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07/02/2014

Périple en Auvergne - 5ème étape : du lac de Guéry à Vareilles

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


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Nous quittons le lac de Guéry à la fraîche (de toute façon, il peut difficilement en être autrement un matin de juin en Auvergne). Ce lac doit son origine à une coulée de lave qui a barré le ruisseau de l'Enfer, créant ainsi, merveilleux paradoxe, un site paradisiaque. En hiver, quand le lac est gelé, on y pratique la « pêche au trou » comme le font les inuits .

On creuse un trou dans la glace et on jette une ligne (Juliette m'a indiqué que l'on fait de même au lac Pavin). Au demeurant, ce matin un courageux pëcheur nous a précédé, heureux homme qui va jouir quelques heures durant du somptueux spectacle du ballet de l'eau et de la lumière dans un cadre féérique.

N'ayant ni les talents ni le temps de taquiner le goujon (le chemin est long et nous sommes attendus...), nous prenons la direction du Col de Guéry. Je profite du temps de la montée pour me livrer à quelques considérations sur les pêcheurs à la ligne et les chasseurs Bien qu'ils soient tous de redoutables prédateurs, je préfère de beaucoup les premiers aux seconds pour les raisons suivantes :

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Primo, dans le cas du pêcheur, c'est le poisson qui vient à lui et se laisse berner; il a le choix de mordre ou de ne pas mordre à l'hameçon et c'est donc de sa faute s'il se fait avoir. Alors que le chasseur traque sa proie sans relache avec l'aide de ses sacs à puce en ne lui laissant aucune alternative. De surcroît, le premier officie dans le silence et le respect d'autrui, le second transforme les bois et champs en fête foraine.

Secondo, on n'a jamais vu un pêcheur ramener un baigneur (sauf ceux ou celles qui prennent la mouche, mais dans ce cas ils sont fautifs) alors que certains chasseurs (soyons impartial, ne généralisons pas) confondent souvent les bipèdes et les quadrupèdes, ce qui laisse penser que pour des raisons qui méritent un examen approfondi, ceux là voient double !)

Tercio, quand un pêcheur rentre bredouille il ne se venge pas en donnant des coups de canne à pêche sur les panneaux environnants, il passe tout simplement chez le poissonnnier et rempli discrètement sa musette avant d'aller pérorer au café du coin. Certains chasseurs bredouilles ont, en revanche, tendance à prendre pour cible tout ce qui se trouve à leur portée.

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Ces digressions faites, qui me vaudront j'en suis sûr de nouveaux amis, nous voilà arrivés au col de Guéry d'où nous jouissons gratuitement (on dit à tort des auvergnats qu'ils sont pingres mais ce sont, de fait des gens très généreux) d'un panorama qui nous coupe le souffle (où peut être est ce la montée au col ?)

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On y voit, en effet, surgissant dans la vallée, à gauche la roche Tuilière, magma de colonnes de trachyte disposées en gerbes et qui représente la cheminée d'un volcan érodé. Un enfant de sixième qui voit la structure de cette roche comprend de suite qu'elle est de nature volcanique et cela laisse songeur sur l'aveuglement des académiciens qui ont si longtemps contesté ce fait (voir l'étape précédente).

La leçon à tirer de cet aveuglement, chers lectrices et lecteurs, est qu'il faut se méfier des pseudo-experts et appliquer la bonne vieille méthode de Descartes qui est de vérifier, en utilisant sa propre raison , le bien fondé de ce l'on nous raconte. Mon cher ami Gibus qui est marathonien, s'est vu entendre dire par son médecin qu'il était temps pour lui de « se calmer » J'ai ma petite idée quant à celui des deux qui ira manger le premier  les pissenlits par la racine .

A droite, se dresse la roche Sanadoire gigantesque morceau du flanc d'un autre volcan également érodé.

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Notre chemin prend parfois l'allure d'une course d'obstacles, mais il faut remercier les propriétaires qui permettent aux chemins de randonnée de traverser leurs propriétés et facilitent le franchissement des barrières. Ce n'est pas, hélas, le cas partout et notamment sur le Causse du Larzac où des clubs de chasse "huppés" ferment des espaces de plus en plus vastes au moyen de barbelés, au mépris d'antiques droits de passage. Dans notre pays prétendûment démocratique et républicain trop de gens qui ont le bras long (à défaut d'avoir une cervelle déveoppée) et disposent de moyens de persuasion. peuvent s'affranchir en toute impunité du droit et des coutumes.

 

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Nous voici parvenus au bord du Lac de Servières, autre « maar » profond de 26m, auquel sa broderie de sapins donne un air canadien. Un sapin, né sur un îlot d'une graine transporté par le vent ou par un oiseau, est mort d'avoir  trop bu d'eau. Sans doute n'a-t-il pas pu regagner la berge pour se mettre au sec faute de savoir  nager...Buveurs d'eau, voyez ce qui vous attend...

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Le soleil étant pour une fois généreux (Juliette a finalement raison, il peut faire beau en Auvergne) Gibus décide de faire trempette. Quant à moi ayant attrapé un refroidissement au sommet du Puy de Sancy ( et oui cela m'arrive, comme à tout le monde !) je m'abstiens et en profite pour sonder d'une oreille attentive la rive du Lac.

A mon grand affolement je perçois une rumeur, mais je me rends très vite compte qu'il s'agit du bruit de bottes de l'armée chinoise qui vient des antipodes et qui célèbre à sa façon l'anniversaire de Tien'anmen. Ayant eu le privilège d'être trouffion dans l'armée française, j'y ai appris quatre choses de mes « supérieurs » : boire, fumer et glander sans retenue ainsi que défiler au pas, ce qui est un exploit pour une tête en l'air comme moi. Celles et ceux qui ont eu un temps de leur vie rythmé par le bruit des bottes ne l'oublie jamais : les pieds écrasent et ne pensent pas ! Ne dit on pas  d'ailleurs d'un imbécile, qu'il est bête comme ses pieds !

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Nous étant remis en route, l'Auvergne nous plante alors un fabuleux décor : une douce colline, un champ de fleurs, un tapis d'estive, quelques arbrisseaux et deux ou trois nuages poussé par une brise légère; nous marchons d'un pas alerte : nous sommes au paradis !

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Parlant de paradis, nous passons devant la basilique Notre Dame d'Orcival édifiée au XIIème siècle, L'harmonie et la perfection de ses formes me convainquent plus de la spiritualité de l'univers que les élucubrations de Benêt XVI.

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Si l'homme a dressé ves le ciel des édifices qui sont à la fois des prières et des défis à Dieu, il s'est aussi bâti des demeures pour son confort et son plaisir, comme ce magnifique château de Cordes auprès duquel nous passons. Il a été édifié au XIIIème siècle mais modifié au XVème et XVIIème, époque à laquelle ses élégants jardins ont été tracés par le Nôtre.

Nos compagnes nous y ayant rejoints, nous pique-niquons à l'ombre de cet édifice où vécut le maréchal d'Allègre et où Paul Bourget a noué l'intrigue de son roman « le démon de Midi ». Malgré ce patronage un brin sulfureux et le plaisir d'avoir retrouvé nos compagnes (c'est fou comme quelques heures de séparation font du bien) notre pique nique ne se termine pas à la façon de celui peint par Manet (de toute façon je n'aurais pas mis la photo! une question d'age sans doute ! Après une courte siestouille champêtre, Gibus et moi reprenons le GR 30 pendant que nos (plus que) moitiés font la route buissonière pour rejoindre notre gite du soir.

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Passant par Farges puis par Villejacques (nommé ainsi sans doute en raison de "jacqueries", les auvergnats n'étant pas du genre à se laisser exploiter)) nous nous approchons au plus près de la chaine des Puys que domine le Puy de Dôme (1455m). La tour dont les hommes l'ont hélas affublé tente vainement de percer les nuages qui caracolent dans le ciel. C'est un fait acquis, il ne pleuvra pas aujourd'hui !

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Quelques chevaux étonnés par la persistance et l'intensité du soleil se mettent à l'ombre et le plus jeune dont la crinière est encore clairsemée lorgne sur ma casquette. Mais ayant depuis longtemps perdu mes belles boucles blondes (signe paraît il d'une intense activité cérébrale) je refuse de lui en faire don...

Nous arrivons à Vareilles où nous sommes accueillis comme des rois par Michelle et Thierry Gaidier (04 73 65 87 91) qui ont aménagé de superbes gites et chambres d'hôte dans un cadre bucolique à souhait et qui élèvent des ânes pouvant vous accompagner en randonnée. Nous nous y sentons en bonne compagnie....

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Nous ayant suivis jusqu'ici avec constance et courage, vous avez enfin le droit de découvrir nos compagnes, qui ont eu l'excellente idée de mettre une bouteille de « Cloche Rouge », une bière auvergnate à la myrtille, au frais. Qu'elles en soient remerciées. Il y a des jours où Gibus et moi trouvons qu'elles ont toutes les qualités !

A suivre ....


Texte & photos Ulysse (sauf la 10ème  et la dernière  : Marie B.)

31/01/2014

Périple en Auvergne – 4ème étape : Du Puy de sancy au lac de Guéry

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


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Le lendemain matin, miracle ! le soleil entrouvre son oeil sur l'Auvergne, je dis « entrouvre » car les cîmes sont encore bien enrubannées de nuées, à croire qu'il s'y passe des choses peu recommandables, genre bacchanales de satyres et de nymphettes ou « happy hours » bacchusiennes.

Voulant en avoir le coeur net Gibus et moi, quittons nos compagnes un peu inquiètes (du moins le font-elles croire) pour entreprendre une nouvelle fois l'ascension du massif du Sancy, avec comme objectif le Pas de l'Ane.


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Au fur et à mesure que nous progressons vers les cîmes, Eole dissipe les nuages et nous révèle la grandeur et majesté du massif. Combien médiocres sommes nous d'avoir imaginé des scènes de beuverie et de luxure en ces lieux empreints d'une telle beauté. Mais ainsi est fait l'homme qui ramène toujours les choses à son aune de vermisseau tourmenté par son égo lubrique et avide

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Mais les nuages n'ont pas dit leur dernier mot et font une ultime tentative pour regagner le terrain perdu. Les cîmes alors se rebellent et les déchiquètent de leurs pointes acérées. Les nuages s'effilochent en lambeaux qui agonisent en silence sous les rayons du soleil enfin triomphant (sans fausse modestie je trouve ces lignes dignes de Chateaubriant....mais je suis sur que certains esprits mesquins rajouteront « rayon pâtisserie » !)


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Nous voici enfin parvenus au Pas de l'Ane, Gibus en petites foulées et moi ahanant et soufflant tout en méditant sur la compatibilité du Chateaugay et du Chantourgues (deux agréables crûs de la région) avec le profil des chemins auvergnats. La montée s'est toutefois arrêtée avant que je n'arrive à une conclusion. Il faudra donc que je procède à un nouveau test.


DSC03631.JPGPendant quelques kilomètres nous allons jouer les funambules sur le chemin qui serpente en bordure du plateau sommital qui va du Puy de Sancy au Capucin, immense moquette d'herbe où les troupeaux de vaches ressemblent à des fourmis et où l'homme se dissipe, s'évanouit ne laissant comme preuve de son existence que la plaie à vif des chemins tracés par des siècles de va et vient.

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La chaine des Puys qui nous fait face résulte de l'histoire tourmentée du massif qui s'est édifié par un empilement successif d'énormes quantités de roches volcaniques sur 500km2 entre moins trois millions d'années et 230.000 ans. Différents types de lave y sont présents, des basaltes et des andésites noires formant des « tables » plus ou moins allongées (sur l'une desquelles nous sommes) des trachytes plus claires trop visqueuses pour s'écouler et qui s'accumulent au point de sortie et forment les dômes et notamment le Puy de Sancy.

Comme je le disais au cours de notre première étape, la découverte de la présence de volcans en Auvergne fut tardive. Elle est le fait d'un modeste naturaliste parisien, Jean Etienne Guettard qui, en 1751, alors qu'il était en villégiature à Vichy (belle ville que je ne connais pas mais chère à Juliette que je salue au passage), découvre sur des maisons des pierres qui lui rappellent des échantillons de lave qu'il avait vus sur le Vésuve. Il se rend alors au Puy de Dôme d'où viennent les pierres en question et constate avec stupéfaction en le parcourant qu'il s'agit d'un ancien volcan.

Il fait alors une communication à l'académie des sciences (peuplée de vieillards cacochymes comme aujourd'hui le sont toutes nos académies ) qui se gaussent de lui.....Ce n'est que vingt cinq ans plus tard, face aux preuves de plus en plus évidentes apportées à l'appui de la thèse de J.E Guettard qu'ils lui donnèrent raison. M. Allègre pseudo scientifique français qui conteste l'origine humaine du réchauffement climatique perpétue cette tradition de nos élites et de nos généraux d'être toujours en retard d'une révolution ou d'une guerre.

Pour ne pas être en reste en matière de ridicule, quand la nature des volcans fut avérée, les autorités ecclésiastiques, pour apaiser les populations effrayées par cette nouvelle, organisèrent de grandes processions afin de prier la puissance divine de maintenir les volcans en sommeil . Souvent l'homme fait mentir le grand Aristote qui a dit de lui qu'il était un animal doué de raison...

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Je parle, je parle et pendant ce temps là Gibus avance mais le terrain étant pour une fois fort heureusement plat je parviens à ne pas me faire trop distancer. Les nuages font un retour discret mais qui ne gâche pas l'impression d'ensemble de beau temps ...Comme l'aurait chanté le talentueux Bourvil ( une telle référence à l'évidence trahit mon âge !) « un grand ciel bleu sur le sol Auvergnat jamais on ne le verra !

 

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Nous nous arrêtons un instant (pas deux, car un long chemin nous attend) pour contempler au loin la forme massive du Puy de Dôme dont nous espérons faire le tour l'an prochain, si celle ou celui qui tire les ficelles de nos destinées ne cassent pas nos fils (il faut être prudent car il ou elle est souvent maladroit !)


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De jeunes pousses de gentiane s'épanouissent sous le soleil revenu et me donnent l'occasion, en m'obligeant à m'agenouiller pour les photographier, d'ausculter discrètement le sol d'une oreille. C'est le calme plat, pas le moindre grondement, pas la moindre rumeur, ce qui à vrai dire, nous déçoit un peu, car un petit "crachouillis" volcanique ne serait pas pour nous déplaire. Cela troublerait un peu la sérénité affichée du locataire de l'Elysée, enfin "locataire" est une façon de parler, car c'est nous qui payons les charges et le loyer et il est pas du genre à éteindre les lumières  ! Le réveil des volcans auvergnats mettrait un peu d'ambiance !

Pour en revenir à la gentiane, savez vous que la formule « Ave César » vient de l'époque où ce célèbre empereur, qui commandait la légion romaine, remontait vers le nord pour conquérir l'Angleterre en traversant l'Auvergne. A chaque entrée de village il s'entendait dire « Avèze César ? » car les auvergnats généreux et accueillants souhaitaient lui offrir leur apéritif emblématique. Et donc la tradition est restée, déformée par les légionnaires, d'accueillir César par ces mots.


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Nous descendons vers la Bourboule en suivant le ruisseau de la Clergue dont les eaux désaltèrent une magnifique hêtraie. Des engins forestiers ont défoncé le chemin dans lequel nos godillots s'engloutissent en dérapant, menaçant à tout moment de nous faire prendre un bain de boue. Le roi de la forêt, un hêtre multi séculaire, hilare nous interpelle au passage en nous disant « Si vous ne marchez pas plus vite vous allez prendre racine, ce qui ne serait pas pour me déplaire car vous me tiendriez compagnie » Nous aimons les arbres mais la perspective de subir pendant des décennies les aléas climatiques d'Auvergne (sorry Juliette), alors que nous attend notre cher soleil du sud, nous fait presser un peu plus le pas, malgré les risques de glissade.

 

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Ayant franchi la vallée de la Bourboule où s'écoule claire et riante la Dordogne, nous commençons à gravir le flanc sud de la Banne dOrdanche (1512m) autre ancien volcan jumelé avec le Sancy.

 

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Nous sommes loin, en ce lieu isolé, des hordes toutistiques croisées au Sancy. Mais on est toujours le gêneur de quelqu'un d'autre car un aigle tournoie au dessus de nous pour nous impressionner, sans doute mécontent que l'on vienne empiéter sur son terrain de chasse.


 

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 Parvenus au sommet, nous avons la récompense d'un panorama comme seule l'Auvergne sait en offrir : un océan de verdure aux vagues à la fois impressionantes et paisibles sur lequel dérivent des radeaux de nuages .

 

 

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 Ayant retrouvé nos compagnes venues à notre rencontre, nous nous réfugions à l'hôtel du Lac de Guéry, une délicieuse adresse au rapport qualité prix imbattable, comme l'Auvergne en a le secret et qui offre en prime une vue magique sur l'un des plus beaux lacs de cette région.

Le délicieux repas consommé en ce lieu idyllique me fait penser qu'il serait temps que je vous parle de vins et de fromages auvergnats. Pour cela, je vous donne rendez vous lors de nos prochaines étapes

A suivre.....

 

Texte & Photos Ulysse

 

24/01/2014

Périple en Auvergne - 3ème étape : de Picherande au Puy de sancy

 Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !


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Le lendemain matin nous prenons la direction du Puy de Sancy (1885m) Le GR 30 déroule son fil noir, qui trahit la nature volcanique du sol, au travers d'un paysage d'une luxuriante beauté. Nous découvrons, une fois de plus, que nous avons à portée de pieds, des paysages qui n'ont rien à envier à ceux que l'on va chercher au bout de la Terre. Et nous n'avons pas à subir l'effet du « jet lag » comme disent les « jetsetteurs » dont le seul bonheur, au demeurant, est de revenir de quelque part où vous n'êtes pas allés.

Par contre l'Auvergne vous offre un décalage temporel en vous transportant en un univers où l'homme et la nature sont en complète et harmonieuse interaction. Gaîa laisse les hommes lui planter quelques épines de bois dans son échine pour marquer leurs territoires et parquer leurs troupeaux et l'homme en retours lui brode, pour la remercier, des tabliers de fleurs ou des écharpes de forêts.

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La pente se fait progressivement plus rude et un honorable hêtre s'incline sur notre passage pour saluer notre courage à entreprendre l'ascension du seigneur des lieux.

 

 

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Sortant du bois, nous avons le bonheur d'apercevoir sa cîme vierge de tout nuage, ce qui n'avait pas été le cas les jours précédents. Mais nous modérons notre enthousiasme car comme le dit un proverbe ulysso-auvergnat (pardon Juliette !) « Qui grimpe au puy de sancy, ne doit pas craindre la pluie !

 

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Nous longeons l'austère mais magnifique cirque de la Fontaine Salée qui tient son nom de la richesse en sels minéraux des sources qui en coulent. Il a été creusé par les glaciers qui couvraient le massif il y a 10.000ans et qui l'ont raboté, ramenant au fil du temps son altitude de plus de 3.000m à 1886 m aujourdhui. Quelques blocs morainiques abandonnés sur les flancs des montagnes témoignent de leur passage.

 

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L'herbe y est verte et tendre et si l'on ne connaissait le destin des vaches qui s'en régalent on pourrait presque envier leur sort. Il ne manque guère que le passage de trains à contempler au moment de leur rumination pour qu'elles mènent une vie rêvée.

 

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Le souci légitime de protéger cet espace unique - en cours de classement en réserve naturelle – oblige le GR 30 a jouer les sentiers buissonniers et à contourner par le sud-est le massif du Sancy, offrant en contrepartie des vues splendides sur les différents puys qui le constituent.


 

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Mais au fur et à mesure que nous avançons, les nuages font de même, ce qui fait que lorsque nous abordons enfin la pente terminale, un troupeau de cumulus patibulaires stationnent au dessus de nos têtes. Pour corser l'aventure, nous commençons à croiser des névés qui vous donnent une indication de la température extérieure. Notre température intérieure est encore acceptable, grâce au délicieux Chateaugay dégusté (et oui malgré les apparences, nous prenons le temps de déguster !) la veille au soir.

 

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Soudain le GR 30 disparaît sous un gros névé qu'il nous faut escalader pour pouvoir poursuivre en vue du sommet. Nous sommes le 10 juin et, désolé Juliette, (elle se reconnaîtra) mais c'est encore l'hiver en certains coins de l'Auvergne ! (sans rancune, j'adore marcher sur les névés!)

 

 

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Nous arrivons enfin au sommet, haletants comme des soufflets de forge, où nous croisons quelques congénères frais et dispos qui ont emprunté le téléphérique et le chemin en caillebotis dont est équipée la face nord du Massif pour y accéder. Cela gâche un peu notre plaisir, mais ne soyons pas trop puristes, il est louable que la beauté de la montagne soit rendue accessible à ceux qui n'ont pas l'habitude ou la possibilité physique de randonner. Et puis il y a suffisamment en Auvergne de puys vierges de tout appendice technique pour satisfaire à notre goût de la contemplation dans le recueillement et la solitude.



 

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Des aiguilles de lave se dressent orgueilleusement au dessus de la vallée. Elles semblent figées pour l'éternité mais pourtant les experts n'excluent pas qu'un jour les volcans d'Auvergne sortent de leur torpeur. Pour le moment, soyez rassurés, malgré une longue et attentive scrutation, Gibus et moi n'en avons pas vu une osciller !

 

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Le monde végétal en cet univers inhospitalier est réduit à une maigre couverture d'herbe qui pare l'ossature torturée du massif, dont la moindre fissure ou pliure se révèle sous cette toison élimée par la pluie, la neige et le vent. En ces lieux sauvages naissent les maigres et glacials ruisseaux de la Dorre et de la Dogne qui en se réunissant en aval donnent, étonnante descendance, la riante Dordogne.


 

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En gagnant la station du Mont Dore notre chemin croise la plaie béante d'une coulée de lave rougeoyante (de la trachyte) sur laquelle dame nature tisse patiemment sa broderie de verdure. D'aucuns (les femmes seront plus indulgentes car plus romantiques) vont trouver que ma plume devient trop mielleuse, et qu'à trop parcourir les estives je m'avachis, mais bon que voulez vous l' Auvergne avec ses bovins, pardon, ses beaux vins, m'émeuh, ah que zut, m'émeut.

 

 

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A ses pieds, protégée du vent, se dresse une fleur de pavot (mais que fait la police ?) qu'une droséphile auvergnatus a repéré et sur laquelle elle déambule un peu « groggy », occasion unique pour moi de prendre une mouche en photo. Bien qu'ayant pris la mouche, je reste d'un calme olympien (très drôle hein !) ce qui me permet de pixeliser un superbe lamier jaune qui offre ses lèvres sensuelles aux lépidoptères en goguette. Ainsi après avoir rêvé d'être « vache » me vient l'envie d'être bourdon...(non, non je vous assure je n'ai pas goûté au pavot...).



 

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Mais les nuages qui nous avaient épargnés sur le sommet du Puy de Sancy ouvrent soudain les vannes, malgré les remontrances de Juliette qui leur rappellent que c'est bientôt l'été et qu'à cette saison normalement il fait beau en Auvergne (voir les commentaires de la première étape) .

 

 

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Cette saucée nous incite à rejoindre « fissa » notre chambre d'hôte et nos compagnes impatientes (du moins le croit-on, les femmes sont très fortes dit-on pour simuler !) où nous nous désaltérons d'un jus de houblon concocté par les moines de l'abbaye de Leffe (ceux là méritent vraiment le paradis !), mais ce n'est qu'un début et vous ne saurez rien du reste car je tiens à garder votre estime et considération...

A suivre.....


Texte & Photos Ulysse

 

 


17/01/2014

Périple en Auvergne : 2ème étape : de Besse en Chandesse à Picherande

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !

 

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Le lendemain matin nous poursuivons sur le GR 30 en direction du lac Pavin. Quel bonheur de déambuler seuls par monts et par vaux (qui sont parfois plutôt « vaches » pour nos jambes quinqua et sexagénaires) à l'heure où nos courageux congénères s'entassent et s'empilent dans les transports collectifs (qui n'ont rien d'amoureux, quoique, certains en profitent...) pour se rendre au travail ou, à défaut chez ce sinistre Paul Emploi.

Je suis aussi passé par là et j'apprécie de pouvoir aujourd'hui chaque matin décider du chemin que je vais suivre. Mais il faut être vigilant et veiller à ne pas gaspiller l'immense privilège dont jouissent les gens dans ma situation et faire de chacun de ses jours une ode à la vie et à la liberté.

 

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Les branches effilées des étoiles n'ont pas réussi au cours de la nuit à percer les nuages qui se vautrent comme de gros chats siamois sur le sommet des collines. Par moment le soleil arrive à se faufiler entre leurs flancs et les genets se gavent alors des maigres rayons qu'ils arrivent à capter.

 

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Certains hommes, qui aiment la solitude et ne craignent pas la compagnie parfois orageuse des éléments , se sont construits un refuge où ils peuvent sans limite s'abreuver de vent, s'ennivrer d'espace et contempler, pendant les nuits claires d'été, la danse des étoiles à laquelle nos vies, sans que nous nous en rendions compte, sont attachées.


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Le squelette d'un vieux hêtre colonisé par les champignons nous parle aussi de cette danse perpéuelle qui nous fait passer des coulisses à la scène et prendre successivement différents rôles au terme desquels nous devenons, du moins c'est ma conviction, une âme sereine et épanouie. Ce qui me laisse penser que j'ai encore quelques vies à vivre  tant sont intenses les tourments qui m'habitent quand il s'agit de choisir entre une bouteille de vin blanc, de rouge ou de rosé !

 

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Mais nous voici arrivés au bord du lac Pavin ....ou plutôt devrais-je dire du « maar » Pavin.Ce qui appelle quelques mots d'explications. De fait les volcans auvergnats sont de trois types : les « péléens » les « stromboliens » et les « maars ». Les péléens correspondent à des volcans dont la lave assez peu visqueuse a fini par s'accumuler en haut du cône créant un dôme plus ou moins arrondi (tels que le Sancy ou le puy de Dôme) . Les stromboliens sont des volcans éruptifs dont la lave fluide a jailli et s'est répandue en longues coulées laissant un cratère vide. Quant aux maars, ils résultent d'une masse de magma qui remontant vers la surface à rencontré une nappe d'eau phréatique. Celle-ci portée à ébullition a alors explosé creusant un cratère dans le sol que l'eau a ensuite rempli.

Le lac Pavin s'est formé il y a 6.000 ans et certains de nos ancêtres ont donc été témoins de l'éruption, ce qui a dû leur offrir un joli feu d'artifice. Dès le bord, sa profondeur est de 90m ce qui le rend peu propice à la baignade d'autant qu'il abrite ce délice gastronomique qu'est l'omble-chevalier. redoutable prédateur qui pourrait  prendre un certains appendice humain pour un vairon, voire un moucheron si l'inconscient baigneur appartenait au genre "homo politicus". Le nom Pavin vient du patois « pavens », qui veut dire épouvantable, et lui aurait été donné car l'on disait autrefois que le fait d'y jeter un caillou provoquait des orages épouvantables. A chaque époque ses fariboles, pas plus énormes au demeurant que celles que nous content aujourd'hui les économistes et autre pévisionnistes.

 

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Ce lac est situé sur le flanc du Puy de Montchal dans le cratère duquel nous descendons pour une rapide et discrète auscultation. Avec inquiétude nous croyons percevoir une rumeur mais ce n'est qu'un Rafale de notre très « chère » armée de l'air qui faute de trouver preneur à l'étranger doit de temps en temps voler pour éviter de rouiller.

A cet égard si notre pays est le champion du monde des inventions  parfois brillantes mais inexportables (concorde, ordinateurs Bull , système Secam, 35 heures et dernier né, le Rafale etc...) ou des fiascos lamentables (abattoir de  La Villette,  Crédit Lyonnais, porte avion  Foch, avions renifleurs et tant d'autres) cela est dû, sans aucun doute, au mode de sélection de son élite (ENA, polytechnique) où la sclérose intellectuelle, la prétention et l'arrogance sont de mise aux lieu et place de l'humilité, de l'ouverture d'esprit et du pragmatisme.

Il en est depuis longtemps ainsi comme l'illustre la rocambolesque aventure de la découverte des volcans en Auvergne, qui n'ont été reconnus comme tels qu'au milieu du XVIIIème siècle grâce à un modeste naturaliste parisien Jean Etienne Guettard. Mais ceci est une autre histoire que je vous conterai lors d'une prochaine étape....

 

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Puis nous descendons vers le plateau de La Laspex et prenons la direction de la tourbières de la Barthe, mettant nos pas dans ceux d'hommes depuis longtemps retournés à la poussière et qui au cours des millénaires ont progressivement colonisés ces vastes étendues.

 

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Cette tourbière, qu'on appelle la petite Sibérie d'Auvergne, reçoit plus de 1340mm d'eau par an et est recouverte en moyenne plus de 50 jours par la neige. Elle s'est formée il y plus de 10.000ans à l'occasion de la fonte des glaciers du massif de Sancy. Elle a une très grande valeur patrimoniale du fait de la richesse des espèces animales et végétales qu'elle abrite.Sa traversée se fait sur des caillebotis qui nous permettent de garder nos pieds au sec, encore que les nuages menacent à tout moment de tester une nouvelle fois l'imperméabilité de nos équipements.

 

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Mais malgré le temps maussade notre humeur est au beau fixe. L'Auvergne déroule ses pentes fleuries qui illuminent le paysage et met le soleil dans nos coeurs. Allelluia, chantent en coeur angelots et angelettes dont on aperçoit les petits culs roses à travers les nuées, mais pudiques nous baissons la tête (pour être honnête, pas quand il s'agit d'une angelette, de plus de 18 ans bien entendu...) et discutons des mérites du Chateaugay (appellation d'Auvergne qui porte bien son nom) bu la veille au soir à Besse en Chandesse. De méchantes langues (dont vous n'êts pas j'en suis sûr, chers lectrices et lecteurs) diront que du vin aux visions divines, il n'y a que l'espace d'un goulôt !

 

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Soudain l'immense miroir du lac Chauvet, autre « maar » auvergnat, illumine l'ensemble du paysage et les nuages, un brin narcissiques, s'arrêtent un instant de défiler pour s'y mirer. Nous profitons de l'occasion pour pique niquer mais au moment de faire une petite siestouille (appelée ainsi car le sol en montagne est généralement caillouteux) un cumulus incontinent sur nous se laisse aller....Soucieux toutefois d'accomplir au mieux notre mission, nous collons une oreille au sol et ne percevant aucune rumeur inquiétante, nous levons le camp.

 

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Arrivant près de Picherande, terme de notre étape, nous passons près d'orgues basaltiques nées dans la fureur mais aujourd'hui, fort heureusement, silencieuses.

 

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Puis nous traversons une coulée de lave ponctuée de mystérieuses alvéoles qui retiennent l'eau de pluie. Qui sait si ce ne sont pas les yeux de la terre qui contemplent le jour les nuages et les étoiles, la nuit.

 

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Nous trouvons refuge à l'Hotel Central situé juste en face de l'église, garantie pour nous d'être réveillés aux matînes, car demain nous attend une rude étape : l'ascension du Puy de Sancy

La chaleur de l'accueil, conjuguée au savoir faire et à la générosité du maître-queue mis en valeur par un délicieux Chateaugay, nous préparent à une nuit réparatrice qu'aucun grondement suspect ne vient troubler...

A suivre....


Texte & Photos Ulysse


 

09:00 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (32) | Tags : volcan, pavin, chauvet, ena