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07/12/2012

Le rocher des deux vierges

 

 

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Sur cette terre où vivent – ou, plutôt, pour beaucoup d’entre nous, survivent - plus de six milliards d’êtres humains, nous faisons partie, mes amis et moi, des rares privilégiés qui pouvons nous dire le matin en nous levant : « Tiens il fait beau ! Si on allait se balader ! » Et comme la météo est généralement clémente dans le Languedoc où nous vivons, nous partons souvent en vadrouille, ce qui est bon, au demeurant, pour le moral et la santé. Car, s’il est vrai que la confiture attire les mouches comme « l’oseille » les aigrefins, une journée de chemin éloigne le médecin ! D’ailleurs, les cotisations des randonneurs à la « sécu » devraient être inversement proportionnelle aux kilomètres parcourus ! 

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Nous voilà donc partis, aux aurores, du village de Saint Jean de la Blaquière, en direction du rocher des Deux Vierges, qui domine le plateau de Mougères de ses 539 mètres. Des chevaux s’ébrouent dans un pré, enivrés de la liberté de pouvoir ainsi galoper en jouissant du soleil et de l’air frais de ce matin d’automne ; magnifique et émouvante manifestation du miracle de la vie qui a éclos - par quel hasard ? – un jour sur notre planète.

 

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Si la contemplation des animaux en liberté est un spectacle exaltant, le règne végétal n’est pas en reste quant aux merveilles qu’il offre à nos regards, pour peu que l’on prenne le temps d’observer le monde qui nous entoure. La moindre haie, le moindre bosquet recèle des trésors, telle  cette salsepareille, liane vivace à la tige volubile et aux feuilles cordiformes dont les grappes de fruits rouges ressemblent à des groseilles, mais qui ne sont, hélas, pas comestibles. Ses racines auraient, par contre de nombreuses vertus médicinales, dont celle d’être aphrodisiaques, ce que je n’ai pas testé !

Cette plante d’allure fragile, qui se plait en Languedoc, rend les lieux où elle s’installe, impénétrables ! Avec ses cœurs multiples elle est, en fait, une grande sentimentale qui ne vous lâche plus une fois qu’elle vous a enlacé ! Les minuscules épines qui ornent ses feuilles et ses tiges extrêmement résistantes  s’accrochent, en effet, à vos vêtements comme des milliers d’hameçons et vous empêchent d’avancer et même de reculer une fois que vous vous y être frottés.

 

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Mais, avertis de ses mœurs, nous avons échappé à son emprise et poursuivons notre chemin qui passe à proximité d’une superbe capitelle (dénommée borie en Provence et Cadole en Bourgogne). Ces huttes de pierre servaient autrefois d’abri pour ranger les outils ou se protéger des intempéries. Il devait aussi y faire bon conter fleurette les jours de grosse chaleur à la pause du midi après avoir sucé une racine de salsepareille !!

 

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Il faut reconnaître que ces édifices ont une autre allure que les horribles abris de jardin métalliques ou en parpaings bruts contemporains qui défigurent aujourd’hui nombre de champs  et jardins. La société de consommation dont la pérennité repose sur la production d’objets jetables purement utilitaires fabriqués par d’autres  a rompu la filiation qui existait autrefois entre l’homme et son environnement et détruit en nous le sens des responsabilités qui liait les anciens aux générations futures. Ces derniers construisaient alors leur maison en pensant à leur descendance et en l’intégrant le mieux possible au lieu où elle était édifiée . Au demeurant, ils empruntaient à la terre elle-même les matériaux pour la fabriquer (terre, pierres, paille et bois ) et il y avait ainsi une continuité « génétique » entre notre planète et les œuvres humaines, fondement de leur beauté.

 

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Et quand l’homme  raclait  la couenne  de notre planète pour y tracer des chemins, il le faisait avec délicatesse en suivant ses formes sensuelles. D’ailleurs, ne sentez vous pas monter en vous  un désir de fusion cosmique en contemplant cette piste de terre sanguine qui sinue dans la toison verte de Gaïa ? (non ! non ! je ne fume aucune sorte d’herbe !)

 

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Notre chemin passe près d’une autre oeuvre lapidaire multimillénaire qui témoigne de l’intelligence et du savoir faire de nos lointains ancêtres. Je me sens à leur égard  plein d’humilité, moi qui ai du mal à planter un clou sans me taper sur les doigts.

 

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Les dolmens étaient des monuments funéraires et je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ceux qui y ont été inhumés - d'après les fouilles 7 personnes l'auraient été sur ce site -  dont les atomes virevoltent peut être encore dans les parages et que nous inspirons ainsi à notre insu. Ainsi leur redonnons nous, en quelque sorte, un souffle de vie. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur ces fascinants mégalithes, visitez le passionnant site de Noisette.


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Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cette seconde capitelle qui s’élève dans cette jeune oliveraie. Il est réconfortant de voir cette culture se développer dans notre région car elle favorise à la fois le maintien de la ruralité tout en préservant le paysage du mitage par de hideux lotissements ou sa transformation en tristes friches.

 

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Mais après avoir ainsi baguenaudé le nez au vent en admirant les merveilles environnantes, les choses sérieuses commencent. Nous arrivons, en effet, au pied du rocher des Vierges et le chemin se fait beaucoup plus pentu.

 

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Mais notre entraînement est tel que c’est à peine essoufflés que nous arrivons au sommet du rocher où nous accueillent effectivement deux « vierges » (c’est ce que prétend la tradition) pluricentenaires (le climat du Languedoc conserve !) en pleine discussion. On peut se demander d’ailleurs si celle de droite n’est pas musulmane, car elle porte la burqa,  ce qui ne serait pas impossible vu que les sarrasins ont envahi la Septimanie (actuel Languedoc)  au début du VIIIème siècle.

 

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Le vent favorable porte à nos oreilles des bribes de leur conversation dans lesquels nous percevons les mots de « tajine d’agneau » (ce qui nous confirme que l’une d’elle est musulmane) et « de bourride sètoise ». Sont elles vraiment vierges,  peut-être ? Mais gourmandes, elles sont assurément !

 

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Nous nous dirigeons alors vers le point de vue d’où l’on jouit  - nous le savons, pour y être déjà venu – d’un superbe panorama. Mais avant de contempler ce dernier, mon oeil qui toujours est à l’affût de choses à découvrir est attiré par une scène étonnante : une tige de lierre s’est lancé à l’assaut de deux rochers superposés, émouvante illustration de l’extraordinaire vitalité et faculté d’adaptation du règne végétal. Vous allez vous dire que je suis un peu bizarre pour tomber ainsi en extase devant une tige de lierre, mais je pense que je ne le suis pas plus que ceux qui sont accro à « Poubelle la vie ! » A chacun ses lubies !

 

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Parvenus au point de vue, celui-ci , une fois de plus, ne nous déçoit pas. La vue couvre les monts d’Orb et s’étend jusqu’à la falaise qui marque la limite du causse du Larzac . On comprend qu’un château y ait été construit dès le Xème siècle par les seigneurs locaux pour surveiller et protéger leurs possessions. Il n’en subsiste que quelques moignons de murs qui se confondent avec les rochers dolomitiques ruiniformes qui hérissent les flancs du mont.

Bon, il est l’heure pour nous de pique-niquer et cette plate-forme rocheuse est un endroit idéal. Si vous souhaitez vous joindre à nous, vous pouvez prendre place mais à la condition que vous ayez amené avec vous quelques flacons ! 

Pour notre part nous avons choisi un flacon judicieusement dénommé "le rêve" du domaine des Fusionnels, un vin de l'appellation Faugères, élégant, fruité et d'une texture soyeuse que nous consommerons, bien évidemment, avec notre copine "Modération" !


Texte & Photos Ulysse

  

29/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus : A la recherche du lac Blond

 

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Vous le savez, le Caroux est, pour Gibus et moi, une irrépressible passion. A peine vient-on de le quitter que l’on n’a qu’une envie : y revenir. Car malgré sa modeste altitude (il culmine à 1091m) ce massif est pour nous l’archétype de la montagne.  Sa diversité est sans équivalent : on y trouve des combes sauvages aux flancs couverts de hêtres ou de châtaigniers, des gorges vertigineuses où coulent d’impétueux torrents, des vallons verdoyants où règnent les prairies et les genêts, des clairières occupées par des bataillons de conifères, des aiguilles rocheuses dignes de leurs consoeurs alpines ou pyrénéennes, des plateaux rocheux balayés par les vents, royaume de la bruyère.  Ajoutez à cela  la présence de mouflons, dont c’est le terrain de jeu favori et dont la quête est notre « graal » ». Vous comprendrez donc, pourquoi, une fois que l’on a humé ses effluves et  caressé de ses pieds son « épiderme », on  devient « accro » à ce massif à nul autre pareil.

 

 

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Et après toutes ces années à le parcourir en long et en large, il nous reste encore des merveilles à explorer, comme ce lac Blond, dont nous avons découvert récemment l’existence en consultant un vieux « grimoire » sur le Caroux. Il faut dire que ce lac est niché au pied du Roc du Salis sur le cours du torrent du Vialay, dans un secteur où seuls les randonneurs qui ont quelques années de pistage de mouflons, à leur actif, peuvent accéder.

 

Nous voilà donc partis à la découverte de ce fameux lac. Après avoir atteint la base du Fourcat d’Heric par un chemin assez confortable, la situation se corse sérieusement. Nous passons en contrebas de l’arête de Mascar où le sentier a été emporté par un éboulis. L’éboulis traversé, non sans quelques difficultés, nous suivons alors une vague sente ponctuée de cairns qui évolue dans un terrain plutôt chaotique.

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Nous sommes dans un secteur très exposé aux chutes de rochers et nous sommes assez heureux que d’énormes châtaigniers nous servent de gardes du corps au cas où …

 

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Notre itinéraire présente un profil de montagnes russes, du fait du franchissement de plusieurs barres rocheuses d’où nous apercevons les gorges creusées par le Vialay. L’une des particularités du Caroux est l’harmonieuse union du règne végétal et du règne minéral qui règne quasiment en tous lieux, du fait de sa modeste altitude. Il conserve ainsi, généralement, un aspect riant malgré un relief tourmenté de « haute-montagne ».

 

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Nous descendons vers le ruisseau de Paillargues dans un fouillis végétal digne d’une forêt tropicale. Le tronc d’un vénérable hêtre gît au sol. Il a dans sa chute déraciné et brisé un congénère dont le haut du tronc est resté suspendu dans les frondaisons environnantes. Ces lieux sauvages, où la mort et la vie sont ainsi étroitement mêlés dans un flux perpétuel, rassérènent notre âme. Ne témoignent-ils pas d’une réalité suprême qui nous est cachée et que la mort nous révèle. Peut-être d’ailleurs que nous sommes morts et que ce que l’on appelle la mort est la vraie vie ? Ce qui expliquerait que la terre soit souvent un enfer, au mieux un purgatoire (quand on a au moins du bon vin à boire ) et que l’on y revient tant que l’on n’a pas gagné son billet pour le paradis ! Bon, ce n’est qu’une théorie !

 

 

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Après avoir dévalé une pente abrupte au « jugé » à travers des taillis, toute trace de sentier ayant disparue, nous parvenons au bord du Paillargues, modeste ruisseau aux eaux dormantes. Mais les rochers qui jonchent son lit nous laissent penser qu’il ne faut pas se fier aux apparences, son cours devant être plutôt tumultueux lorsque des orages sévissent sur le massif. Nous descendons son cours, rassurés par le ciel aujourd’hui serein, afin de rejoindre le torrent du Vialay dans lequel il se jette.

 

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Ayant atteint le torrent du Vialay, nous le remontons sur une centaine de mètres en direction de l’impressionnant Roc du Salis, au pied duquel est caché le mythique lac Blond.


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Après avoir chevauché quelques arbres abattus en travers du cours du torrent, nous apercevons enfin le lac Blond alimenté par une superbe cascade. Nous sommes un peu dans l’état d’excitation de Richard Burton et John Speke lorsqu’ils ont découvert en 1858 le lac Tanganyika croyant qu’il s’agissait de la source du Nil.

 

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D’aucuns pourraient juger que le terme « lac » est un brin exagéré pour cette superbe vasque, mais il faut mettre cela sur le compte de la latitude à laquelle il se situe. Ce que l’on appelle sardine à Dunkerque devient un thon à Sète !  Il n’empêche que, « lac » ou « vasque », le site est de toute beauté, son aspect secret et sauvage n’étant pas le moindre de ses attraits. Le nom de « lac Blond »  lui a été donné par Jean Prioton (1898-1985) - forestier visionnaire, grand défenseur du Caroux, du Larzac et de la préservation de la nature sauvage  - car ses eaux prennent une couleur dorée au soleil couchant, du fait du réfléchissement des rayons sur les rochers environnants.

 

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Et d’ailleurs bien que nous ne soyons qu’au mitan de la journée, une partie des eaux est déjà illuminée par ce reflet, leur conférant un aspect un peu plus engageant pour s’y baigner .

 

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Car vous pensez bien que nous n’allions pas laisser passer une occasion pareille de nous baigner là où peut être jamais aucun homme n’a eu l’audace de le faire ! Car, outre le fait, que le lieu est peu connu, je peux vous dire qu’au fond de cette gorge sauvage l’eau n’a pas l’occasion de beaucoup chauffer !

 

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Après ce bain revigorant, nous grimpons sur un promontoire rocheux qui domine le lac opportunément exposé au soleil, ce qui nous permet de nous réchauffer. La vue sur les gorges sauvages du Vialay, hérissée d’aiguilles rocheuses, est somptueuse. On aperçoit sur la droite la pente que nous avons descendue pour y accéder. Vous en déduirez qu’à notre âge quasi-canonique nous avons encore bon pied bon œil, les mauvaises langues ajouteront… « et aussi  bon gosier » !

 

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Après la traditionnelle pause « pique-nique-siestouille », il nous faut songer à repartir. Ne souhaitant pas revenir par le même itinéraire, nous cherchons une voie d’accès nous permettant de rejoindre le col du Salis qui doit se situer à environ 250mètres de dénivelé au dessus de nous. La ligne droite étant le plus court chemin pour se rendre d’un point à un autre, nous décidons de grimper en pleine pente sur le flanc ouest du Roc du Salis, espérant ne pas tomber sur une barre rocheuse infranchissable. Nous sommes fort opportunément aidés par nos amis les arbres qui nous tendent leurs branches, leurs racines et leurs troncs secourables.

 

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Puis nous devons nous faufiler dans « le chas » de quelques aiguilles rocheuses qui, malgré leur aspect rébarbatif, se révèlent finalement plus faciles à franchir que la pente de terre humide et glissante que nous venons de gravir.

 

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Les lieux sont si sauvages que nous tombons nez à nez avec deux jeunes mouflons qui ne s’attendaient certainement pas à croiser des bipèdes en ces lieux.

 

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Mais rencontre plus étonnante encore dans le Caroux, où nous n’en avions, jusque là, jamais aperçus, nous débusquons trois jeunes sangliers qui fuient en maugréant. Désolés de vous importuner, chers amis, mais nous ne faisons que passer !

 

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Nous parvenons sur une plate-forme rocheuse où nous jouissons sans partage (sauf que nous sommes heureux de la partager aujourd’hui avec vous !) d’une vue imprenable sur les Gorges du Vialay dominées par le Roc Fourcat.

 

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Il nous reste à gravir une modeste pente encombrée de rochers pour pouvoir rejoindre le col du Salis où passe un bon sentier qui doit nous ramener à bon port.

 

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Nous arrivons sans encombre au col où le bruit de nos pas tire de sa somnolence un diablotin assoupi sur le bas coté. « Vous sortez d’où comme ça ? »  nous dit-il « je ne vous ai pas entendu venir par le chemin ! » Nous lui indiquons que nous sommes montés directement du fond des gorges du Vialay par la pente qui longe le roc du Salis. « Vous êtes un peu fous, non ! pourtant vous n’êtes pas nés de la dernière pluie ! vous semblez même remonter au déluge ! Remarquez des gars comme vous, ça fait notre affaire car si vous vous dézinguez vous allez directement chez nous, vu qu’à voir vos bobines vous ne devez pas aller souvent à confesse. Mais  vous ne le regretteriez pas, car chez nous il y a du vin chaud et des saucisses grillées à volonté, alors que chez l’Autre on boit de l’eau bénite et les gens s’ennuient à mourir et ça pour l’éternité » « Nous en sommes convaincus"  lui répond-t-on « mais nous ne sommes pas pressés ». « Je ne suis pas pressé non plus, mais votre heure viendra, alors profitez en bien d’ici là » nous rétorque-t-il . Ca, ce sont des choses que l’on n’a pas besoin de nous rappeler, car pour en profiter -  comme vous le savez, vous qui nous suivez depuis si longtemps - nous en profitons ! Et nous vous invitons à faire de même ! Allez, zou! Tous sur le caroux !

 Carpe diem !

 

Texte (sauf propos du diablotin) & photos Ulysse

 

22/11/2012

A la découverte des canalettes du Larzac

 

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Nous attendions les premiers frimas pour vous emmener, Gibus et moi,  visiter le lieu dit des « Canalettes » sur le causse du Larzac, car l’air froid qui descend alors du Massif Central, en rencontrant l’haleine humide et tiède venue de la Méditerranée, fait naître un brouillard qui crée une atmosphère féerique propice à l’exploration de cette étonnante curiosité géologique. Mais je ne vous en dis pas plus pour le moment, afin que vous gardiez intact le plaisir de la découverte.

Nous partons du hameau d’Egalières,  situé à quelques kilomètres du village de l’Hospitalet, alors que le paysage enseveli dans la brume n’a guère plus de consistance que dans nos rêves. Je suis d’ailleurs, à un moment donné, tenté de me pincer pour vérifier que je suis bien en balade et non pas dans mon lit. Mais le froid vif qui rougit mes appendices nasal et auriculaires – je parle ici de mes oreilles -  me confirme bien que je ne suis plus sous ma couette.  Parlant d’auriculaire, savez vous qu’on appelle également ainsi notre petit doigt car c’est le seul que l’on puisse introduire dans l’oreille. Malgré sa petite taille, celui-ci mérite le plus grand respect, car j’ai découvert, grâce à Wikipedia, « qu’il a une fonction cruciale dans la prise en main d'un objet, vu qu’il  permet de stabiliser la prise afin que l'objet saisi ne puisse se mouvoir. Ainsi avec l'index et le pouce opposable, l'auriculaire a joué un rôle indispensable dans l'évolution humaine et sa capacité à user d'outils. » N’étant pas bricoleur je ne l’avais pas constaté moi même ! J’avoue que je vais dorénavant regarder et traiter mes auriculaires avec beaucoup plus de considération.

 

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J’ai, par ailleurs, énormément d’admiration pour les araignées qui règnent en maître sur le Causse, car elles y trouvent de vastes espaces déserts où elles peuvent déployer leurs toiles sans craindre qu’un vandale ne les sabote. C’est toujours avec émerveillement que je contemple la finesse, la précision et la complexité de leurs œuvres en soie plus solide que le kevlar ou l’acier, un cm2  de leur toile pouvant supporter un poids de 45 tonnes !

 

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La diversité de leur forme est impressionnante, car il en est des rectangulaires, des circulaires, des triangulaires et l’on peut, au demeurant, se demander si leur contemplation n’a pas donné à l’homme l’intuition de la géométrie.

 

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La forme de celle-ci, par contre, nous laisse, Gibus et moi, perplexes : S’agit-il de la toile d’une apprentie ?  N’y aurait-il pas à proximité une culture clandestine de haschich dans laquelle se serait aventurée sa fileuse ? N’étant fumeur d’aucune sorte d’herbe nous ne menons pas plus avant nos investigations.

 

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Nous apercevons un troupeau de moutons, scène typiquement caussenarde, ces animaux étant les plus adaptés à ces vastes étendues au sol ingrat qui ne se prête qu’au développement de prairies. Du lait des femelles de cet animal farouche et stupide, l’homme tire la merveille des merveilles qu’est le Roquefort et dont J. A. Brillat-Savarin fin gastronome a dit : « un dîner sans Roquefort est comparable à une belle qui n'aurait qu'un oeil". Les mâles eux se contentent de nous approvisionner en côtelettes, lesquelles agrémentées de thym et d’un vin de pays d’Oc – un Joly Rouge du domaine Virgile Joly par exemple - constituent également un mets de choix .


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Oui, vraiment féerique est l’univers dans lequel nous évoluons ce matin, chaque arbuste étant couvert d’innombrables gouttelettes d’eau captant et concentrant les rayons de soleil dissous dans la brume ambiante. L’air que nous respirons, imprégné de cette purée mordorée de photons, vivifie notre esprit qui se libère de son enveloppe corporelle et entre en symbiose avec le paysage environnant (oui, je confirme bien que nous ne fumons aucune sorte d’herbe  !).

 

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Nous croisons une assemblée de champignons engagés dans un curieux rituel, un cercle s’étant formé autour de deux d’entre eux. S’agit-il de la célébration d’un mariage ? D’un rite d’initiation ? N’étant ni l’un ni l’autre mycologue nous ne pouvons vous donner la réponse. Mais peut être que l’un d’entre vous, chers lecteurs, pourra nous éclairer sur ce point.

 

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Nous arrivons à un point de notre parcours où, selon les maigres indications que nous possédons, nous devons nous écarter du chemin pour partir à la découverte des « canalettes » sur lesquelles je vais enfin vous donner quelques indications. Il s’agit de gorges très étroites creusées dans le sol du causse par l’érosion.  Le rocher que nous apercevons en sous bois nous laisse penser que l’embouchure de l’une de ces « canelettes » doit  se trouver à proximité.

 

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Mais à vrai dire il va nous falloir fureter pendant près d’une demi-heure dans une zone embroussaillée et chaotique avant de découvrir l’entrée de la première « canalette ». Les parois de la gorge sont couvertes de mousse et de fougères qui témoignent de l’humidité permanente  et du climat  tempéré qui règne ici en toutes saisons, du fait de la protection contre le vent glacial qui souffle sur le causse en hiver.

 

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Nous passons sous une arche, porte d’un monde inconnu qui nous donne le sentiment de participer à un « remake » des Aventuriers de l’Arche Perdue.

 

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Et à vrai dire un univers oppressant nous attend de l’autre côté. Les parois de la gorge se rapprochent en effet de plus en plus, rendant notre progression difficile. L’appréhension me saisit à la pensée  qu’une harde de sangliers a peut-être élu domicile au fond de la gorge !

 

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Mais le danger qui nous guette vient plutôt du ciel, car nous devons passer sous une roche, tombée certes depuis quelque temps déjà, mais qui nous  fait craindre qu’il pourrait en tomber d’autres !

 

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Mais Gibus, sans peur et sans reproche, continue d’avancer et, fasciné par cet endroit étrange,  je le suis, tout en gardant un œil inquiet vers le ciel !

 

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Les gorges finissent en cul de sac et nous faisons donc demi tour, fort heureux, pour ce qui me concerne, d’apercevoir de nouveau sain et sauf la sortie !

 

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Nous nous engageons ensuite dans les deux autres « canalettes », disposées parallèlement à la première, qui sont plus difficiles à explorer en raison d’éboulis rocheux humides dangereux à escalader.


 

canelettes,canoles,larzac,durzonLa végétation y est encore plus dense que dans la première et nous donne le sentiment d’être de retour dans les forêts tropicales de Karukera  où nous nous sommes aventurés en début d’année.

 

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Puis nous prenons la direction de la maison forestière des Canalettes en traversant un chaos rocheux d’où émerge le fascinant rocher dit des « Binocles ». Les hommes de Néanderthal - qui ont vécu ici il y a 70.000 ans selon des traces de campement que les paléoanthropologues ont retrouvées - en ont probablement fait une divinité.

 

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Le brouillard qui se dissipe enfin nous révèle la totalité du chaos rocheux comme dans ces rouleaux de peinture chinoise où l’on découvre peu à peu le paysage.

 

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Quittant le cirque rocheux, nous pénétrons à notre grande stupéfaction dans une forêt dont la densité et l’exubérance nous surprennent sur le sol généralement ingrat du Larzac. Qui osera encore prétendre que ce causse n’est qu’un morne plateau jonché de pierres ?

 

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Nous arrivons en vue de la maison forestière des Canalettes qui fut autrefois une bergerie dont il subsiste une vaste lavogne qui servait à abreuver les bêtes. Les arbres un « brin » narcissiques (on pourrait dire une « branche » !) se bousculent sur ses bords pour s’y mirer.

 

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Nous descendons vers le mas de Pommiers auprès duquel jaillit la source du Durzon. Nous traversons une idyllique clairière où l’automne commence à semer ses  paillettes d’or sur les frondaisons. Jamais nous n’aurions imaginé que le Larzac pouvait comporter des lieux aussi champêtres et bucoliques. Il est vraiment étonnant notre Languedoc, n’est-il pas vrai ?

 

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Nous voici à la source du Durzon, modeste et limpide rivière qui se jette dans la Dourbie au niveau de Nant. Il n’y manque que des ondines pour que l’endroit soit paradisiaque. Nous sommes  d’accord, n’est ce pas,  le paradis est bien peuplé d’ondines ? Comment ! vous en doutez ? Ne me dîtes pas ça, sinon je vais tout faire pour éviter le paradis !

 

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Nous prenons le chemin du retour les yeux et l’âme éblouis par les merveilles que nous avons encore découvertes au cours de cette journée. Finalement après réflexion, Gibus et moi n’avons pas besoin d’aller au paradis car nous y sommes déjà !

 

Texte & Photos Ulysse

 

14/11/2012

Le Caroux hors des sentiers battus: le ravin des Hêtres

 

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Gibus et moi pensions  connaître tous les chemins du Caroux et puis en consultant un vieux grimoire nous avons trouvé mention d’anciennes pistes connues des seuls initiés. Elles traversent des terrains généralement très accidentés qui impliquent souvent d’y mettre les mains en plus des pieds ! Il faut, pour s’y aventurer, une solide expérience de la marche en montagne, ne pas craindre le vertige et avoir un excellent sens de l’orientation, car leur tracé n’est pas évident et leur signalisation limitée à quelques cairns ou quelques rares balises.

Nous nous engageons donc, en ce matin brumeux du 9 octobre dernier, sur l’une de ces pistes  dénommée Bartouyre-Rieutord car elle permet, à partir du col de Bartouyre, de grimper sur le plateau où naît le Rieu Tort modeste torrent qui se jette dans celui d’Héric.

Quand je dis « grimper » je déforme la réalité car cette piste un brin perverse a un profil de montagnes russes qui ne cesse de vous faire descendre une grande partie du dénivelé que vous venez d’ascendre (mais oui ce verbe existe !). La seule différence avec les montagnes russes c’est que   l’on ne vous offre pas la vodka à l’arrivée, ce qui est aussi bien, d’ailleurs, vu la suite du programme de la journée.

 

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Alors que nous progressons cahin-caha, le vent se lève et chasse le brouillard et les nuages vers le haut des cimes, donnant naissance à un très timide arc-en-ciel qui nous sert de prétexte pour faire une pause, car sensibles nous sommes aux beautés du monde. A vrai dire, nous sommes aussi un brin essoufflés et cette halte est bienvenue !

 

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Le secteur dans lequel nous progressons est hérissé d’aiguilles rocheuses vertigineuses où quelques arbustes ont eu l’audace de s’installer. Quand on constate un tel courage et une telle ténacité, comment peut-on donner ensuite un sens péjoratif au terme « végéter » ?

 

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En approchant du plateau, la piste traverse des zones d’éboulis où des hêtres vénérables nous tendent leurs branches et leurs troncs secourables pour nous permettre de progresser.  A y réfléchir, plutôt que le chien ou le cheval, l’arbre est le meilleur ami de l’homme. Car à l’aube de son histoire il a pu s’y réfugier pour échapper aux bêtes féroces, puis avec son bois il a inventé le feu, construit ses premières maisons, ses premières barricades et ses premiers bateaux. Dans son ombre il y a fait ses premières siestes et sur son écorce gravé le témoignage de ses amours. C’est sans doute la raison pour laquelle on traite affectueusement ses meilleurs amis de « vieille branche ».

 

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Nous arrivons au point où la piste traverse le Rieu Tort dont le maigre flux ne se prête pas hélas à la baignade. Pourtant nous aurions apprécié cette occasion de nous rafraîchir car la pente en ce lieu est plutôt rude  !

 

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Nous parvenons enfin sur le plateau  et décidons de gravir le Roc du Caroux qui culmine à 1034 mètres, ce qui n’est finalement qu’une simple formalité vu que nous venons de gravir déjà plus de 800 mètres.

  

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Mais alors que nous progressons vers le sommet une voix nous interpelle « Holà! Où allez vous comme ça ! ». Levant la tête nous découvrons le visage grimaçant d’une vieille qui nous glace les os et pourtant, comme vous le savez, nous ne sommes pas des mauviettes.

 « Et bien ! Heu ! On s’apprête à grimper sur le roc du Caroux ! Pourquoi c’est interdit ! » répondons nous en chœur, le cœur battant la chamade (ah ! les subtilités de la langue française !).

 « Ce n’est pas interdit, mais il faut tout d’abord répondre à une énigme"  nous rétorque la vieille, qui au passage se présente à nous comme étant Carouxane la femme du roi du Caroux (que nous rencontrerons un peu plus tard) . « La voici : Il n’y en a qu’un seul dans une minute, et il y en deux dans une heure. Mais il n’y en a aucun dans un jour. Qu’est-ce ?"

Gibus et moi restons perplexes de longues minutes n'ayant aucune idée de la réponse. "Alors vous séchez ? " nous dit Caroxane d'un air goguenard. " Ben heu! " fais je alors ne sachant quoi dire. "C'est exact c'est la lettre "e" " nous répond-t-elle se méprenant sur le sens de ma réponse. « Allez vous pouvez passer, mais prenez garde aux à-pics!». C'est la première fois de ma vie où l'ignorance se révèle payante ! Oh jeunes n'en faites pas une excuse pour ne pas faire vos devoirs !

 

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En quelques minutes nous atteignons le sommet d’où l’on aperçoit au loin le miroir doré de la Méditerranée (au fond à gauche sur la photo,  oui, c’est bien la mer que l’on voit !)

 

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Quant aux à-pics, la vieille n’a pas menti, ils sont impressionnants et nous incitent à regarder attentivement où nous mettons les pieds.

 

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Mais nous ne sommes pas les seuls à être sensibles à la beauté du panorama qui s’offre à nous, car deux érables de Montpellier se sont juchés sur un mamelon voisin pour en jouir également. Les arbres sont décidément plus proches de l’homme qu’on ne le pense !

 

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Après notre traditionnelle pause pique-nique/sieste nous nous dirigeons vers le ravin des hêtres dans lequel, selon notre grimoire, descend une piste qui permet de rejoindre le hameau d’ Héric.

 

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Nous saluons au passage le vieux roi du Caroux, que nous avions rencontré lors d’une précédente expédition et qui est absorbé par la contemplation de la Méditerranée qui luit au loin. « Nous avons été heureux de faire la connaissance de votre femme » lui déclare-t-on ! « Vous êtes bien les premiers » nous répond-t-il sans même tourner la tête. Nous ne répliquons point et poursuivons notre chemin. Y aurait-il de l’eau dans le gaz au sein du couple royal ?  Faudrait être un lecteur de « Paris Tâche » ou de  « Water-closer » - ce que Gibus et moi ne sommes pas  - pour savoir ce qu’il en est.

 

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Nous arrivons au bord du ravin des Hêtres dominé par les flancs déchiquetés du plateau. Il doit s’y produire de temps en temps de belles avalanches de pierres ce qui refroidit quelque peu notre intention de nous y engager.

 

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Mais il est trop tard pour faire demi tour. Nous cherchons le cairn qui signale le départ du chemin, celui ci dévalant ensuite à pleine pente jusqu’au hameau d’Heric.

 

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Pleine pente est, de fait , nous le constatons très vite  l’expression appropriée. Heureusement qu’une fois de plus nos amis les arbres sont là et nous évitent de faire un roulé-boulé jusqu’au bas du ravin. Par moments une trouée s’ouvre dans leur frondaison qui nous permet de découvrir le relief environnant. 

 

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Nous atteignons enfin sans encombre le bas du ravin où nous retrouvons une confortable petite route piétonnière qui descend (ou qui monte, selon le sens dans lequel on la prend !) les fastueuses gorges creusées par l’Héric et  qui nous ramène en une heure de temps à notre point de départ.

 

Texte & photos Ulysse

19:05 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : caroux, hêtre, reine, héric