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18/05/2014

A la conquête des deux Peric !

 REPRISE D'ARCHIVE

(La semaine prochaine il y aura du nouveau sur Eldorad'Oc)

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Nous vivons une époque formidable : alors que nous avons tous serrés trois crans à nos ceintures, supprimer le beurre des épinards et remplacer les baguettes par des ficelles (bientôt comme Charlie Chaplin, nous mangerons nos lacets de chaussure !), les médias bruissent des bonus mirobolants que les banqueroutiers  continuent de s'attribuer malgré la panade qu'ils ont provoqué dans le monde. Partout les statistiques confirment que les magnats s'attribuent une part de plus en plus importantes des richesse produites dans le monde. 

Une seule solution pour retrouver sa sérénité : fuir ! Fuir là où les antennes-relais ne diffusent pas encore leurs ondes néfastes ; là où les vieilles feuilles de déclarations d'impôt servent  à sécher les chaussures de randonnées où allumer des feux de bois, là où les cadrans solaires n’ont pas encore été détrônés par les Rôôôlex  et où la télé n’a pas encore éteint la clarté des étoiles. Et Vichnou merci, il existe encore de tels endroits sur cette péninsule que  l’on appelle France.

La région du Lac des Bouillousses (près de Font Romeu dans les Pyrénées Orientales) en est une et, si mes propos préliminaires ne vous ont pas choqués (vous portez peut être une Rôôôlex ?) et que vous m’acceptez comme compagnon de route,  laissez moi vous y emmener.

 

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Première chose à faire : purifier nos organes sensoriels des pollutions médiatiques qu’ils ont subies. Pour cela se lever de bon matin et contempler les rayons du soleil qui viennent iriser les eaux gris métallique du lac en écoutant le meuglement  jouissif des vaches qui prennent leur petit déjeuner d’herbe.

Face à un tel spectacle, on est le roi du monde et les tapis persans et les dorures de l’Elysée ou d’ailleurs ne sont, en comparaison, que de risibles hochets de pouvoir. Alors que vous entendez battre le cœur du monde et que votre âme entre dans la danse des galaxies, les clowns tristes qui hantent les palais présidentiels s’époumonent à faire tourner les ailes de leurs moulins à paroles.

 

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Ayant longuement contemplé le lac et purifié vos yeux et oreilles nous pouvons alors prendre le chemin du refuge des Camporells. Le soleil rasant n’a pas encore pénétré dans le vallon que l’on remonte pour s’y rendre et seuls quelques confettis de lacs captent la lumière laiteuse du ciel que le vent tarde à  débarrasser de ses rideaux de nuages.

 

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Dans ce miroir d’eau, on perçoit jusqu’au tréfonds du ciel et l’on se demande si le monde dans lequel on évolue n’est pas une pure illusion d’optique.

 

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Puis soudain le soleil l’emporte sur les nuées et les cîmes jumelles des deux Péric se dressent à l’horizon, tétons aguicheurs de Gaïa, notre terre mère, que nous nous promettons Gibus et moi d’aller titiller.

 

 

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Mais parvenus au col de la Balmeta, Eole, sans doute furieux de nos intentions,  couvre les lieux d’un brouillard dense espérant nous faire renoncer à notre projet. Comme l’a chanté ce bon vieux Georges, Eole n’est vraiment qu’un  fripon. Il aime bien fureter dans les jupons de nos belles mais pas question que l’on touche à la sienne .

 

 

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Mais c’est mal nous connaître. Nous poursuivons notre chemin avec,  divine surprise, la bienveillance de Gaïa émoustillée à la vue de nos superbes mollets et qui enjoint Eole de remballer son brouillard.

 

 

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Nous arrivons au pied de l’Estany del Mig, superbe lac situé au pied des Pérics dont les rives sont brodées de rhododendrons. Mais si la beauté nourrit l’esprit elle ne remplit pas l’estomac. Nous sortons donc de nos sacs un pantagruellique pique-nique que nous engloutissons avant d’aller rendre hommage aux tétons de Gaïa. Il serait pour nous peu glorieux de faillir dans cette noble entreprise.

 

 

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Alors que nous entreprenons l’ascension du Petit Peric (2700m) Eole, ce fourbe,  nous jette à la figure quelques nuages espérant nous faire rebrousser chemin. Mais sentant Gaïa vibrer de plaisir sous nos pieds, nous poursuivons l’ascension, le cœur palpitant, le souffle court dans un état proche de l’extase amoureuse (comme le disait Clémenceau grand soldat mais aussi grand séducteur : le meilleur moment de l’amour c’est quand on monte l’escalier !)

 

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Nous foulons enfin le sommet du Petit Peric en faisant crisser l’aréole de cailloux sous nos pieds. Nous croyons entendre Gaïa  ronronner comme une chatte, mais piteusement nous nous rendons très vite compte que ce n’est que le vombrissement d’un hélicoptère qui va et vient au dessus du secteur, bien que la zone soit classée comme espace naturel protégé.

Nous avons appris après coup qu’il s’agissait de vols d’entraînement de l’armée pour former ses pilotes. Cette tolérance est d’autant plus scandaleuse qu’il existe de vastes zones polluées par les remontées mécaniques où cet entraînement pourrait  s’exercer sans  nuire  à la faune et aux usagers de la montagne qui viennent y chercher le silence et la tranquillité.

Une fois de plus entre les déclarations des politiques sur la nécessité de préserver l’environnement et les pratiques des services de l’Etat il y a un abîme. Mais nous sommes en France le royaume des discours et des lois sans application. 

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Puis nous descendons pour rejoindre le chemin qui mène au Puig Peric (2810m) mais ayant en perspective pour le lendemain la montée au Carlit (2921m) je préfère me blottir voluptueusement au creux des deux tétons de Gaïa et laisse Gibus aller seul batifoler sur le deuxième mamelon. A vrai dire j’avais le vague sentiment que Gaïa manifestait une petite préférence pour Gibus qui a incontestablement de plus beaux mollets que les miens et avait atteint en premier la pointe de son premier mamelon. J’ai donc préférer les laisser seuls en tête à tête ou plutôt en tête à têtine pour cette deuxième rencontre.

 

 

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Notre hommage ainsi rendu à l’opulente et somptueuse poitrine de Gaïa, nous redescendons vers la plaine heureux, épanouis comme chaque fois que nous manifestons respect et tendresse pour cette terre mère qui a donné un peu de son argile pour que nous prenions vie.

 

 

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Un couple de mouflons,  résidents permanents de ces lieux ne s’y trompent pas, eux d’ordinaire si farouches. Voyant nos visages extatiques ils reconnaissent en nous, bien que bipèdes, des frères et ils s’arrêtent un instant pour nous saluer. Plaignons ces pauvres chasseurs qui ne connaîtront jamais ce bonheur car les seuls animaux qu’ils puissent contempler  à l’arrêt sont des animaux qu'ils ont massacrés.

 

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Il nous suffit ensuite de suivre les cairns, providence des randonneurs aventureux, dont les pierres, sont à l’image de nos vies, en équilibre instable. Certains en tirent prétexte pour ne pas bouger de peur de tomber et d’autres ne cessent de vivre en déséquilibre, seul moyen de progresser.

 

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Nous voilà de retour au lac  de Bouillousses dont les eaux ont épargné un îlot coiffé de quelques sapins hirsutes qui se pressent l’un contre l’autre pour ne pas sombrer. Pensons à tous ces humains qui bientôt verront leurs terres envahies par les eaux parce que nous aurons vécus sans nous soucier de notre impact sur l’environnement. Tentons d’œuvrer chacun à notre mesure pour réduire cet impact et sauver s’il est encore temps ces peuples condamnés.

 

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Bientôt se profile  l’Auberge du Carlit qui offre un cadre rustique et chaleureux et une table généreuse propice à de conviviales soirées montagnardes.  Mais il est temps d’aller se coucher, demain on se lève tôt pour faire l’ascension du Carlit !

 PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "J'aurais aimé...." sur  mon blog musical OLD NUT .

Texte & photos Ulysse

11/05/2014

A la conquête du Carlit !

 REPRISE D'ARCHIVE

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Pendant une grande part de notre existence terrestre (je le précise pour ceux qui croient au ciel !) le matin, un réveil sonne  pour nous rappeler que dans l’heure qui suit  nous avons rendez vous avec notre pingre d’employeur, pour qui nous n’en faisons jamais assez et jamais assez vite, ou avec Paul Emploi pour lequel nous n’avons jamais le bon profil : c’est une expérience traumatisante qui ponctue l’essentiel de nos vies dans nos sociétés dite « développées » (on peut se demander d’ailleurs à quoi s’applique cet adjectif si ce n’est aux profits de ceux qui tirent les ficelles). Je suis heureusement délivré de cette fatalité et pour moi le réveil ne sonne point mais chante les prémisses d’une superbe journée généralement passée sur les sentiers.

Ainsi ce matin mon ami Gibus et moi avons pour objectif de gravir le Carlit qui domine le secteur de Font Romeu de ses 2921m. Ayant folâtré la veille sur les deux Peric, aguicheuses mamelles de Gaïa notre terre mère, notre nuit fut riche en rêves enchanteurs et nous nous sommes réveillés épanouis et dispos dans les bras frais et laiteux de l’aube, 

 

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Notre itinéraire longe au départ une kyrielle de lacs qui rechignent à se débarrasser de leurs écharpes de brouillard, frêles protections contre l’air glacial matinal.

Ces innombrables lacs sont une véritable usine à nuages qui plus lourds que l’air  vont s’échouer dans le fond des vallées dont elles prolongent la nuit, alors que le soleil commence à caresser les sommets.

 

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Nous sommes bientôt au pied du Carlit à environ 2200m d’altitude, il nous reste 721m à grimper et les conditions s’annoncent idéales si ce n’est le va et vient incessant des hélicoptère de l’armée qui continuent à propager leurs pollutions sonores et leurs résidus de kérosène dans cet endroit idyllique, pourtant considéré comme une zone naturelle protégée. Décidément celle que l’on appelle la « grande muette »  ne se prive pas de bafouer le droit des citoyens à la tranquillité. Une lettre envoyée au préfet sur ce point pour m'étonner de cette violation est restée sans réponse.

 

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 Pas à pas nous prenons de l’altitude et les lacs que nous avons longés deviennent des morceaux de ciel plaqués sur le fond des vallées.

 

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Le sentier se fait plus sportif et aborde une zone de pierriers où des cairns édifiés par des mains amicales et solidaires  et qui défient les lois de la pesanteur nous guident dans un dédale de rochers.

 

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Nous abordons la partie la plus délicate car il nous faut franchir une paroi rocheuse sur laquelle nous devons nous transformer en crabes ou en araignée pour progresser. C’est ainsi que l’on comprend que chaque être sur cette terre aussi antipathique ou répugnante soit, pour nous,  son apparence, doit être respecté car chacun est un exemple de la merveilleuse capacité d’adaptation de la vie aux différents milieux. Trop souvent nos critères de beauté et de laideur sont guidés par l’arrogance ou l’ignorance. La belle leçon donnée à cet égard par le magnifique film E .T. est de nous montrer que des enfants sans préjugés peuvent manifester de la sympathie à des êtres que des adultes jugent effrayants.

 

 

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Nous voilà au sommet ! Oubliés le souffle court, les mollets et les cuisses « grinçantes »,  la sueur  brûlante dans les yeux, le cœur qui s’emballe et semble vouloir jaillir de la poitrine ! Quelle jouissance ineffable et indicible !

Cette jouissance vient d’abord de s’être vaincu soi même et d’avoir fait taire la petite voix qui vous sussure quand ça devient « difficile »« tu vas faire quoi là haut ? c’est aussi beau d’en bas ! Tu te crèves pour rien, même si tu vas pas au sommet personne n’en saura rien et de toute façon tout le monde s’en fout» C’est cette petite voix qui fait qu’au fur et à mesure que l’on avance dans la vie, on renonce à ses ambitions et à ses rêves ! Et puis ce n’est pas vrai que c’est aussi beau d’en bas ! La haut, on embrasse un vaste bout de terre et cette communion vous grandit, étire votre âme et votre esprit et dissout les mesquineries qui nous assaillent quand on vit à ras de terre.BOn,  je m'arrête là car je deviens grandiloquent !

 

 

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Et c'est , de surcroît, un grand bonheur de voir le dos des nuages, ces nuages dont on ne voit sur terre que le ventre et qui parfois sur nous s’oublient !

 

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Mais il nous faut redescendre pour rejoindre nos compagnes qui nous attendent au col pour des agapes montagnardes. Le spectacle des lacs rassasie de beauté nos esprits mais nos estomacs ont leurs exigences aussi .

 

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Une passerelle de bois qui tangue et danse au dessus du torrent qui jaillit d’un lac nous mène en un lieu paradisiaque  où nous posons nos sacs et étalons nos carcasses sur un lit d’herbes tendres brodé de rhododendrons.

 

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En un tel lieu, on se dit que la beauté du monde n’est pas gratuite ou fortuite, elle est l’œuvre d’une « énergie » avec laquelle notre esprit entre en résonance . La beauté nourrit et élève l’esprit et il faut plaindre ceux de nos congénères qui en sont privés parce qu'ils vivent dans des lieux infâmes.

 

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En prime nous jouissons du spectacle d’Izards qui gambadent sur le névé d’en face. Insouciants et heureux animaux protégés de  la passion destructrice des chasseurs. Pour moi celui qui prend plaisir à tuer est un homme spirituellement mort, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il tue ne supportant pas la beauté et la vie !

 

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Nous levons le camp pour lentement redescendre vers le plateau des Bouillousses. Les lacs se succèdent qui aspirent goulûment le bleu du ciel. Nous y piquons une tête et constatons que le « bleu  montagnard » au contraire du « bleu méditerranéen » est une couleur froide, mais en tant qu’adeptes des bains du 31 décembre il en faut plus pour nous dissuader.

 

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Et c’est le retour au lac des Bouillousses que le jour quitte lentement sur la pointe des pieds plongeant ses berges dans l’obscurité.Comme dit le poète « C’est l’heure exquise où il faut prendre garde à la douceur des choses » car hypnotisés par tant de beauté  nous risquerions d'y rester jusqu'à la nuit et de geler sur place à la contempler.

Fort heureusement l’attrait d’une 1664 bien fraîche qui nous attend au bar de l’auberge du Carlit nous tire de notre rêverie. Nous avons une âme, mais un gosier aussi !

 

 

PS: Je vous invite également à aller à écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

02/05/2014

A la recherche du trésor de Montferrand !

 

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 Chères lectrices et chers lecteurs d’Eldorad’Oc, vous avez demandé de nos nouvelles et bien nous voici, Emilie et Romain, descendus de la capitale pour purifier, dans les effluves garriguéennes du Languedoc, nos alvéoles pulmonaires polluées par les miasmes de l’air parisien.  Nous vous proposons aujourd’hui de faire  d’une pierre deux coups, ou plutôt d’une pierre deux (gros) cailloux,  puisque nous allons visiter deux châteaux.  Mais attention il ne s’agit pas de châteaux genre «  Moulinsart » (au demeurant fort beau)  pour touristes en tongs que l’on amène par cars jusqu’à la grille d’entrée. Ce sont des châteaux à la façon d’Eldorad’Oc où il vous faut crapahuter pour y accéder ! A vrai dire, nous on préfère parce que nous avons droit à des indemnités compensatoires du type « cookies au chocolat », canettes d’orangina, bonbecs, la dolce vita, quoi !

 

 

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Le premier château où nous vous emmenons est celui de Viviourès qui  a été édifié la fin du XIIIème ou au début du XIVème siècle par Guillaume de Pian, ancien sénéchal de Carcassonne, sur le sommet de l’Hortus qui fait face au Pic Saint Loup.  Ses fortifications, qui ont été fortement endommagées par les intempéries,  ont encore néanmoins belle allure, un peu comme notre papi ….

 

 

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Arrivant au pied du château on se demande vraiment comment on va pouvoir y monter . Mais on sait bien que notre ancêtre ne nous a pas emmené aussi haut pour un pur exercice de contemplation. Sur Eldorad’oc c’est l’action avant tout …et on n’a pas intérêt à trainer !

 

 

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Comme vous vous en doutez, il y a un passage qui contourne le pied du château et qui permet d’y accéder…

 

 

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N’empêche que le contournement n’est pas de tout repos car au vu des murailles branlantes perchées au dessus de nos têtes on se demande si on ne va pas recevoir une pierre sur la cafetière ! Ce qui ferait du café très très serré !!

 

 

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Mais  nous arrivons sains et saufs à bon port,  sauf que deux cerbères  armés de hallebardes nous interdisent l’entrée… Bon, vous avez compris que nous sommes encore à un âge où les châteaux forts nous font fantasmer…!

 

 

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Des arbustes se sont  s’installés à l’abri des fortifications. Ils prennent néanmoins le risque d’être un jour  brisés par ces murs qui aujourd’hui les protègent du Mistral et de la Tramontane. Amis aujourd’hui, ennemis demain, tels sont les aléas de la vie et des cours de récré  !

 

 

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Ces arbres confèrent au site un caractère éminemment romantique. La chanson du vent dans leurs hautes branches remplace le son des harpes et des violes qui devaient autrefois résonner dans les salles aujourd’hui désertées. Et oui malgré l’invention du Rap et du Hip Hop à l’école on nous parle encore, et c’est heureux , des troubadours !

 

 

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Nous imaginons les soldats postés à l’affût d’un éventuel assaut et nous sortons nos arcs imaginaires, ce qui nous procure bien plus de plaisir que n’importe quel jeu vidéo. Bon c’est vrai que nos parents un peu « vieux jeu »  ne nous laissent pas  vraiment le choix, mais un château fort en vrai, c’est vraiment EXTRA !

 

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Malgré l’isolement des lieux, ceux qui y qui vivaient  ne devaient pas  s’ennuyer tant est somptueux le spectacle dont on y jouit et qui change en fonction des heures de la journée. Cela dit on veut bien reconnaître que de  regarder à la téloche « Les pirates des Caraïbes » ou le Seigneur des Anneaux » c’est pas mal non plus. Mais c’est super de pouvoir faire les deux !

 

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Nous nous dirigeons maintenant vers le le Château de Montferrand situé sur les contreforts orientaux du Pic Saint Loup. Construit au début du XIIème siècle,  il a été confisqué par le roi de France au comte de Toulouse pendant l’infâme guerre contre les Albigeois (cathares). Il a ensuite successivement appartenu aux protestants puis aux catholiques pendant les guerres de religion.  Vous ne trouvez pas que les hommes sont un peu bêtes de se battre au nom d’un même dieu qui, s’il existe, doit s’affliger de leurs stupides querelles.

 

 

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Après une heure de grimpette nous parvenons au pied des murailles plus ébréchées que celles de Viviourès. Il doit son triste état au  roi scélérat Louis XIV qui a donné l’ordre de le démolir. Heureusement la difficulté de la tâche a permis de préserver une partie des bâtiments. Finalement ce qui est ennuyeux dans l’histoire de France c’est le nombre de rois ou de présidents fous, débiles, corrompus ou stupides que l’on y croise !

 

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Soudain une voix nous hèle. Nous apercevons alors sur le bord du chemin un personnage qui prétend être le comte de Melgueil qui, selon ses dires, aurait édifié le château.  Il y aurait enfoui un trésor dans un souterrain de l’une des salles – sans se rappeler précisément laquelle - mais ses jambes atrophiées l’empêchent d’aller le récupérer. Il a attendu, nous dit-il, que des enfants passent en ces lieux pour leur confier son secret, car il ne fait pas confiance aux adultes.  Il n’a pas tort car c’est vrai qu’ils ne sont pas toujours fiables, vu qu’ils s’autorisent des choses qu’ils nous interdisent de faire : par exemple se gaver de bonbons ou de chocolat !

 

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Excités par l’idée de chercher un trésor nous nous précipitons vers le château et pénétrons dans son enceinte.

 

 

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Le château est effectivement en piteux état mais le site est grandiose avec en enfilade une vue sur le bec rocheux du Pic Saint loup.

 

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Notre papi nous a expliqué que le Pic Saint loup est né du renversement à la verticale du plateau sédimentaire laissé par une ancienne mer lorsque les Pyrénées se sont soulevées il y a quarante cinq millions d’années en chamboulant tout le sud de la France (enfin ce n’était pas la France à l’époque !)

 

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Et nous apercevons en face sur la falaise de l’Hortus le château de Viviourès où nous étions quelques heures avant. Nous sommes à vrai dire admiratifs du chemin que nous avons parcouru en une seule journée ! J’espère que vous l’êtes aussi chères lectrices et chers lecteurs, même si entres les deux on a pris la voiture, mais bon il faut quand même  y grimper aux deux châteaux !

 

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Nous explorons les salles les unes après les autres en jetant un œil inquiet aux murs et plafonds dont les pierres disjointes ne nous inspirent guère confiance. Notre vie, qui promet d’être encore longue, vaut plus qu’un trésor ! D’autant plus que nous n’avons pas encore de descendants qui pourraient en hériter !

 

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Nous apercevons un premier souterrain dont l’aspect est peu engageant…. Mon frère est très hésitant pour s’y engager 

 

 

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Mais prenant son courage à deux mains et surtout poussé par dans le dos par mes soins , Romain s’y engage et je le suis à distance,  tous deux alléchés à l’idée, si jamais nous trouvions le trésor, de pouvoir faire une razzia chez Haribo!  (les grands c’est chez Ferraillerie, Merdecédès ou Cuitons qu’ils vont, à chacun ses folies !)

 

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Après avoir cheminé dans plusieurs salles, le cœur battant, nous finissons par tomber sur un passage au ras du sol qui doit mener au trésor. Mais ni l’un ni l’autre n’avons le courage de ramper pour aller le vérifier surtout que nous n’avons pas de lampe de poche. Nous demandons alors à papi qui  refuse d’y aller prétextant que l’histoire du comte de Melgueil n’est que calembredaine (un mot que l’on ne connaissait pas mais que l’on a compris rien qu’à voir sa mine). Bon maintenant que vous connaissez l’endroit, si vous avez un jour le courage d’y aller nous comptons sur votre honnêteté pour partager le trésor. Si vous le trouvez, faites le savoir à notre papi qui nous transmettra l’info. Nous acceptons les chèques . 

 

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Nous redescendons du château le cœur dépité mais comptant sur vous si jamais un jour vous trouvez le trésor pour nous faire signe !

A la prochaine !

 

PS: Je vous invite également à aller à suivre la suite de nos aventures "décoiffantes" à Karukera sur mon blog PIQUESEL et écouter ma dernière composition "Ainsi va le monde... sur  mon blog musical OLD NUT (cliquez sur les noms des blogs pour y accéder).

 

Puisque vous appréciez mon blog , vous aimez à priori la nature, aussi je vous invite à voir ICI cette époustouflante vidéo sur la traque d'un écureuil par un rapace : 3minutes 30 d'émotion et de bonheur !

 

Photos & Texte Ulysse (ce dernier pour le compte d’Emilie et Romain repartis vers Paris)   

25/04/2014

Je veux être berger........

Chères lectrices et chers lecteurs, les petits loups parisiens sont de retour mais avec nos nombreuses activités nous n'avons pas eu le temps d'écrire une nouvelle aventure, aussi je vous ressers une ancienne dont la relecture ou la découverte, pour ceux qui ne la connaissent pas, vous réjouira.

 

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Je m’appelle Romain,  j’ai trois ans et trois lunes et je viens de lire le rapport du G.I.E.C sur l’évolution probable du climat au cours de mon existence : ça va être chaud !  Faut dire que vous les adultes (y compris mon papy Ulysse qui se dit écolo)  vous ne vous êtes pas privés, vous vous êtes gavés au pétrole pire que moi avec les fraises Tagada ! Et vous ne semblez pas vraiment vouloir changer vos mauvaises habitudes.

Et c’est  nous, la génération qui monte( pas assez vite à mon goût) , qui allons devoir payer les pots cassés. Pour l’instant, encore heureux  que  je ne paye pas ceux que je casse (et j’en profite !) car je bénéficie de l’immunité  accordée aux mineurs ! Mais trop c’est trop , j’ai décidé de ne pas être plus longtemps complice de cette société gabégienne et orwélienne (je suis petit mais j'ai des lettres !): j’ai décidé d’être berger !

 

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Me voilà donc en route vers l’antique bergerie de Tédenat perdue au milieu d’un océan d’herbes et de buis  sur le  Causse du Larzac, burinée par le vent et le soleil, éclairée le soir par les écharpes d’étoiles chères à Giono, loin des néons où se pâment les vanités humaines.

 

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Certes la route est rude et longue pour mes  jeunes et frêles gambettes et  le soleil arbore sa mine réjouie de juillet, mais à cœur vaillant rien d’impossible ! Et les nuages compatissants font glisser sur ma tête de fraîches ombres, me sachant  innocent dans la tragédie climatique qui se prépare et qui les chassera bientôt de ce pays.

 

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Un magnifique macaon se régale du nectar que distille obligeamment un brin de lavande : comment les adultes peuvent ils mettre en péril de telles merveilles ? Sont ils à ce point écervelés pour ignorer que ce papillon et ce brin de lavande font partie de la trame qui soutient leur existence, comme mon doudou soutient la mienne ?

 

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J’arrive enfin à l’ancienne bergerie de Tédenat  mais, hélas,  je ne vois  pas la queue d’un mouton ni la moustache d’un berger (dans les contes pour enfants, les bergers ont toujours la moustache, comme les présidents portent toujours des Rolex)

 

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Je pousse un tonitruant (ramené à mon échelle !)  « y a quelqu’un ? »  et je vois soudain sortir de la bergerie une charmante bergère, qui présente de surcroît l’immense avantage d’être de ma génération .  Au moins, me dis je, voilà quelqu’un avec lequel je vais pour voir parler d’égal à égal sans  craindre de me faire remonter les bretelles parce que j’ai fait pipi à coté du pot ! Au demeurant les papas qui nous morigènent ne sont pas plus adroits que nous dans ce domaine là !

 

 

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Je hèle la demoiselle mais à mon grand désarroi elle s’enfuit . Je suis assez vexé car je me trouve plutôt mignon et  s’il y a généralement une chose que les garçons ne supportent pas c’est de se faire plaquer par une fille. Mettant mon amour propre dans ma poche je cours comme un dératé après elle, mais la donzelle, qui a des jambes de gazelle, me distance bien vite.

 

 

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Je m’arrête mon cœur battant à tout rompre d’épuisement ou peut être est ce de déception amoureuse.

 

 

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Mais étant d’un caractère plutôt bien trempé, j’oublie vite mon infortune et fais une pause pour me régaler d’un morceau de melon que j’avais pris soin d’emporter. Ma brève expérience de la nature humaine m’a appris que les garçons soignaient leurs déceptions amoureuses en ouvrant le frigo et les filles en faisant les magasins. C’est pourquoi le frigo des hommes célibataires est toujours vide tandis que  les placards des filles célibataires sont toujours pleins.

 

 

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Revigoré par cette agape  je prends le chemin du retour renonçant à mon projet de devenir berger sur le Causse. A vrai dire j’avais formé ce projet sur un coup de tête mais je m’aperçois que le retour à la nature, ce n’est pas si évident que ça ! Faudrait dire adieu le matin aux tartines de Nutella et mentalement je ne suis pas encore assez mûr pour ça !

 

 

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Bon, je cause , je cause mais je crois bien que je suis perdu et je suis un peu crevé aussi. Faut dire que j’ai 7 km dans les gambettes qui sont loin d’être aussi grandes que celles de papy Ulysse.

 

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J’aperçois là bas de jolies meules qui feraient un bon matelas pour une petite sieste, mais bon ça me ferait faire un détour….Ho hé ! y a-il quelqu’un qui pourrait me porter ?

 

 

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Soudain une vieille femme au visage ridé et grimaçant s’adresse à moi :

« Bonjour mon petit, que fais tu seul dans ces bois ? t’a-t-on abandonné comme le petit Poucet ?

« Aaaaah ! vous m’avez fait peur madame ! » (propos qui n’est guère galant j’en suis conscient, mais à mon age on ne maîtrise pas encore les règles de la politesse) « Qui êtes vous ? que faites vous ici ?

« Je suis une fileuse du temps,  je veille sur le cycle des saisons, je fais naître puis éclore les bourgeons au printemps et tomber les feuilles l’hiver »

« C’est vous qui nous faites grandir alors ? »

« En quelque sorte oui »

« Ca c’est chouette alors, vous pourriez me faire grandir un peu pour que je puisse attraper la boite de bonbons qui est dans le buffet de la cuisine ? »

« Désolé mais je n’ai pas le pouvoir d’accélérer le temps et même si je le pouvais je ne le ferais pas pour ne  pas te priver de ton enfance, car tu deviendrais alors un adulte incomplet comme un arbre sans fruits. Poursuis ton chemin à ton rythme, jouis de tes doudous et de tes fraises tagada, le monde qui t’attend ne sera pas tendre pour toi ; Tu auras besoin de puiser dans les trésors de ton enfance pour  y tenir droit »

Et sur ces mots elle disparut et je me remis en chemin

 

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Cette discussion philosophique m’ayant épuisé (mes propos habituels font plutôt appel à la trilogie enfantine éternelle pipi-caca-boudin) je reprends mon chemin un brin affamé, mais faute d’avoir été prévoyant ( mais les adultes l’étant eux mêmes rarement, j’ai des excuses de ne pas l‘être) je suis obligé de mâchouiller mon chapeau pour calmer ma faim.

 

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Au bout d’un moment, j’arrive enfin aux portes du village de la Vacquerie dont je suis parti. Je passe devant une porte cochère ornée d’un fer à cheval qui se veut protecteur et je suis sidéré par les enfantillages auxquels s’adonnent ainsi les adultes. Ils nous regardent, en effet, avec un sourire moqueur quand nous croyons au père Noêl, alors qu’ils clouent avec le plus grand sérieux un fer à cheval sur leur porte pour éloigner le mauvais sort.

On se demande parfois si ça vaut le coup de devenir adulte quand on les voit agir. Finalement elle a raison la fileuse du temps je préfère rester petit pour un bout de temps encore et jouir de mes doudous et mes fraises Tagada (encore que je connais des adultes qui se gavent de fraises Tagada, et si on m’embête de trop je donnerai les noms !)

 

 

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Ouf me voilà à la maison !  Je crois que cette nuit je ne vais pas avoir besoin de compter les moutons pour m’endormir ! Mais la prochaine fois que je partirai en vadrouille je mettrai un plus grand chapeau et je prendrai mon GPS !

 

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PS: Cette agréable et facile balade de 2H30 (7km) est décrite dans l'excellent Topo Guide l'Hérault à pied édité par la fédération Française de Randonnée (N°19 La bergerie de Tédenat)

 

Si vous avez aimé ma précédente  note "maritime" je vous invite sans plus tarder à aller chez Frans pour découvrir quelques merveilleuses photos dans le genre.

 

 

 

PS: Je vous invite également à aller à suivre la suite de nos aventures "décoiffantes" à Karukera sur mon blog PIQUESEL et écouter ma dernière composition "Léo, là Haut" sur  mon blog musical OLD NUT .

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

10:07 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (54) | Tags : tédenat, berger, mouton, rolex