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20/05/2016

Périple en pays cathare :1 - le château de Puivert

 

  

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Avec quelques amis, dont Gibus et Marie que mes lecteurs connaissent bien, nous sommes allés à la découverte de quelques châteaux dits « Cathares » perchés sur des promontoires vertigineux au coeur des montagnes des Corbières. Etant plutôt du genre « épicuriens » nous avons choisi comme « camp de base » l’excellente auberge de Cucugnan, qui porte le nom du village où elle est située, village que vous apercevez sous les pieds du parapentiste et qui est juché sur une colline enrobée pour l’heure d’une brume qui n’est guère méridionale.

 

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Le village est célèbre depuis des décennies grâce à la légende du « Curé de Cucugnan » qu’Alphonse Daudet a reprise dans « Les lettres de mon moulin ». Parlant de moulin, Cucugnan en arbore un en parfait état de marche qu’un boulanger utilise au demeurant pour produire la farine destinée à ses délicieux pains « bios » à l’ancienne !

 

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Presque aussi vieille que le moulin, une antique charrue jouit paisiblement de sa retraite au bord d’un champ qu’elle a probablement labouré dans sa jeunesse. Sa vue me rappelle que je fais sans doute partie de la dernière génération à avoir vu ses consoeurs à l’œuvre.

 

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Non loin de là, nous croisons une horde de chevaux parfaitement immobiles dont pas un crin ne bouge ! Ils sont de fait en train de dormir car ces animaux possèdent la faculté de bloquer leurs articulations et donc de se reposer debout sans se fatiguer. C’est un dispositif qui leur permettait du temps où ils vivaient en liberté de s’échapper très vite si un prédateur survenait.

 

 

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Moins paisible que nos équidés, ce panneau d’interdiction de stationnement pourrait vous laisser croire que les gens du cru ne sont pas très hospitaliers. Il n’en est rien, les touristes y sont chaleureusement accueillis sauf ceux qui, parce qu’ils sont en vacances loin de chez eux, se croient tout permis.

 

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Non seulement les voyages forment la jeunesse mais il permettent également de se   cultiver car c’est dans l’une des rues de Cucugnan que nous avons découvert cette savoureuse affichette qui nous a permis de connaître l’origine de la formule « travailler pour des prunes »!

  

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S’il y a un quidam qui ne travaille pas pour des prunes, c’est le ferronnier d’art de Cucugnan qui dans une journée doit abattre plus de travail que nos 348 sénateurs dont les ronflements font trembler les murs du palais du Luxembourg. Quel est l'homme politique qui aura le courage de supprimer cette maison de retraite princière payée par les contribuables !

 

 

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Cette présentation faite de notre lieu de villégiature, il est temps de commencer nos visites, la première étape nous amenant au château de Puivert édifié au XIIème siècle. Ce château n'avait pas une vocation guerrière et son architecture élégante dominée par son donjon de 30m de haut est une transition entre le château féodal et le château renaissance. IL fut le rendez vous des plus grands troubadours roussillanais et provençaux autour d'Ermengarde de Narbonne et d'Adélaïde de Carcassonne. Leurs chansons et poèmes célébraient la féminité et l'amour mais certains d'entre eux, tels que Guilhem Figueras et Peire Gardenal ont composé aussi des pamphlets contres les inquisiteurs qui s'acharnaient après les cathares.

 

D’ailleurs en dépit de sa dédication à l'amour courtois, le chateau de Puivert ne fut pas épargné par la croisade contre les cathares, auquel il servit de refuge. En 1210 après 3 jours de combat il tomba aux mains des croisés, sinistre épisode qui mit un terme à la période fastueuse des troubadours.

 

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Avant de pénétrer dans le fier donjon qui domine les ruines, rappelons brièvement ce qu’était le catharisme. L'épopée cathare a commencé dans la deuxième moitié du XIIème siècle pour s'achever par la chute de Quéribus en 1259, les cathares s'étant ensuite réfugiés dans la clandestinité poursuivis par l'inquisition qui brûla le dernier cathare, Guilhem Bélibaste, en 1321 au Château de Villerouge Termenès. Ce mouvement aurait été inspiré par le "Bogomilisme » qui s’est développé au Xème siècle en Bulgarie et prônait un retour au christianisme primitif.

 

Les fondements de cette religion peuvent se résumer à une interrogation : « Si Dieu est infiniment bon et tout puissant, comment peut il tolérer le mal sur la terre ? » Et les Cathares répondaient en disant qu'il ne pouvait pas être tout puissant puisque le mal existait sur la terre et que Dieu donc ne régnait que sur le monde des âmes. Le monde matériel où sévissaient la souffrance et le vice était la création de Satan. Il fallait donc mener une vie pure et d'abstinence pour libérer l'âme de sa prison corporelle. De fait, pour les cathares, l'enfer n'était pas dans le ciel mais sur la terre. Il n'y avait pas de jugement dernier et toutes les âmes étaient appelées à être sauvées, même s'il leur fallait plusieurs vies d'efforts à travers la réincarnation.

 

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Ils se sont progressivement organisés pour fonder une véritable « Eglise » avec un clergé et des séminaires dans les régions de Foix, Toulouse, Carcassonne, Béziers et Albi mais ils ne construisaient pas de lieux de culte car tout bâtiment relevait du monde matériel donc du mal.

Le clergé était composé de cinq évêques compétents pour les régions précitées et de « Bonshommes » ou « Bonnesfemmes » (les femmes étant pour eux les égales des hommes) qui étaient seuls tenus à l'abstinence de nourriture carnée et à la continence sexuelle et c’est pourquoi ils étaient dénommés par dérision « parfaits » par les inquisiteurs. Les autres membres de la religion cathare s'appelaient les « croyants » et s'efforçaient de faire le bien, mais ils pouvaient pêcher, c'est à dire manger de la viande, procréer, car c'est le diable qui pêchait en eux. Cela les conduisait à la réincarnation jusqu'à ce qu'ils deviennent à leur tour des « bonshommes » et des « Bonnesfemmes » A la fin de leur vie, ils recevaient le « consolament » qui atténuait leurs péchés et on enlevait une tuile du toît afin que l'âme puisse s'échapper du monde matériel.

 

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Rien dans la société d'aujourd'hui ne subsiste de leur foi qui a pourtant imprégné fortement la culture et la société occitane au XIIIème siècle (on estime que la moitié de la population était cathare). Leurs croyances et leur héritage ont été balayés par des siècles d'indifférence, comme l'ont été les cendres de leurs martyrs par la Tramontane et le vent d'Autan.

Les vicomtes de Béziers, d'Albi, de Carcassonne et les Comtes de Toulouse et de Foix ont pris fait et cause pour les cathares, soutenus par le Roi d'Aragon, leur suzerain, sans pour autant tous se convertir à cette religion. Leur défaite conduira à la mainmise du Roi de France sur leurs possessions par le traité de Corbeil en 1239. Les châteaux dits « Cathares » (car les cathares s’y sont réfugiés) deviendront alors des forteresses royales assurant la défense du royaume sur les « marches » d'Espagne. Mais la signature du traité des Pyrénées en 1659, reculant la frontière avec l'Espagne aux limites actuelles, fera perdre tout intérêt défensif à ces citadelles, qui seront démantelées ou tomberont dans l'oubli.

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Après cette digression historique, entrons dans le donjon et accédons par un escalier étroit en colimaçon à la salle où se réunissaient le seigneur du lieu et les troubadours. Les croisées d’ogives qui soutiennent le plafond sont ornées de culs de lampe ornés de magnifiques statues de musiciens tel celui ci qui erbore un pasaltérion ancêtre du xylophone

 

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 ou cet autre qui tient une viole

 

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 Une magnifique tapisserie nous montre également une joueuse de harpe

 

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En dessous de cette pièce, on accède à une salle d’allure plus austère qui nous donne le sentiment de pénétrer dans le lieu de réunion des chevaliers de la Table Ronde.

 

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Elle est placée sous la surveillance d’un garde en armure qu'il vaut mieux ne pas "titiller"

 

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D’ailleurs un malheureux touriste qui lui a manqué de respect l’a payé cher ! Mais soyez rassuré si vous visitez les lieux, donnez lui un bon pourboire et il vous laissera aller en paix !

 

A suivre.....

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Vous aimez lire mes récits ou mes poèmes publiés sur ce blog, alors sans doute apprécierez vous mes chansons publiées sur mon blog musical OLD NUT . Certaines d'entre elles sont reprises et illustrées par des photos sur mon blog PIQUESEL (Cliquez sur les noms de blog pour y accéder).

 

 Texte & Photos Ulysse

 

13/03/2016

En raquettes dans le Queyras - 5 – Les chalets de Clapeyto et le vallon de l’Agnelil

 

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Pour notre dernière randonnée, nous partons de Brunissard (1800mètres) avec pour objectif d’explorer le vallon de l’Agnelil (2365m) en passant près des chalets d’estive de Clapeyto. Le temps est insupportablement beau comme dirait nos amis d’outre manche qui vivent perpétuellement dans le brouillard ou sous la pluie.

 

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Après une petite heure nous parvenons sur le plateau de Prats Premier. Nous empruntons alors un itinéraire qui n’est pas conseillé en cas de fortes chutes de neige du fait du risque d’avalanche. Mais aujourd’hui le risque est nul et c’est l’esprit serein que nous poursuivons notre ascension.

 

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Nous arrivons ensuite sur les alpages de l’Echaillon où sont installés quelques chalets inhabités à cette période de l’année. A part quelques traces de skieurs nous sommes les premiers à fouler les champs de neige immaculée, ce qui nous procure une joie indicible. Ce dernier mot est un mot fort  pratique qui permet d'éviter de se creuser la tête pour  tenter d'impressionner ses lecteurs sur ses qualités d'écrivain.

 

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Nous arrivons enfin dans le vaste et superbe cirque de montagnes de Clapeyto où sont installés quelques chalets d’estive. Le lieu invite à la contemplation et à la méditation ainsi qu’à la pause pique-nique, sans laquelle nous ne pourrions pas exercer les deux premières !

 

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Rassasiés et nos corps revigorés nous entreprenons alors l’exploration du magnifique vallon de l’Agnelil, que je vous laisse découvrir en silence pour ne pas polluer de mon insipide bavardage  la munificence des lieux

 

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Mais il est temps de prendre le chemin du retour et nous entamons à regret la descente. A vrai dire ce n’est qu’une formule car personne n’imagine de passer à cette saison une nuit en montagne à la belle étoile car nous serions alors privés de vin chaud et cette pensée est insupportable !

 

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Vous aimez lire mes récits de randonnée, alors sans doute apprécierez vous la chanson que j'ai composée " Léo là haut" qui célèbre la marche en haute montagne et que vous pouvez écouter sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom)

 

Texte & Photos Ulysse 

 

05/03/2016

En raquettes dans le Queyras – 4 – Montée au sommet Bucher (2200mètres)

 

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Le beau temps étant revenu, Patrick décide de nous emmener sur les hauts alpages qui entourent le modeste sommet du Bucher (2200mètres) en partant de la Rua (1685mètres). Le soleil hivernal tarde à grimper dans le ciel et ses rayons ont du mal à se faufiler entre les fûts des sapins qui couvrent les flancs des montagnes. L’air est frisquet mais la seule vue de cette lumière solaire réchauffe nos os transis.

 

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Après avoir gravi environ quatre cent mètres, nous arrivons sur un premier plateau ensoleillé. Le soleil plus généreux, combiné aux efforts fournis pendant l’ascension, achèvent de nous réchauffer et nous jouissons pleinement de la splendeur des lieux.

 

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Même si la neige n’est pas tombée en abondance sur le massif, le vent a, par endroits en fonction du relief, accumulé des murs de neige assez instables et qu’il vaut mieux contourner, même chaussés de raquettes !

 

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Patrick, notre guide, constate que le mont Bucher, où nous devions nous rendre et qui est coiffé d’une cabane de berger, est déjà occupé par un groupe de raquetteurs. Il décide donc de faire la pause pique-nique sans plus attendre. Nous approuvons à l’unanimité sa sage décision car nous avons quasiment grimpé 500mètres de dénivelé et le petit déjeuner n’est qu’un lointain souvenir ! Cela dit n’espérez pas maigrir en faisant de la raquette car cela décuple l’appétit et les rations généralement préparées par les auberges de montagne sont calibrées sur le modèle « Teddy Riner » .

 

 

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Comme à l’accoutumée notre salle à manger offre une vue imprenable sur les sommets environnants que l’on gravit en pensée tout en dégustant une assiette pyramidale de lentilles ornées de saucisses ! Un repas de vrais sportifs !

 

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Le repas terminé, Patrick nous fait faire une promenade digestive fort bienvenue sur les alpages des Clots recouverts d’une poudreuse vierge que nous foulons avec bonheur.

 

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C’est un bonheur indicible de cheminer dans cet univers auquel le blanc de la neige et le bleu lumineux du ciel confèrent une pureté absolue. Toute trace humaine est ici gommée et nous avons le sentiment d’être des voyageurs d’un autre monde découvrant une planète inconnue.

 

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Ayant ainsi évolué une petite demi heure dans cet environnement de rêve, nous entamons la descente en direction de la chapelle Saint Simon. 

 

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Ce nom lui vient d'un moine anachorète issu de la communauté d’un monastère qui se trouvait à Molines et qui vécut à cet endroit dans les premiers siècles du christianisme. Les habitants des villages environnants y sont venus pendant des siècles en pèlerinage faire pénitence et rechercher sa protection, puis le culte de l'ermite a été délaissé. Il a été rétabli, selon la légende, à la suite de l’histoire étrange qui est arrivée à de jeunes bergers. Ceux-ci ayant conduit leur troupeau sur les hauteurs de la montagne, trouvèrent un jour une image où se lisait le nom de saint Simon. Emerveillés de voir cette image en ce lieu, ils l'emportèrent au village. Grande fut leur surprise, le lendemain, de voir que l'image avait disparu. Mais ramenant leur troupeau au même lieu que la veille, ils y trouvèrent l'objet de leurs recherches. Cette fois ils n'osèrent y toucher. La chose passa pour une invitation du ciel à honorer le saint dans cette solitude. Une chapelle fut donc élevée sur le lieu où l'image avait été trouvée. Une autre légende veut que si l’on en fait sept fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre, on est sûr de trouver l’âme sœur dans l’année. Avis aux âmes solitaires….

 

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Nous redescendons en traversant les pâturages du clos Henry au milieu duquel trône un chalet d’opérette où l’on se verrait bien passer quelques jours avec l’âme sœur à condition que le frigo et la cave ne soient pas dégarnis. A mon âge on ne se nourrit pas que d’amour et d’eau fraîche !

 

raquettes,queyras,mont du bucher,corbeauBientôt nous apercevons les rares pistes de ski de la région situées dans le village de Molines, seule et modeste manifestation du grand Barnum qu’est devenu le ski alpin dont les remontées mécaniques et autres téléphériques défigurent les alpes du nord.

 

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Un corbeau mécontent de nous voir pénétrer sur son territoire nous harcèle de ses croassements. La Fontaine n'a pas rendu justice à cet animal intelligent en en faisant une victime facilement bernée par Maître renard. Soucieux de respecter son intimité, nous pressons le pas et notre randonnée s’achève, trop vite passée ! Heureusement, comme à l’accoutumée, le vin chaud nous attend à l’auberge qui prolongera le bonheur de cette journée.

 

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Vous aimez lire mes récits de randonnée, alors sans doute apprécierez vous la chanson que j'ai composée " Léo là haut" qui célèbre la marche en haute montagne et que vous pouvez écouter sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom)

 

Textes & Photos (sauf les 3 et 5 C. Harmoy) Ulysse 

 

20/02/2016

En raquettes dans le Queyras :2 - Montées aux cabanes de La Gardiole (2200mètres) et de la Baoude (2100mètres)

 

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Celles et ceux qui nous ont fait le plaisir, et surtout ont eu le courage, de nous accompagner au refuge de La Blanche (voir ma note précédente) doivent avoir une pêche d’enfer, aussi je leur propose de faire en un jour ce que nous avons fait en deux. Soit une première virée jusqu’à la Bergerie de la Gardiole, avec à la clé 500 mètres de dénivelé, puis une seconde jusqu’à la cabane de Baoude, ce qui ajoute 500 mètres de dénivelé. Vous êtes partants ? Oui ! Je n’en attendais pas moins de vous ! Alors en route !

 

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Nous sommes dans une telle forme que nous avons gravi les 500 mètres de dénivelé sans nous en rendre compte et nous voilà déjà rendus à la bergerie de la Gardiole, lieu prévu pour notre pique-nique. Il faut dire que fouler la neige vierge en raquettes provoque une ivresse incomparable et une joie enfantine et l’on sait bien que les enfants ne ménagent pas leurs efforts jusqu’à ce qu’ils s ‘écroulent sur leurs lits morts de fatigue ! C’est sans doute ce qui nous attend quand nous serons rentrés au bercail!

 

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Une fois nos agapes terminées, loin de redescendre nous demandons à Patrick, notre guide, de poursuivre notre ascension dans les alpages pour jouir plus largement du magnifique panorama qui s’offre à nous.

 

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Outre la beauté des paysages, ineffable est le plaisir de descendre à grandes enjambées dans des pentes couvertes de neige vierge !

 

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Le manteau neigeux qui recouvre tout ou partie de la montagne lui confère un aspect irréel. Elle perd de sa densité, de son épaisseur et semble mois menaçante. Mais pourtant elle est encore plus dangereuse et gare à celui qui s’égare ou se fait prendre par une avalanche, car il est vite transformé en bonhomme de neige !

 

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J’espère que malgré mes mises en garde, vous êtes d’accord pour repartir pour une nouvelle virée en direction de la cabane de Baoude, perchée sur un magnifique plateau alpin. A voir mon sac (c’est mon ami qui prend la photo) vous comprenez que l’on ne part jamais en rando montagnarde hivernale, même s’il fait grand soleil, sans équipement chaud. C'est indispensable car le temps peut à tout moment changer et l'on n'est jamais à l'abri d’une mauvais chute qui pourrait nous immobiliser. Certes, le sac tire sur les épaules mais la sécurité est à ce prix ! L’autre inconvénient est qu’il n’y a guère de place pour emporter un flacon de « rouquin», mais le vin chaud qui nous accueillera le soir à l’auberge nous fera oublier cette privation !

 

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Notre guide Patrick qui lit « la nature »,comme vous et moi lisons les livres, décrypte les traces laissées par les animaux pendant la nuit. Là, nous voyons les traces d’un lièvre qui a descendu en courant le talus. Bon cela dit, ne me demandez ni son sexe ni son âge, le talent de notre guide ne va pas jusque là !

 

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Nous approchons du plateau où est implantée la cabane de Baoude, surplombée par une barre rocheuse où, selon notre guide, nichent des aigles.

 

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Bientôt la cabane est en vue, promesse d’une pause ensoleillée et idyllique.

 

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Idyllique elle l’est effectivement, compte tenu de la vue somptueuse que nous avons sur la chaine qui nous fait face

 

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Mais aussi parce qu’un jeune aigle (que l’on identifie grâce aux plumes blanches sous ses ailes) nous fait une magnifique démonstration de son aptitude à utiliser les courants d’air ascendants pour se déplacer sans bouger la moindre rémige !

 

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Le pique-nique achevé, Patrick, qui a constaté que nous avons grimpé nos 500 mètres sans sourciller et émettre un seul grommellement (voilà un mot un peu désuet que les ados –s’il y en a qui lisent ce blog – risquent de ne pas comprendre) nous emmène à l’assaut du sommet de Baoude, ce qui rajoute au menu 100 mètres de dénivelé, effort qui, accomplit sur la digestion, est loin d’être négligeable. Les montagnards savent de quoi je parle !

 

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Le sommet nous offre une vue panoramique sur les chaines de montagnes environnantes, ce qui nous donne l’impression d’être devenus des aigles, certes un brin déplumés pour certains d’entre nous (dont je suis !)

 

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Dans la descente nous « lâchons les chevaux » et dévalons, en riants comme des enfants, des pentes couvertes d’une neige poudreuse qui nous rend euphoriques, comme du champagne, que certains au demeurant ont à cœur de goûter ! Par charité je ne mets pas de photo !

 

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Pour clore cette belle journée, le soleil en se retirant met le feu à quelques nuages restés en rade au dessus des sommets. Et, pour notre part, comme prévu, une fois bu notre vin chaud et avalé le pantagruélique repas montagnard de l'Auberge, nous tirons très vite notre révérence et dormons comme des "bébés". 

 

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Vous aimez lire mes récits de randonnée, alors sans doute apprécierez vous la chanson que j'ai composée en hommage à la marche - cette passion que je partage avec vous - et que vous pouvez écouter sur mon blog PIQUESEL (cliquez sur le nom)

 

Texte & Photos (sauf la 6ème C. Harmoy) Ulysse