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21/09/2013

Périple en Cerdagne (1ère partie)

 

Je vous invite à suivre sur mon blog PIQUESEL le récit de mon périple à
travers le parc naturel des Bardenas Reales en Espagne.

Pendant ce temps, vous retrouverez sur Eldorad'OC le récit d'un périple effectué en Cerdagne en 2009 et tiré de mes archives
 
 

 

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Vous vous souvenez qu'imbibé de Romané Conti 1947, bu en rêve avec Miss Bourgogne, j'avais en pleine nuit cédé à l'appel de l'Ouest qui m'avait promis que je pourrais raquetter à loisir l'or blanc aux alentours de Dorres, petit village montagnard de Cerdagne. Calembredaine ! Billevesée ! Foutaise ! Arnaque ! Divagation d'aquaphile ! De l'or blanc il y en avait, certes, mais sur les cimes, royaume des vautours et des izards. Quant aux alentours de Dorre , c'était la dèche, la misère, mis à part quelques strings de neige qui trainaient ici et là dans les fossés exposés au nord.



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Mon périple s'annonçait pourtant sous de bons auspices lorsque je suis passé au pied du seigneur « El Canigo » encore doté d'une généreuse toison blanche. Mais il a fallu que je me fasse une raison, le printemps en Cerdagne, devançant la date légale (y a plus de respect !) avait déjà donné son congé à l'hiver.

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Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, laissant nos raquettes aux vestiaires, nous prenons l'après midi même, pédibus jambus, la direction de la chapelle Sainte Marie de Belloc, juchée à 1660m d'altitude sur une colline montueuse dominant le village, modeste premier objectif de notre séjour.


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Des vautours fauves espagnols (on les reconnaît à leurs cris rauques maîtrisant parfaitement la « jota ») affamés par la longue période d'hibernation des marmottes viennent un instant tournoyer au dessus de nos têtes, mais notre corpulence les dissuade de tenter un kidnapping. Les mauvaises langues diront que ces volatiles n'aiment pas le coq gaulois au vin et que c'est pour cette raison qu'ils nous ont laissé tranquilles.



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Puis un chien de berger surgit soudain de derrière un fourré et nous interpelle en nous demandant un peu d'eau fraiche pour apaiser la terrible gueule de bois qu'il se paye pour avoir en cachette fait quelques prélèvements sur la gourde de son maître. Il faut dire que les nuits à la belle étoile sont fraiches et qu'un peu d'eau de vie remplace un feu de cheminée.



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Nous apercevons enfin la chapelle bâtie en 1260 sur le chemin menant à Saint Jaccques de Compostelle, à proximité d'une hostellerie qui a aujourd'hui disparue.

 
 
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Vous noterez que cette chapelle a perdu ses cloches. Se seraient-elles égarées au cours d'un voyage à Rome à l'occasion de fêtes de  Pâques ? Qui sait !

 
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Le choix d'un lieu élevé pour l'édification des chapelles n'est pas innocent. Il faut d'abord y voir le symbole d'une plus grande proximité avec l'au delà que la tradition catholique place, sans preuve, au ciel. Je ne veux pas décourager les croyants mais depuis le temps que l'on envoie des sondes spatiales à travers le système solaire, si un « au delà » il y avait on aurait déjà du le trouver ! Pour ma part je me contente du "vin d'ici !" (je sais, c'est un peu facile !).



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Une autre raison de cette localisation en altitude est la volonté de soumettre les croyants à une effort physique intense pour leur faire comprendre que la voie qui mène au ciel est ardue. Les curés quant à eux n'étaient pas les plus à plaindre qui pouvaient ainsi justifier de copieuses rasades de vins de messe pour désaltérer leur gosier asséché, pendant que leurs ouailles tiraient la langue et devaient attendre leur retour au bercail pour étancher leur soif !



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Rejoignant le chemin qui mène au village par le col de Jouell nous tombons soudain nez à trompe avec un éléphant sans son cornac, les rides prononcées de son épiderme témoignant d'un age vénérable. Un brin interloqués, nous l'entendons soudain barir « z'avez pas vu Hannibal ? ». Nous expliquons à ce brave pachyderme, qui faisait manifestement partie du troupeau que le général carthaginois avait emmené avec lui pour envahir Rome en passant par les Pyrénées, que son valeureux chef n'est plus depuis longtemps qu'un petit tas de poussière glissé sous le tapis de l'histoire. « Je n'en crois pas mes oreilles » nous répond-t-il et il poursuit son chemin en barissant et en nous montrant ses énormes fesses en guise de mépris!



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Parlant des romains, qui étaient loin d'être fous, comme nous le prétendons arrogants et prétentieux gaulois que nous sommes, ils avaient un sens du confort et de la propreté corporelle inégalés, et ils ont aménagé des bains autour d'une source chaude qui jaillit à proximité de Dorre qui valent toutes les plages tropicales du monde.

 
 
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Imaginez vous, en effet, allongé en plein air dans un bain à 37° contemplant les cîmes enneigées pyrénéennes et cela pour la modique somme de 4€ ! On se laisse gagner par une douce torpeur à admirer les variations de couleur de la neige sur les sommets au fur et à mesure que le soleil décline sur l'horizon.



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Il a fallu l'arrivée intempestive de la lune pour nous sortir du bain, les coups de lune étant, paraît -il, susceptible à cette altitude de nous transformer en loup-garou!


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Ainsi, dans le contexte de la grave crise que nous subissons, cela vous réconfortera sans aucun doute de savoir que vous pouvez passer des vacances de rêve sans avoir besoin de vous envoler pour des rivages lointains . C'est bon à savoir, n'est ce pas ?


A suivre....



Texte & Photos Ulysse

18:50 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : cerdagne, belloc, npa, vatican

09/09/2013

Les salins de Villeneuve-les-Maguelonne : reflet de notre destin ?

Je suis de retour d'horizons fabuleux que je vous ferai prochainement découvrir , mais il faut laisser le temps à ma plume de coucher sur le papier mon périple. En attendant je vous offre un "morceau choisi" tiré de mes archives.



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Ayant beaucoup voyagé, je peux dire, sans être taxé d'exagération méridionale, que le Languedoc offre des paysages parmi les plus beaux du monde....quand l'on n'y regarde pas de trop près ! De fait, si la nature, le climat et la configuration géographique se conjuguent pour composer de magnifiques symphonies paysagères, l'homme y commet malheureusement de nombreux « couacs ».


Un exemple édifiant en est donné par les anciens salins de Villeneuve-les-Maguelonne où l'eau, le ciel, la terre jouent une partition enchantée, dont la tonalité change selon les saisons. Ce lieu splendide est malheureusement situé sur une péninsule bordant les étangs de l'Arnel et de Vic qui est hélas, en de nombreux endroits, défigurée par la cabanisation et les déchets en tous genres qui la jonchent. En témoignent ces quelques photos prises « in situ » (cliquez dessus pour les agrandir si vous n'avez pas l'âme trop sensible!)

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Les flamants roses qui fouaillent la vase devant l'élégante silhouette de l'ancienne porte fortifiée qui mène à la cathédrale de Maguelonne ne sont pas plus troublés par ces monceaux de déchets que ne le sont les riverain de l'étang. Mais ces résidents là ont au moins l'excuse d'avoir une cervelle d'oiseau ! A moins que de vivre au bord de l'eau........(je vous laisse conclure !)

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Les salins, qui ont été exploités depuis le XIIème siècle jusqu'en 1968 date à laquelle ils ont été fermés pour cause de non rentabilité, sont aujourd'hui la propriété du Conservatoire du Littoral. Il faut dire que le sel a mauvaise presse aujourd'hui au plan alimentaire et nos prétendues élites préfèrent se sucrer ....


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Quelques vestiges témoignent de l'activité passée, telles les ruines de la station de pompage qui se dresse comme une énorme poule d'eau au dessus des eaux .



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Il subsiste également quelques « martelières » (vannes en bois) et leurs crémaillères qui servaient à réguler le niveau de l'eau dans les tables salantes où s'effectuait la cristallisation du sel.


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C'est un bonheur d'emprunter les chemins qui courent le long des canaux et qui donnent, en les parcourant, le sentiment troublant de marcher sur les eaux ....mais n'ayant aucune vocation de martyr, il ne faut pas compter sur moi pour racheter vos péchés car je pense que j'aurais déjà du mal à obtenir la rémission des miens !

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Les roselières propices aux amours oiselières ourlent une partie des rives d'une chevelure dorée que le vent aime caresser. Ces amours sont hélas troublés en automne et hiver par les "nemrods" qui envahissent les salins. Comment peut-on venir en des lieux d'une telle beauté pour y semer la mort ! Ce plaisir morbide que prennent ainsi des êtres qui, lorsqu'ils ne portent pas un fusil, ne sont pas généralement de mauvais bougres,  me plonge dans un abîme de perplexité.


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L'étang de Vic se donne des airs de petite mer intérieure où le clocher de Vic la Gardiole, se haussant du col, tente de se mirer. Les pieux de chataîgniers qui émergent de l'eau soutenaient autrefois les chemins qui permettaient d'aller d'un partènement (parcelle)  à l'autre.



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Clapotis de l'eau, bruissement des roseaux, cancannement des canards, rires moqueurs des mouettes, Gaïa nous susurre sa chanson de ses voix multiples qui nous ramènent aux premiers matins du monde.



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De temps en temps le vent tombe, le paysage se fige, les oiseaux font silence comme si le coeur de Gaïa s'arrêtait de battre et puis, ouf, la vie reprend ....mais pour combien de temps ?


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Car dans ce monde en apparence idyllique, la trame de la vie est faite de drames ! Des milliers de moucherons y meurent chaque jour dans les pièges de soie tissés par d'impitoyables épeires qui paressent au soleil en attendant d'aller cueillir leur moisson d'infortunées victimes. Mais dans ce drame c'est la nécessité qui fait loi et non le plaisir.

 

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Mais la vie est aussi prodigue qui ne regarde pas à la dépense et qui déverse par tombereaux ses animalcules dans les airs et dans les eaux. Ainsi sur un million d'alevins qui naissent combien iront au bout de leur existence ? La vie et la mort que nous croyons antinomiques ne seraient-ils pas les temps d'une valse cosmique dont nous sommes les protagonistes inconscients ? Mais où se cache donc le maître de ballet ?

 
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La vie est un vaste jeu de séduction, la beauté n'est pas gratuite : les fleurs condamnées à l'immobilité se servent de leur parure et de leur parfum pour être fécondées.



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Après ces instants passés dans un univers primitif, l'émergence des superbes bâtiments du Mas des Quinze (dont l'origine du nom reste mystérieuse) nous ramène dans le monde « humanisé ». Ce domaine témoigne du souci qu'avait les anciens de construire des édifices en harmonie avec leur environnement. Cette préoccupation s'est hélas perdue aujourd'hui.



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Au loin les bâtiments utilisés au début du siècle par les sauniers somnolent au soleil nostalgiques du temps où les hommes exploitaient l'or blanc .

 
 
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De vieilles barques ont le mal de terre et attendent la main secourable qui les remettra à l'eau.



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A la sortie des salins, alors que l'on aperçoit au loin la blessure sanglante d'une carrière faite au flanc de Gaïa, une embarcation finit de sombrer dans un canal envahi par les algues. N'est ce pas là une scène prémonitoire de ce qui guette notre civilisation prédatrice. Les salins abandonnés et cette barque naufragée ne sont ils pas le reflede notre destin?




Texte & photos Ulysse

16/08/2013

Dure, dure ! la serre de Ramendure !

 

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C’en est fini des plongeons dans les torrents du Haut Languedoc, et ce, à la demande de nos petits enfants qui nous ont demandé d’arrêter de faire le « mariole ». A mon avis, ce qui les préoccupe vraiment dans nos aventures c’est d’avoir à porter les sacs de randonnée lors de notre prochaine sortie familiale, si jamais nous en revenions handicapés! On a donc décidé de se calmer un peu, Gibus et moi, histoire de rassurer nos proches, mais c’est promis on remettra ça l’été prochain. Ca ne veut pas dire que l’on va passer le reste de l’été à regarder les feux de l’amour à la télé, pour sûr que non ! Mais on va se contenter d’arpenter des chemins moins périlleux. Cela dit, vous ne serez pas frustrés, car j’ai en stock le récit de quelques belles sorties inédites de l’hiver et du printemps dernier  et qui ont de quoi vous faire frissonner.

 

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Nous voici donc revenus à un matin de juin dernier où nous sommes partis à l’assaut de la serre de Ramendure qui mène au plateau des Bourdils (1086m). Le terrain est extrêmement accidenté et nous avons beaucoup de mal a repéré la vague sente ponctuée de cairns qui suit plus ou moins la ligne de crête. Fort  heureusement nous croisons un antique berger qui a choisi de passer son immortalité en ces lieux (le paradis est, selon ses dires, un endroit ennuyeux) et qui nous donne quelques précieuses indications pour arriver à bon port.

 

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Nous passons à coté d’un éperon rocheux qui a sur l’ami Gibus le même effet qu’un pot de Nutella sur mes petits enfants. Ces derniers ne peuvent pas s’empêcher d’y tremper le doigt alors que Gibus ne peut s’empêcher d’y poser le pied.

 

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Le voilà donc perché sur ce rocher avec autant d’aisance qu’un mouflon tandis que je subis l’implacable loi de la gravité en maugréant après l’article premier de la constitution française qui affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Foutaise ! Moi aussi j’ai le droit de grimper sur le sommet du rocher ; pourquoi donc est ce que je n’y arrive pas !

 

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Gibus aperçoit soudain en contrebas de son perchoir un mouflon qui n’a pas décelé sa présence. Mû par l’instinct du reporter et désireux de vous offrir des clichés dignes de « National Géographic », dans un sursaut de volonté, j’arrive à grimper assez haut pour lui tendre l’appareil photo. Et c’est ainsi que du tréfonds de votre fauteuil vous pouvez observer ce magnifique animal.

 

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On vous en met d’ailleurs trois pour le prix d’un, car à peine avons nous repris notre progression vers le plateau que nous débusquons deux jeunes mouflons qui peinent à s’enfuir dans l’épais taillis végétal qui recouvre les lieux.

 

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Puis nous progressons cahin-caha et caha-cahin au fil des éperons rocheux qui ponctuent la ligne de crête.

 

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L’environnement somptueux et l’air chargé de l’odeur miellée des genêts en fleur fait naître en nous une douce ivresse qui nous permet d’avaler les obstacles sans vraiment nous en rendre compte.

 

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Sauf quand une barre rocheuse un peu plus haute que les autres sollicite un maximum de concentration de notre part, sous peine de devenir  le futur « petit dej’ » des vautours qui évoluent parfois dans le secteur.

 

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Ce sont des lieux qu’affectionnent les mouflons car les bipèdes généralement ne s’y aventurent pas et nous en débusquons un certain nombre pour notre plus grand joie. Cette félicité qui nous envahit quand nous observons des animaux sauvages vient sans doute de ce que cela ravive le sentiment « d’unicité » qu’éprouvait l’humanité à l’égard de la nature à l’aube de son histoire. Nous sommes tous membres d’une même famille issue d’ancêtres lointains et nous l’avons malheureusement oublié.

 

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Mais bien qu’ayant une âme d’homme des bois, notre estomac est plutôt du genre rabelaisien et pour nous la pause-pique est donc sacrée. Ayant soigneusement choisi un emplacement propice à faire la sieste (car nous sommes de vieux amants de Morphée) nous commençons, comme il va de soi, par l’apéritif. Et ce n’est pas parce que l’on est à mille mètres d’altitude au milieu de nulle part que nous ne savons pas recevoir. Asseyez vous donc un instant, je vous en prie, et buvons à notre santé ! Tchin !

 

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Etant parvenus sur le plateau des Bourdils nous nous dirigeons vers le Montahut et passons devant le magnifique Roc d’Ourliadès, dent de pierre plantée dans le ciel azur.

 

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Puis nous grimpons sur le Montahut, indifférents aux maléfices que nous jette à chacune de nos visites  la sorcière qui y campe, grâce aux formules magiques qui permettent de les neutraliser et que nous ont enseignées nos petits enfants qui on lu Harry Potter.

 

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Nous revenons par un bon chemin qui dévale le vallon de la Tourre, les quelques obstacles que nous y rencontrons n’ayant rien de commun avec ceux affrontés le matin même.

 

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Dans ce vallon autrefois habité par l’homme, on croise l’une des ces magnifiques bergeries qui émaillent les contreforts du Haut-Languedoc, témoin silencieux du courage et du génie de leurs bâtisseurs.


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  FOTORAMA

 


 

Texte & photos Ulysse

25/07/2013

En avant marche, pour les « Mille marches » !

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Et oui, nous revoilà, la bande des quatre, Carla, Emilie, Tom et Romain, en route pour une nouvelle aventure qui va nous mener à l’assaut du sentier des « Mille  marches » qui permet d’accéder au site paradisiaque du lac de Vézole. La randonnée dans les Canalettes de la semaine passée n’était, d’après nos guides Gibus et Ulysse, qu’un hors d’œuvre à coté de ce qui nous attend aujourd’hui, car ce sentier est l’un des plus abrupts du Haut-Languedoc. Mais vu le courage et la ténacité que nous avons manifestés dans les Canalettes, nos grands ascendants nous ont jugé dignes d’affronter ce sentier « mythique » ! Pour y accéder il faut d’abord emprunter le chemin des Gardes qui chemine tranquillement en sous-bois et ne laisse vraiment pas augurer de ce qui nous attend un peu plus loin, comme vous allez le voir !  Une dernière précision avant de nous mettre en route, Romain n’ayant pas retrouvé son « Bob » a hérité d’un vieux chapeau de sa maman qu’il porte avec une certaine élégance. C’est le charme des garçons d’aujourd’hui qui n’ont pas honte d’afficher leur part de féminité.

 

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Nous débouchons bientôt sur le sentier des « milles marches » et vous allez nous dire :« mais elles sont où vos marches ? » Patience, patience, nous allons y arriver, mais vous feriez mieux de casser une petite graine en attendant car vous allez avoir du mal à nous suivre.

 

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Nous voilà dans le vif du sujet au pied du premier escalier et vous pouvez mettre votre compteur en route si vous doutez qu’il y a mille marches, car nous pouvons vous assurer qu’elles y sont ! Nos petites gambettes (celles de romain et Tom en particulier) s’en souviendront longtemps encore !

 

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Et quand les escaliers s’arrêtent, il y des torrents à traverser ! Une vraie rando de « oufs » !  C’est à se demander si nos aïeux n’ont pas envie de se débarrasser de nous. C’est vrai qu’on a de l’appétit et que chaque année on coûte un peu plus cher à nourrir mais quand même !

 

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Il faut reconnaître que, nous les filles on s’en sort avec une certaine élégance. Si les garçons d’aujourd’hui se féminisent, les filles, elles, deviennent aussi fortiches que les garçons. On peut se demander si dans cinquante ans ce ne seront pas les garçons qui feront les bébés ! Ca serait sympa !

  

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Nous vous donnons un aperçu de la gorge dans laquelle on progresse afin que vous ayez une idée des chaos rocheux à travers lesquels nous allons devoir nous faufiler.


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Il y a des passages manifestement au dessus des capacités de Romain et Tom et dans ces cas là il n’y a aucune honte à se faire aider. C’est en sachant reconnaître ses limites que l’on évite les problèmes.

 

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Nous entendons soudain un grondement et découvrons une chute que, fort heureusement, nous n’avons pas à traverser. Romain et Tom progressent d’un pas hésitant sur le sentier escarpé n’ayant pas envie d’aller vérifier la température de l’eau.

 

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Mais il faut malgré tout traverser le torrent au dessus de la chute et là nous sommes obligés de faire une chaîne humaine, magnifique exemple de solidarité entre trois générations unies par le goût de l’effort, l’amour de la nature et, pour les deux premières, un penchant pour le rosé bien frais à l’heure du pique-nique !

 

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Emilie, qui tout à l’heure faisait sa « fièrote », sollicite de l’aide, ce dont, au demeurant, elle ne doit pas rougir car le passage est des plus délicats.

 

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Seule Carla, habituée aux torrents des Alpes autrement plus puissants, franchit l’obstacle sans assistance et sans froncer le moindre sourcil (enfin, on n’ a pas vraiment vérifié !)

 

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Nous passons devant une nouvelle cascade où Gibus et Ulysse, quand ils grimpent seuls, ne manquent pas de piquer une tête (même quand elle est glacée !!!) Mais vu le rythme du groupe et le chemin qui reste à parcourir ils renoncent pour cette fois à la baignade.

 

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Par endroits, le chemin se fait moins pentu et ménage nos gambettes, ce que chacun apprécie, même nos grands ascendants qui portent des sacs bien plus lourds qu’à l’accoutumée. C’est que nous buvons autant d’eau qu’ils boivent de « rosé » ce qui fait un sacré volume de liquide !!!

 

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Par moments, le chemin se rapproche de nouveau du torrent nous permettant de découvrir le magnifique spectacle de myriades de petites cascades à travers les frondaisons.

 

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Nous affrontons quelques derniers chaos rocheux, avec toujours en point de mire le majestueux torrent qui « s’éclate » en dévalant sur les rochers.

 

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Mais nous apercevons  bientôt, au dessus de ses eaux écumeuses, les rochers du plateau sommital et nous commençons à nous réjouir des agapes  qui nous attendent là haut, juste récompense des incommensurables efforts que nous avons fournis. Nous avons bien dit « incommensurables »  et le mot n’est pas trop fort vu la grandeur de nos abattis !

 

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Il nous reste un dernier obstacle à franchir, mais pour une fois la petite taille de Romain et de Tom se révèle être un avantage. Ce n’est qu’une maigre consolation dans ce monde profondément injuste où les enfants doivent toujours obéir à leurs parents. Et ce n’est pas près de changer vu que seuls les adultes ont le droit de vote!

 

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Mais bon, trêve de polémique car nous voici enfin arrivés au paradis ! Après une longue baignade dans le lac, je vous laisse imaginer le bonheur que nous avons pris à dévorer notre pique-nique et pour certains à se lover ensuite dans les bras de Morphée avec musique nasale stéréophonique.

 

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Mais malgré l’aspect idyllique des lieux, nous devons prendre le chemin du retour, Romain exprimant bruyamment des doutes sur la capacité de ses gambettes à affronter le chemin pris à l’aller.

 

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Mais fort heureusement, Gibus et Ulysse, admiratifs du courage et de la volonté que nous avons manifestés à la montée  et soucieux de nous ménager nous dégottent un chemin ombragé qui nous ramène en pente douce au point de départ. Comme si on n’avait pas pu le prendre à l’aller ! Bon, nous plaisantons bien sûr, car nous sommes conscients de la chance que nous avons d’avoir des papis et mamies crapahuteurs qui nous font découvrir les beautés de notre planète. Ca nous donne envie de la protéger !

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 FOTORAMA

 

Texte Carla, Emilie, Tom et Romain Photos Ulysse, Gibus et Sébastien.