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22/02/2013

Un vieil huron, de la neige, du blizzard et des œufs au bacon, c’est tout bon !


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La loi générale de l’évolution de l’univers est celle de l’entropie  qui fait, comme le dit le philosophe Jean Zin*, que tout se dégrade, tout fout le camp. C'est la rouille qui ronge le fer, la vieillesse qui nous gagne, le feu qui s'éteint, nos genoux qui se bloquent,  le temps qui s'enfuit. En résumé  l'entropie c'est que tout passe, tout lasse, tout casse, c'est ce qui rend le temps irréversible, les dégradations et les pertes d'informations irréparables, la mort certaine. Dans une veine plus poétique l'ami Léo a fait également le même constat dans sa superbe chanson "Avec le temps".

 * Dont je vous invite à lire ce décapant article sur la panade dans laquelle nous sommes et les maigres espoirs que nous avons de nous en sortir ! Haut les cœurs !

Et c’est pour tenter de ralentir  cette évolution, qui nous conduit petit à petit inéluctablement dans « le trou », si possible en riant et en dansant comme le chantait l’ami Jacques,  que nous n’arrêtons pas de grimper les montagnes mes amis et moi. Nous pensons naïvement que plus haut nous serons perché, plus longue sera la chute ! A chacun ses illusions !

Toujours est-il que nous voilà donc partis, Marie, Ghis, Jean-Mi, Gibus et moi, en ce matin du 12 février dernier,  à l’assaut du Caroux par le col de col de Bertouyre et le rocher de Luchet. A voir le barda que porte l’ami Gibus, vous comprendrez que le Caroux durant l’hiver n’est pas un endroit où l’on cueille des pâquerettes. La météo prévoyant des températures négatives et un vent à décrocher les oreilles, nous emportons un « cubi d’antigel »….Bon, tenant à l’estime de mes lectrices (mes lecteurs sont sur ce point plus indulgents) je précise que je plaisante et que le carton en question contientt, non  pas un divin nectar, mais du petit bois pour faciliter le démarrage du feu, vu qu’une épaisse couche de neige recouvre le sommet des montagnes et donc le bois mort qui s’y trouve.

 

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Le chemin qui passe au pied du rocher de la Tour de Guet nous donne le sentiment d’évoluer dans un « shan shui », ces sublimes peintures de paysage de la Chine antique, que les artistes de la Chine « en toc » d’aujourd’hui seraient bien en peine de reproduire. D’ailleurs ce pays qui semble aujourd’hui si menaçant n’est qu’un immense château de cartes qu’une tempête, un jour pas si lointain, emportera.


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Et là nous tombons sur une scène inhabituelle en ces lieux : un panneau signalant des travaux de réfection du sentier ! Et, effectivement, un artisan est à l’œuvre qui remet en état avec art et patience le sentier fortement érodé. Saluons ici l’initiative du Conseil général de l’Hérault, pas toujours soucieux du bon usage des fonds publics, comme en témoigne cet article

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Soudain nous entendons un tonitruant « Hugh ! » au dessus de nos têtes. Levant les yeux nous apercevons un vieil huron installé sur la pente et qui contemple l’horizon. « Hugh » lui répondons nous en chœur sans rien ajouter d’autre, n’étant pas familier de la langue wendate.

 A notre grande surprise, il nous réplique dans un français irréprochable : « Oh ! visages pâles, je vous déconseille vivement de grimper là haut aujourd’hui, c’est le grand chambardement ! Vous allez y perdre vos scalps ! ». Personnellement cette perspective ne m’inquiète guère vu que mon scalp est depuis longtemps resté accroché à mon peigne !

 

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 Suivant son regard nous découvrons qu’effectivement les cimes sont, pour l’heure, balayées par la Tramontane qui soulève un voile de neige. « Nous sommes habitués et nous allons au refuge de Fontsalès où nous pourrons nous réchauffer » lui répond-t-on.  « Vous êtes courageux et j’implorerai Wacondah afin qu’il vous apporte sa protection. Mais comme aujourd’hui même les dieux sont faillibles, j’appellerai les secours avec mon portable (oui, même les vieux hurons ont des portables aujourd'hui !) si vous n’êtes pas redescendus à 17 heures ». Après avoir remercié ce noble et brave huron pour sa sollicitude, nous poursuivons notre ascension.

 

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Nous arrivons, sous un ciel encore clément, au col de Bertouyre situé à mi-pente. Nous y trouvons les premières traces de neige qui nous signalent que nous venons de franchir l’isotherme zéro degré et qu’il nous faut donc couvrir soigneusement nos extrémités les plus exposées au risque de gel. Il est donc préférable d’avoir satisfait a ses besoins naturels avant cette limite !

 

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En prenant un peu d’altitude, le manteau neigeux s’épaissit, ce qui crée ce spectacle étonnant - propre aux montagnes méditerranéennes - de forêts de chênes verts arborant un magnifique feuillage, alors que le sol est couvert de neige.

 

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Parvenus à l’altitude d’environ 800 mètres, nous abordons un monde plus minéral. Nous sommes encore protégés du vent par le flanc de la montagne mais le ciel noir au dessus de nous, nous fait comprendre ce qui nous attend.

 

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Les ramures des bosquets d’arbres dénudés dessinent de superbes arabesques qui illuminent le paysage. Qui osera dire que l’hiver est une triste saison !

 

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Un lapin des neiges nous regarde passer le cœur palpitant craignant de finir ses jours dans une casserole. Mais nous le rassurons en lui disant que nous avons largement de quoi nous sustenter et qu’il n’est pas prévu au menu.

 

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Parvenus au pied du rocher du Luchet, je vais rendre visite à mon copain l’arbrisseau, que mes lecteurs connaissent bien, et qui fait vaillamment front aux intempéries en haut de la falaise qui surplombe l’Orb. C’est la grandeur et la servitude d’être un arbre que de ne pouvoir échapper au lieu qu’a choisi pour vous le destin. Il y a aussi parmi les hommes des aventuriers un peu fous et solitaires mais eux peuvent à tout moment rejoindre la chaude compagnie de leurs congénères.

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau balayé par le blizzard et nous nous demandons quelques instants si nous n’aurions pas dû suivre le conseil du vieil huron. Mais l’heure sacrée du déjeuner approchant il est trop tard pour faire demi-tour. Nous décidons donc de poursuivre notre périple pour rejoindre le refuge situé non loin de là.

 

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La chance souriant toujours aux audacieux, nous tombons sur un arbre mort qui nous tend ses branches secourables pour alimenter notre feu.

 

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Gibus, ayant autant de ressources que les couteaux suisses (c’est normal vu qu’il est d'origine helvète !) utilise sa corde pour nous permettre de tracter plus aisément la provision de bois ainsi faite.Vous devez vous dire que je profite habilement  d’être le photographe attitré du groupe pour échapper à cette corvée.

 

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Que nenni ! Ma photo faite, je prends part à l’attelage comme vous pouvez le voir sur cette autre photo prise par Marie. Et ne mettez pas ma parole en doute sous prétexte que l’on nous voit de dos. Vous pensez bien que mes copains, aussi sympa soient-ils, m’auraient mis ce midi là à la  diète si je ne leur avais pas donné un coup de main. L’amitié  n’est pas quelque chose qui va de soi, ça s’entretient !

 

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Pendant que nous ahanons sous le poids du fardeau, nos compagnes avancent tranquillement. Mais n’est ce pas quand la force sert la tendresse que le monde devient harmonieux !

 

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Nous investissons le refuge et sortons les victuailles liquides et solides de nos sacs. Au menu du jour nous trouvons : vin chaud, potage maison aux légumes, charcuterie, œufs sur le plat au bacon, fromage, pâtisseries, café, thé, chocolat le tout arrosé d’un Bordeaux et d’un vin du Languedoc. Qui dit mieux ? Et c’est beaucoup moins cher que chez les frères Pourcels où la tranche de pâté vous est vendue au prix de l’or !

 

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Vous avez été nombreux a apprécier les œufs au plat de la semaine dernière, aussi je ne peux que vous inviter à en reprendre cette semaine mais dépêchez vous car il n’en reste que trois dans la poêle !

 

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Pendant que nous déjeunions, le vent a redoublé de violence. Aussi avant de prendre le chemin du retour nous nous emmitouflons pour affronter la tourmente.

 

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La porte à peine ouverte, nous comprenons ce qui nous attend.  Des tourbillons de neige soulevés par la Tramontane balaient le paysage. Seul élément un brin rassurant (pas deux ! un !) le soleil est malgré tout présent qui crée une ambiance féerique.  Courageusement nous nous jetons dans la bataille comme des parachutistes se précipitent dans le vide.

 

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Ayant dévalé le long du rocher du Luchet, nous nous retrouvons à l'abri du vent. En approchant du bord du plateau nous  apercevons la plaine en contrebas, dont la brume qui la recouvre masque toute trace d’habitation. Nous avons le sentiment d’être des explorateurs qui découvrent un continent inconnu.

 

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Ayant basculé vers la plaine nous retrouvons des conditions définitivement plus clémentes et nous sommes heureux au passage de rassurer le vieux Huron sur notre sort.

 

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Arrivés au point de départ, le torrent d’Héric nous invite à y faire un petit plongeon, invitation que nous mettons un point d’honneur à accepter. Après le vent glacial du sommet, l’eau nous paraît presque chaude ! Bon j’exagère un peu, mais que vaudrait la vie sans un brin de folie !

Plusieurs lectrices ont souhaité que je poste la photo où je me baigne et à laquelle Gibus fait allusion (ah ! le traitre !) dans  son commentaire. Celle-ci n'étant pas "décente"  je vous en poste une autre prise lors d'un bain dans un lac gelé des Pyrénées qui prouvera à ceux qui en douteraient que je ne me contente pas de prendre les photos lors de ces baignades "hivernales"!


 

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Texte Ulysse & Photos Ulysse, Jean-Mi (photos datées) et Marie

15/02/2013

Un arc-en-ciel, deux oeufs sur le plat, le bonheur quoi !

 

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La perfection, dit-on, n’est pas de ce monde et pourtant Gibus et moi l’avons rencontrée, l’autre matin, sous la forme d’un arc en ciel formant un magnifique demi cercle, que mon appareil photo n’a pu hélas capter dans son intégralité. Nous étions en chemin pour rejoindre le refuge des Bourdils par le col de Langres quand il s’est majestueusement formé au dessus du lac d’Ayrette. Autant dire que de contempler une telle merveille vous fait voir la vie, non seulement en rose, mais en bleu sérénité, en vert espérance, en jaune  amitié et en mauve amour, sentiments qui, comme le (bon) vin, le (bon) pain ainsi que …….l’amour et l’amitié (non, je n’aime pas le Boursin !)  nous font apprécier notre trop bref séjour sur cette planète.

 

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Et cet arc-en-ciel de rêve nous a fait l’honneur de nous accompagner pendant au moins la moitié de notre randonnée, nous laissant penser  à un moment donné qu’il s’agissait d’un ersatz technologique produit par un artefact imaginé par un confrère du professeur Tournesol. Mais il n’y avait autour de nous que la nature sauvage et ce somptueux objet céleste résultait bien de l’union de la fine bruine qui nous rafraîchissait le visage avec les rayons du soleil.

 

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Je profite de l’occasion pour vous poser une colle, sauf si vous êtes plus instruit que moi, qui ai dû chercher la réponse sur internet : Pourquoi les arcs-en-ciel sont ils courbes ? Vous pourriez répondre : pour faire plus joli, constat au demeurant juste  car une « droite en ciel » aurait moins de charme, mais réponse fausse. En fait la courbure est due à la rondeur des gouttes qui dévient les rayons lumineux selon un angle qui diffère en fonction des couleurs, ce qui fait qu’elles sont superposées. Et ce qui est plus étonnant c’est que le cercle serait complet si le sol n’interrompait pas le phénomène. Depuis un avion, il est, en effet, possible de voir un arc-en-ciel former un cercle complet. Le monde est étonnant, non

 

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Après une heure de marche, alors que nous arrivons au col de Langres,  l’arc-en-ciel est toujours là, ce qui en fait sans conteste le plus long que j’ai pu contempler au cours de mon existence.  J’y vois là un signe particulier car pour les anciens grecs les arcs-en-ciel étaient la trace du pied d'Iris, messagère des dieux, descendant de l'Olympe vers la Terre pour porter un message aux hommes. Et je me demande si a force d’arpenter les cimes et de nous baigner en tenue d’Adam dans les lacs et torrents qui y abondent nous n’avons pas tapé dans l’œil de cette déesse qui, lassée de ses amants célestes, nous a donc discrètement suivie pour admirer le galbe de nos mollets (vu notre âge , c’est ce qu’il y a de mieux conservé chez nous). Mais sans doute s’est-elle gardée de nous accoster pour ne pas provoquer sur nous la colère de Zeus, dieu fort jaloux. On a le droit de rêver, n’est ce pas ?

 

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Nous arrivons au hameau en ruine de Chavardès où subsiste, à mes yeux, l’un des plus beaux fours à pain antique du Languedoc (celui du mas d’Agre n’est pas mal non plus). La légende prétend que chaque année dans la nuit du 16 mai, jour de la Saint Honoré patron des boulangers, pendant que sonnent les douze coups de minuit, un feu s’allume dans le four et qu’autour on aperçoit des ombres que l’on entend parler et rire, pendant qu’une odeur de pain se répand dans les airs. Gibus et moi n’avons encore jamais eu l’occasion d’aller vérifier!  Peut être que l’ami Bernard qui arpente jour et nuit le massif pourrait éventuellement nous le confirmer .

Le blog de Barzaz, que j’invite les gourmandes et les gourmands à visiter, nous apprend, à ce sujet, qu’ Honoré était un jeune homme dissipé qui annonça un jour à sa vieille bonne qu'il voulait se faire prêtre. La brave dame qui était en train de faire cuire son pain lui répondit alors : "Et quand ma pelle aura des feuilles, tu seras évêque!" Instantanément, la pelle se mit à fleurir ! En souvenir de ce miracle, en 1202, un boulanger parisien offrit 9 arpents de terre pour construire une chapelle à Saint-Honoré, qui devint ainsi le saint patron des boulangers.

 

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Ce hameau comprend d’autres bâtisses dont la construction témoigne d’un savoir faire qui laisse pantois d’admiration. Ces édifices partagent avec les nids d’oiseaux et l’ensemble des habitats créés par les animaux ou les insectes le fait d’être constitués de matériaux naturels qui sont comme un prolongement de notre planète et participent intimement à la « pulsation » spirituelle de l’univers dont elle est issue. Nos constructions modernes sont au contraire constituées de matériaux issus d’un processus industriel qui leur confère un aspect inerte et mortifère, quelle que soit la beauté de leur architecture.

 

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Nous parvenons aux abords du Montahut, seigneur des lieux, alors que l’arc en ciel (que l’on aperçoit dans le coin à droite) s’affaiblit , ce qui, certes, nous chagrine, car sa vision a enchanté notre ascension, mais nous laisse aussi espérer la fin de la bruine qui lentement transforme nos pantalons en éponges.

  

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 Et de fait le ciel redevient soudainement bleu, le soleil ayant fini par avoir la peau des nuages, ce qui lui vaut de chaudes congratulations de la part de chênes blancs qui le saluent de leurs branches, impatients de voir pointer leurs bourgeons.

 

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Un lapin en profite pour sortir de sa tanière afin de prendre un bain de soleil, assuré, en voyant nos larges fronts intelligents, que nous ne sommes pas des fous de la gâchette et que donc nous le laisserons en paix.

 

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Nous passons au large du Roc d’Ourliades, roc granitique qui résiste vaillamment aux intempéries. La vieillesse sied bien à la montagne dont les rides sont esthétiques. Elles le sont aussi au demeurant chez les humains mais la folie de notre temps les condamne. Cette « peau lisse » à laquelle l’humanité vieillissante aspire en se botoxant à outrance  n’est-elle pas le symbole de notre fatuité et de notre addiction aux « apparences ». Ne restons nous pas jeunes comme le disait le Général Mac Arthur dans un magnifique poème, tant que nous restons réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages
de la nature, de l'homme et de l'infini. « Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme » ajoutait-il.

 

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Nous arrivons au refuge des Bourdils les yeux et l’esprit encore illuminés par l’étonnant arc-en-ciel qui a décoré notre ciel comme une guirlande de Noël. Mais l’humidité qui imprègne nos vêtements nous incite à faire un feu. Il est fort heureux que Gibus m’accompagne car c’est sans doute le seul homme occidental à savoir allumer un feu avec du bois mouillé, le seul aussi à emmener une poêle dans son sac à dos pour y faire  cuire des œufs . Vous comprenez pourquoi je randonne avec lui. 

 

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Histoire de vous mettre l’eau à la bouche je vous montre en gros plan ce que le meilleur restaurant du monde ne pourra jamais vous offrir : deux œufs au plat avec du jambon à mille mètres d’altitude dans un environnement de rêve pour moins de deux euros et un peu d’huile de genoux !

 

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Rassasiés et revigorés nous prenons le chemin du retour qui, malgré l’absence d’arc-en-ciel, nous enchante par sa beauté  pourtant maintes fois contemplée. La nature qui varie selon la saison, le temps  et l’heure du jour est en quelque sorte notre « cathédrale de Rouen »  que Monet a peint une multitude de fois, restituant sur chaque tableau une lumière, des ombres et des couleurs différentes.

 

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Nous approchons du terme de notre balade, mais avant de vous quitter nous vous offrons en guise de « bonus » cette autre et magnifique bâtisse croisée en chemin. Les pierres qui la constituent doivent être fières d’avoir été choisies pour son édification plutôt que de rester à traîner dans la campagne et les chemins. Vous souriez sans doute parce que je prête des sentiments à ces matériaux que l’on dit inertes. Mais alors que l’on découvre que les animaux peuvent faire preuve de compassion et éprouver des sentiments, pourquoi n’en serait-il pas de même du monde minéral, car, finalement, nous sommes tous issus du même nuage de gaz originel issu du BIG Bang !


 

Texte & Photos Ulysse

 

08/02/2013

Neige sur les coteaux, bon vin dans les tonneaux !

 

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Mon grand père paternel, qui était vigneron dans le vendômois, disait quand il voyait la neige tomber : « Neige sur les coteaux, bon vin dans les tonneaux ». A vrai dire, cela n’a jamais empêché que, même ces années là, il faisait une horrible piquette que mon père et moi avions du mal à boire. Pourtant sa piquette, comme celle que célèbre l’ami Jean dans son inoubliable chanson, l’a rendu presque centenaire, bien qu’il ait subi, comme beaucoup d’hommes de sa génération, de graves blessures lors de la Guerre de 14-18. Mais même si son « vin » était un élixir de longue vie, personne ne se précipitait pour tendre son verre lors des agapes familiales ! Et il n’était pas question qu’un flacon venant d’ailleurs franchisse le seuil de sa porte ! J’espère que là où il est aujourd’hui il en boit du meilleur !

Tout ça pour vous dire qu’à la mi janvier il a neigé sur les vignes qui entourent mon village où l’on fait d’ordinaire du bon vin (Si ce n’était pas le cas je n’y vivrai pas) ce qui veut dire, si l’on en croit le dicton grand-paternel, que le millésime 2013 devrait être excellent.


 

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Les vignes de ma région ne sont pas accoutumées  à un tel climat, ni d’ailleurs les amandiers que l’on y trouve, arbre emblématique, avec l’olivier, des régions méditerranéennes. La « neige » dont ils sont habituellement couverts  est celle de leur magnifique floraison qui éclot vers la mi février, premier signe annonciateur de l’arrivée du printemps avec celle des mimosas. Mais pour l’heure, ce ne sont pas des  fleurs qui les recouvrent mais d’énormes flocons qui tombent mollement, comme si là haut des anges chahuteurs avaient éventré leurs oreillers de plumes.

 

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Marcher à travers la campagne sous la neige est, pour moi, une expérience euphorisante. Les flocons étouffent le moindre son et créent un monde de silence en noir et blanc.

 

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Cet univers minimaliste et onirique libère mon esprit des soucis et des préoccupations triviales de l’existence, comme si la neige les avait ensevelis.

 

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Le lendemain matin, le soleil est de retour faisant peu à peu émerger le monde de sa léthargie. Sa palette de couleurs s’élargit alors, le roux des écorces, le vert sombre des frondaisons et le bleu du ciel reprenant vie.

 

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Les rayons du soleil, qui s’accrochent aux fils des palissages des vignes  gainés de glace, illuminent les coteaux.

 

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Mais sous cette chaude caresse, ces bijoux éphémères retournent vite au néant.

 

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Dans l’ombre des ramures, quelques diamants orneront encore pendant quelques heures des grappes oubliées par les vendangeurs.

 

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Tandis que les ceps de Grenache, libres de tout palissage, se mettent à danser pour se débarrasser de leur coiffe de neige.

  

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En les voyant batifoler ainsi, on ne s’étonne pas que leur nectar rende l’homme joyeux !

 

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Quelques flocons tombés sur les ombelles d’une plante desséchée la parent de fleurs éphémères.

 

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D’autres s’accrochent désespérément à une épine d’églantier pour ne pas tomber dans le vide.

 

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Ceux là semblent en meilleure posture, mais pour combien de temps ?


 

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Ne peut-on penser que Gaïa, notre planète, est finalement une grande coquette qui ne provoque les chutes de neige que pour mieux se couvrir de bijoux !

 

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 Car de même que « diamonds are a girl best friends » ….

  

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Les perles de glace  magnifient notre planète !


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Mais le soleil, ce grand séducteur, ne la caresse de ses rayons que pour mieux lui dérober ses bijoux.

 

 Texte & Photos Ulysse

 

25/01/2013

La montagne de Rosis hors piste !

 

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 A l’occasion de l’annonce de la fin du monde fixée par une bande da farfelus au 21 décembre dernier, le journal Le Monde avait publié un article où des scientifiques répertoriaient les causes probables de la fin de l’aventure humaine sur notre planète. Outre l’implosion de notre soleil, prévue dans quelques milliards d’années, étaient ainsi envisagés une méga explosion volcanique, la rencontre avec un gros astéroïde, une pandémie mondiale mortelle, l’effondrement du champ magnétique terrestre qui transformerait la terre en micro-onde, évènements dont la probabilité de survenir n’excédait pas quelques milliers d’années, sans exclure pour certains (éruption volcanique et pandémie) qu’il puisse se produire dans les mois à venir. Nous vivons donc avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et il vaut mieux en conséquence, quand bien sûr on en a la possibilité, ne pas remettre à demain la quête des petits bonheurs que l’on peut cueillir ici et là dans cette vaste foire d’empoigne qu’est devenue notre planète.

C’est pourquoi Gibus et moi ne manquons pas une occasion d’aller explorer un bout de notre cher Languedoc qui n’a pas encore eu l’honneur de voir la semelle de nos souliers, et grâce à Zeus, ces lieux inexplorés sont suffisamment vastes pour occuper le reste de notre existence (même si nous devenons centenaires !).

 

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Nous voilà donc partis en ce frais, mais radieux, matin du 20 novembre 2012, du hameau de Cours le Bas, en direction du col de Vente Vieille, en vue d’aller explorer la Montagne de Rosis hors piste.

La beauté des feuillages de l’automne finissant et l’océan démonté de montagnes bleutées qui nous entoure et que la brume ourle d’écume nous gratifie d’un spectacle qui exalte nos âmes ou plutôt ce « je ne sais quoi » en nous qui nous fait sentir que nous sommes intimement liés au reste de l’univers.

 

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Nous passons en contrebas  du Mouscaillou, modeste sommet ou des bataillons de conifères disciplinés ont installé leur camp. On dirait des légions romaines faisant face à l’assaut de hordes hirsutes de feuillus gaulois. Les arbres, de fait, se livrent une guerre silencieuse où les batailles durent des décennies.

Les chasseurs ont dressé un portique accessible en 4X4 qui ne laisse aucune chance au gibier à plume ou à poil qui passe dans les parages. Quelle « noble » tradition  l’on perpétue ainsi qui permet à des gens ventripotents de massacrer à distance des animaux qu’ils sont hors d’état de suivre à la trace et dont ils sont incapables d’apprécier la beauté et la grâce !

 

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Ayant conclu, à notre démarche légère et à notre attirail, que nous n’étions pas de la sinistre famille des Nemrods, deux superbes et vénérables mouflons nous font l’honneur de se laisser contempler. Comment peut on avoir envie de tuer un être vivant dont on a ainsi croisé le regard  sans qu’il y ait une nécessité vitale. Les amérindiens qui  considéraient les animaux comme leurs égaux, les remerciaient quand ils les chassaient pour se nourrir  de se sacrifier ainsi pour assurer leur survie. Et chasser le bison avec un arc et des flèches relève d’une autre éthique que de chasser le cerf ou le mouflon avec un fusil à balle qui porte à 2km !

 

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Etant parvenu au sommet de la Montagne de Rosis qui culmine à 1058 mètres, nous entamons notre descente vers la rivière du Casselouvre, qui coule en contrebas et constitue le but de notre parcours hors piste. Evitant les sentiers, nous courrons le risque de tomber sur une barre rocheuse infranchissable et de devoir, s’il est trop tard pour revenir au point de départ,  passer une nuit à la belle étoile ! Mais il est exaltant de pouvoir ainsi introduire un peu d’incertitude dans nos vies aussi bien réglées et prévisibles qu’un coucou suisse.  Posons nous la question : y a-t-il beaucoup de jours dans notre vie où nous ne savons pas où nous serons  dans les heures qui suivent ! De fait, fort peu sous nos latitudes, ce qui n’est pas le cas dans bien d’autres pays où règnent famine et tyrannie.

 

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Nous rencontrons quelques difficultés pour traverser les denses ginestières qui occupent les pentes de la serre d’Esparic. Même les mouflons eux mêmes ont du mal à s’y faufiler, c’est pour dire ! Nous évitons de trop nous approcher des arêtes rocheuses car certains gros cailloux pourraient être tentés de vérifier s’ils sont plus durs que notre caboche , ce qui est probablement le cas !

 

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Nous traversons ensuite quelques éboulis où un vénérable hêtre s’est allongé pour mourir, ce qui ne facilite pas le passage de l’obstacle  ! Mais il n’ y a rien de plus revigorant que d’affronter et de surmonter des difficultés car on en tire un sentiment de fierté, autrement plus légitime et gratifiant que celui qu’éprouve le sportif de canapé qui crie « on a gagné » quand son équipe est victorieuse.

 

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Puis nous abordons une zone plus confortable où nous pouvons enfin jouir du paysage ; « so far, so good » comme disent nos meilleurs ennemis les « englishs », la perspective de devoir contempler le lever et le coucher de lune en compagnie de mouflonnes s’éloigne ainsi à grand pas, pour notre plus grande joie  (bien que nous n’ayons aucune prévention contre les mouflonnes !).

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Parvenant au dessus d’un éperon rocheux nous apercevons d’ailleurs un mâle qui se prélasse tandis que ses deux concubines broutent paisiblement inconscients de notre présence.

 

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Nous cherchons et trouvons une brèche dans l’éperon rocheux nous confortant dans l’idée que nous sommes nés sous une bonne étoile et que notre périple s’achèvera sans autre difficulté..

 

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Nous abordons l’endroit où paissaient les mouflons aperçus auparavant, mais ils ont disparu, sans doute alertés par le bruit de nos pas sur le sol caillouteux et notre odeur prononcée de randonneur !

 

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Quelques hêtres sont partis à l’assaut des flancs de la serre d’Esparic, cohorte de fantômes dont les silhouettes évanescentes tranchent avec l’or cramoisi des fougères fanées. En ces lieux combien la mort  est séduisante !

 

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Un jeune mouflon plus audacieux que les autres ou, hypothèse plus probable,  ignorant de la dangerosité  de l’espèce humaine nous regarde quelques instants, sans doute intrigué de nous voir tenir debout avec seulement deux pattes. Puis il part tranquillement  se réfugier derrière une barre rocheuse.

 

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Nous contournons à notre tour cette barre rocheuse pour découvrir avec « ravissement » qu’il va nous falloir franchir le ruisseau du Denès qui, à cette saison, ressemble à un torrent ! La traversée se révèle un brin acrobatique mais nous réussissons à garder nos pieds au sec ce qui, en cette saison, est des plus apprécié.

 

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En remontant sur l’autre rive nous entendons le bruit d’une cavalcade dans les sous bois, une harde de mouflons  défile alors devant nos yeux ébahis juste au dessus de nous, effrayés sans doute par le bruit de notre approche sans toutefois avoir pu nous repérer.

 

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Un vieux mâle s’arrête un instant pour tenter de voir d’où vient le danger mais grâce au vent contraire il ne peut déceler notre présence, ce qui nous donne le loisir de l’admirer. C’est pour nous un instant mémorable, un de ceux pour lesquels on avale des dizaines de kilomètres de chemin sans barguigner. Cette étincelle de vie sauvage et fière que l’on aperçoit dans son œil vaut plus pour nous que le plus gros des diamants, qui ne sont finalement que des morceaux de charbon transparents que des foldingues s’arrachent à prix d’or. Ah, les couillons !

 

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 Mais passé ce moment de bonheur nous tombons sur un « os ». Une paroi rocheuse d’une vingtaine de mètres se dresse devant nous qu’il nous est impossible de gravir. Deux solutions s’offrent à nous :  la contourner par le haut avec le risque de tomber sur d’autres parois qui nous obligeraient,  en définitive, à rebrousser chemin  ou trouver une issue vers le bas, sachant que le ruisseau de Casselouvre, objectif de notre périple hors piste, ne doit plus être loin. Nous optons donc pour cette seconde solution qui implique, toutefois, de nous frayer un tunnel dans une végétation qui n’a rien à envier à  la jungle amazonienne. Fort heureusement les ronces n’affectionnent pas trop les pentes humides de la montagne de Rosis et nous sortons de cette épreuve pas trop balafrés.


 

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Et suprême récompense nous abordons aux rives du Casselouvre qui prennent à nos yeux l’allure du paradis. Et là je m’inscris en faux contre l’adage Zen qui prétend que « celui qui atteint son but a manqué tout le reste ». Car ce but que nous nous étions fixé n’était qu’un prétexte à arpenter cette nature sauvage et somptueuse de la montagne de Rosis. De fait, en atteignant notre but nous avons surtout gagné tout le reste ….

 

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 Nous sommes juste en contrebas du portail de Roquendouire d’où part un sentier qui nous ramènera sans encombre à bon port. Sachant que nous n’aurons donc pas cette nuit à contempler comme Ruth  «  cette faucille d’or négligemment jetée dans le champ des étoiles «  comme l’a célébré ce cher Victor, nous prenons le temps de nous baigner (oui, oui,  un 20 novembre !) couronnement du bonheur pris à faire cette randonnée.

  

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 La montée vers le portail n’est ensuite  pour nous qu’une formalité. En le voyant un plaisir intense nous envahit, comme celui que l’on éprouve à revoir sa maison après un long voyage.

  

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Et c’est en « roues libres » que nous empruntons la superbe draille, bordées de magnifiques « sécadous », en ruines hélas, qui doit nous ramener  tranquillement à notre point de départ.

 

 

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Mais nous avions oublié qu’il nous fallait franchir une dernière fois le Casselouvre avant de rejoindre  Cours le Bas  et le gué que nous empruntons habituellement est, à cette saison, submergé. Nous devons nous livrer à un dernier exercice périlleux de le traverser pieds nus en marchant sur des cailloux glissants : il ne manquerait plus que, si près du but, on se retrouve le cul dans l’eau tout habillé après avoir arpenté la montagne de Rosis hors piste sans avoir subi aucun dommage !

 

Texte & photos Ulysse