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08/11/2012

Trois petits loups au castellas de Montpeyroux

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Hello, chères lectrices et lecteurs du blog de mon papy, nous revoilà Emilie (ma sœur) Tom (le petit fils de Gibus et Marie) et moi, Romain, qui, vacances obligent, sommes de retour en pays d’Oc pour de nouvelles palpitantes aventures. De fait, je devrais  plutôt écrire « papillantes » aventures vu que nous partons pour une « rando-saucisses » dans les environs du castellas de Montpeyroux. Et je peux vous dire que pour rien au monde – même pas notre poids en bonbons – on ne raterait une rando-saucisses !


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Bon, n’allez pas croire pour autant qu’à mon âge je suis déjà comme  mon papi qui ne pense qu’à manger et à boire, enfin surtout boire,  du « jus de raisin » à ce qu'il dit, mais j’ai beau n'avoir que six ans, je ne suis pas dupe !. Je m’intéresse aussi au magnifique paysage qui nous entoure et qui me change des tristes boulevards parisiens. A la décharge de mon papi, il faut dire que le paysage étant dans cette région essentiellement constitué de vignes, il est difficile de ne pas avoir soif ! Et puis en buvant, mon papi contribue à perpétuer ce magnifique environnement.  Finalement on devrait peut être lui donner une médaille ! Mais je pense qu’il préfèrerait qu’elle soit en chocolat, car le chocolat aussi il adore ça !

 

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Bon, je parle, je parle (c’est ma part féminine - qui existe en tout homme – qui s’exprime) mais nous arrivons à la porte du castellas de Montpeyroux (je pense que vous avez compris que c’est un mot occitan qui veut dire château)  et je vous invite à me suivre pour en faire la visite.

 

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Bien qu’il soit en ruine, il est aussi impressionnant que le château de Vincennes, le seul autre château que je connaisse et il est beaucoup plus ensoleillé ! D’après mon papi, qui ne s’intéresse pas uniquement aux cépages de vitis vinifera et sait des tas d’autres choses, ce château fut édifié en 1070 – ça fait donc plus de 150 fois mon âge -  par un descendant de Saint Guilhem. Il assurait la protection de Montpeyroux, village stratégique, situé au carrefour des routes qui reliaient le Languedoc à l’Auvergne et au Rouergue et par où passaient également le chemin de St Jacques de Compostelle et les troupeaux en transhumance.

 

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Le château fut partiellement détruit par les « grands bretons » en 1384 durant la guerre de Cent Ans - ils étaient déjà perfides à l’époque -  puis à la fin du XVème siècle, il fût abandonné au détriment d’un château plus confortable situé dans le hameau du Bary, d’où nous sommes partis.

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Pendant que je vous faisais faire le tour du château, j’ai senti une douleur à mon pied gauche et j’ai découvert que j’avais perdu une partie de la semelle de ma chaussure. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive et je sais que ce n’est pas la dernière non plus, car j’ai l’infortune d’être le dernier des petits enfants de la famille et je me récupère donc les grolles de randonnée qu’ont portées successivement les aînés. Tel est mon triste sort ! Mon papy en a été quitte pour retourner chercher mes tennis à la voiture et c’est bien fait pour lui ! Trois kilomètres aller-retour en courant, j’espère que ça lui servira de leçon à mon grand-géniteur et qu’il m’achètera pour noël des chaussures neuves !

 

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Bon, la visite est terminée, n’oubliez pas le guide, nous sommes à la fin des vacances et la boite de bonbons de ma mamie est presque vide!

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Notre chemin, jusque là assez confortable, se transforme en côte abrupte et caillouteuse et je me fais dépasser par ma soeurette Emilie qui tente  vainement - et ça me fait plaisir - de suivre l’ami Gibus.

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Arrivés en haut de la côte, on a tous besoin d’un ravitaillement et on apprécie d’avoir des porteurs à notre disposition. Ca présente finalement quelques avantages  d’être encore un « môme » même si on n’aime pas être traité comme tel !

 

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Outre les bonbons, il y d’autres friandises que j’adore : ce sont les fruits secs ! Et ça on n’y a droit qu’en randonnée. Les adultes s’en servent d’ailleurs  pour nous faire marcher, un peu comme la carotte pour les ânes, sauf qu’on n’est pas des ânes ! Heureusement que l’on n’est pas susceptibles, sinon on les boycotterait leurs fruits secs !

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Pendant que l’on reprend notre respiration, ma sœur Emilie nous la joue « Zen » pour nous montrer qu’elle n’est pas fatiguée.  Elle n’a aucun mérite car vous avez vu la longueur de ses jambes par rapport à celles de Tom où aux miennes. On verra qui sera le plus fort quand j’aurai son âge !

 

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Mais c’est vrai qu’on est tenté d’entrer en méditation devant un tel paysage. C’est scandaleux que des gens comme ma mamie et mon papi, Gibus et Marie puissent en profiter toute l’année alors que ma sœur et moi on doit subir la pluie, le béton et la pollution parisienne plus de trois cents jours par an. Je suis impatient d’être un papi aussi mais le problème c’est que je n’ai même pas encore trouvé ma femme !

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Nous arrivons à un abri qui aurait été utilisé par les hommes depuis la préhistoire et où nous avons prévu de pique-niquer. Nous aurions bien aimé vivre au temps des hommes préhistoriques car il n’y avait pas d’école – vu que Charlemagne n’était pas encore né – et que les enfants  passaient leur temps à jouer.

IMG_0160.JPGPour allumer le feu Tom se met à frotter deux pierres l’une contre l’autre, sans beaucoup de succès. Je me dis que si on devait un jour revivre comme nos ancêtres, on ne vivrait pas vieux. Finalement apprendre l’alphabet et les tables de multiplication c’est bien, mais ce n’est pas avec ça qu’on fait cuire son bifteck!

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Heureusement nos anciens maîtrisent l’art du feu et font cuire les chipolatas et des merguez dont l’odeur mettent en émoi nos estomacs de petits loups affamés!

 

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Et pour vous faire envie, je vous les montre en gros plan. Désolé mais à l’heure où vous lirez ceci, elles auront été toutes mangées !

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Bon, les techniques de cuisson primitives ont aussi leurs inconvénients surtout quand le vent souffle dans la mauvaise direction. Vous finissez le repas en sentant la saucisse grillée. Heureusement que les loups ne sont pas encore arrivés en Languedoc sinon on risquerait de connaître le sort du petit chaperon rouge !

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Profitant que les adultes sont occupés à ranger les sacs, nous explorons les environs, enfin libérés du regard des mamies qui ont toujours peur que nous nous fassions mal. C’est sûr que s’ils avaient écouté leurs mamies Christophe Colomb n’aurait jamais découvert l’Amérique et Georges Mallory n’aurait pas vaincu l’Everest. Heureusement qu’avec Gibus et papi, qui sont  eux –mêmes un peu casse-cou, on peut faire à peu près ce qu’on veut. Et c’est vrai que l’on n’est pas en sucre, quoi ! Et d’ailleurs heureusement sinon, avec mon goût pour les bonbons,  je risquerai de devenir anthropophage !

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Le problème c’est qu’avec mes tennis de « salon », j’ai du mal à accrocher le sol et je reste en rade. Et ne croyez pas que j’utilise là une mauvaise excuse, car je vous assure qu’avec de bonnes chaussures j’étais capable de le grimper ce talus !

 

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Quand on lève la tête et qu’on voit les rochers en équilibre instable on se dit que les mamies, finalement, n’ont peut être pas tout à fait tort ! Mieux vaut que l’on ne s’éternise pas trop ici.

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Nous levons donc le camp, Tom et moi laissant bien volontiers Emilie prendre la tête en espérant sournoisement qu’elle croise un serpent ou une bête quelconque qui la ferait vite rebrousser chemin. Les femmes ne seront nos égales que le jour où elles n’auront plus peur des serpents, des souris et des araignées !

IMG_0230.JPGMais hélas, ma soeurette ne fait aucune mauvaise rencontre et on reste à la traîne derrière, concoctant un plan pour lui passer devant.

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Nous profitons d’un virage de la piste pour prendre la corde en courant et nous réussissons à passer en tête…. mais pas pour longtemps ! Me souvenant du renard de la Fontaine qui, ne pouvant atteindre des raisins, prétendit qu’ils étaient verts, je me dis qu’après tout cela n’a aucune importance d’être devant ou derrière, vu qu’il y a le même chemin à faire. Petit je suis en taille mais déjà grand  en sagesse !

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Nous parvenons de nouveau à proximité du château dont les murailles, même vues de loin, sont réellement impressionnantes ! Généralement les châteaux forts font rêver les petits garçons, mais quand je pense que les assaillants devaient grimper sur des échelles en étant exposés au tir des arquebuses et aux bassines de poix brûlante, je suis heureux de n’être pas né  à cette époque.

 

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Puis nous apercevons avec plaisir la plaine, signe que notre rando se termine. Nous l’avons bien appréciée – surtout les saucisses – mais bon on en a plein les pattes et nous sommes sacrément contents,  Tom et moi, de pouvoir enfin nous reposer. Et ne nous regardez pas avec commisération, car je ne suis pas sûr que vous seriez capables de faire le tour que l’on a fait avec mes gambettes et des tennis de « salon » !

Texte @ Photos Ulysse (sauf une Buffler)

 


03/11/2012

Prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

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Votre pouvoir d’achat diminue aussi vite que les jours raccourcissent, l’entreprise dans laquelle vous bossez file un mauvais coton, le pays va à vau-l’eau et la terre elle même ne tourne plus très rond. Pour couronner le tout, chers lecteurs,  vous avez des trous à vos chaussettes et quant à vous, chères lectrices, vous n’avez que des vieilles fringues de l’année dernière  - crise oblige - à vous mettre (mais on vous aime quand même). Bref votre humeur est maussade et mieux vaut donc ne pas vous marcher sur les pieds. Et si justement vous alliez faire marcher vos pieds pour oxygéner vos idées noires et  voir la vie en rose. Mais où, me direz vous, trouver un endroit dépaysant, facile d’accès et qui n’implique pas d’être un sportif de haut niveau ou un adepte de l’EPO ?  Je vous réponds : prenez votre sac et suivez nous sur le Larzac !

Nous partons du Caylar, modeste village situé à 780 mètres d’altitude en empruntant l’un de ces antiques chemins bordés de buis qui nous protègent l’été de la fournaise solaire et l'hiver du vent glacial et devaient, autrefois, servir également à canaliser les troupeaux de moutons lors de leurs déplacements. Ils prospèrent en ces lieux car c'est l'un des rares végétaux à supporter les excès de chaleur, de froid et de sécheresse que connaissent ces terrains calcaires perméables. Le buis développe, en effet, d'importants réseaux de racines capables de rechercher la moindre trace d'eau dans les fissures de la roche et les zones souterraines d'argile. En outre, les produits de sa taille servaient de litière aux moutons et les feuilles du buis jouaient le rôle de bons additifs aux fumures.

 

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L’haleine humide de la Méditerranée, située à vol d’oiseau à 70kilomètres, au contact de la langue froide de la nuit caussenarde, orne la végétation de myriades de gouttes de rosée qui se gavent des photons généreusement dispensés par le soleil matinal.

 

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Cette rosée confère ce matin au paysage une aura de douceur trompeuse, car nous sommes ici dans un pays aride et rude, brûlant l’été, glacial l’hiver,  où les plantes trouvent difficilement de quoi se nourrir et se désaltérer dans le sol calcaire poreux comme du buvard. En ces lieux, rares sont les grands arbres et quand ils meurent ils sont aussitôt colonisés par des lianes qui se nourrissent de leur cadavre. Ainsi va toute vie dont la fin permet l’émergence d’autres vies, dans un cycle perpétuel auquel nous participons.  N’ayons pas peur de  notre mort, qui n’est que le début d’une autre histoire.

 

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Ce calcaire poreux est aussi soluble dans l’eau que le sucre . Le causse du Larzac est ainsi parsemé de reliefs ruiniformes, œuvres extravagantes du soleil et de la pluie.


 

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On vient ici pour se repaître d’espaces infinis où les chemins semblent mener jusqu’au bout du monde et où les nuages, venus de la mer, se traînent alanguis, plaqués vers le sol par l’air froid descendu du nord.

 

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Ces étendues aujourd’hui désertes furent autrefois habitées, comme en témoignent les magnifiques maisons caussenardes que l’on trouve ici et là, à demi enfouies sous la végétation.

 

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Les cieux, eux, ne sont pas vides : nous y voyons soudain évoluer,  dans un majestueux ballet, des vautours fauves qui apparaissent et disparaissent en un clin d’œil sans même que bouge l’une de leurs plumes.

 

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Nous sommes intrigués de  voir tourner au dessus de nous  ces magnifiques oiseaux exclusivement charognards. Certes, nous ne sommes plus de la première jeunesse, mais notre chair est encore « fraîche » si je puis dire !

 

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Qu’est ce donc qui les attire en ces lieux, nous permettant d’admirer leur magnifique « voilure » qui les rend maîtres des cieux ?

 

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Peut être espèrent-ils que l’un de ces moutons qui paissent à proximité se gave d’herbes et meurt d’apoplexie. Et ce ne sont pas les deux Border Collie qui les gardent qui vont les effrayer, car ces chiens excellents gardiens et rabatteurs sont assez craintifs.

 

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Ceux qui redoutent les côtes ne peuvent qu’apprécier  le causse du Larzac car, outre sa beauté sauvage,  les pentes n’y sont que de quelques degrés, jamais plus en tout cas que ceux qu’affichent les flacons que nous portons dans nos sacs en prévision du pique-nique.

 

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Nous arrivons en vue de l’une des merveilles architecturales du Causse : la cite fortifiée de La Couvertoirade bâtie par les templiers et que les lecteurs et lectrices  qui me suivent fidèlement ont déjà visitée en ma compagnie.

 

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Nous traversons rapidement le village d’autant que notre horloge interne nous signale qu’il va être temps de déjeuner. Entre un festin de vieilles pierres et un sandwich au pâté cévenol truffé aux châtaignes le choix est vite fait quand midi sonne !

 

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Nous décidons d’aller pique-niquer au pied du moulin du Rédounel qui domine le village afin de pouvoir, tout en dégustant de substantifiques nourritures terrestres, régaler nos yeux et notre âme d’un somptueux panorama. Et il est vrai que la marche en ce beau pays est ce qui permet le mieux d’entretenir son corps et d’enrichir son esprit, tant sont innombrables les merveilles de toutes sortes que l’on y croise sur les chemins…ou parfois en dehors !

  

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Nos agapes achevées, nous prenons le chemin du retour  par un sentier idéal ! Tout y est : un profil horizontal, un sol confortable,  des haies d’arbustes dont les frondaisons légères laissent passer des confettis de lumière et qui nous contraignent à marcher en file indienne, condition propice au mutisme et à la méditation (dernier critère qui peut, j’en conviens, ne pas convenir à certain(e)s !)


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Le calcaire du Causse provenant de sédiments abandonnés par une ancienne mer qui s’est ensuite transformée en marécages, on y trouve des crocodiles fossilisés qui peuvent effrayer les promeneurs non avertis .

 

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Certains tenteront de vous faire croire que l’on y trouve également des chiens de berger fossilisés….

 

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…ainsi que des moutons ! Mais riez leur au nez car tout le monde sait que le processus de fossilisation demande des millions d’années et qu’il s’agit ici de simples sculptures ruiniformes nées de la pluie et du vent. Jamais, au grand jamais chers lecteurs et lectrices, je ne vous ferais l’injure de vous faire  prendre des vessies pour des lanternes !

 

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Nous voici de retour au Caylar où nous ne manquons pas d’aller contempler l’arbre sculpté sur la place du village. Il s’agit d’un orme centenaire mort de la graphiose et qui a été sculpté en 1987  par Michel Chevray,  qui a représenté sur son tronc et ses branches les animaux et les habitants du Larzac ainsi que des éléments symboliques comme  la vie et la mort.

 

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L’une des plus belles scènes représente ce vieux berger avec, au dessus de lui, une jolie femme nue que l’on suppose être dans ses rêves. Que celui qui n’a jamais fait de rêve semblable lui jette la première pierre ! Vous aurez un bel aperçu des autres scènes sculptées sur cet arbre magnifique en cliquant ICI


Texte & Photos Ulysse

27/10/2012

Et si on retournait sur le Caroux ?

 

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Après quelques pérégrinations loin de l’Hérault où je vis, il est temps avec les froidures automnales qui arrivent et les jours qui raccourcissent de se poser un peu et d’arpenter à nouveau avec mon ami Gibus les chemins qui partent à l’assaut du Caroux, notre massif « local ». Bien que cela fasse plusieurs années que nous le sillonnons, il arrive encore à nous éblouir et nous surprendre, tant il recèle de pitons, de vallons, de recoins sauvages et secrets auxquels mènent des sentes séculaires incertaines que seuls les « mordus » de ce massif osent emprunter.

Il faut dire que les hommes qui ont occupé les lieux au cours des siècles passés n’ont pas ménagé leur peine. Ils ont arpenté en long et en large ce massif, créant sur ses flancs des milliers de terrasses et des dizaines de kilomètres de sentiers pour y accéder, dont on voit encore en de nombreux endroits les magnifiques vestiges qui   témoignent du courage et du talent de leurs bâtisseurs.

 

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Partis du pittoresque village de Mons, nous grimpons avec allégresse le sentier supérieur du Cabalet sous un ciel sans nuage, alors que la fraîcheur matinale tricote une écharpe de brume  au dessus de l’Orb, qui coule dans la vallée en contrebas.

 

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Le chemin devient très vite  « sportif » et sinue en montagnes russes entre des chaos rocheux qui ménagent par endroits de belles vues sur la vallée. Le rapetissement spectaculaire des montagnes qui surplombent la rive sud  de l’orb nous confirme que nous prenons de l’altitude, ce que les battements accélérés de nos cœurs nous avaient fait pressentir.

 

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Le sentier offre des vues spectaculaires sur les aiguilles rocheuses qui dominent les gorges d’Heric. Qui croirait en voyant leur profil « himalayen » qu’elles atteignent à peine les mille mètres d’altitude ? .

 

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Seule la présence de végétation sur ces impressionnantes aiguilles nous révèle leur taille somme toute modeste au regard de leurs consoeurs alpines ou pyrénéenne, royaume du règne minéral.. Mais leur ascension n’en est pas moins difficile car le dénivelé qu’elle implique est aussi important que celui que l’on trouve dans les « grands massifs », vu qu’ici on part d’une altitude proche du niveau de la mer !

 

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Le Caroux est d’ailleurs un lieu prisé d’escalade du fait des difficultés techniques, de l’absence de voies « équipées » qui donne un parfum d’aventure aux ascensions et de la roche constituée d’un gneiss de grande qualité.

 

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Et puis la faune  y est également très riche et comporte des espèces endémiques comme le « canis lapis gigantus » auquel les bergers recouraient autrefois pour protéger leurs troupeaux de moutons contre les loups,  mais dont il n’en resterait plus aujourd’hui qu’un specimen, que seuls quelques privilégiés – dont nous sommes Gibus et moi -  ont pu observer. Je peux vous le faire découvrir aujourd’hui en exclusivité mondiale grâce au sacrifice de mon sandwich au jambon–beurre-cornichon, que j’avais prévu pour le pique-nique, et avec lequel je l’ai attiré !  Que ne ferais pas pour vous étonner chers lecteurs !

 

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A vrai dire  peu me chaut d’avoir sacrifié mon sandwich alors que pour le pique-nique nous jouissons d’un décor de salle à manger que les milliardaires du Quatar ou d’ailleurs ne peuvent se payer. Que peut-on demander de plus, d’autant qu’il me reste un peu de fromage  et un flacon de nectar « bacchusien «  - à partager cela va de soi avec l’ami Gibus - de quoi tenir sans problème jusqu’au soir !

 

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D’être ainsi immergés, seuls,  au cœur d’une nature sauvage avec pour seul bruit le buzzetis des abeilles et par moments le bruissement de feuillages et le roulement de pierres qui signalent le passage d’un mouflon, nous régénère. Par delà les millénaires nous ressentons une filiation avec ces premiers hommes qui ont survécu grâce à une parfaite connaissance et maîtrise directe et personnelle de leur environnement. Aujourd’hui nos existences sont dépendantes du bon fonctionnement d’une myriade de choses sur lesquelles nous n’avons aucun pouvoir individuel. Où est le progrès ? Oh certes nous pouvons être joints ou informés des évènements du monde à toute heure du jour et de la nuit mais  est ce que cela contribue d’un iota au simple bonheur d’exister ? N’est-il pas plus gratifiant d’aller - dès qu'on le peut - cueillir des mures ou des fraises des bois, boire un café avec des copains (ou des copines)  aller avec ses enfants faire de la balançoire dans le square d'à coté ou  faire une petite sieste sur les flancs rocailleux du Caroux comme nous le faisons en ce moment ?

 

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Mais je cesse là mes ratiocinations philosophiques à trois sous car, nous étant remis en route, nous abordons une zone rocheuse où les caprices telluriques et atmosphériques de Gaïa ont fait naître des empilements rocheux plutôt instables qui sollicitent toute notre attention.

 

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Il est étonnant de constater l’impact que peuvent avoir l’eau et le vent, associés au gel et à la chaleur, sur des roches aussi dures que le gneiss du Caroux. C’est en s’inspirant de leur exemple que les anciens égyptiens ont taillé leurs obélisques dans des carrières avec de simples coins de bois imprégnés d’eau.

 

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Nous étant engagés sur la sente du Médaillé qui part du col de la Maure en direction du col de Bardou, nous tombons sur une barre rocheuse que nous ne pouvons franchir faute de corde. Nous revenons sur nos pas et cherchons une voie alternative . Nous abandonnons très vite l’idée de descendre directement dans les gorges d’Héric vu le profil de la pente qui impressionne même mon ami Gibus, c’est pour dire !

 

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Finalement nous décidons de descendre du coté du vallon de Bardou où nous trouvons un sentier confortable qui nous ramène au col du Rougas.

 

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Parvenus au col, nous décidons d’explorer la piste de Rougas que nous n’avons jamais empruntée. C’était un mauvais choix et je la déconseille  vivement  à ceux qui me lisent et qui n’ont pas un bon sens de l’orientation et  craignent de passer une nuit à la belle étoile. Cela dit elle permet de découvrir de magnifiques terrasses et murets de pierres, hélas non entretenus, ainsi qu’une superbe bâtisse en pierres. Notez , au passage, l’extraordinaire agencement des pierres de toutes tailles et de toutes formes dont ses murs sont constitués. 

 

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Nous arrivons au terme de notre périple, heureux d’avoir passé une journée dans ce cher Caroux, cette montagne « méridionale » d’une beauté et diversité à nulle autre pareille et  à laquelle les hommes des siècles passés, en gage de la passion  qu’elle leur inspirait, ont tissé de si beaux colliers de pierres.

 

Texte & photos Ulysse

 

10:27 Publié dans tourisme | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags : caroux, bancels, bardou, orb

21/10/2012

Vers les sommets andorrans : Fin - le Pic de Tristaina (2878m)

 

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En ce matin du 7 septembre 2012 le ciel  azurin est agrémenté d’une étole de nuées blanches du plus bel effet.  Nous sommes manifestement dans les petits papiers de Zeus qui décide du temps qu’il fait, comme chacun le sait, sauf à l’évidence Météo-France qui est la seule à croire que ses ordinateurs servent à quelque chose. Il faut dire que la veille au soir nous avons dédié à ce dieu fantasque quelques chopes de San Miguel en espérant qu’il nous gratifie d’une météo favorable.  Si jamais il lit ce blog qu’il sache que nous lui en sommes gré.

Nous prenons donc l’esprit serein la direction du Pic de Tristaina  (2878m) qui se mire dans les eaux du lac du même nom et dont l’ascension est réputée « assez » sportive. J’ouvre là une parenthèse sémantique pour souligner combien le sens du mot « assez » varie selon le contexte. Ainsi le « assez » « d’assez bien » n’a pas la même valeur que le « assez «  d’assez cher ou « d’assez sportif » comme nous l’allons voir tout à l’heure.

 

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Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du Pic nous découvrons plus en détail la configuration de ses flancs qui nous laisse penser qu’effectivement son ascension ne sera pas des plus aisées. Mais bon, nous ne sommes pas venus là pour cueillir des pâquerettes, d’autant plus que ce n’est plus la saison.

 

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Parvenus au pied du Pic nous essayons de repérer la voie qui permet son ascension. A vrai dire nous ne voyons pas très bien par où il nous faudra passer, mais bon c’est le principe même et le charme de la vie : on ne sait pas de quoi le moment qui vient sera fait !

 

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Et nous voilà partis cherchant des yeux les quelques marques jaunes qui ponctuent la voie d’accès, avec pour seul motif de consolation l’espoir qu’en cas de chute nous avons quelques chances de finir  dans les eaux du lac en contrebas plutôt que contre un rocher.

 

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Nous escaladons quelques « cheminées », heureusement aidés par les conseils de l’ami Gibus, notre expert en la matière, qui arriverait à vous persuader qu’on peut grimper en haut de la Tour Eiffel sans prendre l’ascenseur ni les escaliers .

 

 

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Dans ce genre de situation mieux vaut ne pas jouer les fanfarons,  prendre son temps et  vérifier la solidité de ses appuis et puis si possible éviter de regarder le vide…..

 

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Cela dit,  quand vous avez les deux pieds bien calés et les mains bien arrimées il ne vous est pas interdit de regarder le paysage, surtout qu’à ces altitudes il est généralement somptueux, comme celui que l’on découvre ici avec la tache « bleuissime » du grand étang Fourcat situé en Ariège. Une bouffée de nostalgie nous envahit alors en découvrant notre pays natal que l’on ne reverra peut être jamais …bon je plaisante !

 

 

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Nous parvenons enfin sur l’arête terminale qui mène au sommet et qui fait à peine deux mètres de large. Mieux vaut donc s’assurer que les pierres sur lesquelles on marche sont bien stables, car les pierres en général ne sont pas fiables. Il ne faut pas oublier que Pierre a renié trois fois le christ ! Mais bon soyons indulgent, qu‘aurions nous fait à sa place ?

 

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Pour corser un peu plus notre affaire,  le chemin est hérissé par endroits de pierres pointues qui rendent notre progression plus périlleuse. Il faut être un peu « barjos» vous ne trouvez pas pour aller se balader dans des endroits pareils ?

 andorre,tristaina,fourcat,vautourNous sommes enfin en vue du cairn sommital. Le danger dans ce cas est de presser le pas pour y parvenir au plus vite, mais notre expérience de la montagne nous a appris à temporiser et nous restons calmes et concentrés jusqu’au but final.

 


andorre,tristaina,fourcat,vautourLe panorama qui s’offre alors à nous nous récompense au centuple de nos efforts et de nos  frayeurs. Nous sommes au pays où se fabriquent les nuages, là où la vapeur d’eau qui monte des lacs en contrebas se condense au contact de l’air plus froid

 

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Tout ici nous parle du mystère de l’univers. Les quelques touffes  d‘herbe jaunies qui nous disent la fragilité et la ténacité de la vie, les formidables montagnes qui nous rappellent les forces titanesques qui les ont soulevées, le vent, le bleu du ciel et le ballet des nuages qui nous amènent à réfléchir au délicat équilibre de ce monde complexe où nous  avons surgi pour on ne sait quel destin et que nous négligeons et détruisons sans vergogne.

 

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Au loin sur la droite nous apercevons le sommet de la Coma Pedrosa (2942m) plus haut sommet de l’Andorre, que nous avons gravi il y a deux ans. Celui là aussi était « assez » sportif  comme vous pouvez le découvrir en cliquant ICI !

 

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Au moment où nous nous apprêtons à redescendre un vautour se met à voler au dessus de nous avec sans doute l’espoir que l’un d’entre nous manifeste des signes de faiblesse. Mais il s’éloigne bien vite dépité de nous voir prendre le chemin du retour avec vigueur et détermination. Notre énergie est effectivement décuplée par le fait  nous avons prévu de pique-niquer au bord du lac avec les membres de notre groupe qui n’ont pas voulu faire l’ascension et qui ont la garde des précieux flacons. Il n’aurait pas fallu qu’on les casse en chutant !

 

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Nous retrouvons nos autres compagnons au bord du lac où je ne vous montre que le reflet de nos agapes car je risque de faire l’objet d’un procès par la ligue des buveurs d’eau pour incitation aux débauches « libatoires ». Mais quand on a risqué sa vie, on a le droit de fêter ça, Non ?

 

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Nous quittons à regret les lieux car ce sont nos dernières heures dans ces magnifiques montagnes andorranes. Mais c’est décidé : l’année prochaine nous reviendrons !


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Mais qui ne reviendrait pas dans un pays dont même le mauvais temps n'altère pas la beauté !


Texte & Photos Ulysse