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13/06/2013

De Mauroul aux Bourdils

Mon emploi du temps me permet enfin de reprendre sur Eldorad’Oc le récit de mes balades au moment où je l’avais interrompu, c’est à dire au cœur de l’hiver. Je suis désolé de vous replonger ainsi dans la froidure mais nous avons vécu avec mon ami Gibus quelques aventures qui méritent d’être contées.

 

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C’est un de ces matins où la clarté mordorée de la lumière et la luminescence du ciel invitent à quitter fissa sa tanière pour grimper vers les sommets. Un de ces matins où la montagne apparaît si dense que sa seule contemplation vous remplit d’énergie. Et de l’énergie il nous en faut car nous allons grimper au refuge des Bourdils, situé à un peu plus de mille mètres d’altitude sur un plateau qui domine le hameau de Mauroul.

 

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Le sentier passe devant l’ancienne Bergerie de Mazot dont l’appareillage de pierres est pour nous une source d’émerveillement. Les hommes qui l’ont édifiée vivaient alors dans un monde où tout ce qui contribuait à leur existence sortait le plus souvent de leurs propres mains : leur maison, leurs outils, leur nourriture. Ils devaient en tirer un sentiment d’accomplissement et de plénitude qui les mettait, malgré la dureté des temps, à l’abri de la dépression qui affecte tant de nos congénères, qui ont le sentiment de n’avoir plus aucune prise ni contrôle sur leur propre vie.

 

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Les arbres envahissent aujourd’hui ces lieux désertés par les hommes et la mousse qui les recouvre, comme elle recouvre les vieilles pierres, assure une continuité entre le monde végétal et minéral. Ignorant est l’homme qui ne comprend pas que tout est lié dans l’univers, puisque tout est issu de la même « soupe » originelle.

 


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Cette continuité entre le monde végétal et minéral est illustrée de façon frappante par ces hêtres qui semblent surgir des rochers et en ont l’apparence.  La pluie qui dissout la roche alimente leur sève et leur donne ainsi le même aspect.

 

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Le vallon que nous remontons est sauvage et un ours, fuyant les Tartarins qui sévissent dans les pyrénéens, s’y est réfugié. Bien que farouche, il ne s’enfuit pas à notre passage, constatant que nous n'appartenons pas au clan des ventripotents musclés de l’index !

 

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Bien que l’ambiance devienne féerique du fait de la montée du brouillard qui rend le ciel iridescent, ce ne sont pas des fées que vous apercevez sur le chemin, mais nos épouses qui, ce matin, nous accompagnent, le circuit ne comportant à priori aucun passage périlleux.

 

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Ayant pris de l’altitude nous laissons le brouillard derrière nous et retrouvons un ciel bleu indigo où se découpent d’immenses tours rocheuses qui jaillissent de la serre du Soumal.

 

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Mais la beauté est aussi au ras du sol où un rayon de soleil compose une superbe «nature morte »  faite de quelques feuilles et de champignons. Un lent travail de décomposition est à l’œuvre qui entretient la biosphère dont nous dépendons.

 

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La nature est non seulement une source inépuisable de beauté  mais elle est aussi pleine de fantaisie et je vous assure que seul le hasard a fait tomber cette minuscule feuille au bon endroit pour former l’œil de cette cane « neigeuse » !

 

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Plus étonnant encore, nous croisons la « Dame Blanche » dont une légende prétend qu’elle hante le refuge de Bourdils, où pourtant nous avons dormi plusieurs fois sans jamais l’apercevoir. Elle passe sans nous voir, perdue dans ses pensées. Selon la légende elle chercherait son compagnon parti un jour ramasser des champignons dans le secteur et qui n’est jamais redescendu. Certains prétendent qu’un autre cueilleur de champignons lui a réglé son compte pour lui voler sa cueillette et d’autres qu’il se serait fait "la malle" avec la femme du maire du village d’à coté qui a curieusement disparu le même jour. Mais allez savoir où est la vérité, les gens sont tellement prêts à raconter n’importe quelle baliverne pour susciter l’intérêt. Toujours est-il que des cueilleurs de champignons on n’en voit plus beaucoup dans les environs.

 

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Pas effrayés pour deux sous par la perspective de revoir cette charmante personne, nous nous rendons au refuge où nous faisons un feu d’enfer ou presque parce que, d’après ce que certains prétendent, qui pourtant n'y sont jamais allés,  il doit faire en la demeure de Lucifer un peu plus chaud. Mais, comme je vous le disais à l'instant, les gens vous racontent tellement de balivernes pour susciter l’intérêt !

 

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Gibus nous concocte alors des œufs au plat divinement bons et qui, par définition,  ne sont pas servis en enfer !

 

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Et puis nous prenons le chemin du retour alors que les rayons obliques du soleil illuminent le sous bois.

 

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Nous nous sentons comme des nains sous le couvert de hêtres qui semblent se défier  dans une course folle vers la lumière

 

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Leurs feuilles mortes recouvrent le sol d’un tapis ocre que déchire la langue écumeuse du modeste torrent de Tourre. Tout ici respire la sérénité et l’envie me saisit de m’allonger un moment sur les feuilles, mais je me rappelle que la dernière fois que j’ai fait une sieste dans l’herbe humide j’ai eu un lumbago pendant quinze jours. A mon âge il y de nombreuses choses auxquelles je dois renoncer et je ne vous en dresserai pas la liste !

 

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Gibus, qui est plus agile et plus futé que moi, trouve la solution en faisant une petite sieste sur une branche qui a eu la bonne idée de pousser à l’horizontale. La fin de notre parcours se passe sans encombre et nous vous donnons donc rendez vous la semaine prochaine pour une nouvelle aventure.


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 FOTORAMA

 

 

Texte & Photos Ulysse

 

07/06/2013

Cinquième rencontre franco-belge au sommet

 

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Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais l’année dernière notre prez’ François  m’avait confié la délicate mission de négocier avec des industriels belges la signature d’un contrat de licence, détenue par une société française, relatif à la production de frites hélicoïdales. Ces frites, dont raffolent les belges,  ont en effet un croustillant incomparable du fait de leur forme particulière qui favorise la cuisson  et,  "cherry on the cake" (comme disent les grands-bretons), retiennent  mieux la moutarde et le Ketchup. Cette opération commerciale a contribué, au demeurant, à limiter l’ampleur de notre déficit commercial qui commence à ressembler au Grand canyon, comme d’ailleurs ceux de nos comptes publics et de la Sécurité sociale. A mon avis plutôt que de confier la gestion de nos finances à de foireux  énarques, on ferait mieux d’appeler des alpinistes à la rescousse car eux n’ont pas peur du vide !

 Mais nos amis belges nous ont fait part d’une difficulté car il s’est avéré que la frite hélicoïdale - qui en Belgique est souvent consommée en plein air dans des petits cornets en papier - est très sensible au vent qui souffle dans leur pays quasiment en permanence. Les consommateurs se sont donc plaints de voir une grande partie de leurs frites s’envoler avant qu’ils n’aient eu le temps de les consommer.

Pour remédier à ce problème, la société française a légèrement modifié la courbure de la frite, ce qui impliquait toutefois la négociation d’un avenant au contrat. Pour ce faire, nous sommes convenus d’une réunion avec la délégation belge au sommet du Caroux , endroit venté par excellence, afin de tester la nouvelle frite hélicoïdale.

Nous voilà donc partis vers le sommet en empruntant l’antique voie caladée des Fleysses construite par les romains et qui est dans un état remarquable malgré ses deux mille ans ! Mes genoux sont moins vieux que ça et ils ne sont pas dans le même état!

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Le Caroux est un site remarquable, refuge d’êtres étranges que l’on croise au détour des chemins et dont les yeux vides sont des fenêtres ouvertes sur le mystère de l’univers.

 

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Dans ce milieu aujourd’hui totalement sauvage et inhabité, les générations antérieures ont laissé quelques traces de leur passage, témoins d’activités aujourd’hui abandonnées, telles que la culture de châtaigneraies et la fabrication de charbon de bois.

 

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Le monde végétal y a une densité et une vitalité étonnantes et je ne serai pas surpris qu’un jour ici les arbres se mettent à marcher .

 

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Dans ce massif de gneiss Gaïa notre planète montre avec impudeur ses vieux os et ses rides qui donnent pourtant naissance à des splendeurs.

 

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Nous choisissons une ancienne carrière où le vent s’engouffre en tourbillonnant pour pique-niquer et tester ainsi la résistance à l’envol de la nouvelle frite hélicoïdale.  A notre grand soulagement le test est concluant, les frites restant dans leurs cornets en papier amenés à cet effet. Je suis soulagé, car François dont la cote de popularité n’est visible qu’au microscope, m’aurait chèrement fait payer un échec. Il ne reste plus qu’à convaincre les chinois d’abandonner le riz pour la frite hélicoïdale et la France est sauvée. On pourrait même imaginer de rallumer les hauts fourneaux de Florange pour les faire cuire car dans ce cas il faudrait des millions de tonnes  pour satisfaire les dizaines de millions de touristes chinois qui vont bientôt débarquer. Songe y Arnauld il y a un coup à faire en ce domaine !

 

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Nous prenons le chemin du retour qui traverse le rafraîchissant et bucolique torrent de Madale. Celui-ci a creusé en aval des gorges dont la traversée nous a laissé à Gibus et moi-même quelques souvenirs épiques !

 

frite hélicoïdale,capimont,caroux,châtaignierNous rencontrons en chemin un étonnant représentant de la race chevaline qui arbore la robe d’une vache Hollstein . C’est à se demander si  papa n’a pas fauté avec une dame de cette espèce ! Mais cela dit le rejeton est magnifique !

 

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Puis nous traversons la somptueuse forêt des Ecrivains combattants, ainsi dénommée car des stèles ornent ses allées qui rendent hommage aux écrivains morts au front pendant la première guerre mondiale.

 

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Nous croisons d’autres êtres fabuleux tel ce châtaignier-capricorne qui est aussi inoffensif qu’ effrayant.

 

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Mais dans le Caroux la beauté et l’étrangeté se trouvent à tous les étages comme en témoigne cette magnifique orchidée Livador arbolivum dont l’inflorescence semble prête à s’envoler.

 

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Nous approchons du pittoresque village de Vernet dont les heureux habitants ont le Caroux comme terrain de jeux

 

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Mais un terrible molosse en défend l’accès auquel nous donnons le reste des frites hélicoïdales pour l’amadouer.  Le molosse reconnaissant nous laisse passer sans tenter de goûter à nos arrières trains, ce qui me laisse penser qu’en plus du marché chinois la frite hélicoïdale pourrait aussi être utilisée dans l’alimentation pour les chiens . Ceci ouvre des perspectives illimitées quand on voit que la moitié des rayons de supermarché sont aujourd’hui destinés à nos compagnons poilus. Penses y Arnaud il y a un coup à faire pour relancer l’emploi en France !

 

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Un orage menace et nous arrivons juste à temps au gîte où s’est installée la délégation belge, qui profite de cette négociation pour faire du tourisme dans la région .

 

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Après avoir signé les documents relatifs à l’avenant, nous sommes fort aimablement invités à  dîner, nos amis belges nous faisant l’honneur de servir à cette occasion un vin de la région, opportunément appelé Caroux, produit par les caves de Capimont.  La soirée est des plus chaleureuses mais comment pourrait-il en être autrement quand des belges vous invitent à leur table.

 

Merci à Marc, Myriam,  Eric, Jean-Marie, Anne-Marie, Raymond et Jacqueline pour cette délicieuse journée et à l’année prochaine pour une nouvelle rencontre au sommet Franco-Belge !

 

 

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ATTENTION !

Vous connaissez le rôle que jouent les abeilles dans la pollennisation des plantes et la production fruitière. Or la pseudo-interdiction des néonicotinoides annoncée par la Commission Européenne est en fait un leurre échafaudé par les firmes agrochimiques pour faire accepter définitivement leurs pesticides tueurs d'abeilles!

Si nous n'agissons pas immédiatement, ce plan entrera en vigueur dans les jours qui viennent. Je vous invite donc  à signer la pétition en cliquant ICI pour les stopper ! 


 


Texte @ Photos Ulyss

31/05/2013

Périple Pyrénéen dernière partie : Le Lac de Marboré

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Nous voilà donc parvenus sur le Balcon de Pinetta à 2500M d'altitude, soit 1200M au dessus de notre point de départ, assaillis par le brouillard, alors qu'un grand soleil a accompagné nos premiers pas ! Comme quoi, en montagne, il ne faut jamais se fier à un ciel bleu séducteur et trompeur car les montagnes enfantent les nuages et les orages comme les jolies femme font naître les songes. L'humidité de l'air, alimentée par les torrents, les névés et les glaciers réchauffés par le soleil, se condense au contact de l'air plus froid des cîmes qui se couvrent alors de nuages. Ceux ci ne tardent pas à dévaler les pentes pour envahir combes et vallées et vous plongent dans un brouillard glacial, vous saupoudrent de grésil ou de neige et couvrent de givre vos sourcils, vos barbes et vos moustaches (bienheureux en ces hauteurs les moustachus et barbus ainsi naturellement protégés des intempéries !)


La montagne est une école d'humilité qui nous fait redécouvrir la fragilité de notre carcasse humaine que la vie moderne ultra-mécanisée nous a fait oublier. Le montagnard averti le sait qui a, bien sur, dans son sac en toutes saisons : polaire, coupe-vent, bonnet, gants et couverture de survie. Le tonnelet de rhum n'est quant à lui pas obligatoire, bien qu'il soit toujours dans ces cas là fort apprécié, mais il faut trouver un volontaire pour le porter !


Etant bien équipés, et le parcours final ne présentant pas de danger, nous décidons d'aller de l'avant et de nous rendre comme prévu au lac de Marboré, situé à une demi-heure de marche. Pas question bien sur d'apercevoir le Mont Perdu qui domine quelque part dans les nuages à 3355M d'altitude le plateau où nous évoluons, ni hélas, l'imposant glacier qui le ceinture.

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Le sentier disparaît en de nombreux endroits sous les névés, témoignage du climat plutôt rude qui règne en ces lieux. J'éprouve toujours un bonheur enfantin à marcher en plein milieu de l'été sur des névés en altitude. C'est pour moi un peu noêl qui survient au mois d'août, j'ai l'impression d'être hors du temps dans un lieu magique où les saisons se téléscopent et où la logique de temps linéaire n'a plus cours.


Ajoutant à la magie du lieu, des résidents de ces contrées sauvages et inhospitalières nous observent à travers le brouillard, sans doute étonnés d'y voir des bipèdes par ce temps chaotique. "Ces bipèdes doivent avoir des ancêtres chamois" doivent-ils se dire, "nous n'avons rien à craindre d'eux" ! Ce qui est probablement le cas de notre guide Gibus qui grimpe les pentes aussi vite que je les descend


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Puis le brouillard se déchire un instant nous permettant d'apercevoir le magnifique lac de Marboré, dans lequel se reflète le Pic d'Astazu (3107m)

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Nous installons notre bivouac sur ses rives du lac à l'abri d'un rocher nous protégeant du vent glacial. Nous prenons, c'est le cas de le dire, un « repas froid », heureusement agrémenté de vin du Rioja, véritable condensé de soleil qui nous permet de maintenir notre température corporelle à 37°.


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Mais le temps ne donnant aucun signe d'amélioration, nous levons le camp assez rapidement (une fois les bouteilles vides !) pour reprendre le chemin du retour au moment même où s'abat sur nous une averse de grêle.


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Nous prenons malgré tout le temps de nous recueillir devant le mémorial dressé en l'honneur de deux alpinistes espagnols de la région, Ricardo Martinez et Santiago Ayesa, morts le 13 mai 2005 emportés par une avalanche sur les pentes du Dhaulagiri, l'un des plus beaux sommets (8167m) de l'Himalaya, où est décédée également en 1998 la grande alpiniste française Chantal Mauduit.

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Troublés par ce drame, nous nous engageons prudemment sur le sentier qui traverse en descendant la falaise d'accès, le brouillard présentant l'avantage de nous masquer le vide.

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Bien que vivant un moment « inconfortable », c'est le moins que l'on puisse dire, nous sommes subjugués par le jeu d'ombres et de lumières qui se déploient dans la vallée. L'ambiance est wagnérienne et je me joue dans la tête l'ouverture de Tanhauser.


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Les divinités du ciel, sans doute impressionnées par notre sang froid, dissipent soudain les nuées (les rationalistes, dont je ne suis pas, diront que c'est tout simplement l'effet du retour en basse altitude) et nous découvrons le panache blanc de la chute de Circa, grossi par l'eau tombée sur les sommets

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Nous posons nos sacs un instant et nous accordons dans l'herbe encore mouillée le quart d'heure de sieste que nous n'avons pu nous octroyer sur les sommets. La sieste "post" pique-nique est en effet le secret du bon randonneur, le corps humain, un peu primitif dans sa conception, ne sachant pas bien faire deux choses à la fois, telles que marcher et digérer !

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Nous voilà de retour dans des lieux plus paisibles où nous sommes heureux de croiser les frères de Pégase. En voyant ce lieu serein , qui pourrait croire que la haut sur les sommets règne la tourmente ! Ainsi nos vies sont-elles faites, qui passent parfois, sans crier gare, de la lumière à l'obscurité, du calme à la tempête

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Impatients de revenir au refuge où nous attendent nos « 3328 » (seuls celles et ceux qui ont suivi le périple depuis le début peuvent comprendre) nous apaisons un peu de notre soif à une source providentielle (et oui il m'arrive de boire de l'eau, mais avec modération !) où nous devons patiemment attendre notre tour ! Diable  qu'il est bon, après cette aventure, de retrouver le plancher des vaches !

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Heureux de nous en être sortis à si bon compte, nous faisons largement fait honneur à la réserve du"Patron". Et surtout nous célébrons la belle amitié qui nous unit et rend possible ces pérégrinations. Nous allons vers des temps où le pétrole sera rare et cher mais je connais une énergie alternative renouvelable qui peut nous sauver : c'est la chaleur humaine qui permet de grimper les plus hautes montagnes!


FIN

 

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Texte & Photos Ulysse (sauf la dernière Marie)

24/05/2013

Périple Pyrénéen 4ème partie : La montée au Balcon de Pineta (2500 m)


REPRISE D'ARCHIVE

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Quand on passe quelques jours dans un refuge d'altitude où l'on éteint généralement les «feux » à 22 heures, on redécouvre avec étonnement et ravissement l'intensité de la nuit. De fait, dans la plaine, les villes avec leurs lumières qui jaillissent des fenêtres, des lampadaires et des zones commerciales nous volent nos nuits. 


En montagne, on la retrouve telle que la connaissait nos ancêtres, qui n'avaient que des bougies et des lampes à huile pour s'éclairer. Elle apparaît alors de prime abord comme un gouffre prêt à nous avaler et l'on craint de s'y dissoudre, comme y disparait le monde environnant perçu dans la journée.

Puis, si l'on surmonte cette peur instinctive venue du fond des ages, à une époque ou de multiples prédateurs guettaient l'homme la nuit, sa magie opère. Peu à peu les yeux s'accoutument à l'obscurité et perçoivent, comme l'a magnifiquement célébré Victor Hugo « cette auguste clarté qui tombe des étoiles ».


De fait, le ciel alors n'apparaît plus aussi vide, la Voie Lactée tissant sur la voute céleste une immense écharpe de lumière. L'on se dit alors qu'il doit bien y avoir quelque part autour de l'une de ces myriades d'étoiles une autre terre où des randonneurs scrutent le ciel nocturne avec la même interrogation. Chaque nuit que je passe en montagne, je fais ainsi un signe de la main en direction des étoiles mais je sais qu'il faudra quelques dizaines d'années lumières avant que quelqu'un ne puisse l'apercevoir et si jamais il me répond je crains de n'être plus sur cette terre pour le voir.

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Après donc une nuit contemplative bercée par un concert de "trombones à coulisse"(merci les ronfleurs....!) nous voilà en chemin pour le Balcon de Pineta qui donne accès au cirque du même nom dominé par le Mont Perdu ( 3355m) où est niché le lac glaciaire de Marboré (2550m) soit environ 1300m de dénivelé. Après être passé devant l'impétueux torrent de la Cinca, nous nous engageons sur un chemin qui se dirige vers un gigantesque amphithéatre minéral strié par la formidable chute qui alimente le torrent.

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Les nombreuses autres chutes qui dévalent les pentes de cet amphithéatre sont alimentées par le glacier qui enrobe (pour combien de décennies encore ?) les contreforts du Mont Perdu


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Nous grimpons  les barres rocheuses qui ponctuent le parcours l'une après l'autre sans sourciller. Quand on s'est ainsi désintoxiqué de la pédale d'accélérateur, des boutons d'ascenseur et du confort des canapés et que l'on a réappris à mettre un pied devant l'autre, on est surpris du chemin que l'on peut parcourir. On n'est pas étonné que l'homme, sorti il y a fort longtemps de son berceau africain, ait en l'espace de quelques millions d'années conquis "pédibus cum jambis" les cinq continents.

 

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Ainsi ce col ou cette cîme qui apparaissait inaccessible se rapproche peu à peu et puis soudain, surpris, heureux, nos semelelles en grattent familièrement le dos !

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Les nuages nous accompagnent dans notre montée semant quelque inquiétude dans nos esprits car nous savons que le Mont Perdu tire son nom du fait qu'on le voit quasiment jamais, courtisé qu'il il est par les nuées célestes que son formidable glacier alimente.

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Mais le somptueux spectacle d'un vol de vautours fauves nous fait oublier notre inquiétude. Ces seigneurs du ciel se jouent des vents les plus violents, les domestiquent, les exploitent et dessinent de vastes arabesques dans le ciel qui les font disparaître puis revenir vers vous en un éclair. Ceux là sont à l'abri des crétins des plaines qui armés d'un fusil en substitut à leur virilité défaillante tirent sur les buses, les milans, les faucons,les aigles dont ils ne supportent pas la beauté et la grâce qui met en évidence leur médiocrité de cafard.



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Mon propos est probablement excessif car je veux croire qu'il y a des chasseurs respectueux des espèces protégées et qui n'ont pas un tempérament de" viandard", mais il est inspiré par la colère, un aigle de Bonelli, espèce rare et protégée, ayant été secouru dans ma région lors de la dernière saison de chasse après avoir été criblé de plombs

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Le chemin devient de plus en plus pentu et surplombe des abîmes. Mais quelle jouissance de vaincre la pesanteur humaine, celle qui toujours vous pousse vers la facilité et vous fait passer à coté de votre existence, la seule dont nous disposions et que nous gâchons souvent par manque de volonté en accusant trop souvent le sort contraire.

Au contraire des (défuntes ?) piles Wonder notre énergie ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ! Plus on la sollicite plus elle se fortifie et se régénère ! Plus haut on porte son sac et moins on a besoin de Prozac. Autre bénéfice, quand on marche, on s'instruit en botanique, en géologie, en géographie, en climatologie, en histoire, en philosophie... Plutôt que de gaver nos chères têtes blondes (ou brunes ou rousses ) des tonnes d'informations livresques qu'elles s'empressent d'oublier et qui sont au demeurant disponibles sur internet, on ferait mieux de les faire randonner une journée par semaine. Ils s'instruiraient "positivement" tout en acquérant le sens de l'effort, la ténacité, l'ouverture des sens, la solidarité, le respect de la terre dont ils dépendent.


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Nous longeons une falaise en file indienne, les premiers aspirant dans leur effort ceux qui suivent. Et puis la dernière barrière rocheuse est enfin vaincue !

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Notre regard embrasse alors une partie de notre bonne vieille terre mille fois plus vaste et diverse que celle qu'on aperçoit quand nous vaquons dans les plaines à nos occupations quotidiennes. Un sentiment d'ivresse et de liberté nous envahit, nous volons d'une vallée, d'un sommet à l'autre. On est aigle ou vautour, izard ou marmotte (selon son tempérament !), on ne fait qu'un avec l'univers qui nous entoure.


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Mais soudain un rugissement nous sort de notre ravissement, nous nous retournons effrayés et apercevons le vieux lion de Pineta, abandonné dit-on par Hannibal lors de son périple vers Rome, qui nous avertit de l'arrivée de l'ennemi le plus redouté du randonneur : le brouillard ! Un poids nous tombe alors sur les épaules aussi pesant que celui qui choit à la lecture de notre relevé d'imposition sur le revenu ! Parviendrons nous à retrouver notre chemin ?

 A suivre.....si on ne s'est pas perdus ! .

 

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Texte & Photos Ulysse