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09/03/2014

Il neigeait dru ce matin là….

 

Prologue

Ma mère m’a nourri de son lait mais aussi de poésie. Native de Touraine, elle m’a très tôt fait découvrir les poèmes de Joachim du Bellay et  de Pierre Ronsard. Puis au cours de mes études, j’ai découvert Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Gérard de Nerval, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Paul Verlaine et Charles Baudelaire, pour ne citer que les plus grands. J’ai abordé ensuite aux poésies plus libres, mais aussi parfois plus « abstraites » ou allusives de Max Jacob, de Guillaume Apollinaire, de Jules Supervielle, de René Char, de Paul Eluard et d’autres encore. Mais, de mes premières amours poétiques, j’ai gardé une affection particulière pour la carrure, l’allure un peu solennelle et déclamatoire de l’alexandrin.  Le flambeau est passé car mes petites filles, Louna et Emilie, apprécient aussi la poésie et versifient de temps à autre. Louna, notamment  nous a gratifié de quelques jolis quatrains dans la note « Pèlerinage sur le Caroux » publiée le 23 février dernier.

 

M’inspirant de son initiative, j’ai eu l’idée de composer ce grand poème en alexandrins sur les photos que j’ai prise récemment sur le massif de l’Espinousse, un matin où il neigeait. Les puristes constateront que certains de mes vers ne respectent pas exactement la règle des douze syllabes ni des deux hémistiches de six pieds. Mais le grand Victor lui même n’a-t-il pas dit « J'ai disloqué // ce grand niais // d'alexandrin » Verlaine et Rimbaud ont fait de même. N’étant qu’un modeste amateur et un nain par rapport aux poètes que j’ai cités,  j’espère que vous me pardonnerez ces quelques imperfections formelles, mais le cœur y était !

 

 

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Il neigeait dru ce matin là sur l’Espinousse,

J’y suis monté à l’aurore, vieux loup solitaire,

Sur mon front ridé, comme la neige était douce,

Baisers de la nature  qui rendent aimable l’hiver.

 

 

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Vers les nuages noirs qui couraient dans les cieux,

Les pins rugueux dressaient leurs fûts gigantesques,

Quand les hommes auront coupé le dernier d’entre eux,

La Terre connaîtra alors une époque dantesque.

 

 

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Dans cet univers chaotique et minéral

Où s’efface aussitôt  l’empreinte de nos pas,

Ici et là  se dresse un cairn comme un fanal

Qui tisse un lien secret entre ceux qui passent là.

 

 

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Les hêtres tortueux aux troncs ourlés de neige

Supportent vaillamment la morsure du vent,

En attendant que jaillisse à nouveau la sève

Qui leur donnera leur parure de printemps.

 

 

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Un vieux loup édenté, affamé, tire la langue

Et reconnaît en moi un frère compatissant.

Mais je ne peux rien pour lui et le laisse exsangue ;

L’univers où l’on vit n’a pas de sentiment

 

 

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Les ruines d’un vieux mas se dressent solitaires

A travers lesquelles la Tramontane gémit.

Où sont les mains qui ont dressé ces murs de pierre,

Où sont les âmes qui ont rêvé et aimé ici ?

 

 

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J’arrive au Plo des Brus, lieu empli de mystère,

Où Brutus dit-on édifia un camp romain.

Aujourd’hui y règne  en maître la bruyère,

Où les abeilles l’été font un royal festin.

 

 

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Jusqu’à l’horizon les montagnes se succèdent,

De notre Terre mère orgueilleux mamelons

Que j’aime à parcourir, faible et humble bipède

Qui trouve, dans l’effort, l’âme et le cœur d’un lion.

 

 

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Mais en ces lieux hostiles le plus fort reste frêle,

Comme ce hêtre  géant que l’on voit foudroyé.

Pensons chaque jour que nous sommes mortels,

Et vivons le comme si c’était le dernier.

 

 

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A l’aube de notre vie la route nous paraît belle,

Bordées de merveilles qui restent à découvrir.

Mais hélas les chagrins aux bonheurs s’entremêlent,

Et l’on éprouve certains jours l’envie de mourir.

 

 

 

 

 

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Mais ne perdons jamais espoir car il arrive,

Qu’un arc en ciel surgisse d’on ne sait où,

Et croyant se noyer on aborde une rive,

Où le ciel est plus bleu et l’air est plus doux.

 

 

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Sans doute chacun de nous a-t-il un ange gardien,

Dont le corps subtil se fond dans le paysage,

Qui au moment fatal sagement nous retient,

Et nous empêche de partir au delà des nuages.

 

 

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Parfois, le but nous apparaît  inaccessible,

Mais il faut néanmoins poursuivre son chemin.

Pas à pas on accomplit alors l’impossible,

Quand on  ne renonce pas, le monde nous appartient.

 

 

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Loin des méga-cités, immenses fourmilières,

La nature offre son inaliénable beauté,

Qui nous invite à briser  sans tarder les fers,

Qui entravent nos âmes et nos cœurs étiolés.

 

 

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D’étonnantes merveilles alors  se révèlent,

A ceux qui on gardé une âme d’enfant :

Des nuages  forment des visages dans le ciel,

Et la neige se transforme en mouton blanc.

 

 

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Mais le ciel se couvre, ramenant la tempête

Que mon âme accueille avec sérénité.

C’est lorsque, face aux éléments, nous tenons tête,

Que notre existence a le plus d’intensité.

 

Addendum

  

 

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 J'ai le bonheur d'avoir quatre petits enfants, Léo, Louna, Emilie et Romain (que mes lecteurs connaissent bien) qui aiment la randonnée et qui sont venus en ce lieu et ont donc franchi la barrière que j'avais transformée pour l'occasion en "péage-bisous".

 

De retour à la barrière du col de l’Ourtigas

Le soleil est de nouveau au rendez-vous.

A mes petits enfants, je rends aujourd'hui hommage

Ici, ils m’ont payé le passage en bisous !

 

 

PS : Je vous invite également à découvrir un nouvel article   "I want to be a rockstar" sur mon  blog musical  OLD NUT agrémenté d'une nouvelle chanson auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI

  

Texte & Photos Ulysse 

 

 

02/03/2014

Du saut du lit au saut de l'âne

 

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Revenons quelques semaines en arrière, avant que nous n’allions Gibus et moi nous réchauffer la couenne au soleil de Guadeloupe. C’était donc en décembre 2013 (que ce temps paraît déjà loin !) il faisait un froid de canard sibérien, mais soucieux de vous fournir chères lectrices et lecteurs votre ration hebdomadaire d’aventures (vous êtes de plus en plus nombreux à être « accros » et ça me fait plaisir) Gibus et moi nous sommes fait violence pour affronter les rigueurs du Caroux, en empruntant le sentier assez sportif dit « du saut de l’Ane ». A ceux qui ne sont pas de fidèles lecteurs du blog, je rappelle que le carton que Gibus porte souvent l’hiver dans son dos n’est pas un cubitainer de « vitis vinifera » mais une brassée de branchages secs pour allumer le feu (ne ricanez pas oh ! esprits médisants !) .

 

 

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Le sentier sinue entre d’impressionnantes barres rocheuses qui présentent l’avantage de nous protéger du vent glacial qui règne ce jour là !

 

 

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Bien que l’altitude reste relativement modeste (autour de 800 mètres) le contexte est véritablement montagnard et mieux vaut ne pas y aller en espadrilles, comme on voit parfois des inconscients le faire, à moins d’appartenir au peuple des Sherpas !

 

 

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Le massif du Caroux, malgré ses deux cent millions d’années, a les crocs encore bien pointus, mais ce matin il a de la peine à déchirer la couche de nuages qui recouvre la région. Lectrices et lecteurs du nord vous constatez ainsi que le ciel n’est pas toujours bleu dans la région, contrairement à ce qu’affirment certains méridionaux un brin vantards !

 

 

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Heureusement cette couche nuageuse ne donne pas  de pluie ce  qui rendrait cette ascension un brin risquée. Mais le risque c’est aussi le sel de la vie et il est bon d’en mettre de temps en temps une pincée dans notre quotidien.

 

 

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Bon, nous ne sommes pas non plus des "fadas" prêts à escalader des aiguilles comme ce guetteur que l’on aperçoit là haut et qui y a trouvé refuge, peut être en prévision des tempêtes cataclysmiques qui vont balayer la Terre si l’homme continue à la maltraiter comme il le fait (allez voir sur ce point le dossier consacré par Gaya à Maxime Ginolin)

 

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Vue d’ici, Gaïa paraît en ébullition, des nuées ardentes semblant monter des vallées environnantes.  Avec le réchauffement du climat on pourra bientôt faire cuire des œufs durs dans les torrents de montagne !

 

 

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Nous poursuivons notre ascension en prenant garde à ne pas bousculer les rochers en équilibre instable qui bordent la piste. Nous tenons à nos "arpions" qui nous permettent de faire la chose que nous aimons le mieux au monde (après le jus de vitis vinifera et le Ti Punch !) qui est de marcher !

 

 

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Nous franchissons intacts le passage dit du Saut de l’Ane et passons sous une magnifique arche de pierre qui nous ouvre la porte d’un autre monde, celui du vallon magnifique de l’Albine.

 

 

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L’Albine est ce torrent dont je vous ai fait découvrir la superbe chute gelée dans ma note du 18 février dernier. Aujourd’hui la température plus clémente a libéré ses eaux qui dévalent avec fougue  le Caroux.

 

 

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Vous connaissez ma passion pour les arbres morts qui s’accrochent encore à la pente envers et contre tout. Belle leçon de courage qui nous invite à tenir bon contre l’adversité et résister au découragement, au renoncement où à la facilité qui nous tentent parfois.

 

 

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Nous arrivons enfin sur le plateau sommital parsemé de neige, ce qui réjouit toujours la part d’enfance que j’essaie de préserver dans mon âme.

 

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Nous récoltons du bois bien qu’il soit mouillé. Il complètera le bois sec que nous emmenons et qui nous permettra de faire démarrer le feu.

 

 

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Et voici la démonstration de nos compétences en la matière, ce qui vous prouve qu’il n’ y a pas que ce bon vieux Johnny  qui soit capable d’allumer le feu !

 

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Et je suis sûr qu’il y a une chose que Johny ne sait pas  faire aussi bien que Gibus malgré son talent, ce sont les œufs au plat et au jambon. Pur chef d’œuvre de la gastronomie « Gibussienne » qui comporte, par ailleurs, de succulentes fondue, tartiflette et autres mets montagnards. Mais hélas  pour vous ils sont réservés aux intimes !

 

 

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Repus et réchauffés, nous empruntons le sentier du retour qui est entièrement recouvert de neige du fait du tassement du sol par le pas des marcheurs et l’absence de feuilles, ce qui le rend plus froid. Nous avons ainsi le sentiment que la nature a déroulé un tapis blanc sous nos pas pour nous remercier du respect que nous lui manifestons.

 

 

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L’ambiance qui règne dans les sous bois est féérique, mais nous n'y apercevons hélas aucune fée. Mais les fées se montrent–elle à des hommes de nos âges ?

 

 

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A défaut de fée, nous faisons une rencontre étrange, un vieil arbre qui affiche sur son tronc un visage humain. Soudain le visage se met à parler et nous conte son triste sort : il s’agit d’un bucheron qui a été surpris à couper des arbres par un ENT et a été transformé sur le champ en arbre pour prix de son forfait. Il nous conjure de faire passer le message aux hommes de respecter les arbres qui, par l’oxygène qu’ils nous fournissent, ont permis le développement et le maintien de la vie sur Terre .

 

Ainsi se termine notre périple; nous redescendons dans la vallée, sainement fourbus par notre journée de marche. En parlant de « fourbu » c’est un mot que les parlementaires ne doivent pas connaître vu qu’ils vont se payer cinq semaines de congé supplémentaires pour permettre aux députés–maires de faire campagne pour les élections municipales ! Honte aux cumulards ! Il faut espérer que les citoyens sauront les sanctionner ! A quand également la suppression du Sénat l’une des institutions les plus couteuses et inutiles de la République qui ne sert qu’à ralentir le processus d’adoption des lois et à caser des politiciens hors d’usage qui y trouvent un fromage pour leur grand âge ! Le Général de Gaulle, seul président de la Vème république intègre et courageux que nous ayons eu (il avait d’autres défauts) voulait sa suppression qu’il n’a pu, hélas, mettre en œuvre. Cela aurait rendu un grand service aux contribuables qui supportent le  train de vie dispendieux de ces 348 nantis, alors qu'ils ne sont que 66 en Allemagne et 100 aux USA, pays autrement plus riches que nous.  Et pour vraiment vous rendre compte de l'ampleur du scandale lisez et faites lire autour de vous cette délicieuse nouvelle de Georges Vigreux sur « Un train de vie de sénateur » . Si quelqu'un d'influent lit ce blog je lui propose de lancer une vaste pétition nationale pour la suppression de cette chambre inutile et archaïque. Excusez moi pour ce coup de gueule mais quand approche la période de la déclaration d'impôts je deviens irritable !

 

Texte & Photos Ulysse 

  

PS : Je vous invite à découvrir mes compositions sur mon nouveau blog musical  OLD NUT que vous pouvez consulter en cliquant ICI

 

Texte & Photos Ulysse

 

 

23/02/2014

Pèlerinage sur le Caroux

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Hello, me revoilà, Miss Louna du « Caroux c’est fastoche » que les fidèles lecteurs de mon papi reconnaîtront peut être ( bien que j’ai pas mal grandi!). Je suis descendue quelques jours chez mes grands-parents pour faire le plein de vitamine D sous le soleil du sud et accessoirement mettre une touche d’ambiance « Ado » dans leur quotidien. Celà leur permet de mettre leur « programme interne » à jour en matière de musique, de mode et de langage. Bien évidemment quand je vais chez mes « ancêtres » je fais immanquablement un pèlerinage sur le Caroux que j’ai arpenté dès que j’ai pu marcher. Pour mon plus grand bonheur, il a « neigeoté » dans la nuit et je ne résiste pas au plaisir de faire une boule de neige qui finit (par hasard) sa courte existence dans le cou de mon papi ! Mais à vrai dire le hasard, vous vous en doutez, n’y est pour rien…

 

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Nous sommes partis du village de Douch,  où les maisons sont serrées les unes contre les autres, comme dans tout village de montagne, pour mieux protéger leurs occupants contre le vent glacial qui souffle ici l’hiver (bien que la Méditerranée ne soit qu’à une cinquantaine de kilomètres).

 

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Les sous bois saupoudrés de neige offrent, sous la caresse des rayons du soleil encore timides à cette heure, un magnifique spectacle. Cela me change de la grisaille des boulevards parisiens ! Si les parisiens savaient comme la nature est belle, ils vivraient tous à la campagne !

 

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Je ne peux résister à la tentation de faire une nouvelle boule de neige que je lance cette fois-ci vers le ciel, mon papi m’ayant menacée d’être privée de pastilles Vichy (c'est mon péché mignon bien que ce soit une pastille pour le 3ème âge, mais personne n'est parfait !) si cette boule atterrissait une nouvelle fois sur lui.

 

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A notre grande surprise, la boule de neige au lieu de retomber poursuit son ascension et sous l’action des rayons du soleil se transforme en petit nuage rond qui vient coiffer le Canigou.  Le monde est vraiment merveilleux, on finit par l’oublier quand on vit dans une grande ville où l’horizon est bouché par les grands immeubles et le ciel très souvent gris.

 

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Nous nous dirigeons vers le rocher du Caroux qui a donné son nom au massif. Le plateau qui le précède est couvert l’été d’un champ de bruyère mauve. Les couleurs hivernales sont plus austères mais j’aime la perspective de ce lieu.  J’ y vois comme la proue d’un immense navire qui affronte un océan de collines bleutées.

 

 

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Nous rejoignons le refuge de Fontsalès pour y casser la croûte. C’est pour moi un endroit mythique car j’y ai mangé mes premières saucisses grillées « montagnardes » (je ne connais rien d’aussi bon !).  Le Caroux est vraiment pour moi une montagne magique qui donne la banane !

 

 

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Ce qui donne la banane à mon papi et à mon papa qui nous accompagne, c’est un flacon de jus de vitis vinifera auquel, vu mon jeune âge, je n’ai pas encore le droit de goûter.  Moi j’en suis encore à l’âge «coca cola »  que mon papi considère comme un poison dangereux ! Je n’ai pas réussi à mettre sa « base virale » à jour sur ce plan là.

 

 

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Comme tous les gens normalement constitués, j’éprouve une fascination pour le feu, mystérieux phénomène qui permet à l’énergie solaire emmagasinée dans des morceaux de bois de se libérer et de renaître !

 

 

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Dans chaque feu de cheminée c’est un morceau de notre soleil qui brûle ! Le monde est étonnant ! (je reconnais que j’ai un peu traficoté la photo ! )

 

 

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Nous reprenons notre périple et la température s’étant réchauffée je confie à mon papi mon écharpe qui lui donne, ne trouvez vous pas, un aspect sapin de Noël avec toutes les choses (sac à dos, sac photo) qu’il porte par ailleurs ! Je me demande comment il arrive à marcher en étant aussi chargé…c’est  à croire que le jus de Vitis Vinifera est un produit dopant d’une efficacité remarquable. Les cyclistes du tour de France devraient essayer !!!

 

 

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J’en profite pour saluer au passage mon vieil ami le sphinx mais cette fois ci c’est moi qui lui pose l’énigme suivante :

 « D'abord, pense au premier de ce qu'il faut apprendre

Lorsque l'on ne sait rien à l'âge le plus tendre.

Ensuite, dis-moi donc ce que fait par naissance

Celui qui, au palais, a élu résidence.

Enfin, pour découvrir la dernière donnée

Il suffit de la prendre à la fin de l'année.

Tu connaîtras ainsi la créature immonde

Que tu n'embrasserais pour rien au monde »

Le sphinx se creuse la tête (qu’il a pourtant dure)  et me répond pitoyablement : "je sèche !" "C’est pourtant simple, certaines personnes en ont une au plafond !" lui-dis je pour l’aider. Mais le sphinx dépité ne trouve pas la réponse que je lui susurre alors à l’oreille. Et vous, chers lecteurs avez vous trouvé?

 

 

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Grisée par la hauteur

Et la pureté de l’air

Permettez chers lecteurs

Que je poursuive en vers !

 

Le Caroux me donne des ailes :

Je me sens comme un oiseau ,

Et grimpe vers le soleil,

Jusqu’à ce qu’il fasse trop chaud !

 

(Ne suis-je pas digne de ce cher Alphonse Lamartine ?)

 

 

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Mais il me faut revenir sur terre

A cause de l’inquiétude de mon papa

Qui est parfois trop rabat-joie

Comme tout papa sur cette terre

 

 

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 L’âge ne change rien à l’affaire

Ayant voulu traverser le torrent

J’ai mis mes pieds dans l’onde claire

Comme lorsque j’avais sept ans

 

 

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 La fatigue se faisant sentir

Je cherche un lieu pour m’allonger

Mais étant un peu fakir

Je choisis le creux d’un rocher

 

 

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Nous croisons un cheval sauvage

Qui au début parait effrayé

Mais comme je parle son langage

Il me laisse le chevaucher

 

 

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Ayant un coté « fille du vent »

Je monte sur un rocher

Pour tenter de m’envoler

Et manque de me casser les dents !

 

 

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Mais hélas tout  a une fin

Notre balade s’achève

On reviendra, c’est certain

Car déjà j’en rêve

 

A BIENTOT !!!

 

Je vous invite à suivre également notre périple à Karukera sur mon autre blog PIQUESEL .

Et pour celles et ceux qui aiment les chansons je viens de créer un nouveau blog OLD NUT que vous pouvez découvrir ICI

 

De même je vous invite à aller écouter Maxime Ginolin sur le blog de Gaya, chanteur et comédien engagé en faveur de l'environnement.

Texte & photos Ulysse et Louna

 

15:38 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25)

18/02/2014

AAAAAHHHHHHHHH ! ce bain dans l’Albine !!!!!

Chères lectrices et lecteurs, après quelques semaines passées dans les Caraïbes Gibus et moi avons repris  nos randonnées dans les massifs du Haut Languedoc où le climat, comme vous le constaterez, est loin d'être tropical. Mais il paraît que les "chaud et froid" sont excellents pour la santé, aussi devrions nous nous en mieux porter et poursuivre ainsi l'aventure de ce blog que vous suivez avec fidélité, ce dont je vous remercie. Je vous invite à suivre également notre périple à Karukera sur mon autre blog PIQUESEL .

 

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 Au cours de ma (déjà) longue existence, j’ai au moins appris une chose : il ne faut jamais se fier aux apparences ! Ainsi ce n’est pas parce que votre patron vous sourit qu’il est disposé à vous augmenter. Au contraire, c’est une tactique pour vous désarmer et vous dissuader de le lui demander. C’est une façon de vous dire je vous estime alors ne vous abaissez pas à me parler de « fric ». Et bien pour le soleil, l’automne venu, c’est la même chose. Ce n’est pas parce qu’il rayonne généreusement dans un ciel sans nuage que l’on peut sans risque sortir en T-Shirt et bermuda. Nous en savons quelque chose, Gibus et moi qui, dès potron-minet, allons régulièrement chatouiller les protubérances rocheusesde notre berceau céleste. Ainsi ce matin alors qu’Aton » joue les matamores dans le ciel, le fond de l’air affiche un glaçant moins cinq degrés Celsius. Nous nous équipons doc en conséquence pour nous rendre au sommet du Caroux en passant par la piste du col de la Pomarède qui traverse le torrent de l’Albine.

 

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L’Albine est un torrent qui descend du sommet du Caroux pour se jeter huit cent mètres en contrebas dans l’Orb en créant au passage la plus belle cascade du massif (près de 80 mètres !). Habituellement nous l’entendons d’assez loin, mais aujourd’hui le silence règne à ses abords et pour cause, la belle échevelée est gelée (comme nous d’ailleurs ! ).

 

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 Ceux qui s’imaginent que le pays d’Oc est un pays semi-tropical où ils rêvent de venir passer leur retraite vont ainsi déchanter. La seule mesure en degrés qui reste en permanence à un niveau acceptable est celui des bouteilles de nectar qui , été comme hiver, oscillent entre 12 et 14 °. Pour le reste, nous avons comme l’ensemble de l’hexagone notre part d’air glacial, soufflé par les esquimaux sauf que, différence notable, le ciel y est plus généralement bleu.

 

 

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Mais le froid sait se faire pardonner les désagréments qu’il nous inflige en ornant les cours d’eau  de bijoux qui ravissent mon œil de photographe et tonifieraient les épidermes parcheminés des matrones « botoxées » qui habituellement arborent des pendentifs similaires sauf que ces derniers sont en carbone pur. Finalement dans leur cas, les « diam’s » retournent d’où ils viennent : au fond de crevasses !

 

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La glace ayant la particularité d’être glissante et notre coccyx celle d’être  sensible, c’est avec précaution que nous traversons le cours de ce torrent figé dans son élan,  n’ayant aucune envie que l’un rencontre l’autre de façon intempestive !  Nous traversons finalement dans dommage le cours de l’Albine, que nous retrouverons un peu plus tard dans notre périple, mais je ne vous en dis pas plus, soucieux de maintenir le suspense et de vous tenir ainsi en haleine.

 

 

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Si le gel transforme momentanément les cours d’eau en vitrine de joaillier, il occasionne avec ses compères la pluie et le vent des dommages bien plus sérieux à la montagne qu’ils taraudent, fissurent, désagrègent, créant des amoncellements rocheux à l’improbable équilibre

 

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Enfin parvenus sur le plateau du Caroux, nous nous dirigeons vers son restaurant « mille étoiles » (c’est la vue que l’on en a la nuit), il s’agit du refuge de Fontsalès, où nous avons, chères lectrices et chers lecteurs, déjeuner maintes fois ensemble.

 

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Entrez donc un instant vous réchauffer et levons nos verres à la vie, à l'amour et à notre santé, les centaines de kilomètres de sentier que nous avons parcourus ensemble finissant par créer des liens d’amitié certes « virtuels » mais auxquels je suis personnellement sensible et mon ami Gibus également.

 

 

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L’heure est venue de s’arracher à la douce torpeur qui nous envahit devant un feu dont la chaleureuse et rassurante présence a imprégné les gènes de l’humanité car il en a assuré la survie. Dehors le fond de l’air (et la surface aussi !) est toujours aussi glacial mais le somptueux océan de collines bleutées qui s’offre à nos yeux nous fait oublier ce désagrément météorologique.

 

 

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Savez vous que ce fier piton, qui dépasse à peine les mille mètres, est un modeste rejeton d’un massif qui, il y a six cent millions d’années, était aussi haute que l’Himalaya. Ainsi en va-t-il du monde comme de nos vies, toujours en perpétuelle évolution, du néant au néant, en passant entre deux par une (ou plusieurs) vies pendant lesquelles, si l’on nait au bon endroit, on a le droit (à partir de 18ans) à déguster quelques flacons de Vitis Vinifera, boisson divine par excellence !

 

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Quelque soit la rudesse du lieu, partout la vie surgit, partout la vie s’accroche sous forme de lichen, de mousse, d’herbes, d’arbres, manifestation d’un élan vital incompressible qui nous invite à vivre intensément chaque jour de notre vie pour honorer le merveilleux cadeau qui nous a été fait de naître en ce pays.

 

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Etant revenu à une altitude plus basse, l’état des chemins comme le niveau de la température se bonifient. Nous pouvons alors nous détendre un peu et jouir pleinement de la fin de cette belle journée.

 

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Mais ayant abandonné toute vigilance je sombre, heureusement sans dommage, dans un trou creusé par l’érosion masqué par un amoncellement de feuilles amenées là par le ruissellement de l’eau. Imaginez le fou rire de Gibus. Vous en auriez fait autant et je ne vous en aurais pas voulu. Moi même j’étais hilare !

 

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Et pour finir nous croisons une dernière fois le cours de l’Albine qui, à cette altitude, n’est plus gelé. Conformément à la tradition que nous avons instaurée qui est de nous baigner dans chaque cours d’eau que nous croisons quelque soient les conditions atmosphériques (de même que nous débouchons chaque flacon que nous croisons) nous ne manquons pas d’y plonger une tête ! Le rictus de Gibus vous donne une claire indication de la sensation que procure un bain dans de la glace qui vient de fondre ! Allez, soyez indulgents, le jour où l’on arrêtera de faire les « marioles » je fermerai ce blog !

 

PS : Puisque vous lisez et appréciez ce blog, j'en déduis que vous êtes un amoureux de la nature et soucieux de préserver l'environnement. Je vous invite donc à signer ICI la pétition en faveur d' Emmanuel Giboulot, viticulteur dans le département de la Côte-d'Or qui exploite depuis plus de quarante ans 10 hectares de vignes en agriculture biologique et que les pouvoirs publics veulent faire condamner car il  a refusé d'épandre du pesticide sur sa vigne afin de protéger les abeilles. Une fois de plus les pouvoirs publics manifestent le mépris qu'ils ont pour la défense de l'environnement sacrifiée au nom d'une vision du développement économique "court termiste" et inféodée aux lobbies.  (Voir aussi mes commentaires sur mon autre blog PIQUESEL concernant le soutien ignominieux de la France au chalutage profond, procédé de pêche dévastateur)

Vous pouvez également écouter ICI le témoignage d'Emmanuel Giboulot

Texte & Photos Ulysse