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03/10/2013

Périple en Cerdagne : le dolmen de Brangoly

Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 
 
 
 
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Quelque peu échaudés par la mésaventure de Marie (voir la note précédente), nous décidons le lendemain de rester sur la terre ferme et d'aller rendre visite au dolmen de Brangoly. Nous prenons la direction du col de Jouell qui permet de franchir la montagnette derrière laquelle se niche le dolmen à la sortie du hameau du même nom. Le versant qui y descend est couvert d'une forêt inextricable de hêtres, de bouleaux et d'aulnes vénérables dont les frondaisons, l'été venu, doivent assurer une fraîcheur bienvenue dans cette région qui jouit de trois mille heures de soleil par an et où a été installé à Odeillo l'un des deux plus grands fours solaires du monde. 



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Si vous aimez les cailloux (et pas uniquement ceux qui sont transparents et brillent de mille feux!) la Cerdagne est faite pour vous. Ce bassin d'effondrement riche en roches métamorphiques comme le granit est parsemé de moraines abandonnées par le recul des glaciers intervenu il y a 10.000 ans, à la fin de la dernière période glaciaire.


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D'aucuns, dont je suis, penseront qu'il s'agit de gigantesques dés jetés par les divinités pour décider de notre sort. Le fait est que certains ont un équilibre plutôt instable et mieux vaut passer au large si l'on ne veut pas s'exposer à être transformé en crème catalane !


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Les arbres quant à eux sont condamnés à l'immobilité et doivent croître coute que coute là où le sort en a décidé. Certains ne se laissent guère intimider par les rochers qui leur servent de nid et ils les écartèlent comme nous le ferions d'un morceau de guimauve.


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Nous arrivons enfin aux portes de l'étrange hameau de Brangoly dont les habitants nous paraissent un peu « chiffe molle » mais il est vrai que nous sommes au sortir de l'hiver et sans doute émergent-ils à peine de leur hibernation.


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Nous faisons une brève halte près du dolmen qui, bien qu'endommagé, résiste vaillamment contre les intempéries et la morsure du temps. Dans quel état par contre seront nos masures en parpaing d'ici 5000ans ? Probablement de la poussière que la Tramontane emportera à la mer.


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Dans le creux d'un fossé nous découvrons un homme de neige en train de suffoquer, nous sommes désemparés mais ne pouvons hélas rien faire pour lui. Ainsi le printemps qui faît renaître tant de choses est il aussi un meutrier ! C'est une dure leçon que la vie nous enseigne : d'un bien peut naître mal et d'un mal peut découler un bien ! Ainsi peut être que la crise qui nous frappe nous amènera-t-elle à bâtir une société plus juste et moins sujette à la fascination de l'argent ? Bon , à vrai dire je n'y crois pas vraiment !

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Les antiques murs qui courent encore à travers nos paysages témoignent de la solidarité qui animait les générations passées et sans laquelle elles n'auraient pu survivre. Chacun mettait sa pierre à l'édifice pour assurer le bien être de tous. Aujourd'hui les murs que nous construisons sont des murs  qui  nous séparent.


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Un vieux saule séculaire nous regarde passer, ses yeux sombres emplis de mélancolie . Il nous fait part de sa tristesse de ne pouvoir vadrouiller, comme nous le faisons, par monts et par vaux. Nous le consolons en lui disant que vu l'état du monde il est aussi bien qu'il ne puisse quitter cet idyllique coin de Cerdagne

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Soudain la terre se met à trembler ! Nous venons de lever un énorme lièvre qui détale sans demander son reste. Sans doute nous a-il pris pour des chasseurs, ce qui nous vexe car nous n'avons pourtant pas des mines patibulaires !

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Nous retrouvons le chemin pris à l'aller qui ne sent pas encore la noisette, mais avec le temps qu'il fait, ma foi ça ne saurait tarder !


A suivre....

 

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Texte & Photos Ulysse

10:28 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (33) | Tags : cerdagne, brangoly, dolmen

26/09/2013

Périple en Cerdagne- 2ème partie :le vallon des Bouillousses


Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 


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Marris (y compris nos épouses n'en déplaise aux féministes, c'est là tout le "charme" de la langue française !) de ne pas avoir la veille piétiné la neige, nous décidons le lendemain de prendre la direction du Vallon des Bouillousses, réputé pour son enneigement. Mais soucieux de ne pas nous encombrer inutilement de raquettes qui pourraient ne pas servir, nous prenons le risque de partir chaussés de nos seuls godillots.



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Vers 1650m nous rencontrons effectivement la neige, mais elle apparaît suffisamment tassée pour nous permettre de progresser sans trop de risque de nous y enfoncer. Cela dit malgré mon 45 fillette je suis dans mes petits souliers car
par endroits la couche supérieure cède et je me retrouve enfoncé dans la neige jusqu'à mi-cuisse. S'ensuivent alors des efforts désespérés pour sortir de ce chausse-trappe aussi redoutable que des sables mouvants. Heureusement les sapins tendent leurs branches secourables et me permettent de m'extirper de ce funeste piège. En hommage à ces valeureux montagnards, jamais plus jamais je ne dirai « ça sent le sapin » quand je croiserai un ami qui a mauvaise mine ! 


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Sur les versants enneigés les chandelles sombres de ces bienfaiteurs contrastent avec la silhouette diaphane des bouleaux dont les bourgeons titillés par le soleil s'entrouvrent et les enveloppent d'un brouilard rosé.


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Nous progressons en file indienne bercés par le crissement ouaté de nos pas dans la neige. Quel bonheur de marcher « pour rien » ou pour le seul plaisir de mettre un pied devant l'autre et de donner ainsi un sens à sa vie : le sens de la marche !

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Nous arrivons en vue d'un refuge ce qui nous fait presser le pas, pur réflexe pavlovien stomacal, car nous ne sommes pas du genre montagnards ascétiques, le vin n'ayant jamais avec nous le temps de tourner au vinaigre (il fallait la trouver celle là hein !)

Soudain, alors que nous étions en train de célébrer notre (modeste) ascension tout en rendant hommage aux produits "liquides" du pays, un "de ces cons qui sont nés quelque part" célébrés par l'ami Georges, avec une allure et des manières de sanglier des Carpathes (ce sont les plus sauvages !) tente vainement de nous déloger du refuge au motif qu'il "était chez lui ici". L'olibrius qui ne fait pas honneur à sa Cerdagne natale a dû battre en retraite devant la fermeté des "branleurs de touristes" que nous sommes et qui vont "foutre le bordel dans les refuges". Habituellement la pratique de la montagne est une école de civilité et de solidarité, mais il faut croire qu'il y a des individus imperméables à la civilisation Si cet ostrogoth sait lire et qu'il tombe un jour sur cette note, qu'il sache que je lui offre en pensée l'équivalent de son poids, au choix, en foin ou en glands, aliments qui doivent convenir à sa nature porcine !


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Rassasiés et revigorés, nous prenons le chemin du retour alors que le soleil tente une percée. La terre en profite pour réchauffer ses vieux os qui émergent lentement de leur glaciale couverture neigeuse hivernale.


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La fonte des neiges alimente des myriades de ruisseaux dont certains domestiqués suivent docilement leur cours officiel ponctué de pontets qui permettent de les traverser. Mais il en va des ruisseaux comme des hommes, certains sont rebelles et vont où bon leur semble, courant parfois sous la neige et se révélant par endroits par un trou d'eau qui capte le soleil.

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Il faut alors être vigilant et guetter le bruit de l'eau qui court sous la neige si l'on veut éviter de sombrer dans une « gouille » d'eau glacée ! Mais finalement le danger ne surgit pas des « gouilles » cachées sous la neige, mais d'une plaque de neige verglacée sur laquelle notre amie Marie, pourtant pleine de grâce, nous fait une impressionnante démonstration de vol plané, qui lui vaut hélas une cheville cassée. Comme quoi de porter le prénom de la mère du Christ ne vous protège pas des misères de ce monde. 

Marie termine en conséquence la randonnée sur le dos de son mari Gibus qui, outre sa capacité à fendre les montagnes avec son couteau suisse (voir ma note du 17 septembre 2008 ) est capable d'arpenter les montagnes avec un menhir dans son sac à dos !

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Le ciel se dégage enfin au moment où nous regagnons la terre ferme révélant à nos yeux éblouis ( je sais la formule est un peu bateau, mais éblouis nos yeux vraiment étaient !) les cîmes enneigées des Angles et de Formiguères.

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Un couple d'heures plus tard, le reliquat de nuages qui traînent encore dans les parages nous offrent, au moment où le soleil nous donne son congé, un spectacle  inoubliable.


A suivre....

et je vous invite une nouvelle fois à rendre visite
à mon blog PIQUESEL pour suivre  le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

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Texte & Photos Ulysse

21/09/2013

Périple en Cerdagne (1ère partie)

 

Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 

 

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Vous vous souvenez qu'imbibé de Romané Conti 1947, bu en rêve avec Miss Bourgogne, j'avais en pleine nuit cédé à l'appel de l'Ouest qui m'avait promis que je pourrais raquetter à loisir l'or blanc aux alentours de Dorres, petit village montagnard de Cerdagne. Calembredaine ! Billevesée ! Foutaise ! Arnaque ! Divagation d'aquaphile ! De l'or blanc il y en avait, certes, mais sur les cimes, royaume des vautours et des izards. Quant aux alentours de Dorre , c'était la dèche, la misère, mis à part quelques strings de neige qui trainaient ici et là dans les fossés exposés au nord.



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Mon périple s'annonçait pourtant sous de bons auspices lorsque je suis passé au pied du seigneur « El Canigo » encore doté d'une généreuse toison blanche. Mais il a fallu que je me fasse une raison, le printemps en Cerdagne, devançant la date légale (y a plus de respect !) avait déjà donné son congé à l'hiver.

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Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, laissant nos raquettes aux vestiaires, nous prenons l'après midi même, pédibus jambus, la direction de la chapelle Sainte Marie de Belloc, juchée à 1660m d'altitude sur une colline montueuse dominant le village, modeste premier objectif de notre séjour.


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Des vautours fauves espagnols (on les reconnaît à leurs cris rauques maîtrisant parfaitement la « jota ») affamés par la longue période d'hibernation des marmottes viennent un instant tournoyer au dessus de nos têtes, mais notre corpulence les dissuade de tenter un kidnapping. Les mauvaises langues diront que ces volatiles n'aiment pas le coq gaulois au vin et que c'est pour cette raison qu'ils nous ont laissé tranquilles.



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Puis un chien de berger surgit soudain de derrière un fourré et nous interpelle en nous demandant un peu d'eau fraiche pour apaiser la terrible gueule de bois qu'il se paye pour avoir en cachette fait quelques prélèvements sur la gourde de son maître. Il faut dire que les nuits à la belle étoile sont fraiches et qu'un peu d'eau de vie remplace un feu de cheminée.



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Nous apercevons enfin la chapelle bâtie en 1260 sur le chemin menant à Saint Jaccques de Compostelle, à proximité d'une hostellerie qui a aujourd'hui disparue.

 
 
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Vous noterez que cette chapelle a perdu ses cloches. Se seraient-elles égarées au cours d'un voyage à Rome à l'occasion de fêtes de  Pâques ? Qui sait !

 
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Le choix d'un lieu élevé pour l'édification des chapelles n'est pas innocent. Il faut d'abord y voir le symbole d'une plus grande proximité avec l'au delà que la tradition catholique place, sans preuve, au ciel. Je ne veux pas décourager les croyants mais depuis le temps que l'on envoie des sondes spatiales à travers le système solaire, si un « au delà » il y avait on aurait déjà du le trouver ! Pour ma part je me contente du "vin d'ici !" (je sais, c'est un peu facile !).



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Une autre raison de cette localisation en altitude est la volonté de soumettre les croyants à une effort physique intense pour leur faire comprendre que la voie qui mène au ciel est ardue. Les curés quant à eux n'étaient pas les plus à plaindre qui pouvaient ainsi justifier de copieuses rasades de vins de messe pour désaltérer leur gosier asséché, pendant que leurs ouailles tiraient la langue et devaient attendre leur retour au bercail pour étancher leur soif !



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Rejoignant le chemin qui mène au village par le col de Jouell nous tombons soudain nez à trompe avec un éléphant sans son cornac, les rides prononcées de son épiderme témoignant d'un age vénérable. Un brin interloqués, nous l'entendons soudain barir « z'avez pas vu Hannibal ? ». Nous expliquons à ce brave pachyderme, qui faisait manifestement partie du troupeau que le général carthaginois avait emmené avec lui pour envahir Rome en passant par les Pyrénées, que son valeureux chef n'est plus depuis longtemps qu'un petit tas de poussière glissé sous le tapis de l'histoire. « Je n'en crois pas mes oreilles » nous répond-t-il et il poursuit son chemin en barissant et en nous montrant ses énormes fesses en guise de mépris!



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Parlant des romains, qui étaient loin d'être fous, comme nous le prétendons arrogants et prétentieux gaulois que nous sommes, ils avaient un sens du confort et de la propreté corporelle inégalés, et ils ont aménagé des bains autour d'une source chaude qui jaillit à proximité de Dorre qui valent toutes les plages tropicales du monde.

 
 
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Imaginez vous, en effet, allongé en plein air dans un bain à 37° contemplant les cîmes enneigées pyrénéennes et cela pour la modique somme de 4€ ! On se laisse gagner par une douce torpeur à admirer les variations de couleur de la neige sur les sommets au fur et à mesure que le soleil décline sur l'horizon.



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Il a fallu l'arrivée intempestive de la lune pour nous sortir du bain, les coups de lune étant, paraît -il, susceptible à cette altitude de nous transformer en loup-garou!


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Ainsi, dans le contexte de la grave crise que nous subissons, cela vous réconfortera sans aucun doute de savoir que vous pouvez passer des vacances de rêve sans avoir besoin de vous envoler pour des rivages lointains . C'est bon à savoir, n'est ce pas ?


A suivre....



Texte & Photos Ulysse

18:50 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : cerdagne, belloc, npa, vatican

09/09/2013

Les salins de Villeneuve-les-Maguelonne : reflet de notre destin ?

Je suis de retour d'horizons fabuleux que je vous ferai prochainement découvrir , mais il faut laisser le temps à ma plume de coucher sur le papier mon périple. En attendant je vous offre un "morceau choisi" tiré de mes archives.



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Ayant beaucoup voyagé, je peux dire, sans être taxé d'exagération méridionale, que le Languedoc offre des paysages parmi les plus beaux du monde....quand l'on n'y regarde pas de trop près ! De fait, si la nature, le climat et la configuration géographique se conjuguent pour composer de magnifiques symphonies paysagères, l'homme y commet malheureusement de nombreux « couacs ».


Un exemple édifiant en est donné par les anciens salins de Villeneuve-les-Maguelonne où l'eau, le ciel, la terre jouent une partition enchantée, dont la tonalité change selon les saisons. Ce lieu splendide est malheureusement situé sur une péninsule bordant les étangs de l'Arnel et de Vic qui est hélas, en de nombreux endroits, défigurée par la cabanisation et les déchets en tous genres qui la jonchent. En témoignent ces quelques photos prises « in situ » (cliquez dessus pour les agrandir si vous n'avez pas l'âme trop sensible!)

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Les flamants roses qui fouaillent la vase devant l'élégante silhouette de l'ancienne porte fortifiée qui mène à la cathédrale de Maguelonne ne sont pas plus troublés par ces monceaux de déchets que ne le sont les riverain de l'étang. Mais ces résidents là ont au moins l'excuse d'avoir une cervelle d'oiseau ! A moins que de vivre au bord de l'eau........(je vous laisse conclure !)

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Les salins, qui ont été exploités depuis le XIIème siècle jusqu'en 1968 date à laquelle ils ont été fermés pour cause de non rentabilité, sont aujourd'hui la propriété du Conservatoire du Littoral. Il faut dire que le sel a mauvaise presse aujourd'hui au plan alimentaire et nos prétendues élites préfèrent se sucrer ....


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Quelques vestiges témoignent de l'activité passée, telles les ruines de la station de pompage qui se dresse comme une énorme poule d'eau au dessus des eaux .



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Il subsiste également quelques « martelières » (vannes en bois) et leurs crémaillères qui servaient à réguler le niveau de l'eau dans les tables salantes où s'effectuait la cristallisation du sel.


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C'est un bonheur d'emprunter les chemins qui courent le long des canaux et qui donnent, en les parcourant, le sentiment troublant de marcher sur les eaux ....mais n'ayant aucune vocation de martyr, il ne faut pas compter sur moi pour racheter vos péchés car je pense que j'aurais déjà du mal à obtenir la rémission des miens !

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Les roselières propices aux amours oiselières ourlent une partie des rives d'une chevelure dorée que le vent aime caresser. Ces amours sont hélas troublés en automne et hiver par les "nemrods" qui envahissent les salins. Comment peut-on venir en des lieux d'une telle beauté pour y semer la mort ! Ce plaisir morbide que prennent ainsi des êtres qui, lorsqu'ils ne portent pas un fusil, ne sont pas généralement de mauvais bougres,  me plonge dans un abîme de perplexité.


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L'étang de Vic se donne des airs de petite mer intérieure où le clocher de Vic la Gardiole, se haussant du col, tente de se mirer. Les pieux de chataîgniers qui émergent de l'eau soutenaient autrefois les chemins qui permettaient d'aller d'un partènement (parcelle)  à l'autre.



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Clapotis de l'eau, bruissement des roseaux, cancannement des canards, rires moqueurs des mouettes, Gaïa nous susurre sa chanson de ses voix multiples qui nous ramènent aux premiers matins du monde.



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De temps en temps le vent tombe, le paysage se fige, les oiseaux font silence comme si le coeur de Gaïa s'arrêtait de battre et puis, ouf, la vie reprend ....mais pour combien de temps ?


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Car dans ce monde en apparence idyllique, la trame de la vie est faite de drames ! Des milliers de moucherons y meurent chaque jour dans les pièges de soie tissés par d'impitoyables épeires qui paressent au soleil en attendant d'aller cueillir leur moisson d'infortunées victimes. Mais dans ce drame c'est la nécessité qui fait loi et non le plaisir.

 

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Mais la vie est aussi prodigue qui ne regarde pas à la dépense et qui déverse par tombereaux ses animalcules dans les airs et dans les eaux. Ainsi sur un million d'alevins qui naissent combien iront au bout de leur existence ? La vie et la mort que nous croyons antinomiques ne seraient-ils pas les temps d'une valse cosmique dont nous sommes les protagonistes inconscients ? Mais où se cache donc le maître de ballet ?

 
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La vie est un vaste jeu de séduction, la beauté n'est pas gratuite : les fleurs condamnées à l'immobilité se servent de leur parure et de leur parfum pour être fécondées.



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Après ces instants passés dans un univers primitif, l'émergence des superbes bâtiments du Mas des Quinze (dont l'origine du nom reste mystérieuse) nous ramène dans le monde « humanisé ». Ce domaine témoigne du souci qu'avait les anciens de construire des édifices en harmonie avec leur environnement. Cette préoccupation s'est hélas perdue aujourd'hui.



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Au loin les bâtiments utilisés au début du siècle par les sauniers somnolent au soleil nostalgiques du temps où les hommes exploitaient l'or blanc .

 
 
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De vieilles barques ont le mal de terre et attendent la main secourable qui les remettra à l'eau.



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A la sortie des salins, alors que l'on aperçoit au loin la blessure sanglante d'une carrière faite au flanc de Gaïa, une embarcation finit de sombrer dans un canal envahi par les algues. N'est ce pas là une scène prémonitoire de ce qui guette notre civilisation prédatrice. Les salins abandonnés et cette barque naufragée ne sont ils pas le reflede notre destin?




Texte & photos Ulysse