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23/02/2014

Pèlerinage sur le Caroux

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Hello, me revoilà, Miss Louna du « Caroux c’est fastoche » que les fidèles lecteurs de mon papi reconnaîtront peut être ( bien que j’ai pas mal grandi!). Je suis descendue quelques jours chez mes grands-parents pour faire le plein de vitamine D sous le soleil du sud et accessoirement mettre une touche d’ambiance « Ado » dans leur quotidien. Celà leur permet de mettre leur « programme interne » à jour en matière de musique, de mode et de langage. Bien évidemment quand je vais chez mes « ancêtres » je fais immanquablement un pèlerinage sur le Caroux que j’ai arpenté dès que j’ai pu marcher. Pour mon plus grand bonheur, il a « neigeoté » dans la nuit et je ne résiste pas au plaisir de faire une boule de neige qui finit (par hasard) sa courte existence dans le cou de mon papi ! Mais à vrai dire le hasard, vous vous en doutez, n’y est pour rien…

 

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Nous sommes partis du village de Douch,  où les maisons sont serrées les unes contre les autres, comme dans tout village de montagne, pour mieux protéger leurs occupants contre le vent glacial qui souffle ici l’hiver (bien que la Méditerranée ne soit qu’à une cinquantaine de kilomètres).

 

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Les sous bois saupoudrés de neige offrent, sous la caresse des rayons du soleil encore timides à cette heure, un magnifique spectacle. Cela me change de la grisaille des boulevards parisiens ! Si les parisiens savaient comme la nature est belle, ils vivraient tous à la campagne !

 

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Je ne peux résister à la tentation de faire une nouvelle boule de neige que je lance cette fois-ci vers le ciel, mon papi m’ayant menacée d’être privée de pastilles Vichy (c'est mon péché mignon bien que ce soit une pastille pour le 3ème âge, mais personne n'est parfait !) si cette boule atterrissait une nouvelle fois sur lui.

 

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A notre grande surprise, la boule de neige au lieu de retomber poursuit son ascension et sous l’action des rayons du soleil se transforme en petit nuage rond qui vient coiffer le Canigou.  Le monde est vraiment merveilleux, on finit par l’oublier quand on vit dans une grande ville où l’horizon est bouché par les grands immeubles et le ciel très souvent gris.

 

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Nous nous dirigeons vers le rocher du Caroux qui a donné son nom au massif. Le plateau qui le précède est couvert l’été d’un champ de bruyère mauve. Les couleurs hivernales sont plus austères mais j’aime la perspective de ce lieu.  J’ y vois comme la proue d’un immense navire qui affronte un océan de collines bleutées.

 

 

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Nous rejoignons le refuge de Fontsalès pour y casser la croûte. C’est pour moi un endroit mythique car j’y ai mangé mes premières saucisses grillées « montagnardes » (je ne connais rien d’aussi bon !).  Le Caroux est vraiment pour moi une montagne magique qui donne la banane !

 

 

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Ce qui donne la banane à mon papi et à mon papa qui nous accompagne, c’est un flacon de jus de vitis vinifera auquel, vu mon jeune âge, je n’ai pas encore le droit de goûter.  Moi j’en suis encore à l’âge «coca cola »  que mon papi considère comme un poison dangereux ! Je n’ai pas réussi à mettre sa « base virale » à jour sur ce plan là.

 

 

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Comme tous les gens normalement constitués, j’éprouve une fascination pour le feu, mystérieux phénomène qui permet à l’énergie solaire emmagasinée dans des morceaux de bois de se libérer et de renaître !

 

 

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Dans chaque feu de cheminée c’est un morceau de notre soleil qui brûle ! Le monde est étonnant ! (je reconnais que j’ai un peu traficoté la photo ! )

 

 

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Nous reprenons notre périple et la température s’étant réchauffée je confie à mon papi mon écharpe qui lui donne, ne trouvez vous pas, un aspect sapin de Noël avec toutes les choses (sac à dos, sac photo) qu’il porte par ailleurs ! Je me demande comment il arrive à marcher en étant aussi chargé…c’est  à croire que le jus de Vitis Vinifera est un produit dopant d’une efficacité remarquable. Les cyclistes du tour de France devraient essayer !!!

 

 

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J’en profite pour saluer au passage mon vieil ami le sphinx mais cette fois ci c’est moi qui lui pose l’énigme suivante :

 « D'abord, pense au premier de ce qu'il faut apprendre

Lorsque l'on ne sait rien à l'âge le plus tendre.

Ensuite, dis-moi donc ce que fait par naissance

Celui qui, au palais, a élu résidence.

Enfin, pour découvrir la dernière donnée

Il suffit de la prendre à la fin de l'année.

Tu connaîtras ainsi la créature immonde

Que tu n'embrasserais pour rien au monde »

Le sphinx se creuse la tête (qu’il a pourtant dure)  et me répond pitoyablement : "je sèche !" "C’est pourtant simple, certaines personnes en ont une au plafond !" lui-dis je pour l’aider. Mais le sphinx dépité ne trouve pas la réponse que je lui susurre alors à l’oreille. Et vous, chers lecteurs avez vous trouvé?

 

 

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Grisée par la hauteur

Et la pureté de l’air

Permettez chers lecteurs

Que je poursuive en vers !

 

Le Caroux me donne des ailes :

Je me sens comme un oiseau ,

Et grimpe vers le soleil,

Jusqu’à ce qu’il fasse trop chaud !

 

(Ne suis-je pas digne de ce cher Alphonse Lamartine ?)

 

 

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Mais il me faut revenir sur terre

A cause de l’inquiétude de mon papa

Qui est parfois trop rabat-joie

Comme tout papa sur cette terre

 

 

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 L’âge ne change rien à l’affaire

Ayant voulu traverser le torrent

J’ai mis mes pieds dans l’onde claire

Comme lorsque j’avais sept ans

 

 

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 La fatigue se faisant sentir

Je cherche un lieu pour m’allonger

Mais étant un peu fakir

Je choisis le creux d’un rocher

 

 

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Nous croisons un cheval sauvage

Qui au début parait effrayé

Mais comme je parle son langage

Il me laisse le chevaucher

 

 

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Ayant un coté « fille du vent »

Je monte sur un rocher

Pour tenter de m’envoler

Et manque de me casser les dents !

 

 

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Mais hélas tout  a une fin

Notre balade s’achève

On reviendra, c’est certain

Car déjà j’en rêve

 

A BIENTOT !!!

 

Je vous invite à suivre également notre périple à Karukera sur mon autre blog PIQUESEL .

Et pour celles et ceux qui aiment les chansons je viens de créer un nouveau blog OLD NUT que vous pouvez découvrir ICI

 

De même je vous invite à aller écouter Maxime Ginolin sur le blog de Gaya, chanteur et comédien engagé en faveur de l'environnement.

Texte & photos Ulysse et Louna

 

15:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)

18/02/2014

AAAAAHHHHHHHHH ! ce bain dans l’Albine !!!!!

Chères lectrices et lecteurs, après quelques semaines passées dans les Caraïbes Gibus et moi avons repris  nos randonnées dans les massifs du Haut Languedoc où le climat, comme vous le constaterez, est loin d'être tropical. Mais il paraît que les "chaud et froid" sont excellents pour la santé, aussi devrions nous nous en mieux porter et poursuivre ainsi l'aventure de ce blog que vous suivez avec fidélité, ce dont je vous remercie. Je vous invite à suivre également notre périple à Karukera sur mon autre blog PIQUESEL .

 

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 Au cours de ma (déjà) longue existence, j’ai au moins appris une chose : il ne faut jamais se fier aux apparences ! Ainsi ce n’est pas parce que votre patron vous sourit qu’il est disposé à vous augmenter. Au contraire, c’est une tactique pour vous désarmer et vous dissuader de le lui demander. C’est une façon de vous dire je vous estime alors ne vous abaissez pas à me parler de « fric ». Et bien pour le soleil, l’automne venu, c’est la même chose. Ce n’est pas parce qu’il rayonne généreusement dans un ciel sans nuage que l’on peut sans risque sortir en T-Shirt et bermuda. Nous en savons quelque chose, Gibus et moi qui, dès potron-minet, allons régulièrement chatouiller les protubérances rocheusesde notre berceau céleste. Ainsi ce matin alors qu’Aton » joue les matamores dans le ciel, le fond de l’air affiche un glaçant moins cinq degrés Celsius. Nous nous équipons doc en conséquence pour nous rendre au sommet du Caroux en passant par la piste du col de la Pomarède qui traverse le torrent de l’Albine.

 

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L’Albine est un torrent qui descend du sommet du Caroux pour se jeter huit cent mètres en contrebas dans l’Orb en créant au passage la plus belle cascade du massif (près de 80 mètres !). Habituellement nous l’entendons d’assez loin, mais aujourd’hui le silence règne à ses abords et pour cause, la belle échevelée est gelée (comme nous d’ailleurs ! ).

 

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 Ceux qui s’imaginent que le pays d’Oc est un pays semi-tropical où ils rêvent de venir passer leur retraite vont ainsi déchanter. La seule mesure en degrés qui reste en permanence à un niveau acceptable est celui des bouteilles de nectar qui , été comme hiver, oscillent entre 12 et 14 °. Pour le reste, nous avons comme l’ensemble de l’hexagone notre part d’air glacial, soufflé par les esquimaux sauf que, différence notable, le ciel y est plus généralement bleu.

 

 

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Mais le froid sait se faire pardonner les désagréments qu’il nous inflige en ornant les cours d’eau  de bijoux qui ravissent mon œil de photographe et tonifieraient les épidermes parcheminés des matrones « botoxées » qui habituellement arborent des pendentifs similaires sauf que ces derniers sont en carbone pur. Finalement dans leur cas, les « diam’s » retournent d’où ils viennent : au fond de crevasses !

 

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La glace ayant la particularité d’être glissante et notre coccyx celle d’être  sensible, c’est avec précaution que nous traversons le cours de ce torrent figé dans son élan,  n’ayant aucune envie que l’un rencontre l’autre de façon intempestive !  Nous traversons finalement dans dommage le cours de l’Albine, que nous retrouverons un peu plus tard dans notre périple, mais je ne vous en dis pas plus, soucieux de maintenir le suspense et de vous tenir ainsi en haleine.

 

 

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Si le gel transforme momentanément les cours d’eau en vitrine de joaillier, il occasionne avec ses compères la pluie et le vent des dommages bien plus sérieux à la montagne qu’ils taraudent, fissurent, désagrègent, créant des amoncellements rocheux à l’improbable équilibre

 

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Enfin parvenus sur le plateau du Caroux, nous nous dirigeons vers son restaurant « mille étoiles » (c’est la vue que l’on en a la nuit), il s’agit du refuge de Fontsalès, où nous avons, chères lectrices et chers lecteurs, déjeuner maintes fois ensemble.

 

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Entrez donc un instant vous réchauffer et levons nos verres à la vie, à l'amour et à notre santé, les centaines de kilomètres de sentier que nous avons parcourus ensemble finissant par créer des liens d’amitié certes « virtuels » mais auxquels je suis personnellement sensible et mon ami Gibus également.

 

 

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L’heure est venue de s’arracher à la douce torpeur qui nous envahit devant un feu dont la chaleureuse et rassurante présence a imprégné les gènes de l’humanité car il en a assuré la survie. Dehors le fond de l’air (et la surface aussi !) est toujours aussi glacial mais le somptueux océan de collines bleutées qui s’offre à nos yeux nous fait oublier ce désagrément météorologique.

 

 

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Savez vous que ce fier piton, qui dépasse à peine les mille mètres, est un modeste rejeton d’un massif qui, il y a six cent millions d’années, était aussi haute que l’Himalaya. Ainsi en va-t-il du monde comme de nos vies, toujours en perpétuelle évolution, du néant au néant, en passant entre deux par une (ou plusieurs) vies pendant lesquelles, si l’on nait au bon endroit, on a le droit (à partir de 18ans) à déguster quelques flacons de Vitis Vinifera, boisson divine par excellence !

 

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Quelque soit la rudesse du lieu, partout la vie surgit, partout la vie s’accroche sous forme de lichen, de mousse, d’herbes, d’arbres, manifestation d’un élan vital incompressible qui nous invite à vivre intensément chaque jour de notre vie pour honorer le merveilleux cadeau qui nous a été fait de naître en ce pays.

 

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Etant revenu à une altitude plus basse, l’état des chemins comme le niveau de la température se bonifient. Nous pouvons alors nous détendre un peu et jouir pleinement de la fin de cette belle journée.

 

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Mais ayant abandonné toute vigilance je sombre, heureusement sans dommage, dans un trou creusé par l’érosion masqué par un amoncellement de feuilles amenées là par le ruissellement de l’eau. Imaginez le fou rire de Gibus. Vous en auriez fait autant et je ne vous en aurais pas voulu. Moi même j’étais hilare !

 

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Et pour finir nous croisons une dernière fois le cours de l’Albine qui, à cette altitude, n’est plus gelé. Conformément à la tradition que nous avons instaurée qui est de nous baigner dans chaque cours d’eau que nous croisons quelque soient les conditions atmosphériques (de même que nous débouchons chaque flacon que nous croisons) nous ne manquons pas d’y plonger une tête ! Le rictus de Gibus vous donne une claire indication de la sensation que procure un bain dans de la glace qui vient de fondre ! Allez, soyez indulgents, le jour où l’on arrêtera de faire les « marioles » je fermerai ce blog !

 

PS : Puisque vous lisez et appréciez ce blog, j'en déduis que vous êtes un amoureux de la nature et soucieux de préserver l'environnement. Je vous invite donc à signer ICI la pétition en faveur d' Emmanuel Giboulot, viticulteur dans le département de la Côte-d'Or qui exploite depuis plus de quarante ans 10 hectares de vignes en agriculture biologique et que les pouvoirs publics veulent faire condamner car il  a refusé d'épandre du pesticide sur sa vigne afin de protéger les abeilles. Une fois de plus les pouvoirs publics manifestent le mépris qu'ils ont pour la défense de l'environnement sacrifiée au nom d'une vision du développement économique "court termiste" et inféodée aux lobbies.  (Voir aussi mes commentaires sur mon autre blog PIQUESEL concernant le soutien ignominieux de la France au chalutage profond, procédé de pêche dévastateur)

Vous pouvez également écouter ICI le témoignage d'Emmanuel Giboulot

Texte & Photos Ulysse

13/02/2014

Périple en Auvergne- dernière étape : de Vareilles à St Nectaire

Enfin de retour.......

Et oui, je suis de retour de mon long séjour sous les tropiques et il va me falloir quelques jours pour reprendre le rythme métropolitain. Je vous remercie d'être restés fidèles à mon blog pendant mon absence et pour certains d'entre vous d'y avoir laissé des commentaires dont la lecture est toujours pour moi un plaisir et une encouragement à poursuivre cette aventure "bloguesque" ! Je ne vais pas avoir le temps malheureusement d'y répondre en détail. Je reprendrai la semaine la publication de nouvelles aventures sur les chemins du Languedoc et commencerai sur Piquesel le récit de mon voyage exotique. 

A bientôt donc....

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Le lendemain matin revigorés par la savoureuse cuisine de Michelle Gaidier, généreusement accompagnée par un plaisant Côtes d'Auvergne sélectionné par son mari Thierry, nous prenons la direction de Recoleine.

Avant que nous n'arrivions au pied des puy de Lassolas et de la Vache, dont nous devons faire l'ascension avec nos compagnes, il est temps justement que je vous dise quelques mots sur les vins de cette région, dont on pourrait craindre, vu son régime pluviométrique, qu'ils soient un peu dilués....

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Et bien détrompez vous (et non détrempez vous, ce qui nous est arrivés dans ce beau pays !) car les vins tirent du sol volcanique où la vigne propère une force et un caractère surprenants. En outre, le vignoble étant principalement situé entre Riom et Issoire, à l'est de la chaine des puys, il bénéficie de la protection de cette dernière qui fait obstacle la pluie.

On distingue du nord au sud cinq appellations locales en Côtes d'Auvergne : Madargue, Chateaugay, Chanturgue, Corent et Boudes (cette dernière produisant les vins les plus réputés) qui recourent à trois cépages : le gamay et le pinot noir pour les rouges et le chardonnay pour les blancs.

Pour les avoir généreusement goûtés, je peux vous dire que ce sont des vins fruités, rafraichissants, bien structurés et qui se marient parfaitement avec la cuisine locale. Ils présentent de surcroît, ce qui n'est pas un mince avantage en ces temps de crise, un excellent rapport qualité prix.

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Mais nous voici parvenus au pied des puy de La Vache et de Lassolas, deux volcans jumelés de type strombolien de près de 1200 mètres. Le plateau d'où ils émergent est encore jonché de « bombes » volcaniques.

Leur dernière éruption remonterait à 8.000 ans et leurs coulées de lave, qui ont emporté une partie de leur cône – les transformant en cratères « égueulés » - ont créé les lacs de Cassière au nord et d'Aydat au sud.

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Nos compagnes nous ayant rejoints au pied des volcans, nous en commençons l'ascension. Nous évoluons dans un univers minéral pourpre comme si la lave figée avait conservée la couleur de son état incandescent. Ce phénomène est du à l'oxydation du minerai de fer présent en abondance.
 
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Prenant de la hauteur nous découvrons progressivement le cône presque parfait du puy de Pourcharet qui fait face aux deux volcans.

 
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Quelques pins et genêts partent à l'assaut du flanc nord du cratère du puy de la Vache. Parviendront ils au sommet avant que celui ci ne se réveille ?

 
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Du sommet du cône d'où émerge un étonnant chicot de lave nous découvrons, sagement rangés en file indienne, une série de puys qui sont autant de jolis tétons boisés de la terre que le vent doit aimer caresser. Si nous les voyons un jour frémir, ce sera sous l'effet du plaisir et non l'annonce d'une prochaine éruption...

 

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Les pins et genêts ont par contre réussi à grimper jusqu'en haut du cratère du puy de Lassolas pourtant plus abrupt que celui du puy de la Vache. Sans doute y trouvent ils une meilleure protection contre le vent du nord qui souffle ici généreusement en toutes saisons.

 

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L'ascension de ces volcans bien qu'éteints ayant asséché nos gosiers, nous redescendons vers Saint Nectaire où nous nous délectons d'une bière auvergnate (pour les hommes) et d'une glace (pour les femmes) à la célèbre auberge de Sennecterre. Celle-ci porte le nom de la famille des seigneurs du lieu dont l'orthographe s'est modifiée au fil du temps (sans doute n'avaient ils rien de saint !)

 

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Bien que tous quatre mécréants (ce qui n'exclut pas une certaine inclination spirituelle!) nous rendons visite à la fastueuse église du village dédié à Saint Nectaire (qui évangélisa l'Auvergne au IIIème siècle) et dont les colonnes de la nef et du choeur sont ornées de splendides chapiteaux. La beauté dépasse et échappe aux croyances qui lui donnent naissance et devient un bien commun de l'humanité.

 
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Le « trésor » de l'église comporte, entre autres merveilles, le buste de Saint Baudime, compagnon d'évangélisation de Saint necteaire, dont les yeux écarquillés semblent encore éblouis par la magnicence du pays des « arvernes » qu'il a traversé. Sans doute nos regards ont ils l'éclat du sien tant nous nous sommes réjouis de la beauté des sites que nous avons parcourus.

 

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Bien que notre périple s'achève, nous sommes déjà prêts à y revenir, pour aller ausculter cette fois les volcan autour du Puy de Dôme, en espérant qu'ils ne se réveillent pas d'ici là....

 

 

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Il nous reste à remercier nos compagnes qui, grâce à leur assistance logistique sans faille, nous ont permis d''alléger nos sacs et de profiter au maximum du paysage. De surcroît en Auvergne les galeries marchandes sont plutôt peuplées de fromagers et de commerces de produits du terroir que de fripiers et de bijoutiers, ce qui réduit le risque de découvert bancaire ! Un grand merci également à celles et ceux qui ont bien voulu suivre le récit de notre périple ....

 

PS: La photo du vignoble n'a pas été prise en Auvergne

Texte & Photos Ulysse (sauf la dernière Marie B.)

 

Si les dieux de l'Olympe sont bien disposés à mon égard je serai bientôt de retour parmi vous....

 

 

07/02/2014

Périple en Auvergne - 5ème étape : du lac de Guéry à Vareilles

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


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Nous quittons le lac de Guéry à la fraîche (de toute façon, il peut difficilement en être autrement un matin de juin en Auvergne). Ce lac doit son origine à une coulée de lave qui a barré le ruisseau de l'Enfer, créant ainsi, merveilleux paradoxe, un site paradisiaque. En hiver, quand le lac est gelé, on y pratique la « pêche au trou » comme le font les inuits .

On creuse un trou dans la glace et on jette une ligne (Juliette m'a indiqué que l'on fait de même au lac Pavin). Au demeurant, ce matin un courageux pëcheur nous a précédé, heureux homme qui va jouir quelques heures durant du somptueux spectacle du ballet de l'eau et de la lumière dans un cadre féérique.

N'ayant ni les talents ni le temps de taquiner le goujon (le chemin est long et nous sommes attendus...), nous prenons la direction du Col de Guéry. Je profite du temps de la montée pour me livrer à quelques considérations sur les pêcheurs à la ligne et les chasseurs Bien qu'ils soient tous de redoutables prédateurs, je préfère de beaucoup les premiers aux seconds pour les raisons suivantes :

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Primo, dans le cas du pêcheur, c'est le poisson qui vient à lui et se laisse berner; il a le choix de mordre ou de ne pas mordre à l'hameçon et c'est donc de sa faute s'il se fait avoir. Alors que le chasseur traque sa proie sans relache avec l'aide de ses sacs à puce en ne lui laissant aucune alternative. De surcroît, le premier officie dans le silence et le respect d'autrui, le second transforme les bois et champs en fête foraine.

Secondo, on n'a jamais vu un pêcheur ramener un baigneur (sauf ceux ou celles qui prennent la mouche, mais dans ce cas ils sont fautifs) alors que certains chasseurs (soyons impartial, ne généralisons pas) confondent souvent les bipèdes et les quadrupèdes, ce qui laisse penser que pour des raisons qui méritent un examen approfondi, ceux là voient double !)

Tercio, quand un pêcheur rentre bredouille il ne se venge pas en donnant des coups de canne à pêche sur les panneaux environnants, il passe tout simplement chez le poissonnnier et rempli discrètement sa musette avant d'aller pérorer au café du coin. Certains chasseurs bredouilles ont, en revanche, tendance à prendre pour cible tout ce qui se trouve à leur portée.

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Ces digressions faites, qui me vaudront j'en suis sûr de nouveaux amis, nous voilà arrivés au col de Guéry d'où nous jouissons gratuitement (on dit à tort des auvergnats qu'ils sont pingres mais ce sont, de fait des gens très généreux) d'un panorama qui nous coupe le souffle (où peut être est ce la montée au col ?)

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On y voit, en effet, surgissant dans la vallée, à gauche la roche Tuilière, magma de colonnes de trachyte disposées en gerbes et qui représente la cheminée d'un volcan érodé. Un enfant de sixième qui voit la structure de cette roche comprend de suite qu'elle est de nature volcanique et cela laisse songeur sur l'aveuglement des académiciens qui ont si longtemps contesté ce fait (voir l'étape précédente).

La leçon à tirer de cet aveuglement, chers lectrices et lecteurs, est qu'il faut se méfier des pseudo-experts et appliquer la bonne vieille méthode de Descartes qui est de vérifier, en utilisant sa propre raison , le bien fondé de ce l'on nous raconte. Mon cher ami Gibus qui est marathonien, s'est vu entendre dire par son médecin qu'il était temps pour lui de « se calmer » J'ai ma petite idée quant à celui des deux qui ira manger le premier  les pissenlits par la racine .

A droite, se dresse la roche Sanadoire gigantesque morceau du flanc d'un autre volcan également érodé.

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Notre chemin prend parfois l'allure d'une course d'obstacles, mais il faut remercier les propriétaires qui permettent aux chemins de randonnée de traverser leurs propriétés et facilitent le franchissement des barrières. Ce n'est pas, hélas, le cas partout et notamment sur le Causse du Larzac où des clubs de chasse "huppés" ferment des espaces de plus en plus vastes au moyen de barbelés, au mépris d'antiques droits de passage. Dans notre pays prétendûment démocratique et républicain trop de gens qui ont le bras long (à défaut d'avoir une cervelle déveoppée) et disposent de moyens de persuasion. peuvent s'affranchir en toute impunité du droit et des coutumes.

 

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Nous voici parvenus au bord du Lac de Servières, autre « maar » profond de 26m, auquel sa broderie de sapins donne un air canadien. Un sapin, né sur un îlot d'une graine transporté par le vent ou par un oiseau, est mort d'avoir  trop bu d'eau. Sans doute n'a-t-il pas pu regagner la berge pour se mettre au sec faute de savoir  nager...Buveurs d'eau, voyez ce qui vous attend...

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Le soleil étant pour une fois généreux (Juliette a finalement raison, il peut faire beau en Auvergne) Gibus décide de faire trempette. Quant à moi ayant attrapé un refroidissement au sommet du Puy de Sancy ( et oui cela m'arrive, comme à tout le monde !) je m'abstiens et en profite pour sonder d'une oreille attentive la rive du Lac.

A mon grand affolement je perçois une rumeur, mais je me rends très vite compte qu'il s'agit du bruit de bottes de l'armée chinoise qui vient des antipodes et qui célèbre à sa façon l'anniversaire de Tien'anmen. Ayant eu le privilège d'être trouffion dans l'armée française, j'y ai appris quatre choses de mes « supérieurs » : boire, fumer et glander sans retenue ainsi que défiler au pas, ce qui est un exploit pour une tête en l'air comme moi. Celles et ceux qui ont eu un temps de leur vie rythmé par le bruit des bottes ne l'oublie jamais : les pieds écrasent et ne pensent pas ! Ne dit on pas  d'ailleurs d'un imbécile, qu'il est bête comme ses pieds !

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Nous étant remis en route, l'Auvergne nous plante alors un fabuleux décor : une douce colline, un champ de fleurs, un tapis d'estive, quelques arbrisseaux et deux ou trois nuages poussé par une brise légère; nous marchons d'un pas alerte : nous sommes au paradis !

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Parlant de paradis, nous passons devant la basilique Notre Dame d'Orcival édifiée au XIIème siècle, L'harmonie et la perfection de ses formes me convainquent plus de la spiritualité de l'univers que les élucubrations de Benêt XVI.

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Si l'homme a dressé ves le ciel des édifices qui sont à la fois des prières et des défis à Dieu, il s'est aussi bâti des demeures pour son confort et son plaisir, comme ce magnifique château de Cordes auprès duquel nous passons. Il a été édifié au XIIIème siècle mais modifié au XVème et XVIIème, époque à laquelle ses élégants jardins ont été tracés par le Nôtre.

Nos compagnes nous y ayant rejoints, nous pique-niquons à l'ombre de cet édifice où vécut le maréchal d'Allègre et où Paul Bourget a noué l'intrigue de son roman « le démon de Midi ». Malgré ce patronage un brin sulfureux et le plaisir d'avoir retrouvé nos compagnes (c'est fou comme quelques heures de séparation font du bien) notre pique nique ne se termine pas à la façon de celui peint par Manet (de toute façon je n'aurais pas mis la photo! une question d'age sans doute ! Après une courte siestouille champêtre, Gibus et moi reprenons le GR 30 pendant que nos (plus que) moitiés font la route buissonière pour rejoindre notre gite du soir.

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Passant par Farges puis par Villejacques (nommé ainsi sans doute en raison de "jacqueries", les auvergnats n'étant pas du genre à se laisser exploiter)) nous nous approchons au plus près de la chaine des Puys que domine le Puy de Dôme (1455m). La tour dont les hommes l'ont hélas affublé tente vainement de percer les nuages qui caracolent dans le ciel. C'est un fait acquis, il ne pleuvra pas aujourd'hui !

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Quelques chevaux étonnés par la persistance et l'intensité du soleil se mettent à l'ombre et le plus jeune dont la crinière est encore clairsemée lorgne sur ma casquette. Mais ayant depuis longtemps perdu mes belles boucles blondes (signe paraît il d'une intense activité cérébrale) je refuse de lui en faire don...

Nous arrivons à Vareilles où nous sommes accueillis comme des rois par Michelle et Thierry Gaidier (04 73 65 87 91) qui ont aménagé de superbes gites et chambres d'hôte dans un cadre bucolique à souhait et qui élèvent des ânes pouvant vous accompagner en randonnée. Nous nous y sentons en bonne compagnie....

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Nous ayant suivis jusqu'ici avec constance et courage, vous avez enfin le droit de découvrir nos compagnes, qui ont eu l'excellente idée de mettre une bouteille de « Cloche Rouge », une bière auvergnate à la myrtille, au frais. Qu'elles en soient remerciées. Il y a des jours où Gibus et moi trouvons qu'elles ont toutes les qualités !

A suivre ....


Texte & photos Ulysse (sauf la 10ème  et la dernière  : Marie B.)