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25/06/2014

Jane n'était pas au rendez vous !

 

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Ce qu’il y a de plus gratifiant quand on a, comme moi,  le privilège de ne plus avoir à gagner, à la sueur de son front,  sa miche de pain, les rillettes qui vont dessus et le pichet de rosé qui va avec, et donc d’avoir ses journées de libres, c’est de se dire que l’on va pouvoir explorer un petit coin de notre terre où nous n’avons encore jamais mis les pieds. Pas sûr, au demeurant, que beaucoup d’hommes y aient mis les leurs, vu les endroits où Gibus et moi allons baguenauder. Par contre, des mouflons, des sangliers, des renards, des lapins, des fouines, des belettes, des lézards, ça c’est sûr, y ont posé le sabot ou la patte car, en ces endroits où l’homme, ce terrifiant bipède qui met la terre à feu et à sang, ne va jamais ou très rarement, ils se sentent en sécurité.  Au programme du jour donc, la découverte d’une cascade sur le cours du Chavardès mentionnée sur les cartes  IGN mais sans sentier pour y accéder.

 

 

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Nous partons du Sécadou dans le secteur autrefois idyllique mais aujourd’hui défiguré du défunt lac de l’Ayrette, détruit sur ordre des pouvoirs publics, cette décision ayant été vivement contestée au plan local. Après avoir s’être frayés un chemin au sein de la végétation dense qui occupe les rives abruptes du torrent, nous parvenons enfin à cette longiligne et serpentine cascade. Pourtant adeptes du canyoning, nous renonçons à descendre ce toboggan aqueux où nous nous romprions les os qui, pourtant, en ont vu d’autres !

 

 

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Ayant déclamé « Veni, Vedi, Vici » comme le grand Jules sans lequel nous boirions encore de la cervoise et non du vin (merci Jules !), il nous faut maintenant  rejoindre le GR 7 qui doit nous emmener vers un autre secteur inconnu de nous et que nous avons également décidé d’explorer : le flanc EST du Mont Gros . Le problème est qu’il nous faut grimper dans la pente abrupte hors de tout sentier et en évitant si possible de tomber sur le bien nommé Roc des Pièges, un véritable chaos rocheux impossible à franchir sans moyens d’escalade.

 

 

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Mais après quelques tâtonnements qui nous obligent à revenir à l’état de quadrupèdes et nous donnent quelques sueurs froides, bienvenues vue la température estivale, nous parvenons sur le GR7.

 

 

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Au col de Landres nous nous engageons sur une vague sente censée nous conduire au sommet du Mont Gros par le flanc EST . Traversant une zone pierreuse  nous en perdons le fil ténu et nous montons sur des dalles rocheuses pour tenter de la repérer dans la dense végétation environnante. De même que l’école nous apprend à lire dans les livres, la randonnée nous apprend à lire dans la nature. Les chemins crées par les anciens utilisent au mieux la configuration du sol et généralement la végétation aux abords y est moins dense ou moins élevée du fait du passage même irrégulier des hommes ou des animaux. Nous finissons donc par repérer en contrebas la sente que nous avions perdue .

 

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Elle nous mène très vite à une magnifique jasse (bergerie) en ruines qui recèle dans le secret de ses murs un « micro trou noir » chers aux astrophysiciens et qui permettraient selon eux de voyager dans l’espace temps. Ces jasses nous ramènent dans le passé, en un temps où l’homme vivait encore en symbiose avec la nature selon son rythme et n’avait pas encore commencé à saccager son berceau céleste.

 

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Nous parvenons ensuite à l’imposante Jasse de Bramefan où la ramure d’un arbre remplace la toiture effondrée, heureux mariage de pierres et du monde végétal, plus beau pour moi que le prétentieux Taj Mahal.

 

 

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On retrouve un peu plus loin ces étonnantes épousailles entre un vénérable hêtre et un rocher enchâssé à la base de son tronc. L’arbre y puise sans doute une partie de sa force !

 

 

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Notre chemin se poursuit dans un somptueux chaos rocheux qu’une armée de hêtres a arrêté dans sa course vers la vallée. C’est en coupant les forêts de montagne comme au Népal ou en Amérique latine que l’homme provoque de catastrophiques coulées de boue et glissements de terrain qui font souvent des milliers de victimes.

 

 

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Nous parvenons enfin sur le sommet du Mont Gros  illuminé par des bosquets de genêts en fleurs.

 

 

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Quel régal pour les yeux et l’âme que la vue de ces vastes étendues sauvages qui s’étalent jusqu’à la limite de notre vision. On en éprouve un exaltant sentiment de liberté. Ajoutez à cela le bonheur d’y pique-niquer en buvant un rosé bien frais et en trinquant à votre santé et à celle de Jules César (et oui nous ne vous oublions pas chères lectrices et chers lecteurs). Vous avez ainsi un aperçu de la « galère » enchantée qu’est mon existence ! Je parle de « galère » car parfois on galère pas mal dans les rochers !

 

 

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Ensuite c’est la descente dans un océan de fougères pour atteindre le hameau en ruine de Chavardès dont la beauté n’a rien à envier aux jasses vues le matin.

 

 

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Ce hameau comporte ce qui est sans doute le plus beau four à pain du Haut Languedoc et de surcroit en parfait état de marche. Ils n’ont pas de visage ces hommes et ces femmes anonymes qui ont vécu, aimé, travaillé, souffert, mais aussi  fait la fête, chanté et ri en ces lieux. Mais les traces de leur passage sur terre sont palpables intimement mêlées à ces ruines. 

 

 

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Le chemin que nous empruntons offre une vue transversale du célèbrissime massif du Caroux contigu où nous avons fait ensemble déjà tant d’escapades et où mes petits enfants ont tous fait leurs premières sorties de randonneur .

 

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Pour finir, nous allons rafraîchir nos organismes surchauffés par cette longue et sportive randonnée en jouant les « Tarzan » dans une cascade du ruisseau de la Roque….Malheureusement Jane n’était pas au rendez-vous ! Tant pis pour Jane !

 

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PS : A défaut d'avoir vu Jane je vous invite à aller à écouter ma dernière composition "BIDOCHON DREAM" sur  mon blog musical OLD NUT et de contribuer à en faire le tube de l'été....

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

 

16/06/2014

Fondue savoyarde et nuitée au refuge de Caissenols

 

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Partout dans les media les publicités célèbrent la jeunesse et le privilège d’avoir la peau du visage et du cul lisse ! Ils présentent les seniors comme des gens perclus de rhumatismes, rongés par l’arthrose et obligés de se mettre des tonnes d’onguents sur la pomme pour ne pas effrayer leurs petits enfants. Et bien les seniors dont je fais partie, ainsi que mes amis Gibus, Marie et Cie,  « cambronnent »   les publicistes et les renvoient à leurs publicités débiles en les défiant de pouvoir nous suivre avec un sac de 15 kilogs sur le dos pour aller passer une nuit dans le refuge de Caissenols situé au coeur du massif du Haut Languedoc.

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Car ces publicistes veulent nous faire croire qu’avoir la peau des fesses et du visage lisse est un « must », le but ultime d’une vie humaine et que la vieillesse est un naufrage qu’il faut dissimuler.  Cela revient au même que de dire que la morne plaine de la Beauce est plus belle que cette galaxie de montagnes bleutées que vous apercevez, magnifiques rides de Gaïa, notre belle planète, et qui nous racontent sa vie tumultueuse. Nos rides sont les mémoires de nos vies.

 

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Car de même que ces montagnes en leurs replis abritent des trésors de beauté chacune de nos rides, chaque craquement de nos articulations est une bribe de notre histoire, une source de sérénité.  Ces rides  et craquements nous enseignent à ne pas nous fier aux apparences, à prendre le temps de vivre et à profiter de chaque instant.

 

 

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Et pour nous les torrents de montagne sont de plus efficaces bains de jouvence que les crèmes de « perlimpinspins » vendus à prix d’or par les marchands du temple du jeunisme.

 

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D’ailleurs ce vieux berger ridé qui a trouvé refuge sur les contreforts du Plo des Brus se réjouit de voir notre groupe de seniors avaler les pentes comme le feraient de jeunes mouflons (bon là j’exagère un peu !)

 

 

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Et c’est dans une forme quasi olympique que nous arrivons au refuge à peine essoufflés – bon un peu quand même - par l’exercice !

 

 

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La première chose que nous faisons est d’allumer un feu, bien qu’il fasse à cette heure une température encore estivale, afin de réchauffer les lieux en prévision de la nuit toujours fraîche en montagne.

 

 

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Puis nous allons aménager notre dortoir dont le confort spartiate ne nous effraie pas, notre épiderme étant aussi rude que les planches sur lesquelles nous allons quasiment dormir !

 

 

 

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En attendant l’heure de l’apéritif chacun vaque à ses occupations, Marie se plongeant dans une lecture de circonstance sur les bonheurs et enrichissements que nous apporte la marche à pied. Pour ma part je peux vous dire que mon inspiration, que ce soit pour les articles de ce blog ou les chansons que je publie sur Old Nut, vient de mes pieds dont le choc sur le sol joue l’effet d’une pompe qui envoie mon sang oxygéné par la marche comme un geyser jusqu’à mon cerveau.

 

 

caissenols,kirsch,fondue,mouflonArrive (enfin !!!!) l’heure de l’apéritif. Je n’ai normalement pas le droit de publier cette photo en raison des dispositions de la loi Evin, mais je sais que si jamais je subissais les foudres de la puissance publique à cet égard  une pétition circulerait très vite sur internet signée par des milliers de lecteurs. Donc je n’hésite pas à braver cet interdit  pour vous montrer que la marche pour nous n’est pas sœur de l’ascétisme.

 

 

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Maître Gibus commence ensuite à nous préparer sa fondue dont l’excellence, si elle était connue, lui vaudrait sans aucun doute le titre de meilleur « fondeur » de France.

 

 

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Manger une fondue est toujours un exercice délicat car celui qui fait tomber son morceau de pain dans la fondue doit faire un tour de table à cloche-pied,  temps pendant lequel les autres convives ne se privent pas de prendre de l’avance ! Le monde est sans pitié !

 

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En soi la fondue de Gibus, comme je l’ai dit, est un régal mais elle est rendue plus délicieuse encore par le fait qu’elle est accompagnée d’une tradition suisse dite « le coup du milieu » qui consiste à boire un petit verre  de Kirsch pour faciliter la digestion du fromage  quand le caquelon est à moitié vide! je pense que cette fois ci je vais vraiment avoir des problèmes avec la loi Evin !

 

 

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Etant, malgré les apparences, des gens raisonnables nous finissons notre repas en buvant une tisane, ingrédient connu aussi sous le vocable plus imagé de « pisse-mémée » mais  les « pépés » que nous sommes étant aussi concernés . Et je ne vous dis pas le plaisir qu’il y a à descendre et remonter en pleine nuit l’échelle de meunier qui mène au dortoir pour aller faire pipi dehors.

 

 

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Nous flânons ensuite sur la terrasse jusqu’à une heure avancée de la nuit en refaisant le monde comme tous ceux qui ont échoué à faire de cette terre le paradis qu’elle pourrait devenir avec un peu d’amour et de bonne volonté.

 

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Une dernière courte balade nous permet de contempler les étoiles en s’interrogeant sur l’existence d’un grand horloger là haut et  en s’inquiétant de savoir s’il a déjà programmé notre heure  terminale. Penser de temps en temps à sa fin aide à ne pas perdre sa vie à des futilités et à dire à ceux que l’on aime qu’on les aime pendant qu’il est encore temps.

 

 

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En tous les cas, le grand horloger nous a laissé dormir tranquille et on a même pu descendre et remonter  dans la nuit l’échelle sans succomber. Ce qui nous permet de jouir d’un  merveilleux petit déjeuner  pour prendre des forces avant d’arpenter le chemin du retour.

 

 

 

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Je signe le livre d’or pour remercier l’association qui gère ce refuge du remarquable travail de restauration qu’elle a accomplit et qui permet ainsi aux randonneurs de passer des moments idylliques en montagne.

 

 

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Nous voilà sur le départ mais déjà prêts à renouveler l’expérience dès que l’occasion s’en présentera. Et vous constatez à la vue de nos sacs qu’à défaut d’avoir la peau du cul lisse on a encore les épaules solides !

 

PS : Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition L'AVENTURIERE sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux dernières prises par Marie contrairement à ce qui est indiqué sur la photo)

 

  

06/06/2014

Sixième rencontre au sommet Franco-Belge sur l'Espinousse !

 

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 En matière de patates, vous connaissez certainement la charlotte, la roseval, la ratte, la pompadour ou la belle de fontenay parmi les deux cents variétés recensées dans le « catalogue officiel ». Mais  je suis certain que vous ignorez l’existence de la « patate moule » et pour cause elle vient d’être créée dans le plus grand secret par un laboratoire agronomique belge. La patate moule est une pomme de terre à laquelle on a intégré des gènes de la moule afin de lui donner le goût de ce divin mollusque. Innovation révolutionnaire car elle permettra de faire des frites-moules sans moules et donc de les vendre en cornets : un succès mondial en perspective qui va créer un sacré grabuge dans le monde de la restauration !

C’est pour obtenir la license pour la France qu’avec mon ami Gibus et nos épouses, cuisinières émérites,  nous avons convié les créateurs belges de cette patate à une rencontre aux Bourdils, endroit éminemment sauvage situé à plus de mille mètres  sur le plateau de l’Espinoussee,  à l’écart des media. Nous partons donc de bon matin du village de Maurouls, situé au pied de l’Espinousse, les négociateurs belges devant nous rejoindre au sommet pour le pique-nique en partant d’un autre lieu pour ne pas éveiller l’attention.

 

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Nous sommes un peu inquiets car, selon la rumeur locale, quelques êtres étranges ont élu domicile dans cette partie du massif particulièrement sauvage. Et de fait après une demi heure de marche nous entendons des bruits effrayants de mastication. Nous découvrons un impressionnant monstre xylophage en train de dévorer un tronc mort. Mais tout à son festin, celui-ci ne nous prête aucune attention et nous poursuivons sans plus tarder notre ascension, néanmoins un peu inquiets qu’il finisse par s’intéresser à nos vieux abattis, malgré tout plus appétissants qu’un vieux tronc mort !

 

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A peine sommes nous hors de la vue du monstre  que nous tombons sur un calmar géant ! Mais, cette fois ci nous n’avons pas la moindre inquiétude car c’est une vielle connaissance que nous avons déjà croisée l’hiver dernier en ces parages. Ceux qui sont curieux de connaître son histoire peuvent en savoir plus en cliquant ICI . Après l’avoir salué, nous poursuivons notre ascension.

 

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Mais après un quart d’heure de marche, nous entendons soudain une voix nous dire d’un ton péremptoire « halte là » ! Surpris mais n’étant pas du genre à obtempérer, nous continuons de grimper. La voix réitère son avertissement d’une façon encore plus brutale. Nous stoppons alors pour voir qui nous interpelle ainsi de façon aussi comminatoire et nous apercevons un guetteur dissimulé derrière des rochers. Celui-ci nous prévient que nous sommes sur les terres du marquis des Bourdils et qu’il faut un laisser–passer pour y pénétrer. Par chance, le marquis qui est un descendant d’un amant de la Pompadour - qui se trouve être mon arrière arrière arrrière arrière arrière grand mère - est l’un de mes amis ( je me doute que vous êtes sceptique mais sachez que vous l’êtes faussement car c’est l’exacte vérité) . Joignant le dit ami avec mon mobile je lui demande de dire à son guetteur de nous laisser passer. Ce qu’il fait avec bonne grâce.

 

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Notre ascension se poursuit sans que l’on fasse  d’autres rencontres, notre seule préoccupation étant d’éviter que les arbres morts ne choisissent le moment de notre passage pour s’effondrer.

 

 

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 Parvenus sur le plateau nous retrouvons nos amis belges fidèles au rendez vous et nous nous rendons alors d’un bon pas vers le refuge des Bourdils pour y pique-niquer. S’il est un trait commun aux français et aux belges c’est bien de ne jamais laisser passer une occasion de se mettre à table !

 

 

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D’ailleurs à table, nous y voilà, la bouteille d’eau au premier plan sur la table n’étant là qu’en vertu des dispositions règlementaires qui interdisent de faire de la publicité pour le vin sur les blogs.   La France est le premier producteur de vin au monde – la valeur des vins que l’on exporte est égale à celle des airbus -  mais au contraire de nos amis espagnols qui en ont fait un bien culturel et le considèrent comme un aliment naturel, nos élus nous interdisent d’en parler ! Ce qui  ne les empêchent pas de  régaler leurs gosiers  aux frais des contribuables !

 

 

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Après avoir négocié la cession de la license pour l’exploitation de la « patate moule » en France - la vente des premiers cornets de frites-moules étant prévue pour la Noël, le temps que la première récolte soit faite - nous allons admirer le magnifique panorama sur les monts avoisinants.

 

 

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Les genêts en fleurs rehaussent encore la beauté du paysage et il ne nous manque que d’apercevoir quelques mouflons pour parfaire notre bonheur. Mais nous sommes hélas dans un pays de « canardeurs » où les animaux ont appris à craindre l’homme et ils restent sagement sous le couvert des forêts qui nous entourent.

 

 

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Ayant rassasié nos âmes des splendeurs du Haut Languedoc nous redescendons tranquillement vers la vallée .

 

 

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Le chemin est par endroits encombré d’arbres foudroyés qui nous invitent à méditer sur le temps qui passe et nos vies qui s’acheminent tout doucement vers le néant alors que nous perdons trop souvent les heures précieuses de nos existences à des billevesées….Vivons et aimons nous pendant qu’il est encore temps ! L’amour, l’amitié, la fraternité sont des antidotes au temps qui passe et à la dureté du monde dans lequel on vit .

 

 

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Même les montagnes n’échappent pas au sort commun et s’émiettent peu à peu en rochers et cailloux qui dévalent les pentes pour devenir un jour grains de sables dans l’océan !

 

 

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Nous prolongeons ces quelques heures délicieuses passées ensemble par une mémorable soirée qui débute par une fastueuse Sangria préparée par Maître Gibus. Il n’ y a qu’avec des amis belges que les affaires se concluent dans la  fraternité !

 

PS : Ceux qui auraient manqué les précédentes rencontres franco-belges au sommet, peuvent y accéder ICI, ICI, et ICI

 

PS : Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Tic Tac Tic Toc" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

 

 

Texte & photos Ulysse

18/05/2014

A la conquête des deux Peric !

 REPRISE D'ARCHIVE

(La semaine prochaine il y aura du nouveau sur Eldorad'Oc)

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Nous vivons une époque formidable : alors que nous avons tous serrés trois crans à nos ceintures, supprimer le beurre des épinards et remplacer les baguettes par des ficelles (bientôt comme Charlie Chaplin, nous mangerons nos lacets de chaussure !), les médias bruissent des bonus mirobolants que les banqueroutiers  continuent de s'attribuer malgré la panade qu'ils ont provoqué dans le monde. Partout les statistiques confirment que les magnats s'attribuent une part de plus en plus importantes des richesse produites dans le monde. 

Une seule solution pour retrouver sa sérénité : fuir ! Fuir là où les antennes-relais ne diffusent pas encore leurs ondes néfastes ; là où les vieilles feuilles de déclarations d'impôt servent  à sécher les chaussures de randonnées où allumer des feux de bois, là où les cadrans solaires n’ont pas encore été détrônés par les Rôôôlex  et où la télé n’a pas encore éteint la clarté des étoiles. Et Vichnou merci, il existe encore de tels endroits sur cette péninsule que  l’on appelle France.

La région du Lac des Bouillousses (près de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales) en est une et, si mes propos préliminaires ne vous ont pas choqués (vous portez peut être une Rôôôlex ?) et que vous m’acceptez comme compagnon de route,  laissez moi vous y emmener.

 

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Première chose à faire : purifier nos organes sensoriels des pollutions médiatiques qu’ils ont subies. Pour cela se lever de bon matin et contempler les rayons du soleil qui viennent iriser les eaux gris métallique du lac en écoutant le meuglement  jouissif des vaches qui prennent leur petit déjeuner d’herbe.

Face à un tel spectacle, on est le roi du monde et les tapis persans et les dorures de l’Elysée ou d’ailleurs ne sont, en comparaison, que de risibles hochets de pouvoir. Alors que vous entendez battre le cœur du monde et que votre âme entre dans la danse des galaxies, les clowns tristes qui hantent les palais présidentiels s’époumonent à faire tourner les ailes de leurs moulins à paroles.

 

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Ayant longuement contemplé le lac et purifié vos yeux et oreilles nous pouvons alors prendre le chemin du refuge des Camporells. Le soleil rasant n’a pas encore pénétré dans le vallon que l’on remonte pour s’y rendre et seuls quelques confettis de lacs captent la lumière laiteuse du ciel que le vent tarde à  débarrasser de ses rideaux de nuages.

 

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Dans ce miroir d’eau, on perçoit jusqu’au tréfonds du ciel et l’on se demande si le monde dans lequel on évolue n’est pas une pure illusion d’optique.

 

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Puis soudain le soleil l’emporte sur les nuées et les cîmes jumelles des deux Péric se dressent à l’horizon, tétons aguicheurs de Gaïa, notre terre mère, que nous nous promettons Gibus et moi d’aller titiller.

 

 

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Mais parvenus au col de la Balmeta, Eole, sans doute furieux de nos intentions,  couvre les lieux d’un brouillard dense espérant nous faire renoncer à notre projet. Comme l’a chanté ce bon vieux Georges, Eole n’est vraiment qu’un  fripon. Il aime bien fureter dans les jupons de nos belles mais pas question que l’on touche à la sienne .

 

 

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Mais c’est mal nous connaître. Nous poursuivons notre chemin avec,  divine surprise, la bienveillance de Gaïa émoustillée à la vue de nos superbes mollets et qui enjoint Eole de remballer son brouillard.

 

 

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Nous arrivons au pied de l’Estany del Mig, superbe lac situé au pied des Pérics dont les rives sont brodées de rhododendrons. Mais si la beauté nourrit l’esprit elle ne remplit pas l’estomac. Nous sortons donc de nos sacs un pantagruellique pique-nique que nous engloutissons avant d’aller rendre hommage aux tétons de Gaïa. Il serait pour nous peu glorieux de faillir dans cette noble entreprise.

 

 

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Alors que nous entreprenons l’ascension du Petit Peric (2700m) Eole, ce fourbe,  nous jette à la figure quelques nuages espérant nous faire rebrousser chemin. Mais sentant Gaïa vibrer de plaisir sous nos pieds, nous poursuivons l’ascension, le cœur palpitant, le souffle court dans un état proche de l’extase amoureuse (comme le disait Clémenceau grand soldat mais aussi grand séducteur : le meilleur moment de l’amour c’est quand on monte l’escalier !)

 

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Nous foulons enfin le sommet du Petit Peric en faisant crisser l’aréole de cailloux sous nos pieds. Nous croyons entendre Gaïa  ronronner comme une chatte, mais piteusement nous nous rendons très vite compte que ce n’est que le vombrissement d’un hélicoptère qui va et vient au dessus du secteur, bien que la zone soit classée comme espace naturel protégé.

Nous avons appris après coup qu’il s’agissait de vols d’entraînement de l’armée pour former ses pilotes. Cette tolérance est d’autant plus scandaleuse qu’il existe de vastes zones polluées par les remontées mécaniques où cet entraînement pourrait  s’exercer sans  nuire  à la faune et aux usagers de la montagne qui viennent y chercher le silence et la tranquillité.

Une fois de plus entre les déclarations des politiques sur la nécessité de préserver l’environnement et les pratiques des services de l’Etat il y a un abîme. Mais nous sommes en France le royaume des discours et des lois sans application. 

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Puis nous descendons pour rejoindre le chemin qui mène au Puig Peric (2810m) mais ayant en perspective pour le lendemain la montée au Carlit (2921m) je préfère me blottir voluptueusement au creux des deux tétons de Gaïa et laisse Gibus aller seul batifoler sur le deuxième mamelon. A vrai dire j’avais le vague sentiment que Gaïa manifestait une petite préférence pour Gibus qui a incontestablement de plus beaux mollets que les miens et avait atteint en premier la pointe de son premier mamelon. J’ai donc préférer les laisser seuls en tête à tête ou plutôt en tête à têtine pour cette deuxième rencontre.

 

 

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Notre hommage ainsi rendu à l’opulente et somptueuse poitrine de Gaïa, nous redescendons vers la plaine heureux, épanouis comme chaque fois que nous manifestons respect et tendresse pour cette terre mère qui a donné un peu de son argile pour que nous prenions vie.

 

 

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Un couple de mouflons,  résidents permanents de ces lieux ne s’y trompent pas, eux d’ordinaire si farouches. Voyant nos visages extatiques ils reconnaissent en nous, bien que bipèdes, des frères et ils s’arrêtent un instant pour nous saluer. Plaignons ces pauvres chasseurs qui ne connaîtront jamais ce bonheur car les seuls animaux qu’ils puissent contempler  à l’arrêt sont des animaux qu'ils ont massacrés.

 

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Il nous suffit ensuite de suivre les cairns, providence des randonneurs aventureux, dont les pierres, sont à l’image de nos vies, en équilibre instable. Certains en tirent prétexte pour ne pas bouger de peur de tomber et d’autres ne cessent de vivre en déséquilibre, seul moyen de progresser.

 

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Nous voilà de retour au lac  de Bouillousses dont les eaux ont épargné un îlot coiffé de quelques sapins hirsutes qui se pressent l’un contre l’autre pour ne pas sombrer. Pensons à tous ces humains qui bientôt verront leurs terres envahies par les eaux parce que nous aurons vécus sans nous soucier de notre impact sur l’environnement. Tentons d’œuvrer chacun à notre mesure pour réduire cet impact et sauver s’il est encore temps ces peuples condamnés.

 

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Bientôt se profile  l’Auberge du Carlit qui offre un cadre rustique et chaleureux et une table généreuse propice à de conviviales soirées montagnardes.  Mais il est temps d’aller se coucher, demain on se lève tôt pour faire l’ascension du Carlit !

 PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "J'aurais aimé...." sur  mon blog musical OLD NUT .

Texte & photos Ulysse