 

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Nous voilà cheminant au soleil, l’air cristallin et la neige conférant une gracieuse légèreté au monde environnant. On se sent prêt à voler au sommet de la crête strié d’un fil blanc que l’on découvre à l’horizon. Mais nous serions vite rappelé à l’ordre par la loi de la gravité; l’homme qui rêve si souvent au ciel est condamné  à ramper sur la terre comme un cloporte, dont il n'est en définitive guère différent.

  

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Nous sommes en vue du refuge, autant dire pour nous, montagnards, du paradis ! D’aucuns placent leur « nirvana » dans le ciel, ou dans les palaces, ou encore dans les bras d’une autre personne (je n’ai pas ajouté du sexe opposé, car il faut vivre avec son temps). Mais pour ce qui nous concerne, à cet instant précis, il est là dans cette masure de guingois, ce qui ne veut pas dire que nous n’apprécions pas les effusions …mais bon avec ce froid !

 

 

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Revigorés par un vin chaud, une collation et un feu d’enfer ….. ayant illuminé notre paradis  nous poursuivons notre périple bercé par le vent qui chante dans les vastes sapinières que traverse le chemin.

 

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Un ruisseau facétieux et poète a brodé à la branche d’un chêne pubescent des fleurs de glace . Elles ne vivront hélas que ce que vivent les roses : l’espace d’un matin !

 

 

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Dans le sous bois où il fait plus doux car le vent glacial n’y pénètre pas, la neige n’adhère plus que sur le tracé du chemin où le sol est plus compact et donc plus froid. A l’instar du fil d’Ariane, ce fil neigeux nous guide  jusqu’à notre point de départ

 

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