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22/11/2012

A la découverte des canalettes du Larzac

 

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Nous attendions les premiers frimas pour vous emmener, Gibus et moi,  visiter le lieu dit des « Canalettes » sur le causse du Larzac, car l’air froid qui descend alors du Massif Central, en rencontrant l’haleine humide et tiède venue de la Méditerranée, fait naître un brouillard qui crée une atmosphère féerique propice à l’exploration de cette étonnante curiosité géologique. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment, afin que vous gardiez intact le plaisir de la découverte.

Nous partons du hameau d’Egalières,  situé à quelques kilomètres du village de l’Hospitalet, alors que le paysage enseveli dans la brume n’a guère plus de consistance que dans nos rêves. Je suis d’ailleurs, à un moment donné, tenté de me pincer pour vérifier que je suis bien en balade et non pas dans mon lit. Mais le froid vif qui rougit mes appendices nasal et auriculaires – je parle ici de mes oreilles -  me confirme bien que je ne suis plus sous ma couette.  Parlant d’auriculaire, savez vous qu’on appelle également ainsi notre petit doigt car c’est le seul que l’on puisse introduire dans l’oreille. Malgré sa petite taille, celui-ci mérite le plus grand respect, car j’ai découvert, grâce à Wikipedia, « qu’il a une fonction cruciale dans la prise en main d'un objet, vu qu’il  permet de stabiliser la prise afin que l'objet saisi ne puisse se mouvoir. Ainsi avec l'index et le pouce opposable, l'auriculaire a joué un rôle indispensable dans l'évolution humaine et sa capacité à user d'outils. » N’étant pas bricoleur je ne l’avais pas constaté moi même ! J’avoue que je vais dorénavant regarder et traiter mes auriculaires avec beaucoup plus de considération.

 

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J’ai, par ailleurs, énormément d’admiration pour les araignées qui règnent en maître sur le Causse, car elles y trouvent de vastes espaces déserts où elles peuvent déployer leurs toiles sans craindre qu’un vandale ne les sabote. C’est toujours avec émerveillement que je contemple la finesse, la précision et la complexité de leurs œuvres en soie plus solide que le kevlar ou l’acier, un cm2  de leur toile pouvant supporter un poids de 45 tonnes !

 

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La diversité de leur forme est impressionnante, car il en est des rectangulaires, des circulaires, des triangulaires et l’on peut, au demeurant, se demander si leur contemplation n’a pas donné à l’homme l’intuition de la géométrie.

 

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La forme de celle-ci, par contre, nous laisse, Gibus et moi, perplexes : S’agit-il de la toile d’une apprentie ?  N’y aurait-il pas à proximité une culture clandestine de haschich dans laquelle se serait aventurée sa fileuse ? N’étant fumeur d’aucune sorte d’herbe nous ne menons pas plus avant nos investigations.

 

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Nous apercevons un troupeau de moutons, scène typiquement caussenarde, ces animaux étant les plus adaptés à ces vastes étendues au sol ingrat qui ne se prête qu’au développement de prairies. Du lait des femelles de cet animal farouche et stupide, l’homme tire la merveille des merveilles qu’est le Roquefort et dont J. A. Brillat-Savarin fin gastronome a dit : « un dîner sans Roquefort est comparable à une belle qui n'aurait qu'un oeil". Les mâles eux se contentent de nous approvisionner en côtelettes, lesquelles agrémentées de thym et d’un vin de pays d’Oc – un Joly Rouge du domaine Virgile Joly par exemple - constituent également un mets de choix .


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Oui, vraiment féerique est l’univers dans lequel nous évoluons ce matin, chaque arbuste étant couvert d’innombrables gouttelettes d’eau captant et concentrant les rayons de soleil dissous dans la brume ambiante. L’air que nous respirons, imprégné de cette purée mordorée de photons, vivifie notre esprit qui se libère de son enveloppe corporelle et entre en symbiose avec le paysage environnant (oui, je confirme bien que nous ne fumons aucune sorte d’herbe  !).

 

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Nous croisons une assemblée de champignons engagés dans un curieux rituel, un cercle s’étant formé autour de deux d’entre eux. S’agit-il de la célébration d’un mariage ? D’un rite d’initiation ? N’étant ni l’un ni l’autre mycologue nous ne pouvons vous donner la réponse. Mais peut être que l’un d’entre vous, chers lecteurs, pourra nous éclairer sur ce point.

 

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Nous arrivons à un point de notre parcours où, selon les maigres indications que nous possédons, nous devons nous écarter du chemin pour partir à la découverte des « canalettes » sur lesquelles je vais enfin vous donner quelques indications. Il s’agit de gorges très étroites creusées dans le sol du causse par l’érosion.  Le rocher que nous apercevons en sous bois nous laisse penser que l’embouchure de l’une de ces « canelettes » doit  se trouver à proximité.

 

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Mais à vrai dire il va nous falloir fureter pendant près d’une demi-heure dans une zone embroussaillée et chaotique avant de découvrir l’entrée de la première « canalette ». Les parois de la gorge sont couvertes de mousse et de fougères qui témoignent de l’humidité permanente  et du climat  tempéré qui règne ici en toutes saisons, du fait de la protection contre le vent glacial qui souffle sur le causse en hiver.

 

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Nous passons sous une arche, porte d’un monde inconnu qui nous donne le sentiment de participer à un « remake » des Aventuriers de l’Arche Perdue.

 

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Et à vrai dire un univers oppressant nous attend de l’autre côté. Les parois de la gorge se rapprochent en effet de plus en plus, rendant notre progression difficile. L’appréhension me saisit à la pensée  qu’une harde de sangliers a peut-être élu domicile au fond de la gorge !

 

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Mais le danger qui nous guette vient plutôt du ciel, car nous devons passer sous une roche, tombée certes depuis quelque temps déjà, mais qui nous  fait craindre qu’il pourrait en tomber d’autres !

 

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Mais Gibus, sans peur et sans reproche, continue d’avancer et, fasciné par cet endroit étrange,  je le suis, tout en gardant un œil inquiet vers le ciel !

 

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Les gorges finissent en cul de sac et nous faisons donc demi tour, fort heureux, pour ce qui me concerne, d’apercevoir de nouveau sain et sauf la sortie !

 

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Nous nous engageons ensuite dans les deux autres « canalettes », disposées parallèlement à la première, qui sont plus difficiles à explorer en raison d’éboulis rocheux humides dangereux à escalader.


 

canelettes,canoles,larzac,durzonLa végétation y est encore plus dense que dans la première et nous donne le sentiment d’être de retour dans les forêts tropicales de Karukera  où nous nous sommes aventurés en début d’année.

 

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Puis nous prenons la direction de la maison forestière des Canalettes en traversant un chaos rocheux d’où émerge le fascinant rocher dit des « Binocles ». Les hommes de Néanderthal - qui ont vécu ici il y a 70.000 ans selon des traces de campement que les paléoanthropologues ont retrouvées - en ont probablement fait une divinité.

 

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Le brouillard qui se dissipe enfin nous révèle la totalité du chaos rocheux comme dans ces rouleaux de peinture chinoise où l’on découvre peu à peu le paysage.

 

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Quittant le cirque rocheux, nous pénétrons à notre grande stupéfaction dans une forêt dont la densité et l’exubérance nous surprennent sur le sol généralement ingrat du Larzac. Qui osera encore prétendre que ce causse n’est qu’un morne plateau jonché de pierres ?

 

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Nous arrivons en vue de la maison forestière des Canalettes qui fut autrefois une bergerie dont il subsiste une vaste lavogne qui servait à abreuver les bêtes. Les arbres un « brin » narcissiques (on pourrait dire une « branche » !) se bousculent sur ses bords pour s’y mirer.

 

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Nous descendons vers le mas de Pommiers auprès duquel jaillit la source du Durzon. Nous traversons une idyllique clairière où l’automne commence à semer ses  paillettes d’or sur les frondaisons. Jamais nous n’aurions imaginé que le Larzac pouvait comporter des lieux aussi champêtres et bucoliques. Il est vraiment étonnant notre Languedoc, n’est-il pas vrai ?

 

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Nous voici à la source du Durzon, modeste et limpide rivière qui se jette dans la Dourbie au niveau de Nant. Il n’y manque que des ondines pour que l’endroit soit paradisiaque. Nous sommes  d’accord, n’est ce pas,  le paradis est bien peuplé d’ondines ? Comment ! vous en doutez ? Ne me dîtes pas ça, sinon je vais tout faire pour éviter le paradis !

 

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Nous prenons le chemin du retour les yeux et l’âme éblouis par les merveilles que nous avons encore découvertes au cours de cette journée. Finalement après réflexion, Gibus et moi n’avons pas besoin d’aller au paradis car nous y sommes déjà !

 

Texte & Photos Ulysse

 

14/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus: le ravin des Hêtres

 

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Gibus et moi pensions  connaître tous les chemins du Caroux et puis en consultant un vieux grimoire nous avons trouvé mention d’anciennes pistes connues des seuls initiés. Elles traversent des terrains généralement très accidentés qui impliquent souvent d’y mettre les mains en plus des pieds ! Il faut, pour s’y aventurer, une solide expérience de la marche en montagne, ne pas craindre le vertige et avoir un excellent sens de l’orientation, car leur tracé n’est pas évident et leur signalisation limitée à quelques cairns ou quelques rares balises.

Nous nous engageons donc, en ce matin brumeux du 9 octobre dernier, sur l’une de ces pistes  dénommée Bartouyre-Rieutord car elle permet, à partir du col de Bartouyre, de grimper sur le plateau où naît le Rieu Tort modeste torrent qui se jette dans celui d’Héric.

Quand je dis « grimper » je déforme la réalité car cette piste un brin perverse a un profil de montagnes russes qui ne cesse de vous faire descendre une grande partie du dénivelé que vous venez d’ascendre (mais oui ce verbe existe !). La seule différence avec les montagnes russes c’est que   l’on ne vous offre pas la vodka à l’arrivée, ce qui est aussi bien, d’ailleurs, vu la suite du programme de la journée.

 

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Alors que nous progressons cahin-caha, le vent se lève et chasse le brouillard et les nuages vers le haut des cimes, donnant naissance à un très timide arc-en-ciel qui nous sert de prétexte pour faire une pause, car sensibles nous sommes aux beautés du monde. A vrai dire, nous sommes aussi un brin essoufflés et cette halte est bienvenue !

 

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Le secteur dans lequel nous progressons est hérissé d’aiguilles rocheuses vertigineuses où quelques arbustes ont eu l’audace de s’installer. Quand on constate un tel courage et une telle ténacité, comment peut-on donner ensuite un sens péjoratif au terme « végéter » ?

 

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En approchant du plateau, la piste traverse des zones d’éboulis où des hêtres vénérables nous tendent leurs branches et leurs troncs secourables pour nous permettre de progresser.  A y réfléchir, plutôt que le chien ou le cheval, l’arbre est le meilleur ami de l’homme. Car à l’aube de son histoire il a pu s’y réfugier pour échapper aux bêtes féroces, puis avec son bois il a inventé le feu, construit ses premières maisons, ses premières barricades et ses premiers bateaux. Dans son ombre il y a fait ses premières siestes et sur son écorce gravé le témoignage de ses amours. C’est sans doute la raison pour laquelle on traite affectueusement ses meilleurs amis de « vieille branche ».

 

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Nous arrivons au point où la piste traverse le Rieu Tort dont le maigre flux ne se prête pas hélas à la baignade. Pourtant nous aurions apprécié cette occasion de nous rafraîchir car la pente en ce lieu est plutôt rude  !

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau  et décidons de gravir le Roc du Caroux qui culmine à 1034 mètres, ce qui n’est finalement qu’une simple formalité vu que nous venons de gravir déjà plus de 800 mètres.

  

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Mais alors que nous progressons vers le sommet une voix nous interpelle « Holà! Où allez vous comme ça ! ». Levant la tête nous découvrons le visage grimaçant d’une vieille qui nous glace les os et pourtant, comme vous le savez, nous ne sommes pas des mauviettes.

 « Et bien ! Heu ! On s’apprête à grimper sur le roc du Caroux ! Pourquoi c’est interdit ! » répondons nous en chœur, le cœur battant la chamade (ah ! les subtilités de la langue française !).

 « Ce n’est pas interdit, mais il faut tout d’abord répondre à une énigme"  nous rétorque la vieille, qui au passage se présente à nous comme étant Carouxane la femme du roi du Caroux (que nous rencontrerons un peu plus tard) . « La voici : Il n’y en a qu’un seul dans une minute, et il y en deux dans une heure. Mais il n’y en a aucun dans un jour. Qu’est-ce ?"

Gibus et moi restons perplexes de longues minutes n'ayant aucune idée de la réponse. "Alors vous séchez ? " nous dit Caroxane d'un air goguenard. " Ben heu! " fais je alors ne sachant quoi dire. "C'est exact c'est la lettre "e" " nous répond-t-elle se méprenant sur le sens de ma réponse. « Allez vous pouvez passer, mais prenez garde aux à-pics!». C'est la première fois de ma vie où l'ignorance se révèle payante ! Oh jeunes n'en faites pas une excuse pour ne pas faire vos devoirs !

 

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En quelques minutes nous atteignons le sommet d’où l’on aperçoit au loin le miroir doré de la Méditerranée (au fond à gauche sur la photo,  oui, c’est bien la mer que l’on voit !)

 

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Quant aux à-pics, la vieille n’a pas menti, ils sont impressionnants et nous incitent à regarder attentivement où nous mettons les pieds.

 

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Mais nous ne sommes pas les seuls à être sensibles à la beauté du panorama qui s’offre à nous, car deux érables de Montpellier se sont juchés sur un mamelon voisin pour en jouir également. Les arbres sont décidément plus proches de l’homme qu’on ne le pense !

 

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Après notre traditionnelle pause pique-nique/sieste nous nous dirigeons vers le ravin des hêtres dans lequel, selon notre grimoire, descend une piste qui permet de rejoindre le hameau d’ Héric.

 

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Nous saluons au passage le vieux roi du Caroux, que nous avions rencontré lors d’une précédente expédition et qui est absorbé par la contemplation de la Méditerranée qui luit au loin. « Nous avons été heureux de faire la connaissance de votre femme » lui déclare-t-on ! « Vous êtes bien les premiers » nous répond-t-il sans même tourner la tête. Nous ne répliquons point et poursuivons notre chemin. Y aurait-il de l’eau dans le gaz au sein du couple royal ?  Faudrait être un lecteur de « Paris Tâche » ou de  « Water-closer » - ce que Gibus et moi ne sommes pas  - pour savoir ce qu’il en est.

 

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Nous arrivons au bord du ravin des Hêtres dominé par les flancs déchiquetés du plateau. Il doit s’y produire de temps en temps de belles avalanches de pierres ce qui refroidit quelque peu notre intention de nous y engager.

 

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Mais il est trop tard pour faire demi tour. Nous cherchons le cairn qui signale le départ du chemin, celui ci dévalant ensuite à pleine pente jusqu’au hameau d’Heric.

 

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Pleine pente est, de fait , nous le constatons très vite  l’expression appropriée. Heureusement qu’une fois de plus nos amis les arbres sont là et nous évitent de faire un roulé-boulé jusqu’au bas du ravin. Par moments une trouée s’ouvre dans leur frondaison qui nous permet de découvrir le relief environnant. 

 

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Nous atteignons enfin sans encombre le bas du ravin où nous retrouvons une confortable petite route piétonnière qui descend (ou qui monte, selon le sens dans lequel on la prend !) les fastueuses gorges creusées par l’Héric et  qui nous ramène en une heure de temps à notre point de départ.

 

Texte & photos Ulysse

19:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : caroux, hêtre, reine, héric

08/11/2012

Trois petits loups au castellas de Montpeyroux

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Hello, chères lectrices et lecteurs du blog de mon papy, nous revoilà Emilie (ma sœur) Tom (le petit fils de Gibus et Marie) et moi, Romain, qui, vacances obligent, sommes de retour en pays d’Oc pour de nouvelles palpitantes aventures. De fait, je devrais  plutôt écrire « papillantes » aventures vu que nous partons pour une « rando-saucisses » dans les environs du castellas de Montpeyroux. Et je peux vous dire que pour rien au monde – même pas notre poids en bonbons – on ne raterait une rando-saucisses !


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Bon, n’allez pas croire pour autant qu’à mon âge je suis déjà comme  mon papi qui ne pense qu’à manger et à boire, enfin surtout boire,  du « jus de raisin » à ce qu'il dit, mais j’ai beau n'avoir que six ans, je ne suis pas dupe !. Je m’intéresse aussi au magnifique paysage qui nous entoure et qui me change des tristes boulevards parisiens. A la décharge de mon papi, il faut dire que le paysage étant dans cette région essentiellement constitué de vignes, il est difficile de ne pas avoir soif ! Et puis en buvant, mon papi contribue à perpétuer ce magnifique environnement.  Finalement on devrait peut être lui donner une médaille ! Mais je pense qu’il préfèrerait qu’elle soit en chocolat, car le chocolat aussi il adore ça !

 

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Bon, je parle, je parle (c’est ma part féminine - qui existe en tout homme – qui s’exprime) mais nous arrivons à la porte du castellas de Montpeyroux (je pense que vous avez compris que c’est un mot occitan qui veut dire château)  et je vous invite à me suivre pour en faire la visite.

 

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Bien qu’il soit en ruine, il est aussi impressionnant que le château de Vincennes, le seul autre château que je connaisse et il est beaucoup plus ensoleillé ! D’après mon papi, qui ne s’intéresse pas uniquement aux cépages de vitis vinifera et sait des tas d’autres choses, ce château fut édifié en 1070 – ça fait donc plus de 150 fois mon âge -  par un descendant de Saint Guilhem. Il assurait la protection de Montpeyroux, village stratégique, situé au carrefour des routes qui reliaient le Languedoc à l’Auvergne et au Rouergue et par où passaient également le chemin de St Jacques de Compostelle et les troupeaux en transhumance.

 

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Le château fut partiellement détruit par les « grands bretons » en 1384 durant la guerre de Cent Ans - ils étaient déjà perfides à l’époque -  puis à la fin du XVème siècle, il fût abandonné au détriment d’un château plus confortable situé dans le hameau du Bary, d’où nous sommes partis.

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Pendant que je vous faisais faire le tour du château, j’ai senti une douleur à mon pied gauche et j’ai découvert que j’avais perdu une partie de la semelle de ma chaussure. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive et je sais que ce n’est pas la dernière non plus, car j’ai l’infortune d’être le dernier des petits enfants de la famille et je me récupère donc les grolles de randonnée qu’ont portées successivement les aînés. Tel est mon triste sort ! Mon papy en a été quitte pour retourner chercher mes tennis à la voiture et c’est bien fait pour lui ! Trois kilomètres aller-retour en courant, j’espère que ça lui servira de leçon à mon grand-géniteur et qu’il m’achètera pour noël des chaussures neuves !

 

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Bon, la visite est terminée, n’oubliez pas le guide, nous sommes à la fin des vacances et la boite de bonbons de ma mamie est presque vide!

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Notre chemin, jusque là assez confortable, se transforme en côte abrupte et caillouteuse et je me fais dépasser par ma soeurette Emilie qui tente  vainement - et ça me fait plaisir - de suivre l’ami Gibus.

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Arrivés en haut de la côte, on a tous besoin d’un ravitaillement et on apprécie d’avoir des porteurs à notre disposition. Ca présente finalement quelques avantages  d’être encore un « môme » même si on n’aime pas être traité comme tel !

 

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Outre les bonbons, il y d’autres friandises que j’adore : ce sont les fruits secs ! Et ça on n’y a droit qu’en randonnée. Les adultes s’en servent d’ailleurs  pour nous faire marcher, un peu comme la carotte pour les ânes, sauf qu’on n’est pas des ânes ! Heureusement que l’on n’est pas susceptibles, sinon on les boycotterait leurs fruits secs !

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Pendant que l’on reprend notre respiration, ma sœur Emilie nous la joue « Zen » pour nous montrer qu’elle n’est pas fatiguée.  Elle n’a aucun mérite car vous avez vu la longueur de ses jambes par rapport à celles de Tom où aux miennes. On verra qui sera le plus fort quand j’aurai son âge !

 

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Mais c’est vrai qu’on est tenté d’entrer en méditation devant un tel paysage. C’est scandaleux que des gens comme ma mamie et mon papi, Gibus et Marie puissent en profiter toute l’année alors que ma sœur et moi on doit subir la pluie, le béton et la pollution parisienne plus de trois cents jours par an. Je suis impatient d’être un papi aussi mais le problème c’est que je n’ai même pas encore trouvé ma femme !

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Nous arrivons à un abri qui aurait été utilisé par les hommes depuis la préhistoire et où nous avons prévu de pique-niquer. Nous aurions bien aimé vivre au temps des hommes préhistoriques car il n’y avait pas d’école – vu que Charlemagne n’était pas encore né – et que les enfants  passaient leur temps à jouer.

IMG_0160.JPGPour allumer le feu Tom se met à frotter deux pierres l’une contre l’autre, sans beaucoup de succès. Je me dis que si on devait un jour revivre comme nos ancêtres, on ne vivrait pas vieux. Finalement apprendre l’alphabet et les tables de multiplication c’est bien, mais ce n’est pas avec ça qu’on fait cuire son bifteck!

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Heureusement nos anciens maîtrisent l’art du feu et font cuire les chipolatas et des merguez dont l’odeur mettent en émoi nos estomacs de petits loups affamés!

 

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Et pour vous faire envie, je vous les montre en gros plan. Désolé mais à l’heure où vous lirez ceci, elles auront été toutes mangées !

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Bon, les techniques de cuisson primitives ont aussi leurs inconvénients surtout quand le vent souffle dans la mauvaise direction. Vous finissez le repas en sentant la saucisse grillée. Heureusement que les loups ne sont pas encore arrivés en Languedoc sinon on risquerait de connaître le sort du petit chaperon rouge !

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Profitant que les adultes sont occupés à ranger les sacs, nous explorons les environs, enfin libérés du regard des mamies qui ont toujours peur que nous nous fassions mal. C’est sûr que s’ils avaient écouté leurs mamies Christophe Colomb n’aurait jamais découvert l’Amérique et Georges Mallory n’aurait pas vaincu l’Everest. Heureusement qu’avec Gibus et papi, qui sont  eux –mêmes un peu casse-cou, on peut faire à peu près ce qu’on veut. Et c’est vrai que l’on n’est pas en sucre, quoi ! Et d’ailleurs heureusement sinon, avec mon goût pour les bonbons,  je risquerai de devenir anthropophage !

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Le problème c’est qu’avec mes tennis de « salon », j’ai du mal à accrocher le sol et je reste en rade. Et ne croyez pas que j’utilise là une mauvaise excuse, car je vous assure qu’avec de bonnes chaussures j’étais capable de le grimper ce talus !

 

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Quand on lève la tête et qu’on voit les rochers en équilibre instable on se dit que les mamies, finalement, n’ont peut être pas tout à fait tort ! Mieux vaut que l’on ne s’éternise pas trop ici.

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Nous levons donc le camp, Tom et moi laissant bien volontiers Emilie prendre la tête en espérant sournoisement qu’elle croise un serpent ou une bête quelconque qui la ferait vite rebrousser chemin. Les femmes ne seront nos égales que le jour où elles n’auront plus peur des serpents, des souris et des araignées !

IMG_0230.JPGMais hélas, ma soeurette ne fait aucune mauvaise rencontre et on reste à la traîne derrière, concoctant un plan pour lui passer devant.

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Nous profitons d’un virage de la piste pour prendre la corde en courant et nous réussissons à passer en tête…. mais pas pour longtemps ! Me souvenant du renard de la Fontaine qui, ne pouvant atteindre des raisins, prétendit qu’ils étaient verts, je me dis qu’après tout cela n’a aucune importance d’être devant ou derrière, vu qu’il y a le même chemin à faire. Petit je suis en taille mais déjà grand  en sagesse !

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Nous parvenons de nouveau à proximité du château dont les murailles, même vues de loin, sont réellement impressionnantes ! Généralement les châteaux forts font rêver les petits garçons, mais quand je pense que les assaillants devaient grimper sur des échelles en étant exposés au tir des arquebuses et aux bassines de poix brûlante, je suis heureux de n’être pas né  à cette époque.

 

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Puis nous apercevons avec plaisir la plaine, signe que notre rando se termine. Nous l’avons bien appréciée – surtout les saucisses – mais bon on en a plein les pattes et nous sommes sacrément contents,  Tom et moi, de pouvoir enfin nous reposer. Et ne nous regardez pas avec commisération, car je ne suis pas sûr que vous seriez capables de faire le tour que l’on a fait avec mes gambettes et des tennis de « salon » !

Texte @ Photos Ulysse (sauf une Buffler)

 


03/11/2012

Prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

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Votre pouvoir d’achat diminue aussi vite que les jours raccourcissent, l’entreprise dans laquelle vous bossez file un mauvais coton, le pays va à vau-l’eau et la terre elle même ne tourne plus très rond. Pour couronner le tout, chers lecteurs,  vous avez des trous à vos chaussettes et quant à vous, chères lectrices, vous n’avez que des vieilles fringues de l’année dernière  - crise oblige - à vous mettre (mais on vous aime quand même). Bref votre humeur est maussade et mieux vaut donc ne pas vous marcher sur les pieds. Et si justement vous alliez faire marcher vos pieds pour oxygéner vos idées noires et  voir la vie en rose. Mais où, me direz vous, trouver un endroit dépaysant, facile d’accès et qui n’implique pas d’être un sportif de haut niveau ou un adepte de l’EPO ?  Je vous réponds : prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

Nous partons du Caylar, modeste village situé à 780 mètres d’altitude en empruntant l’un de ces antiques chemins bordés de buis qui nous protègent l’été de la fournaise solaire et l'hiver du vent glacial et devaient, autrefois, servir également à canaliser les troupeaux de moutons lors de leurs déplacements. Ils prospèrent en ces lieux car c'est l'un des rares végétaux à supporter les excès de chaleur, de froid et de sécheresse que connaissent ces terrains calcaires perméables. Le buis développe, en effet, d'importants réseaux de racines capables de rechercher la moindre trace d'eau dans les fissures de la roche et les zones souterraines d'argile. En outre, les produits de sa taille servaient de litière aux moutons et les feuilles du buis jouaient le rôle de bons additifs aux fumures.

 

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L’haleine humide de la Méditerranée, située à vol d’oiseau à 70kilomètres, au contact de la langue froide de la nuit caussenarde, orne la végétation de myriades de gouttes de rosée qui se gavent des photons généreusement dispensés par le soleil matinal.

 

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Cette rosée confère ce matin au paysage une aura de douceur trompeuse, car nous sommes ici dans un pays aride et rude, brûlant l’été, glacial l’hiver,  où les plantes trouvent difficilement de quoi se nourrir et se désaltérer dans le sol calcaire poreux comme du buvard. En ces lieux, rares sont les grands arbres et quand ils meurent ils sont aussitôt colonisés par des lianes qui se nourrissent de leur cadavre. Ainsi va toute vie dont la fin permet l’émergence d’autres vies, dans un cycle perpétuel auquel nous participons.  N’ayons pas peur de  notre mort, qui n’est que le début d’une autre histoire.

 

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Ce calcaire poreux est aussi soluble dans l’eau que le sucre . Le causse du Larzac est ainsi parsemé de reliefs ruiniformes, œuvres extravagantes du soleil et de la pluie.


 

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On vient ici pour se repaître d’espaces infinis où les chemins semblent mener jusqu’au bout du monde et où les nuages, venus de la mer, se traînent alanguis, plaqués vers le sol par l’air froid descendu du nord.

 

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Ces étendues aujourd’hui désertes furent autrefois habitées, comme en témoignent les magnifiques maisons caussenardes que l’on trouve ici et là, à demi enfouies sous la végétation.

 

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Les cieux, eux, ne sont pas vides : nous y voyons soudain évoluer,  dans un majestueux ballet, des vautours fauves qui apparaissent et disparaissent en un clin d’œil sans même que bouge l’une de leurs plumes.

 

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Nous sommes intrigués de  voir tourner au dessus de nous  ces magnifiques oiseaux exclusivement charognards. Certes, nous ne sommes plus de la première jeunesse, mais notre chair est encore « fraîche » si je puis dire !

 

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Qu’est ce donc qui les attire en ces lieux, nous permettant d’admirer leur magnifique « voilure » qui les rend maîtres des cieux ?

 

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Peut être espèrent-ils que l’un de ces moutons qui paissent à proximité se gave d’herbes et meurt d’apoplexie. Et ce ne sont pas les deux Border Collie qui les gardent qui vont les effrayer, car ces chiens excellents gardiens et rabatteurs sont assez craintifs.

 

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Ceux qui redoutent les côtes ne peuvent qu’apprécier  le causse du Larzac car, outre sa beauté sauvage,  les pentes n’y sont que de quelques degrés, jamais plus en tout cas que ceux qu’affichent les flacons que nous portons dans nos sacs en prévision du pique-nique.

 

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Nous arrivons en vue de l’une des merveilles architecturales du Causse : la cite fortifiée de La Couvertoirade bâtie par les templiers et que les lecteurs et lectrices  qui me suivent fidèlement ont déjà visitée en ma compagnie.

 

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Nous traversons rapidement le village d’autant que notre horloge interne nous signale qu’il va être temps de déjeuner. Entre un festin de vieilles pierres et un sandwich au pâté cévenol truffé aux châtaignes le choix est vite fait quand midi sonne !

 

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Nous décidons d’aller pique-niquer au pied du moulin du Rédounel qui domine le village afin de pouvoir, tout en dégustant de substantifiques nourritures terrestres, régaler nos yeux et notre âme d’un somptueux panorama. Et il est vrai que la marche en ce beau pays est ce qui permet le mieux d’entretenir son corps et d’enrichir son esprit, tant sont innombrables les merveilles de toutes sortes que l’on y croise sur les chemins…ou parfois en dehors !

  

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Nos agapes achevées, nous prenons le chemin du retour  par un sentier idéal ! Tout y est : un profil horizontal, un sol confortable,  des haies d’arbustes dont les frondaisons légères laissent passer des confettis de lumière et qui nous contraignent à marcher en file indienne, condition propice au mutisme et à la méditation (dernier critère qui peut, j’en conviens, ne pas convenir à certain(e)s !)


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Le calcaire du Causse provenant de sédiments abandonnés par une ancienne mer qui s’est ensuite transformée en marécages, on y trouve des crocodiles fossilisés qui peuvent effrayer les promeneurs non avertis .

 

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Certains tenteront de vous faire croire que l’on y trouve également des chiens de berger fossilisés….

 

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…ainsi que des moutons ! Mais riez leur au nez car tout le monde sait que le processus de fossilisation demande des millions d’années et qu’il s’agit ici de simples sculptures ruiniformes nées de la pluie et du vent. Jamais, au grand jamais chers lecteurs et lectrices, je ne vous ferais l’injure de vous faire  prendre des vessies pour des lanternes !

 

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Nous voici de retour au Caylar où nous ne manquons pas d’aller contempler l’arbre sculpté sur la place du village. Il s’agit d’un orme centenaire mort de la graphiose et qui a été sculpté en 1987  par Michel Chevray,  qui a représenté sur son tronc et ses branches les animaux et les habitants du Larzac ainsi que des éléments symboliques comme  la vie et la mort.

 

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L’une des plus belles scènes représente ce vieux berger avec, au dessus de lui, une jolie femme nue que l’on suppose être dans ses rêves. Que celui qui n’a jamais fait de rêve semblable lui jette la première pierre ! Vous aurez un bel aperçu des autres scènes sculptées sur cet arbre magnifique en cliquant ICI


Texte & Photos Ulysse