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11/01/2014

Périple en Auvergne : 1ère partie de ST Nectaire à Besse en Chandesse


Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !



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Nous voilà donc partis, mon ami Gibus et moi, accompagnés de nos compagnes qui vont assurer la logistique de notre « expédition », pour la mission ultra secrète d'auscultation des volcans d'Auvergne que nous confiée le C.A.V.A à l'insu du gouvernement (voir ma note précédente)

Le franchissement du viaduc de Millau nous donne le sentiment de pénétrer dans un tunnel de nuages, ce qui n'augure rien de bon quant aux conditions météorologiques de notre périple. Mais vous vous doutez bien que nous avons pris avec nous les anti-rouilles qui nous permettront de faire face aux intempéries et de sauvegarder ainsi nos (assez) vieilles, mais encore efficaces, articulations .

 


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Midi approchant et nos enzimes stomacaux s'agitant frénétiquement (ce qui rapproche les « anciens » des bébés c'est qu'ils mangent tous deux à heure fixe !) nous faisons une halte à l'Auberge de La Loue dans le village de Vodable sis au pied d'un modeste puy et dont l'origine du nom mérite d'être contée.

Au cours des siècles passés et jusqu'en 1960 les agriculteurs du village qui possédaient des moutons et ne pouvaient s'en occuper se réunissaient la veille de Noêl dans la grande salle de cette auberge, qui était alors une bergerie, pour choisir un berger chargé de la garde des moutons pour l'année à venir et fixer les termes de son contrat. Cette assemblée qui permettait de louer les services d'un berger s'appelaient la réunion de « la loue », nom que la famille qui a racheté la bergerie pour la transformer en Auberge a conservé.

Le repas qui nous est proposé pour un prix qui ferait croire à un smicard qu'il est riche ébranle un instant notre détermination à poursuivre notre périple plus avant. Mais notre honneur (et la perspective de trouver ailleurs d'autres auberges aussi réconfortantes) nous incite à mener à bien notre mission et nous nous décidons, à regret, à quitter ce lieu idylique

 

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Nous passons notre première nuit en Auvergne sous la protection du château de Marchidial qui domine le village de Champeix. On dit que la cloche de son donjon est si sensible que le moindre treissaillement tellurique la ferait sonner. La nuit se passe sans qu'aucune sonnerie ne nous réveille, ce qui est un premier indice positif quant à l'assoupissement des volcans auvergnats, mais bon, il nous reste encore pas mal de « puys » à vérifier.

 

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Le lendemain matin confiant le véhicule aux bons soins de nos compagnes (bien qu'étant d'un modèle un peu ancien, nous sommes des hommes « modernes » !) à la sortie de St Nectaire nous sommes enfin, si je puis dire, à pied d'oeuvre. Nous prenons la direction du Lac Chambon en empruntant le GR 30 qui traverse de vastes forêts où les arbres se lancent à l'assault du ciel pour tenter d'apercevoir le soleil ....qui se fait rare dans cette région, dénommée, à juste titre, le château d'eau de la France.

Pendant que nous allons baguenauder et conter « fleurette » aux vaches d'Auvergne (seules rencontres hélas que l'on y fait sur les sentiers à cette saison de l'année) nos compagnes vont faire du tourisme culturel et du shopping ....fromager (il n'y a guère heureusement d'autres possibilités ! ) en attendant de nous retrouver le soir dans les chambres d'hôtes ou auberges autour d'un vin chaud. C'est un arrangement à l'amiable qui permet aux uns (c'est nous !) d'avoir des chaussettes sèches et propres pendant le parcours (préoccupation fondamenale des randonneurs et surtout de leur entourage!) et aux autres (nos compagnes) d'avoir des journées pour papoter, oups pardon, discuter et se cultiver en toute tranquillité ( c'est dur d'avoir un retraité sur le dos toute la journée, n'est ce pas mesdames ?)

 

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Notre chemin prend un peu d'altitude et nous offre une vue plongeante sur le château de Murol fièrement campé depuis le XIIIème siècle sur sa butte de basalte. Le guide vert dit qu'il appartint pendant un temps à la famille d'Estaing avant de devenir un repaire de brigands pendant la révolution. Mais parlant de chatelains et de brigands n'étaient-ils pas, somme toute, généralement de la même engeance ?

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Soudain sous nos yeux éblouis (enfin, n'exagérons rien vu l'état du ciel fort gris) se révèle le lac Chambon que domine l'impressionnante falaise dite de la Dent du marais, vestige d'un ancien volcan:le Tartaret.


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L'endroit où la falaise surplombe le lac est dénommé « le Saut de la Pucelle». En effet, selon la légende, une pucelle qu'un seigneur du lieu poursuivait de ses ardeurs (comme je vous le disais, un brigand, de fait !) se jeta de cet endroit pour y échapper et se retrouva au bord du lac saine et sauve, secourue par Marie qu'elle avait implorée (elle est moins sollicitée aujourd'hui dans ce genre de circonstances !). Revenue au village elle se vanta de son aventure mais les villageois incrédules lui demandèrent de recommencer pour vérifier ses dires. Ce qu'elle fit, mais cette fois ci elle s'écrasa car Marie lui refusa son aide pour la punir de sa vanité. Pas vraiment tendre la Marie à vrai dire ! je parle bien entendu de celle qui serait prétendument dans un coin du ciel, pas de celles, forts sympathiques, qui me lisent.

 

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Aucune châtelaine entreprenante n'étant à nos trousses (hélas!) Gibus et moi suivons tranquillement le GR 30 pour gagner les rives du lac Chambon. Ce lac peu profond (12m) est du à l'éruption du volcan du Tartaret qui bloqua les eaux de la Couze.

Habituellement la vue d'un plan d'eau nous incite à jouer les tritons mais la présence de névés ornant les sommets environnants et qui, à n'en pas douter, s'épanchent dans le lac nous en dissuade.

Nous constatons au passage qu'aucun remous ne trouble les eaux ténébreuses du lac, signe également favorable d'une absence d'activité tellurique... ». So far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les anglais, mais longue est encore la liste des volcans à ausculter...

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Nous plongeons sous le couvert de la forêt de Courbanges, digne des plus belles forêts équatoriales. Tous ces gens qui battent les estrades médiatiques et politiques devraient plus souvent randonner en forêt pour remettre leur égo à leur juste dimension et se rendre compte qu'ils ne sont que des fourmis qui babillent.


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Cette modeste fleur de géranium sauvage offre plus de beauté et d'harmonie au monde que le strass et les paillettes des miroirs aux alouettes que sont devenus les plateaux de télé. Pour le vagabond que je suis la contemplation de ces fleurs est une récompense bien plus belle que les rosettes de la légion d'honneur qui ornent le revers des jaquettes reversibles des "people",  couronnes mortuaires de leur dignité.


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Nous émergeons sur le plateau du Breuil balayé par le vent: j'aime avoir à lutter contre les éléments, ils me donnent de la densité et me confortent dans la réalité de mon existence moi qui parfois ai l'impression d'être rêvé...Ne vous êtes vous jamais posé la question de savoir si vous n'étiez pas le rêve de quelqu'un ?

 

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Au delà du plateau couvert de fleurs s'élève la silhouette sombre des contreforts du massif du Sancy que nous aborderons dans deux jours. Quel magnifique mariage d'un monde où règne l'abondance et  l'exubérance avec un univers pétri d'austérité. Mais ce mariage nous dit aussi que la vie est fragile et a besoin de conditions propices pour s'épanouir. Puissions nous en être tous convaincus avent que l'ensemble de la terre ne devienne comme ces cîmes inhospitalières.

 

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Des vaches inquiètes nous regardent passer. Elles craignent pour leur survie depuis qu'elles sont devenues les bouc émissaires du réchauffement climatique, leur rôts (et non plus leurs pets comme l'a montré une « remarquable » avancée scientifique) étant riches en gaz à effet de serre. J'accepterai que l'on fasse le proçès des vaches le jour où le dernier 4X4 aura quitté les trottoirs de Neuilly, de Saint Cloud ou de Versailles....et à mon avis ce n'est pas demain la veille !

 

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Les pluies abondantes du printemps ont grossi le moindre cours d'eau et notre souplesse ainsi que notre sens de l'équilibre sont mis à rude épreuve pour les franchir au niveau de gués dotés de pierres instables qui semblent animées du désir de nous jetter à l'eau ! Nous sommes ici au pays des bovidés et les bipèdes que nus sommes perdent sur ces terrains boueux beaucoup de leur superbe et de leur fierté !

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Le ballet des nuages que traversent des raies de lumière laiteuse transforme le paysage en un immense tableau de Constable ou de Ruysdael , le premier, peintre néerlandais et, le second, anglais, qui s'y connaissaient en matière de ciels nuageux. Dieu est ,à leur image, un poète et un artiste et  stupides sont ceux qui en font un greffier de nos soit disants péchés, voire, pire, un justicier.

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Mais l'orage gronde et se rapproche; nous pressons le pas entre une haie d'honneur de piquets de chataigners qui n'ont sans doute jamais vu des randonneurs marcher aussi vite. Nous apercevons soudain nos compagnes qui ont eu la sympathique mais malencontreuse idée de venir à notre rencontre, car nous sommes pris de vitesse par l'orage qui s'abat (le mot n'est pas trop fort !) sur nous.

 

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L'eau, cette perverse, s'insinue dans la moindre faille de notre carapace jusqu'au plus intime de notre intimité et coule de notre cape directement sur nos chaussettes qui deviennent des éponges et nos chaussures des flaques. Heureusement l'hotel qui nous accueille à Besse en Chandesse au terme de notre étape dispose de radiateurs et de vin chaud ! Il faut dire que nous ne sommes que le 8 juin et c'est encore l'hiver en Auvergne !

A suivre.....

Texte & Photos Ulysse (sauf 4ème Marie B.)

06/01/2014

Chut ! Je pars pour une mission secrète....

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous avais annoncé une pause.... je me décide enfin à la faire, ce qui veut dire que jusqu'à la fin du mois de février je vais lâchement vous repasser mes archives ! En effet l'année 2014 s'annonce rude et si je veux aller jusqu'au bout je dois ménager ma monture. Nous allons donc de nouveau faire ensemble le tour des volcans d'Auvergne (périple réalisé au printemps 2009) mais il faut reconnaître que cette région mérite que l'on y revienne. Que ceux qui n'ont jamais pris deux rations de Saint Nectaire lèvent la main! Bon il est vrai que c'est moins sûr pour le Saint Pourçain, encore que j'en ai goûté de très bons! Et puis les nouveaux lecteurs n'y trouveront sans doute rien à redire, eux qui avaient manqué ce magnifique périple. Je me ferai pardonner cet abandon de poste en vous offrant à mon retour des aventures qui j'en suis sûr vous décoifferont. Vous pourrez alors emprunter sa coiffure au Marquis des Bourdils qui vous salue et vous dit à bientôt !

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L'autre soir, à l'heure où la grande ourse s'apprêtait à quitter le ciel héraultais pour aller grapiller le miel dans le secteur d'Aldébaran, voilà que le téléphone se met à sonner, provoquant en mon fort intérieur stupeur et irritation.

Il faut dire que je ne reçois quasiment jamais d'appels aussi tardifs, mes amis et mes proches sachant pertinamment 1) que j'ai horreur du téléphone et 2) que mon horreur est décuplée quand il se met à sonner après l'heure du dîner, moment sacré où je consacre toute mon énergie à digérer en savourant les douces effluves vineuses montant du tréfonds de mon estomac.

De fait, je n'ai ces derniers mois toléré que deux exceptions, comme je vous l'ai conté, en faveur du Nord et de l'Ouest, points ayant le rang de cardinaux, ce qui implique un certain respect même de la part d'un mécréant comme moi.

En effet, ceux qui me lisent régulièrement se souviennent sans doute que son éminence « Nord » et son compère « Ouest » m'ont appelé nuitamment pour m'inviter à leur rendre visite en invoquant, le premier, les mânes de Jack London, grand écrivain et explorateur, qui n'avait pas résisté à l'appel du nord et, le second, celles de Jack Kerouac, autre écrivain que j'affectionne, dont le « motto » était « Go west man ».

Mais étant déterminé à ne plus accepter de dérogation et à boycotter tout nouvel appel abusif, je laisse donc ce soir là, sonner le téléphone, attendant que mon appelant anonyme se décourage et raccroche (je n'ai pas de répondeur n'ayant généralement aucune envie de rappeler).

Quand la sonnerie enfin cesse, je pousse un énorme soupir qui incommode la mouche qui tournait à ce moment là autour de moi et ne supporte manifestement pas les vapeurs d'alcool (pourtant un excellent Glenlivet 12 ans d'age !) et je me replonge dans la lecture du magnifique récit « Désert solitaire » d'Edward Abbey.

A peine ai je repris le fil de ma lecture, que le téléphone sonne à nouveau. La fureur alors me gagne et oubliant ma résolution je m'empare du combiné en hurlant « Si vous êtes l'Est ou le Sud, et que vous voulez me refaire le coup de vos copains du Nord et de l'Ouest , allez vous faire voir, cardinaux de mes deux ! »

Mon interlocuteur bredouille des excuses et se présente comme le président du CAVA. L'énoncé de ce simple vocable a pour effet de me rendre aussi tendre qu'une éponge, car le Cava est le nom du champagne espagnol, dont mon gosier comme mon porte monaie raffole (les bulles espagnoles sont 50% moins chères que les bulles champenoises, les Rèmois étant passés maîtres dans l'art de vendre de l'air à prix d'or)

« Président du Cava ! » lui dis d'une voix réjouie, que me vaut cet honneur (combien vénal je suis parfois ! )

« Et bien le Comité d'Auscultation des Volcans Auvergnats est en grande difficulté et a besoin de votre aide » me répond-t-il.

Patatras ! Je comprends tout de suite ma méprise et constate avec horreur que je suis piégé, ne pouvant plus être odieux après avoir été aimable (ça m'apprendra à jouer les faux culs!). « Mais en quoi puis aider le CAVA cher monsieur, je n'ai aucune compétence en matière de vulcanologie ! »

« De telles compétences ne sont pas indispensables, votre totale disponibilité et votre capacité à marcher comme une mule sont pour nous des atouts très précieux pour nous permettre de pallier les difficultés que nous traversons » me répond-t-il alors.

Un brin chiffonné par la comparaison avec une mule je lui demande un peu sèchement quelles sont ces difficultés que le CAVA rencontre.

« Et bien voilà » me dit-il « le gouvernement a supprimé les crédits à tous les chercheurs dont les travaux sont susceptibles de déboucher sur l'annonce de mauvaises nouvelles pour les affecter à des chercheurs chargés de trouver des bonnes nouvelles. On nous a donc demandé de restituer tous nos capteurs et sismographes chargés de surveiller les volcans d'Auvergne. Car ces volcans, vous le savez sans doute, sont susceptibles de se réveiller un jour ce qui causerait un séisme d'ampleur nationale et le gouvernement, qui doit déjà faire face à la crise, ne veut surtout pas que l'opinion soit troublée par des rumeurs qui pourraient courir à ce sujet.

Nous les soupçonnons en outre de voir dans un éventuel séisme un moyen radical de régler une fois pour toutes les problèmes de déficit de la sécu, des caisses de retraite et du budget.

Mais nous voulons éviter cela car c'est au CAVA qu'on s'en prendrait pour n'avoir pas prévenu la population concernée à l'avance si jamais un tel drame se produisait»

« Mais je ne vois toujours pas comment je peux vous aider ! » protestai-je alors

« C'est simple » me rétorque-t-il « nous allons vous faire parvenir un stéthoscope de médecin et nous allons vous demander de faire le tour des volcans d'Auvergne pour les ausculter en toute discrétion. Comme vous avez l'habitude de faire une petite sieste pendant vos randonnées après l'heure du déjeuner, vous profiterez de cet instant pour sonder les entrailles du volcan sans que votre manège n'attire l'attention. Vous nous communiquerez les résultats au retour de votre périple »

un peu mesquin, je lui rétorque alors « mais quel bénéfice en tirerai je ? »

« L'immense honneur de contribuer à sauver des millions de vie humaine et puis sur votre parcours, pour vous désaltérer, on vous fera livrer quelques flacons de Saint Pourcain, de Chateaugais ou de Chanturgues à votre convenance » me dit il imparablement .

La perspective de sauver des millions de mes congénères (surtout si vous en êtes chers lecteurs et lectrices) me réjouissait le coeur. Mais disposer, en outre, du breuvage de Bacchus gratos, la proposition alors là devenait irrésistible ! Je l'ai donc acceptée et je pars demain ausculter les volcans d'Auvergne !

Mais chut ! N'ébruitez surtout pas l'affaire, car si les « oreilles » du pouvoir avaient vent de ma mission, on pourrait me faire subir le sort du masque de fer pour atteinte à l'ordre public et je me retrouverai à croupir dans les geôles de la République (mais, en sommes nous encore une ?)

Je vous ferai  un compte rendu de mes pérégrinations à mon retour, si le GIGN ne me tombe pas sur le poil ou si les volcans d'Auvergne ne se réveillent pas d'ici là !

 

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Texte et 1ère photo Ulysse

28/12/2013

Bataille de boules de neige aux Bourdils !

Chères lectrices et chers lecteurs, j'avais prévu de faire une pause en raison d'un emploi du temps chargé mais ma petite fille Emilie a tenu à tout prix à  vous faire le récit de leur randonnée aux Bourdils et j'avoue que je n'ai pas eu le coeur à lui refuser.  Je lui prête donc ma plume pour la circonstance.....

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Hello, chères lectrices et chers lecteurs du blog de notre papi Ulysse, nous « revoilou » Emilie et Romain, les petits « parigots tête de veau » descendus dans le sud pour y trouver un peu de soleil et se faire chouchouter par nos « ancêtres » (Ils sont nés au siècle dernier vous vous rendez compte !).  Nous allons en profiter pour faire une razzia sur la réserve de confitures de mûres et de figues qu’ils ont concoctées . Ils ont bien de la chance de n’avoir plus que ça à faire dans leur existence !

Aujourd’hui papi et son copain Gibus ont prévu de nous emmener au refuge des Bourdils qui est l’un de leurs « restaurants d’altitude »  préférés . Bon, comme c’est papi qui a prévu aujourd’hui de faire la cuisine nous ne sommes pas sûrs que l’on aura le même avis ! Mais ne soyons pas mauvaise langue, attendons de d’avoir goûté pour juger !

Vous allez sans doute trouver que Romain a un drôle d’accoutrement, mais figurez vous que nos parents « chéris » (ils l'étaient jusqu'à ce matin) ont oublié nos manteaux (à mon avis c’est un acte manqué !) et que du coup papa a du se priver de sa polaire pour éviter que son fiston ne prenne froid ! Si quelqu’un de la DASS lit ce blog il risque de nous retirer la garde de nos parents !

 

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Dans ce monde imprévisible et instable il y a une chose incontestable, c’est qu’un déjeuner aux Bourdils ça se mérite car il faut au préalable se taper cinq cents mètres de dénivelé. Ce ne sont pas les escaliers du métro, qui sont les seules grimpettes que l’on a à Paris, qui nous préparent pour cette épreuve ! Cela dit, papi et Gibus nous ont assuré que le sentier était "confortable" et qu’on ne serait pas obligés de jouer aux acrobates, comme on les voit faire parfois sur ce blog.  On ne sait pas ce que vous pensez, mais nous ont trouve qu’à leur âge, c’est pas sérieux. Qui s’occuperait de la piscine l’été si notre papi tombait dans une crevasse ?

 

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 Mon frérot Romain,  qui habituellement gambade  toujours devant a, ce matin, l’âme rêveuse.  Je pense qu’il est vexé de ressembler à un clown et pourtant tout le monde trouve que ça lui va bien, car le clown, ça, je peux vous garantir, qu’il sait faire !

 

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Il retrouve son sourire quand son papa et Gibus lui prêtent assistance pour traverser un torrent. Il se dit que finalement ses parents tiennent à lui, même s’ils ont oublié de lui prendre son manteau ce matin !

 

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Vous noterez que les chemins qualifiés de « confortable » par papi et Gibus ne sont  quand même pas de tout repos. On y croise quelques obstacles qui font froid dans le dos car on se dit que ces arbres pourraient aussi bien nous tomber sur le poil juste au moment où l’on passe ! En définitive je me demande si papi tient autant à nous qu’il le dit !

 

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 Plus on monte et plus les difficultés s’accroissent. A 900 mètres d’altitude on rencontre la neige, ce qui n’était pas prévu. Pour des petits parisiens la neige en montagne est généralement un bonheur sauf que nos chaussures  n’y sont pas tout à fait adaptées. Mais la magie de la neige nous fait oublier ce petit inconvénient .

 

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Qui dit neige dit immanquablement bataille de boules de neige et je ne peux résister à accueillir comme il se doit l’arrière garde.

 

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Romain retrouve soudainement tout son dynamisme et prend la défense  de sa chère maman, oubliant du coup l’histoire du manteau oublié !

 

 

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Je suis certaine que ça vous tente de vous joindre à nous ! Oups ! celle ci est partie malgré moi, j’espère qu’elle ne vous a pas touché et que votre ordinateur n’est pas plein de neige !

 

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La récompense suprême d’une rando en montagne est la vue que l’on a sur le monde qui se transforme en un  océan de collines bleutées sur lequel votre âme peut voguer. Tout est alors noyé dans les profondeurs de ce sublime océan et notamment les écoles que l’on aimerait bien voir définitivement submergées !

 

 

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Nous arrivons enfin en vue du refuge des Bourdils et je me « débarrasse » de ma dernière boule de neige sur le dos de mon frérot adoré. Je sais qu’il n’est guère élégant de prendre ainsi quelqu’un en traitre mais  je vous avouerai que c’était trop tentant ! Vous aussi j’en suis certaine vous n’auriez pas résisté !

 

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Le problème est que mon frérot chéri le prend très mal ! Les garçons d’aujourd’hui sont vraiment trop douillets, ce n’est pas comme mon papi qui se cogne souvent la tête aux branches sans jamais dire un mot !

 

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Midi sonne et il est temps d’aller s’installer dans le refuge pour y déjeuner car cette belle grimpette nous a mis l’estomac dans les talons !

 

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Après avoir allumé le feu nous prenons l’apéritif : vin chaud pour les anciens,  jus de fruit pour moi et mon frère le tout accompagné de « chips » dont je peux vous dire que c’étaient les meilleures que nous avons mangées au cours de notre  (courte) existence. Si les parents savaient, ils ne se ruineraient pas en cadeaux de noël, il leur suffit de nous offrir un paquet de « chips » dans un refuge de montagne entouré de neige et la vie est belle !

 

 

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L’apéro terminé, nos papis se transforment en cuisiniers pour nous concocter leur fameuse recette d’œufs sur le plat qu’ils vous ont souvent fait déguster, enfin celles et ceux qui ont eu la chance d’arriver assez tôt au cours de leurs dernières sorties. Bon je vais vous faire une confidence pour ce qui concerne les œufs préparés par mon papi, si vous n’y avez jamais goûté, vous n’avez rien raté car dans sa poêle il y avait une mixture peu appétissante à moitié carbonisée.

 

 

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Heureusement qu’il y avait des œufs en réserve et que mon papa a pris les choses en main pour nous préparer des œufs sur le plat dignes de ce nom.

 

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Vous pouvez juger du résultat et je sais qu’à cet instant la salive vous vient à la bouche. Désolée mais nous n’en avons pas laissé une miette, même mon frérot qui habituellement a un appétit d’oiseau.

 

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Après le repas les hostilités reprennent très vite le soleil ayant la bonne idée de déverser généreusement ses rayons sur nos épidermes parisiens aussi blancs que neige .

 

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Papi abandonne un instant son appareil photo pour se joindre à la bataille ce qui ne nous inquiète pas trop car vu qu’il perd toujours aux boules on sait que l’on n’a rien à craindre !

 

 

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Gibus est un adversaire plus dangereux et nous ne sommes pas trop de deux, mon frère et moi pour prendre le dessus !

 

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Mais les meilleurs moments ont une fin et le soleil déclinant nous devons prendre le chemin du retour.

 

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Au cours de notre descente, nous croisons un étrange personnage qui prétend être le Marquis des Bourdils venu inspecter ses propriétés, mais on reconnaît bien vite notre papi sous sa perruque de mousse. Pas étonnant que Romain aime tant faire le clown, je sais d’où lui vienne les gènes !

 

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La douceur printanière qui baigne le fond de la vallée a  fait naître des nuées de moucherons dont l’existence n’ira pas au delà du crépuscule, quand l’air glacial plus lourd descendra des montagnes.

 

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Ces insectes jouissent de cette parenthèse printanière inattendue sans savoir qu’ils vont bientôt mourir. Romain et moi sommes encore bien jeunes et nous avons le temps de voir venir mais comme le dit souvent notre papi « carpe diem»,  profitons de chacun de nos jours, surtout de ceux où l’on va dans des endroits comme les Bourdils qui sont d’après lui des morceaux de paradis tombés sur terre.

 

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Notre périple est terminé et nous espérons que vous avez apprécié cette journée passée avec nous aux Bourdils. Encore pardon pour la boule de neige !  Et rendez vous aux prochaines vacances !

 

Texte Emilie/Ulysse Photos Ulysse, Fabienne et Marie

 

08/12/2013

Face, on fait la « grasse », pile, on va aux Bourdils !


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Chère lectrice, cher lecteur, vous avez dû vous dire en lisant le titre de ma note «Tiens Gibus et Ulysse se laissent gagner, comme le commun des mortels, par les effets délétères de l’âge qui font que  certains matins d’hiver où souffle une bise glaciale on est tenté de rester sous sa couette plutôt que d’aller chatouiller les mamelons de notre (encore) séduisante Gaïa ! ».

Que nenni je vous rassure ! Nous n’avons pas joué à pile ou face notre décision d’aller randonner. Encore que, vu les conditions climatiques qui régnaient ce matin là,  une telle faiblesse aurait été excusable. Non j’ai simplement pensé que ce titre accrocheur titillerait vos neurones et vous inciterait à nous suivre à l’assaut de l’Espinousse, alors que la Tramontane soufflait à 80 kilomètres heure et que le mercure du thermomètre était aussi bas que la cote de popularité de Flamby. C’est ce qu’on appelle du « marquetinge », devenu incontournable en ces temps hyper médiatiques, si on veut avoir, comme le disait Andy Warhol, son petit quart d’heure de célébrité. 

Bon cela dit, cette première photo vous fera croire que, s’agissant de la météo, j’affabule (ce qui m’arrive de temps en temps, je l’avoue, comme le commun des mortels), car les conditions de notre ascension apparaissent, pour le moment, idylliques. Effectivement le vallon encaissé où nous progressons est protégé du vent et les feuillages dorés des hêtres qui tapissent en partie le sol et amortissent nos pas créent un environnement féerique, je dirais même, euphorique. Mais cela ne va pas durer, sinon quel intérêt aurait ce blog !

 

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Notre sérénité est effectivement rapidement mise à rude épreuve. Tout d’abord, nous croisons, à notre grande surprise (et à la votre, je suppose !) un calmar géant  dont les tentacules qui brassent l’air nous font reculer de quelques pas. Car courageux mais pas téméraires, nous sommes, comme le commun des mortels (je dis cela car certaines lectrices auraient tendance à surestimer nos capacités, ce qui fait ironiquement sourires nos compagnes !)

 « N’ayez pas peur » nous dit le calmar «  je n’ai nullement l’intention de vous agresser, j’agite seulement mes tentacules pour me  réchauffer ».

 « Mais que faites vous ici à plus de cinquante kilomètres de la Méditerranée ? » Lui rétorquons nous.

  « Méditerranée, vous dites, c’est plutôt Merditerranée qu’il faut l’appeler ! Vous avez vu ce que les humains en font ! Un égout à ciel ouvert, un cloaque ! Et en plus ils se baignent dedans, les inconscients ! Je n’avais pas envie d’y rester pour y mourir à petit feu, j’ai pris la décision de me retirer sur les hauteur,  loin de ces miasmes maritimes » Nous répond-t-il.

  « Mais de quoi vous nourrissez vous » lui demande-t-on ?

 « D’insectes fort abondants dans cette forêt et qui remplacent avantageusement les sardines, crevettes et  moules au mercure et au pétrole qui faisaient mon ordinaire » Dont acte, pour les inconscients qui continuent de consommer du poisson et des mollusques de notre « Mare Nostrum » !

Laissant notre étonnant compagnon de rencontre à sa gymnastique hivernale, nous poursuivons notre ascension, sans nous douter qu’une autre surprise nous attend un peu plus haut.

 

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Cette surprise, moins inhabituelle en ces lieux et cette période de l’année qu’un calmar, c’est la neige, mais d’une abondance qui fait ressembler les sapins de l’Espinousse à leurs confrères du Jura. « Cherry on the cake » le soleil se met aux abonnés absent, faisant descendre un peu plus le thermomètre.

 

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La couche au sol est si épaisse qu’on perd le chemin et que nous devons vérifier à chaque pas qu’il n’y a pas une embûche. Je sais que ces moments où nous mettons en péril notre verticalité humanoïde nous vaut l’admiration de nos lectrices et ce n’est pas, pour nous,  un mince bonheur. Mais vous vous doutez bien que si jamais l’un de nous se retrouvait à quatre pattes ou les quatre fers en l’air vous n’auriez pas droit à la photo. Elle serait censurée comme celles de Gibus nu dans les torrents que certaines de mes lectrices me réclament pourtant à corps et à cri  (je ne dirai pas les noms) !

 

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Mais, de haute lutte,  nous arrivons finalement au refuge des Bourdils, dont celles et ceux qui fidèlement nous suivent connaissent les moindres recoins.

 

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En pénétrant dans ce refuge, lieu de tant de souvenirs mémorables, et alors que souffle à l’extérieur une Tramontane à décorner les mouflons, nous éprouvons le bonheur que devait ressentir l’homme préhistorique qui, pourchassé par un smilodon, trouvait refuge dans sa grotte protégé par un feu alimenté par sa douce compagne vêtue d’une simple peau de bête et impatiente de ces chaudes retrouvailles (ah ! les fantasmes masculins )

 

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Bien qu’il  n’ y ait pas de douce compagne en peau de bête et que nous devons nous même allumer le feu, exercice dans lequel Gibus est, cela dit, un maître, nous sommes ici les rois du monde.  Nous sortons du sac nos victuailles et  breuvages variés et  faisons cuire notre traditionnelle omelette au jambon, plat qui semble avoir votre faveur même si, hélas et j’en suis désolé, vous n’en avez que les effluves. Bon appétit quand même !

 

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Ayant rechargé nos batteries, nous remettons nos vieilles, mais robustes,  mécaniques en route pour aller admirer le panorama sur la vallée du Jaur. En sous bois, la neige moins épaisse facilite notre progression.

 

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Après une demi-heure de marche où notre esprit est bercé par la lente évaporation du petit verre de Williamine Morand – excellent anti-gel - que, vu les conditions climatiques nous nous sommes « ordonnancés » (nous sommes des adeptes de l’auto-médication), nous arrivons au bord du plateau d’où nous dominons le monde des terriens qui sont restés le postérieur au chaud ! Et à ce moment là on les comprend un peu, car la Tramontane continue de souffler et nous transforme le croupion en bloc de glace.

 

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Bon cela dit, le spectacle est si beau que nous oublions bien vite les intempéries et je suis certain qu’en le découvrant à votre tour vous auriez aimé être à notre place. Diable quel silence ! Mais qui ne dit mot consent, isn’t it !

 

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Bon pour convaincre les quelques uns (par galanterie, je ne mets que le pluriel « mixte ») que je sens réticents, je mets également la vue sur le Roc d’Ourliades et le Montahut. J’espère que cette sublime vue vous convainc  que ça vaut le coup de patauger dans la neige et  de se geler les miches pendant quelques heures pour pouvoir admirer un tel spectacle. Je sens que la prochaine fois il  y aura foule ! (à partir de deux, on est une foule …non ?)

 

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Les dernières gouttes de Williamine s’étant évaporées, il est temps pour nous de redescendre si l’on ne veut pas que notre sang gèle dans notre tuyauterie et que l’on finisse en bonhommes de neige.

 

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Le soleil nous fait alors l’amabilité de réapparaître alors que le plus dur est passé, comme ces faux amis qui attendent que vous soyez sortis de la « mouise pour vous demandez si vous avez besoin d’un coup de main.


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Nous replongeons au coeur de la Hêtraie dont certains membres exposent  des branches aux formes si tarabiscotées qu’elles nous laissent interrogatifs. Quand percerons nous le langage des arbres pour qu’ils nous confient leurs tourments ?

 

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Les conditions climatiques deviennent franchement agréables et je me sens de nouveau d’humeur primesautière, mitraillant à tout va avec mon appareil photographique la beauté de cet étonnant pays d’Oc, que beaucoup voient comme un pays de plages et de « picrates » alors que c’est essentiellement un pays de montagnes et de divins nectars.

 

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Je conclus notre périple par ce cliché d’arbre que  je tiens pour la plus belle espèce vivante de notre terre, ces arbres qui nous fournissent l’oxygène que nous respirons et qui, condamnés à l’immobilité, doivent stoïquement affronter les intempéries et les malheurs du temps.

 

Bonus :

 Je tiens à vous remercier chaleureusement pour les commentaires que vous laissez sur mes notes et je souhaite, pour le plaisir, vous faire partager ce petit échange versifié que j’ai eu, dans le cadre de ma dernière note, avec Marie (la compagne de Gibus) qui avait révélé malicieusement un oubli de ma part lors d’une randonnée. :

 

Poème de Marie :

 

Pas de compliments ni d'encouragements,

Pour celles qui vous suivent vaillamment.

Mais que lis-je dans ta prose ?

Qu'en rando beaucoup trop femmes causent !

Mais jamais tu ne narras dans tes vers,

Le jour où tu oublias ton verre !

Quand Gibus déboucha son Terret *,

Dans ton sac point de gobelet !

Ton teint vira du rose au vert

A l'idée de ne point boire un verre !

Fort heureusement ta douce mie,

Qui sait que souvent tout t'oublies

Et comme femme joue son rôle

Et toujours derrière toi contrôle !

Ce matin même ta timbale oubliée

Dans sa propre besace fût emportée.

Quel ne fut soudainement ton sourire

Voyant ton gobelet surgir !!

Et pendant qu'avec Gibus tu sirotes,

Nous femmes, continuons parlotte !!!

  

 * le Terret est un cépage languedocien 

Ma réponse :

 

Marie tes vers un brin moqueurs

Sont pour moi un régal

Etant d’un naturel jovial

Je ne t’en tiens pas rigueur.

J’avais oublié mon verre !

Ah ! la belle affaire !

Si ma mie n’ y avait pensé

J’aurais bu dans mon soulier.

Les arômes du Terret

De mon ami Gilbert

Auraient certes été

De nature laitière

Mais avec l’avantage

Qui n’est pas mesquin

Qu’avec mon vin

J’aurai eu mon fromage !

 

 

Et pour finir  je vous invite à jeter un œil sur cette cyber-action (et à la signer si vous approuvez la démarche) qui vise à défendre le droit des agriculteurs à produire et utiliser leurs propres semences. En effet une loi est en préparation qui s'ajoute à tout un arsenal juridique d'appropriation du vivant et criminalisera les agriculteurs qui ne payeraient pas tous les ans pour acheter ou reproduire eux-mêmes leurs semences et animaux reproducteurs et interdira de facto la sélection paysanne telle qu'elle existe depuis l'invention de l'agriculture.

 

 Texte & Photos Ulysse