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08/12/2013

Face, on fait la « grasse », pile, on va aux Bourdils !


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Chère lectrice, cher lecteur, vous avez dû vous dire en lisant le titre de ma note «Tiens Gibus et Ulysse se laissent gagner, comme le commun des mortels, par les effets délétères de l’âge qui font que  certains matins d’hiver où souffle une bise glaciale on est tenté de rester sous sa couette plutôt que d’aller chatouiller les mamelons de notre (encore) séduisante Gaïa ! ».

Que nenni je vous rassure ! Nous n’avons pas joué à pile ou face notre décision d’aller randonner. Encore que, vu les conditions climatiques qui régnaient ce matin là,  une telle faiblesse aurait été excusable. Non j’ai simplement pensé que ce titre accrocheur titillerait vos neurones et vous inciterait à nous suivre à l’assaut de l’Espinousse, alors que la Tramontane soufflait à 80 kilomètres heure et que le mercure du thermomètre était aussi bas que la cote de popularité de Flamby. C’est ce qu’on appelle du « marquetinge », devenu incontournable en ces temps hyper médiatiques, si on veut avoir, comme le disait Andy Warhol, son petit quart d’heure de célébrité. 

Bon cela dit, cette première photo vous fera croire que, s’agissant de la météo, j’affabule (ce qui m’arrive de temps en temps, je l’avoue, comme le commun des mortels), car les conditions de notre ascension apparaissent, pour le moment, idylliques. Effectivement le vallon encaissé où nous progressons est protégé du vent et les feuillages dorés des hêtres qui tapissent en partie le sol et amortissent nos pas créent un environnement féerique, je dirais même, euphorique. Mais cela ne va pas durer, sinon quel intérêt aurait ce blog !

 

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Notre sérénité est effectivement rapidement mise à rude épreuve. Tout d’abord, nous croisons, à notre grande surprise (et à la votre, je suppose !) un calmar géant  dont les tentacules qui brassent l’air nous font reculer de quelques pas. Car courageux mais pas téméraires, nous sommes, comme le commun des mortels (je dis cela car certaines lectrices auraient tendance à surestimer nos capacités, ce qui fait ironiquement sourires nos compagnes !)

 « N’ayez pas peur » nous dit le calmar «  je n’ai nullement l’intention de vous agresser, j’agite seulement mes tentacules pour me  réchauffer ».

 « Mais que faites vous ici à plus de cinquante kilomètres de la Méditerranée ? » Lui rétorquons nous.

  « Méditerranée, vous dites, c’est plutôt Merditerranée qu’il faut l’appeler ! Vous avez vu ce que les humains en font ! Un égout à ciel ouvert, un cloaque ! Et en plus ils se baignent dedans, les inconscients ! Je n’avais pas envie d’y rester pour y mourir à petit feu, j’ai pris la décision de me retirer sur les hauteur,  loin de ces miasmes maritimes » Nous répond-t-il.

  « Mais de quoi vous nourrissez vous » lui demande-t-on ?

 « D’insectes fort abondants dans cette forêt et qui remplacent avantageusement les sardines, crevettes et  moules au mercure et au pétrole qui faisaient mon ordinaire » Dont acte, pour les inconscients qui continuent de consommer du poisson et des mollusques de notre « Mare Nostrum » !

Laissant notre étonnant compagnon de rencontre à sa gymnastique hivernale, nous poursuivons notre ascension, sans nous douter qu’une autre surprise nous attend un peu plus haut.

 

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Cette surprise, moins inhabituelle en ces lieux et cette période de l’année qu’un calmar, c’est la neige, mais d’une abondance qui fait ressembler les sapins de l’Espinousse à leurs confrères du Jura. « Cherry on the cake » le soleil se met aux abonnés absent, faisant descendre un peu plus le thermomètre.

 

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La couche au sol est si épaisse qu’on perd le chemin et que nous devons vérifier à chaque pas qu’il n’y a pas une embûche. Je sais que ces moments où nous mettons en péril notre verticalité humanoïde nous vaut l’admiration de nos lectrices et ce n’est pas, pour nous,  un mince bonheur. Mais vous vous doutez bien que si jamais l’un de nous se retrouvait à quatre pattes ou les quatre fers en l’air vous n’auriez pas droit à la photo. Elle serait censurée comme celles de Gibus nu dans les torrents que certaines de mes lectrices me réclament pourtant à corps et à cri  (je ne dirai pas les noms) !

 

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Mais, de haute lutte,  nous arrivons finalement au refuge des Bourdils, dont celles et ceux qui fidèlement nous suivent connaissent les moindres recoins.

 

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En pénétrant dans ce refuge, lieu de tant de souvenirs mémorables, et alors que souffle à l’extérieur une Tramontane à décorner les mouflons, nous éprouvons le bonheur que devait ressentir l’homme préhistorique qui, pourchassé par un smilodon, trouvait refuge dans sa grotte protégé par un feu alimenté par sa douce compagne vêtue d’une simple peau de bête et impatiente de ces chaudes retrouvailles (ah ! les fantasmes masculins )

 

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Bien qu’il  n’ y ait pas de douce compagne en peau de bête et que nous devons nous même allumer le feu, exercice dans lequel Gibus est, cela dit, un maître, nous sommes ici les rois du monde.  Nous sortons du sac nos victuailles et  breuvages variés et  faisons cuire notre traditionnelle omelette au jambon, plat qui semble avoir votre faveur même si, hélas et j’en suis désolé, vous n’en avez que les effluves. Bon appétit quand même !

 

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Ayant rechargé nos batteries, nous remettons nos vieilles, mais robustes,  mécaniques en route pour aller admirer le panorama sur la vallée du Jaur. En sous bois, la neige moins épaisse facilite notre progression.

 

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Après une demi-heure de marche où notre esprit est bercé par la lente évaporation du petit verre de Williamine Morand – excellent anti-gel - que, vu les conditions climatiques nous nous sommes « ordonnancés » (nous sommes des adeptes de l’auto-médication), nous arrivons au bord du plateau d’où nous dominons le monde des terriens qui sont restés le postérieur au chaud ! Et à ce moment là on les comprend un peu, car la Tramontane continue de souffler et nous transforme le croupion en bloc de glace.

 

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Bon cela dit, le spectacle est si beau que nous oublions bien vite les intempéries et je suis certain qu’en le découvrant à votre tour vous auriez aimé être à notre place. Diable quel silence ! Mais qui ne dit mot consent, isn’t it !

 

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Bon pour convaincre les quelques uns (par galanterie, je ne mets que le pluriel « mixte ») que je sens réticents, je mets également la vue sur le Roc d’Ourliades et le Montahut. J’espère que cette sublime vue vous convainc  que ça vaut le coup de patauger dans la neige et  de se geler les miches pendant quelques heures pour pouvoir admirer un tel spectacle. Je sens que la prochaine fois il  y aura foule ! (à partir de deux, on est une foule …non ?)

 

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Les dernières gouttes de Williamine s’étant évaporées, il est temps pour nous de redescendre si l’on ne veut pas que notre sang gèle dans notre tuyauterie et que l’on finisse en bonhommes de neige.

 

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Le soleil nous fait alors l’amabilité de réapparaître alors que le plus dur est passé, comme ces faux amis qui attendent que vous soyez sortis de la « mouise pour vous demandez si vous avez besoin d’un coup de main.


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Nous replongeons au coeur de la Hêtraie dont certains membres exposent  des branches aux formes si tarabiscotées qu’elles nous laissent interrogatifs. Quand percerons nous le langage des arbres pour qu’ils nous confient leurs tourments ?

 

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Les conditions climatiques deviennent franchement agréables et je me sens de nouveau d’humeur primesautière, mitraillant à tout va avec mon appareil photographique la beauté de cet étonnant pays d’Oc, que beaucoup voient comme un pays de plages et de « picrates » alors que c’est essentiellement un pays de montagnes et de divins nectars.

 

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Je conclus notre périple par ce cliché d’arbre que  je tiens pour la plus belle espèce vivante de notre terre, ces arbres qui nous fournissent l’oxygène que nous respirons et qui, condamnés à l’immobilité, doivent stoïquement affronter les intempéries et les malheurs du temps.

 

Bonus :

 Je tiens à vous remercier chaleureusement pour les commentaires que vous laissez sur mes notes et je souhaite, pour le plaisir, vous faire partager ce petit échange versifié que j’ai eu, dans le cadre de ma dernière note, avec Marie (la compagne de Gibus) qui avait révélé malicieusement un oubli de ma part lors d’une randonnée. :

 

Poème de Marie :

 

Pas de compliments ni d'encouragements,

Pour celles qui vous suivent vaillamment.

Mais que lis-je dans ta prose ?

Qu'en rando beaucoup trop femmes causent !

Mais jamais tu ne narras dans tes vers,

Le jour où tu oublias ton verre !

Quand Gibus déboucha son Terret *,

Dans ton sac point de gobelet !

Ton teint vira du rose au vert

A l'idée de ne point boire un verre !

Fort heureusement ta douce mie,

Qui sait que souvent tout t'oublies

Et comme femme joue son rôle

Et toujours derrière toi contrôle !

Ce matin même ta timbale oubliée

Dans sa propre besace fût emportée.

Quel ne fut soudainement ton sourire

Voyant ton gobelet surgir !!

Et pendant qu'avec Gibus tu sirotes,

Nous femmes, continuons parlotte !!!

  

 * le Terret est un cépage languedocien 

Ma réponse :

 

Marie tes vers un brin moqueurs

Sont pour moi un régal

Etant d’un naturel jovial

Je ne t’en tiens pas rigueur.

J’avais oublié mon verre !

Ah ! la belle affaire !

Si ma mie n’ y avait pensé

J’aurais bu dans mon soulier.

Les arômes du Terret

De mon ami Gilbert

Auraient certes été

De nature laitière

Mais avec l’avantage

Qui n’est pas mesquin

Qu’avec mon vin

J’aurai eu mon fromage !

 

 

Et pour finir  je vous invite à jeter un œil sur cette cyber-action (et à la signer si vous approuvez la démarche) qui vise à défendre le droit des agriculteurs à produire et utiliser leurs propres semences. En effet une loi est en préparation qui s'ajoute à tout un arsenal juridique d'appropriation du vivant et criminalisera les agriculteurs qui ne payeraient pas tous les ans pour acheter ou reproduire eux-mêmes leurs semences et animaux reproducteurs et interdira de facto la sélection paysanne telle qu'elle existe depuis l'invention de l'agriculture.

 

 Texte & Photos Ulysse

 

 

02/12/2013

Réunion de « vieilles guiboles » à Caissenols

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 Il est des jours de notre vie à marquer d’une pierre blanche. Ce mercredi 26 novembre 2013 fut, pour moi, Gibus et nos épouses, de ceux là. Car ce jour prit son envol sous un soleil radieux et nous permit de chauffer nos abattis au feu de bois et nos cœurs au feu de l’amitié. Nous avions, en effet, programmé une rencontre au refuge de Caissenols avec  Bernard et Pierre lecteurs assidus d’Eldorad’Oc et devenus amis suite à une rencontre fortuite que je vous ai contée dans le passé.

 

Nous voilà donc partis de bon matin à l’assaut de la Serre de Majous que traverse le chemin qui mène à Caissenols. Nos épouses nous accompagnant nous dédaignons pour une fois les sentes à mouflons et empruntons le chemin le plus carrossable. Ce qui me laisse pour une fois le temps de soigner le cadrage de mes photos, que je prends d’habitude en déséquilibre sur un pied en tentant de ne pas perdre de vue Gibus qui gambade devant.

 

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Un génie sylvicole un brin facétieux se met soudain à hurler, ravi d’avoir un public féminin à effrayer. « Même pas peur » disent en cœur nos épouses qui en ont vu d’autres, vu que ça fait quelques dizaines d’années qu’elle vivent avec les « marioles » que nous sommes.

 

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Nous arrivons en vue du col de Roquandouire dominé par les sommets enneigés de la Serre de Majous qui culmine à 989 mètres. Cette année l’hiver est venu piétiner les plates-bandes de l’automne sans crier gare, ce qui nous contraint de transporter dans nos sacs à dos un peu de bois sec pour lancer le feu dans le refuge où nous avons prévu de pique-niquer. Si vous ajoutez à cela le thermos de vin chaud, de potage, de thé ou de café et les boissons « énergisantes » qui font le lien entre elles, sans oublier (pour Gibus) la poêle pour l’omelette et le repas de nos compagnes que nous portons par galanterie, vous comprendrez que nous avons un petit aperçu de ce qu’est une vie de mule !

 

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Mais le panorama qui s’offre à nous est tellement somptueux qu’il nous fait oublier les meurtrissures de nos vieux abattis. L’association incongrue de la neige des sommets et des feuillages automnaux des hêtres qui couvrent les flancs de la Serre de Majous est une régal pour nos yeux, jamais lassés de  ce spectacle. L’homme peut s’évertuer à inventer la télévision en Extra-Super-HD le cinéma 3 D et prochainement l’immersion dans les mondes virtuels, jamais ces ersatz ne procureront le doux sentiment d’euphorie et de légèreté de l’âme qui vous saisit quand on est au petit matin, au  sein d’une telle beauté, caressé par un air frais qui vous pince les oreilles.

 

 

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Nous sommes en vue du Portail de Roquendouire, lieu « magique »  que mes lectrices et lecteurs connaissent bien et qui selon les saisons est environné d’une mer mauve de bruyère ou d’un océan d’or de genêts.

 

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Gibus et moi y faisons une petite pause, ce qui permet à nos épouses, dont une partie de l’énergie motrice est consacrée aux muscles labiaux, de nous rejoindre….(oh le mufle !).

 

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Nous empruntons le chemin qui longe le flanc tourmenté de la Serre de Majoux où de rares arbres ont vainement tenté de s’accrocher. Mais la gravité a eu raison d’eux malgré un ultime sursaut de leurs branches vers le ciel.

 

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Quand je parlais, tout à l’heure, d’air frais qui pinçait les oreilles, je n’exagérais point, comme vous pouvez le voir en admirant cette magnifique collection de stalactites de glace offerts par l’Hiver à Gaïa. Ces bijoux là sont plus  beaux que ceux que l’on peut voir chez les joailliers de la Place Vendôme à Paris destinés à cacher le cou ridé de richissimes pachydermes.

 

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Le ciel commence à se couvrir au moment où nous arrivons au refuge de Caissenols, merveilleusement restauré par des bénévoles d’une association. Je profite de l’occasion pour une nouvelle fois les remercier, car c’est un endroit chargé pour nous d’heureux souvenirs auxquels cette journée ajoutera son lot.

Bernard et Pierre, accompagnés d’un ami, François,  sont déjà dans les lieux et en montagnards et épicuriens avertis ont démarré le feu et commencé à mettre la table avec une nappe blanche, s'il vous plait !

 

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Je laisse les photos prises par Bernard (créateur d’un joli BLOG ou la poésie se marrie à la photographie) témoigner de l’ambiance chaleureuse de notre rencontre que n’aurait pas dédaignée Rabelais. A noter qu'au menu, il y avait du foie gras sur canapé de pain d'épice apporté par nos amis. Il manquait le sauternes mais c'était néanmoins un délice !


 

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L’amour de la montagne qui conduit l’homme à tisser des liens étroits avec les arbres, les rochers, les animaux, le vent, la pluie, la neige le prédispose à  l’amitié. Celui qui aime la montagne apprend à aimer les autres car la solidarité est une garantie de survie. Et, cerise sur le gâteau, celui qui aime la montagne vieillit moins vite que les autres, la montagne étant une fontaine de jouvence, comme en témoignent nos vieilles guibolles qui totalisent près de quatre siècles et  passent les cols aussi facilement que d’autres, beaucoup plus jeunes,  escaladent leur canapé !

 

 

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Après deux heures mémorables passés ensemble, nous devons, les journées étant plus courtes, prendre le chemin du retour, le temps s’étant mis définitivement à la grisaille et le froid se faisant plus vif.

 

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L’esprit encore imprégné des chaleureux moments que nous venons de vivre, nous sommes sortis de notre douce torpeur par la vue d’un mouflon qui nous nargue du haut d’une falaise où il se sent à l’abri. Le bougre n’a pas encore appris qu’avec notre espèce nul n’est jamais à l’abri en aucun lieu. Les hommes et animaux qui sont massacrés ou torturés et  mutilés chaque jour aux quatre coins du monde en savent quelque chose.

 

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L’ami Gibus qui au cours de cette sympathique sortie familiale n’a pas eu son compte de cabrioles, ne manque pas l’occasion de franchir le ruisseau de la Taillade sur un pont rustique mis en place par l’Association de Caissenols. Nos épouses sont fort soulagées de ne pas avoir à l’emprunter, un gué permettant de franchir le torrent en contrebas. Un « mariole » par couple ça suffit !

 

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Nous croisons bientôt d’autres acrobates : deux jeunes mouflons qui ne nous ont pas entendu venir et qui manifestement ne sont pas encore familiarisés avec les bipèdes vu les  regards étonnés qu’ils nous jettent. Mais peut être sont ce nos jolies épouses qui les fascinent ! On les comprend !

 

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Mes fidèles lecteurs et lectrices  se diront sans doute  « Tiens Ulysse nous remet encore son vieil arbre mort », il pourrait changer de sujet ! Vivement qu’un éclair le foudroie ! » (en parlant de l’arbre pas de moi, du moins je l’espère). Et bien, non je ne changerai pas de sujet et à chaque fois que je passerai par ici vous y aurez droit ! C'est mon petit privilège d'auteur et j'y tiens ! Car cet arbre là qui continue de se dresser face aux intempéries après sa mort me fascine ! Comme s’il ne voulait pas s’avouer vaincu et que par delà la mort il nous adressait un message : «  Ne vous laissez pas abattre par l’adversité ! Tenez bon ! Ne lâchez rien !  Ne perdez pas votre temps à des fadaises ! Vivez ! Aimez ! Faites vous des amis de chair et d'os et chérissez les ». C’est du moins ce que je crois entendre et j’essaie de suivre ses conseils.

 

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Cette dernière photo où vous nous  voyez descendre un sentier envahi de feuilles de châtaigniers, nos visages empreints d’une joie enfantine, vous dira mieux que des mots le bonheur que nous avons pris à cette mémorable journée qui hélas se termine.

Au plaisir de vous revoir Bernard, Pierre et François….et au plaisir d’avoir de vos nouvelles chères lectrices et chers  lecteurs. J’espère que vous avez passé un bon moment en notre compagnie !

PS : Vous qui êtes, chères lectrices et chers lecteurs, des adeptes de la nature et des choses authentiques prenez quelques minutes pour aller écouter ICI la délicieuse chronique d'Olivier de Robert.

Texte & Photos Ulysse (sauf les deux du refuge prises par Bernard)

 


24/11/2013

Au royaume de Vitis Vinifera...

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Après notre ascension la semaine passée de l’arête de Razigade qui fut, j’en conviens un peu sportive, vous avez mérité, chères lectrices et chers lecteurs, une petite pause. Nous allons donc, aujourd’hui, tranquillement baguenauder à la découverte du vignoble qui s’étend autour de la jolie ville de Gignac. Une balade balisée d’environ 15 kilomètres  permet d’en découvrir  tous les aspects (consultez la rando-fiche ICI)

  

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Ce terroir est situé au cœur d’une zone où l’on trouve deux des plus beaux terroirs du Languedoc, avec au nord, les Terrasses du Larzac (Domaines Alain Chabanon, Terrasse d’Elise, Pas de l’Escalette, Château Jonquières.....) et à l’Est le secteur d’Aniane (Domaines Daumas Gassac, La Grange des Pères, Château Capion.).

 

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Les vignerons qui oeuvrent en ces lieux font preuve d’un sens artistique collectif qui marrie harmonieusement, en cette saison automnale, l’étonnante palette de couleurs des différents cépages, en jouant avec les ondulations du sol. Ici et là un cyprès ou un chêne vert apporte un contre-point plus sombre dans cette mer végétale multicolore. C'est un pays où Bacchus aurait aimé vivre !

 

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Aucun  autre breuvage que le vin  ne naît d’une pareille beauté, aucun autre n’est autant le produit de l’histoire, de la géographie et du génie de l’homme. Aucun, quand il est bu avec en bonne compagnie et avec modération, ne réjouit autant l’esprit et le cœur de l’homme ! Ce qui n’empêche pas certains "hygiénistes" de vouloir nous en priver. Rappelons à ces « hypocrites » qui doivent en cachette se "pinter" au whisky, à la vodka ou au gin, alcools qui rendent idiots, que le vin est une boisson « divine » qui a été offerte par Yavé à Noé et dont Jésus lui même nous a recommandé la consommation.

  

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Imaginez un instant que ces « hygiénistes » finissent par imposer leurs vues, ces magnifiques paysages disparaîtraient de nos horizons. Ce serait un crime contre l’humanité.

 

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J’appelle donc à la mobilisation générale des « «gosiers » afin de sauver ce chef d’œuvre naturel mis en place au fil des siècles par des hommes et des femmes qui n’ont pas ménagé leur peine.  En buvant -  avec Modération, notre meilleure amie- la boisson préférée de Bacchus, vous leur rendrez hommage et contribuerez à la préservation de ce qui fait partie du patrimoine mondial de l’humanité.


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Ayant ainsi déclamé ma diatribe, je vais vous laisser parcourir en silence ces lieux dont la beauté et l’harmonie réjouissent le cœur et l’âme de celles et ceux qui y sont sensibles. 

 

 

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La balade vous a réjoui, chères lectrices et chers lecteurs, je n’en doute pas, vous qui aimez la beauté et la nature. C’est ainsi qu’il faut jouir des quelques moments qu’il nous est donné de vivre sur cette terre et qui passent si vite. Souhaitons nous donc, un verre à la main – pourquoi pas du « Joly rouge » de l’ami Virgile (domaine Bio) - de pouvoir partager ensemble, encore quelques années, de tels moments, de telles beautés.

  

Texte & Photos Ulysse


09:30 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (28) | Tags : bacchus, ayatollah, jésus, vin

18/11/2013

On ne gambade pas sur l’arête de Razigade !

 

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Ca fait un bouquet d’années que l’ami Gibus et moi arpentons les monts du Haut Languedoc et nous n’avons pourtant pas fini d’en découvrir tous les itinéraires. Ainsi l’autre jour, consultant nos grimoires, nous découvrons un circuit conseillé aux seuls randonneurs expérimentés, qui emprunte l’arête de Razigade permettant, à partir du hameau de Castanet-le-Haut, d’accéder au magnifique Plo (plateau) des Brus, dont l’origine du nom vous est contée ICI. De fait, cet itinéraire est décommandé à ceux qui n’aiment pas les pentes à plus de 50° et qui ont besoin d’un balisage pour ne pas se perdre .

 

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Les « marioles » (comme nous qualifient nos petits fils) qui, comme nous, sont prêts à affronter ces conditions sont récompensés de leurs efforts par le somptueux panorama sur les barres rocheuses du massif de l’Espinousse que l’on découvre au fur et à mesure de l’ascension.

 

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Mais surtout, comme c’est un endroit très rarement fréquenté par les bipèdes, on y rencontre ce magnifique animal qu’est le mouflon  qui prospère en ce massif. C’est habituellement un animal craintif mais ceux que nous apercevons ce matin là sont tellement sidérés de nous voir en de tels lieux qu’ils en restent coi (ah ! quelle est belle notre langue) ce qui nous permet de les observer à loisir (On aperçoit le dos de Gibus qui vous prouve, s'il en est besoin, que la photo est prise "in situ").

 

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Mais il se décident en définitive à nous fausser compagnie sans trop se précipiter, histoire sans doute de nous exposer longuement leur derrière pour nous montrer l’estime qu’ils ont pour le genre humain. S’ils ont croisé dans leur existence des chasseurs on comprend leur sentiment ! (on verra in fine une photo éloquente sur ce point )


 

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Nous poursuivons notre ascension de barre rocheuse en barre rocheuse, l’ami Gibus naviguant, avec art, au flair pour trouver le meilleur itinéraire. Heureusement que nous avons gardé, en même temps que nos âmes, nos tailles de jeune homme, car nous sommes parfois obligés de passer dans des anfractuosités larges comme le chas d’une aiguille. Bon, je sais que j’exagère vu que l’on pouvait passer à coté, mais bon si on se fait pas « mousser » un peu, qui le fera pour nous, hein ?

 

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Il y a des passages un peu plus techniques que d’autres  qui, je vous l’avoue, suscite chez moi quelques poussées d’adrénaline mais tout ce qui fait revenir «Aline » est bienvenu, n’est ce pas ! C’est Christophe, mon pote de jeunesse,  qui va être content. Fallait oser la faire celle là et j’ai osé !

 

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Bon, si vous avez le vertige je vous déconseille de regarder sur les cotés. Retenez votre respiration et filez droit devant vous en fixant le dos de Gibus. C’est personnellement ce que j’ai fait.

 

 

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 Ouf, après 1heure 40mn de grimpe nous voilà arrivés sur le Plo des Brus dont les bruyères, à cette saison malheureusement fanées, offrent l’été un somptueux spectacle.

 

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Ayant décidé de revenir par le ravin du Pas de la Lauze, autre itinéraire que nous ne connaissons pas encore, nous rejoignons la route de l’Espinousse qui y mène et qui offre une vue imprenable sur le vallon du Vialay. On y aperçoit le roc Fourcat au pied duquel se cache le magnifique lac Blond, où nous vous avons emmenés l’année passée à vos risques et périls ! C’est d’ailleurs étonnant qu’aucun de nos lecteurs ne nous ait encore fait un procès. Vous êtes vraiment des gens biens !

 

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Après avoir pique-niqué au refuge de Nostre Seigne  nous entamons la descente, qualifiée par notre grimoire de « dangereuse en cas de pluie ». Comme il fait grand beau, nous n’avons aucune appréhension et nous avons bien raison car nous allons effectuer l’un des plus beaux parcours en sous bois du Haut Languedoc.

 

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La sente que nous empruntons sinue, en effet, au milieu d’une magnifique forêt de hêtres qui a trouvé un lieu propice au pied de barres rocheuses qui permettent d’entretenir une constante fraîcheur et humidité.

 

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Comme ce lieu est aussi peu fréquenté que l’arête de Razigade, une bonne vieille vache, lassée de se faire traire à tout va, y a trouvé refuge. Nous la saluons au passage et lui demandons son nom. « Contribuable » nous répond-t-elle ! Un peu interloqués au début nous trouvons finalement  que c’est un nom qui convient bien à une vache à lait, vous ne trouvez pas ?

 

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Puis nous poursuivons notre descente dans un paysage féerique, le mot n’est pas excessif, bien que je l'avoue, nous n'ayons vu aucune fée !

 

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La seule crainte que nous ayons est qu’un rocher ait la malencontreuse idée de se décrocher sur notre passage et de nous transformer en crèpe (au rhum vu que le Ti-Punch est notre breuvage préféré !). Vous haussez les épaules mais la photo qui suit, que j’ai prise lors d’une précédente randonnée, vous montrera que ce genre d’incident  arrive parfois, hélas.

 

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L’enquête menée par la gendarmerie de Lodève, dont dépend le secteur où a été prise la photo, n’a pas encore permis déterminer l’identité de la victime dont on aperçoit la main sous le rocher. Mais, ne soyez pas trop affligés, car comme c’était un homme de plus de cinquante ans et qu’il ne portait pas de Rolex sa vie ne valait pas la peine d’être vécue !

 

 

 

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Nous, qui sommes encore en vie (et j’espère encore pour longtemps bien que nous n’ayons pas de Rolex)  nous jouissons pleinement du spectacle que la nature nous offre. Et là je dois dire que nous sommes bien plus privilégiés que ces couillons qui se payent à prix d’or des « gadgets de luxe » que n’importe quel chinois qui vend des chaussettes trouées à deux balles peut se payer .


razigade,castanet-le-haut,rolex,pas de la lauzeLe torrent de la Lauze qui a creusé le ravin offre de belles cascades et vasques malheureusement inaccessibles et je regrette donc de ne pas pouvoir offrir, à mes chères lectrices qui le réclament, la photo de Gibus se baignant en tenue d’Adam dans l’une d’elles. Ce sera pour une prochaine fois !

 

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Et pour finir, dans la série « Défense et illustration de cette noble tradition qu’est la chasse » vous avez droit cette semaine à une vue sur une magnifique collection de cartouches « oubliées » par les chasseurs. Que ces gens sont étourdis !

 

Texte & Photos Ulysse